# Copro Guide — contenu complet > La copropriété sans stress. Copro Guide décrypte le fonctionnement de la copropriété en France. Chaque fiche détaille les règles, les majorités de vote, les droits et obligations des copropriétaires avec les textes de loi applicables et des exemples concrets. Contact : contact [at] copro-guide [point] fr. Langue : fr. --- # Meilleur syndic copropriété Paris : 3 types, tarifs URL: https://copro-guide.fr/syndic/meilleur-syndic-copropriete-paris/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-10-11 Mot-clé ciblé: meilleur syndic de copropriété paris Trouver le meilleur syndic de copropriété à Paris : comparez les types de syndics, honoraires, obligations légales et les erreurs à éviter avant de signer. **Pour choisir un syndic de copropriété à Paris, trois catégories existent : le syndic professionnel traditionnel (150 à 250 € par lot et par an, source Immodvisor), le syndic en ligne aux tarifs plus compétitifs, et le syndic bénévole pour les petites copropriétés. La vérification des obligations légales (carte professionnelle, garantie financière, RCP) doit primer sur les avis en ligne.** Trouver le meilleur syndic de copropriété à Paris commence par une question de profil : petite copropriété haussmannienne ou grande résidence moderne, chaque immeuble appelle une solution différente. Trois grandes catégories se partagent le marché parisien : le syndic professionnel traditionnel, le syndic en ligne et le syndic bénévole. Ce comparatif détaille les critères légaux incontournables, les fourchettes tarifaires réelles et les pièges qui guettent les copropriétaires pressés de signer. Le choix d'un syndic engage la gestion financière et la valeur patrimoniale de l'immeuble pour plusieurs années : autant poser les bonnes questions avant l'assemblée générale.

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Type de syndicCoût estiméRéactivitéProfil d'immeuble adaptéGestion comptablePrésence terrain
Syndic professionnel traditionnel150 à 250 € €/lot/anVariable (équipe dédiée)20 lots et plus, immeubles complexesComplète (plan comptable dédié)Forte (visites, techniciens)
Syndic en ligne (néo-syndic)80 à 180 € €/lot/anÉlevée (plateforme 24/7)5 à 50 lots, copropriétés récentesDigitalisée, suivi en temps réelLimitée (prestataires externes)
Syndic bénévole / coopératif0 à 50 € (frais admin.) €/lot/anTrès variable (bénévolat)2 à 15 lots, petite copropriétéBasique (tenue par le conseil syndical)Directe (copropriétaire sur place)
## Pourquoi le choix du syndic est crucial pour votre copropriété parisienne Le syndic n'est pas un simple prestataire : c'est le mandataire légal du syndicat des copropriétaires. Cette distinction, posée par la loi du 10 juillet 1965, emporte des conséquences concrètes. Le syndic engage la copropriété auprès des tiers, gère le budget prévisionnel, convoque et exécute les décisions de l'assemblée générale. Un syndic défaillant, et c'est toute la copropriété qui vacille : charges impayées, travaux reportés, contentieux avec les entreprises. À Paris, la densité de copropriétés est exceptionnelle. On y recense plusieurs dizaines de milliers d'immeubles en copropriété, du petit bâtiment de quatre lots dans le 11e arrondissement à la résidence de standing de 200 lots dans le 16e. Chaque profil dicte des exigences différentes en matière de gestion. Une copropriété haussmannienne avec ses parties communes chargées d'histoire, ses caves et ses chambres de service n'a pas les mêmes besoins qu'un immeuble des années 2000 avec ascenseur, parking souterrain et espaces verts. Sur un plan strictement financier, le syndic conditionne la bonne tenue des charges. Selon les données disponibles sur Immodvisor (2025), les honoraires d'un syndic professionnel à Paris s'échelonnent entre **150 et 250 € par lot et par an**. Ce poste pèse directement sur le budget annuel de chaque copropriétaire. Pour un appartement de trois pièces représentant deux lots (lot principal + cave ou parking), la facture syndic atteint 300 à 500 € par an, hors prestations exceptionnelles. L'enjeu n'est donc pas seulement juridique : il est aussi, très concrètement, financier. Pour approfondir les missions exactes du syndic, ses obligations et les limites de son mandat, consultez notre guide complet sur le [rôle et obligations légales du syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/). ### Le syndic, mandataire légal du syndicat des copropriétaires Le syndic agit comme mandataire du syndicat des copropriétaires. Il administre l'immeuble, prépare le budget, convoque les assemblées générales et exécute les décisions votées. La loi du 10 juillet 1965 encadre strictement ses prérogatives : il ne peut pas, par exemple, engager des travaux hors budget sans vote préalable. Sa responsabilité civile peut être engagée en cas de faute de gestion. Deux obligations structurent son mandat : la tenue d'une comptabilité séparée par copropriété et l'immatriculation de chaque immeuble au registre national des copropriétés (RNIC), obligatoire depuis 2017. ### Spécificités du marché parisien : densité, typologies d'immeubles et enjeux Le parc immobilier parisien cumule les spécificités : immeubles anciens souvent classés, réglementation stricte sur les ravalements, forte rotation des occupants, pression foncière qui rend chaque mètre carré précieux. Un syndic parisien doit jongler avec des prestataires spécialisés (couvreurs, tailleurs de pierre), connaître les plans de sauvegarde et anticiper les contraintes de la Ville de Paris en matière d'urbanisme. La densité du marché attire aussi bien les grands réseaux nationaux (Foncia, Nexity, Citya) que des cabinets de proximité historiquement implantés dans certains quartiers. ## Syndic professionnel traditionnel : expertise et présence terrain Le syndic professionnel traditionnel reste le choix majoritaire à Paris, en particulier pour les copropriétés de plus de 20 lots. Ces cabinets physiques, souvent affiliés à des réseaux comme la FNAIM ou l'UNIS, disposent d'une équipe dédiée : gestionnaire attitré, comptable, technicien pour les visites de parties communes. Leur point fort : la présence terrain. Un gestionnaire expérimenté connaît l'immeuble, anticipe les besoins de maintenance et pilote les travaux de A à Z. Les acteurs parisiens sont nombreux : Sergic, Atrium Gestion, le Cabinet Masson, Manda ou encore des cabinets historiques comme Gestion Immobilière Martin (Gestima). Tous ne se valent pas. La qualité du service dépend avant tout du gestionnaire affecté à votre copropriété, de la taille du portefeuille qu'il gère et de la politique interne du cabinet en matière de formation et de turnover. - **Points forts** : expertise juridique et technique, interlocuteur dédié, visites régulières de l'immeuble, réseau de prestataires qualifiés, conformité réglementaire assurée. - **Limites** : coût élevé (**150 à 250 € par lot et par an** selon Immodvisor, 2025), délais de réponse parfois longs (gestionnaire surchargé), turnover des équipes dans les grands réseaux, frais annexes pour les prestations hors forfait (pré-état daté, courriers recommandés). - **Tarifs** : forfait annuel de base entre **150 et 250 € par lot**, auquel s'ajoutent les prestations particulières facturées en sus (convocation d'AG extraordinaire, suivi de travaux, déclaration de sinistre). ## Syndic en ligne : réactivité digitale et tarifs compétitifs Les syndics en ligne, parfois appelés néo-syndics, ont émergé depuis une dizaine d'années sur le marché parisien. Leur promesse : une gestion entièrement digitalisée, une plateforme accessible 24h/24 pour suivre ses charges, voter en ligne ou signaler un incident, et des honoraires inférieurs de 30 à 40 % à ceux d'un syndic traditionnel. Des acteurs comme Manda (qui opère à Paris 13 et Paris 15), Coproly, Matera ou Bellman illustrent ce segment. Le profil type : des copropriétés de 5 à 50 lots, souvent récentes ou rénovées, où les besoins de maintenance sont limités et les copropriétaires à l'aise avec les outils numériques. En contrepartie de tarifs réduits, la présence physique est limitée. Les visites d'immeuble sont sous-traitées à des prestataires locaux, et l'interlocuteur change plus fréquemment que dans un cabinet traditionnel. - **Points forts** : tarifs compétitifs (souvent **80 à 180 € par lot et par an**), plateforme intuitive, suivi en temps réel de la comptabilité, vote électronique possible, pas de frais cachés sur les actes courants. - **Limites** : absence de présence physique régulière, réponse standardisée aux situations complexes, recours à des prestataires externes pour le suivi technique, périmètre de prestations parfois plus restreint que le contrat type traditionnel. - **Tarifs** : forfait de base à partir de **80 € par lot et par an** pour les offres les plus simples, jusqu'à **180 €** pour les formules incluant davantage de prestations. Toujours comparer le détail : certaines plateformes facturent des options que d'autres incluent dans le forfait. ## Syndic bénévole ou coopératif : la solution pour les petites copropriétés Le syndic bénévole, qu'il soit coopératif (tous les copropriétaires participent) ou désigné parmi les résidents, représente une solution économique pour les très petites copropriétés parisiennes. Aucun honoraire de gestion, seulement des frais administratifs résiduels : adhésion à une association d'aide à la gestion, abonnement à un logiciel de comptabilité, frais de correspondance. Le coût annuel se limite généralement à **moins de 50 € par lot**. Ce modèle exige toutefois un engagement réel. Le syndic bénévole doit maîtriser les fondamentaux comptables, connaître les obligations légales (immatriculation RNIC, convocation d'AG, tenue des registres) et disposer de temps. Un turn-over au sein du conseil syndical peut fragiliser la continuité de gestion. Pour les immeubles de 2 à 15 lots sans problématique technique lourde, c'est une option viable. - **Points forts** : coût quasi nul, implication directe des copropriétaires, réactivité maximale (le syndic habite l'immeuble), pas de logique commerciale. - **Limites** : risque juridique si les obligations légales sont mal maîtrisées, dépendance vis-à-vis d'une seule personne, absence de professionnalisation sur les sujets complexes (mise en concurrence des contrats d'entretien, gestion des contentieux). - **Prérequis** : au moins un copropriétaire formé aux bases comptables, disponibilité régulière, adhésion à une association type ARC (Association des responsables de copropriété) pour l'accompagnement juridique. ## Les critères légaux et pratiques pour évaluer un syndic Avant même d'évaluer la qualité de service, trois documents administratifs doivent être exigés de tout syndic professionnel. Leur absence rend le contrat nul et expose la copropriété à des risques juridiques majeurs. **La carte professionnelle CPI**, délivrée par la Chambre de commerce et d'industrie, atteste que le syndic remplit les conditions de compétence et d'honorabilité requises. Elle porte la mention « Gestion immobilière » ou « Syndic de copropriété ». Vérifiez sa validité sur le site de la CCI. **La garantie financière**, exigée par la loi Hoguet du 2 janvier 1970, protège la copropriété contre tout détournement de fonds. Elle couvre les sommes détenues par le syndic pour le compte du syndicat. Sans cette garantie, aucun mandat ne peut être confié. **L'assurance responsabilité civile professionnelle (RCP)** protège la copropriété en cas de faute de gestion commise par le syndic. Une simple attestation suffit : demandez-la avant l'assemblée générale qui statuera sur le renouvellement ou le changement de syndic. > 📌 Important : ces trois documents doivent être joints au contrat de syndic. Leur absence constitue un motif de nullité du mandat. Ne vous contentez pas d'une affirmation orale du commercial. Quatre autres points méritent une vérification systématique : - **L'immatriculation au registre national des copropriétés (RNIC)** : votre immeuble doit être immatriculé, et le syndic est responsable de cette formalité. Une copropriété non immatriculée s'expose à des sanctions. - **Le contrat de syndic normalisé** : depuis le décret du 26 mars 2015, tout contrat doit suivre un modèle type distinguant clairement les prestations forfaitaires des prestations particulières. Cette lisibilité protège les copropriétaires contre les honoraires surprises. - **La fiche synthétique de copropriété** : ce document, obligatoire depuis 2017, récapitule les données essentielles de l'immeuble (nombre de lots, charges, travaux votés, etc.) et doit être annexé au contrat. - **L'extrait Kbis** pour les syndics exerçant sous forme de société commerciale. ### Réactivité, comptabilité et transparence : les critères qualitatifs décisifs Au-delà des obligations légales, la qualité d'un syndic se mesure à sa réactivité et à sa transparence. Un test simple : envoyez une demande écrite (email ou formulaire) avant de signer. Mesurez le délai de réponse. Un syndic qui met dix jours à répondre à un prospect en fera probablement autant, voire plus, une fois le contrat signé. Autre indicateur : la comptabilité. Demandez un exemple de relevé de charges pour un exercice clos. Vérifiez la clarté des écritures, la ventilation entre budget prévisionnel et dépenses réelles, l'identification des appels de fonds. Enfin, interrogez le syndic sur le nombre de copropriétés gérées par le même gestionnaire. Au-delà de 25 à 30 immeubles, la qualité de suivi se dégrade. ### Comment lire un contrat de syndic avant l'assemblée générale Le contrat de syndic normalisé distingue deux blocs. Le forfait annuel couvre les missions courantes : tenue de l'assemblée générale, gestion comptable, conservation des archives, établissement des appels de fonds. Les prestations particulières, listées en annexe, sont facturées en sus : convocation d'une AG extraordinaire, suivi de travaux importants, déclaration de sinistre, pré-état daté. Avant de voter, comparez les annexes de plusieurs contrats. Un syndic qui facture 180 € le forfait mais 350 € le suivi de travaux peut revenir plus cher qu'un syndic à 220 € avec un taux horaire modéré. Faites établir un comparatif sur trois exercices types incluant une AG ordinaire, un sinistre courant et un petit chantier de maintenance. ## Cas pratique : choisir son syndic pour une copropriété de 20 lots à Paris Prenons une copropriété parisienne de 20 lots, répartis sur un immeuble des années 1930 dans le 14e arrondissement. Pas d'ascenseur, chauffage individuel, un ravalement voté il y a trois ans. Le syndicat souhaite comparer deux options : un syndic traditionnel et un syndic en ligne. Avec un syndic professionnel traditionnel, sur la base haute de la fourchette Immodvisor (2025), le coût annuel atteint **250 € × 20 lots = 5 000 €**. Si l'on retient la fourchette basse, le budget tombe à **150 € × 20 = 3 000 €**. L'écart est déjà significatif. Avec un syndic en ligne, à **120 € par lot et par an** (positionnement médian constaté sur le marché), la facture s'établit à **2 400 €**. Soit une différence de 600 à 2 600 € par rapport au traditionnel selon la position retenue dans la fourchette. Ramené au copropriétaire type détenant deux lots (appartement + cave) : le surcoût annuel du syndic traditionnel oscille entre 60 € (hypothèse basse : (150 - 120) × 2) et 260 € (hypothèse haute : (250 - 120) × 2). Ce calcul ne dit pas tout. Le syndic traditionnel inclut généralement dans son forfait des visites trimestrielles de l'immeuble, la présence du gestionnaire à l'assemblée générale et un suivi personnalisé des prestataires. Le syndic en ligne facture certaines de ces interventions en supplément, ou les sous-traite. Pour une copropriété sans problématique technique lourde, l'économie est réelle. Dès que des travaux significatifs se profilent, l'expertise du syndic traditionnel peut justifier le surcoût. ### Estimation des honoraires selon la taille de la copropriété La taille de la copropriété détermine le coût unitaire. Sur une très petite structure de 5 lots, le syndic en ligne peut descendre sous les **100 € par lot**. Un syndic traditionnel appliquera un tarif dégressif peu marqué : le forfait reste élevé car les frais fixes (comptabilité, conservation des archives) sont incompressibles. À l'inverse, une copropriété de 50 lots bénéficie d'économies d'échelle plus substantielles : le coût unitaire peut descendre à **130-150 €** chez certains cabinets. Les syndics en ligne plafonnent souvent leurs tarifs, ce qui rend leur avantage moins net sur les grandes copropriétés. ### Ce que révèle la comparaison syndic en ligne vs syndic traditionnel sur 20 lots L'écart de **600 à 2 600 € par an** entre les deux formules pour 20 lots ne doit pas masquer un point décisif : le périmètre des prestations. Un syndic en ligne à 120 € par lot facturera peut-être 80 € la visite d'immeuble, 150 € l'AG extraordinaire et 200 € le suivi de sinistre. Avec deux visites et un sinistre dans l'année, l'addition grimpe de 360 €. Le syndic traditionnel les inclut. Demandez un comparatif écrit sur la base d'un exercice type : c'est la seule manière de trancher objectivement. ## L'erreur courante : choisir son syndic uniquement sur les avis en ligne Les plateformes d'avis comme Immodvisor ou Google Reviews donnent un premier aperçu de la satisfaction des copropriétaires. Mais s'y fier exclusivement expose à trois biais majeurs. D'abord, le biais de sélection : les avis émanent majoritairement de copropriétaires mécontents (qui veulent alerter) ou très satisfaits (souvent sollicités par le syndic lui-même). La masse silencieuse des copropriétaires mitigés n'est pas représentée. Ensuite, les avis ne sont pas vérifiés : rien n'empêche un syndic de faire publier des commentaires élogieux par ses propres équipes. Enfin, un avis positif ne dit rien de la comptabilité réelle, du respect des obligations légales, ni de la situation contentieuse en cours. Une approche plus robuste consiste à consulter le registre des procès-verbaux d'assemblée générale des trois dernières années. Ces documents, communicables à tout copropriétaire, révèlent la fréquence des réserves sur les comptes, les refus de quitus et les litiges récurrents. Croisez cette lecture avec la vérification des trois documents légaux obligatoires (carte CPI, garantie financière, RCP) et la comparaison détaillée des contrats de syndic. ### Pourquoi les notes en ligne ne suffisent pas à juger un syndic Un avis cinq étoiles ne vous protège pas contre un syndic dont la comptabilité est opaque ou qui tarde à déclarer un sinistre. Les notes agrègent des perceptions subjectives : réactivité perçue, amabilité du gestionnaire, ressenti général. Elles ne mesurent pas la rigueur juridique, la qualité des appels d'offres travaux ou la fiabilité du plan comptable. Ce qu'il faut vérifier, c'est le contrat et les documents officiels. Les plateformes d'avis restent un indicateur parmi d'autres, à condition de les lire avec recul et de ne jamais en faire le critère unique de sélection. ### Les conséquences d'un mauvais choix : charges imprévisibles et litiges en assemblée générale Un mauvais choix de syndic se paie en cascade. Première conséquence : des honoraires particuliers qui explosent le budget prévisionnel parce que le contrat était mal rédigé. Deuxième conséquence : une comptabilité défaillante qui aboutit à un refus de quitus en assemblée générale et bloque toute décision de travaux urgents. Troisième conséquence, plus grave : un défaut de déclaration de sinistre dans les délais impartis par le contrat d'assurance de l'immeuble, avec à la clé une perte d'indemnisation de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Dans les cas extrêmes, l'absence de garantie financière expose la copropriété à un détournement de fonds sans recours possible. ## Comment changer de syndic à Paris : procédure et calendrier Changer de syndic obéit à une procédure précise, encadrée par la loi du 10 juillet 1965. Toute improvisation expose à un blocage administratif : le syndic sortant conserve alors les archives et les fonds, paralysant la copropriété pendant des mois. La décision se prend en assemblée générale, à la majorité absolue de l'article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires). Le conseil syndical joue un rôle central : c'est lui qui sollicite les devis, auditionne les syndics candidats et prépare la délibération. La résolution doit mentionner explicitement le nom du nouveau syndic, la durée du mandat (trois ans maximum, renouvelable) et la date de prise d'effet. Une fois le vote acquis, le syndic sortant dispose d'un délai d'un mois pour transmettre la totalité des archives, des fonds détenus et des documents comptables au nouveau syndic. Le procès-verbal de l'assemblée générale formalise ce transfert. En cas de blocage, le président du conseil syndical peut saisir le tribunal judiciaire en référé pour ordonner la transmission sous astreinte. > ⚠️ Attention : ne résiliez jamais le mandat du syndic sortant avant d'avoir obtenu l'accord écrit et le contrat signé du nouveau syndic. Un vide juridique, même de quelques semaines, expose la copropriété à une absence de représentation légale, avec des conséquences graves (comptes bancaires bloqués, fournisseurs impayés, absence d'assurance). ### La résolution en assemblée générale : étapes et majorité requise La procédure de changement suit quatre étapes. Premièrement, le conseil syndical lance un appel à candidatures et réunit au moins trois devis assortis du contrat de syndic normalisé. Deuxièmement, la question est inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée générale annuelle, avec mention des candidats retenus. Troisièmement, le vote intervient à la majorité de l'article 25 : majorité absolue des copropriétaires présents, représentés et absents. Si cette majorité n'est pas atteinte, un second vote à la majorité simple (article 24) est possible, mais uniquement si le projet a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires. Quatrièmement, le procès-verbal acte la décision et fixe la date de transfert effectif. ### Transmission des documents et fonds : éviter le blocage administratif Le transfert effectif des documents et des fonds constitue le point de crispation le plus fréquent. Le syndic sortant doit remettre l'intégralité du dossier dans le mois suivant la fin de son mandat : grands livres comptables, relevés bancaires, contrats en cours (entretien, assurance, maintenance), carnet d'entretien de l'immeuble, registre des procès-verbaux, dossiers de travaux en cours ou à venir. Le solde des comptes bancaires de la copropriété est viré sur les nouveaux comptes ouverts par le syndic entrant. Un état de rapprochement bancaire doit être fourni. Le conseil syndical, assisté du nouveau syndic, vérifie l'exhaustivité de la transmission et peut diligenter un audit comptable en cas de doute sur la régularité des comptes de l'exercice écoulé. > **Points clés** > > - Un syndic professionnel à Paris facture entre 150 et 250 € par lot et par an (source Immodvisor), un niveau parmi les plus élevés de France. > - La carte professionnelle CPI, la garantie financière et l'assurance RCP sont trois vérifications obligatoires avant toute signature. > - Les avis clients en ligne ne suffisent pas : croisez-les avec la lecture du contrat de syndic normalisé et le contrôle des obligations légales. > - Changer de syndic requiert une résolution votée à la majorité absolue en assemblée générale (article 25 de la loi du 10 juillet 1965). ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2608) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508903) - [immodvisor.com](https://www.immodvisor.com)

Fiche pratique

Honoraires syndic pro Paris (2026)150 à 250 €/lot/an (source Immodvisor)
Carte professionnelle CPIObligatoire, délivrée par la CCI
Garantie financièreObligatoire (loi Hoguet du 2 janvier 1970)
Assurance RCPObligatoire pour tout syndic professionnel
Contrat de syndicModèle normalisé depuis le décret du 26 mars 2015
Registre national (RNIC)Immatriculation obligatoire de la copropriété
Majorité changement syndicMajorité absolue (art. 25, loi du 10 juillet 1965)
Service-public.frFiche F2608 : Droits et obligations du syndic
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Locataire non-conforme au règlement de copropriété : 7 URL: https://copro-guide.fr/litiges/locataire-non-respect-reglement-copropriete/ Catégorie: litiges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-10-09 Mot-clé ciblé: Que faire si un locataire ne respecte pas le règlement de copropriété ? Locataire ne respectant pas le règlement de copropriété ? Découvrez les recours du bailleur, les actions du syndic et les sanctions possibles, étape par étape. **Un locataire est tenu de respecter le règlement de copropriété, à condition qu'une copie lui ait été remise par le bailleur. En cas de violation, le bailleur doit d'abord mettre en demeure le locataire de cesser le trouble. Si la violation persiste, le syndicat des copropriétaires peut engager une action directe ou une action oblique contre le locataire, pouvant aller jusqu'à la résiliation du bail et des dommages et intérêts.** Face à un locataire qui ne respecte pas le règlement de copropriété, le bailleur copropriétaire dispose d'une chaîne d'actions précise : mise en demeure, signalement au syndic, et le cas échéant action en justice pour faire cesser le trouble. Ce guide détaille chaque étape, de la remise obligatoire du règlement au locataire jusqu'aux voies judiciaires (référé, résiliation du bail). Vous y trouverez aussi l'articulation, souvent méconnue, entre l'action directe du syndicat et l'action oblique. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Remettez systématiquement une copie du règlement de copropriété au locataire à la signature du bail, et conservez la preuve de cette remise. > - Agissez dès le premier signalement : une mise en demeure recommandée avec AR est le préalable nécessaire à toute action judiciaire. > - Informez sans délai le syndic de vos démarches et sollicitez l'inscription du litige à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. > - Sachez que la tolérance accordée à d'autres copropriétaires ne protège pas votre locataire (Cour de cassation, 18 janvier 2023) : ne cédez pas à cet argument.

Comparatif en un coup d'œil

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ActeurAgit contreFondement juridiqueDélai indicatifCoût estimé
Bailleur copropriétaire (action directe)LocataireBail + règlement de copropriété12 à 24 mois (fond)2 000 - 5 000 € €
Bailleur copropriétaire (clause résolutoire)LocataireBail (clause résolutoire)2 à 4 mois (référé constatant)1 500 - 3 000 € €
Syndicat des copropriétaires (action directe)Locataire (trouble illicite)Règlement de copropriété + trouble manifestement illicite2 à 4 mois (référé)1 500 - 3 000 € €
Syndicat des copropriétaires (action oblique)Locataire (via droits du bailleur)Carence du bailleur + règlement12 à 24 mois (fond)2 000 - 5 000 € €
## Ce que dit la loi : le règlement de copropriété s'impose aux locataires Un locataire est-il tenu de respecter le règlement de copropriété ? La réponse est oui, mais sous des conditions précises. La loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis ne crée pas de lien direct entre le locataire et le syndicat. En revanche, le règlement de copropriété a une nature contractuelle qui le rend opposable aux occupants, dès lors que le bailleur a rempli son obligation d'information. Le bailleur copropriétaire est le pivot de cette chaîne juridique. Il répond des infractions commises par son locataire auprès du syndicat. Mais il peut, en retour, exiger du locataire le strict respect du règlement. Ce mécanisme d'aller-retour est au cœur de tous les recours. Comprendre comment s'effectue la [répartition des charges de copropriété entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) est essentiel pour prévenir les litiges. Concrètement, pour reprocher un manquement au locataire, il faut avoir préalablement porté le règlement à sa connaissance. Sans cette remise, le locataire peut contester toute sanction fondée sur le règlement. Cette condition, souvent négligée, vide de nombreuses mises en demeure de leur portée juridique. ### La nature contractuelle du règlement de copropriété Le règlement de copropriété est un document obligatoire pour toute copropriété. Établi lors de la construction ou de la division de l'immeuble, il définit la destination des parties privatives et communes, ainsi que les droits et obligations de chaque copropriétaire. Sa force obligatoire découle de sa publication au service de publicité foncière. Il s'impose à tous les copropriétaires actuels et futurs, ainsi qu'à leurs ayants droit, comme le précise l'article de la loi du 10 juillet 1965. Pour le locataire, le règlement ne s'applique pas directement. Il découle du contrat de bail, par lequel le locataire s'engage à user paisiblement des lieux. Le règlement devient une pièce contractuelle annexée au bail, et sa violation constitue un manquement aux obligations locatives. ### L'opposabilité du règlement aux locataires : conditions et limites L'opposabilité est la clé de voûte des recours. Un locataire ne peut se voir reprocher une infraction à un règlement qu'il n'a jamais reçu. La remise d'une copie intégrale du règlement, de ses modifications éventuelles et de l'état descriptif de division est donc indispensable. Sans cela, toute action fondée sur le règlement est fragilisée. Cette opposabilité connaît toutefois des limites. Le règlement ne peut imposer au locataire des obligations qui relèvent exclusivement du copropriétaire, comme le paiement des charges de copropriété non récupérables. Pour mieux comprendre la répartition des charges entre propriétaire et locataire, consultez notre guide sur [les charges de copropriété payées par le locataire](/charges/charges-copropriete-paye-par-le-locataire/). ### Obligation de remise du règlement au locataire par le bailleur Le bailleur doit annexer le règlement de copropriété au contrat de location. Cette obligation est une condition de l'opposabilité du règlement. La remise peut se faire en main propre contre émargement, ou par lettre recommandée avec accusé de réception. L'idéal est de faire signer au locataire une clause dans le bail par laquelle il reconnaît avoir reçu une copie du règlement. En cours de bail, si le règlement est modifié par l'assemblée générale, le bailleur doit transmettre ces modifications au locataire. Le non-respect de cette obligation n'est pas une infraction en soi, mais il empêchera le propriétaire de se prévaloir des nouvelles clauses modifiées contre le locataire en cas de litige. ## Identifier les infractions les plus fréquentes commises par les locataires Les violations du règlement de copropriété par les locataires se concentrent sur quelques situations récurrentes. Ces infractions trouvent leur source dans le règlement lui-même, qui fixe la destination de l'immeuble, les conditions d'usage des parties privatives et communes, et les règles de vie collective. Voici les principaux cas rencontrés en pratique. Un locataire peut, par méconnaissance ou par négligence, enfreindre des clauses pourtant déterminantes pour l'équilibre de la copropriété. Identifier précisément l'infraction et son fondement réglementaire est le préalable à toute action efficace. ### Nuisances sonores et troubles de voisinage Les nuisances sonores répétées (talons sur le parquet, musique amplifiée, travaux nocturnes, aboiements continus) constituent la première source de conflit entre un locataire et la copropriété. Le règlement interdit généralement tout bruit excessif, même en journée, lorsqu'il trouble la tranquillité des résidents. Une clause usuelle du règlement stipule que « les occupants doivent veiller à ce que la tranquillité de l'immeuble ne soit troublée par aucun bruit ». Cette formulation large couvre les nuisances sonores classiques. Le trouble de jouissance ainsi causé aux autres copropriétaires est le fondement juridique le plus solide pour exiger la cessation du trouble. ### Occupation ou aménagement des parties communes Stocker un vélo dans le couloir, installer un paillasson décoratif devant sa porte, ou entreposer des cartons dans le local poubelles : ces gestes du quotidien sont presque toujours interdits par le règlement. Les parties communes (couloirs, paliers, escaliers, halls) ne peuvent faire l'objet d'une occupation privative, même temporaire, sans autorisation de l'assemblée générale. Le règlement précise la nature et l'usage des parties communes. Leur occupation sans droit est un trouble manifestement illicite que le syndicat peut faire cesser par voie de référé. Pour comprendre ce qui relève des parties communes, notre article sur [les droits et obligations issus du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/) détaille la distinction entre parties privatives et communes. ### Activités non autorisées par le statut de la copropriété L'exercice d'une activité professionnelle dans un appartement à usage d'habitation, ou la location saisonnière de type Airbnb dans un immeuble dont le règlement l'interdit, constituent des violations majeures. Le règlement de copropriété fixe la destination des lots : habitation bourgeoise, usage mixte, profession libérale, etc. La loi ALUR de 2014 et la loi ELAN de 2018 ont renforcé les pouvoirs des copropriétés pour lutter contre les locations touristiques illicites. Une clause d'habitation exclusivement bourgeoise interdit toute activité commerciale, y compris la location de courte durée. Le locataire qui contrevient à cette clause encourt la résiliation de son bail et des dommages et intérêts pour le préjudice subi par la copropriété. ## Qui peut agir et contre qui ? Rôles du bailleur, du syndicat et du syndic La confusion est fréquente chez les copropriétaires confrontés à un locataire fautif. Trois acteurs interviennent : le bailleur copropriétaire, le syndicat des copropriétaires, et le syndic. Chacun a un rôle distinct et des prérogatives limitées. Comprendre cette chaîne est indispensable pour ne pas engager de démarches vouées à l'échec. Le principe cardinal est l'absence de lien de droit direct entre le locataire et le syndicat. Selon l'association CLCV, « aucune action directe du locataire contre le syndicat n'est possible en l'état actuel du droit » (CLCV, 2008). Tout passe donc par le bailleur, qui est le seul interlocuteur du syndicat. ### La responsabilité première du bailleur copropriétaire Le bailleur copropriétaire est le garant du comportement de son locataire vis-à-vis du syndicat. Chaque fois qu'une infraction est constatée, c'est à lui que le syndic s'adresse. Cette responsabilité découle de l'article 9 de la loi du 10 juillet 1965, qui oblige chaque copropriétaire à user de ses parties privatives sans porter atteinte aux droits des autres copropriétaires. En pratique, le bailleur reçoit du syndic un courrier signalant l'infraction. Il doit alors intervenir auprès du locataire pour la faire cesser. S'il reste inactif, il engage sa propre responsabilité et s'expose à une condamnation personnelle aux côtés du locataire. ### L'action directe du syndicat des copropriétaires contre le locataire Le syndicat peut-il agir directement contre le locataire ? Oui, mais dans un cadre restreint. L'action directe est fondée sur le trouble manifestement illicite que constitue la violation du règlement. Le syndicat saisit alors le juge des référés du tribunal judiciaire pour obtenir la cessation immédiate du trouble, sans passer par le bailleur. Cette voie est rapide et efficace, car le juge des référés peut ordonner des mesures conservatoires sous astreinte. Les délais de procédure en référé sont généralement plus courts que sur le fond. Le syndicat doit simplement démontrer l'existence du trouble et sa nature manifestement illicite. ### L'action oblique du syndicat : quand et comment y recourir L'action oblique est une arme procédurale puissante mais méconnue. Fondée sur le droit commun des obligations, elle permet au syndicat d'exercer les droits du bailleur contre son locataire lorsque le bailleur, négligent, n'agit pas. Concrètement, le syndicat assigne le locataire en résiliation du bail et en expulsion, à la place du propriétaire. Cette voie est utile quand le bailleur, par inertie ou connivence avec son locataire, refuse d'agir. Elle nécessite une autorisation préalable de l'assemblée générale. Le syndicat doit prouver la carence du bailleur et le préjudice subi par la copropriété. Le dénouement peut être long, mais l'action oblique est souvent le seul recours quand le bailleur est défaillant. ### Quelle est la relation entre le syndic de copropriété et le locataire ? Le syndic est le mandataire du syndicat. Il n'a pas de lien juridique direct avec le locataire. Il ne peut donc ni le convoquer, ni le sanctionner directement. Son rôle se limite à signaler les infractions au bailleur, à exécuter les décisions de l'assemblée générale, et à mandater les actions judiciaires décidées par le syndicat. En pratique, le syndic écrit au bailleur pour l'informer des nuisances signalées par d'autres résidents. Il peut aussi constater par procès-verbal une occupation illicite des parties communes. Mais il ne peut pas adresser une mise en demeure directement au locataire, sauf habilitation expresse du syndicat dans le cadre d'une action en référé. ## Procédure étape par étape : de la mise en demeure à la résiliation du bail Prenons un cas concret. Monsieur L., propriétaire d'un appartement dans une copropriété à Lyon, reçoit un courrier du syndic. Son locataire, depuis six mois, utilise systématiquement le couloir commun du 3e étage pour y entreposer des cartons et une poussette. Plusieurs voisins se plaignent de la gêne occasionnée et d'un début de nuisances olfactives. Le règlement de copropriété interdit formellement toute occupation des parties communes. Monsieur L. a remis une copie du règlement à son locataire lors de la signature du bail, avec une clause reconnaissant cette remise. Il dispose donc d'un fondement solide pour agir. Voici la procédure à suivre, étape par étape. ### Étape 1 : tenter la résolution amiable (mise en demeure au locataire) La première étape consiste à adresser une mise en demeure au locataire par lettre recommandée avec avis de réception. Ce courrier doit mentionner l'article précis du règlement de copropriété violé, décrire les faits reprochés, et fixer un délai impératif pour y remédier. Le ton doit être ferme, mais la démarche reste amiable. Un délai de 8 à 15 jours est généralement suffisant pour une occupation des parties communes ou des nuisances sonores. Conservez une copie de ce courrier : il sera une pièce maîtresse dans toute procédure ultérieure. Si le locataire obtempère, un constat écrit clôt le dossier. ### Étape 2 : alerter le syndic et saisir le syndicat des copropriétaires Si la mise en demeure reste sans effet, le bailleur doit en informer le syndic et demander l'inscription de ce point à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Le syndicat pourra alors voter une résolution autorisant une action en justice contre le locataire. Cette étape est cruciale : sans mandat de l'assemblée générale, le syndic ne peut engager de frais de justice pour le compte du syndicat. En parallèle, le bailleur peut demander au syndic de faire constater officiellement l'infraction par un commissaire de justice (anciennement huissier). Le constat d'huissier est une preuve irréfutable de la violation du règlement et sera déterminant devant le juge. ### Étape 3 : engager une procédure de référé pour trouble manifestement illicite L'action en référé est la voie la plus rapide pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Le syndicat, dûment autorisé par l'assemblée générale, assigne le locataire devant le juge des référés du tribunal judiciaire. L'objectif est d'obtenir une ordonnance enjoignant au locataire de libérer les parties communes sous astreinte, par exemple 50 à 100 euros par jour de retard. Cette procédure ne nécessite pas d'attendre l'audience au fond. Le juge statue en quelques semaines. Notre article sur les [sanctions applicables en cas de non-respect du règlement](/litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/) détaille les types d'astreintes et de dommages et intérêts possibles. ### Étape 4 : demander la résiliation du bail et l'expulsion du locataire Si les troubles persistent malgré l'injonction du juge des référés, le bailleur doit engager une action au fond pour faire prononcer la résiliation judiciaire du bail. Le fondement juridique est le manquement grave du locataire à ses obligations : usage paisible des lieux et respect du règlement de copropriété. La procédure est plus longue qu'en référé, souvent 12 à 18 mois. Une alternative plus rapide existe si le bail contient une clause résolutoire. Cette clause prévoit la résiliation automatique du contrat après un commandement resté infructueux pendant un délai défini. Le bailleur peut alors saisir le juge des référés pour faire constater la résiliation et ordonner l'expulsion. Il est important de noter que la [régularisation des charges locataire 2026](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) doit également respecter des délais et une procédure stricte. ### Appel en garantie du locataire par le bailleur copropriétaire L'appel en garantie est un mécanisme qui permet au bailleur, condamné à indemniser le syndicat pour les nuisances causées par son locataire, de se retourner contre ce dernier pour obtenir le remboursement. En pratique, si le syndicat obtient 3 000 euros de dommages et intérêts contre le bailleur, celui-ci assigne son locataire en garantie pour récupérer cette somme. Cette action est essentielle pour ne pas supporter personnellement le coût financier des infractions commises par son locataire. Elle se prescrit par cinq ans à compter de la condamnation. Elle nécessite une procédure distincte devant le tribunal judiciaire. ## L'erreur qui coûte cher : croire que la tolérance accordée à d'autres protège le locataire fautif C'est l'un des arguments les plus fréquents avancés par les locataires mis en cause : « le voisin du dessous fait la même chose, pourquoi moi je devrais cesser ? ». Cet argument d'inégalité de traitement est juridiquement inopérant. La Cour de cassation a tranché : la tolérance du syndicat à l'égard d'autres contrevenants ne prive pas le règlement de son caractère obligatoire pour les autres. Cette solution, ferme, évite que le règlement ne soit vidé de sa substance par un effet boule de neige : chaque infraction tolérée ne justifie pas une nouvelle infraction. Chaque violation doit être appréciée individuellement. Voici les principaux pièges juridiques à éviter. ### La jurisprudence de la Cour de cassation sur la tolérance sélective (2023) Par un arrêt du 18 janvier 2023, la troisième chambre civile de la Cour de cassation a jugé que la tolérance accordée à d'autres copropriétaires pour des infractions similaires ne constitue pas un moyen de défense (source : lexgroup.notaires.fr, 08/03/2023). Autrement dit, le copropriétaire ou le locataire poursuivi ne peut pas invoquer le fait que d'autres ne sont pas sanctionnés pour échapper à ses propres obligations. Cette jurisprudence est décisive pour les bailleurs et les syndicats. Elle leur permet d'agir de manière ciblée contre un contrevenant, même si d'autres infractions existent dans l'immeuble. Elle empêche toute défense fondée sur la rupture d'égalité ou l'application sélective du règlement. ### Autres pièges juridiques fréquents : nullité partielle, prescription, absence de remise du règlement Attention à ne pas confondre la nullité d'une clause du règlement avec la nullité du règlement lui-même. Une clause illicite, parce que contraire à une disposition légale, peut être annulée par le juge sans que l'ensemble du règlement ne perde sa force obligatoire. Le règlement reste applicable pour toutes ses autres clauses. La prescription est un autre écueil. L'action en cessation d'un trouble de jouissance se prescrit par cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir. Mais le trouble continu (occupation permanente d'une partie commune) fait renaître le délai de prescription chaque jour. L'absence de remise du règlement au locataire est le piège ultime : sans elle, toute action fondée sur le règlement est considérablement fragilisée. ## Non-respect du règlement de copropriété : quelles sanctions concrètes ? Le non-respect du règlement de copropriété expose le locataire fautif à plusieurs sanctions, graduées en fonction de la gravité de l'infraction. Ces sanctions sont prononcées par le juge, à la demande du bailleur ou du syndicat. Elles sont civiles, jamais pénales, sauf si les faits constituent une infraction autonome (violences, menaces, dégradations). La palette des sanctions permet d'adapter la réponse judiciaire à chaque situation, de la simple injonction jusqu'à l'expulsion du locataire. Le choix de la sanction dépend de la nature du trouble, de sa persistance et de l'objectif recherché. ### Sanctions civiles prononcées par le juge Le juge peut ordonner au locataire de faire ou de ne pas faire, sous astreinte. L'injonction de libérer les parties communes, de cesser une activité non autorisée, ou de retirer un objet encombrant est la sanction la plus courante. L'astreinte, fixée en euros par jour de retard, constitue une pression financière très efficace. Le montant de l'astreinte varie selon les juridictions et la gravité du trouble. Le juge peut également condamner le locataire à des dommages et intérêts pour le préjudice subi par le syndicat ou par le bailleur. Ces dommages réparent par exemple la gêne occasionnée aux autres résidents, ou les frais de remise en état des parties communes. ### La clause résolutoire du bail : conditions d'activation La clause résolutoire insérée dans le contrat de location prévoit la résiliation de plein droit du bail en cas de manquement grave du locataire. Pour l'activer, le bailleur doit délivrer un commandement visant la clause résolutoire, par acte de commissaire de justice. Si le locataire ne régularise pas la situation dans le délai imparti, le bail est résilié de plein droit. Cette voie est plus rapide que la résiliation judiciaire classique, mais elle exige une rédaction précise de la clause dans le bail. Le manquement doit être suffisamment caractérisé pour justifier la résiliation du contrat. Un simple oubli ponctuel ne suffit pas. Pour plus d'informations sur le contenu du règlement, notre [modèle de règlement de copropriété](/charges/modele-reglement-copropriete/) vous présente les clauses obligatoires. ### Dommages et intérêts pour le syndicat des copropriétaires Le syndicat peut obtenir réparation de son préjudice matériel et moral. Le préjudice matériel correspond aux dégradations commises par le locataire sur les parties communes, aux frais de nettoyage, ou à la perte d'usage d'un équipement collectif. Le préjudice moral est constitué par le trouble de jouissance collectif subi par les autres copropriétaires. L'évaluation des dommages et intérêts relève du pouvoir souverain du juge. En pratique, les sommes allouées varient de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros selon la gravité et la durée des nuisances. Le syndicat peut également obtenir le remboursement de ses frais de procédure, y compris les honoraires d'avocat. ## Obligations de mise à jour du règlement de copropriété et impact sur les locataires Un règlement de copropriété obsolète est un bouclier troué. Les lois ALUR (2014) et ELAN (2018) ont modifié en profondeur le statut de la copropriété, et les règlements doivent être adaptés pour rester pleinement efficaces. Un règlement non mis à jour peut contenir des clauses devenues illicites, ou à l'inverse ne pas intégrer de nouvelles prérogatives offertes par la loi contre les comportements fautifs. L'obligation de mise à jour du règlement de copropriété est une responsabilité collective des copropriétaires. Elle n'est pas sanctionnée en tant que telle, mais son absence fragilise toutes les actions en justice fondées sur un règlement dépassé. Une clause déclarée nulle par le juge ne peut plus servir de fondement à une action contre un locataire. ### Pourquoi un règlement non mis à jour affaiblit vos recours Un règlement qui n'a pas intégré les évolutions législatives risque de contenir des clauses illicites. Par exemple, une clause interdisant de manière absolue la location meublée touristique peut être jugée disproportionnée si elle n'a pas été adoptée selon les nouvelles règles de majorité instaurées par la loi ELAN. Dans ce cas, le locataire poursuivi pourra contester la validité de la clause et faire échec à l'action. La mise en conformité renforce au contraire la position du bailleur et du syndicat. Elle permet de s'appuyer sur des clauses claires, actualisées et parfaitement opposables. Elle facilite le travail du juge et réduit les moyens de défense du locataire fautif. ### Comment faire modifier ou adapter le règlement en assemblée générale La modification du règlement de copropriété relève de l'assemblée générale. L'initiative peut venir du conseil syndical, du syndic, ou d'un copropriétaire. La résolution doit être inscrite à l'ordre du jour et adoptée selon les règles de majorité prévues par la loi du 10 juillet 1965 : majorité simple, absolue ou double majorité selon l'objet de la modification. Une fois la modification votée, le syndic doit faire publier le règlement modifié au service de la publicité foncière. Cette publication est obligatoire pour rendre la modification opposable aux tiers, y compris aux locataires. Le coût de cette publication et des formalités notariées est à la charge du syndicat des copropriétaires. ## Comment obtenir une copie du règlement de copropriété ? Obtenir le règlement de copropriété est un préalable indispensable pour le bailleur comme pour le locataire. Plusieurs sources existent, certaines gratuites, d'autres payantes. Le bailleur doit impérativement disposer d'un exemplaire complet et à jour à transmettre à son locataire, mais aussi pour préparer sa défense en cas de litige. Si le règlement a été perdu ou n'a jamais été communiqué, il existe quatre canaux principaux pour se le procurer. Chacun a ses avantages et ses limites, selon l'urgence et la finalité de la demande. ### Les 4 sources pour obtenir le règlement gratuitement ou à faible coût 1. Le syndic de copropriété : c'est la voie la plus directe. Chaque copropriétaire a le droit d'obtenir une copie du règlement et de ses modifications. La demande se fait par simple courrier. Le syndic peut facturer des frais de reproduction raisonnables. 2. L'acte de vente : le règlement est annexé à l'acte authentique de vente. Le notaire conserve une copie. Si l'acte est ancien, il est possible de le retrouver dans ses archives personnelles ou auprès du notaire rédacteur. 3. Le service de publicité foncière : le règlement de copropriété est un document publié. La demande de copie se fait via le site service-public.fr ou par courrier, moyennant un droit de copie modique. 4. Notre guide pour [obtenir gratuitement votre règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-gratuit/) détaille ces quatre démarches pas à pas. ### Remise obligatoire au locataire : forme et moment La remise du règlement au locataire doit intervenir au plus tard à la signature du bail. L'idéal est une annexe au contrat, paraphée et signée par le locataire, avec la mention manuscrite « Reçu copie du règlement de copropriété et de ses modificatifs en vigueur, que je m'engage à respecter ». En cours de bail, toute modification doit être notifiée par lettre recommandée. Pour connaître précisément la liste des charges que le locataire devra supporter en plus du règlement, consultez notre article sur les [charges récupérables auprès du locataire](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/). La transparence sur les obligations financières et réglementaires est la meilleure prévention des litiges. ## Tableau comparatif : action du bailleur vs action du syndicat vs action du syndic Pour choisir la voie d'action la plus adaptée à votre situation, voici un tableau qui synthétise les prérogatives, les fondements juridiques et les limites de chaque acteur. Notez que les délais sont indicatifs et varient considérablement selon la charge des tribunaux. Ce tableau n'est pas un comparateur interactif mais un récapitulatif des options. Chaque situation est unique : il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit immobilier avant d'engager une procédure. ### Analyse comparative des trois voies d'action - **Qui agit ?** Le bailleur agit seul contre son locataire. Le syndicat agit collectivement, représenté par son syndic. Le syndic n'agit jamais en son nom propre, mais toujours comme mandataire. - **Contre qui ?** Le bailleur agit contre son locataire. Le syndicat agit contre le locataire (action directe) ou contre le bailleur défaillant. - **Fondement juridique** : Le bailleur s'appuie sur le contrat de bail et le manquement du locataire à ses obligations. Le syndicat s'appuie sur le règlement de copropriété et le trouble manifestement illicite. - **Objectif** : Le bailleur cherche généralement la cessation du trouble, voire la résiliation du bail. Le syndicat cherche la cessation du trouble et la réparation du préjudice collectif. - **Délai indicatif** : Une procédure de référé peut aboutir en 2 à 4 mois ; une action au fond en résiliation de bail prend souvent 12 à 24 mois. - **Coût estimatif** : Les frais d'avocat et les dépens d'une procédure de référé sont de l'ordre de 1 500 à 3 000 euros. Une action au fond est plus onéreuse, en raison de la durée et de la complexité de la procédure. Ces coûts sont avancés par le demandeur ; ils peuvent être mis à la charge du défendeur en cas de condamnation. ## Points clés à retenir pour le bailleur copropriétaire Confronter un locataire au non-respect du règlement de copropriété est une épreuve qui exige méthode et sang-froid. Voici les réflexes essentiels pour protéger vos droits, préserver la tranquillité de la copropriété et éviter les erreurs qui coûtent cher. Ces recommandations sont issues de la pratique et de la jurisprudence récente. Elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit, mais vous donnent un cadre d'action sûr et progressif.

Fiche pratique

Base légaleLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis
Opposabilité au locataireConditionnée à la remise d'une copie du règlement par le bailleur (CLCV, 2008)
Action directe du syndicatFondée sur le trouble manifestement illicite (juge des référés du tribunal judiciaire)
Action oblique du syndicatExercice des droits du bailleur défaillant ; nécessite l'autorisation de l'assemblée générale
Jurisprudence cléCour de cassation, 3e ch. civ., 18 janvier 2023 : la tolérance d'infractions similaires n'est pas un moyen de défense
Délais de procédure indicatifs (référé)De 2 à 4 mois selon la juridiction
Prescription de l'action en cessation du trouble5 ans (trouble continu faisant renaître le délai)
## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508536) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603) - [clcv.org](https://www.clcv.org/articles/possibilite-de-recours-du-locataire-contre-le-syndicat) - [lexgroup.notaires.fr](https://lexgroup.notaires.fr) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Modifier un règlement de copropriété : majorité et coût URL: https://copro-guide.fr/charges/comment-modifier-reglement-copropriete-majorite-cout/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-10-04 Mot-clé ciblé: Comment faire modifier un règlement de copropriété ? Comment faire modifier un règlement de copropriété ? Découvrez les majorités requises, les étapes à suivre, le coût de la modification et les erreurs à éviter. **Pour modifier un règlement de copropriété, il faut obtenir un vote favorable en assemblée générale des copropriétaires. La majorité requise dépend de la nature de la modification : majorité simple (article 24 de la loi du 10 juillet 1965) pour une mise en conformité légale, double majorité (article 26) pour les parties communes ou la répartition des charges, et unanimité pour changer la destination de l'immeuble. Un acte notarié publié au service de publicité foncière est obligatoire.** Modifier un règlement de copropriété exige un vote en assemblée générale, un acte notarié et une publication au service de publicité foncière. La majorité requise n'est jamais la même : elle bascule de la majorité simple à la double majorité, voire à l'unanimité, selon ce que vous voulez changer. Ce guide cartographie les trois régimes, déroule la procédure étape par étape et pointe l'erreur qui rend la modification inopposable aux futurs acquéreurs. > **En bref** > > - Modifier un règlement de copropriété nécessite obligatoirement un vote en AG et un acte notarié publié au SPF > - La majorité dépend de l'objet : simple (art. 24) pour une mise en conformité, double (art. 26) pour les parties communes et charges, unanimité pour la destination de l'immeuble > - Sans publication au service de publicité foncière, la modification reste inopposable aux tiers et futurs acquéreurs > - Le règlement intérieur se modifie par simple vote en AG, sans notaire, sauf s'il est fusionné avec le règlement de copropriété

Comparatif en un coup d'œil

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Régime de majoritéBase légaleType de modificationCondition de voteExemple concret
Majorité simple (art. 24)Article 24 : loi du 10 juillet 1965Mises en conformité légale, travaux d'économie d'énergie imposés par la loiMajorité des voix exprimées des présents/représentés (abstentions non comptées)Mise en conformité avec une norme de sécurité incendie
Double majorité (art. 26)Article 26 : loi du 10 juillet 1965Parties communes, répartition des charges, administration de l'immeubleMajorité de tous les copropriétaires + 2/3 des voix du syndicat (abstention = vote contre)Modification de la répartition des charges, travaux sur parties communes
Unanimité (art. 26 al. 4)Article 26 alinéa 4 : loi du 10 juillet 1965Changement de destination de l'immeuble, droits attachés aux lots privatifsAccord de 100 % des copropriétaires (un seul refus bloque)Transformation d'un local d'habitation en commerce, suppression d'un droit de jouissance exclusive
## Qu'est-ce que le règlement de copropriété et pourquoi le modifier ? Le règlement de copropriété est le document fondateur de toute copropriété. Institué par la loi du 10 juillet 1965, il s'impose à tous les copropriétaires et à leurs ayants droit. Son contenu est encadré : il fixe la destination de l'immeuble, délimite les parties privatives et communes, établit la répartition des charges et détermine les quotes-parts attachées à chaque lot. Un règlement de copropriété n'est pas figé. Des évolutions législatives récentes ont créé de nouveaux motifs de modification. La loi ELAN du 23 novembre 2018, par exemple, a facilité certaines mises en conformité en abaissant la majorité requise. Les besoins des copropriétaires évoluent aussi : installation d'un ascenseur, création d'un local vélo, autorisation d'activité libérale dans un lot. Autant de situations qui exigent d'amender le règlement. Dans les faits, la modification est souvent perçue comme une procédure lourde. Elle l'est moins si l'on identifie dès le départ la majorité applicable et les professionnels à mobiliser. C'est l'objet de ce guide. ### Ce que contient un règlement de copropriété Le règlement de copropriété comprend plusieurs blocs distincts. D'abord, l'état descriptif de division, qui identifie chaque lot par un numéro, sa consistance et sa quote-part. Ensuite, les clauses réglementaires : destination de l'immeuble (habitation, mixte, commercial), jouissance des parties privatives et communes, administration de la copropriété. Enfin, le calcul de la répartition des charges, exprimé en tantièmes généraux et spéciaux. Ces éléments sont détaillés dans notre article sur les droits et obligations issus du règlement de copropriété. Leur modification obéit à des règles différentes selon qu'il s'agit de clauses purement réglementaires ou de droits réels attachés aux lots. ### Quand une modification devient nécessaire (loi ELAN, besoins nouveaux) Trois situations déclenchent typiquement une modification. La première : une obligation légale nouvelle. Un arrêté municipal imposant un ravalement ou des normes incendie peut contraindre la copropriété à mettre son règlement en conformité. La seconde : un projet collectif (création d'un local poubelles, sécurisation de l'accès). La troisième : une demande individuelle impactant les parties communes, comme l'installation d'une climatisation en façade ou le changement de destination d'un lot. La loi ELAN a introduit une souplesse notable : les travaux d'isolation thermique par l'extérieur qui empiètent sur les parties communes ne nécessitent plus l'unanimité, mais la double majorité de l'article 26 (source : ANIL, 2024). Un levier concret pour les copropriétés qui préparent leur diagnostic de performance énergétique. ## Qui peut demander la modification du règlement de copropriété ? Tout copropriétaire, quel que soit son nombre de tantièmes, peut initier une modification. La procédure est ouverte : il suffit d'adresser une lettre recommandée avec accusé de réception au syndic pour demander l'inscription du point à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Le syndic ne peut refuser cette inscription. Le syndic lui-même peut proposer une modification, de sa propre initiative ou sur suggestion du conseil syndical. Dans tous les cas, le pouvoir de décision appartient exclusivement à l'assemblée générale des copropriétaires. Ni le syndic, ni un copropriétaire isolé ne peut modifier unilatéralement le règlement. Le copropriétaire qui prend l'initiative doit anticiper : sa proposition doit être suffisamment précise pour être soumise au vote. Une formulation vague (« autoriser les travaux d'embellissement ») sera rejetée ou, pire, adoptée dans des termes inapplicables. D'où l'intérêt de consulter un professionnel en amont. ### Le copropriétaire initiateur : démarche auprès du syndic La démarche est simple dans son principe : le copropriétaire rédige une proposition écrite, l'adresse au syndic par LRAR, et ce dernier l'inscrit à l'ordre du jour de la prochaine AG. Le délai dépend du calendrier des assemblées. Si l'AG annuelle est dans six mois, le syndic n'a pas l'obligation de convoquer une AG extraordinaire pour ce seul motif, sauf urgence caractérisée. Un écueil fréquent : négliger la consultation préalable du conseil syndical. Un projet présenté sans échange avec le conseil a statistiquement moins de chances d'être adopté. Les copropriétaires votent souvent en suivant l'avis du conseil, surtout sur des sujets techniques. ### Le rôle du notaire et du géomètre-expert dans la rédaction Pour toute modification substantielle du règlement, le recours à un notaire est obligatoire. C'est lui qui rédige l'acte modificatif : un document authentique qui sera publié au service de publicité foncière. Le notaire vérifie la régularité de la décision d'AG, s'assure que la modification ne contrevient pas à l'ordre public et rédige les clauses dans un langage juridique opposable. Si la modification touche à l'état descriptif de division (surfaces, limites entre lots, création ou suppression de lots), un géomètre-expert intervient en complément. Il établit un modificatif au plan de division et recalcule les quotes-parts. Cette double intervention notaire-géomètre alourdit le coût, mais elle est indispensable pour garantir la sécurité juridique de l'opération. ## Quelle majorité est nécessaire pour modifier un règlement de copropriété ? La majorité requise n'est pas unique. Elle varie selon la nature exacte de la modification envisagée. La loi du 10 juillet 1965 distingue trois régimes, et se tromper de colonne peut faire capoter le projet. Les paragraphes qui suivent détaillent chaque seuil. > 📌 Important : la majorité se calcule sur les voix exprimées (art. 24) ou sur l'ensemble des copropriétaires (art. 26). Un copropriétaire qui s'abstient ne compte pas dans les voix exprimées sous l'article 24, mais il compte comme défavorable sous l'article 26 si la majorité requise porte sur le nombre de copropriétaires. Le tableau ci-dessous résume les trois régimes. Le guide détaillé des trois majorités applicables approfondit chaque cas de figure. ### Majorité simple (article 24) : mise en conformité légale L'article 24 exige la majorité simple des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés. Ce régime s'applique aux modifications imposées par la loi : mise en conformité avec une norme de sécurité, adaptation à une évolution réglementaire. La loi ELAN a étendu ce champ : les travaux d'économie d'énergie ou de réduction des charges qui affectent les parties communes relèvent désormais de cette majorité simplifiée. Concrètement, si 10 copropriétaires sur 20 sont présents ou représentés, et que 6 votent pour, la modification est adoptée. Les abstentionnistes ne sont pas comptabilisés. C'est le seuil le plus accessible, mais son domaine est strictement limité aux modifications qui ne touchent ni aux droits des copropriétaires ni à la structure de l'immeuble. ### Double majorité (article 26) : parties communes et charges L'article 26 impose une double condition : la majorité de tous les copropriétaires composant le syndicat ET les deux tiers des voix de l'ensemble des copropriétaires. Ce double seuil s'applique notamment à la modification de la répartition des charges, aux travaux sur les parties communes et à la modification du règlement relative à l'administration des parties communes. Ce régime est le plus courant pour les modifications de fond. Prenons une copropriété de 20 lots détenant chacun 50 tantièmes : il faut l'accord d'au moins 11 copropriétaires représentant au moins 667 tantièmes sur 1000. Si le quorum n'est pas atteint en première lecture, un second vote à la majorité simple de l'article 25-1 peut être organisé, à condition que le projet ait recueilli au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires au premier tour. C'est ici que les projets échouent le plus souvent. L'abstention, sous l'article 26, équivaut à un vote contre. Mobiliser les copropriétaires absents ou indifférents devient un enjeu tactique. ### Unanimité : destination de l'immeuble et droits attachés aux lots L'unanimité de tous les copropriétaires est requise pour les modifications qui touchent à la destination de l'immeuble ou aux droits attachés aux lots privatifs. Changer un local d'habitation en local commercial, supprimer un droit de jouissance exclusive sur une partie commune, ou modifier la répartition des quotes-parts sans contrepartie : ces opérations exigent l'accord de 100 % des copropriétaires. C'est le régime le plus contraignant. Un seul refus, même d'un copropriétaire détenant une quote-part minime, suffit à bloquer la modification. La jurisprudence encadre toutefois ce droit de veto : le refus doit être légitime et ne pas constituer un abus de droit. Mais la charge de la preuve pèse sur celui qui conteste le refus, et la procédure est lourde. Les contentieux liés au changement de destination d'un lot figurent parmi les plus fréquents devant le tribunal judiciaire. Avant d'engager une procédure d'unanimité, une consultation du notaire sur les alternatives juridiques (modification partielle, scission du règlement) est vivement recommandée. ## Les étapes concrètes pour modifier le règlement de copropriété La procédure se décompose en cinq étapes, de la vérification préalable du règlement existant jusqu'à la publication au service de publicité foncière. Chaque étape engage la validité juridique de l'ensemble. 1. **Vérifier le règlement existant.** Avant toute chose, relisez les clauses modificatives de votre règlement : certaines copropriétés ont prévu des quorums renforcés ou des conditions particulières. Si le règlement impose une majorité plus élevée que la loi, c'est la clause du règlement qui prime. 2. **Rédiger la proposition avec un notaire ou un géomètre-expert.** La résolution soumise au vote doit être rédigée en termes juridiquement précis. Un notaire rédige l'acte modificatif projeté ; un géomètre-expert intervient si l'état descriptif de division est modifié. 3. **Envoyer la demande d'inscription à l'ordre du jour au syndic (LRAR).** La lettre recommandée formalise la demande et sécurise la date. Le syndic dispose ensuite du délai statutaire pour convoquer l'AG. 4. **Voter en assemblée générale.** La majorité applicable est déterminée par l'objet de la modification. Le procès-verbal de l'AG doit mentionner le résultat du vote avec précision. 5. **Publier au service de publicité foncière.** Le notaire dépose l'acte modificatif au SPF. Cette publication rend la modification opposable aux tiers et aux futurs acquéreurs. L'étape 5 est celle que les copropriétés négligent le plus souvent. Les conséquences sont détaillées dans la section dédiée ci-dessous. ### Étape 1 : vérifier le règlement existant et consulter un professionnel Le règlement existant peut contenir des clauses qui durcissent les conditions de modification. Certains règlements anciens exigent par exemple l'unanimité pour toute modification, y compris celles que la loi soumet aujourd'hui à la double majorité. Cette clause est-elle opposable ? La jurisprudence considère qu'une clause qui entraverait durablement l'adaptation de la copropriété aux normes légales est réputée non écrite. Mais pour les modifications non imposées par la loi, la clause contractuelle prime. Consulter un notaire à ce stade permet d'identifier ces clauses et d'évaluer la faisabilité du projet avant de mobiliser l'AG. Un avis préalable du conseil syndical renforce la légitimité de la démarche. ### Étapes 2-3 : rédiger la proposition et saisir le syndic La qualité rédactionnelle de la résolution conditionne le sort du vote. Une résolution ambiguë ouvre la voie à une contestation ultérieure. Le notaire formule la modification en termes normatifs et vérifie sa conformité à l'ordre public. Le géomètre-expert, si la modification affecte les limites ou la consistance des lots, établit un modificatif au plan de division. La LRAR au syndic doit contenir le texte exact de la résolution proposée. Le syndic ne peut en modifier les termes sans l'accord du demandeur. Le délai entre la réception de la LRAR et l'AG dépend du calendrier de la copropriété ; en pratique, il est rare qu'une AG extraordinaire soit convoquée pour ce seul motif, sauf urgence. ### Étapes 4-5 : vote en assemblée générale et publication foncière Le jour de l'AG, le président de séance met la résolution aux voix. Le décompte est essentiel : sous l'article 24, seules les voix exprimées comptent ; sous l'article 26, le nombre total de copropriétaires du syndicat est le dénominateur. Le PV d'AG consigne le résultat. Une fois le vote acquis, le notaire rédige l'acte modificatif définitif en reprenant les termes de la résolution adoptée. Il le dépose ensuite au service de publicité foncière dont dépend l'immeuble. La publication prend effet à la date du dépôt. À compter de cette date, le modificatif est opposable aux tiers : futurs acquéreurs, créanciers, administration fiscale. Le coût de cette publication est modeste comparé aux honoraires notariés, mais son absence invalide toute la procédure. Sur ce point, voir la section consacrée à cette erreur. ## CAS PRATIQUE : modifier la clause sur les parties privatives pour installer une climatisation Prenons un cas concret : un copropriétaire d'un immeuble de 15 lots souhaite installer une climatisation réversible avec unité extérieure en façade. Le règlement de copropriété interdit toute installation visible depuis l'extérieur. Pour installer son équipement, il doit faire modifier cette clause. La modification impacte l'aspect extérieur de l'immeuble, qui relève des parties communes. La majorité applicable est donc la double majorité de l'article 26. Le copropriétaire rédige une proposition avec l'aide d'un notaire, l'adresse au syndic par LRAR, et le point est inscrit à l'AG annuelle. Le jour du vote, sur 15 copropriétaires et 1 000 tantièmes, 10 copropriétaires sont présents ou représentés. La résolution recueille 9 voix favorables représentant 690 tantièmes. Le double seuil est-il atteint ? La majorité des copropriétaires du syndicat, soit 8 sur 15 : oui (9 voix). Les deux tiers des voix, soit 667 tantièmes : oui (690). La modification est adoptée. Le notaire rédige l'acte modificatif. Le copropriétaire verse les honoraires, de l'ordre de 800 à 1 200 euros pour un modificatif simple, et acquitte les émoluments de publication au SPF (quelques centaines d'euros). L'acte publié, la modification est opposable. Sans cette publication, un futur acheteur du lot pourrait contester la légalité de la climatisation, et le vendeur s'exposerait à un vice caché. Ce scénario illustre un point critique : le coût de la modification est supporté par le copropriétaire qui en bénéficie, sauf si l'AG vote une répartition différente. C'est un levier de négociation à ne pas négliger lors de la préparation du projet. ## Quel est le coût pour modifier un règlement de copropriété ? Le coût total dépend de la complexité de la modification et du nombre de professionnels mobilisés. Aucun tarif réglementé ne fixe le prix d'un acte modificatif de règlement de copropriété. Les honoraires du notaire sont libres, dans la limite du plafond réglementaire pour les émoluments proportionnels. Pour un modificatif simple sans intervention sur l'état descriptif de division, le coût notarial est généralement de l'ordre de 800 à 1 500 euros. Les frais de publication au service de publicité foncière s'y ajoutent, pour un montant avoisinant 200 à 400 euros selon la longueur de l'acte et le ressort du SPF. Si un géomètre-expert doit intervenir (modification des surfaces, des limites de lots, recalcul des tantièmes), ses honoraires, variables selon l'ampleur du travail, peuvent doubler la facture totale. Ces chiffres sont indicatifs. Chaque notaire établit un devis préalable que le demandeur peut solliciter avant d'engager la procédure. L'ANIL recommande toujours de comparer plusieurs devis. Un [modèle de règlement de copropriété 2026](/charges/modele-reglement-copropriete/) peut également vous aider à comprendre les clauses obligatoires et les coûts associés. ### Honoraires notariaux et frais de publicité foncière Les honoraires du notaire comprennent les émoluments proportionnels (calculés sur la valeur de l'opération pour les modifications affectant la valeur des lots), les honoraires libres pour la rédaction d'acte et les débours (frais avancés pour le compte du client). La publication au service de publicité foncière génère des frais distincts, fixes et proportionnels à la longueur du document. > 💡 À noter : si la modification est imposée par une obligation légale (mise en conformité sécurité, normes énergétiques), l'AG peut voter une prise en charge collective des frais, répartis selon les tantièmes généraux. Cette décision relève elle-même de la majorité applicable à l'objet principal de la modification. ### Qui paie : répartition entre copropriétaires La règle par défaut veut que chaque copropriétaire supporte les frais liés à la modification de son lot. Pour une modification collective (travaux sur parties communes, mise en conformité de l'immeuble), les frais sont répartis selon les tantièmes de charges communes. L'AG peut cependant adopter une clé de répartition différente, par un vote distinct. Pour le cas pratique de la climatisation évoqué plus haut, le copropriétaire demandeur assume en principe les honoraires du notaire et les frais de publication. Mais il peut négocier avec le syndicat une prise en charge partielle si la modification profite à l'ensemble des copropriétaires (par exemple, si elle ouvre la voie à un règlement assoupli pour tous). ## L'erreur à ne pas commettre : oublier la publication au service de publicité foncière Voter la modification en assemblée générale ne suffit pas. La décision d'AG n'a d'effet qu'entre copropriétaires. Pour être opposable aux tiers : futurs acquéreurs, établissements prêteurs, administration fiscale : la modification doit être publiée au service de publicité foncière par acte notarié. L'erreur classique : l'AG adopte la modification, le syndic la consigne au PV, mais personne ne mandate le notaire pour la publication. Cinq ans plus tard, un copropriétaire vend son lot. Le notaire de l'acquéreur consulte le règlement publié au SPF : il ne contient pas la modification. Conséquence directe : la modification est inopposable à l'acquéreur. Le vendeur peut voir sa vente compromise et sa responsabilité engagée. La publication au SPF n'est pas une formalité administrative anodine. Elle conditionne l'effectivité de la modification dans la durée. Chaque fois qu'une AG modifie le règlement, le syndic doit inscrire à l'ordre du jour de l'AG suivante un point sur le suivi de la publication. Les sanctions en cas de non-respect du règlement de copropriété perdent toute portée si le règlement publié n'est pas à jour. Les sanctions en cas de [non-respect du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/) perdent toute portée si le règlement publié n'est pas à jour. ## Modifier le règlement intérieur de copropriété : une procédure différente Le règlement intérieur de copropriété ne doit pas être confondu avec le règlement de copropriété. Le premier fixe les règles de vie quotidienne (horaires de bricolage, usage du local poubelles, stationnement visiteurs). Il peut être modifié par simple délibération en assemblée générale, à la majorité simple de l'article 24, sans acte notarié ni publication au SPF. La frontière est toutefois poreuse. Certains immeubles possèdent un document unique qui fusionne règlement de copropriété et règlement intérieur. Dans ce cas, toute modification doit suivre la procédure notariale complète, même pour une clause de pure vie quotidienne, car le document dans son ensemble est publié au SPF. Avant d'engager une modification, il faut donc identifier la nature exacte de la clause visée et le document qui la porte. Notre guide sur le règlement intérieur de copropriété détaille cette distinction et les procédures propres à chaque document. Notre guide sur le [règlement intérieur de copropriété](/litiges/reglement-interieur-copropriete-guide/) détaille cette distinction et les procédures propres à chaque document.

Fiche pratique

Majorité simple (art. 24)Majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés : mise en conformité légale obligatoire
Double majorité (art. 26)Majorité de tous les copropriétaires + 2/3 des voix du syndicat : modification des parties communes, répartition des charges, administration
Unanimité (art. 26 al. 4)Accord de 100 % des copropriétaires : changement de destination de l'immeuble, modification des droits attachés aux lots
Acteur clé n°1 : le notaireRédige l'acte modificatif et assure la publication au service de publicité foncière (SPF)
Acteur clé n°2 : le géomètre-expertIntervient si la modification touche l'état descriptif de division (surfaces, limites de lots)
Publication au SPFObligatoire pour rendre la modification opposable aux tiers et futurs acquéreurs : à défaut, la modification votée en AG reste inopposable
Source officielleService-Public.fr (Fiche F2589) et ANIL.org
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [anil.org](https://www.anil.org/votre-besoin/gerer-un-bien/copropriete/reglement-de-copropriete/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000880200/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # AG copropriété en visioconférence : ce que dit la loi URL: https://copro-guide.fr/charges/ag-copropriete-visioconference-loi-regles/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-10-03 Mot-clé ciblé: Est-il possible de faire une AG en visio ? Faire une AG de copropriété en visioconférence, c'est légal : l'article 17-1 A de la loi de 1965 l'autorise. Voici les règles, les étapes et les erreurs **Oui, une assemblée générale de copropriété peut se tenir par visioconférence. L'article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965 autorise la participation des copropriétaires « par présence physique, par visioconférence ou par tout autre moyen de communication électronique permettant leur identification ». Ce dispositif, né avec l'ordonnance du 20 mai 2020, est aujourd'hui permanent.** Tenir une assemblée générale de copropriété en visioconférence est parfaitement légal. L'article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965, modifié par l'ordonnance du 20 mai 2020, offre trois canaux de participation aux copropriétaires : la présence physique, la visioconférence et tout autre moyen de communication électronique. Mais cette souplesse s'accompagne d'un cadre précis que le syndic doit respecter scrupuleusement. Une convocation incomplète, un vote mal sécurisé ou un procès-verbal lacunaire, et l'assemblée générale pourra être contestée. Voici ce que le droit autorise vraiment, comment organiser une AG à distance sans risque juridique, et les trois erreurs qui exposent les décisions à une annulation. ## AG en visioconférence : ce que dit exactement l'article 17-1 A de la loi de 1965 La réponse est donnée par un texte court, directement lisible sur Légifrance. L'article 17-1 A de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 dispose : « Les copropriétaires peuvent participer à l'assemblée générale par présence physique, par visioconférence ou par tout autre moyen de communication électronique permettant leur identification. » Ces 25 mots posent le principe. Le copropriétaire dispose d'un droit de participation à distance, et ce droit ne dépend pas d'une autorisation préalable de l'assemblée générale. Le syndic ne peut pas le lui refuser au motif que le règlement de copropriété n'en parle pas. La loi prime. Le texte ouvre trois canaux cumulatifs : le présentiel, la visioconférence, et « tout autre moyen de communication électronique ». Cette troisième catégorie est large. Elle englobe les plateformes de réunion en ligne (Zoom, Teams, Google Meet), mais aussi potentiellement une boucle audio sécurisée ou un dispositif de vote en ligne. La condition unique : l'identification du participant doit être garantie. Concrètement, cela signifie que le syndic doit s'assurer, avant le début des débats, que chaque personne connectée est bien le copropriétaire qu'elle prétend être. Un simple nom d'écran ne suffit pas. Le syndic pourra exiger l'affichage du visage, un justificatif d'identité présenté à la caméra, ou l'envoi préalable d'une pièce d'identité. Ce droit à la visioconférence concerne aussi bien les assemblées générales ordinaires que les assemblées extraordinaires. Aucune distinction n'est faite par la loi. Seules les très petites copropriétés : celles relevant du statut de l'article 8-1 de la loi de 1965 : obéissent à des règles différentes et peuvent ne pas être tenues d'organiser une AG chaque année. ### Le texte de loi en clair : présence physique, visioconférence ou autre moyen L'article 17-1 A consacre une égalité entre les modes de participation. Aucun n'est présenté comme subsidiaire. Le copropriétaire choisit librement le canal qui lui convient, sous réserve que son identification soit possible. Cette égalité a une conséquence pratique immédiate : un copropriétaire présent par visioconférence vote, débat et compte dans le quorum exactement comme un copropriétaire présent physiquement. Son vote n'est pas un vote par correspondance. Il n'est pas non plus assimilé à un pouvoir donné au syndic. C'est une présence au sens plein du terme. Le législateur a sciemment employé le verbe « pouvoir » et non « devoir ». Participer en visio est un droit, jamais une obligation. Un syndic ne peut pas imposer la visioconférence à un copropriétaire qui souhaite se déplacer. Inversement, un copropriétaire qui réclame la visio ne peut pas se la voir refuser par le syndic au prétexte que « personne ne l'a demandé avant ». L'ordonnance du 20 mai 2020 a précisément été prise pour garantir cette liberté de participation, y compris en dehors des périodes de crise sanitaire. ### Historique : de l'ordonnance Covid-19 à la règle permanente Avant 2020, la loi du 10 juillet 1965 ne mentionnait ni la visioconférence ni aucun moyen électronique de participation. Les AG devaient se tenir en présence physique des copropriétaires, sauf vote par correspondance ou par procuration. L'ordonnance n° 2020-595 du 20 mai 2020 a introduit la visioconférence comme mesure d'urgence sanitaire. Mais le gouvernement a rapidement souhaité pérenniser ce dispositif. La loi n° 2020-1525 du 7 décembre 2020, dite loi ASAP, a modifié l'article 17-1 A pour y inscrire définitivement la participation par visioconférence. Cette disposition est aujourd'hui codifiée à droit constant. Le ministère de la Justice a confirmé cette lecture : la visioconférence n'est plus une dérogation temporaire, c'est une modalité de participation de droit commun. Le syndic n'a donc pas à solliciter un vote préalable de l'assemblée générale pour l'autoriser. La loi le fait déjà. ## Loi ELAN et assemblée générale en visioconférence : quelles obligations pour le syndic ? La loi ELAN du 23 novembre 2018 a modernisé le fonctionnement des copropriétés sur plusieurs aspects, notamment la dématérialisation des échanges entre le syndic et les copropriétaires. Si elle ne traitait pas initialement de la visioconférence (l'ordonnance de 2020 est postérieure), elle a posé les fondations techniques et juridiques : notification par voie électronique, espace en ligne dédié à la copropriété, vote électronique. Couplée à l'article 17-1 A, cette architecture donne aujourd'hui au syndic une obligation de moyens renforcée. Organiser une AG en visioconférence ne se résume pas à créer un lien Zoom et à l'envoyer par email. Le syndic doit garantir trois choses : l'accès effectif de tous les copropriétaires à la réunion, la sécurité du processus de vote, et la traçabilité des décisions. Un syndic professionnel pourra engager sa responsabilité civile s'il néglige ces obligations. Un syndic bénévole, bien que tenu à un standard de diligence moins élevé, devra malgré tout respecter les prescriptions légales minimales. Le conseil syndical a tout intérêt à vérifier, en amont, que le syndic a bien prévu les moyens techniques et humains pour tenir une AG hybride ou entièrement dématérialisée. ### La convocation : mentions obligatoires liées à la visioconférence La convocation à l'assemblée générale doit respecter un formalisme précis, renforcé lorsque la visioconférence est proposée. L'article 9 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 énumère les mentions obligatoires : lieu, date, heure, ordre du jour, et conditions de majorité pour chaque résolution. Quand la visioconférence est ouverte, la convocation doit en outre indiquer clairement les modalités de connexion. Cela inclut le lien vers la plateforme de réunion, les identifiants éventuels, les horaires de connexion (avec une plage de test recommandée 15 minutes avant le début), et la procédure d'identification à distance. Ces éléments ne peuvent pas être communiqués la veille par un simple SMS : ils doivent figurer dans le corps de la convocation adressée au moins 21 jours avant la date de l'AG. Une convocation qui mentionne la date et l'heure de l'AG mais omet le lien de connexion ou les instructions pour se connecter est irrégulière. Un copropriétaire qui n'a pas pu participer faute d'information suffisante pourra invoquer ce vice pour contester les décisions prises. ### Le déroulement de la réunion : vote, quorum et décompte des voix Le jour de l'AG, le syndic doit ouvrir la salle virtuelle suffisamment tôt. Une feuille de présence dématérialisée est établie : chaque copropriétaire connecté y est inscrit, avec indication de son nom, de ses tantièmes et du mode de participation (présentiel ou visioconférence). Le quorum se calcule selon les règles habituelles de la loi de 1965. La seule différence : les copropriétaires en visio sont comptabilisés comme présents, au même titre que ceux dans la salle physique. Sur ce point, la doctrine est désormais bien établie. Un arrêt de la cour d'appel de Paris du 15 septembre 2021 a confirmé qu'un copropriétaire participant par visioconférence est bien « présent » au sens de l'article 24 de la loi de 1965. Le vote doit être sécurisé. Si le syndic procède à un vote à main levée en salle, la visioconférence impose de prévoir un équivalent : vote oral avec confirmation nominative, sondage électronique intégré à la plateforme, ou formulaire de vote électronique. Le président de séance doit s'assurer que chaque voix est enregistrée et que personne ne vote deux fois. Le décompte des voix en temps réel est une bonne pratique, mais il n'est pas imposé par les textes. ### Le procès-verbal : mentions avec date et mode de participation Le procès-verbal est la pièce maîtresse. L'article 17-1 A exige qu'il mentionne « la date et le mode de participation » de chaque participant. Cette exigence est nouvelle par rapport au régime antérieur à 2020. Concrètement, le PV doit comporter, pour chaque résolution, l'indication nominative des copropriétaires ayant voté « pour », « contre », ou s'étant abstenus, en précisant s'ils étaient présents physiquement, en visioconférence ou représentés. Une simple mention globale du type « 5 copropriétaires étaient en visioconférence » ne satisfait pas à l'obligation légale. Le PV doit aussi signaler tout incident technique survenu pendant la séance : coupure de connexion, copropriétaire déconnecté pendant un vote, problème de son ou d'image. Ces mentions ne sont pas obligatoires en tant que telles, mais elles sont fortement recommandées. Elles permettent de préconstituer la preuve que l'incident est resté ponctuel et n'a pas affecté la sincérité des débats. Un PV muet sur une panne de 20 minutes sera plus difficile à défendre devant un tribunal. ## Comment organiser une réunion en visio pour une copropriété : guide étape par étape Passer de la théorie à la pratique demande une préparation méthodique. Voici la marche à suivre pour un syndic, professionnel ou bénévole, qui organise pour la première fois une AG avec participation en visioconférence. Le processus débute bien avant l'envoi des convocations. Le syndic doit d'abord vérifier que le règlement de copropriété ne contient pas de clause interdisant expressément la tenue d'assemblées par voie électronique. Une telle clause est rare, mais elle existe dans certaines copropriétés anciennes. Si elle est présente, il faut la faire supprimer par un vote en AG classique avant de pouvoir proposer la visio. Ensuite vient le choix de l'outil, puis la préparation logistique, et enfin le jour J. Chaque étape comporte des points de vigilance que le syndic pourra cocher au fur et à mesure. Un rétroplanning sur 21 jours constitue le standard minimum. ### Choisir l'outil de visioconférence : Zoom, Teams, Meet : ce que dit la loi La loi du 10 juillet 1965 ne mentionne aucune plateforme en particulier. Elle ne l'interdit pas non plus. L'article 17-1 A se contente d'exiger un « moyen de communication électronique permettant l'identification » des copropriétaires. Zoom, Microsoft Teams, Google Meet, Skype, Jitsi Meet ou toute autre solution de visioconférence sont donc juridiquement valables. Le choix dépend de critères pratiques : gratuité ou coût modeste (les copropriétaires ne doivent pas avoir à acheter une licence pour participer), compatibilité avec les appareils de tous (ordinateur, tablette, smartphone), possibilité de verrouiller la salle virtuelle une fois le quorum atteint, et fonction de vidage de salle en cas d'intrusion. La question de la sécurité des données personnelles est légitime. Le syndic traite des informations nominatives (noms des copropriétaires, voix exprimées, parfois images). Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) s'applique. Concrètement, il est recommandé d'utiliser une plateforme qui chiffre les communications de bout en bout, de ne pas enregistrer la séance sans l'accord explicite de l'assemblée, et de détruire tout enregistrement après rédaction définitive du procès-verbal. ### Checklist du syndic J-21 à J-1 avant l'AG Voici les étapes clés, dans l'ordre chronologique : - **J-21** : envoi de la convocation avec tous les documents (ordre du jour, résolutions, comptes) ET les modalités de connexion (lien, code d'accès, horaires). Prévoir une adresse email ou un numéro de téléphone dédié pour l'assistance technique. - **J-14** : relance par email aux copropriétaires n'ayant pas encore confirmé leur mode de participation, avec rappel des instructions de connexion. - **J-10** : organisation d'un test technique ouvert à tous les copropriétaires volontaires. 30 minutes suffisent. L'objectif : vérifier que le son, l'image et le partage d'écran fonctionnent pour chacun. - **J-7** : envoi ou mise à disposition des formulaires de vote par correspondance pour les copropriétaires qui ne pourront ni se déplacer ni se connecter. Ces formulaires doivent parvenir au syndic au plus tard la veille de l'AG. - **J-3** : préparation de la feuille de présence dématérialisée avec la liste complète des copropriétaires, leurs tantièmes, et une colonne « mode de participation ». Vérification que tous les pouvoirs reçus sont enregistrés. - **J-1** : test ultime de la connexion depuis le lieu où se tiendra la partie présentielle (débit montant suffisant pour le partage d'écran). Prévoir une solution de secours (hotspot 4G, deuxième ordinateur). ### Cas pratique : une copropriété de 20 lots organise son AG annuelle à distance Prenons une copropriété de 20 lots, gérée par un syndic bénévole, située dans une résidence des Yvelines. L'AG annuelle doit se tenir en mars. Sur les 20 copropriétaires, 5 résident à l'étranger, 8 sont en région parisienne, et 7 habitent dans la résidence. Le syndic bénévole décide de proposer une AG hybride : une salle est réservée à la mairie pour ceux qui souhaitent venir (7 copropriétaires), et une session Teams est ouverte pour les 13 autres. La convocation, envoyée le 1er février, précise l'adresse de la salle ET le lien Teams, avec une plage de connexion à 9 h 30 pour un début d'AG à 10 h. Le jour J, à 9 h 45, 12 copropriétaires sont connectés à distance et 6 sont dans la salle. Le quorum est atteint. Le syndic vérifie une par une les identités des participants à distance (chacun montre sa pièce d'identité devant sa caméra). À 10 h 10, le 13e copropriétaire à distance se connecte avec 10 minutes de retard ; il est admis après vérification. Pendant le vote de la résolution n° 4 (ravalement de façade), la connexion d'un copropriétaire basé à Londres coupe. Le syndic suspend le vote, attend 5 minutes que la connexion soit rétablie, puis reprend. Cette suspension est consignée au procès-verbal. Toutes les résolutions sont adoptées. Coût pour la copropriété : 0 € (la mairie prête la salle gratuitement, Teams est utilisé dans sa version gratuite). Temps passé par le syndic bénévole : environ 8 heures entre la préparation et la rédaction du PV. ## Les erreurs qui peuvent faire annuler une AG de copropriété en visioconférence La légalité de la visioconférence n'immunise pas contre l'annulation. Plusieurs vices peuvent affecter une AG tenue à distance et conduire un copropriétaire à saisir le tribunal judiciaire dans le délai de deux mois prévu par l'article 42 de la loi de 1965. Les cas d'annulation ne sont pas théoriques. Des décisions de première instance, encore peu consolidées par la Cour de cassation, commencent à émerger. Elles montrent que les juges examinent avec la même rigueur une AG en visio qu'une AG classique, en vérifiant que les droits des copropriétaires absents ou connectés à distance ont été respectés. Voici les trois pièges les plus fréquents. ### Erreur n°1 : une convocation sans mention des moyens de connexion Le scénario : le syndic expédie une convocation classique, mentionnant la date, l'heure, l'ordre du jour et l'adresse de la salle. Le lien de visioconférence est envoyé trois jours avant l'AG par un email séparé, ou pire, communiqué de manière informelle par le conseil syndical. La conséquence juridique : le délai de convocation de 21 jours n'a pas été respecté pour les modalités de participation à distance. Un copropriétaire qui n'a pas eu connaissance du lien dans les formes et les délais prescrits pourra contester l'ensemble des décisions de l'AG. Le tribunal appréciera souverainement, mais la jurisprudence en matière de nullité pour vice de convocation est sévère : le formalisme est une garantie substantielle. La parade : intégrer le lien, les codes d'accès et un numéro d'assistance technique directement dans le corps de la convocation. Un seul document, un seul envoi. ### Erreur n°2 : aucune solution de repli pour le copropriétaire non connecté Le scénario : l'AG est annoncée comme se tenant exclusivement en visioconférence. Un copropriétaire de 78 ans, non équipé d'ordinateur et ne maîtrisant pas les outils numériques, se retrouve dans l'impossibilité de participer. La conséquence juridique : le droit de participer à l'AG est un droit fondamental du copropriétaire. Si l'absence de solution alternative prive un copropriétaire de ce droit, les décisions peuvent être annulées. La fracture numérique n'est pas un motif d'annulation automatique, mais le syndic doit démontrer qu'il a tout mis en œuvre pour permettre la participation de chacun. La parade : proposer systématiquement une solution de repli. Au choix : connexion téléphonique à la réunion (audio seul), formulaire de vote papier envoyé avec la convocation, ou désignation d'un mandataire parmi les copropriétaires présents physiquement. L'important est de prouver que personne n'a été exclu de fait. ### Erreur n°3 : un procès-verbal incomplet sur les modalités de participation Le scénario : le PV indique « 15 copropriétaires présents ou représentés, totalisant 7500 tantièmes », sans distinguer les présents physiquement de ceux en visio. Une résolution contestée est adoptée à une voix près. La conséquence juridique : l'absence de mention du mode de participation de chaque votant rend impossible le contrôle de la régularité du scrutin. Le copropriétaire qui conteste pourra arguer que le décompte des voix est insincère et que le PV ne permet pas de le vérifier. La parade : le PV doit lister nominativement chaque copropriétaire avec, pour chacun, la mention « présent en personne », « présent par visioconférence », « représenté par X en présentiel », ou « représenté par Y en visioconférence ». Un tableau récapitulatif en fin de PV fait parfaitement l'affaire. ## Visioconférence assemblée générale copropriété : questions pratiques des copropriétaires Au-delà des règles juridiques, les copropriétaires se posent des questions très concrètes. Voici les réponses aux trois interrogations qui reviennent le plus souvent en pratique. Ces réponses se fondent sur l'état du droit au 3 octobre 2026. Elles ne remplacent pas une consultation juridique individualisée, mais elles donnent des repères solides pour dialoguer avec son syndic ou son conseil syndical. ### Peut-on tenir une AG 100 % en visio, sans lieu physique ? La réponse est nuancée. Rien dans l'article 17-1 A n'interdit une AG exclusivement en visioconférence. Mais rien ne l'autorise expressément non plus. En pratique, la légalité d'une AG 100 % dématérialisée dépend de trois conditions cumulatives : - Le règlement de copropriété ne doit pas comporter de clause exigeant un lieu de réunion physique. - L'assemblée générale doit avoir adopté une résolution en ce sens, de préférence à la majorité de l'article 26 (double majorité), pour éviter toute contestation. - Chaque copropriétaire doit se voir offrir une solution alternative s'il ne peut pas se connecter (formulaire de vote, mandataire). Sans ces précautions, une AG intégralement en visio est juridiquement fragile. Le plus prudent consiste à maintenir un lieu physique, même symbolique, où le président de séance et le syndic se tiennent, et où un copropriétaire peut se rendre s'il le souhaite. Cette formule « hybride » sécurise la régularité de l'assemblée. ### Que faire si un copropriétaire perd sa connexion pendant le vote ? La procédure à suivre dépend du moment de la déconnexion. Si elle survient pendant les débats mais avant le vote, le président de séance suspend la discussion jusqu'à ce que le copropriétaire soit reconnecté. Un délai d'attente raisonnable de 5 à 10 minutes est admis. Si la déconnexion intervient pendant le vote lui-même, le président annule le scrutin en cours et le reprend intégralement une fois la connexion rétablie. On ne peut pas comptabiliser un vote partiel. Si la connexion ne peut pas être rétablie dans un délai raisonnable, le vote peut se poursuivre, mais le copropriétaire déconnecté pourra contester la résolution adoptée sans lui. Dans tous les cas, l'incident et la suspension de séance doivent être consignés au procès-verbal. Cette mention protège la copropriété en cas de recours ultérieur. ### Le formulaire de vote : alternative valable à la participation en visio ? Oui. Le vote par correspondance reste une option parfaitement légale, prévue de longue date par le décret de 1967. Un copropriétaire peut remplir un formulaire indiquant pour chaque résolution son vote (« pour », « contre » ou « abstention »), le signer, et l'adresser au syndic avant l'AG. Ce formulaire est distinct d'un pouvoir : il ne donne pas mandat à une autre personne de voter à la place du copropriétaire. C'est le copropriétaire lui-même qui exprime son vote, par écrit, avant la réunion. Pour être valable, le formulaire doit parvenir au syndic au plus tard la veille de l'AG. Un formulaire reçu le matin même de l'AG pourra être écarté. Le formulaire de vote pré-rempli est la meilleure solution de repli pour les copropriétaires qui ne peuvent ni se déplacer ni se connecter. Le syndic doit le proposer systématiquement avec la convocation. ## En pratique : checklist pour une AG en visioconférence sans contentieux Pour clore ce guide, voici les points à vérifier par le syndic, le conseil syndical ou tout copropriétaire vigilant avant une assemblée générale avec participation en visioconférence. - **Convocation** : le lien de visioconférence, les codes d'accès et les instructions de connexion figurent dans le corps de la convocation. Délai de 21 jours respecté. - **Solution de repli** : chaque copropriétaire s'est vu proposer un formulaire de vote papier ou la possibilité de désigner un mandataire. - **Identification** : une procédure de vérification d'identité est prévue (pièce d'identité montrée à la caméra, ou envoyée à l'avance). - **Feuille de présence** : le document distingue les présents physiques, les présents en visioconférence, les représentés et les votants par correspondance. - **Test technique** : une session de test a été organisée au moins 10 jours avant l'AG. Les copropriétaires signalés comme non connectés lors du test ont été contactés individuellement. - **Procès-verbal** : le PV mentionne pour chaque participant le mode de participation et la date. Tout incident technique est consigné. - **Sécurité des données** : aucune session n'est enregistrée sans l'accord de l'assemblée. Les données personnelles collectées sont supprimées après validation du PV définitif. Ces sept points ne garantissent pas à 100 % l'absence de contestation, mais ils réduisent considérablement le risque juridique. > **Points clés** > > - L'article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965 donne à chaque copropriétaire le droit de participer à l'AG par visioconférence, sans vote préalable de l'assemblée. > - Une AG 100 % en visio sans lieu physique est juridiquement fragile : le plus sûr est d'opter pour une formule hybride avec une salle ouverte. > - Le procès-verbal doit mentionner nominativement le mode de participation (présentiel ou visioconférence) de chaque copropriétaire pour chaque résolution. > - Toute décision prise lors d'une AG en visio avec une convocation incomplète ou un défaut d'identification des votants peut être annulée dans les deux mois. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039313644) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000038261631/2026-01-27) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Où trouver le règlement de copropriété : 5 sources fiables URL: https://copro-guide.fr/charges/ou-trouver-reglement-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-10-02 Mot-clé ciblé: ou trouver le règlement de copropriété Vous cherchez où trouver le règlement de copropriété ? Syndic, notaire, service de publicité foncière, copropriétaires... Toutes les démarches expliquées **Pour trouver le règlement de copropriété, adressez-vous en priorité à votre syndic, qui est légalement tenu de vous le fournir. Vous pouvez aussi le retrouver dans votre acte de vente ou le demander au notaire. Pour une version officielle et à jour, la source la plus fiable est le Service de la Publicité Foncière (SPF).** Savoir où trouver le règlement de copropriété est indispensable avant d'engager des travaux, en cas de litige ou simplement pour connaître ses droits et devoirs. Ce document juridique fondamental peut être récupéré via plusieurs canaux. Si le syndic et le notaire sont les interlocuteurs évidents, une source officielle et publique reste souvent méconnue : le Service de la Publicité Foncière, garantissant l'accès à la version la plus récente du texte. ## Ce qu'est le règlement de copropriété et pourquoi vous en avez besoin Le règlement de copropriété est bien plus qu'un simple guide de bonne conduite. C'est un document contractuel, obligatoire pour tout immeuble en copropriété, qui s'impose à tous les copropriétaires et même à leurs locataires. Il organise la vie de l'immeuble et constitue la "loi" des parties. Sa consultation est un réflexe essentiel dans de nombreuses situations pour éviter les conflits et agir en conformité avec les règles établies. ### Définition et valeur juridique Défini par la loi n°65-557 du 10 juillet 1965, le règlement de copropriété est un acte écrit, généralement rédigé par un notaire lors de la création de la copropriété. Il a une valeur juridique contraignante. Sa fonction principale est de déterminer les parties privatives (votre appartement, cave, parking) et les parties communes (hall, escaliers, toiture). Il fixe également les conditions d'utilisation de ces différentes parties et la quote-part des charges de copropriété afférente à chaque lot. Toute clause contraire à la loi est réputée non écrite. ### Quand en avez-vous besoin concrètement ? Concrètement, vous aurez besoin de consulter ce document dans plusieurs cas de figure. - **Avant d'acheter un bien** : pour connaître les règles de l'immeuble (interdiction d'une activité professionnelle, par exemple) et l'état descriptif de division. - **Pour réaliser des travaux** : afin de vérifier si votre projet affecte les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble, ce qui nécessiterait une autorisation de l'assemblée générale. - **En cas de litige de voisinage** : pour connaître les règles applicables en matière de bruit, d'usage des balcons ou des parties communes. - **Lors de la préparation d'une assemblée générale** : pour comprendre les règles de vote et la répartition des pouvoirs au sein de la copropriété. ## Source n°1 : demander le document à votre syndic Votre premier interlocuteur est le syndic de copropriété, qu'il soit professionnel ou bénévole. En tant que représentant légal du syndicat des copropriétaires, il a pour mission de conserver et d'administrer les archives de l'immeuble. Le règlement de copropriété et ses éventuels modificatifs en font partie intégrante. Il est donc légalement tenu de vous en fournir une copie si vous en faites la demande. Cette démarche est souvent la plus rapide et la plus simple pour récupérer gratuitement le règlement de copropriété, même si le syndic peut parfois facturer des frais de reprographie. Pour des conseils détaillés sur comment l'obtenir gratuitement, vous pouvez consulter notre guide sur le [règlement de copropriété gratuit](/charges/reglement-copropriete-gratuit/). ### Comment formuler la demande Une demande simple suffit généralement. 1. **Par e-mail** : adressez un courriel à votre gestionnaire de copropriété en précisant votre nom, votre numéro de lot et votre demande claire d'obtenir une copie du règlement de copropriété. 2. **Par courrier recommandé** : si vous n'obtenez pas de réponse ou si vous souhaitez conserver une trace formelle, envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception. C'est la méthode à privilégier pour une démarche officielle. Précisez si vous souhaitez une version papier ou numérique (PDF), cette dernière étant souvent plus rapide à obtenir et sans frais de copie. ### Le syndic ne répond pas : que faire ? Si, malgré vos relances, le syndic reste silencieux, ne baissez pas les bras. Vous disposez de recours. La première étape consiste à lui adresser une mise en demeure par lettre recommandée, en lui rappelant son obligation légale issue de l'article 33 du décret du 17 mars 1967 et en lui fixant un délai raisonnable (par exemple, 15 jours) pour s'exécuter. Si cette démarche échoue, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire en référé. Cette procédure d'urgence permet d'obtenir une ordonnance du juge forçant le syndic à vous communiquer le document, souvent sous astreinte (pénalité financière par jour de retard). Si un syndic tarde ou refuse de vous le communiquer, il peut être utile de connaître les recours en cas de [non-respect du règlement de copropriété](/litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/). > **L'essentiel** > > - Le syndic a l'obligation légale de fournir une copie du règlement de copropriété à tout copropriétaire qui en fait la demande. > - Votre acte de vente ou le notaire qui l'a rédigé sont des sources fiables pour obtenir le document. > - Le Service de la Publicité Foncière (SPF) conserve la version officielle et à jour du règlement, accessible à tous sur demande. > - Il est crucial de ne pas confondre le règlement de copropriété (acte notarié) avec le règlement intérieur (règles de vie courante). > - En cas de blocage avec le syndic, une demande auprès du SPF est le recours le plus efficace pour obtenir le document. ## Source n°2 : consulter le notaire rédacteur ou votre dossier d'achat Chaque copropriétaire a obligatoirement reçu une copie du règlement de copropriété au moment de l'acquisition de son bien. Ce document est en effet une pièce essentielle de la transaction immobilière, annexée à l'acte de vente signé chez le notaire. C'est donc une source directe et fiable pour retrouver le texte qui régit votre immeuble. Le notaire, en tant que rédacteur d'actes authentiques, a également un rôle central et peut être sollicité pour obtenir une copie. ### Retrouver le règlement dans votre acte de vente Avant toute autre démarche, la première chose à faire est de fouiller dans vos propres archives. Reprenez le dossier de votre achat immobilier, et plus particulièrement l'acte de vente authentique. Le règlement de copropriété est soit annexé en intégralité, soit précisément identifié par sa date de rédaction et les références de sa publication au service de la publicité foncière. Votre titre de propriété est donc la clé pour retrouver ces informations fondamentales et vous assurer de disposer du document qui vous a été transmis lors de votre entrée dans la copropriété. ### Contacter le notaire rédacteur : démarche pas à pas Prenons un cas concret : vous souhaitez installer une climatisation et devez vérifier ce que le règlement autorise. Après avoir cherché en vain dans vos papiers, vous contactez le notaire qui a géré votre achat il y a trois ans. 1. **Prise de contact** : Vous lui adressez un e-mail en joignant une copie de votre pièce d'identité et de votre titre de propriété pour justifier de votre qualité de copropriétaire. 2. **Demande de copie** : Vous demandez une copie authentique du règlement de copropriété et de ses modificatifs éventuels. Le notaire peut vous facturer des frais pour cette prestation (coût de désarchivage et de copie). 3. **Récupération** : L'étude notariale vous transmettra le document, soit par voie dématérialisée, soit en version papier. Vous disposerez alors d'une version officielle du document. Si ce notaire ne l'a pas, il pourra vous orienter vers le notaire qui a initialement mis en place la copropriété. Si vous souhaitez obtenir une copie PDF de ce document crucial, notre article sur le [règlement de copropriété PDF](/charges/reglement-copropriete-pdf/) vous guidera. ## Source n°3 : le service de publicité foncière (SPF), la source officielle méconnue C'est la solution la moins connue mais la plus officielle. Tout règlement de copropriété, pour être opposable à tous (y compris aux futurs acquéreurs), doit obligatoirement être publié au Service de la Publicité Foncière (SPF), l'entité qui a succédé à la conservation des hypothèques. Cette administration publique conserve l'historique de la vie juridique des immeubles. N'importe qui, copropriétaire ou non, peut donc y demander une copie de ce document public. C'est la source la plus fiable pour obtenir la version à jour, incluant tous les modificatifs votés au fil du temps. ### Pourquoi le règlement est publié au SPF La publication au SPF confère au règlement de copropriété sa force juridique à l'égard des tiers. Sans cette publicité, les règles qu'il contient ne s'appliqueraient qu'aux signataires d'origine. Grâce à cette formalité, toute personne qui achète un lot dans l'immeuble est automatiquement soumise au règlement, qu'elle l'ait lu ou non. C'est une garantie de sécurité juridique pour l'ensemble du syndicat des copropriétaires. Les informations sont publiques et accessibles, comme l'indique le site service-public.fr. ### Comment faire la demande en ligne ou par courrier Pour obtenir une copie, deux options s'offrent à vous. - **En ligne** : La démarche tend à se dématérialiser, notamment via des portails spécialisés connectés au service des impôts fonciers. Il faut généralement créer un compte et fournir les références cadastrales de l'immeuble. - **Par courrier** : C'est la méthode traditionnelle. Vous devez remplir le formulaire Cerfa n°3233-SD (demande de copie de documents) en y précisant les références de l'immeuble (adresse, références cadastrales). Vous devez l'adresser au SPF compétent pour la commune où se situe l'immeuble. La délivrance de ce document est payante. Le coût est réglementé et s'élève généralement à quelques dizaines d'euros. Le délai de réponse peut varier de quelques jours à plusieurs semaines. ## Source n°4 : demander à un autre copropriétaire ou consulter les archives de l'immeuble Lorsque les voies officielles semblent compliquées ou trop lentes, le bon sens et la courtoisie peuvent débloquer la situation. S'adresser à d'autres membres de la copropriété est une solution simple et souvent efficace. Un voisin, un membre du conseil syndical ou des archives collectives peuvent contenir le précieux document. Cette approche informelle a ses avantages, mais aussi une limite importante : la version obtenue n'est pas garantie d'être la plus récente. Il est donc crucial de prendre quelques précautions pour s'assurer de la validité du document. Le contenu et modification du règlement de copropriété évoluent avec le temps. Pour comprendre les implications de ce document et son évolution, il est essentiel de se référer à un guide complet du [règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/). ### Le conseil syndical, un relais précieux Le conseil syndical, composé de copropriétaires élus, est un relais de choix. Ses membres sont souvent impliqués dans la vie de l'immeuble depuis plusieurs années et possèdent généralement un jeu complet des documents importants, y compris le règlement à jour. N'hésitez pas à solliciter son président ou l'un de ses membres. Ils pourront vous fournir une copie numérique rapidement et sans frais. C'est une excellente alternative si vos relations avec le syndic sont tendues. ### Vérifier que la version obtenue est bien la plus récente > 📌 Important : Un règlement de copropriété peut avoir été modifié plusieurs fois par des votes en assemblée générale. Un document obtenu auprès d'un voisin pourrait être une version obsolète. Pour vous en assurer, vérifiez la date du document et comparez-la avec les derniers procès-verbaux d'assemblée générale en votre possession. Ces PV mentionnent obligatoirement les résolutions ayant modifié le règlement. En cas de doute, seule une demande auprès du Service de la Publicité Foncière vous garantira d'obtenir la version consolidée la plus récente, incluant tous les "modificatifs" publiés. ## ERREUR COURANTE : confondre règlement de copropriété et règlement intérieur Une erreur fréquente consiste à confondre le règlement de copropriété avec le règlement intérieur de l'immeuble. Bien que les deux documents organisent la vie collective, leur nature, leur portée et leur valeur juridique sont radicalement différentes. Connaître cette distinction est essentiel pour ne pas commettre d'impairs et savoir quels droits et obligations s'appliquent réellement. La confusion peut avoir des conséquences pratiques importantes en cas de désaccord ou de litige. Le règlement intérieur de copropriété : ce qu'il peut et ne peut pas imposer est beaucoup plus limité. Pour plus de détails sur ce qui peut être imposé ou non, explorez notre guide sur le [règlement intérieur de copropriété](/litiges/reglement-interieur-copropriete-guide/). ### Règlement de copropriété vs règlement intérieur : le tableau des différences Le tableau suivant résume les différences fondamentales entre les deux documents. | Critère | Règlement de copropriété | Règlement intérieur | | :--- | :--- | :--- | | **Nature juridique** | Acte notarié, publié au SPF | Acte sous seing privé, non publié | | **Contenu** | Organisation de la propriété (lots, charges) | Règles de jouissance (bruit, propreté) | | **Modification** | Majorité qualifiée en AG (art. 26) | Majorité simple en AG (art. 24) | | **Opposabilité** | S'impose à tous, y compris futurs acquéreurs | S'impose aux résidents (propriétaires et locataires) | | **Coût** | Frais de notaire et de publication | Aucun coût de formalité | ### Conséquences concrètes d'une confusion Croire que le règlement intérieur a la même force que le règlement de copropriété peut mener à des situations délicates. Par exemple, un copropriétaire pourrait penser à tort qu'une clause du règlement intérieur interdisant les professions libérales est légale, alors que seul le règlement de copropriété (par une clause d'habitation bourgeoise exclusive) peut imposer une telle restriction. Inversement, ignorer une servitude de passage ou une règle sur les travaux inscrite dans le règlement de copropriété en pensant qu'elle n'est qu'une simple "recommandation" du règlement intérieur peut vous exposer à une action en justice de la part du syndicat des copropriétaires. ## Récapitulatif : quelle source choisir selon votre situation ? Le choix de la source pour obtenir votre règlement de copropriété dépend de votre situation, de votre urgence et des interlocuteurs que vous avez déjà. Chaque option a ses avantages en termes de rapidité, de coût et de fiabilité. Dans tous les cas, il est crucial de s'assurer que vous disposez bien de la dernière version en vigueur, car les droits et obligations issus du règlement de copropriété peuvent avoir été modifiés au fil des ans. En cas de situation complexe ou de litige, l'avis d'un professionnel reste recommandé. ### Tableau de décision rapide selon votre profil Voici un guide pour vous orienter vers la meilleure démarche. - **Vous êtes un copropriétaire récent** : Consultez d'abord votre acte de vente et ses annexes. Si vous ne le trouvez pas, demandez au syndic par e-mail. C'est la voie la plus simple. - **Vous êtes sur le point d'acheter** : Le vendeur ou l'agence immobilière doit vous le fournir obligatoirement avant la signature du compromis de vente. Exigez-le. - **Vous avez perdu le document** : Demandez au syndic. S'il ne répond pas, contactez le conseil syndical ou un voisin, mais avec la précaution de vérifier la version du document. - **Vous êtes en situation de litige urgent** : Pour avoir une preuve irréfutable, faites une demande officielle auprès du Service de la Publicité Foncière (SPF). C'est la seule source qui garantit d'avoir la version consolidée et opposable. ### Et si le règlement n'existe pas ou est obsolète ? Dans de très rares cas, notamment pour des immeubles anciens construits avant la loi de 1965, il peut arriver qu'aucun règlement n'ait été formellement établi ou publié. Si le document est simplement obsolète et plus en phase avec la loi actuelle, l'assemblée générale peut voter sa mise en conformité. Si le document n'existe tout simplement pas, le syndicat des copropriétaires a l'obligation d'en faire établir un. La décision doit être prise en assemblée générale à la double majorité de l'article 26. Il faudra alors mandater un notaire pour rédiger l'acte, qui sera ensuite publié au SPF. En cas de modification nécessaire, les procédures et les majorités requises pour [modifier le règlement de copropriété](/charges/modificatif-reglement-copropriete-procedure-majorites/) sont strictes. > ⚠️ Attention : En cas de doute sur la validité ou l'interprétation d'une clause, il est conseillé de consulter un professionnel du droit immobilier (avocat, notaire). ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508569) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Règlement de copropriété PDF : où le trouver URL: https://copro-guide.fr/charges/reglement-copropriete-pdf/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-10-01 Mot-clé ciblé: règlement de copropriété pdf Règlement de copropriété PDF : où le trouver gratuitement, que contient-il et comment s'en servir ? Guide pratique 2026 basé sur la loi du 10 juillet 1965. **Le règlement de copropriété est un document juridique fixant les règles de vie d'un immeuble. Pour l'obtenir en PDF, vous pouvez le demander à votre syndic, le retrouver dans votre acte de vente notarié ou, en dernier recours, en faire la demande auprès du service de publicité foncière.** Le règlement de copropriété en PDF est la charte fondamentale qui régit la vie de votre immeuble. Disposer de ce document est indispensable pour connaître vos droits et obligations, préparer une assemblée générale ou simplement vérifier la faisabilité de travaux. Véritable "constitution" de l'immeuble, il fixe les règles d'usage des parties privatives et communes et la répartition des charges. Savoir où le trouver et comment l'interpréter vous évitera bien des litiges. ## Qu'est-ce que le règlement de copropriété et pourquoi l'avoir en PDF ? Le règlement de copropriété est bien plus qu'un simple document administratif. C'est l'acte juridique qui organise toute la vie d'un immeuble collectif, en définissant les droits et les devoirs de chaque copropriétaire. Avoir une version PDF de ce texte sur son ordinateur ou son smartphone permet un accès immédiat à l'information en cas de besoin, que ce soit pour vérifier une règle avant d'engager des travaux sur un balcon, contester une répartition de charges ou préparer une intervention en assemblée générale. Ce document s'impose à tous, y compris aux locataires qui doivent en respecter les clauses relatives à la jouissance de l'immeuble. ### Définition et valeur juridique du document Défini par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, le règlement de copropriété est obligatoire et doit être rédigé dès la création de la copropriété, généralement par un notaire. Il est ensuite publié au service de la publicité foncière pour être opposable à tous, y compris aux futurs acquéreurs. Sa valeur juridique est donc très forte : ses clauses priment sur les décisions d'assemblée générale, tant qu'elles ne sont pas contraires à une disposition légale d'ordre public. En cas de litige, c'est le premier document que les juges examineront. Ignorer son contenu peut entraîner des [sanctions en cas de non-respect du règlement de copropriété](/litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/). ### Les informations clés qu'il contient : parties communes, parties privatives, destination, charges, règles de vie Un règlement de copropriété bien rédigé est une mine d'informations. Il contient plusieurs parties essentielles pour la gestion quotidienne : - **La distinction entre parties communes et parties privatives** : il liste précisément ce qui appartient à la collectivité (gros œuvre, toiture, escaliers, couloirs...) et ce qui est à l'usage exclusif d'un copropriétaire (l'intérieur de son appartement, une cave, un parking nominatif). - **La destination de l'immeuble** : il précise si l'usage est exclusivement d'habitation ("bourgeois"), mixte (habitation et professions libérales) ou commercial. - **Les règles de vie et d'administration** : il encadre l'usage des parties communes (horaires de déménagement, propreté, etc.) et les modalités de fonctionnement des organes de la copropriété (syndic, conseil syndical, assemblée générale). - **La répartition des charges** : il fixe la quote-part des parties communes détenue par chaque lot (les tantièmes) et le mode de calcul des différentes catégories de charges (générales, spéciales...). ## Où trouver son règlement de copropriété en PDF : 4 démarches gratuites Obtenir une copie de son règlement de copropriété est une démarche essentielle pour tout propriétaire. Plusieurs options, pour la plupart gratuites, s'offrent à vous pour récupérer ce précieux document au format PDF. La méthode choisie dépendra de votre situation et de l'urgence de votre demande. Il est conseillé de conserver ce fichier numérique en lieu sûr, aux côtés de vos autres documents immobiliers importants comme l'acte de vente et les procès-verbaux d'assemblées générales. Connaître [les 4 démarches pour obtenir votre règlement de copropriété gratuitement](/charges/reglement-copropriete-gratuit/) vous fera gagner du temps et de l'énergie. ### 1. Demander le PDF à votre syndic (délai et procédure) C'est la solution la plus directe et la plus courante. Le syndic de copropriété, qu'il soit professionnel ou bénévole, a pour mission de conserver les archives de l'immeuble, dont le règlement de copropriété et ses éventuelles modifications. La loi l'oblige à mettre ce document à la disposition de tout copropriétaire qui en fait la demande. > 💡 À noter : L'envoi du règlement en format PDF par email via l'extranet de la copropriété est généralement gratuit. Le syndic peut cependant facturer des frais administratifs pour la fourniture d'une copie papier, un coût qui peut être évité en privilégiant le numérique. Le délai d'obtention est habituellement de quelques jours. ### 2. Le récupérer chez le notaire ou dans l'acte de vente Lors de l'acquisition d'un bien en copropriété, le notaire a l'obligation de remettre à l'acheteur une copie du règlement de copropriété et de l'état descriptif de division. Ce document est annexé à l'acte de vente. Si vous avez acheté votre bien récemment, il y a de fortes chances que vous l'ayez déjà en votre possession, probablement sur une clé USB ou dans un espace client sécurisé fourni par l'étude notariale. Pensez à vérifier les documents qui vous ont été transmis lors de la signature. C'est une source fiable et gratuite pour récupérer le document officiel. ### 3. Consulter le service de publicité foncière Si le syndic ne répond pas ou si vous n'êtes plus en possession de votre acte de vente, une dernière option consiste à vous adresser au service de publicité foncière (SPF), qui a remplacé la conservation des hypothèques. C'est cet organisme qui enregistre et conserve tous les actes relatifs à la propriété immobilière, y compris le règlement de copropriété initial et ses modificatifs. > 📌 Important : La demande d'une copie d'acte auprès du SPF est une démarche officielle qui peut être payante. Les tarifs sont fixés par décret et varient selon la nature du document demandé. Il faut remplir un formulaire Cerfa spécifique en indiquant les références cadastrales de l'immeuble. C'est la solution de dernier recours, mais elle garantit d'obtenir la version authentique et à jour du règlement. ### 4. Télécharger un modèle PDF pour une copropriété sans règlement ou en création Pour une copropriété en cours de création ou pour une [petite copropriété sans règlement](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/) existant, il est possible de télécharger des modèles de règlement de copropriété en ligne, souvent au format Word ou PDF. Ces documents peuvent servir de base de travail. Cependant, ils ne doivent jamais être utilisés en l'état. Chaque immeuble a ses propres spécificités (nombre de bâtiments, équipements communs, servitudes...) qui doivent être retranscrites précisément dans le règlement. L'intervention d'un professionnel du droit (notaire, avocat spécialisé) est indispensable pour rédiger un document sur mesure, conforme à la loi et adapté à la réalité de l'immeuble. ## Comment lire et utiliser un règlement de copropriété PDF clause par clause Un règlement de copropriété peut être un document long et technique. Pour l'utiliser efficacement, il n'est pas nécessaire de tout lire de A à Z, mais de savoir repérer rapidement les clauses qui répondent à vos questions. L'organisation en chapitres et articles permet de naviguer plus facilement. Une lecture attentive de certains passages clés vous éclairera sur vos [droits et obligations issus du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/). ### Les clauses sur les parties communes et privatives C'est le cœur du règlement. Cette section, souvent située au début du document, définit avec précision les limites de votre propriété exclusive (votre lot) et ce qui relève de la propriété indivise de tous les copropriétaires. - **Parties privatives** : typiquement l'intérieur des appartements, les revêtements de sol, les cloisons intérieures, les équipements sanitaires. C'est sur ces parties que vous avez le plus de liberté pour réaliser des travaux, sous réserve de ne pas affecter la solidité de l'immeuble ou les parties communes. - **Parties communes** : le sol, les murs porteurs, la toiture, les cours, les parcs, mais aussi les éléments d'équipement commun (ascenseur, chauffage collectif). Toute intervention sur ces parties nécessite une autorisation de l'assemblée générale. - **Parties communes à jouissance privative** : c'est le cas typique des balcons, terrasses ou jardins. Bien qu'étant des parties communes, leur usage est réservé à un seul copropriétaire. Le règlement précise qui doit entretenir quoi et quelles sont les limites d'aménagement. ### La répartition des charges : quotes-parts et tantièmes Cette partie est cruciale pour comprendre le fonctionnement financier de la copropriété. Le règlement explique comment sont réparties les charges entre les copropriétaires. Il s'appuie sur l'état descriptif de division, qui attribue à chaque lot une quote-part des parties communes, exprimée en "tantièmes" ou "millièmes". Plus un lot est grand, plus ses tantièmes sont élevés et plus sa contribution aux charges générales sera importante. Le règlement peut aussi prévoir des grilles de répartition spécifiques pour certaines charges, comme les frais d'ascenseur (souvent en fonction de l'étage) ou de chauffage collectif. Depuis 2002, le mode de calcul doit être explicité. ### La destination de l'immeuble et les restrictions d'usage La clause de destination de l'immeuble est fondamentale car elle fixe les conditions d'utilisation des lots. Elle peut autoriser ou interdire certaines activités. - **Habitation "exclusivement bourgeoise"** : cette clause, la plus stricte, interdit toute activité professionnelle, même libérale. - **Habitation "bourgeoise" simple** : elle autorise l'exercice des professions libérales (médecin, avocat, architecte...). - **Usage mixte** : elle permet l'habitation ainsi que des activités commerciales ou artisanales, parfois limitées à certains étages (typiquement le rez-de-chaussée). > ⚠️ Attention : Selon le guide fiscalité des particuliers 2026 (Caisse d'Epargne), il faut systématiquement vérifier que le règlement de copropriété ne comprend pas une clause d'habitation exclusivement bourgeoise si vous envisagez d'exercer une activité professionnelle dans les locaux. Le non-respect de cette clause peut entraîner des poursuites judiciaires. ## Modèle de règlement de copropriété simplifié : ce qu'il doit obligatoirement contenir Même s'il est possible de trouver un modèle de règlement de copropriété simplifié en PDF, tout document de ce type doit respecter un formalisme strict pour être valide. La loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967 imposent des mentions obligatoires qui forment le squelette de tout règlement. L'absence de l'une de ces mentions pourrait fragiliser l'ensemble de l'édifice juridique de la copropriété. Un document générique doit donc toujours être considéré comme une simple trame de départ. Si vous souhaitez savoir comment établir ou mettre à jour ce document fondamental, vous trouverez des informations utiles sur un [modèle de règlement de copropriété 2026](/charges/modele-reglement-copropriete/). ### Les mentions légales imposées par la loi de 1965 Pour être conforme, un règlement de copropriété doit impérativement inclure les éléments suivants : - La destination des parties privatives et des parties communes, ainsi que leurs conditions de jouissance. - Les règles relatives à l'administration des parties communes et au fonctionnement du syndicat des copropriétaires. - La méthode de calcul et les règles de répartition des charges de copropriété entre les différents copropriétaires. > 📌 Important : Les règlements de copropriété publiés depuis le 31 décembre 2002 doivent obligatoirement préciser la façon dont les quotes-parts des parties communes sont calculées, ainsi que les éléments pris en compte pour fixer la répartition des charges (source : ANIL / service-public.fr, 2026). Cette transparence est essentielle pour prévenir les litiges. ### État descriptif de division : le document annexe souvent oublié Souvent présenté en annexe ou dans un document séparé, l'état descriptif de division (EDD) est indissociable du règlement de copropriété. C'est un document technique, établi par un géomètre-expert, qui identifie l'immeuble et procède à sa "division" en lots. Pour chaque lot, il précise : - Un numéro d'identification unique. - Sa situation exacte dans l'immeuble (bâtiment, étage, porte). - Sa description (par exemple "un appartement de trois pièces principales"). - La quote-part des parties communes qui lui est attachée (les fameux tantièmes). Sans cet état descriptif, il serait impossible de répartir les charges ou de comptabiliser les voix en assemblée générale. La consultation du règlement PDF doit donc souvent s'accompagner de celle de l'EDD. ## Modifier un règlement de copropriété : procédure, vote en AG et tarif notaire La vie d'un immeuble évolue, et il peut devenir nécessaire d'adapter le règlement de copropriété à de nouvelles réalités : interdire la location meublée touristique, autoriser l'installation de bornes de recharge pour véhicules électriques, ou encore modifier la répartition de certaines charges. Cette modification est possible mais suit une procédure encadrée pour protéger les droits de tous les copropriétaires. Elle représente un coût et ne doit pas être prise à la légère. ### Quelle majorité pour modifier le règlement ? Toute modification du règlement de copropriété doit être approuvée par un vote en assemblée générale (AG). La majorité requise dépend de la nature de la modification envisagée. - **La double majorité (article 26)** : elle est généralement requise pour les modifications les plus importantes, notamment celles qui touchent à la destination de l'immeuble ou aux conditions de jouissance des parties privatives. - **L'unanimité** : elle est indispensable si la modification porte atteinte aux modalités de jouissance des parties privatives d'un copropriétaire. - **La majorité absolue (article 25)** : elle peut suffire pour certaines adaptations techniques. Il est essentiel de bien connaître [les règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) avant d'inscrire un projet de modification à l'ordre du jour. ### Tarif de modification : les frais à anticiper Une fois la modification votée en AG, la procédure n'est pas terminée. Le nouveau texte doit être formalisé par un acte notarié. Le notaire se charge ensuite de le publier au service de publicité foncière pour le rendre opposable à tous, y compris aux futurs acheteurs. Cette intervention a un coût qui est réparti entre tous les copropriétaires au titre des charges communes. Il comprend : - Les émoluments du notaire pour la rédaction de l'acte. - Les frais de publication au service de publicité foncière. - Le coût éventuel de l'intervention d'un géomètre-expert si la modification affecte l'état descriptif de division. Il est recommandé de demander plusieurs devis avant de mandater un notaire. ## L'erreur courante : utiliser un modèle PDF inadapté à votre immeuble Face à la nécessité de créer ou de mettre à jour un règlement, la tentation est grande de télécharger un modèle PDF gratuit sur internet et de l'adopter tel quel en assemblée générale. C'est une erreur potentiellement lourde de conséquences. Un règlement de copropriété est un acte juridique "sur mesure" qui doit coller parfaitement à la réalité physique et juridique de l'immeuble. Un modèle générique ne peut pas anticiper toutes les particularités. Par exemple, un modèle standard pourrait ne pas prévoir de clés de répartition de charges pour des équipements spécifiques comme une piscine, un ascenseur desservant un seul bâtiment sur deux, ou des compteurs d'eau individuels. Il pourrait également omettre des servitudes de passage ou des particularités liées à un usage mixte de l'immeuble (commerces en rez-de-chaussée). L'utilisation d'un document inadapté crée une insécurité juridique et est une source quasi certaine de futurs litiges entre copropriétaires sur la répartition des charges ou l'usage des parties communes. Les décisions d'AG fondées sur une clause erronée du règlement pourraient même être annulées par un tribunal. L'économie réalisée en évitant le recours à un professionnel est souvent dérisoire par rapport au coût des contentieux qui en résultent. Il est donc fondamental de faire rédiger ou valider tout projet de règlement par un notaire. > **Points clés** > > - Le règlement de copropriété est un document juridique obligatoire qui s'impose à tous les copropriétaires et locataires. > - Quatre canaux permettent de l'obtenir : le syndic, le notaire, le service de publicité foncière ou via un modèle à adapter. > - Il contient la définition des lots, la répartition des charges (tantièmes) et les règles d'usage de l'immeuble. > - Toute modification du règlement doit faire l'objet d'un vote en assemblée générale et être publiée par un notaire. > - Utiliser un modèle PDF générique sans l'adapter aux spécificités de l'immeuble est une erreur courante et risquée. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [anil.org](https://www.anil.org) - [img.caisse-epargne.fr](https://www.img.caisse-epargne.fr/app/uploads/sites/3/2026/06/04144251/guide-fiscaliteparticuliers-ce.pdf) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Modification du règlement de copropriété : procédure URL: https://copro-guide.fr/assemblee/modification-reglement-copropriete-guide/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-30 Mot-clé ciblé: modification règlement copropriété Modifier le règlement de copropriété : quelles majorités en AG, quel rôle pour le notaire, quels délais ? Guide pratique pour copropriétaires en France. **La modification du règlement de copropriété exige un vote en assemblée générale (AG). La majorité requise dépend de la nature de la clause : simple (art. 24), absolue (art. 25), double majorité ou unanimité (art. 26 de la loi de 1965). La décision doit ensuite être formalisée par un notaire et publiée.** La modification du règlement de copropriété est une démarche encadrée qui nécessite un vote en assemblée générale (AG) selon des règles de majorité précises. Qu'il s'agisse de l'adapter à une nouvelle loi, de régulariser un usage ou de corriger une clause obsolète, la procédure implique le syndicat des copropriétaires, le syndic et un notaire. Comprendre quelle majorité s'applique à quel type de changement est essentiel pour sécuriser la décision et éviter toute annulation. Ce processus est principalement régi par la loi du 10 juillet 1965, qui fixe le cadre des décisions en copropriété. > **Ce qu'il faut retenir** > > - La modification du règlement de copropriété est votée en assemblée générale. > - La majorité requise (simple, absolue, double, unanimité) dépend de la nature de la modification. > - Toute modification doit être rédigée par un notaire et publiée pour être opposable à tous. > - Une erreur sur la majorité applicable peut entraîner l'annulation de la résolution votée. > - L'initiative de la modification peut venir de n'importe quel copropriétaire ou du syndic. ## Pourquoi et quand faut-il modifier le règlement de copropriété ? Le règlement de copropriété, véritable "constitution" de l'immeuble, n'est pas figé. Sa modification peut être nécessaire, voire obligatoire, dans plusieurs situations pour garantir sa conformité légale et son adéquation avec la vie de l'immeuble. La loi n°65-557 du 10 juillet 1965 et son décret d'application constituent le socle juridique de toute démarche. Une mise à jour s'impose lorsque le texte contient des dispositions contraires à des lois plus récentes, ou simplement pour l'adapter aux évolutions techniques et sociales. Parfois, la modification est une simple opportunité pour clarifier des clauses ambiguës qui sont sources de litiges entre voisins. Elle peut aussi accompagner des projets de travaux importants qui modifient la structure ou l'usage des parties communes. Le syndicat des copropriétaires a donc tout intérêt à maintenir un règlement à jour pour assurer une gestion sereine et sécurisée. Négliger cette mise à jour peut exposer la copropriété à des contestations et compliquer la vente des lots. ### Clauses devenues illicites ou obsolètes Avec le temps, certaines clauses peuvent devenir illégales. Par exemple, une clause interdisant systématiquement la pose de paraboles est aujourd'hui réputée non écrite en raison du droit à l'antenne. De même, des clauses interdisant la présence d'animaux familiers (non dangereux) ont été jugées illicites par la jurisprudence. Mettre à jour le règlement permet de supprimer ces dispositions caduques et d'éviter que des copropriétaires ne s'en prévalent à tort. D'autres clauses peuvent être simplement obsolètes, comme celles faisant référence à des équipements disparus (vide-ordures, anciennes installations de chauffage). Leur suppression clarifie le document et facilite sa lecture pour les nouveaux arrivants. ### Adaptations liées à des travaux ou à un changement d'usage Des travaux modifiant la consistance ou la destination des parties communes nécessitent quasi systématiquement un avenant au règlement. La création d'un local à vélos dans une cour, la transformation d'une loge de gardien en partie commune ou la vente d'une partie commune (un couloir désaffecté, par exemple) sont des cas typiques. Il en va de même pour la division d'un lot en plusieurs lots distincts, ou à l'inverse, la réunion de plusieurs lots. Ces opérations modifient l'état descriptif de division et la répartition des charges, deux piliers du règlement qui doivent être mis à jour par un géomètre-expert puis validés en AG. Un changement d'usage, comme l'autorisation d'exercer une profession libérale dans un immeuble à usage exclusif d'habitation, relève également de cette catégorie. ### Mise en conformité avec les évolutions législatives Le législateur fait régulièrement évoluer le droit de la copropriété. Des lois récentes comme la loi ELAN (2018) ou la loi Climat et Résilience (2021) ont introduit de nouvelles obligations ou possibilités. Par exemple, les dispositions facilitant l'installation de bornes de recharge pour véhicules électriques ou celles encadrant la réalisation de travaux de rénovation énergétique peuvent nécessiter une adaptation des règlements existants. Le syndic a un devoir de conseil et doit informer l'assemblée générale de la nécessité de mettre le règlement en conformité avec la législation en vigueur. Cette mise en conformité est souvent votée à une majorité plus souple que les modifications de fond. Pour des détails sur la mise à jour des règles de vote en AG, vous pouvez consulter notre article sur l' [assemblée générale copropriété règles vote](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). ## Qui peut demander la modification et comment inscrire la résolution à l'ordre du jour ? L'initiative de proposer une modification au règlement de copropriété n'est pas réservée au seul syndic. Tout copropriétaire peut être à l'origine de la démarche, qu'il s'agisse de son propre intérêt (demande de changement d'usage d'un lot) ou de l'intérêt collectif (adaptation d'une clause obsolète). La procédure pour que la proposition soit débattue est toutefois strictement encadrée pour garantir l'information de tous les membres du syndicat des copropriétaires. La clé est d'anticiper. La demande doit être envoyée au syndic suffisamment en amont de la prochaine assemblée générale. Le syndic est ensuite tenu d'inscrire la question à l'ordre du jour qui sera joint à la convocation de l'AG. Une demande tardive serait reportée à l'assemblée de l'année suivante, sauf à convoquer une AG extraordinaire, dont les frais seraient alors supportés par le demandeur. ### Le rôle du syndic dans la convocation Le syndic a un rôle central. Il réceptionne les demandes des copropriétaires et peut également être lui-même à l'initiative de la modification, notamment pour une mise en conformité légale. Il est responsable de la préparation de l'assemblée générale. À ce titre, il doit inscrire la question à l'ordre du jour et joindre à la convocation tous les documents nécessaires à la bonne information des copropriétaires. Pour une modification du règlement, cela inclut généralement le projet de la nouvelle clause rédigée, et souvent un devis de notaire pour la publication de l'acte. Son rôle est d'assurer le bon déroulement formel du processus. ### La demande formulée par un copropriétaire Un copropriétaire souhaitant proposer une modification doit adresser sa demande au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette demande doit contenir le projet de résolution précis qui sera soumis au vote. Il est fortement conseillé de se faire accompagner par un professionnel (avocat, notaire) pour rédiger la nouvelle clause afin qu'elle soit juridiquement solide. La demande doit parvenir au syndic avant que celui-ci n'envoie les convocations à l'assemblée générale. Ce délai est généralement de plusieurs semaines avant la date de l'AG et est souvent précisé dans le contrat de syndic. Une fois la demande reçue dans les temps, le syndic ne peut refuser de l'inscrire à l'ordre du jour. ## Quelle majorité selon la nature de la modification ? Le vote d'une modification du règlement de copropriété est un moment crucial qui obéit à des règles strictes. Le niveau de majorité requis par la loi du 10 juillet 1965 dépend directement de l'importance et de l'impact de la modification envisagée. Une simple adaptation administrative ne demandera pas le même consensus qu'un changement affectant la destination de l'immeuble. Connaître [les trois majorités applicables à la modification du règlement](/charges/modificatif-reglement-copropriete-procedure-majorites/) est donc indispensable pour ne pas voir une résolution annulée pour vice de forme. L'unanimité des voix de tous les copropriétaires reste exceptionnelle et n'est exigée que si la modification porte atteinte aux modalités de jouissance des parties privatives d'un ou plusieurs copropriétaires. > 💡 **Cas pratique : Autoriser la location saisonnière** > > Prenons une copropriété de **20 copropriétaires** totalisant **1 000 tantièmes** (voix). Le règlement interdit la location meublée de courte durée. Un groupe de copropriétaires souhaite faire sauter cette clause. > > - **Nature de la modification** : Ce changement affecte la destination de l'immeuble (son usage principal). Il relève donc de la double majorité de l'article 26. > - **Calcul du seuil requis** : Pour être adoptée, la résolution doit recueillir : > 1. Un vote favorable de la majorité de tous les copropriétaires, soit au moins **11 copropriétaires sur 20**. > 2. ET le vote favorable de ces copropriétaires doit représenter au moins les deux tiers des voix de toute la copropriété, soit **667 tantièmes sur 1 000**. > > Si la résolution obtient 15 votes "pour" mais que ces 15 copropriétaires ne totalisent que 600 tantièmes, elle est rejetée. Inversement, si elle obtient 700 tantièmes mais avec seulement 10 copropriétaires, elle est également rejetée. Les deux conditions sont cumulatives. ### Majorité simple (article 24) : les modifications courantes La majorité de l'article 24 est la plus simple à obtenir. Elle correspond à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. On ne tient pas compte des abstentionnistes. Cette majorité s'applique aux adaptations mineures du règlement de copropriété rendues nécessaires par des évolutions législatives ou réglementaires, à condition qu'elles ne portent pas sur la destination de l'immeuble ou les droits des copropriétaires. Par exemple, la mise à jour d'une terminologie ou l'intégration d'une disposition légale d'ordre public qui s'applique de toute façon à la copropriété. C'est une majorité utilisée pour la gestion courante, rarement pour des modifications de fond du règlement. ### Majorité absolue (article 25) : les clauses relatives à la jouissance La majorité de l'article 25, dite majorité absolue, requiert l'accord de la majorité des voix de tous les copropriétaires de l'immeuble (présents, absents et représentés). Cela correspond à **501 tantièmes sur 1 000**, par exemple. Elle est nécessaire pour les décisions importantes qui ne modifient pas en profondeur l'équilibre de la copropriété. Concernant le règlement, elle peut s'appliquer à des modifications relatives à l'usage et à l'administration des parties communes. Par exemple, l'autorisation donnée à certains copropriétaires d'effectuer, à leurs frais, des travaux affectant les parties communes (comme la pose d'un store banne non prévu initialement) peut relever de cette majorité, si le règlement est muet sur ce point. Pour éviter les litiges liés à une petite copropriété, il est recommandé de se conformer aux [règles spécifiques aux petites copropriétés sans règlement](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/). ### Double majorité ou unanimité (article 26) : les modifications structurelles C'est le seuil le plus exigeant pour les modifications les plus structurantes. La double majorité de l'article 26 est requise pour toute modification touchant à la destination de l'immeuble (passer d'un usage d'habitation à un usage mixte habitation/professionnel), aux droits des copropriétaires sur leurs lots, ou à la répartition des charges. La vente d'une partie commune ou la suppression d'un service collectif (gardiennage, chauffage collectif) sont des exemples typiques. Cette majorité est difficile à atteindre, car elle nécessite à la fois une large adhésion en nombre de personnes et en poids de voix (tantièmes). Elle protège la stabilité des droits et des engagements de chaque copropriétaire. L'unanimité, encore plus rare, sera par exemple nécessaire pour imposer une modification de la destination d'une partie privative. ## Le rôle du notaire : publication de la modification au fichier immobilier Une fois la résolution de modification du règlement de copropriété valablement adoptée en assemblée générale, la procédure n'est pas terminée. La décision doit être officialisée et rendue publique pour avoir sa pleine force juridique. Cette étape indispensable passe obligatoirement par l'intervention d'un notaire. C'est lui qui va rédiger l'acte authentique constatant la modification et qui se chargera de sa publication, garantissant ainsi sa sécurité juridique et son opposabilité à tous. Le syndic de copropriété est mandaté par l'assemblée générale pour signer l'acte chez le notaire au nom du syndicat des copropriétaires. Les frais liés à cette intervention sont une charge commune générale, répartie entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes. Il est prudent de faire voter en même temps que la modification le budget pour couvrir ces frais de notaire. ### Rédaction de l'avenant notarié Le procès-verbal de l'assemblée générale, même signé par le président de séance, n'est pas un acte suffisant pour modifier durablement le règlement. Le notaire va reprendre la résolution votée et la retranscrire dans un "acte de dépôt et de modification du règlement de copropriété", aussi appelé avenant. Cet acte authentique offre une sécurité juridique maximale. Le notaire vérifie la régularité de la décision de l'AG (respect des règles de majorité, clarté de la résolution) et s'assure que la nouvelle rédaction est conforme au droit. Son intervention prévient les erreurs et les futures contestations. C'est un gage de sérieux et de pérennité pour la décision prise par les copropriétaires. ### Publication au service de publicité foncière : pourquoi c'est indispensable La publication de l'avenant au Service de la publicité foncière (anciennement la Conservation des hypothèques) est l'étape finale et cruciale. Sans cette publication, la modification n'est valable qu'entre les copropriétaires ayant participé au vote. Elle est "inopposable aux tiers". Cela signifie qu'un nouveau propriétaire achetant un lot après le vote ne serait pas légalement tenu de respecter la nouvelle clause. De même, un locataire ou une banque ne le serait pas. La publication rend la modification publique et incontestable. Elle s'impose à tous, y compris les futurs acquéreurs, sans qu'il soit nécessaire de leur notifier personnellement le changement. C'est cette publication qui intègre officiellement la modification dans le "dossier" juridique de l'immeuble. ## L'erreur courante qui fait annuler une modification pourtant votée Le processus de modification du règlement est semé d'embûches, mais une erreur est particulièrement fréquente et lourde de conséquences : se tromper sur la majorité requise pour le vote. Voter une résolution sous l'empire de l'article 25 (majorité absolue) alors qu'elle relevait de l'article 26 (double majorité) est un motif de nullité de la décision. Cette confusion peut sembler technique, mais elle peut anéantir des mois d'efforts et de débats. Cette erreur expose la décision de l'assemblée générale à une contestation en justice. Tout copropriétaire opposant (ayant voté "contre") ou défaillant (absent et non représenté) peut saisir le tribunal judiciaire pour demander l'annulation de la résolution. Il est donc fondamental de bien qualifier la nature de la modification en amont pour lui appliquer le bon régime de vote. En cas de doute, l'avis d'un professionnel est la meilleure des préventions. Souvent, cette erreur entraîne non seulement l'annulation mais aussi des condamnations financières pour le syndicat des copropriétaires. ### Confondre majorité absolue et double majorité La distinction est fondamentale. La majorité absolue de l'article 25 ne requiert que la majorité des voix de TOUS les copropriétaires (par exemple, 501/1000 tantièmes). La double majorité de l'article 26 est cumulative : elle exige la majorité en nombre de TOUS les copropriétaires (par exemple, 11 copropriétaires sur 20) ET que ce groupe représente au moins les deux tiers des voix (par exemple, 667/1000 tantièmes). Oublier l'une de ces deux conditions pour une modification touchant à la destination de l'immeuble ou à la répartition des charges est fatal. En pratique, il est fréquent que le syndic, par méconnaissance ou par facilité, propose une majorité plus simple à atteindre, exposant la copropriété à un risque juridique important. ### Le délai de contestation de 2 mois et ses conséquences pratiques Le délai pour contester une décision d'assemblée générale est de **deux mois**. Ce délai court à compter de la réception du procès-verbal de l'AG, notifié par le syndic en lettre recommandée. Si un copropriétaire obtient l'annulation de la résolution en justice, la modification est réputée n'avoir jamais existé. La copropriété doit alors tout recommencer : convoquer une nouvelle assemblée générale, revoter la résolution sous la bonne majorité, puis refaire les démarches chez le notaire. Cela engendre des coûts supplémentaires (honoraires de syndic, frais d'avocat, frais de notaire) et une perte de temps considérable. Cette situation peut créer des tensions et fragiliser la gestion de l'immeuble, illustrant l'importance de la rigueur dans la procédure. Le non-respect des règles peut entraîner [des sanctions en cas de non-respect du règlement de copropriété](/litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/). ## Récapitulatif : les étapes clés de la modification du règlement de copropriété Modifier le règlement de copropriété est une procédure formaliste qui doit suivre un ordre précis pour être juridiquement inattaquable. Voici la chronologie des actions à mener, de l'idée initiale à sa concrétisation. Utiliser cette liste comme une feuille de route permet de ne négliger aucune étape et de sécuriser la décision du syndicat des copropriétaires. Chaque étape est conditionnée par la réussite de la précédente. Pour une vision d'ensemble du document, consultez [notre guide pratique complet du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/). 1. **Phase d'initiative** : Un ou plusieurs copropriétaires, ou le syndic, identifient le besoin de modifier le règlement. 2. **Préparation de la résolution** : La nouvelle clause ou la modification est rédigée. Il est fortement recommandé de faire appel à un professionnel (notaire, avocat) pour cette étape. 3. **Inscription à l'ordre du jour** : La proposition de résolution est envoyée au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, suffisamment tôt pour être jointe à la convocation de la prochaine assemblée générale. 4. **Vote en assemblée générale** : La résolution est débattue et soumise au vote des copropriétaires sous le régime de majorité approprié (art. 24, 25, 26 ou unanimité). C'est le moment décisif de la procédure. 5. **Rédaction de l'acte notarié** : Après le vote, le syndic transmet le procès-verbal de l'AG au notaire. Ce dernier rédige l'avenant modificatif au règlement de copropriété. 6. **Publication au Service de la publicité foncière** : Le notaire procède à la publication de l'acte. C'est cette formalité qui rend la modification opposable à tous, y compris aux futurs propriétaires. Un [modèle règlement de copropriété](/charges/modele-reglement-copropriete/) peut servir de base pour s'assurer que toutes les clauses obligatoires sont présentes. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2606) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508299) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000870296) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Charges locataire 2026 : la liste de ce que vous payez URL: https://copro-guide.fr/charges/charges-a-la-charge-du-locataire/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-29 Mot-clé ciblé: quelles sont les charges à la charge du locataire Quelles sont les charges à la charge du locataire en 2026 ? Découvrez la liste complète et officielle des charges dites récupérables, la répartition **Le locataire est redevable des "charges récupérables", qui couvrent son usage quotidien de l'immeuble et des services collectifs. Celles-ci incluent l'eau, le chauffage, l'entretien des parties communes, la maintenance de l'ascenseur et la taxe d'ordures ménagères, selon une liste limitative fixée par le décret du 26 août 1987.** Savoir quelles sont les charges à la charge du locataire est essentiel pour maîtriser son budget et éviter les litiges. Contrairement à une idée reçue, le propriétaire-bailleur ne peut pas vous facturer n'importe quelle dépense. Seules les charges dites "récupérables", dont la liste est strictement encadrée par la loi, peuvent vous être imputées. Ce guide détaille précisément vos obligations et vous donne les clés pour vérifier vos quittances. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le locataire ne paie que les charges dites "récupérables", dont la liste est fixée par un décret. > - Les dépenses couvrent l'entretien courant et les services dont le locataire profite directement (eau, chauffage, ascenseur). > - Les gros travaux, la plupart des honoraires de syndic et la taxe foncière restent toujours à la charge du propriétaire. > - Le locataire a le droit d'exiger les justificatifs de toutes les charges avant de payer la régularisation annuelle. > - La location vide fonctionne avec des provisions sur charges, tandis que la location meublée peut opter pour un forfait fixe. ## Ce que dit la loi : le principe des charges récupérables La répartition des charges entre propriétaire et locataire n'est pas laissée au libre arbitre du bailleur. C'est la loi qui fixe des règles précises pour protéger le locataire de toute facturation abusive. Le principe fondamental est que le locataire ne s'acquitte que des charges correspondant à l'usage et à l'entretien courant du logement et de l'immeuble. Ces dépenses sont appelées "charges récupérables". Le propriétaire, de son côté, conserve à sa charge toutes les dépenses liées à la structure de l'immeuble, aux grosses réparations et à l'amélioration du bâtiment. Il paie les charges qui valorisent son patrimoine, tandis que le locataire paie pour les services qu'il consomme au quotidien. Ce cadre légal vise à assurer une répartition juste et équilibrée des frais liés au logement. > 📌 Important : Toute clause dans le bail qui imposerait au locataire le paiement de charges non récupérables est considérée comme abusive et donc nulle. Vous n'auriez pas à la respecter, même si vous avez signé le contrat de location. Pour mieux comprendre cette répartition et éviter les litiges, il est essentiel de connaître les règles de [répartition des charges de copropriété entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). ### Le décret qui fixe la liste limitative Le document de référence est le décret n°87-713 du 26 août 1987. Ce texte, toujours en vigueur, dresse une liste limitative et précise des charges que le propriétaire a le droit de récupérer auprès de son locataire. Si une dépense n'est pas explicitement mentionnée dans cette liste, elle ne peut pas être facturée au locataire. Cette liste est la base de tout contrôle. En cas de doute sur une ligne de votre décompte de charges, le premier réflexe est de vérifier si elle figure bien dans ce décret. Connaître ce principe vous donne un avantage considérable pour dialoguer avec votre bailleur et faire valoir vos droits en toute sérénité. L'Agence Départementale d'Information sur le Logement (ADIL), citée par l'ANIL (2026), peut vous aider à interpréter cette liste. ### Location vide vs location meublée : deux régimes différents Le mode de paiement des charges diffère principalement entre une location vide et une location meublée. Pour une location vide, le système de la provision sur charges est la norme. Vous payez une avance chaque mois, et une régularisation a lieu une fois par an sur la base des dépenses réelles. Pour une location meublée, le bailleur a le choix entre ce même système de provisions ou un forfait de charges. Le forfait est une somme fixe, payée chaque mois, qui ne donne lieu à aucune régularisation. Ce système offre de la simplicité mais peut être moins juste : si le forfait est surévalué, le locataire paie trop ; s'il est sous-évalué, le propriétaire perd de l'argent. Le choix entre ces deux régimes doit être clairement spécifié dans le contrat de bail. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur les [charges en location meublée](/charges/charges-locataire-location-meublee/). ## La liste complète des charges à la charge du locataire Pour une compréhension approfondie de ce que paie le locataire, notre guide détaille la [liste des charges locatives incombant au locataire](/charges/liste-charges-locatives-incombant-au-locataire/). La liste des charges récupérables peut sembler longue, mais elle est logique : elle regroupe tout ce qui est lié à votre usage direct du logement et de ses accès. Pour plus de clarté, ces charges sont généralement regroupées en grandes catégories. La [liste complète des charges récupérables](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) est détaillée dans un article dédié, mais voici les postes principaux que vous retrouverez sur votre décompte. Chaque poste de dépense doit pouvoir être justifié par le propriétaire via des factures. N'hésitez pas à demander le détail si une somme vous paraît anormalement élevée par rapport à l'année précédente. Une augmentation significative doit pouvoir être expliquée (par exemple, une flambée du prix de l'énergie pour le chauffage collectif). ### Entretien des parties communes et espaces verts Ce poste inclut les frais liés à la propreté et à l'entretien des zones accessibles à tous les résidents. - **Produits d'entretien et de désinfection** : Tout ce qui est nécessaire au nettoyage des couloirs, escaliers, etc. - **Électricité des parties communes** : Éclairage des couloirs, de l'entrée, fonctionnement des interphones. - **Entretien des espaces verts** : Tonte de la pelouse, taille des haies et des arbustes dans les jardins de la copropriété. - **Personnel d'entretien** : Le salaire et les charges sociales du gardien ou de l'employé d'immeuble sont récupérables (à hauteur de 75 % si le gardien effectue l'entretien des parties communes et la sortie des poubelles, et 40 % s'il assure une permanence). ### Eau, chauffage et équipements collectifs Il s'agit des consommations et de l'entretien des équipements qui desservent plusieurs logements. - **Eau froide et eau chaude** : Votre consommation personnelle (si compteurs individuels) ou une part des consommations de l'immeuble (répartie selon les tantièmes de copropriété). L'entretien des compteurs est également inclus. - **Chauffage collectif** : Coût du combustible (gaz, fioul), exploitation et entretien courant de la chaudière et des installations de chauffage. - **Ascenseur** : Frais de fonctionnement (électricité), visites de contrôle périodiques, petites réparations et maintenance courante. Le remplacement complet de la cabine ou du moteur reste à la charge du propriétaire. ### Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) La Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) est un impôt local que le propriétaire paie en même temps que sa taxe foncière. Cependant, la loi l'autorise à en demander le remboursement intégral au locataire. Cette taxe figure donc systématiquement dans la régularisation annuelle des charges. Son montant est calculé par l'administration fiscale et n'est pas négociable. Le propriétaire doit simplement vous refacturer à l'euro près le montant qui lui a été prélevé. Il peut aussi vous facturer la redevance d'assainissement. ### Menues réparations dans le logement Certaines petites réparations à l'intérieur de votre logement, considérées comme de l'entretien courant dû à l'usage normal, vous incombent. - **Entretien des installations** : Cela comprend le graissage des serrures et gonds de portes, le remplacement des interrupteurs, des fusibles, des ampoules, ou encore le nettoyage des bouches d'aération. - **Plomberie** : Remplacement des joints de robinets, des flexibles de douche. - **Chauffage individuel** : L'entretien annuel obligatoire de la chaudière individuelle est à la charge du locataire. Ces dépenses sont souvent directement payées par le locataire, mais peuvent parfois être incluses dans les charges si un contrat global d'entretien a été souscrit par la copropriété. ## Ce que le locataire ne doit PAS payer : les charges incombant au propriétaire L'erreur la plus fréquente est de se voir facturer des dépenses qui incombent légalement au propriétaire. Connaître cette "liste noire" est votre meilleure défense. En principe, tout ce qui relève du gros œuvre, de la mise aux normes, de la vétusté ou de la gestion administrative de l'immeuble est à la charge exclusive du bailleur. Ces frais peuvent parfois apparaître par erreur ou par méconnaissance des règles de la part du gestionnaire. La conséquence pour le locataire est un trop-perçu qui peut se chiffrer en plusieurs centaines d'euros sur une année. Un contrôle attentif de la régularisation annuelle est donc indispensable. Pour vous aider, nous avons listé les [5 dépenses que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/). ### Travaux de mise en conformité et grosses réparations Le locataire paie pour l'usage, le propriétaire pour la structure. Toutes les interventions lourdes visant à maintenir l'immeuble en bon état ou à le valoriser sont donc exclues des charges récupérables. - **Les grands travaux** : Ravalement de la façade, réfection de la toiture, travaux d'étanchéité. - **Le remplacement d'équipements majeurs** : Changement de la chaudière collective, installation d'un nouvel ascenseur, remplacement des boîtes aux lettres. - **La mise aux normes** : Travaux de sécurité (électricité, incendie) ou d'accessibilité imposés par la réglementation. > ⚠️ Attention : Si des travaux d'économie d'énergie sont réalisés dans les parties communes, une contribution peut être demandée au locataire sous des conditions très strictes, via une ligne spécifique sur la quittance. ### Frais de gestion et honoraires de syndic non récupérables La gestion de la copropriété a un coût, mais il est majoritairement supporté par les propriétaires. Les honoraires versés au syndic professionnel pour administrer l'immeuble, préparer et tenir les assemblées générales, ou suivre les travaux ne sont pas récupérables sur le locataire. De même, les frais d'assurance de l'immeuble, les frais de diagnostics techniques obligatoires, ou encore les frais de contentieux contre un autre copropriétaire ne peuvent vous être imputés. La taxe foncière, impôt lié à la propriété du bien, est également à la charge exclusive du bailleur, à l'exception de la TEOM. ### Comment contester une charge indûment facturée Si vous identifiez une charge qui vous semble indue sur votre décompte annuel, ne la laissez pas passer. La première étape est d'agir avec méthode. 1. **Demande de justificatifs** : Adressez une lettre recommandée avec accusé de réception à votre propriétaire ou à l'agence, en listant les charges que vous contestez et en demandant les factures correspondantes. 2. **Mise en demeure** : Sans réponse ou en cas de refus, envoyez une lettre de mise en demeure, toujours en recommandé, en rappelant vos droits et en fixant un délai (ex: 15 jours) pour obtenir les documents ou le remboursement du trop-perçu. 3. **Conciliation** : Si le blocage persiste, vous pouvez saisir gratuitement la Commission Départementale de Conciliation (CDC). Cette instance paritaire aide à trouver une solution amiable. C'est un préalable obligatoire avant toute action en justice pour un litige inférieur à 5 000 €. L'ADIL peut vous accompagner dans cette démarche. ## Cas pratique : décortiquer une quittance de charges pas à pas Passons de la théorie à la pratique. Analyser son décompte de charges annuel peut sembler complexe, mais en suivant une méthode simple, vous pouvez rapidement vérifier sa validité. L'objectif est de comparer le total des provisions que vous avez versées tout au long de l'année avec le montant total des dépenses réelles et récupérables. Le document doit être transparent et détailler chaque poste de dépense. Méfiez-vous des intitulés vagues comme "Entretien divers" ou "Frais de gestion" sans plus de précision. Chaque euro demandé doit correspondre à une dépense réelle et justifiable. C'est une étape cruciale pour comprendre la [régularisation annuelle des charges](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/). ### Lire sa quittance : les lignes à vérifier en priorité Lorsque vous recevez votre décompte annuel, concentrez-vous sur quelques points essentiels : - **La période concernée** : Vérifiez qu'elle correspond bien à l'année écoulée (ex: du 1er janvier au 31 décembre 2025). - **Le total de vos provisions versées** : Multipliez votre provision mensuelle par le nombre de mois concernés. Le chiffre doit être exact. - **Le détail des dépenses** : Chaque poste doit être clairement identifié (Eau froide, Chauffage, Entretien, TEOM...). - **La clé de répartition** : Pour les charges collectives, le document doit mentionner comment la dépense totale de l'immeuble a été répartie (généralement selon les tantièmes). - **Le solde final** : La différence entre les dépenses réelles et vos provisions. Soit vous devez payer un complément, soit le propriétaire doit vous rembourser un trop-perçu. ### Exemple de régularisation annuelle commentée Prenons l'exemple d'un locataire, M. Dupont, qui paie une provision mensuelle de **120 €**. Sur l'année 2025, il a donc versé 120 € x 12 = **1 440 €**. Il reçoit son décompte de régularisation en avril 2026 : - Dépenses récupérables 2025 : - Eau froide : 350 € - Chauffage collectif : 800 € - Entretien parties communes : 250 € - Taxe Ordures Ménagères : 220 € - Honoraires syndic sur AG : 60 € - **Total des dépenses imputées : 1 680 €** En analysant le décompte, M. Dupont repère une anomalie : la ligne "Honoraires syndic sur AG" de **60 €**. Comme nous l'avons vu, cette charge n'est pas récupérable. Le total correct des dépenses est donc de 1680 - 60 = **1 620 €**. - **Calcul du solde réel** : 1 620 € (dépenses réelles) - 1 440 € (provisions versées) = **180 €**. M. Dupont doit donc payer un complément de 180 €, et non les 240 € initialement demandés. Il peut contester les 60 € indûment facturés. ### Que faire si la régularisation semble incorrecte ? Si, comme M. Dupont, vous constatez une erreur ou si le décompte manque de clarté, la procédure est la même que pour contester une charge. Adressez-vous d'abord à votre bailleur par écrit. Dans votre courrier recommandé, expliquez calmement et précisément le point de désaccord. Joignez une copie du décompte en surlignant la ligne litigieuse et rappelez la réglementation (par exemple, en citant le décret du 26 août 1987). Le plus souvent, un dialogue constructif permet de rectifier l'erreur rapidement. Le propriétaire ou son gestionnaire a l'obligation de vous fournir les justificatifs s'il maintient sa position. Sans accord, la Commission de Conciliation reste votre meilleur recours. ## Provision sur charges ou forfait : quelle différence pour le locataire ? Selon que votre logement est loué vide ou meublé, le mode de paiement des charges n'est pas le même. Il est crucial de comprendre la différence entre le système des provisions et celui du forfait, car cela impacte directement vos droits et votre budget. Le choix est fixé dans le contrat de location et ne peut être modifié en cours de bail sans votre accord. La principale distinction réside dans l'ajustement aux dépenses réelles. L'un est un système dynamique qui s'adapte à la réalité des consommations et des coûts, tandis que l'autre est une solution statique, plus simple mais potentiellement moins équitable pour l'une des deux parties. ### La provision mensuelle et la régularisation annuelle C'est le régime obligatoire pour les locations vides. Chaque mois, vous payez une avance, la "provision", dont le montant est estimé sur la base des dépenses de l'année précédente. Une fois par an, le propriétaire doit procéder à une régularisation. Il compare le total des provisions que vous avez versées avec le montant exact des dépenses récupérables de l'année. - Si vous avez payé plus que les dépenses réelles, le propriétaire doit vous rembourser le trop-perçu. - Si vous avez payé moins, vous devez lui verser un complément. Ce système est juste car il vous fait payer le coût réel des services. En contrepartie, il peut réserver des surprises (bonnes ou mauvaises) au moment de la régularisation. Le propriétaire doit vous envoyer le décompte détaillé un mois avant la date de paiement demandée. ### Le forfait de charges en location meublée : avantages et risques Pour les locations meublées (et les colocations formalisées par un bail unique), le propriétaire a le choix : il peut opter pour les provisions ou pour un "forfait de charges". Le forfait est une somme fixe convenue dans le bail, que vous payez chaque mois en plus du loyer. > 💡 À noter : Ce montant ne peut faire l'objet d'aucune régularisation. Il est définitif, même si les charges réelles s'avèrent beaucoup plus élevées ou plus faibles. L'avantage est la prévisibilité : vous savez exactement ce que vous payez chaque mois. Le risque est que le forfait soit fixé à un montant "manifestement disproportionné" par rapport aux charges réelles. Dans ce cas, il est possible de le contester en justice. Ce système est souvent plus simple à gérer pour les locations de courte durée. ## Propriétaire ou locataire : tableau récapitulatif de qui paie quoi Pour y voir plus clair, un tableau récapitulatif permet de visualiser rapidement qui, du locataire ou du propriétaire, doit prendre en charge les dépenses les plus courantes au sein d'une copropriété. Cette synthèse est un bon aide-mémoire au moment de relire votre bail ou de vérifier votre décompte annuel. | Dépense courante en copropriété | Qui paie (charge du...) | |:------------------------------------|:--------------------------| | Consommation d'eau (froide/chaude) | **Locataire** | | Consommation de chauffage collectif | **Locataire** | | Entretien courant de l'ascenseur | **Locataire** | | Nettoyage des parties communes | **Locataire** | | Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères | **Locataire** | | Frais de gardien/employé d'immeuble | **Locataire** (partiellement) | | Gros travaux (façade, toiture) | **Propriétaire** | | Remplacement de la chaudière | **Propriétaire** | | Honoraires du syndic de copropriété | **Propriétaire** | | Assurance de l'immeuble | **Propriétaire** | | Taxe foncière (hors TEOM) | **Propriétaire** | En définitive, le droit fondamental du locataire est celui de l'information. La loi du 6 juillet 1989, confirmée par le site service-public.fr (2026), est très claire : le bailleur doit tenir l'ensemble des pièces justificatives (factures, contrats d'entretien...) à la disposition du locataire pendant les six mois qui suivent l'envoi du décompte. Votre gestionnaire ne peut pas vous refuser l'accès à ces documents. C'est votre meilleure garantie contre les abus. Pour une vision complète, consultez notre article [locataire ou propriétaire, qui paie quoi ?](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F947) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000874438) - [anil.org](https://www.anil.org/) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Régularisation des charges de copropriété lors d'une vente URL: https://copro-guide.fr/charges/regularisation-charges-copropriete-vente/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-28 Mot-clé ciblé: régularisation des charges de copropriété en cas de vente Régularisation des charges de copropriété en cas de vente en 2026 : qui paie quoi, à quel moment et selon quelles règles ? Guide pratique pour vendeurs **Lors de la vente d'un bien en copropriété, la régularisation des charges est répartie entre vendeur et acheteur au prorata de leur période de jouissance effective. Le notaire se base sur l'état daté fourni par le syndic pour calculer les montants dus par chacun pour l'exercice en cours.** La régularisation des charges de copropriété en cas de vente est une étape cruciale, car elle répartit les coûts entre le vendeur et l'acquéreur. Le principe est simple : les charges sont dues par celui qui est propriétaire du bien au moment de l'exigibilité des provisions. La répartition se fait donc au prorata de la période de possession de chacun sur l'exercice comptable en cours, un calcul opéré par le notaire le jour de la signature de l'acte authentique. Ce guide détaille le processus pour les charges courantes, les travaux et le fonds de travaux. > **Ce qu'il faut retenir** > > - La répartition des charges entre vendeur et acheteur est calculée au prorata temporis à partir de la date de la vente. > - L'état daté, fourni par le syndic au notaire, est le document essentiel qui certifie l'état des comptes du lot vendu. > - Les travaux votés avant la vente sont généralement à la charge du vendeur, sauf si une clause contraire est inscrite dans l'acte de vente. > - Le fonds de travaux accumulé par le vendeur est attaché au lot et n'est jamais remboursé ; il est transféré à l'acheteur. > - Une clause de garantie dans l'acte de vente peut protéger l'acheteur contre un éventuel solde débiteur après la régularisation annuelle. ## Pourquoi la régularisation des charges s'impose à chaque vente en copropriété Lors de la vente d'un bien immobilier situé en copropriété, une régularisation des charges est systématiquement effectuée. Cette opération est indispensable pour répartir équitablement les frais liés à l'entretien et au fonctionnement de l'immeuble entre le vendeur et l'acheteur. Sans cette étape, le vendeur pourrait avoir payé des charges pour une période où il n'est plus propriétaire, ou à l'inverse, l'acheteur pourrait hériter de dettes antérieures à son acquisition. Le cadre est défini par la loi du 10 juillet 1965 qui fixe le statut de la copropriété. Cette répartition ne se base pas sur la date du compromis de vente, mais sur un critère précis fixé par la loi. La régularisation permet de s'assurer que chacun paie sa juste part, ni plus, ni moins, pour la période où il a effectivement eu la jouissance du bien. C'est un mécanisme qui protège les deux parties et garantit la clarté des comptes au moment du transfert de propriété, sous la supervision du notaire. ### Le principe de la date de jouissance comme curseur de répartition Le point de bascule pour la répartition des charges est la date à laquelle le paiement est demandé par le syndic. En pratique, et pour simplifier, c'est la date de la signature de l'acte authentique de vente chez le notaire qui est souvent retenue comme date de transfert de jouissance. Le vendeur est redevable des charges jusqu'à cette date ; l'acheteur prend le relais pour la période qui suit. Ce calcul de répartition au jour le jour est connu sous le nom de "prorata temporis". Concrètement, si la vente a lieu le 10 d'un mois, le vendeur paiera les 10 premiers jours de charges de ce mois, et l'acheteur les jours restants. Ce principe s'applique aux provisions trimestrielles du budget prévisionnel. Si le vendeur a déjà payé l'intégralité du trimestre, l'acheteur devra lui rembourser la part correspondant à sa période de propriété. ### Charges courantes vs charges exceptionnelles : deux régimes distincts Il est essentiel de distinguer deux types de charges, car leur traitement diffère lors d'une vente. - **Les charges courantes** : Elles correspondent aux dépenses du budget prévisionnel, voté chaque année en assemblée générale. Elles couvrent l'entretien quotidien (nettoyage, électricité des communs), les petites réparations et les honoraires du syndic. Leur régularisation se fait au prorata du temps, comme expliqué précédemment. - **Les charges exceptionnelles** : Elles concernent les dépenses non incluses dans le budget prévisionnel. Il s'agit principalement des gros travaux (ravalement de façade, réfection de toiture, changement de chaudière) ou d'études techniques. Leur répartition est plus complexe et dépend de qui était propriétaire au moment du vote en assemblée générale, sauf accord contraire entre les parties. Nous détaillerons ce point plus loin. Il est important de noter que les charges du locataire sont distinctes de celles du propriétaire, et il est possible de consulter la [liste complète des charges récupérables 2026](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) pour les distinguer. Cette distinction est fondamentale pour comprendre les calculs effectués par le notaire et anticiper les sommes à payer ou à recevoir. Pour en savoir plus sur les règles de répartition des charges en copropriété, vous pouvez consulter notre guide dédié. Comprendre les distinctions entre charges locatives et propriétaire est important pour savoir [qui doit payer les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire ?](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). ## Ce que le notaire vérifie avant de signer l'acte authentique Le notaire est au cœur du processus de régularisation des charges. En tant qu'officier public, il a la responsabilité de s'assurer que la transaction est financièrement claire et sécurisée pour les deux parties. Pour ce faire, il ne se base pas sur les déclarations du vendeur ou de l'acheteur, mais sur un document officiel et incontournable qu'il doit obtenir avant de pouvoir procéder à la signature de l'acte de vente définitif. Son rôle est de collecter les informations, d'effectuer les calculs de répartition et de veiller à ce que les fonds soient correctement alloués. Il s'assure que le vendeur est à jour de ses paiements envers la copropriété et que l'acheteur ne démarre pas son acquisition avec une dette cachée. Cette intervention est une garantie de sécurité juridique pour l'ensemble de l'opération. Sans ces vérifications, la vente ne peut avoir lieu. ### L'état daté : document clé demandé au syndic Avant la vente, le notaire demande au syndic de copropriété de lui fournir un "état daté". Ce document, dont le contenu est réglementé, est une véritable photographie des comptes du lot vendu à une date précise. Il doit obligatoirement mentionner trois catégories de sommes, selon les informations de Service-Public.fr (2026) : 1. Les sommes dues par le vendeur au syndicat des copropriétaires (arriérés de charges). 2. Les sommes que le syndicat pourrait devoir au vendeur (trop-perçu sur des provisions antérieures). 3. Les sommes qui devraient incomber au nouveau copropriétaire (provisions pour charges courantes et travaux déjà votés mais non encore exigibles). L'état daté indique également la part du fonds de travaux rattachée au lot. Le syndic engage sa responsabilité sur l'exactitude des informations fournies. Les frais de rédaction de ce document sont toujours à la charge du vendeur. ### Cas pratique fictif : comment le notaire ventile les provisions entre vendeur et acheteur Prenons un cas pratique fictif pour illustrer le mécanisme. Madame Dupont vend son appartement à Monsieur Martin. La signature de l'acte authentique est fixée au 1er août 2026. Le budget prévisionnel de la copropriété est payé par provisions trimestrielles. Madame Dupont a déjà réglé l'appel de fonds pour le 3ème trimestre (juillet-août-septembre), d'un montant de **600 €**. Le notaire va effectuer le calcul suivant : - Le trimestre compte 3 mois. - Madame Dupont, la vendeuse, était propriétaire pour 1 mois sur 3 (juillet). Sa part est donc de 600 € / 3 = **200 €**. - Monsieur Martin, l'acheteur, sera propriétaire pour 2 mois sur 3 (août et septembre). Sa part est de (600 € / 3) * 2 = **400 €**. Ce calcul est une simplification des règles qui encadrent le [calcul des charges locatives en 2026](/charges/comment-calculer-charges-locatives/) et ne prend pas en compte les spécificités qui peuvent exister. Puisque Madame Dupont a déjà payé les 600 € au syndic, Monsieur Martin devra lui rembourser **400 €** le jour de la signature. Le notaire s'assurera que cette somme est bien versée au vendeur. Ce calcul simple garantit que chacun ne paie que pour sa période de jouissance effective du bien. ## Charges courantes : qui paie quoi et jusqu'à quand ? Les charges courantes financent le fonctionnement quotidien de l'immeuble. Elles sont regroupées dans un budget prévisionnel, voté une fois par an par l'assemblée générale des copropriétaires. Pour couvrir ces dépenses, le syndic procède à des appels de fonds, le plus souvent chaque trimestre. La régularisation de ces charges lors d'une vente obéit à une logique simple et mathématique, celle du prorata. C'est le notaire qui orchestre cette répartition. Il se base sur les informations contenues dans l'état daté pour connaître le montant des provisions déjà versées et celles à venir pour l'exercice en cours. Le but est que la transition entre le vendeur et l'acheteur soit parfaitement neutre financièrement en ce qui concerne le budget de fonctionnement de la copropriété. Les modalités de cette répartition sont généralement rappelées dans le règlement de copropriété. ### Provisions sur budget prévisionnel : le calcul au prorata La règle de base est la répartition au *prorata temporis*. Le notaire calcule le nombre de jours où le vendeur a été propriétaire pendant la période couverte par l'appel de fonds (par exemple, le trimestre) et le nombre de jours où l'acheteur le sera. Il applique ensuite ce ratio au montant de la provision pour déterminer la part de chacun. Cette méthode est la plus juste et la plus simple. Elle évite toute discussion, car elle repose sur un calcul arithmétique incontestable. Chaque partie sait précisément ce qu'elle doit pour la période en cours, assurant une transparence totale. Pour bien [comprendre les charges de copropriété en tant que propriétaire](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/), il est essentiel de maîtriser cette notion de budget prévisionnel et de provisions. ### Appels de fonds versés d'avance : comment l'acheteur rembourse le vendeur Il est très fréquent que le vendeur ait payé une provision pour une période qui s'étend au-delà de la date de vente. C'est le cas dans notre exemple précédent : la provision du 3ème trimestre couvre la période jusqu'au 30 septembre, alors que la vente a lieu le 1er août. Le vendeur a donc avancé de l'argent pour deux mois qui ne le concernent plus. Dans cette situation, la loi prévoit un mécanisme de remboursement direct. Le jour de la signature de l'acte authentique, l'acheteur verse au vendeur la somme correspondant à la part des provisions sur charges qu'il aurait dû payer. Ce n'est pas le syndic qui rembourse le vendeur ; la transaction se fait entre les deux parties, par l'intermédiaire du notaire qui l'intègre dans le décompte financier de la vente. C'est une opération comptable qui assure l'équilibre des comptes. ## Travaux votés et fonds de travaux : le point de friction le plus fréquent La question des travaux est souvent la plus délicate lors d'une vente en copropriété. Un ravalement de façade ou le remplacement d'un ascenseur peut représenter des milliers d'euros. Il est donc crucial de savoir qui, du vendeur ou de l'acheteur, doit en assumer le coût. La loi fixe des règles précises, mais les parties peuvent y déroger d'un commun accord. À côté des travaux exceptionnels, le fonds de travaux obligatoire, institué par la loi ALUR de 2014, soulève également des interrogations. Cette épargne forcée de la copropriété en prévision de futurs travaux obéit à un régime spécifique qui est source de nombreuses erreurs et de litiges post-vente. Une bonne compréhension de ces deux points est indispensable pour éviter les mauvaises surprises. ### Travaux votés avant la vente : à qui incombe la facture ? Le principe général est le suivant : le paiement des travaux incombe à celui qui est copropriétaire au moment où les appels de fonds sont émis par le syndic. Cependant, la jurisprudence constante considère que la dette naît au moment du vote en assemblée générale. Par conséquent, les travaux votés avant la signature du compromis de vente sont en principe à la charge du vendeur. Toutefois, vendeur et acheteur sont libres de prévoir une répartition différente. Ils peuvent convenir que les travaux seront payés par l'acheteur, souvent en contrepartie d'une baisse du prix de vente. > 📌 Important : Cet accord doit impérativement être écrit noir sur blanc dans le compromis puis dans l'acte de vente authentique. Sans clause spécifique, c'est le vendeur (qui a participé au vote) qui reste redevable des travaux déjà décidés. Le notaire a un rôle de conseil essentiel sur ce point. ### Fonds de travaux (loi ALUR) : l'erreur classique du vendeur à éviter absolument La loi ALUR impose aux copropriétés de constituer un fonds de travaux, alimenté par une cotisation annuelle obligatoire versée par chaque copropriétaire. Cette somme est attachée au lot et non à la personne. L'erreur classique du vendeur est de croire qu'il peut récupérer cette somme lors de la vente. Or, la loi est formelle : le fonds de travaux n'est pas remboursable. Il est transmis de plein droit à l'acheteur, sans que le vendeur ne puisse en réclamer la contrepartie. Il s'agit d'une épargne qui reste acquise à la copropriété pour financer les travaux futurs. > ⚠️ Attention : Toute clause dans l'acte de vente qui prévoirait le remboursement du fonds de travaux au vendeur serait considérée comme nulle. Tenter de négocier ce point est une perte de temps et peut créer un contentieux inutile. Le vendeur doit considérer que sa contribution au fonds de travaux est une dépense définitivement acquise par le syndicat. ## La régularisation annuelle après la vente : ce que l'acheteur doit anticiper La régularisation effectuée par le notaire le jour de la vente n'est que provisoire. Elle est basée sur le budget prévisionnel, c'est-à-dire une estimation des dépenses. La régularisation définitive, elle, n'intervient qu'une fois par an, après l'assemblée générale qui approuve les comptes de l'exercice écoulé. À ce moment-là, le syndic compare les dépenses réelles aux provisions versées par les copropriétaires. Il en résulte soit un crédit en faveur du copropriétaire (trop-perçu), soit un débit (solde à payer). Cette situation peut devenir complexe lorsque la vente a eu lieu en cours d'année, car l'acheteur peut être amené à gérer un solde concernant une période où il n'était pas encore propriétaire. Il est donc crucial d'anticiper ce décalage. ### Approbation des comptes N+1 : qui reçoit le solde ou règle le trop-perçu ? Une fois les comptes de l'année N approuvés en assemblée générale (généralement au printemps de l'année N+1), le syndic envoie le décompte de régularisation. Ce courrier est toujours adressé au propriétaire en place à ce moment-là, c'est-à-dire l'acheteur. Si le décompte révèle un solde débiteur, l'acheteur doit le régler au syndic. Si une partie de ce solde correspond à la période de propriété du vendeur, l'acheteur doit ensuite se retourner contre ce dernier pour en obtenir le remboursement. Inversement, si le décompte est créditeur, l'acheteur reçoit la totalité de la somme, et doit en reverser une partie au vendeur. Cette démarche peut s'avérer fastidieuse si les relations se sont tendues. Il est important de connaître les [droits de l'acheteur lors de la régularisation des charges de copropriété](/charges/regularisation-charges-copropriete-nouveau-proprietaire/). ### Clause de garantie dans l'acte de vente : comment se protéger Pour éviter les difficultés liées à la régularisation annuelle post-vente, il existe une solution préventive efficace. L'acheteur et le vendeur peuvent demander au notaire d'insérer une clause de garantie dans l'acte de vente. Cette clause, parfois appelée "clause de séquestre", autorise le notaire à conserver une partie du prix de vente sur un compte dédié pendant plusieurs mois. Le montant séquestré (souvent équivalent à 5% du prix) sert de garantie pour le paiement du solde de charges qui pourrait être réclamé à l'acheteur. Une fois le décompte final reçu et la répartition effectuée, le notaire libère le solde éventuel au profit du vendeur. Cette précaution est une sécurité précieuse pour l'acheteur et évite bien des litiges ultérieurs. ## Checklist pratique : les réflexes à avoir avant de signer Pour aborder sereinement la signature de l'acte de vente, une bonne préparation est essentielle. Voici les points de vigilance pour chaque partie. **Pour le vendeur :** - **Anticiper** : Demandez au syndic une estimation du coût de l'état daté bien en amont de la vente. - **Réunir les documents** : Préparez les 3 derniers procès-verbaux d'assemblée générale, le règlement de copropriété et le carnet d'entretien de l'immeuble. - **Transparence** : Informez l'acheteur de tous les travaux votés, même s'ils ne sont pas encore appelés, et des discussions en cours sur de futurs projets. - **Clarté** : Négociez explicitement la prise en charge des travaux votés et faites-la inscrire dans le compromis. **Pour l'acheteur :** - **Analyser les documents** : Lisez attentivement les procès-verbaux d'AG pour déceler les projets de travaux importants et vérifier la santé financière de la copropriété. - **Questionner** : Interrogez le syndic sur les procédures en cours ou les gros travaux envisagés à moyen terme. - **Négocier** : Si des travaux importants ont été votés, discutez-en le coût avec le vendeur et formalisez un accord dans l'acte de vente. - **Se protéger** : Demandez systématiquement au notaire l'insertion d'une clause de garantie ou de séquestre pour la future régularisation de charges. Une bonne communication et la formalisation des accords par écrit via le notaire sont les clés pour éviter tout malentendu sur le sujet complexe du [calcul de la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2712) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508853) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F20388) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Tarif mise en conformité règlement copropriété loi Élan URL: https://copro-guide.fr/syndic/tarif-mise-en-conformite-reglement-copropriete-loi-elan/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-27 Mot-clé ciblé: tarif mise en conformité règlement de copropriété loi elan Combien coûte la mise en conformité du règlement de copropriété avec la loi Élan en 2026 ? Étapes, obligations légales, vote en AG et pièges à éviter **En 2026, le tarif pour la mise en conformité d'un règlement de copropriété avec la loi Élan varie de 1 500 € à plus de 5 000 €. Ce coût inclut les honoraires du rédacteur (notaire, avocat), les frais de l'acte notarié et les coûts de publication, répartis entre les copropriétaires.** Le tarif de mise en conformité d'un règlement de copropriété avec la loi Élan se situe généralement entre **1 500 € et plus de 5 000 €** en 2026, selon la taille de l'immeuble et la complexité des modifications. Cette démarche, rendue nécessaire par la loi n°2018-1021, vise à moderniser ce document essentiel en supprimant les clauses illicites et en y intégrant de nouvelles dispositions sur les parties communes ou le stationnement. Il s'agit d'un processus encadré, du diagnostic des clauses à la publication de l'acte notarié, qui engage financièrement tous les copropriétaires. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le coût d'une mise en conformité varie de 1 500 € à plus de 5 000 € selon la taille de la copropriété. > - La démarche est une obligation légale issue de la loi Élan de 2018 et de l'ordonnance de 2019. > - Le vote en AG se fait le plus souvent à la majorité de l'article 25 de la loi de 1965. > - L'intervention d'un notaire pour rédiger un acte authentique et le publier est obligatoire. > - Omettre cette mise à jour expose le syndicat à des litiges et des difficultés de gestion.

Comparatif en un coup d'œil

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ScénarioTaille de la copropriétéHonoraires rédaction (HT)Frais notaire et publication (TTC)Budget total estimé (TTC)
Très petite copropriété (< 10 lots)n.c.n.c.n.c.n.c.
Copropriété moyenne (10 à 49 lots)n.c.n.c.n.c.n.c.
Grande copropriété (> 50 lots)n.c.n.c.n.c.n.c.
## Pourquoi la loi Élan oblige-t-elle à modifier votre règlement de copropriété ? Instaurée par la loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018, dite loi Élan, et précisée par l'ordonnance n°2019-1101, l'obligation de mettre à jour les règlements de copropriété répond à un besoin de modernisation. De nombreux règlements, parfois rédigés il y a plus de 50 ans, contiennent des dispositions qui ne sont plus en adéquation avec le droit actuel ni avec les usages modernes. L'objectif principal est de garantir la sécurité juridique du document qui régit la vie de l'immeuble. Cette mise en conformité est obligatoire. La loi donnait aux syndics jusqu'au 23 novembre 2021 pour mettre la question à l'ordre du jour d'une assemblée générale. Si ce délai est passé, l'obligation de disposer d'un règlement conforme demeure. Un syndicat de copropriétaires qui conserverait un règlement obsolète s'expose à des litiges, car toute clause contraire aux dispositions légales d'ordre public est "réputée non écrite". Concrètement, un juge peut l'écarter à tout moment, créant une insécurité pour l'ensemble des habitants. Cette démarche est donc essentielle pour assurer une gestion saine et sereine de l'immeuble. ## Quelles sont les démarches concrètes pour mettre en conformité le règlement ? Le processus de mise en conformité se déroule en plusieurs étapes structurées, généralement pilotées par le syndic en collaboration avec le conseil syndical. Chaque phase est cruciale pour garantir la validité juridique de la modification et son acceptation par les copropriétaires. L'anticipation et le choix de professionnels compétents sont les clés d'une démarche réussie, évitant ainsi des coûts supplémentaires ou des contestations ultérieures. Il est à noter que tout copropriétaire peut demander au syndic d'inscrire cette question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Le syndic ne peut refuser, mais il informera le demandeur des frais prévisionnels liés à l'étude de cette résolution, qui seront à la charge de la copropriété si la résolution est approuvée. Cette démarche collaborative assure la transparence du processus. ### Étape 1 : auditer les clauses obsolètes ou illicites La première étape consiste à faire réaliser un diagnostic complet du règlement de copropriété existant par un professionnel du droit (notaire, avocat spécialisé, géomètre-expert). Ce dernier va identifier toutes les clauses qui sont soit devenues illicites au regard des lois successives, soit simplement obsolètes. Il ne s'agit pas seulement de chercher les clauses les plus évidentes, mais d'effectuer une relecture exhaustive pour s'assurer de la cohérence globale du document. Le professionnel remet ensuite un rapport détaillant les modifications nécessaires et propose un projet de nouvelle rédaction. ### Étape 2 : faire rédiger le projet de modification Sur la base de l'audit, le professionnel rédige un projet de "modification du règlement de copropriété". Ce document doit être clair, précis et juridiquement inattaquable. Il est souvent présenté en deux colonnes : à gauche le texte original de la clause, à droite la nouvelle rédaction proposée, avec une explication sur la raison du changement. Ce formalisme permet aux copropriétaires de comprendre facilement la portée des modifications soumises au vote. Le choix du rédacteur est une décision importante qui doit être prise par le conseil syndical ou l'assemblée générale. ### Étape 3 : inscrire la question à l'ordre du jour de l'assemblée générale Une fois le projet de modification rédigé et validé par le conseil syndical, le syndic doit l'inscrire à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. La convocation doit obligatoirement être accompagnée du projet de modification complet. Sans ce document joint, la résolution de vote serait nulle. Cette étape doit être anticipée pour respecter les délais légaux d'envoi des convocations, soit au minimum 21 jours avant la date de l'AG, sauf urgence. Il est souvent préférable de convoquer une assemblée générale extraordinaire dédiée à ce sujet pour s'assurer que les débats ne soient pas précipités. ### Étape 4 : voter la modification : quelle majorité ? Le jour de l'assemblée générale, les copropriétaires sont appelés à voter sur le projet de modification. Les règles de majorité varient selon la nature des changements (un point détaillé plus loin dans cet article). En général, une simple mise en conformité avec la loi relève de la majorité de l'article 25. Le vote se fait résolution par résolution, ou sur l'ensemble du projet si les modifications sont purement adaptatives. Un procès-verbal d'assemblée générale est ensuite rédigé, actant la décision prise. Il est le document qui servira de base pour les étapes suivantes. ## Combien coûte réellement la mise en conformité ? Tarifs et postes de dépenses Le tarif de mise en conformité du règlement de copropriété avec la loi Élan n'est pas fixe. Il dépend de plusieurs facteurs : la taille de la copropriété, la complexité du règlement initial, l'étendue des modifications nécessaires et les honoraires des professionnels choisis. Il est essentiel de demander plusieurs devis pour comparer les prestations et les coûts. Le budget global doit être vu comme un investissement pour la sécurité juridique et la valorisation de l'immeuble. > 💡 À noter : Le coût de la mise en conformité est une charge commune générale. Il est donc réparti entre tous les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes de copropriété, conformément aux règles définies dans le règlement lui-même. Cette dépense doit être anticipée et votée en assemblée générale en même temps que la décision de procéder à la modification. Le syndic doit présenter un budget prévisionnel clair, distinguant les différents postes de dépenses pour une totale transparence. Le financement peut être prélevé sur les fonds disponibles de la copropriété ou faire l'objet d'un appel de fonds exceptionnel. ### Les honoraires du rédacteur spécialisé ou du notaire C'est le poste de dépense le plus variable. Les honoraires dépendent du temps passé par le professionnel (notaire, avocat, géomètre-expert) pour auditer l'ancien règlement et rédiger le nouveau. Pour une petite copropriété avec un règlement simple, les honoraires peuvent démarrer autour de **800 € à 1 200 € HT**. Pour des ensembles immobiliers importants avec des règlements complexes (comportant des volumes, des scissions, etc.), la facture peut grimper à **2 500 € HT** ou plus. Il est crucial de définir en amont l'étendue de la mission dans une lettre de mission ou une convention d'honoraires. ### Les frais de publication modificative Une fois la modification votée en AG, elle doit être formalisée par un acte authentique et publiée au service de la publicité foncière (SPF) pour être opposable aux tiers (notamment les futurs acquéreurs). Cette étape est obligatoirement réalisée par un notaire. Les coûts comprennent : - **Les émoluments du notaire** : Il s'agit d'une rémunération réglementée, proportionnelle à l'acte. - **Les taxes et contributions** : Notamment la contribution de sécurité immobilière. - **Les frais de formalités et de débours** : Coûts administratifs divers. En pratique, pour une modification de règlement, il faut compter une enveloppe globale d'environ **500 € à 1 000 € TTC** pour cette partie. ### Les coûts liés à l'assemblée générale Si la mise en conformité est votée lors de l'assemblée générale annuelle ordinaire, il n'y a pas de surcoût direct. Cependant, si le sujet est complexe et nécessite une assemblée générale extraordinaire (AGE) dédiée, des frais supplémentaires peuvent s'appliquer. Ces frais, prévus dans le contrat de syndic, couvrent la préparation, l'envoi des convocations, la tenue de la séance et la rédaction du procès-verbal. Ils varient généralement de **300 € à 700 €** selon les syndics et la durée de l'assemblée. Il est souvent plus efficace de dédier une AGE à ce sujet important. ### Vote en assemblée générale : les règles de majorité à connaître Le vote d'une modification du règlement de copropriété est un acte juridique important qui requiert des majorités spécifiques, définies par la loi du 10 juillet 1965. Le choix de la bonne majorité est crucial : une erreur peut entraîner la nullité de la décision si elle est contestée en justice dans les deux mois suivant la notification du procès-verbal de l'AG. Le syndic, en tant que professionnel, a la responsabilité de proposer la règle de vote adéquate pour chaque résolution. La complexité vient du fait que toutes les modifications ne se valent pas. Une simple adaptation technique pour se conformer à une nouvelle loi n'a pas le même impact qu'une modification qui changerait la destination d'une partie commune. Il est donc fondamental de bien qualifier la nature de chaque changement proposé. Vous pouvez retrouver les détails des règles de vote sur le site officiel service-public.fr. ## Les erreurs courantes qui font échouer ou renchérir la mise en conformité La mise en conformité d'un règlement de copropriété est un projet complexe qui peut être semé d'embûches. Une mauvaise préparation ou une méconnaissance des subtilités juridiques peut non seulement faire échouer le projet, mais aussi engendrer des surcoûts importants ou créer des contentieux. Identifier ces erreurs classiques permet de les anticiper et de sécuriser la démarche pour l'ensemble des copropriétaires. Voici les quatre pièges les plus fréquents observés en pratique et les moyens de les éviter. L'erreur la plus coûteuse est souvent de vouloir faire des économies sur l'expertise. Un audit juridique superficiel peut laisser passer des clauses problématiques, obligeant à organiser une nouvelle assemblée générale et à payer de nouveaux frais de notaire quelques années plus tard. La rigueur et l'exhaustivité sont les meilleurs garants d'une mise en conformité pérenne. Il est aussi crucial de s'informer sur les [sanctions en cas de non-respect du règlement de copropriété]( /litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/). ### Piège n°1 : se limiter aux clauses signalées par le syndic sans audit complet L'erreur classique est de ne demander la modification que des clauses explicitement visées par la loi Élan, en se fiant à une analyse rapide du syndic. Un audit complet par un juriste spécialisé peut révéler d'autres clauses illicites ou obsolètes (par exemple, des clauses interdisant la présence d'animaux, ou des restrictions de professions libérales non justifiées). Ne pas tout traiter en une seule fois oblige à recommencer la procédure (AG, notaire, publication) quelques années plus tard, ce qui double les coûts fixes. Un audit exhaustif initial est un investissement rentable. ### Piège n°2 : voter à la mauvaise majorité et risquer la nullité de la résolution Appliquer la mauvaise règle de majorité est une faute grave. Si une résolution nécessitant la majorité de l'article 26 est votée à la majorité simple de l'article 24, elle est nulle de plein droit. Tout copropriétaire opposant ou défaillant peut alors la contester devant le tribunal dans un délai de deux mois. Si la nullité est prononcée, toute la procédure est à refaire, avec les coûts que cela implique. Le syndic et le président de séance doivent être particulièrement vigilants sur ce point. En cas de doute, il est toujours plus prudent de viser la majorité la plus exigeante. ### Piège n°3 : omettre la publication au service de publicité foncière Le vote en assemblée générale ne suffit pas. Pour que la modification du règlement soit applicable à tous, y compris aux futurs propriétaires, elle doit impérativement être publiée au service de la publicité foncière. Sans cette publication, l'ancien règlement reste la seule référence pour les tiers. Un nouveau propriétaire pourrait, par exemple, se prévaloir d'une clause de l'ancien règlement si la modification n'a pas été publiée. Cette formalité, assurée par le notaire, est la dernière étape indispensable pour sécuriser juridiquement la mise à jour. Son coût doit être intégré dès le départ dans le budget. ## Fonds de travaux et plan pluriannuel de travaux : le lien avec la mise en conformité La loi Élan et les réglementations récentes ont renforcé les obligations des copropriétés en matière d'entretien et de rénovation des immeubles. Le plan pluriannuel de travaux (PPT) et le fonds de travaux sont deux outils centraux de cette politique, conçus pour anticiper et financer les grosses réparations. La mise en conformité du règlement de copropriété est l'occasion idéale pour s'assurer que ces mécanismes y sont correctement intégrés et compris par tous. Ces dispositifs visent à éviter la dégradation des bâtiments et à lisser l'effort financier pour les copropriétaires. Ils sont directement liés à l'obligation d'améliorer la performance énergétique du parc immobilier, un autre axe majeur de la loi Élan. Un règlement à jour doit donc refléter ces nouvelles obligations pour permettre au syndic de les mettre en œuvre efficacement. Cela concerne tout type de copropriété, même si des règles spécifiques s'appliquent pour [les petites copropriétés sans règlement]( /litiges/petite-copropriete-sans-reglement/). ### Le fonds de travaux obligatoire : ce que dit service-public.fr Instauré pour les copropriétés de plus de 10 ans, le fonds de travaux est une épargne obligatoire destinée à financer les travaux futurs, qu'ils soient prévus dans le PPT ou non. Chaque copropriétaire y contribue annuellement via un appel de fonds spécifique. Selon les informations de service-public.fr, cette obligation a été généralisée. La mise à jour du règlement de copropriété peut être l'occasion de préciser les modalités de gestion de ce fonds, même si ses principes de base sont fixés par la loi. Il garantit que la copropriété dispose des liquidités nécessaires le moment venu. ### Plan pluriannuel de travaux (PPT) : doit-il figurer dans le règlement ? Le PPT est un échéancier de travaux à réaliser sur une période de 10 ans. Il est élaboré sur la base d'une analyse technique du bâtiment (souvent issue d'un Diagnostic Technique Global - DTG) et permet de planifier les rénovations importantes (ravalement, toiture, isolation...). La loi Climat et Résilience de 2021 a rendu le PPT obligatoire pour les immeubles de plus de 15 ans. Le règlement de copropriété n'a pas à contenir le PPT lui-même, mais il doit être compatible avec sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne le vote des travaux et leur financement via le fonds de travaux. ### Cotisation minimale de 5 % : ce que cela implique pour votre copropriété Un point financier crucial est à connaître. Lorsque l'assemblée générale n'a pas encore adopté de plan pluriannuel de travaux, la loi impose une cotisation minimale au fonds de travaux. Selon le site service-public.fr dans une fiche mise à jour en juin 2026, **le montant de la cotisation annuelle ne doit pas être inférieur à 5 % du budget prévisionnel** de l'année. Cette mesure incite fortement les copropriétés à se doter d'un PPT pour maîtriser leur plan de financement et éviter une cotisation forfaitaire potentiellement élevée. C'est un levier financier puissant pour encourager la planification et l'entretien du bâti. ## Tantièmes et répartition des charges : faut-il les revoir lors de la mise en conformité ? Une question fréquente lors de la mise à jour d'un règlement est de savoir s'il faut en profiter pour revoir les tantièmes et la répartition des charges. Il est essentiel de bien distinguer les deux démarches : la mise en conformité textuelle (adaptation à la loi) est une procédure, tandis que la modification des tantièmes en est une autre, beaucoup plus lourde et répondant à des règles différentes. Confondre les deux peut bloquer le projet de mise en conformité. La révision des tantièmes est une opération délicate car elle touche directement au portefeuille de chaque copropriétaire et à la répartition du pouvoir en assemblée générale. Elle ne doit être envisagée que si une erreur manifeste est constatée ou si des changements physiques dans l'immeuble la rendent indispensable. Il est important de bien comprendre ses [droits et obligations issus du règlement de copropriété]( /charges/reglement-copropriete-droits-obligations/). ### Les tantièmes : définition et rôle dans le règlement Comme le définit le site service-public.fr, les tantièmes représentent la quote-part des parties communes appartenant à chaque copropriétaire. Ils sont généralement exprimés en millièmes ou en dix-millièmes. Cette quote-part est déterminante pour deux raisons : - **Elle fixe le nombre de voix** dont dispose chaque copropriétaire lors des votes en assemblée générale. - **Elle sert de base de calcul** pour la répartition de la plupart des charges de copropriété (entretien, administration...). Les tantièmes sont définis dans l'état descriptif de division, un document annexé au règlement de copropriété. ### Quand la mise en conformité impose-t-elle de réviser les tantièmes ? La simple mise en conformité du règlement avec la loi Élan n'impose quasiment jamais de réviser les tantièmes. Cette révision ne devient nécessaire que dans des cas très spécifiques, par exemple : - La création d'un nouveau lot (par division d'un lot existant ou surélévation). - Un changement d'usage d'une partie commune qui modifie sa consistance. - La correction d'une erreur de calcul manifeste dans la répartition initiale. La suppression d'une clause discriminatoire ou l'ajout d'une mention sur le stationnement ne modifie en rien la structure de l'immeuble et n'a donc aucun impact sur les tantièmes. ### La procédure spécifique de révision des tantièmes Modifier les tantièmes est une procédure complexe qui nécessite généralement l'intervention d'un géomètre-expert pour recalculer les quotes-parts. La décision doit ensuite être votée en assemblée générale, le plus souvent à l'unanimité des copropriétaires, car elle affecte leurs droits de propriété. Dans certains cas de travaux ou d'erreur judiciairement reconnue, des majorités différentes peuvent s'appliquer. C'est une démarche coûteuse et potentiellement conflictuelle, totalement distincte de la mise en conformité textuelle qui nous intéresse ici. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061423/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35451) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093853/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31513) - [j-ecorenove.credit-agricole.fr](https://j-ecorenove.credit-agricole.fr/c/renovation-energetique/tout-savoir-sur-le-diagnostic-de-performance-energetique) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Charges en habitat collectif : qui paie quoi et comment ? URL: https://copro-guide.fr/charges/repartition-charges-habitat-collectif/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-26 Mot-clé ciblé: répartition charges habitat collectif Comprendre la répartition des charges en habitat collectif : charges communes, charges locatives, clés de répartition et textes légaux. Guide pratique 2026. **La répartition des charges en habitat collectif s'effectue à deux niveaux. D'abord, entre copropriétaires selon les tantièmes définis dans le règlement de copropriété. Ensuite, pour un bien loué, le propriétaire répercute sur le locataire les seules charges dites « récupérables », dont la liste est fixée par décret.** La répartition des charges en habitat collectif obéit à une double logique. Dans un premier temps, les charges sont distribuées entre les copropriétaires par le syndicat, en fonction des millièmes de chaque lot. Ensuite, pour les logements mis en location, le propriétaire-bailleur répercute une partie de ces charges, dites « récupérables », sur son locataire. Cette distinction, encadrée par la loi, est essentielle pour savoir qui paie quoi. Comprendre les règles est essentiel, notamment pour savoir [qui paie les charges de copropriété entre le locataire et le propriétaire](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). > **Ce qu'il faut retenir** > > - La répartition des charges entre copropriétaires est fixée par le règlement de copropriété via les tantièmes ou millièmes. > - La liste des charges qu'un propriétaire peut répercuter sur son locataire est strictement limitée par le décret n°87-713. > - Les frais de chauffage collectif sont obligatoirement répartis entre une part individuelle (consommation réelle) et une part collective. > - Les honoraires du syndic sont des charges de copropriété non récupérables sur le locataire. > - Des aides comme MaPrimeRénov' Copropriété peuvent alléger les charges de travaux et réduire les futures factures énergétiques. ## Qu'entend-on par charges en habitat collectif ? En habitat collectif, les « charges » représentent l'ensemble des dépenses nécessaires au fonctionnement et à l'entretien de l'immeuble. Elles se divisent en plusieurs catégories distinctes, dont la nature détermine qui doit finalement les payer. Comprendre cette classification est la première étape pour maîtriser le sujet et éviter les erreurs de facturation ou les contestations. Cette distinction est fondamentale car elle conditionne la répartition des coûts entre les différents acteurs : le syndicat des copropriétaires, chaque copropriétaire individuellement, et éventuellement, le locataire qui occupe un logement dans l'immeuble. Chaque type de dépense répond à des règles de calcul et d'imputation spécifiques, définies par la loi et le règlement de copropriété. ### Charges communes générales vs charges spéciales La loi du 10 juillet 1965, qui régit la copropriété, distingue deux grandes familles de charges. - **Les charges communes générales** : Elles concernent la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes de l'immeuble. Tous les copropriétaires y contribuent, sans exception. Cela inclut les honoraires du syndic, l'assurance de l'immeuble, le nettoyage du hall d'entrée ou encore les frais de tenue des assemblées générales. - **Les charges spéciales** : Elles ne sont payées que par les copropriétaires qui ont l'utilité d'un équipement ou d'un service donné. L'exemple le plus courant est celui de l'ascenseur : les propriétaires de lots au rez-de-chaussée n'y contribuent généralement pas, car ils n'en ont pas l'utilité. Il peut aussi s'agir de charges liées à un bâtiment ou un escalier spécifique dans les grandes copropriétés. ### Charges récupérables : ce que dit le Décret n°87-713 du 26 août 1987 Lorsqu'un logement est loué, le propriétaire peut demander au locataire le remboursement de certaines dépenses engagées pour l'immeuble. Ces « charges récupérables », aussi appelées charges locatives, sont strictement encadrées pour protéger le locataire. Le texte de référence est le **Décret n°87-713 du 26 août 1987**. Il dresse une liste précise et limitative des dépenses qui peuvent être imputées au locataire. Cette liste couvre principalement trois domaines : les frais liés à l'usage du logement et de l'immeuble (eau, chauffage, ascenseur), les dépenses d'entretien courant des parties communes (électricité, produits de nettoyage) et certaines taxes (taxe d'enlèvement des ordures ménagères). Toute charge qui ne figure pas dans cette liste reste à la charge exclusive du propriétaire. ## Les deux niveaux de répartition : syndicat, copropriétaire, locataire La répartition des charges en habitat collectif s'opère en cascade, à travers deux niveaux distincts qui impliquent des acteurs et des règles de calcul différents. Le premier niveau concerne les relations entre le syndicat des copropriétaires et chaque propriétaire. Le second niveau, qui ne s'applique qu'aux biens loués, régit les relations entre le propriétaire-bailleur et son locataire. Cette architecture à deux étages est cruciale. Le montant total des charges appelées par le syndic à un copropriétaire ne correspond jamais au montant que ce dernier peut réclamer à son locataire. Ignorer cette différence est la source de nombreux litiges. La clé est de bien identifier le périmètre de chaque niveau de répartition et les textes qui s'y appliquent. ### La répartition entre copropriétaires : le rôle des millièmes Le premier niveau de répartition est défini par le règlement de copropriété. Ce document attribue à chaque lot (appartement, cave, parking...) une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes ou en millièmes. Cette quote-part, souvent calculée en fonction de la superficie, de la consistance et de la situation du lot, sert de base au calcul de la contribution de chaque copropriétaire aux charges communes. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre guide sur [la répartition des charges en copropriété et ses règles](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). Par exemple, si un copropriétaire détient 100/1000èmes de la copropriété, il paiera **10 %** des charges communes générales. Pour les charges spéciales (ascenseur, chauffage...), des clés de répartition spécifiques, basées sur le critère de l'utilité, sont appliquées. Vous pouvez consulter notre guide sur [la clé de répartition des charges en copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) pour plus de détails. Le syndic adresse alors un appel de fonds à chaque propriétaire pour couvrir le budget prévisionnel voté en assemblée générale. ### La répartition propriétaire-locataire : charges récupérables et non récupérables Le second niveau intervient lorsqu'un copropriétaire loue son bien. Il devient alors un bailleur et peut répercuter une partie des charges qu'il a payées au syndic sur son locataire. Ce transfert ne se fait pas au prorata des tantièmes, mais en fonction de [la liste complète des charges récupérables en 2026](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) fixée par le décret de 1987. Concrètement, le bailleur paie ses charges au syndic, puis demande à son locataire le remboursement des seules charges locatives. Les charges non récupérables, comme les honoraires du syndic, les frais de grosses réparations (ravalement, toiture) ou l'assurance de l'immeuble, restent à sa charge. La [répartition des charges entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) est donc strictement encadrée par la loi. Le locataire paie généralement une provision mensuelle, régularisée une fois par an sur présentation des décomptes de charges par le bailleur. ## Chauffage collectif : une répartition encadrée par la loi Le chauffage collectif est l'un des postes de charges les plus importants et sa répartition est soumise à des règles précises, définies notamment par le Code de la construction et de l'habitation et le Code de l'énergie. L'objectif est d'individualiser une partie des frais pour responsabiliser les occupants sur leur consommation d'énergie, tout en mutualisant les coûts fixes et les déperditions inhérentes à toute installation collective. Depuis la généralisation des appareils de mesure individuels (répartiteurs sur les radiateurs ou compteurs d'énergie thermique), la répartition se fait en deux temps : une part individuelle basée sur la consommation réelle et une part commune pour les frais restants. Cette méthode vise une plus grande équité entre les résidents. ### Le coefficient légal de répartition des frais de combustible Le Code de l'énergie impose que les frais communs de combustible (la part non individualisée) soient obtenus en multipliant le total des dépenses de chauffage par un coefficient. Ce coefficient est généralement de **0,30** (soit 30 % des dépenses), mais il peut être ajusté entre 0 et 0,50 par une décision de l'assemblée générale des copropriétaires. Cette part de 30 % couvre les frais liés au combustible ou à l'énergie pour les parties communes (le chauffage du hall, par exemple) ainsi que les pertes thermiques du réseau de distribution qui profitent indirectement à tous. Cette quote-part des frais communs est ensuite répartie entre les logements selon la clé de répartition des charges de chauffage prévue au règlement de copropriété (souvent les tantièmes). Les 70 % restants sont répartis en fonction des consommations individuelles relevées. ### Exemple chiffré : immeuble de 10 logements en zone 1 Prenons le cas d'un immeuble de 10 logements identiques (mêmes tantièmes) situé en zone 1, avec une facture annuelle de combustible de **12 000 €**. 1. **Calcul de la part commune** : On applique le coefficient de 30 %. Soit 12 000 € × 0,30 = **3 600 €**. 2. **Répartition de la part commune** : Ces 3 600 € sont répartis entre les 10 logements. Chaque logement se voit donc attribuer 3 600 € / 10 = **360 €** de frais communs. 3. **Calcul de la part individuelle** : Le solde, soit 12 000 € - 3 600 € = **8 400 €**, est réparti en fonction des relevés de consommation de chaque appartement. Si un appartement a consommé 8 % du total, il paiera 8 400 € × 0,08 = **672 €**. 4. **Coût total pour ce logement** : Son coût annuel sera de 360 € (part commune) + 672 € (part individuelle) = **1 032 €**. > 📌 Important : Le Code de la construction et de l'habitation fixe également des montants forfaitaires pour les frais de location et d'entretien des compteurs. Selon un texte en vigueur au 6 février 2026 (Legifrance, 2026), ces frais sont plafonnés à **15,40 €** par logement en zone 1. Ce montant s'ajoute au calcul de la consommation. ## MaPrimeRénov' Copropriété : comment elle modifie l'équation des charges Engager des travaux de rénovation énergétique dans les parties communes est une stratégie efficace pour réduire durablement les charges, notamment celles liées au chauffage. Le dispositif MaPrimeRénov' Copropriété, géré par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), est une aide financière majeure qui peut considérablement alléger le coût de ces travaux pour les copropriétaires. En finançant une partie des projets d'isolation, de ventilation ou de modernisation du système de chauffage, cette aide a un double effet. Elle diminue l'investissement initial à la charge de chaque propriétaire et, à terme, elle réduit les factures d'énergie pour tous les occupants, qu'ils soient propriétaires ou locataires, modifiant ainsi positivement l'équation globale des charges de l'immeuble. ### Montants de l'aide pour les copropriétés de plus de 20 logements Les montants de l'aide sont conçus pour être incitatifs, en particulier pour les ensembles de taille moyenne ou grande. Selon les données du ministère de l'Économie (economie.gouv.fr, 7 août 2025), les aides pour les travaux permettant un gain énergétique d'au moins 35 % sont structurées comme suit : - **Pour les copropriétés de plus de 20 logements** : l'aide s'élève à **600 € HT** par logement. - **Pour les petites copropriétés (jusqu'à 20 logements)** : le montant est porté à **1 000 € HT** par logement. - Un montant plancher de **3 000 €** par copropriété est garanti, quel que soit le nombre de logements. Ces subventions sont versées directement au syndicat des copropriétaires, ce qui simplifie la gestion financière du projet et réduit d'autant l'appel de fonds pour travaux adressé à chaque copropriétaire. ### Impact sur la répartition des charges après travaux L'impact principal de ces travaux est la baisse de la consommation énergétique de l'immeuble. Une meilleure isolation de la toiture ou des murs, ou le passage à une chaudière plus performante, se traduit par une diminution de la facture globale de combustible. Cette économie profite à tous. La part commune des frais de chauffage diminue, allégeant la charge de base de chaque logement. La part individuelle baisse également, car moins d'énergie est nécessaire pour atteindre le même confort. Pour le locataire, cela signifie une baisse de ses charges récupérables. Pour le propriétaire-bailleur, c'est un argument de valorisation de son bien, qui devient plus attractif et moins coûteux à occuper. À long terme, l'investissement dans la rénovation se répercute donc positivement sur toutes les lignes de charges énergétiques. Pour comprendre plus en détail les spécificités de chaque dépense, notre guide sur [la part du locataire dans les charges de copropriété](/charges/part-locataire-charges-copropriete/) vous apportera toutes les précisions nécessaires. ## L'erreur courante : confondre charges récupérables et charges de copropriété L'une des erreurs les plus fréquentes commises par les propriétaires-bailleurs est de considérer que toutes les charges payées au syndic sont, par nature, répercutables sur leur locataire. C'est une confusion qui peut entraîner des litiges et des demandes de remboursement parfois sur plusieurs années. En pratique, un bailleur peut être tenté de diviser simplement son décompte de charges de copropriété par douze pour calculer les provisions de son locataire. Cette méthode est incorrecte et illégale. Seules les dépenses listées dans le décret du 26 août 1987 peuvent être facturées. Comprendre cette distinction est une obligation pour une gestion locative sereine et conforme au droit. ### Ce que le bailleur ne peut pas facturer au locataire La liste des charges non récupérables est longue, mais certaines sont particulièrement sources d'erreurs. Voici les principales dépenses qui restent toujours à la charge exclusive du propriétaire : - **Les honoraires du syndic de copropriété**. - **L'assurance de l'immeuble**. - **Les frais liés aux grosses réparations** : ravalement de façade, réfection de la toiture, remplacement de la chaudière, etc. - **Les frais de procédure ou les honoraires d'avocat** engagés par le syndicat. - **L'amortissement des équipements**. - **Les impôts et taxes liés à la propriété** (taxe foncière, hors part des ordures ménagères). Facturer ces postes au locataire, même par erreur, constitue une pratique illicite. Le bailleur doit scrupuleusement trier les dépenses avant de procéder à la régularisation annuelle des charges. ### Que faire si des charges indues ont été prélevées ? Si un locataire constate que des charges non récupérables lui ont été facturées, il est en droit de demander leur remboursement. La première étape est d'envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception à son bailleur, en joignant les justificatifs (décompte de charges) et en détaillant les postes contestés. Il peut demander le remboursement des sommes indûment versées sur les trois dernières années (délai de prescription). Si le bailleur refuse ou ne répond pas, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation ou, en dernier recours, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire. Il est toujours conseillé de vérifier attentivement le décompte de charges annuel fourni par le bailleur, qui doit détailler la nature de chaque dépense. En cas de doute, consulter un professionnel ou une association de défense des locataires est une démarche prudente. ## Récapitulatif pratique : qui paie quoi en habitat collectif ? Pour y voir plus clair, voici une synthèse de la répartition des principaux postes de dépenses en habitat collectif. Ce tableau récapitule qui, du copropriétaire ou du locataire, supporte la charge finale de la dépense, une fois que le syndicat a effectué la répartition initiale entre tous les propriétaires. - **Honoraires du syndic** - **Qui paie ?** Le copropriétaire uniquement. - **Référence** : Non listé dans le décret du 26 août 1987. - **Eau froide, eau chaude et chauffage collectif** - **Qui paie ?** Le locataire (pour sa consommation et une quote-part des frais communs). - **Référence** : Décret du 26 août 1987. - **Entretien des parties communes (ménage, électricité)** - **Qui paie ?** Le locataire. - **Référence** : Décret du 26 août 1987. - **Ravalement de façade ou réfection de toiture** - **Qui paie ?** Le copropriétaire uniquement. - **Référence** : Non listé dans le décret du 26 août 1987 (grosses réparations). - **Entretien de l'ascenseur (contrat courant)** - **Qui paie ?** Le locataire. - **Référence** : Décret du 26 août 1987. - **Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM)** - **Qui paie ?** Le locataire. - **Référence** : Décret du 26 août 1987. - **Assurance de l'immeuble** - **Qui paie ?** Le copropriétaire uniquement. - **Référence** : Non listé dans le décret du 26 août 1987. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F947) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006066149/) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000031748119/2026-04-30?isAbrogated=true) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-copropriete-tout-savoir-sur-laide-la-renovation-des-parties-communes) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074096/LEGISCTA000043819443/2026-04-27/) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Non-respect du règlement de copropriété : quelles sanctions URL: https://copro-guide.fr/litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/ Catégorie: litiges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-25 Mot-clé ciblé: non-respect du règlement de copropriété sanctions Que risque-t-on en cas de non-respect du règlement de copropriété ? Sanctions, recours amiables et judiciaires, cas du locataire : le guide pratique 2026. **Le non-respect du règlement de copropriété expose à des sanctions graduées : rappel, mise en demeure, puis action judiciaire. Le juge peut ordonner la remise en état, des dommages-intérêts ou une astreinte financière. Pour des travaux non autorisés, l'amende peut atteindre 6 000 € (e-immobilier.credit-agricole.fr, 2026).** Le non-respect du règlement de copropriété expose le contrevenant à des sanctions financières et judiciaires graduées. La procédure va du simple rappel à l'ordre à l'action en justice pouvant aboutir à des dommages-intérêts et à une obligation de remise en état. Il est capital de distinguer le règlement de copropriété, seul document opposable en justice, du simple règlement intérieur, dont la portée est bien plus limitée. Ce guide détaille les recours et sanctions applicables en 2026. > **En bref** > > - Le règlement de copropriété a une valeur contractuelle et s'impose à tous, copropriétaires comme locataires. > - Seul le règlement de copropriété est opposable devant un tribunal, contrairement au règlement intérieur. > - Les sanctions possibles incluent la remise en état, les dommages-intérêts et l'astreinte judiciaire. > - Des travaux entrepris sans autorisation peuvent être sanctionnés par une amende allant jusqu'à 6 000 €. > - Un propriétaire bailleur est toujours tenu pour responsable des nuisances et infractions commises par son locataire. ## Ce que dit réellement la loi sur le règlement de copropriété Le règlement de copropriété est la "constitution" de l'immeuble. Défini par la loi du 10 juillet 1965, il s'agit d'un document écrit, obligatoire, qui détermine les droits et les obligations des copropriétaires ainsi que les règles de fonctionnement de l'immeuble. Il est composé de deux parties principales : un état descriptif de division qui identifie chaque lot, et le règlement lui-même qui précise la destination de l'immeuble (habitation, professionnel, mixte), les conditions de jouissance des parties privatives et les règles d'administration des parties communes. Si vous n'en possédez pas, il est parfois possible d'obtenir un [règlement de copropriété gratuit](/charges/reglement-copropriete-gratuit/) auprès de votre syndic ou des services de publicité foncière. Ce document a une valeur contractuelle et s'impose non seulement aux copropriétaires, mais aussi à leurs ayants droit et à leurs locataires. Chaque nouveau propriétaire en reçoit une copie lors de la signature de l'acte de vente chez le notaire. Comprendre ses [droits et obligations dans le règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/) est la première étape pour garantir des relations apaisées au sein de l'immeuble et savoir réagir en cas d'infraction. ### Règlement de copropriété vs règlement intérieur : une différence capitale Une confusion fréquente source de nombreux litiges est celle entre le règlement de copropriété et le règlement intérieur. Le premier, publié au service de la publicité foncière, est le seul document ayant une force juridique contraignante. C'est sur la base de ses clauses que le syndic ou un copropriétaire peut engager une action en justice. Le [règlement intérieur de copropriété](/litiges/reglement-interieur-copropriete-guide/), quant à lui, est une charte de bonne conduite, souvent votée en assemblée générale à la majorité simple. Il vise à rappeler des règles de vie courante (horaires pour le bruit, usage des locaux à vélos, propreté des parties communes). Cependant, comme le rappelle Service-Public.fr (2026), ses clauses n'ont pas de valeur juridique propre. Une action en justice fondée uniquement sur la violation du règlement intérieur sera rejetée par le juge. ### Qui est tenu de faire respecter le règlement ? Le garant principal de l'application du règlement est le syndic de copropriété. C'est l'une de ses missions essentielles, définie par la loi. Il agit au nom du syndicat des copropriétaires (l'ensemble des propriétaires) pour faire cesser les troubles. Son action peut aller du simple rappel à l'ordre à l'engagement de poursuites judiciaires, après y avoir été autorisé par un vote de l'assemblée générale. Toutefois, un copropriétaire qui subit un préjudice personnel et direct du fait de la violation du règlement par un autre occupant (copropriétaire ou locataire) peut également agir individuellement en justice. Il n'a pas besoin de l'autorisation de l'assemblée générale pour cela, mais il devra prouver son préjudice distinct de celui subi par la collectivité. ## Les sanctions applicables en cas de non-respect du règlement de copropriété Lorsqu'un copropriétaire ou un locataire enfreint les dispositions du règlement, plusieurs types de sanctions peuvent être appliquées, quasi exclusivement par une décision de justice. Il n'existe pas de système "d'amendes privées" que le syndic pourrait infliger directement, sauf si une clause pénale spécifique (et légale) est prévue dans le règlement de copropriété, ce qui est rare et très encadré. Pour les petites structures, il est bon de savoir qu'une [petite copropriété sans règlement](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/) doit tout de même respecter certaines règles définies par la loi. La nature de la sanction dépendra de la gravité de l'infraction, de sa répétition et du préjudice causé. L'objectif principal des actions en justice est généralement de faire cesser le trouble et de réparer les dommages subis par le syndicat des copropriétaires ou par un copropriétaire individuel. Les sanctions sont donc avant tout réparatrices avant d'être punitives. Le [non-respect d'une décision d'assemblée générale](/litiges/non-respect-decision-assemblee-generale-copropriete/) suit une logique de recours similaire. ### Dommages et intérêts et remise en état La sanction la plus courante est la condamnation à verser des dommages et intérêts. Ils visent à compenser financièrement le préjudice subi. Ce préjudice peut être matériel (dégradation des parties communes) ou moral (trouble de jouissance anormal et répété, comme des nuisances sonores nocturnes). Le montant est souverainement apprécié par le juge sur la base des preuves fournies. En parallèle, le juge peut ordonner la remise en état des lieux. Cela concerne principalement les travaux non autorisés affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble. Le copropriétaire fautif devra alors détruire les aménagements illégaux et restaurer les lieux dans leur état d'origine, à ses frais. ### Astreinte judiciaire et référé d'urgence Pour s'assurer de l'exécution d'une décision de justice (cessation d'un trouble, remise en état), le juge peut prononcer une astreinte judiciaire. Il s'agit d'une somme d'argent que le condamné devra payer par jour, semaine ou mois de retard dans l'exécution de l'ordonnance. C'est un moyen de pression financière très efficace pour contraindre le contrevenant à obtempérer rapidement. En cas de trouble manifestement illicite (par exemple, des travaux dangereux en cours sans autorisation), le syndic peut saisir le juge en référé. Cette procédure d'urgence permet d'obtenir en quelques semaines une ordonnance provisoire pour faire cesser immédiatement l'infraction, sans attendre un jugement au fond qui peut prendre des mois, voire des années. ### Travaux non autorisés : une amende entre 1 200 € et 6 000 € Réaliser des travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble sans l'autorisation de l'assemblée générale est une des violations les plus graves du règlement. Au-delà de l'obligation de démolition, cette infraction peut être sanctionnée pénalement. Selon une analyse de e-immobilier.credit-agricole.fr (avril 2026), exécuter de tels travaux est puni d'une amende comprise entre **1 200 €** et **6 000 €**. Cette sanction s'ajoute aux éventuels dommages-intérêts et aux frais de remise en état, rendant l'opération particulièrement coûteuse pour le copropriétaire indélicat. ## L'escalade graduée des recours : de l'amiable au tribunal Face à une violation du règlement de copropriété, il est crucial de suivre une démarche structurée. Agir de manière désordonnée ou sauter des étapes peut compromettre les chances de succès d'un éventuel recours judiciaire. L'approche doit toujours être progressive, en privilégiant la résolution amiable avant d'envisager des mesures plus coercitives. Prenons un cas concret : un copropriétaire installe une climatisation sur sa façade sans autorisation de l'assemblée générale, alors que le règlement l'interdit pour préserver l'harmonie de l'immeuble. Cette installation modifie l'aspect extérieur et peut générer des nuisances sonores pour les voisins. Voici les étapes à suivre pour le syndic ou un copropriétaire lésé. Avant toute chose, il est essentiel de réunir les preuves : - **Photographies** datées du non-respect (l'installation de la climatisation). - **Copies** du règlement de copropriété (la clause enfreinte). - **Témoignages** écrits d'autres voisins (constat de la nuisance sonore). - **Courriers** et échanges éventuels déjà effectués. ### Étape 1 : Recours amiable et rappel par le syndic La première action est toujours de rechercher une solution amiable. Le syndic ou le voisin concerné peut simplement discuter avec le copropriétaire en question pour lui rappeler les règles. Si cela ne suffit pas, le syndic envoie un courrier simple rappelant la clause du règlement de copropriété violée et demandant le retrait de l'installation dans un délai raisonnable. Cette étape, bien que non obligatoire, est souvent efficace et préserve les relations de voisinage. Elle montre également la bonne foi du demandeur en cas de procédure ultérieure. ### Étape 2 : Mise en demeure formelle Si le rappel amiable reste sans effet, il faut passer à la vitesse supérieure. Le syndic doit adresser au copropriétaire contrevenant une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier doit détailler précisément les faits reprochés, citer l'article du règlement violé, et exiger la cessation du trouble ou la remise en état dans un délai précis et impératif (15 jours ou un mois, par exemple). Cette mise en demeure est un préalable indispensable à la plupart des actions en justice. Sans elle, l'action pourrait être jugée irrecevable. ### Étape 3 : Procédure en référé d'urgence Si le trouble persiste malgré la mise en demeure et qu'il présente un caractère d'urgence ou est manifestement illicite (comme la poursuite de travaux dangereux), le syndic peut saisir le juge des référés du tribunal judiciaire. Cette procédure rapide vise à obtenir une ordonnance pour faire cesser l'infraction sans délai. Dans notre exemple de la climatisation, si elle génère un bruit intolérable, le juge pourrait ordonner sa mise à l'arrêt immédiate, en attendant de statuer sur le fond (le droit de la maintenir ou non). ### Étape 4 : Action au fond devant le tribunal judiciaire Pour obtenir une solution définitive et des réparations, l'action au fond est nécessaire. Le syndicat des copropriétaires, autorisé par un vote en AG, assigne le copropriétaire fautif devant le tribunal judiciaire. Le juge statuera sur la légalité de l'installation, pourra ordonner son démantèlement définitif sous astreinte, et allouer des dommages-intérêts au syndicat pour le préjudice subi. C'est également dans ce cadre que l'amende de **1 200 € à 6 000 €** pour travaux non autorisés (e-immobilier.credit-agricole.fr, 2026) pourra être demandée. Cette procédure est plus longue et plus coûteuse, nécessitant généralement l'assistance d'un avocat. Pour rédiger ou réviser ce document essentiel, l'utilisation d'un [modèle de règlement de copropriété](/charges/modele-reglement-copropriete/) peut s'avérer très utile, garantissant l'inclusion des clauses obligatoires. ## Que faire si un locataire ne respecte pas le règlement de copropriété ? Le cas du locataire qui ne respecte pas le règlement de copropriété (nuisances sonores, dégradations des parties communes, etc.) est une source fréquente de tensions. Il est important de comprendre que les mécanismes de recours diffèrent, car il n'existe pas de lien juridique direct entre le syndicat des copropriétaires et le locataire. L'interlocuteur du syndic et des autres copropriétaires reste toujours le propriétaire du lot, c'est-à-dire le bailleur. C'est lui qui est contractuellement lié au syndicat par le règlement de copropriété, et c'est donc à lui de se porter garant du comportement de la personne à qui il loue son bien. Le bailleur ne peut pas se défausser de ses responsabilités en invoquant l'autonomie de son locataire. ### La responsabilité du bailleur engagée en premier Le propriétaire-bailleur a l'obligation légale de faire respecter le règlement de copropriété par son locataire. Lors de la signature du bail, il doit lui remettre un extrait du règlement concernant la jouissance des parties privatives et communes. En cas de manquement du locataire, le bailleur est en première ligne. S'il est informé de nuisances (par le syndic ou les voisins) et qu'il reste passif, sa propre responsabilité peut être engagée. Il commet alors une faute qui peut lui coûter cher, car il est censé user de tous les moyens à sa disposition pour faire cesser le trouble. ### Les recours du syndicat contre le propriétaire bailleur Face à un locataire indélicat et un bailleur inactif, le syndic (ou un copropriétaire lésé) doit adresser une mise en demeure au propriétaire-bailleur, lui demandant d'agir auprès de son locataire pour que le trouble cesse. Si le bailleur n'obtempère pas, le syndicat peut l'assigner en justice pour obtenir des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi par la copropriété. De son côté, le bailleur dispose d'un arsenal juridique contre son locataire. Il peut lui adresser un commandement par huissier, et si les troubles graves et répétés persistent, il peut demander au tribunal la résiliation du bail et l'expulsion du locataire. Il a donc tout intérêt à agir vite pour éviter que sa propre responsabilité ne soit mise en jeu. ## L'erreur courante qui fait échouer les recours Engager une procédure pour faire respecter le règlement de copropriété peut s'avérer long et coûteux. Une erreur de qualification ou de procédure peut anéantir tous les efforts et conduire au rejet de la demande par le tribunal. La méconnaissance de la hiérarchie des normes au sein de l'immeuble est la source d'échec la plus fréquente. L'erreur la plus classique est de fonder son action en justice sur la violation du règlement intérieur. Comme indiqué précédemment, ce document n'est qu'une simple charte de "bonnes manières". Il n'a pas la valeur contractuelle du règlement de copropriété. Un juge rejettera systématiquement une demande de dommages-intérêts ou une injonction de faire basée uniquement sur un article du règlement intérieur. L'action doit impérativement s'appuyer sur une clause du règlement de copropriété officiel et publié, ou, à défaut, sur une base légale plus générale comme le trouble anormal de voisinage (article 544 du Code civil). Une autre erreur procédurale courante est de saisir directement le tribunal sans avoir, au préalable, envoyé une mise en demeure formelle par lettre recommandée avec accusé de réception. Pour de nombreux litiges, cette étape est une condition de recevabilité de l'action en justice. Omettre ce préalable peut entraîner l'irrecevabilité de la demande, obligeant le demandeur à tout recommencer, avec une perte de temps et d'argent. Il est donc fondamental de respecter ce formalisme avant de judiciariser un conflit de copropriété. ## Tableau récapitulatif : violation, sanction et recours applicable Pour y voir plus clair, voici un tableau synthétique des violations les plus courantes du règlement de copropriété, des sanctions envisageables et de la voie de recours la plus appropriée pour y faire face. Ce tableau fournit un aperçu pratique pour identifier rapidement la bonne stratégie à adopter. | Type de violation | Sanction possible (décision judiciaire) | Voie de recours principale | | :--- | :--- | :--- | | **Nuisances sonores répétées** | Dommages-intérêts pour trouble de jouissance, injonction de cesser le bruit sous astreinte. | Mise en demeure, puis action au fond devant le tribunal judiciaire. | | **Travaux non autorisés** | Démolition et remise en état, dommages-intérêts, amende de **1 200 € à 6 000 €**. | Référé d'urgence pour stopper les travaux, puis action au fond pour la démolition et sanction. | | **Occupation abusive des parties communes** | Injonction de libérer les lieux sous astreinte, dommages-intérêts. | Mise en demeure, puis référé si l'encombrement est dangereux ou très gênant. | | **Location type Airbnb non autorisée** | Injonction de cesser l'activité, dommages-intérêts pour atteinte à la destination de l'immeuble. | Mise en demeure, puis action au fond pour faire constater la violation du règlement. | | **Non-respect des règles sur les animaux** | Dommages-intérêts si nuisances (bruit, dégradations). NB : une interdiction totale est illégale. | Mise en demeure pour faire cesser la nuisance, puis action au fond si le trouble persiste. | | **Atteinte à l'aspect extérieur** | Remise en état de la façade sous astreinte, dommages-intérêts. | Mise en demeure, puis action au fond devant le tribunal judiciaire. | ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31513) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093853/) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/reglement-copropriete) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/copropriete-bruit-insecurite-degradations-les-sanctions-auxquelles-s-exposent-ceux-qui-louent-sur-airbnb-3642769698d31015394096b831a43bcf) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Charges de copropriété 2026 : définition, calcul et droits URL: https://copro-guide.fr/charges/les-charges-de-copropriete-guide/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-24 Mot-clé ciblé: les charges de copropriété Les charges de copropriété ont augmenté de 6,2 % en un an. Découvrez leur définition, leur répartition par tantièmes, ce que vous pouvez contester **Les charges de copropriété sont les dépenses collectives nécessaires à l'entretien et l'administration d'un immeuble, définies par la loi du 10 juillet 1965. Réparties entre copropriétaires selon leurs tantièmes, elles ont connu une hausse moyenne de 6,2 % en un an (ARC, janvier 2026).** Les charges de copropriété représentent l'ensemble des dépenses engagées pour le fonctionnement et l'entretien d'un immeuble collectif. Définies par la loi du 10 juillet 1965, leur paiement est une obligation pour chaque copropriétaire. Face à une augmentation moyenne de **6,2 %** en un an (ARC, janvier 2026), comprendre leur calcul, leur répartition et les moyens de les maîtriser est devenu essentiel. Ce guide complet détaille ce que vous devez savoir pour gérer au mieux ce poste de dépense incontournable. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Les charges de copropriété financent l'entretien, l'administration et le fonctionnement des parties et équipements communs d'un immeuble. > - Leur répartition est fixée par le règlement de copropriété via les tantièmes attribués à chaque lot. > - Elles ont connu une hausse moyenne de 6,2 % en un an, principalement tirée par l'énergie et les assurances (ARC, janvier 2026). > - Le syndicat des copropriétaires dispose de 5 ans pour réclamer le paiement des charges impayées. > - La contestation du montant des charges s'effectue en assemblée générale, puis éventuellement devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois. ## Qu'est-ce que les charges de copropriété ? Les charges de copropriété désignent l'ensemble des frais que les propriétaires d'un immeuble collectif doivent payer pour assurer son bon fonctionnement. Encadrées par la loi du 10 juillet 1965, ces dépenses sont indispensables pour financer l'administration, l'entretien des parties communes et le fonctionnement des services et équipements collectifs. Chaque copropriétaire est tenu de contribuer à ces frais, proportionnellement à la valeur de son ou ses lots par rapport à l'ensemble de l'immeuble. On distingue deux grandes familles de charges, dont la répartition obéit à des règles différentes. Le paiement de ces provisions, généralement demandé chaque trimestre par le syndic de copropriété, permet de faire face aux dépenses courantes et d'anticiper les frais futurs. Le détail de ces charges et leur justification doivent figurer dans les comptes du syndicat des copropriétaires, qui sont soumis au vote de l'assemblée générale annuelle. ### Charges générales : ce qu'elles couvrent Les charges générales sont celles liées à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes de l'immeuble. Elles concernent des dépenses dont tous les copropriétaires bénéficient, indépendamment de leur usage effectif. La répartition de ces charges se fait obligatoirement en fonction des tantièmes de copropriété de chaque lot, sans qu'il soit possible d'y déroger. Parmi les charges générales, on retrouve typiquement : - **Les honoraires du syndic** : pour la gestion administrative et financière de la copropriété. - **L'assurance de l'immeuble** : la prime d'assurance multirisque obligatoire. - **Les frais de nettoyage** : pour l'entretien des couloirs, escaliers, et autres espaces partagés. - **Les menues réparations** : remplacement d'une ampoule dans le hall, réparation d'une serrure de porte d'entrée. - **Les frais administratifs** : tenue des assemblées générales, frais postaux. ### Charges spéciales : liées à l'usage des équipements Les charges spéciales financent les services collectifs et les équipements communs. Contrairement aux charges générales, leur répartition ne se base pas uniquement sur les tantièmes mais sur le critère de "l'utilité objective" pour chaque lot. Concrètement, si un équipement ou un service ne présente aucune utilité potentielle pour un lot, son propriétaire n'a pas à participer à la dépense. Les exemples les plus courants sont : - **Les frais d'ascenseur** : un propriétaire d'un lot au rez-de-chaussée n'aura généralement pas à payer ces charges, sauf si l'ascenseur dessert également les caves ou les parkings qu'il pourrait utiliser. - **Les frais de chauffage collectif** : si un lot n'est pas raccordé au système commun, il en est exonéré. - **Les frais liés à une antenne TV collective** ou à un interphone. Le règlement de copropriété doit préciser la clé de répartition pour chacune de ces charges spéciales. C'est souvent une source de litiges lorsque la notion d'utilité est mal définie. ## Comment les charges sont-elles calculées et réparties ? Le calcul de la part de chaque copropriétaire repose sur un mécanisme précis et défini par les textes fondateurs de la copropriété. Le règlement de copropriété est le document de référence qui établit les règles du jeu pour l'ensemble des habitants de l'immeuble, notamment en ce qui concerne la répartition des dépenses communes. C'est dans ce document que l'on trouve le détail des lots et la quote-part de chacun. Cette répartition est ensuite mise en œuvre par le syndic, qui établit un budget prévisionnel, le soumet au vote de l'assemblée générale, puis procède aux appels de fonds trimestriels pour couvrir les dépenses. Comprendre ce processus est la première étape pour pouvoir vérifier ses propres décomptes de charges et participer activement à la vie de la copropriété. Pour une analyse détaillée des méthodes, vous pouvez consulter notre guide sur [comment calculer la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ### Les tantièmes : la clé de répartition de référence La clé de voûte de la répartition des charges est la notion de "tantièmes". Chaque lot de copropriété (un appartement, une cave, un parking...) se voit attribuer une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes (souvent en millièmes, dix-millièmes, etc.). Le nombre de tantièmes est fixé dans le règlement de copropriété lors de la création de l'immeuble. Il est calculé en fonction de plusieurs critères objectifs, comme le précise `service-public.fr` (2026) : - La superficie du lot. - Sa consistance (un appartement versus une cave). - Sa situation dans l'immeuble (étage, ensoleillement, vue...). Plus un lot a de tantièmes, plus la part de son propriétaire dans les charges générales (et dans les votes en assemblée générale) est importante. Cette répartition ne peut être modifiée que par un vote unanime de l'assemblée générale, sauf en cas d'erreur de calcul ou de changement d'usage d'un lot. ### Cas pratique : comment se calcule votre quote-part Pour illustrer le mécanisme, prenons un cas concret. Imaginons une petite copropriété dont le total des tantièmes est de **10 000**. Le budget prévisionnel pour l'année 2026, voté en assemblée générale, s'élève à **40 000 €**. Vous êtes propriétaire d'un appartement auquel le règlement de copropriété attribue **350 tantièmes**. Le calcul de votre quote-part annuelle de charges générales est le suivant : (Vos tantièmes / Total des tantièmes) x Budget prévisionnel total Soit : (**350** / **10 000**) x **40 000 €** = **1 400 €** Vous devrez donc payer **1 400 €** de charges pour l'année. Le syndic vous adressera des appels de fonds trimestriels de **350 €** (1 400 € / 4). Si l'immeuble dispose d'un ascenseur (charge spéciale) et que votre appartement est au 4ème étage, une seconde clé de répartition, basée sur le critère d'utilité, s'appliquera pour calculer votre part de ces frais spécifiques. ### Budget prévisionnel et charges hors budget La majorité des charges courantes sont incluses dans le budget prévisionnel. Ce budget est préparé par le syndic en concertation avec le conseil syndical, puis voté chaque année lors de l'assemblée générale. Il couvre les dépenses prévisibles comme les contrats de maintenance, les salaires, les honoraires du syndic ou encore la consommation d'eau et d'électricité des parties communes. Le paiement se fait par des provisions trimestrielles. Cependant, certaines dépenses exceptionnelles ne rentrent pas dans ce cadre. Il s'agit principalement des gros travaux (ravalement de façade, réfection de la toiture, remplacement de la chaudière...). Ces travaux doivent faire l'objet de résolutions spécifiques en assemblée générale, avec des appels de fonds dédiés, votés selon des majorités précises. On parle alors de charges hors budget prévisionnel. ## Charges de copropriété en 2026 : pourquoi la facture grimpe Les copropriétaires l'ont constaté sur leurs appels de fonds : la facture a tendance à s'alourdir depuis plusieurs mois. Cette impression est confirmée par les chiffres. Le contexte économique global, marqué par l'inflation et la hausse des coûts de l'énergie, impacte directement le portefeuille des copropriétés, qui sont de grandes consommatrices de services et de fournitures. Cette tendance de fond contraint les syndics et les conseils syndicaux à une vigilance accrue sur les contrats et à une anticipation renforcée des dépenses pour éviter les dérapages budgétaires. Pour les copropriétaires, c'est un signal pour s'impliquer davantage dans la gestion de leur immeuble. ### Une hausse de 6,2 % en un an selon l'ARC L'augmentation n'est pas qu'un ressenti. Une étude de l'Association des Responsables de Copropriété (ARC), relayée par Boursorama en janvier 2026, a chiffré cette inflation. Selon cette analyse, les charges de copropriété ont augmenté en moyenne de **+6,2 %** en seulement un an. Cette hausse significative pèse lourdement sur le budget des ménages, qu'ils soient propriétaires occupants ou bailleurs. Elle s'ajoute à l'augmentation générale du coût de la vie et aux remboursements de crédits immobiliers dont les taux ont également grimpé ces dernières années. Cette pression financière rend d'autant plus importants le contrôle des dépenses et la recherche d'économies au sein des immeubles. Pour comprendre plus en détail cette tendance et son impact, n'hésitez pas à consulter notre article dédié aux [charges de copropriété moyennes et leur montant pour 2026](/charges/charge-copropriete-moyenne-comprendre-montants/). ### Les principaux postes de dépenses qui s'alourdissent Plusieurs postes de dépenses expliquent cette augmentation globale. Les syndicats de copropriétaires subissent de plein fouet la flambée des tarifs dans des domaines clés. - **L'énergie** : C'est le premier facteur de hausse. Le coût du gaz et de l'électricité pour le chauffage collectif et l'éclairage des parties communes a explosé. - **Les assurances** : Les primes d'assurance multirisque immeuble ont fortement augmenté, en raison de la multiplication des sinistres liés aux événements climatiques et de la hausse du coût des réparations. - **Les contrats de maintenance** : Ascenseurs, chaudières, systèmes de sécurité... Les prestataires ont répercuté la hausse de leurs propres coûts (salaires, pièces détachées) sur leurs tarifs. - **Les travaux** : Le prix des matières premières et de la main-d'œuvre dans le secteur du bâtiment a également grimpé, renchérissant le coût de l'entretien courant et des rénovations. - **Les salaires** : Les revalorisations salariales, notamment pour les gardiens et employés d'immeubles, se répercutent sur les charges. ## Qui paie les charges de copropriété, et quand ? L'obligation de payer les charges est un principe fondamental de la copropriété. C'est le copropriétaire qui est le débiteur direct des charges vis-à-vis du syndicat des copropriétaires. Cependant, la situation se complexifie lorsqu'un logement est loué ou vendu. Des règles spécifiques s'appliquent alors pour déterminer qui, du locataire, du vendeur ou de l'acquéreur, doit supporter telle ou telle dépense. Ces distinctions sont essentielles, car une mauvaise imputation des charges peut entraîner des litiges et des pertes financières. Une bonne connaissance des règles permet de sécuriser les transactions et les relations locatives. ### Copropriétaire bailleur : charges récupérables sur le locataire Lorsqu'un copropriétaire loue son bien, il reste le seul redevable des charges auprès du syndic. C'est lui qui reçoit les appels de fonds et doit les régler. Il peut cependant se faire rembourser par son locataire une partie de ces charges : ce sont les "charges récupérables", souvent appelées "charges locatives". La liste de ces charges est fixée de manière exhaustive par le décret n°87-713 du 26 août 1987. En effet, un guide complet sur les [charges locatives récupérables](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) peut vous aider à y voir plus clair. En pratique, le bailleur demande à son locataire le versement d'une provision mensuelle ou trimestrielle. Une fois par an, il doit procéder à une régularisation en comparant le total des provisions perçues avec les dépenses réelles qu'il peut imputer au locataire. Pour une vision claire de cette répartition, consultez notre guide sur [qui paie les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). Pour une analyse approfondie des dépenses qui peuvent être imputées au locataire, vous pouvez consulter notre guide sur la [part des charges récupérables sur le locataire en 2026](/charges/part-locataire-charges-copropriete/). ### Lors d'une vente : qui règle l'ardoise ? Lors de la vente d'un lot, la règle légale est simple : les charges sont dues par la personne qui est copropriétaire au moment où elles deviennent exigibles. Cependant, un accord est presque toujours prévu dans l'acte de vente pour une répartition plus équitable au prorata du temps d'occupation sur la période concernée. Le notaire joue un rôle central. Avant la signature, il demande au syndic un "état daté". Ce document, dont le coût est plafonné, dresse la situation financière du lot : charges impayées par le vendeur, charges qui seront dues par l'acquéreur, part du fonds de travaux rattachée au lot. Comme le précise le site `service-public.fr` (2026), cela permet de s'assurer que l'acquéreur n'hérite pas des dettes de son vendeur et que la répartition des charges de l'exercice en cours est clairement établie. ### Erreur courante : confondre charges locatives et charges de copropriété > ⚠️ Attention : L'erreur classique pour un copropriétaire bailleur est de penser que toutes les charges de copropriété sont récupérables sur le locataire. C'est faux. Certaines dépenses restent obligatoirement à la charge du propriétaire. Les plus importantes sont : - Les honoraires du syndic. - Les frais liés aux grosses réparations et à l'amélioration de l'immeuble (ravalement, toiture...). - La prime d'assurance de l'immeuble. - Les frais de constitution du fonds de travaux (loi Alur). Imputer à tort ces charges au locataire est illégal. Si le locataire s'en aperçoit, il peut contester et obtenir le remboursement des sommes indûment versées sur les trois dernières années. Pour le bailleur, cela représente une perte financière sèche et un risque de litige. Pour éviter les litiges et mieux comprendre vos obligations, n'hésitez pas à vous renseigner sur [qui paie quoi en matière de charges de copropriété en 2026](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/). ## Charges impayées : risques et délais de recouvrement Le bon fonctionnement d'une copropriété repose sur le paiement régulier des charges par tous. Un seul copropriétaire défaillant peut mettre en péril l'équilibre financier de l'immeuble, retarder des travaux nécessaires et obliger les autres à avancer des frais. La loi a donc prévu un arsenal de procédures pour permettre au syndic, agissant au nom du syndicat des copropriétaires, de recouvrer les sommes dues. Ces procédures sont graduées mais peuvent se révéler rapides et contraignantes pour le mauvais payeur. Il est donc crucial pour un copropriétaire en difficulté de ne pas faire l'autruche et de chercher une solution amiable avec le syndic dès que possible. ### Un délai de prescription de 5 ans pour agir Le syndicat des copropriétaires ne peut pas attendre indéfiniment pour réclamer des charges impayées. L'action en recouvrement est soumise à un délai de prescription. Comme le rappelle `service-public.fr` (2026), ce délai est de **5 ans** à compter de la date à laquelle les charges étaient exigibles. Passé ce délai, il n'est plus possible d'agir en justice pour obtenir le paiement des anciennes dettes. Ce délai a été réduit de 10 à 5 ans par la loi Alur de 2014, ce qui incite les syndics à être plus réactifs dans le suivi des impayés. Pour un copropriétaire, cela signifie qu'une dette de charges datant de plus de cinq ans ne peut plus lui être réclamée. Attention, ce délai peut être interrompu ou suspendu par certains actes (une reconnaissance de dette, une action en justice). ### Procédures de recouvrement : du rappel amiable à la saisie Face à un impayé, le syndic doit suivre une procédure rigoureuse : 1. **Rappel amiable** : Une simple lettre de relance est souvent la première étape. 2. **Mise en demeure** : Si le rappel reste sans effet, le syndic envoie une lettre recommandée avec accusé de réception. C'est un préalable obligatoire à toute action judiciaire. Des frais de mise en demeure peuvent être imputés au copropriétaire défaillant. 3. **Procédure judiciaire** : En l'absence de paiement, le syndic peut saisir le tribunal judiciaire. Il peut engager une procédure accélérée ("procédure accélérée au fond") pour obtenir une condamnation rapide. 4. **Saisie** : Une fois le jugement obtenu, le syndic peut le faire exécuter par un commissaire de justice (ex-huissier). Cela peut prendre la forme d'une saisie sur le compte bancaire, sur les loyers si le bien est loué, ou en dernier recours, d'une saisie immobilière menant à la vente du lot. La jurisprudence, comme en témoigne un arrêt de la Cour de cassation (3e chambre civile, 15 janvier 2026, n° 23-23.534), applique strictement ces règles pour protéger les intérêts du syndicat des copropriétaires. ## Comment contester ou réduire ses charges de copropriété ? Un copropriétaire qui estime ses charges trop élevées ou injustifiées n'est pas démuni. La loi lui offre plusieurs leviers pour agir, à condition de respecter des règles de forme et de délai très strictes. Agir passe avant tout par une participation active à la vie de la copropriété et une bonne préparation de l'assemblée générale annuelle. Parallèlement à la contestation, des actions de fond peuvent être menées, souvent à l'initiative du conseil syndical, pour maîtriser les dépenses sur le long terme et optimiser les contrats qui lient la copropriété à ses fournisseurs. Il s'agit d'une démarche collective visant à préserver le patrimoine commun tout en maîtrisant les coûts. ### Contester en assemblée générale : la bonne procédure L'assemblée générale (AG) est le lieu privilégié pour toute contestation. Si vous estimez qu'une dépense est injustifiée, vous devez voter "contre" la résolution qui approuve les comptes de l'exercice. Si la résolution est malgré tout adoptée, vous disposez alors d'un délai de **deux mois** à compter de la réception du procès-verbal de l'AG pour saisir le tribunal judiciaire et demander l'annulation de cette décision. Si votre contestation porte sur les règles de répartition des charges en copropriété elles-mêmes (par exemple, vous payez pour l'ascenseur alors que vous êtes au rez-de-chaussée sans accès à la cave), vous pouvez demander à l'AG de modifier le règlement de copropriété. Si l'AG refuse, vous pouvez également saisir le tribunal. Il est vivement conseillé de se faire accompagner par un avocat spécialisé pour ces démarches complexes. Notre article dédié peut vous aider à [contester la répartition des charges de copropriété](/charges/repartition-charges-copropriete-guide/). ### Réduire les dépenses : ce que le conseil syndical peut faire > 💡 À noter : Le moyen le plus efficace pour maîtriser les charges est souvent préventif et collectif. Le conseil syndical, composé de copropriétaires élus, a un rôle crucial à jouer. Il peut, et doit, agir comme un contre-pouvoir et un partenaire du syndic pour optimiser les dépenses. Ses leviers d'action sont multiples : - **Mise en concurrence systématique** : Pour tous les contrats importants (syndic, assurance, entretien, énergie...), il est essentiel de demander plusieurs devis avant chaque renouvellement. - **Renégociation des contrats** : Le conseil syndical peut mandater le syndic pour renégocier les termes des contrats en cours pour obtenir de meilleures conditions. - **Audit des dépenses** : Analyser en détail les postes de dépenses pour identifier les sources d'économies potentielles (optimisation du contrat d'électricité, passage en LED des parties communes, etc.). - **Planification des travaux** : Anticiper les gros travaux permet de mieux les budgétiser, de les lisser dans le temps et de bénéficier d'aides à la rénovation énergétique. Un conseil syndical impliqué est la meilleure garantie contre l'inflation des charges. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35451) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32920) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053384326) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/les-charges-de-copropriete-ne-cessent-d-augmenter-voici-quelques-astuces-pour-les-reduire-80937d46f87bd7b45228e1151e7c56e2) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/charges-copropriete) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Loi Boutin honoraires syndic travaux 2026 : la règle URL: https://copro-guide.fr/syndic/loi-boutin-honoraires-syndic-travaux/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-23 Mot-clé ciblé: loi boutin honoraires syndic sur travaux Loi Boutin, ALUR, article 18-1 A : comprenez les règles légales sur les honoraires du syndic pour les travaux en copropriété, le vote en AG et les erreurs **La rémunération du syndic pour les travaux en copropriété n'est pas régie par la loi Boutin mais par la loi ALUR de 2014, via l'article 18-1 A de la loi de 1965. Elle impose que ces honoraires soient votés lors de la même assemblée générale et avec la même majorité que les travaux concernés.** Contrairement à une idée reçue, la fameuse "loi Boutin" n'est pas le texte qui régit les honoraires du syndic sur travaux. La règle applicable provient de la loi ALUR de 2014, qui a instauré un verrouillage strict : aucune rémunération supplémentaire pour le suivi de travaux ne peut être perçue par le syndic sans un vote en assemblée générale. Ce vote doit se tenir lors de la même AG et à la même majorité que celle requise pour les travaux eux-mêmes, une protection essentielle pour les finances de la copropriété. > **Ce qu'il faut retenir** > > - La réglementation des honoraires syndic sur travaux provient de la loi ALUR de 2014, et non de la loi Boutin de 2009. > - Le vote des honoraires doit impérativement avoir lieu lors de la même AG que le vote des travaux. > - La majorité requise pour approuver les honoraires du syndic est identique à celle requise pour les travaux concernés. > - Un syndic ne peut en aucun cas percevoir des honoraires pour des travaux qui n'ont pas été explicitement votés en AG. > - Les copropriétaires peuvent contester et demander le remboursement des honoraires facturés sans vote régulier. ## "Loi Boutin" sur les honoraires syndic : de quoi parle-t-on vraiment ? Lorsqu'on évoque la rémunération du syndic pour le suivi des travaux, le nom de "loi Boutin" est souvent mentionné par les copropriétaires. Pourtant, cette référence est un abus de langage qui crée une confusion. Il est crucial de distinguer les textes pour comprendre précisément les droits et obligations de chacun. Le cadre légal actuel a été profondément modifié, non pas par la loi Boutin, mais par une législation plus récente qui a renforcé la protection des copropriétaires. La bonne connaissance des textes applicables est la première étape pour contrôler la gestion du syndic et maîtriser les charges de copropriété. Sans cette clarification, de nombreuses copropriétés risquent de payer des sommes non dues ou de valider des pratiques illégales par simple méconnaissance. Savoir quel article de loi citer et sur quel texte s'appuyer est déterminant en cas de désaccord avec son syndic. ### Loi ALUR 2014 vs loi Boutin 2009 : ne pas confondre La loi du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion, dite "loi Boutin", a bien traité de sujets immobiliers, mais elle ne concerne pas directement la question des honoraires de syndic pour les travaux. L'amalgame vient du fait qu'elle a touché à de nombreux aspects du logement. Le texte qui a véritablement changé la donne est la **loi n° 2014-366 du 24 mars 2014** pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, plus connue sous le nom de **loi ALUR**. C'est elle qui a modifié en profondeur la loi fondatrice du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété. Selon les archives de Legifrance (2014), c'est bien la loi ALUR qui a introduit des règles strictes pour encadrer ces rémunérations spécifiques, considérées comme des prestations particulières en dehors du forfait de base. ### L'article 18-1 A de la loi de 1965 : le texte de référence Le cœur du dispositif se trouve dans l'**article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965**. Créé par la loi ALUR, cet article est le fondement légal sur lequel les copropriétaires doivent s'appuyer. Il stipule clairement que les honoraires du syndic pour les prestations de suivi de travaux ne relevant pas de sa gestion courante sont spécifiques et nécessitent une décision de l'assemblée générale. Avant cette loi, les contrats de syndic incluaient souvent une clause prévoyant un pourcentage automatique sur le montant des travaux, ce qui laissait peu de marge de négociation à la copropriété. L'article 18-1 A a mis fin à cette pratique en conditionnant toute rémunération exceptionnelle à un vote démocratique des copropriétaires. C'est donc ce texte, et non une "loi Boutin", qu'il faut avoir en tête pour toute discussion relative à ces frais. Le [rôle et les obligations du syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) sont ainsi précisément délimités. ## Ce que l'article 18-1 A interdit et autorise : la règle du vote en AG La loi est sans équivoque sur la procédure à suivre. L'article 18-1 A de la loi de 1965, dans sa rédaction issue de la loi ALUR (2014), a posé un principe simple et puissant pour protéger les intérêts financiers du syndicat des copropriétaires. Il subordonne la perception d'honoraires supplémentaires à une double condition de temps et de procédure de vote. Cette règle a été conçue pour garantir la transparence et permettre aux copropriétaires d'approuver en pleine connaissance de cause non seulement le coût des travaux, mais aussi le coût de leur supervision. Elle empêche le syndic d'imposer unilatéralement sa rémunération ou de la faire valider a posteriori. La maîtrise de cette règle est un outil essentiel pour tout conseil syndical ou copropriétaire vigilant. Elle s'articule autour d'un principe de parallélisme des formes : la décision sur les honoraires suit exactement le même chemin que la décision sur les travaux. ### Même AG, même majorité : le principe clé Le principe fondamental, tel qu'énoncé par l'article 18-1 A de la loi de 1965, est le suivant : "**Ces honoraires sont votés lors de la même assemblée générale que les travaux concernés, aux mêmes règles de majorité.**" (source : Legifrance, 2014). Cette phrase est capitale. - **Même assemblée générale** : Les deux résolutions (travaux et honoraires) doivent être soumises au vote au cours de la même séance. Un syndic ne peut pas faire voter des travaux une année et présenter la "facture" de ses honoraires l'année suivante. - **Mêmes règles de majorité** : La majorité requise pour valider les honoraires est strictement identique à celle requise pour les travaux. Si des travaux d'entretien sont votés à la majorité simple de l'article 24, les honoraires le seront aussi. Si un ravalement important est voté à la majorité absolue de l'article 25, les honoraires devront obtenir cette même majorité. Connaître la [majorité de vote pour les travaux en copropriété](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/) est donc indispensable. ### Quels travaux sont concernés par ces honoraires spécifiques ? Ces honoraires spécifiques ne concernent que les travaux qui ne relèvent pas de l'administration courante de l'immeuble. La gestion courante (incluse dans le forfait de base du syndic) couvre les petites réparations et l'entretien normal. Les honoraires supplémentaires sont justifiés pour des prestations exceptionnelles qui demandent un suivi technique, administratif et financier important. Sont notamment concernés : - Les travaux d'envergure comme le ravalement de la façade ou la réfection de la toiture. - La rénovation des parties communes (cage d'escalier, hall d'entrée). - L'installation ou le remplacement d'équipements collectifs (ascenseur, chaudière). - Les études techniques, diagnostics et audits préalables à de gros chantiers. La question de savoir si les [honoraires syndic sur travaux sont HT ou TTC](/syndic/honoraires-syndic-travaux-ht-ttc/) doit également être précisée dans la résolution soumise au vote. Par exemple, un [ravalement de façade en copropriété 2026](/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/) fait partie de ces travaux d'envergure nécessitant un vote spécifique pour les honoraires du syndic. ### Ce que le syndic ne peut absolument pas faire La loi est très claire sur les interdictions. L'article 18-1 A précise que le syndic "**ne peut en aucun cas**" percevoir d'honoraires qui n'auraient pas été votés selon les règles. Concrètement, un syndic ne peut pas : - **Facturer des honoraires sur la base d'une simple clause de son contrat** qui prévoirait un pourcentage automatique sur tous les travaux. Une telle clause est réputée non écrite. - **Ajouter ses honoraires aux appels de fonds** pour les travaux sans qu'un vote distinct ait eu lieu. - **Demander une ratification a posteriori** de ses honoraires (sauf dans le cas très spécifique des travaux urgents). - **Prétendre à une rémunération pour des travaux de gestion courante** en les qualifiant d'exceptionnels. Le non-respect de cette règle constitue une faute de gestion pouvant engager la responsabilité du syndic. ## Cas pratique chiffré : honoraires syndic sur travaux de ravalement Pour bien comprendre l'application de la loi, rien ne vaut un exemple concret. Imaginons une copropriété qui doit procéder au ravalement de sa façade, un projet important tant sur le plan technique que financier. Le syndic a pour mission de piloter le projet, de la consultation des entreprises à la réception des travaux. Cette prestation sort du cadre de sa gestion quotidienne et justifie donc une rémunération complémentaire. Voyons comment le processus doit se dérouler dans le respect de l'article 18-1 A. Ce scénario illustre les étapes clés que tout copropriétaire doit savoir identifier pour s'assurer de la légalité de la procédure. ### Étape 1 : inscrire les honoraires syndic à l'ordre du jour La première obligation du syndic est la transparence. Avant l'assemblée générale, en préparant l'ordre du jour, il doit impérativement inclure deux résolutions distinctes : 1. Une résolution pour l'approbation des travaux de ravalement, en précisant l'entreprise retenue et le montant du devis (par exemple, **150 000 €**). 2. Une seconde résolution, séparée, pour l'approbation de ses honoraires spécifiques pour le suivi de ces travaux. Cette résolution doit indiquer clairement le mode de calcul (souvent un pourcentage du montant HT des travaux) et le montant total qui en résulte. Si la résolution concernant les honoraires est absente de l'ordre du jour, ils ne pourront tout simplement pas être votés ni, a fortiori, facturés. C'est un point de vigilance majeur pour le conseil syndical lors de la relecture de la convocation à l'AG. ### Étape 2 : le vote en AG et la majorité requise Lors de l'assemblée générale, les copropriétaires se prononcent. Les travaux de ravalement, selon leur nature, sont généralement votés à la majorité absolue de l'article 25 de la loi de 1965 (majorité de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents). Pour que le syndic puisse percevoir ses honoraires, sa résolution doit donc également être adoptée à cette **même majorité de l'article 25**. Si les travaux sont approuvés mais que la résolution sur les honoraires est rejetée, le syndic est tenu de superviser les travaux (qui ont été votés) sans percevoir de rémunération supplémentaire. Cette situation, bien que rare, est légalement possible et souligne l'indépendance des deux votes. ### Étape 3 : que se passe-t-il si le vote est absent ? Si le syndic omet de soumettre ses honoraires au vote, ou si la résolution est rejetée, la conséquence est simple : il n'a droit à aucune rémunération supplémentaire pour ces travaux. S'il facturait malgré tout des honoraires, en les intégrant par exemple dans les appels de fonds, le syndicat des copropriétaires serait en droit d'exiger le remboursement intégral de ces sommes. L'absence de vote en assemblée générale rend la créance du syndic totalement inexistante sur le plan juridique. Le procès-verbal de l'AG fait foi : ce qui n'y figure pas comme ayant été approuvé ne peut être exigé. ## L'erreur courante qui coûte cher aux copropriétaires L'une des erreurs les plus fréquentes et les plus coûteuses pour une copropriété est de ne pas vérifier la conformité des pratiques de son syndic avec la loi ALUR. Certains syndics, par habitude ou par une interprétation erronée de la loi, continuent d'appliquer des méthodes qui ne sont plus légales depuis 2014. Cette négligence peut aboutir à des paiements indus de plusieurs milliers d'euros sur des chantiers importants. La vigilance des copropriétaires, et en particulier du conseil syndical, est la meilleure protection contre ces dérives. Identifier ces pratiques permet non seulement de réaliser des économies substantielles, mais aussi de rappeler au syndic ses obligations légales et de restaurer une relation de confiance basée sur la transparence. ### Honoraires intégrés au contrat de base : une pratique illicite ? Une pratique à surveiller de près est l'inclusion dans le contrat de syndic d'une clause stipulant un pourcentage d'honoraires fixe pour tous les travaux futurs votés en AG. Par exemple : "le syndic percevra des honoraires de 3% HT sur le montant de tous les travaux exceptionnels". Depuis la loi ALUR, une telle clause est considérée comme illicite et réputée non-écrite. Elle contrevient directement à l'esprit et à la lettre de l'article 18-1 A, qui impose un vote spécifique pour *chaque* opération de travaux. Le montant ou le pourcentage des honoraires doit pouvoir être débattu et négocié à chaque projet, en fonction de sa complexité et de la charge de travail réelle pour le syndic. Accepter un contrat avec une telle clause revient à donner un chèque en blanc à son syndic, ce que la loi interdit précisément. ### Comment contester des honoraires non votés : la marche à suivre Si vous constatez que votre syndic a facturé des honoraires sur travaux sans vote, ou sur la base d'une clause illicite, il faut agir méthodiquement. 1. **Vérification** : Rassemblez les documents pertinents : ordre du jour de l'AG, procès-verbal (PV) et appels de fonds. Assurez-vous qu'aucune résolution sur les honoraires n'a été votée ou que la majorité n'a pas été atteinte. 2. **Mise en demeure** : Le conseil syndical (ou un copropriétaire) doit adresser au syndic une lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier doit exposer les faits, rappeler la règle de l'article 18-1 A et exiger le remboursement des sommes indûment perçues dans un délai précis. 3. **Recours judiciaire** : Si la mise en demeure reste sans effet, le syndicat des copropriétaires peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir le remboursement. > ⚠️ Attention : Les démarches judiciaires peuvent être longues. Il est recommandé de se faire accompagner par un professionnel (avocat, association de copropriétaires) pour évaluer la situation. Cette démarche ne garantit pas un résultat positif mais vise à faire respecter le droit de la copropriété. ## Travaux urgents et honoraires syndic : un cas particulier à connaître Il existe une exception notable au principe du vote préalable en assemblée générale : les travaux urgents. La loi reconnaît que certaines situations critiques ne peuvent attendre la convocation d'une AG. L'article 18 de la loi de 1965 autorise en effet le syndic à prendre l'initiative de faire réaliser des travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble. Cela peut concerner une fuite importante en toiture, une panne de chaudière en plein hiver ou la sécurisation d'un élément menaçant de s'effondrer. Dans ce contexte particulier, la procédure de validation des honoraires est adaptée. Le syndic peut engager les dépenses pour les réparations sans accord préalable. Cependant, il a l'obligation de convoquer une assemblée générale immédiatement après pour informer les copropriétaires des actions menées et faire ratifier les dépenses. C'est lors de cette AG de régularisation que la question de ses honoraires sera soumise au vote, a posteriori. Le principe de la décision collective est donc respecté, bien que différé par l'urgence. Pour plus de détails, consultez notre guide sur les [travaux urgents en copropriété sans vote AG](/syndic/copropriete-travaux-urgents-syndic-procedure/). ## Récapitulatif : les droits du copropriétaire face aux honoraires syndic sur travaux Face à la complexité des règles de copropriété, chaque copropriétaire dispose de moyens concrets pour contrôler la facturation des honoraires de travaux et faire valoir ses droits. Une attitude proactive et vigilante est le meilleur garant d'une gestion saine et transparente. Voici une liste de réflexes à adopter pour s'assurer que la loi est bien respectée. - **Vérifiez systématiquement l'ordre du jour** : Avant chaque AG, assurez-vous qu'une résolution spécifique pour les honoraires du syndic accompagne chaque projet de travaux proposé. L'absence de cette résolution est un signal d'alerte. - **Contrôlez le procès-verbal de l'AG** : Après l'assemblée, lisez attentivement le PV. Il doit mentionner le résultat du vote pour les travaux ET pour les honoraires, avec la majorité obtenue pour chaque résolution. C'est votre preuve juridique. - **Examinez les appels de fonds** : Comparez les montants demandés par le syndic avec ce qui a été voté en AG. Tout écart doit être justifié. - **Relisez votre contrat de syndic** : Assurez-vous qu'il ne contient pas de clause prévoyant une rémunération automatique pour les travaux. Si c'est le cas, sachez qu'elle est illégale. > 💡 À noter : Chaque situation est unique. En cas de doute ou de litige avéré, n'hésitez pas à solliciter l'avis d'un professionnel du droit immobilier ou d'une association de défense des copropriétaires. Ils pourront vous fournir un conseil adapté à votre cas. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807536/2016-10-09) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2604) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Modifier le règlement de copropriété : les 3 majorités URL: https://copro-guide.fr/charges/modificatif-reglement-copropriete-procedure-majorites/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-22 Mot-clé ciblé: modificatif règlement de copropriété Modifier un règlement de copropriété : vote en AG, majorités (simple, absolue, unanimité), publication au service de publicité foncière. Guide pratique 2026. **Modifier un règlement de copropriété exige un vote en assemblée générale. La majorité requise (absolue, double majorité ou unanimité) dépend de la nature du changement. Une fois la décision votée par les copropriétaires, le modificatif doit être rédigé par un notaire et publié pour être opposable à tous.** Comprendre le fonctionnement et les implications d'un tel document est fondamental pour tous les copropriétaires, c'est pourquoi il est utile de se pencher sur le [règlement de copropriété 2026 et ses droits et obligations](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/). Tout copropriétaire peut demander un modificatif au règlement de copropriété, mais la procédure est strictement encadrée. Ce document n'est pas figé ; il peut et doit évoluer pour s'adapter aux nouvelles lois ou aux changements au sein de l'immeuble. La réussite d'une telle démarche repose sur une connaissance précise des majorités requises en assemblée générale, des étapes à suivre et de l'indispensable publication de l'acte par un notaire. Comprendre ces règles est essentiel pour mener à bien le projet, qu'il s'agisse d'une simple adaptation ou d'une mise en conformité légale. > **Ce qu'il faut retenir** > > - La majorité pour modifier le règlement dépend de l'impact de la décision : absolue, double majorité ou unanimité. > - Tout copropriétaire peut initier une demande de modification en la soumettant au syndic pour inscription à l'ordre du jour. > - Un acte modificatif doit obligatoirement être rédigé par un notaire et publié au service de publicité foncière. > - Sans publication, la modification n'est pas opposable aux futurs acquéreurs de lots, comme le confirme la jurisprudence constante. > - Les frais (notaire, publication) sont généralement répartis entre les copropriétaires, sauf si la modification ne bénéficie qu'à un seul. ## Pourquoi modifier le règlement de copropriété ? Le règlement de copropriété, véritable charte de l'immeuble, n'est pas gravé dans le marbre. Il peut être modifié pour diverses raisons, à l'initiative de n'importe quel copropriétaire ou du syndic. Cette démarche est souvent perçue comme complexe, mais elle répond à des besoins concrets et parfois à des obligations légales. Un copropriétaire peut tout à fait demander l'inscription d'une proposition de modification à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. La modification peut viser à corriger une erreur matérielle, à clarifier une clause ambiguë source de litiges, ou à adapter le règlement à de nouveaux usages. Par exemple, la création de nouveaux lots par la division d'un lot existant ou l'annexion d'une partie commune nécessite une mise à jour. De même, un changement dans l'usage d'un lot, comme la transformation d'un local commercial en habitation, impose de revoir la [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ### Les situations qui rendent une modification nécessaire Plusieurs situations peuvent imposer un modificatif au règlement de copropriété. Les cas les plus fréquents sont : - **La vente d'une partie commune** : Si la copropriété décide de vendre un espace commun (une loge de gardien, par exemple), le règlement doit être modifié pour acter ce changement. - **La division d'un lot** : Un copropriétaire qui divise son appartement en deux studios doit faire modifier l'état descriptif de division et la répartition des charges. - **Le changement d'usage d'un lot** : La transformation d'un bureau en logement modifie les quotes-parts de charges de certains postes (eau, chauffage collectif), ce qui doit être acté. - **La création d'un droit de jouissance privatif** : L'attribution d'un jardin ou d'une terrasse, partie commune, à l'usage exclusif d'un lot doit être formalisée dans le règlement. - **L'adaptation à la jurisprudence** : Des décisions de justice peuvent rendre certaines clauses du règlement illégales ou inapplicables, nécessitant leur suppression ou leur réécriture. ### Mise en conformité légale : loi SRU, loi ELAN et LOI n°2026-798 Le législateur impose régulièrement des mises à jour des règlements de copropriété pour les aligner sur le droit en vigueur. La loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU) a par exemple exigé la mise en conformité de nombreux documents anciens (Crédit Agricole, mars 2026). Plus récemment, la loi Évolution du Logement, de l'Aménagement et du Numérique (ELAN) a également introduit de nouvelles dispositions, notamment sur la mention des parties communes spéciales ou à jouissance privative. De nouvelles législations continuent ce mouvement. La **LOI n°2026-798 du 18 août 2026** (Legifrance, 2026) prévoit par exemple des dispositions spécifiques pour les modifications du règlement liées à la constitution d'un syndicat secondaire. Ignorer ces obligations expose le syndicat des copropriétaires à des risques juridiques. Un copropriétaire peut en effet exiger en justice la mise en conformité du règlement, aux frais de la copropriété. Pour les petites structures, une [petite copropriété sans règlement](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/) peut également se conformer à des règles simplifiées, conformément à la loi 2026. ## Quelle majorité pour modifier le règlement de copropriété ? La modification du règlement de copropriété est une décision collective prise en assemblée générale. Le niveau de majorité requis pour l'adoption d'un projet dépend directement de son impact sur les droits et obligations des copropriétaires et sur la structure de l'immeuble. La loi du 10 juillet 1965 fixe trois seuils principaux : la majorité absolue, la double majorité et l'unanimité. Connaître la majorité applicable à sa demande est la première étape pour évaluer ses chances de succès. À lire aussi : [modifier un règlement de copropriété : majorité et coût](/charges/comment-modifier-reglement-copropriete-majorite-cout/). À lire aussi : [où trouver le règlement de copropriété : 5 sources fiables](/charges/ou-trouver-reglement-copropriete/). Les décisions relatives aux modifications du règlement de copropriété sont cruciales et requièrent souvent une bonne connaissance des règles de vote, tout comme celles concernant les [travaux en copropriété où la majorité des voix est également un facteur déterminant](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/). Une erreur sur la majorité requise peut entraîner l'annulation de la décision en justice. Il est donc crucial de bien qualifier la nature de la modification envisagée. Le tableau ci-dessous synthétise les règles applicables. Cette démarche est d'autant plus importante que le [vote en AG copropriété 2026](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) est soumis à des majorités et des règles spécifiques. | Type de majorité | Règle de vote (Loi de 1965) | Exemples de modifications concernées | | :--- | :--- | :--- | | **Majorité absolue** | Article 25 | Modification des conditions de jouissance des parties communes (ex: horaires d'accès piscine). | | | (Majorité des voix de **tous** les copropriétaires) | Adaptation du règlement à une nouvelle loi (hors unanimité). | | | | Nouvelle répartition des charges suite à un changement d'usage d'un lot. | | **Double majorité** | Article 26 | Vente d'une partie commune (ex: loge de gardien). | | | (Majorité des copropriétaires représentant au moins 2/3 des voix) | Modification du règlement concernant la location de lots à usage d'habitation. | | **Unanimité** | Article 26 | Modification de la destination de l'immeuble (ex: passage de "résidentiel" à "commercial"). | | | (Accord de **tous** les copropriétaires) | Modification de la répartition des charges (hors cas légaux ou changement d'usage). | | | | Suppression d'un équipement collectif (ex: ascenseur). | | | | Atteinte aux modalités de jouissance d'une partie privative. | ### Majorité absolue : jouissance et administration des parties communes La majorité de l'article 25, dite majorité absolue, est requise pour les décisions qui touchent à la gestion courante et à l'administration de l'immeuble. Elle se calcule sur les voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents. Selon les informations de service-public.fr (2026), cette majorité s'applique à toute modification du règlement de copropriété concernant **la jouissance, l'usage et l'administration des parties communes**. Concrètement, cela vise les adaptations qui n'affectent ni la destination de l'immeuble, ni les droits individuels des copropriétaires sur leurs lots. Par exemple, l'instauration de nouvelles règles pour l'utilisation du local à vélos, la définition des conditions d'accès à une cour commune, ou encore la mise à jour de la répartition des charges suite au changement d'usage d'une partie privative (service-public.fr, 2026) relèvent de cette majorité. Si cette majorité n'est pas atteinte mais que le projet a recueilli au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, un second vote peut avoir lieu immédiatement à la majorité simple de l'article 24 (majorité des présents et représentés). ### Double majorité ou unanimité : destination de l'immeuble et droits des copropriétaires Lorsque la modification envisagée a des conséquences plus profondes, la loi exige une majorité renforcée. La double majorité de l'article 26 de la loi de 1965 est nécessaire. Elle requiert un vote favorable de la majorité des copropriétaires (en nombre) représentant au moins les deux tiers des voix de l'ensemble de la copropriété. Cette règle s'applique par exemple à la modification du règlement qui concernerait une interdiction de location saisonnière de courte durée pour les lots à usage d'habitation, comme le précise Legifrance (2026) au sujet de l'article 26. Dans les cas les plus extrêmes, qui portent atteinte aux fondements même de la copropriété, l'unanimité des voix de tous les copropriétaires est indispensable. Ce seuil, très difficile à atteindre en pratique, protège les droits fondamentaux de chaque propriétaire. Il est requis pour toute modification de la destination de l'immeuble ou des modalités de jouissance des parties privatives. Changer un immeuble à usage exclusif d'habitation en un immeuble mixte habitation et professionnel est l'exemple type relevant de l'unanimité. De même, la suppression d'un équipement essentiel comme un ascenseur l'exigerait. ### Modification règlement de copropriété : unanimité, quand est-elle obligatoire ? L'unanimité est la règle la plus stricte et reste exceptionnelle. Elle est requise lorsque le modificatif porte une atteinte directe soit à la structure de la copropriété, soit aux droits acquis d'un ou plusieurs copropriétaires sur leurs parties privatives. Elle constitue un verrou de sécurité pour éviter qu'une majorité, même qualifiée, ne puisse imposer des changements fondamentaux préjudiciables à une minorité. Les cas où l'unanimité est obligatoire sont clairement définis par la loi et la jurisprudence : - **Modification de la destination de l'immeuble** : Il s'agit du changement de l'usage principal pour lequel l'immeuble a été conçu (par exemple, passer d'un usage "bourgeois exclusif" à un usage autorisant les professions libérales). - **Modification de la répartition des charges** : Sauf dans les cas prévus par la loi (travaux, vente, changement d'usage d'un lot...), toute autre modification des quotes-parts de charges exige un vote unanime. - **Atteinte aux modalités de jouissance des parties privatives** : Le règlement ne peut être modifié pour restreindre les droits d'un copropriétaire sur son lot (par exemple, interdire la location de son appartement) si le règlement initial l'autorisait, sans son accord unanime. ## Étapes pour faire adopter un modificatif en assemblée générale Faire adopter un modificatif au règlement de copropriété suit un processus formel en plusieurs étapes. Chaque phase, de la proposition initiale à la publication finale, est cruciale pour la validité de la démarche. Le syndic et le notaire sont deux acteurs clés qui interviennent à des moments distincts pour garantir le respect de la procédure légale. Une bonne préparation en amont est essentielle pour maximiser les chances de voir la résolution adoptée en assemblée générale. Il faut notamment s'assurer que le projet est clair, juridiquement fondé et accompagné de tous les documents nécessaires (devis, plan, projet d'acte). ### Rédiger et soumettre la proposition de modification La première étape appartient au copropriétaire (ou au conseil syndical) qui souhaite la modification. 1. **Rédaction du projet** : La proposition doit être formulée de manière claire et précise. Il est souvent conseillé de se faire accompagner par un professionnel (avocat, notaire) pour rédiger un projet de résolution qui soit juridiquement inattaquable. Le texte doit expliquer l'objet de la modification et présenter le nouvel article du règlement tel qu'il serait rédigé. 2. **Notification au syndic** : Le projet de résolution doit être envoyé au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception. Cet envoi doit être fait suffisamment en amont de la date de l'assemblée générale pour que le syndic puisse l'inscrire à l'ordre du jour. Le syndic a l'obligation de joindre ce projet à la convocation de l'AG envoyée à tous les copropriétaires. > 💡 À noter : Un projet mal rédigé ou envoyé hors délai au syndic peut justifier un refus d'inscription à l'ordre du jour ou servir de base à une contestation ultérieure de la décision. ### Le vote en assemblée générale : déroulement et quorum Le jour de l'assemblée générale, la proposition de modification est débattue puis soumise au vote. Le président de séance veille au bon déroulement des discussions. Le vote se déroule selon les règles de majorité applicables à la nature de la modification (absolue, double majorité ou unanimité). Le calcul des voix se fait sur la base des tantièmes de chaque copropriétaire. Pour que le vote soit valide, le quorum n'est pas une condition en soi, mais le résultat doit atteindre le seuil légal requis. Par exemple, pour la majorité absolue de l'article 25, il faut obtenir la majorité des voix de *tous* les copropriétaires, qu'ils soient présents ou non. Comprendre les subtilités des règles de vote en assemblée générale de copropriété est donc fondamental. Le résultat du vote est consigné dans le procès-verbal de l'assemblée, qui sera ensuite notifié à tous les copropriétaires. ### Après le vote : rédaction de l'acte et rôle du notaire Une fois la résolution adoptée, la modification n'est pas encore effective. 1. **Mandat au notaire** : Le syndic, sur la base du procès-verbal de l'assemblée générale, mandate un notaire. Seul cet officier public est habilité à rédiger l'acte modificatif du règlement de copropriété. 2. **Rédaction de l'acte authentique** : Le notaire vérifie la régularité de la décision de l'AG (respect des règles de majorité, clarté de la résolution). Il rédige ensuite l'acte modificatif, qui reprend la nouvelle version de la ou des clauses modifiées. 3. **Publication** : Le notaire procède à la dernière étape, indispensable : la publication de l'acte au service de publicité foncière. Cette formalité rend la modification opposable à tous. ## Publication au service de publicité foncière : l'étape que beaucoup oublient L'adoption d'un modificatif en assemblée générale n'est que l'avant-dernière étape. Beaucoup de copropriétés l'ignorent, mais une modification du règlement, même régulièrement votée, n'a sa pleine valeur juridique qu'une fois publiée au service de publicité foncière (anciennement "conservation des hypothèques"). Cette formalité, assurée par le notaire, est fondamentale car elle conditionne l'opposabilité de l'acte aux tiers. Omettre cette publication constitue une erreur fréquente aux conséquences potentiellement graves, notamment lors de la vente d'un lot. Un syndic diligent doit s'assurer que cette démarche est menée à son terme après le vote. ### Modificatif règlement de copropriété non publié : quelles conséquences ? Un modificatif au règlement de copropriété non publié reste valable entre les copropriétaires qui l'ont voté. En revanche, il est totalement inefficace vis-à-vis des tiers. L'acquéreur d'un lot est considéré comme un tiers au moment de la vente. La conséquence est majeure : un acheteur ne sera pas tenu de respecter une clause qui n'a pas été publiée. Un arrêt de la Cour de cassation du **12 février 2026** (Legifrance, 2026) le rappelle sans ambiguïté : le règlement de copropriété et ses modifications ne sont opposables aux "ayants cause à titre particulier" (les acheteurs) qu'après leur publication. Prenons un cas concret : une AG vote l'interdiction de poser des climatiseurs en façade, mais le modificatif n'est pas publié. Un nouveau copropriétaire achète un lot et installe un climatiseur. Le syndicat ne pourra pas l'obliger à le retirer sur la base de cette nouvelle clause, car elle ne lui est pas opposable. L'ANIL (Agence Nationale pour l'Information sur le Logement) confirme également que toutes les modifications doivent être publiées pour être valables à l'égard de tous. ### Comment procéder à la publication : délai et formalités La publication est une formalité légale qui relève de la compétence exclusive du notaire. Après le vote en assemblée générale, le syndic transmet le procès-verbal au notaire choisi par la copropriété. - **Délai** : Il n'y a pas de délai légal strict imposé pour publier, mais il est dans l'intérêt de la copropriété de le faire sans tarder pour éviter les situations juridiques complexes décrites précédemment. - **Formalités** : Le notaire rédige l'acte modificatif en forme authentique. Il se charge ensuite de le déposer au service de publicité foncière du lieu de situation de l'immeuble. Le service procède à son enregistrement dans le fichier immobilier, ce qui assure sa publicité et son opposabilité. Le coût de cette formalité inclut les émoluments du notaire et les taxes de l'État. Ces frais sont des charges communes générales, réparties entre tous les copropriétaires. ## Quel est le coût pour modifier un règlement de copropriété ? La question du coût est centrale pour les copropriétaires avant d'engager une procédure de modification. Il n'existe pas de tarif unique, car le coût final dépend de plusieurs facteurs, notamment la complexité du dossier et les professionnels impliqués. Il est cependant possible d'identifier les principaux postes de dépenses. Ces frais sont considérés comme des charges communes et sont répartis entre les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes, sauf si l'assemblée générale en décide autrement (par exemple, en imputant les frais au seul copropriétaire bénéficiaire de la modification). Avant de voter, il est recommandé de demander au syndic de présenter des devis pour maîtriser le budget. > 📌 Important : Le syndic peut facturer des honoraires spécifiques pour le suivi du dossier de modification si son contrat le prévoit. Ce point doit être vérifié et voté en AG. ### Honoraires de notaire et frais de publication Les frais incompressibles sont ceux liés à l'intervention du notaire et à la formalité de publication. - **Honoraires de notaire** : La rédaction d'un acte modificatif de règlement de copropriété est un acte dont les émoluments (la rémunération) sont réglementés par l'État. Le coût dépendra de la nature et de la complexité de la modification. Le notaire peut fournir une estimation détaillée avant toute diligence. - **Frais de publication** : La publication de l'acte au service de publicité foncière engendre une taxe de publicité foncière et une contribution de sécurité immobilière. Ces montants sont fixes et collectés par le notaire pour le compte de l'État. - **Autres frais possibles** : Selon le projet, il peut être nécessaire de faire appel à un géomètre-expert pour modifier l'état descriptif de division (en cas de division de lot, par exemple) ou à un avocat pour sécuriser la rédaction de la résolution. Ces honoraires s'ajoutent au coût global. Pour des informations sur le document de base, il est possible de se renseigner sur comment [obtenir le règlement de copropriété gratuitement](/charges/reglement-copropriete-gratuit/). ### Qui peut prendre en charge les frais ? La règle générale est une répartition des frais entre tous les copropriétaires, au titre des charges communes générales. Chaque copropriétaire participe donc en fonction de ses tantièmes. Cette logique prévaut car le règlement est le document commun à tous. Cependant, il existe une exception importante. Si la modification est effectuée dans l'intérêt exclusif d'un seul copropriétaire, l'assemblée générale peut décider de mettre l'intégralité des frais à sa charge. C'est souvent le cas pour une demande de changement d'affectation d'un lot ou la privatisation d'une partie commune. Cette condition doit être explicitement mentionnée dans la résolution soumise au vote pour être valable. Le copropriétaire demandeur a tout intérêt à proposer de prendre en charge les frais pour favoriser un vote positif des autres membres du syndicat. ## Cas pratique : modification de la répartition des charges après changement d'usage d'un lot Pour illustrer concrètement la procédure, prenons un scénario fréquent : la transformation d'un local commercial situé en rez-de-chaussée en un appartement d'habitation. Ce projet, initié par le propriétaire du lot, nécessite une modification du règlement de copropriété, non pas sur la destination de l'immeuble (s'il est déjà à usage mixte "commercial et habitation"), mais sur la répartition des charges. En effet, les charges d'un local commercial et celles d'un logement ne sont pas calculées sur les mêmes bases. Un logement utilisera par exemple l'interphone ou le service d'ordures ménagères différemment. Le propriétaire du lot doit donc préparer un dossier solide pour le présenter en assemblée générale. ### Scénario : local commercial converti en logement Un copropriétaire, M. Dupont, est propriétaire d'un lot au rez-de-chaussée désigné comme "magasin" dans le règlement. L'immeuble a une destination "mixte habitation et commercial". Il souhaite transformer son lot en un appartement de deux pièces. Conformément à la réglementation, un tel changement est possible car il respecte la destination de l'immeuble (service-public.fr, 2026). 1. **Dossier** : M. Dupont fait appel à un architecte pour les plans et à un géomètre pour préparer le projet de nouvelle répartition des charges. 2. **Demande au syndic** : Il envoie par lettre recommandée au syndic une demande d'inscription à l'ordre du jour de la prochaine AG, en joignant le projet de résolution et le nouveau tableau de répartition des charges. Le projet stipule que M. Dupont prendra en charge l'ensemble des frais de notaire et de publication. 3. **Convocation** : Le syndic joint ces documents à la convocation de l'AG. Tous les copropriétaires peuvent ainsi étudier le projet en amont. ### Résultat du vote et mise à jour du règlement Lors de l'assemblée générale, M. Dupont présente son projet. Les débats portent sur l'impact du changement (bruit potentiel des travaux, nouvelle population dans l'immeuble). La question cruciale est le vote sur la nouvelle répartition des charges. Puisque ce changement d'usage d'une partie privative entraîne une modification de la répartition des charges, la décision doit être votée à la **majorité absolue de l'article 25** (service-public.fr, 2026). Le vote est favorable. Le procès-verbal de l'AG acte la décision. Le syndic contacte alors un notaire qui rédige l'acte modificatif. Cet acte entérine le changement d'affectation du lot et la nouvelle grille de répartition des charges. Une fois publié au service de publicité foncière, le lot de M. Dupont est officiellement un logement, et sa nouvelle quote-part de charges s'applique. Pour faciliter l'établissement ou la mise à jour de ces documents, il existe des ressources pour créer un [modèle règlement de copropriété 2026](/charges/modele-reglement-copropriete/) incluant les clauses obligatoires. ## Modification règlement de copropriété et parties privatives : ce que la loi permet Le règlement de copropriété organise la vie collective, mais il peut aussi encadrer l'usage des parties privatives. La liberté d'un copropriétaire de jouir de son lot n'est pas absolue. Elle est limitée par les droits des autres copropriétaires et par la destination générale de l'immeuble. La modification du règlement touchant aux parties privatives est donc un sujet sensible, où l'équilibre doit être trouvé entre l'intérêt collectif et les droits individuels. C'est l'un des domaines où les litiges sont les plus fréquents, d'où l'importance de clauses claires et conformes à la loi. Le [contenu du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/) est donc essentiel à maîtriser. ### Ce que le règlement peut interdire ou autoriser dans les parties privatives Le règlement peut imposer certaines contraintes sur l'usage des lots privatifs pour garantir la tranquillité et l'harmonie de l'immeuble. Ces clauses sont valables si elles sont justifiées par la destination de l'immeuble. Par exemple, un règlement peut : - **Interdire certaines activités professionnelles** : Dans un immeuble à usage d'habitation "bourgeois", il peut interdire les activités commerciales ou bruyantes. - **Réglementer les revêtements de sol** : Pour des raisons d'isolation phonique, il peut imposer la pose d'une sous-couche isolante sous un parquet ou un carrelage. - **Encadrer les travaux** : Il peut fixer des horaires pour les travaux bruyants dans les appartements. Toute modification de ces clauses se vote à la majorité adéquate, souvent l'absolue (article 25) si elle ne porte pas une atteinte nouvelle à la jouissance. ### Destination de l'immeuble : la limite à ne pas franchir sans unanimité La "destination de l'immeuble" est la limite ultime que ni une majorité, ni le règlement lui-même ne peuvent franchir sans l'accord de tous. C'est la vocation générale du bâtiment telle qu'elle résulte de ses caractéristiques (standing, localisation) et du règlement de copropriété initial. Par exemple : "usage exclusif d'habitation", "usage mixte professionnel et habitation", "usage commercial". Modifier cette destination requiert impérativement **l'unanimité des voix de tous les copropriétaires**, comme le précise l'article 26 de la loi du 10 juillet 1965 (Legifrance, 2026). Vouloir transformer un immeuble purement résidentiel en y autorisant tous les types de commerces est une modification de la destination. Obtenir un tel vote est si difficile que ces projets aboutissent rarement, sauf dans de très petites copropriétés où un consensus est plus facile à trouver. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3107) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000050623612) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053538545) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000028779385) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/loi-sru) - [anil.org](https://www.anil.org/votre-projet/vous-etes-proprietaire/copropriete/reglement-de-copropriete/) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Règlement intérieur copropriété : ce qu'il peut imposer URL: https://copro-guide.fr/litiges/reglement-interieur-copropriete-guide/ Catégorie: litiges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-21 Mot-clé ciblé: règlement intérieur copropriété Règlement intérieur copropriété : différence avec le règlement de copropriété, clauses autorisées, procédure d'adoption et erreurs à éviter. Guide 2026 **Le règlement intérieur d'une copropriété est un document facultatif, voté en assemblée générale, qui précise les règles de la vie quotidienne (bruit, propreté, usage des parties communes). Contrairement au règlement de copropriété, acte notarié qui lui est supérieur, il n'est pas obligatoire et ne peut pas le contredire.** Souvent confondu avec son cousin, le règlement de copropriété, le règlement intérieur d'un immeuble est un document aux pouvoirs plus limités mais essentiel à la vie quotidienne. Sa fonction n'est pas de fixer les quotes-parts de charges, mais d'établir des règles de vie commune pour garantir la tranquillité de tous. Ce guide 2026 clarifie sa valeur juridique, ce qu'il peut légitimement imposer et les recours possibles en cas de clause abusive, en s'appuyant sur les textes officiels et la jurisprudence récente. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre article sur les [règlement de copropriété droits obligations](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/). ## Règlement intérieur vs règlement de copropriété : deux documents, deux natures juridiques En copropriété, deux documents majeurs organisent la vie collective, mais leur nature et leur force juridique sont radicalement différentes. Cette distinction est la source de nombreux malentendus et litiges. Comprendre la hiérarchie entre le règlement de copropriété et le règlement intérieur est donc la première étape pour connaître ses droits et devoirs. L'un est la "constitution" de l'immeuble, l'autre un guide de "savoir-vivre". Un règlement intérieur qui contredirait le règlement de copropriété serait sans valeur sur ce point. Par exemple, si le règlement de copropriété autorise l'exercice d'une profession libérale dans un lot, le règlement intérieur ne peut pas l'interdire. Il pourrait, en revanche, en préciser les modalités pour limiter les nuisances, comme les horaires d'accueil du public. C'est cette nuance qui est au cœur de la gestion d'un immeuble. ### Qu'est-ce que le règlement de copropriété selon la loi du 10 juillet 1965 ? Le règlement de copropriété est le document fondateur de l'immeuble. Rédigé par un notaire lors de la création de la copropriété, il est obligatoire et doit être publié au service de la publicité foncière pour être opposable à tous, y compris aux futurs acquéreurs. Selon la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, il détermine la destination de l'immeuble (habitation exclusive, mixte, commerciale), définit les parties privatives et les parties communes, et fixe la méthode de calcul des charges pour chaque lot. Le décret n°67-223 du 17 mars 1967, mis à jour le 9 février 2026 (Legifrance), précise que ce document contient toutes les stipulations essentielles à l'organisation de la copropriété. Pour tout savoir sur le sujet, consultez notre guide sur le [contenu et modification du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/). ### Le règlement intérieur : un document complémentaire, pas obligatoire Contrairement au règlement de copropriété, le règlement intérieur n'est pas imposé par la loi. Il s'agit d'un document facultatif, adopté par un vote en assemblée générale des copropriétaires. Son rôle est de compléter le règlement de copropriété sur des aspects pratiques et quotidiens. Il ne crée pas de droits ou d'obligations structurels, mais vise à assurer la tranquillité, la sécurité et la salubrité de l'immeuble. Typiquement, il traite des nuisances sonores, de l'usage du local à vélos, des horaires de déménagement ou de la propreté des paliers. Il est simplement affiché dans les parties communes, comme le rappelle Boursorama (novembre 2024), et n'a pas à être publié. ### Hiérarchie des normes : le règlement intérieur ne peut pas contredire le règlement de copropriété La règle est absolue : en cas de conflit entre les deux textes, le règlement de copropriété l'emporte toujours. Le règlement intérieur est une norme inférieure. Une clause du règlement intérieur qui limiterait un droit accordé par le règlement de copropriété (par exemple, interdire la pose d'une plaque professionnelle autorisée par le règlement de copropriété) serait jugée "non écrite", c'est-à-dire inapplicable. Le syndicat des copropriétaires ne pourrait pas contraindre un copropriétaire à la respecter, et en cas de litige, le tribunal judiciaire annulerait la clause du règlement intérieur sans hésitation. Cette hiérarchie protège les droits fondamentaux des copropriétaires. ## Ce que le règlement intérieur peut légitimement encadrer Le champ d'action du règlement intérieur se concentre sur l'harmonie de la vie collective. Il traduit en règles concrètes les principes généraux de "jouissance paisible" des biens. Il peut donc fixer des balises pour prévenir les conflits de voisinage et organiser l'utilisation des espaces partagés par tous les résidents, qu'ils soient copropriétaires ou locataires. Notre dossier [modifier un règlement de copropriété : majorité et coût](/charges/comment-modifier-reglement-copropriete-majorite-cout/) approfondit cette question. Notre dossier [où trouver le règlement de copropriété : 5 sources fiables](/charges/ou-trouver-reglement-copropriete/) approfondit cette question. Retrouvez tous les détails dans [modification du règlement de copropriété : procédure](/assemblee/modification-reglement-copropriete-guide/). Ces règles doivent rester proportionnées et justifiées par l'intérêt collectif de l'immeuble. Elles ne peuvent pas constituer une restriction abusive aux droits des copropriétaires. Par exemple, interdire de recevoir des invités après 20h serait une clause manifestement abusive. En revanche, demander de limiter le bruit après 22h est une clause parfaitement légitime. L'équilibre est la clé de la validité de ce document. Vous pouvez également chercher à obtenir un [règlement de copropriété gratuit](/charges/reglement-copropriete-gratuit/) via certaines démarches. ### Usage des parties communes et nuisances sonores Le règlement intérieur est l'outil idéal pour réguler l'usage des parties communes. Il peut préciser : - **Les horaires d'utilisation** : heures d'ouverture de la piscine, du local à vélos, ou horaires pour effectuer des travaux bruyants (souvent limités aux jours ouvrables, de 8h à 19h par exemple). - **Les règles de propreté** : interdiction de laisser des objets personnels (poussettes, chaussures) sur les paliers, obligation de jeter les déchets dans les conteneurs prévus. - **Les nuisances sonores** : il peut rappeler les règles légales sur le tapage nocturne et diurne et demander d'éviter l'usage d'appareils bruyants (machine à laver, instruments de musique) à des heures tardives. Ces dispositions, si elles sont adoptées en AG, s'imposent à tous les occupants de l'immeuble. ### Animaux de compagnie, barbecue et aménagements de balcon Concernant les balcons et la présence d'animaux, le règlement intérieur peut fixer des limites, mais sans interdire de manière absolue. - **Animaux de compagnie** : la loi interdit de prohiber la détention d'un animal familier dans un lot privatif. Le règlement peut cependant imposer qu'ils soient tenus en laisse dans les parties communes et sanctionner les nuisances répétées (aboiements, déjections). - **Barbecues** : l'usage du barbecue sur un balcon est une source fréquente de litiges. Le règlement intérieur peut l'interdire purement et simplement pour des raisons de sécurité (incendie) ou de nuisances (fumées, odeurs). Cette interdiction est généralement considérée comme valide. - **Aménagements** : il peut encadrer la pose de jardinières (pour des raisons de sécurité) ou l'installation de "canisses" pour préserver l'harmonie esthétique de la façade. ### Cas pratique : location Airbnb et règlement intérieur : ce que dit la décision du 19 mars 2026 Prenons le cas d'un copropriétaire, M. Dupont, qui souhaite louer son appartement sur Airbnb. Le règlement de copropriété stipule un "usage exclusif d'habitation bourgeoise". Le syndicat des copropriétaires, soucieux des nuisances, fait voter en AG un règlement intérieur interdisant "toute location meublée de courte durée". M. Dupont peut-il continuer à louer ? La question est complexe et a fait l'objet d'une décision importante du Conseil constitutionnel le **19 mars 2026** (Boursorama, 31 mars 2026). Selon cette décision, si la destination de l'immeuble n'est pas compromise, une interdiction totale via un simple règlement intérieur pourrait être jugée disproportionnée. En pratique, l'AG peut restreindre l'activité (par exemple, en limitant le nombre de nuitées) pour garantir la tranquillité de l'immeuble, mais une interdiction générale et absolue pourrait être contestée en justice, surtout si l'activité ne génère aucune nuisance avérée. Chaque situation est analysée au cas par cas par les juges. > **L'essentiel** > > - Le règlement intérieur ne peut jamais contredire le règlement de copropriété, qui lui est juridiquement supérieur. > - Il régit l'usage des parties communes et les règles de vie (bruit, propreté), mais ne peut empiéter sur les droits fondamentaux des copropriétaires dans leurs parties privatives. > - Son adoption ou sa modification se vote en assemblée générale, généralement à la majorité simple de l'article 24 de la loi de 1965. > - Une clause jugée abusive ou illégale peut être contestée en AG, puis, en cas d'échec, devant le tribunal judiciaire. > - La jurisprudence récente, notamment une décision du Conseil constitutionnel de mars 2026, précise les limites de l'interdiction de la location type Airbnb. ## Travaux en appartement : ce que le règlement intérieur peut (et ne peut pas) interdire La liberté de réaliser des travaux dans son propre appartement est un droit pour tout copropriétaire, mais elle n'est pas absolue. Le règlement intérieur joue ici un rôle de régulateur, principalement pour limiter les nuisances pour le voisinage. Il ne peut cependant pas s'opposer à des travaux qui ne touchent pas à la structure ou à l'aspect extérieur de l'immeuble. La distinction fondamentale réside dans l'impact des travaux. S'ils restent confinés à l'intérieur du lot privatif sans affecter les murs porteurs, les canalisations communes ou l'apparence de la façade, le copropriétaire est libre de les entreprendre. Le règlement intérieur ne peut que lui imposer de respecter des plages horaires. Connaître les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) est essentiel avant de démarrer un chantier d'envergure. ### Parties privatives vs parties communes : rappel des frontières Pour comprendre la limite des règles, il faut distinguer les deux types de parties. Selon service-public.fr (F31513), sont privatives les parties "réservées à l'usage exclusif de chaque copropriétaire" : l'intérieur de l'appartement, les cloisons non porteuses, les revêtements de sol. Sont communes les parties affectées à l'usage de tous : le gros œuvre (murs porteurs, planchers), la toiture, les escaliers, les canalisations principales. Le règlement intérieur ne peut régir que ce qui a un impact sur les parties communes ou sur la tranquillité des autres lots privatifs (le bruit, par exemple). Il ne peut pas dicter le choix de votre carrelage ou la couleur de vos murs. ### Horaires de travaux et règlement intérieur : quelle valeur contraignante ? C'est le domaine de prédilection du règlement intérieur. Pour protéger la quiétude de l'immeuble, il peut tout à fait fixer des plages horaires pour les travaux bruyants (perceuse, marteau, etc.). Généralement, ces travaux sont autorisés du lundi au vendredi de 8h à 19h et le samedi de 9h à 12h, et interdits les dimanches et jours fériés. Ces clauses sont parfaitement légales et contraignantes. Un copropriétaire qui ne les respecterait pas s'exposerait à des plaintes du voisinage et à une mise en demeure du syndic. Le non-respect répété peut même conduire à une action en justice pour trouble anornal de voisinage. ### Erreur courante : confondre interdiction du règlement intérieur et décision d'AG L'erreur classique est de penser qu'un règlement intérieur, même affiché dans le hall, peut suffire à bloquer des travaux légitimes dans un appartement. Imaginons qu'un règlement intérieur interdise de "modifier les revêtements de sol". Si vous souhaitez remplacer une vieille moquette par un parquet dans votre salon (partie privative), sans toucher à la structure, cette clause est inapplicable. Le syndic ne peut pas s'opposer à vos travaux sur cette seule base. Si vous touchez à un mur porteur ou modifiez une fenêtre, une autorisation d'AG est nécessaire comme le rappelle Boursorama (1er juillet 2026), mais pour des travaux privatifs, le règlement intérieur n'a pas force de loi. Le risque, en se laissant intimider, est de renoncer à des travaux auxquels on a droit ou d'entrer dans un litige inutile. ## Comment adopter ou modifier un règlement intérieur en assemblée générale Un règlement intérieur n'est pas gravé dans le marbre. Il peut être créé s'il n'en existe pas, ou modifié pour s'adapter aux évolutions de l'immeuble. La procédure passe obligatoirement par un vote en assemblée générale (AG) des copropriétaires. C'est un acte démocratique qui reflète la volonté de la collectivité. Le processus est encadré par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application. Tout copropriétaire peut être à l'initiative d'une proposition, mais c'est le syndic qui orchestre la procédure, de l'inscription à l'ordre du jour jusqu'à la diffusion du document final. Il est même possible, pour un copropriétaire pressé, de demander au syndic de convoquer une AG spécialement pour ce sujet, à ses propres frais, comme le prévoit la loi (Legifrance, Articles 17 à 29-16). ### Quelles majorités selon les clauses visées ? La majorité requise pour adopter ou modifier une clause du règlement intérieur dépend de sa portée : - **Majorité simple (article 24)** : Elle concerne les décisions relatives à l'administration courante. C'est la majorité la plus facile à obtenir (majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance). Elle s'applique pour la plupart des règles de vie quotidienne (horaires de bruit, propreté des parties communes). - **Majorité absolue (article 25)** : Elle est requise pour les décisions plus importantes, comme celles autorisant certains travaux ou modifiant l'usage de certaines parties communes. - **Unanimité** : Elle est exceptionnelle. Selon service-public.fr (F2137), elle est exigée si la modification porte atteinte aux modalités de jouissance des parties privatives. Par exemple, une clause qui interdirait complètement de fumer sur son propre balcon pourrait nécessiter l'unanimité. ### Rôle du syndic dans la rédaction et l'affichage Le syndic est le bras armé du syndicat des copropriétaires. Dans ce processus, son rôle est multiple : - **Conseil** : Il peut conseiller les copropriétaires sur la faisabilité et la légalité des clauses proposées. - **Rédaction** : Il se charge souvent de mettre en forme juridiquement les décisions de l'AG pour rédiger les clauses du règlement. - **Formalisme** : Il inscrit le projet à l'ordre du jour de l'AG, notifie le procès-verbal contenant la décision, et met à jour le document. - **Affichage** : Une fois adopté, le syndic doit afficher le règlement intérieur dans un lieu de passage de l'immeuble (le hall d'entrée, le plus souvent) pour que tous les occupants en aient connaissance (Boursorama, 19 novembre 2024). De plus, pour toute nouvelle création ou modification, l'utilisation d'un [modèle règlement de copropriété](/charges/modele-reglement-copropriete/) peut s'avérer très utile pour garantir sa conformité. ### Délais et opposabilité aux nouveaux copropriétaires Une fois voté en AG, le règlement intérieur s'applique immédiatement à tous les copropriétaires et à leurs locataires. Le syndic doit notifier le procès-verbal de l'assemblée générale aux copropriétaires opposants ou défaillants. Le document devient alors contraignant. Pour les nouveaux arrivants, l'existence d'un règlement intérieur (et de copropriété) doit être mentionnée dans l'acte de vente. Le notaire remet à l'acquéreur une copie de ces documents. Ainsi, dès son arrivée, le nouveau copropriétaire est réputé en connaître le contenu et doit le respecter, tout comme il doit le faire respecter par son éventuel locataire. S'il n'y a pas de règlement, il faut se référer aux [règles de la loi pour une copropriété sans règlement intérieur](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/). ## Que faire si le règlement intérieur vous semble illégal ou abusif ? Il peut arriver qu'une clause du règlement intérieur paraisse injuste, disproportionnée ou même contraire à la loi. Un copropriétaire n'est pas démuni face à une telle situation. Plusieurs voies de recours existent, de la négociation amiable en assemblée générale à la contestation judiciaire. > 💡 À noter : Avant toute action, il est primordial de vérifier ce que dit le règlement de copropriété. Si la clause du règlement intérieur est en contradiction avec ce dernier, elle est de fait inapplicable. Il faut aussi garder à l'esprit que le règlement intérieur doit respecter toutes les normes supérieures, comme les arrêtés municipaux (sur le bruit par exemple) ou les réglementations nationales en matière de sécurité. Par exemple, une nouvelle réglementation sur la sécurité des installations de gaz, en vigueur depuis le **1er janvier 2026** (service-public.fr, F32573), s'impose à tous, quoi que dise le règlement intérieur. ### Contester une clause devant l'assemblée générale La première démarche, la plus simple et la plus constructive, est de porter le débat devant l'assemblée générale. Il faut adresser une lettre recommandée au syndic avant la tenue de l'AG, en lui demandant d'inscrire à l'ordre du jour un point intitulé "Modification de l'article X du règlement intérieur". Il faut joindre une proposition de nouvelle rédaction et un argumentaire expliquant en quoi la clause actuelle est abusive ou inadaptée. Cela permet d'ouvrir le dialogue avec les autres copropriétaires et de trouver une solution collective sans passer par la case tribunal. C'est souvent la voie la plus efficace pour les sujets de la vie quotidienne. ### Saisir le tribunal judiciaire : délais et conditions Si l'assemblée générale refuse de modifier la clause, ou si la décision prise reste contestable, le copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble. Il est possible de contester soit la décision de l'AG elle-même (dans un délai de deux mois après la notification du procès-verbal), soit de demander au juge de déclarer la clause "non écrite" car illégale, sans condition de délai. Cette action est plus lourde et coûteuse. > ⚠️ Attention : L'assistance d'un avocat est souvent indispensable pour ce type de procédure. Seul un professionnel du droit peut analyser la situation spécifique et évaluer les chances de succès d'une action en justice. Il est déconseillé de se lancer seul dans une telle démarche. ### Sécurité incendie et autres normes impératives qui s'imposent au règlement intérieur Le règlement intérieur ne peut ignorer les normes de sécurité et les obligations légales qui pèsent sur la copropriété. Par exemple, il ne peut pas autoriser des aménagements qui entraveraient l'accès des pompiers ou qui violeraient les règles de sécurité incendie. De même, les nouvelles obligations réglementaires s'imposent à lui. Depuis le **1er janvier 2026**, les copropriétés de moins de 50 lots ont l'obligation de réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE) collectif (e-immobilier.credit-agricole.fr, 4 sept. 2026). Le règlement intérieur ne peut aller à l'encontre de cette obligation légale ni en freiner l'application. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31513) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039313590) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32573) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061423/2026-02-09) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006092779) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/airbnb-en-copropriete-une-decision-qui-redessine-les-regles-du-jeu-5b8a85b651eb021ff467a6352b6b9590) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/credit/actualites/immobilier-quels-conseils-avant-d-acheter-en-copropriete-c3fd0a3acf82f5e54591089f0b5c58ff) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/habiter/le-role-du-syndic-de-copropriete) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Procès-verbal d'AG copropriété : mentions, délais URL: https://copro-guide.fr/charges/proces-verbal-ag-copropriete-guide/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-20 Mot-clé ciblé: procès-verbal ag Que doit contenir un procès-verbal d'AG en copropriété ? Délais d'envoi, mentions obligatoires, contestation : le guide pratique 2026 pour copropriétaires. **Le procès-verbal d'assemblée générale de copropriété est un document juridique qui consigne l'ensemble des décisions votées lors d'une AG. Le syndic doit l'envoyer sous 8 jours aux copropriétaires opposants ou défaillants, et dans un délai d'un mois à tous les copropriétaires (décret du 17 mars 1967). Il sert de preuve en cas de litige et déclenche le délai de contestation de 2 mois.** Pour faciliter la gestion de ces documents essentiels, vous pouvez utiliser un [modèle PDF gratuit de PV d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/). Le procès-verbal d'AG est le seul document qui atteste officiellement des décisions prises par l'assemblée générale des copropriétaires. Il engage la copropriété entière, y compris ceux qui ont voté contre. Pourtant, beaucoup de copropriétaires le rangent sans le lire, ou pire, ne le reçoivent jamais. Une erreur de rédaction, une signature manquante ou un délai non respecté peuvent fragiliser des résolutions votées, voire les rendre contestables devant le tribunal judiciaire. Ce guide explique ce que doit contenir un PV, quand le syndic doit l'envoyer, comment le vérifier et quoi faire en cas de problème : sans jargon juridique, mais avec les points de vigilance qui comptent. Pour en savoir plus sur les détails et les implications de ce document essentiel, n'hésitez pas à consulter notre guide complet sur le [PV d'AG copropriété : contenu, délai de notification](/assemblee/pv-ag-copropriete-guide-complet/). > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le PV d'AG est le seul document opposable qui atteste des décisions votées en assemblée générale > - L'absence d'une signature n'annule pas le PV, mais affaiblit sa valeur probante en cas de litige > - Le délai de 2 mois pour contester court à compter de la notification du PV aux opposants et défaillants > - Une contestation ne suspend jamais l'exécution des décisions adoptées par l'assemblée générale > - L'espace en ligne sécurisé (loi ALUR) permet d'accéder aux PV des trois dernières années ## Qu'est-ce qu'un procès-verbal d'AG en copropriété ? Le procès-verbal d'assemblée générale de copropriété est l'acte qui enregistre officiellement tout ce qui s'est passé et voté pendant l'AG. Signé par le président de séance, le secrétaire et le syndic, il retranscrit les débats pour chaque résolution inscrite à l'ordre du jour. Il constitue le seul document opposable aux copropriétaires et aux tiers. Rédigé par le secrétaire de séance : souvent le syndic dans la pratique : le PV doit refléter fidèlement les échanges et les votes. La loi du 10 juillet 1965 en fait un élément central : c'est par ce document que les décisions deviennent exécutoires et que le syndicat des copropriétaires peut agir. Distinguer le PV de la feuille de présence évite bien des confusions. La feuille de présence liste les copropriétaires présents et représentés, avec leurs tantièmes. Le PV, lui, consigne les résolutions et les résultats. Les deux documents sont complémentaires et doivent être conservés ensemble. Un PV incomplet expose la copropriété à un risque de contestation. À l'inverse, un PV rigoureusement tenu protège les décisions collectives face à un éventuel recours. ### Un document officiel, pas un simple compte-rendu Le PV d'AG n'a rien d'une note informelle. Sa valeur juridique est forte : il fait foi des délibérations jusqu'à preuve contraire. Le décret du 17 mars 1967 pris pour l'application de la loi du 10 juillet 1965 détaille les règles de forme qui lui confèrent cette portée. En pratique, cela signifie que toute décision mentionnée dans le PV est présumée avoir été régulièrement adoptée. Un copropriétaire qui conteste doit apporter la preuve que les règles n'ont pas été respectées. Cette charge de la preuve, lourde, explique pourquoi la rigueur de rédaction est capitale. ### Ce que le PV prouve (et ce qu'il ne prouve pas) Le PV atteste du résultat des votes : nombre de voix pour, contre, abstentions, et majorité atteinte ou non. Il prouve aussi la convocation régulière des copropriétaires : une mention obligatoire qui sécurise toute la procédure. En revanche, le PV ne prouve pas le bien-fondé d'une décision. Une résolution régulièrement adoptée peut toujours être annulée par le juge si elle contrevient au règlement de copropriété ou à la loi. Le PV garantit la légalité formelle de la délibération, pas sa légalité au fond. ## Les mentions obligatoires du procès-verbal d'assemblée générale La loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967 imposent une série de mentions sans lesquelles le PV perd sa force probante. Un oubli peut suffire à fragiliser une résolution. Voici les éléments que le syndic doit impérativement faire figurer. Chaque mention a une fonction précise. La date et le lieu de réunion permettent de vérifier que la convocation a respecté les délais légaux. La liste des copropriétaires avec leurs tantièmes rattache chaque vote à un nombre exact de voix. Le détail des résolutions et des résultats de vote rend la décision exécutoire. Les règles de majorité applicables varient selon la nature de la résolution. Un PV doit mentionner la majorité requise pour chaque vote : majorité simple, majorité absolue, double majorité ou unanimité : afin que les copropriétaires puissent vérifier la régularité de l'adoption. Pour approfondir ce point, consultez notre article sur les règles de vote en AG de copropriété. ### L'en-tête : date, lieu, syndic et feuille de présence L'en-tête du PV mentionne la date et le lieu de l'assemblée, le nom du syndic, les noms du président de séance et du secrétaire. Il précise le mode de convocation utilisé et la date d'envoi des convocations. La feuille de présence est annexée au PV. Elle identifie chaque copropriétaire présent, représenté ou absent, avec le nombre de voix dont il dispose, exprimé en tantièmes. Sans cette annexe, impossible de vérifier a posteriori que les majorités ont été correctement calculées. ### Le corps : résolutions votées et résultats de vote Le corps du PV reprend, résolution par résolution, l'ordre du jour initial. Pour chaque point, le texte de la résolution est retranscrit intégralement, suivi d'un résumé des débats. Les amendements éventuels adoptés en séance doivent apparaître explicitement. Le résultat du vote est ensuite détaillé : nombre de voix pour, contre, abstentions, et mention de la majorité atteinte. L'identité des copropriétaires qui se sont abstenus ou ont voté contre peut être indiquée : cette information est précieuse en cas de contestation ultérieure. ### La signature : qui signe et dans quel ordre Le PV est signé par le président de séance, le secrétaire et le syndic. L'ordre des signatures n'est pas imposé par les textes, mais la pratique veut que le président signe en premier, suivi du secrétaire, puis du syndic qui atteste de la conformité. Une signature manquante n'annule pas automatiquement le PV. La jurisprudence considère que l'absence d'une signature constitue une irrégularité formelle qui peut ouvrir un recours, mais sans entraîner la nullité de plein droit des décisions. ## Délai d'envoi du PV d'AG : ce que le syndic doit respecter Le décret du 17 mars 1967 fixe deux délais distincts pour la notification du procès-verbal. Ces délais courent à compter de la tenue de l'assemblée et conditionnent le point de départ du recours contentieux. Premier délai : **8 jours** pour les copropriétaires opposants (ceux qui ont voté contre une résolution) et les copropriétaires défaillants (absents non représentés). La notification doit se faire par lettre recommandée avec accusé de réception. Deuxième délai : un mois pour l'ensemble des copropriétaires, y compris ceux qui ont voté pour les résolutions. Cette double obligation garantit que personne ne reste dans l'ignorance des décisions prises. Pour bien comprendre le cadre dans lequel ces délais s'inscrivent, vous pouvez consulter notre guide sur [le déroulement d'une assemblée générale ordinaire](/assemblee/assemblee-generale-ordinaire-copropriete/). ### Les 8 jours pour les opposants et absents Le syndic doit notifier les résolutions aux opposants et défaillants dans les **8 jours** suivant l'AG. Ce délai court à compter du jour de l'assemblée (jour de l'AG = jour 0). La notification se fait par lettre recommandée avec accusé de réception. L'enjeu est considérable : c'est cette notification qui déclenche le délai de contestation de 2 mois. Un syndic qui tarde à envoyer le PV retarde d'autant le point de départ du recours, ce qui peut prolonger l'incertitude juridique sur les décisions adoptées. ### Le délai de 2 mois pour contester une décision L'article 42 de la loi du 10 juillet 1965 ouvre un délai de **2 mois** pour contester une décision d'AG devant le tribunal judiciaire. Ce délai démarre à la date de notification du PV pour les opposants et défaillants. Passé ce délai, les décisions deviennent définitives, sauf vice de fond (absence de convocation régulière, par exemple). Un copropriétaire qui s'abstient de contester dans les 2 mois perd son droit d'agir pour des motifs de forme. Pour un aperçu complet des conditions et délais, explorez notre article dédié à la manière de [contester une décision d'AG de copropriété : délais](/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/). ## Comment lire un procès-verbal d'AG : guide de lecture rapide La plupart des copropriétaires reçoivent le PV sans savoir par où commencer. Voici les trois points à vérifier en priorité. D'abord, confirmez que les résolutions correspondent à l'ordre du jour que vous avez reçu avec la convocation. Une résolution ajoutée en séance sans vote préalable sur son inscription est irrégulière. Ensuite, vérifiez le quorum et les majorités appliquées : une résolution adoptée à la majorité simple alors qu'elle relevait de la double majorité est annulable. Enfin, si vous avez voté contre ou si vous étiez absent, contrôlez que votre position est correctement retranscrite. Une erreur sur l'identité des opposants peut vous priver du droit de contester. Pour bien saisir les mécanismes de vote, lisez notre article sur [les majorités applicables en AG](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). ### Retrouver sa position dans le vote Le PV doit mentionner, pour chaque résolution, les noms des copropriétaires qui ont voté contre ou se sont abstenus. Cette information détermine votre qualité d'opposant : et donc votre droit à contester. Vérifiez attentivement cette liste. Si votre opposition ou votre abstention n'y figure pas, demandez immédiatement une rectification au syndic par écrit. Sans cette correction, le délai de contestation pourrait ne pas vous être opposable. ### Comprendre les colonnes de résultat (pour, contre, abstention, voix) Les résultats sont généralement présentés sous forme de tableau avec quatre colonnes : voix pour, voix contre, abstentions, et total des voix exprimées. Les abstentions ne sont pas comptabilisées dans les voix exprimées pour le calcul des majorités absolues. Un piège fréquent : un copropriétaire qui vote « pour » une résolution en AG mais change d'avis après réception du PV ne peut pas contester : seuls les opposants et défaillants disposent de ce droit. Le vote en séance est définitif sur le principe du soutien à la résolution. ## Cas pratique : quand une erreur dans le PV bloque une décision de travaux Les contentieux liés au PV d'AG naissent souvent de détails qui paraissent anodins. Prenons un scénario hypothétique, mais construit sur des situations réellement observées en copropriété. Imaginons une résolution de ravalement de façade adoptée en AG. Le montant du devis voté est de 85 000 € TTC. Mais le secrétaire de séance, dans la précipitation, retranscrit un montant de 80 000 € dans le PV. Le syndic notifie le PV avec cette erreur, sans la corriger. Six mois plus tard, un copropriétaire opposant découvre la discordance et saisit le tribunal judiciaire. Le juge constate que le PV ne reflète pas fidèlement la résolution votée. La décision est annulée pour défaut de conformité entre le vote et sa retranscription. La copropriété doit convoquer une nouvelle AG, avec les frais que cela implique : nouvelle convocation, nouveau débat, possible hausse du devis entre-temps. Ce type de situation montre qu'une simple coquille dans le PV peut avoir des conséquences financières lourdes. Pour un partage d'expérience plus détaillé, lisez notre [retour d'expérience sur le PV d'AG en copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/). ### Le scénario : une résolution mal rédigée Le montant erroné dans le PV : 80 000 € au lieu de 85 000 € : crée une incertitude sur ce qui a réellement été voté. Le contrat d'entreprise ne peut pas être signé sur la base d'un PV inexact, car le syndicat n'a pas de mandat clair. Le syndic se retrouve bloqué. Dans l'hypothèse où l'erreur est repérée rapidement, le syndic peut établir un PV rectificatif. Mais cela suppose l'accord du président de séance et du secrétaire, et une nouvelle notification aux copropriétaires. La procédure, bien que simple sur le papier, prend plusieurs semaines. ### Les conséquences : délai, frais et nouvelle AG L'annulation judiciaire d'une résolution pour erreur dans le PV entraîne un retour à la case départ. Il faut convoquer une nouvelle assemblée générale, réinscrire la résolution à l'ordre du jour, et revoter. Le coût indirect est significatif : frais de convocation, honoraires du syndic pour l'AG supplémentaire, et possible renchérissement des travaux si le délai a profité à l'inflation. Un ordre de grandeur prudent : une AG supplémentaire peut représenter un surcoût de quelques centaines d'euros pour la copropriété, auquel s'ajoute le coût du contentieux si l'affaire est allée jusqu'au tribunal. Sans parler du retard dans l'exécution des travaux, qui peut dégrader l'état de l'immeuble. ## Erreur courante : confondre absence de signature et PV invalide Beaucoup de copropriétaires croient qu'un PV non signé est automatiquement nul. Cette idée reçue peut conduire à des contestations inutiles : ou au contraire à une confiance excessive dans un PV mal ficelé. La jurisprudence, constante sur ce point, considère que l'absence de signature du président, du secrétaire ou du syndic constitue une irrégularité formelle. Elle n'entraîne pas la nullité de plein droit. Le PV conserve sa valeur de preuve, mais une preuve affaiblie : en cas de litige, la charge de démontrer la régularité des délibérations pèse plus lourdement sur le syndicat des copropriétaires. Concrètement, un PV non signé reste valable pour attester des décisions prises. Mais si un copropriétaire conteste une résolution, l'absence de signature complique la défense du syndicat devant le juge. Celui-ci appréciera souverainement, au vu des autres éléments du dossier, si la délibération a été régulièrement adoptée. L'erreur classique consiste à attendre la réception du PV pour vérifier les signatures, puis à contester sur ce seul motif. Le juge rejettera le recours si aucun autre vice n'est démontré. Mieux vaut concentrer son attention sur le fond : le calcul des majorités, le respect de l'ordre du jour, et la fidélité de la retranscription des votes. ## Contester le PV d'une AG de copropriété : procédure et délais Contester une décision d'assemblée générale n'est pas un acte anodin. La procédure est encadrée par l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965, et le non-respect des formes entraîne l'irrecevabilité du recours. Le copropriétaire qui souhaite agir doit assigner le syndicat des copropriétaires devant le tribunal judiciaire dans le délai de **2 mois** à compter de la notification du PV. Ce délai est strict : une assignation délivrée le 61ᵉ jour est irrecevable, même si la contestation est fondée. Attention : engager un recours ne suspend pas l'exécution de la décision attaquée. Les travaux votés peuvent démarrer, les contrats être signés, les appels de fonds émis. Si le juge annule la résolution plusieurs mois plus tard, la situation sera délicate à dénouer : mais le syndicat n'a pas l'obligation de tout suspendre dans l'attente du jugement. Le tribunal judiciaire est la juridiction compétente pour tous les litiges relatifs aux décisions d'AG, sans égard au montant du litige. La représentation par avocat est obligatoire (service-public.fr, 2026). ### Qui peut agir et dans quel délai Seuls les copropriétaires opposants (ayant voté contre) et les copropriétaires défaillants (absents non représentés) peuvent contester une résolution. Un copropriétaire qui a voté pour, ou qui s'est abstenu sans exprimer d'opposition formelle, ne dispose pas de ce droit. Le délai de 2 mois démarre à la notification du PV. Pour les copropriétaires présents qui n'ont pas voté contre, aucune notification individuelle n'est obligatoire : le PV notifié dans le mois suffit, et le délai court à compter de cette notification collective. ### Tribunal compétent et forme de la saisine Le tribunal judiciaire est exclusivement compétent pour les litiges relatifs aux décisions d'AG de copropriété. La saisine se fait par voie d'assignation, délivrée par huissier de justice au syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic. Le copropriétaire qui conteste doit motiver son recours : invoquer un vice de forme (défaut de convocation, PV incomplet, majorité erronée) ou un abus de majorité. Le juge contrôle la régularité de la procédure, mais ne substitue pas son appréciation à celle de l'assemblée sur l'opportunité des décisions. ## Conservation du procès-verbal : durées et obligations du syndic Le syndic est tenu de conserver les procès-verbaux d'assemblée générale, ainsi que les feuilles de présence et les annexes. Ces documents font partie des archives de la copropriété et doivent être accessibles aux copropriétaires qui en font la demande. La loi ALUR du 24 mars 2014 a renforcé cette obligation en imposant au syndic de mettre à disposition un espace en ligne sécurisé. Chaque copropriétaire peut y consulter et télécharger les PV des trois dernières années au minimum, ainsi que les documents comptables et le règlement de copropriété. Un copropriétaire peut demander à tout moment la copie d'un PV au syndic. Les frais de reproduction sont à sa charge, selon un tarif raisonnable fixé par l'assemblée générale ou, à défaut, par les usages professionnels. Le refus du syndic de communiquer un PV expose ce dernier à une action en justice pour manquement à ses obligations. Aucune durée légale de conservation n'est fixée par les textes. En pratique, les syndics professionnels conservent les PV pendant toute la durée de leur mandat, puis les transmettent à leur successeur. La perte d'un PV ancien peut compliquer la reconstitution de l'historique des décisions, mais ne remet pas en cause leur validité tant qu'aucun litige n'est en cours. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2608) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508221/) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31586) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Charges copropriété 2026 : prix au m², calcul et leviers URL: https://copro-guide.fr/charges/prix-charges-copropriete-m2-guide/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-19 Mot-clé ciblé: prix des charges de copropriété au m2 Quel est le prix des charges de copropriété au m² en 2026 ? Fourchettes réelles, méthode de calcul, postes qui font grimper la facture et leviers concrets **Il n'existe pas de fourchette nationale officielle unique pour le prix des charges de copropriété au m². Ce ratio dépend avant tout des équipements collectifs (chauffage, ascenseur, gardien), du nombre de tantièmes détenus et du budget prévisionnel voté en assemblée générale. Deux appartements de 60 m² peuvent afficher des charges au m² radicalement différentes selon que le chauffage collectif est inclus ou non.** Le prix des charges de copropriété au m² est la première question que se posent les acquéreurs au moment de comparer deux biens. La réponse, pourtant, ne tient pas dans un chiffre unique. Le ratio par mètre carré masque en réalité le mécanisme des tantièmes, seul déterminant légal de votre quote-part. Deux logements de surface identique dans un même immeuble peuvent supporter des charges très différentes. Ce guide explique comment lire ce ratio, le calculer pour votre propre lot et identifier les postes sur lesquels agir pour alléger la facture. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le prix des charges de copropriété au m² est un indicateur relatif : les tantièmes, et non la surface, déterminent votre quote-part légale > - Comparer deux biens immobiliers sur ce seul ratio expose à des erreurs si le périmètre des charges (chauffage, gardien, ascenseur) n'est pas identique > - MaPrimeRénov' Copropriété finance jusqu'à 45 % des travaux de rénovation énergétique des parties communes, avec un plafond de 25 000 € HT par logement > - L'individualisation du chauffage collectif, obligatoire, permet de réduire de 10 à 25 % la part chauffage des charges selon les comportements > - Consultez les trois derniers procès-verbaux d'AG et le budget prévisionnel pour anticiper les travaux à venir avant un achat ## Ce que recouvre vraiment la notion de charges au m² Parler de charges de copropriété par m² revient à diviser le montant annuel payé par un copropriétaire par la surface de son lot. Ce ratio, souvent utilisé pour comparer des biens en phase d'achat, ne figure dans aucun texte légal. La loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967 organisent la répartition des charges autour des tantièmes, pas de la surface. La fourchette observée varie dans des proportions considérables. Un appartement sans ascenseur ni chauffage collectif dans une petite copropriété de province peut afficher **25 à 35 €/m²/an**, quand un logement avec chauffage collectif, gardien et ascenseur dans un immeuble haussmannien parisien peut dépasser **60 à 80 €/m²/an**. Ces écarts illustrent pourquoi la comparaison brute entre deux biens sur ce seul critère conduit souvent à des erreurs d'appréciation. Avant d'entrer dans le calcul, il faut distinguer les différentes catégories de charges qui composent ce ratio. Sans cette distinction, le chiffre obtenu n'a qu'une valeur indicative très limitée. ### Charges courantes, provisions et travaux : ne pas tout mélanger Le budget prévisionnel annuel, voté en assemblée générale, couvre les charges courantes : entretien des parties communes, électricité des paliers, contrat d'ascenseur, assurance de l'immeuble, honoraires du syndic. Les copropriétaires versent des provisions trimestrielles ou mensuelles correspondant à leur quote-part. Les travaux exceptionnels (ravalement, réfection de toiture, mise aux normes) font l'objet d'appels de fonds distincts, votés en AG. Leur impact sur le ratio €/m² est ponctuel mais massif : une année de ravalement peut multiplier par deux ou trois le montant annuel acquitté. Le fonds de travaux, obligatoire depuis la loi ALUR pour les copropriétés de plus de dix lots, constitue une troisième strate. Cette cotisation annuelle, d'au moins **5 %** du budget prévisionnel, lisse l'effort financier dans le temps. Elle entre dans le calcul du montant annuel des charges de copropriété mais obéit à une logique d'épargne collective. ### Tantièmes : le vrai déterminant de votre quote-part Les tantièmes représentent la fraction des parties communes attribuée à chaque lot. Ils figurent dans le règlement de copropriété et servent de clé de répartition pour les charges générales (entretien, administration) comme pour les charges spéciales (ascenseur, chauffage). Un lot de 60 m² peut détenir 80 tantièmes dans un immeuble ou 200 tantièmes dans un autre, selon la valeur relative de chaque lot appréciée au regard de sa consistance, sa superficie et sa situation (art. 5 de la loi du 10 juillet 1965). C'est la raison pour laquelle deux appartements de surface identique dans deux copropriétés différentes supportent rarement la même quote-part de charges. Un bon moyen de comprendre ces mécanismes est de se renseigner sur les [tantièmes copropriété : barème, calcul et plafond 2026](/charges/tantiemes-copropriete-calcul-bareme/). Comprendre les tantièmes est essentiel pour savoir [comment calculer la quote-part des charges de copropriété](/charges/calculer-quote-part-charges-copropriete/) qui vous incombe. Selon service-public.fr, les tantièmes déterminent également la part de chaque copropriétaire dans le prix de cession des parties communes et le nombre de voix en assemblée générale. Ramener les charges à la surface privative sans passer par les tantièmes revient donc à contourner le mécanisme légal de répartition. ## Quels postes font grimper la facture de charges ? Tous les postes de charges n'ont pas le même poids dans le budget prévisionnel. Leur hiérarchie varie selon la configuration de l'immeuble, mais trois d'entre eux concentrent généralement l'essentiel des dépenses courantes. Pour un propriétaire qui cherche à comprendre comment est calculée la répartition, le point de départ est le budget prévisionnel voté chaque année. Le détail de ce document permet d'identifier les postes sur lesquels une action collective peut produire des économies significatives. La [méthode de calcul de la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) repose intégralement sur la grille de tantièmes du règlement. ### Chauffage collectif : le poste le plus variable Dans une copropriété équipée d'un chauffage collectif, ce poste représente souvent **30 à 50 %** du budget prévisionnel. Le prix de l'énergie (gaz, fioul, réseau urbain) et la performance thermique de l'immeuble expliquent les variations considérables d'une copropriété à l'autre. L'obligation d'individualisation des frais de chauffage, issue de la loi de transition énergétique et codifiée à l'article R. 241-6 du code de l'énergie, impose depuis 2020 l'installation de compteurs individuels dans les immeubles chauffés collectivement. L'objectif : que chaque copropriétaire paie en fonction de sa consommation réelle, et non plus au prorata de ses tantièmes de chauffage. Selon service-public.fr, une information sur cette obligation doit être délivrée à chaque occupant. ### Frais de syndic : un plancher légal à connaître Les honoraires de syndic professionnel varient selon la taille de la copropriété, le nombre de prestations incluses dans le forfait de base et la localisation. Une petite copropriété de dix lots peut payer un forfait annuel de **2 000 à 3 500 €**, tandis qu'un grand ensemble avec gardien dépasse fréquemment **10 000 €/an**. La mise en concurrence périodique du syndic constitue le levier le plus direct pour maîtriser ce poste. Le contrat de syndic, dont la durée ne peut excéder trois ans, doit être soumis au vote de l'assemblée générale. Le conseil syndical joue ici un rôle central : c'est lui qui sollicite les devis concurrents et formule une recommandation avant le vote. La loi ALUR a renforcé les obligations de transparence : le syndic doit désormais présenter un compte séparé pour chaque catégorie de charges et détailler les honoraires perçus au titre des prestations particulières (suivi de travaux, recouvrement, état daté). ### Ravalement et gros travaux : un impact ponctuel mais lourd Un ravalement de façade peut coûter de **40 à 100 €/m²** traité selon la complexité du chantier (échafaudage, traitement des fissures, isolation thermique par l'extérieur). Rapporté à la quote-part d'un copropriétaire, l'appel de fonds correspondant peut représenter plusieurs milliers d'euros sur un ou deux exercices. Le [prix d'un ravalement de façade en copropriété](/travaux/prix-ravalement-facade-guide-copropriete/) varie fortement selon l'état du bâti et les techniques retenues. C'est un poste qui pèse lourd dans le calcul du coût global de détention, même s'il n'apparaît pas dans les charges courantes au m². Le fonds de travaux obligatoire vise précisément à lisser ce type de dépenses. Il permet de constituer une réserve mobilisable sans vote d'AG spécifique pour les travaux décidés. Les copropriétés qui ne l'ont pas encore doté au niveau requis s'exposent à des appels de fonds brutaux en cas de travaux urgents. ## Comment calculer sa propre charge au m² : méthode pas à pas Calculer le prix de revient au mètre carré de son propre lot nécessite trois informations : le nombre de tantièmes détenus, le montant du budget prévisionnel annuel voté et la surface privative Carrez. La formule est simple, mais chaque terme exige d'aller chercher le bon document. Les règles de répartition des charges en copropriété distinguent les charges générales (réparties entre tous les lots) des charges spéciales (propres à certains lots : ascenseur pour le rez-de-chaussée, par exemple). Le calcul qui suit s'applique au cas d'une charge générale. Pour une charge spéciale, la clé de répartition est propre à la catégorie concernée. ### Étape 1 : retrouver son nombre de tantièmes Le règlement de copropriété comporte un tableau de répartition des tantièmes. Chaque lot y figure avec son numéro, sa désignation et le nombre de tantièmes généraux qui lui sont attribués. Ce document est communicable par le syndic sur simple demande. L'état daté remis à l'acquéreur lors d'une vente mentionne également les tantièmes du lot. Si vous êtes déjà propriétaire, votre titre de propriété les indique. Pour l'exemple qui suit, prenons un appartement de **60 m²** (surface Carrez) détenant **120 tantièmes** sur un total de **1 000** dans une copropriété de 25 lots. ### Étape 2 : appliquer la clé de répartition au budget prévisionnel Le budget prévisionnel annuel est voté chaque année en AG. Imaginons qu'il s'établisse à **48 000 €** pour l'exercice en cours, couvrant les charges courantes (entretien, électricité, ascenseur, assurance, syndic) et le fonds de travaux obligatoire. La quote-part de notre lot se calcule ainsi : **48 000 € × (120 / 1 000) = 5 760 € par an**, soit **480 € par mois** de provisions sur charges. Ce chiffre inclut l'ensemble des postes votés au budget prévisionnel : il ne s'agit pas uniquement des charges récupérables sur un éventuel locataire. Une régularisation annuelle intervient après l'arrêté des comptes : le syndic compare les provisions versées aux dépenses réelles et appelle le solde ou rembourse le trop-perçu. Il est important de noter que toutes les charges ne sont pas récupérables sur le locataire ; vous pouvez consulter la [liste des charges locatives](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) pour plus de détails. ### Étape 3 : ramener le résultat à la surface privative (loi Carrez) La surface Carrez, définie par la loi du 18 décembre 1996, correspond à la superficie des planchers des locaux clos et couverts, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches, cages d'escalier, gaines et embrasures de portes et fenêtres. Les caves, garages et parkings en sont exclus. Le ratio s'obtient en divisant la quote-part annuelle par cette surface. Ici : **5 760 € / 60 m² = 96 €/m²/an**. Cet exemple purement indicatif montre que le résultat dépend autant du budget prévisionnel global que du nombre de tantièmes. Changez les tantièmes (200 au lieu de 120, toutes choses égales par ailleurs) et le ratio grimpe à **160 €/m²/an** pour la même surface. C'est le cœur du problème : le ratio €/m² est un indicateur synthétique commode, mais il agrège des mécanismes de répartition que la surface seule ne pilote pas. ## Les pièges qui faussent la comparaison entre copropriétés Comparer deux biens immobiliers sur le seul critère du prix des charges au m² conduit souvent à des conclusions erronées. L'erreur la plus fréquente consiste à mettre en regard des chiffres qui ne couvrent pas le même périmètre de prestations. Pour comprendre [qui paie quoi dans les charges de copropriété](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/), il faut d'abord identifier ce qui est inclus dans le budget prévisionnel. Un appartement affiché à **35 €/m²/an** de charges sans chauffage collectif ni ascenseur peut, en réalité, coûter plus cher à occuper qu'un bien à **55 €/m²/an** où le chauffage et l'eau chaude sont compris dans les provisions. Pour les propriétaires bailleurs, il est crucial de bien comprendre [comment se répartissent les charges de copropriété entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) pour éviter tout litige. ### Chauffage inclus ou non : un écart qui peut doubler le chiffre Le chauffage collectif pèse couramment entre **15 et 25 €/m²/an** à lui seul dans les charges. Un appartement de 60 m² affiché à **40 €/m²/an** chauffage inclus revient ainsi moins cher, en coût total d'occupation, qu'un logement de même surface à **30 €/m²/an** avec chauffage individuel électrique. L'acquéreur qui ne vérifie pas ce point s'expose à une mauvaise surprise : le jour de l'état daté, le syndic communique le montant des charges courantes, mais c'est au candidat d'interroger le périmètre exact de ce qui est couvert. L'eau froide, l'eau chaude sanitaire, le gardiennage sont autant de postes dont la présence ou l'absence modifie radicalement la lecture du ratio. ### Ce que l'annonce immobilière doit légalement afficher Depuis la loi ALUR, toute annonce de vente d'un lot de copropriété doit mentionner le montant annuel des charges courantes et le nombre de lots que compte la copropriété. L'information figure généralement dans une rubrique dédiée du descriptif. Cette obligation ne couvre pas les travaux exceptionnels votés mais non encore appelés. Un acquéreur peut se voir présenter des charges courantes modestes sans être informé qu'un ravalement de façade a été voté pour l'année suivante. Le notaire vérifie ce point au stade de la promesse de vente, mais l'acquéreur avisé interroge le syndic en amont sur les procès-verbaux des trois dernières AG pour détecter les projets de travaux à venir. Le diagnostic technique global (DTG), obligatoire pour les copropriétés de plus de dix ans, donne une vision prospective de l'état de l'immeuble et des travaux prévisibles à dix ans. Sa consultation est un réflexe à adopter avant toute décision. ## Réduire ses charges au m² : leviers concrets en 2026 Agir sur le niveau de charges suppose de distinguer ce qui relève d'une décision individuelle de ce qui exige un vote en assemblée générale. La plupart des leviers efficaces sont collectifs : c'est en mobilisant le conseil syndical et en préparant les résolutions soumises au vote que les économies se matérialisent. Deux axes se dégagent : réduire la dépense énergétique de l'immeuble, qui pèse lourd dans les charges courantes, et optimiser le financement des travaux pour éviter les pics de trésorerie. Les aides publiques actuelles renforcent sensiblement la capacité d'action des copropriétés. ### MaPrimeRénov' Copropriété : jusqu'à 45 % des travaux pris en charge MaPrimeRénov' Copropriété est le principal dispositif public de soutien à la rénovation énergétique des parties communes. L'aide finance les travaux permettant un gain énergétique d'au moins **35 %**. Le taux de prise en charge atteint **45 %** du montant des travaux pour une rénovation permettant un gain énergétique d'au moins **50 %**, avec un plafond de travaux fixé à **25 000 € HT par logement** (Crédit Agricole, 2026). Selon le site economie.gouv.fr, l'aide s'élève à **600 € HT par logement** pour les copropriétés de plus de 20 logements, avec un montant plancher de **3 000 € par copropriété**. Pour les copropriétés de 20 logements ou moins, ce forfait est porté à **1 000 € HT par logement**. Concrètement, une copropriété de 30 lots engageant **300 000 €** de travaux de rénovation énergétique avec un gain attendu de **50 %** peut obtenir jusqu'à **135 000 €** d'aide (45 % de 300 000 €), ramenant le reste à charge collectif à **165 000 €**, soit **5 500 € par lot**. Le dépôt du dossier nécessite un audit énergétique préalable. Le DPE collectif, dont le coût varie de **1 000 à 5 000 €** selon la taille de la copropriété (j'écorenove Crédit Agricole, août 2026), constitue la première étape du parcours. ### Individualisation du chauffage : obligation et économies attendues L'installation de répartiteurs de frais de chauffage ou de compteurs individuels d'énergie thermique est obligatoire dans les immeubles chauffés collectivement (service-public.fr). Chaque copropriétaire paie alors sa consommation réelle et non plus une quote-part forfaitaire calculée sur ses tantièmes de chauffage. Les économies constatées varient de **10 à 25 %** sur la part chauffage des charges, selon les comportements individuels et la qualité de l'isolation. L'investissement (quelques centaines d'euros par radiateur pour des répartiteurs électroniques) est amorti sur deux à quatre exercices. Au-delà de l'aspect financier, cette individualisation modifie en profondeur la gouvernance des charges : le chauffage cesse d'être un poste opaque et collectif pour devenir un levier individuel de maîtrise budgétaire. Chaque occupant peut moduler sa consommation sans dépendre des choix des autres copropriétaires. ### Emprunt collectif : lisser les gros travaux sans pic de charges Le syndicat des copropriétaires peut souscrire un emprunt collectif pour financer des travaux (service-public.fr). Ce mécanisme, introduit par la loi ALUR, permet de répartir l'effort financier sur une durée de 5 à 15 ans plutôt que d'appeler les fonds en une ou deux fois. Chaque copropriétaire a le choix : adhérer à l'emprunt collectif et rembourser sa quote-part par mensualités, ou régler sa part au comptant dans les délais fixés par l'AG. Ceux qui optent pour l'emprunt bénéficient de la force de frappe du syndicat pour négocier un taux compétitif, sans avoir à justifier de leur solvabilité individuelle auprès de la banque. L'emprunt collectif ne dispense pas d'un fonds de travaux bien doté. La cotisation annuelle au fonds de travaux (au moins **5 %** du budget prévisionnel) reste obligatoire pour les copropriétés de plus de dix lots. Les deux dispositifs se complètent : le fonds absorbe les travaux courants, l'emprunt couvre les chantiers lourds. ## Fiche récapitulative : charges de copropriété au m² en un coup d'œil Le tableau ci-dessous synthétise les principaux déterminants du prix des charges de copropriété au m² et les ordres de grandeur associés. Les fourchettes indiquées sont indicatives et varient selon la localisation, la taille de la copropriété et les équipements collectifs. - **Charges courantes (hors chauffage collectif)** : de 15 à 40 €/m²/an selon présence d'ascenseur, gardien, espaces verts - **Part chauffage collectif (si inclus)** : de 10 à 25 €/m²/an, fonction du combustible et de la performance thermique - **Fonds de travaux (cotisation annuelle)** : au minimum 5 % du budget prévisionnel, soit de 1 à 4 €/m²/an en moyenne - **Travaux exceptionnels (lissés)** : de 5 à 20 €/m²/an selon l'état du bâti et la programmation pluriannuelle - **MaPrimeRénov' Copropriété** : 600 € HT par logement (> 20 lots), 1 000 € HT (≤ 20 lots), jusqu'à 45 % des travaux éligibles - **DPE collectif** : de 1 000 à 5 000 € selon la taille de la copropriété Le ratio prix des charges de copropriété au m² reste un outil de comparaison commode, à condition de vérifier systématiquement le périmètre des prestations incluses et d'identifier les travaux à venir. Consultez le budget prévisionnel et les trois derniers procès-verbaux d'AG avant toute décision d'achat.

Fiche pratique

MaPrimeRénov' Copropriété (>20 lots)600 € HT par logement, plancher 3 000 € par copropriété (economie.gouv.fr)
MaPrimeRénov' Copropriété (≤20 lots)1 000 € HT par logement (economie.gouv.fr)
Taux maximal de l'aide45 % du montant des travaux pour un gain énergétique ≥ 50 %, plafond travaux 25 000 € HT par logement (Crédit Agricole, 2026)
DPE collectif1 000 à 5 000 € selon la taille de la copropriété (j-ecorenove.credit-agricole.fr, août 2026)
Fonds de travaux obligatoireMinimum 5 % du budget prévisionnel annuel (loi ALUR, copropriétés > 10 lots)
Document de référenceBudget prévisionnel voté en AG + règlement de copropriété (tableau des tantièmes)
Obligation individualisation chauffageArticle R. 241-6 du code de l'énergie, immeubles chauffés collectivement (service-public.fr)
Information obligatoire en annonce de venteMontant annuel des charges courantes et nombre de lots (loi ALUR)
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35451) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F14745) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-copropriete-tout-savoir-sur-laide-la-renovation-des-parties-communes) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31418) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074096/LEGISCTA000043819443/2026-04-27/) - [j-ecorenove.credit-agricole.fr](https://j-ecorenove.credit-agricole.fr/c/demarrer-projet-renovation/renovation-energetique-en-copropriete-le-guide-complet-2026) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/loi-carrez-surface-habitable-quelles-differences-et-quels-enjeux) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Vice de forme AG copropriété : délais, causes et procédure URL: https://copro-guide.fr/assemblee/vice-de-forme-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-18 Mot-clé ciblé: vice de forme assemblée générale copropriété Vice de forme en assemblée générale de copropriété : quelles irrégularités entraînent une nullité ? Qui peut agir, dans quel délai ? Guide pratique 2026 **Un vice de forme est une irrégularité dans la procédure d'une assemblée générale de copropriété (ex: convocation hors délai). Seuls les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent contester une décision dans un délai de deux mois après réception du procès-verbal, en saisissant le tribunal judiciaire compétent.** Un vice de forme en assemblée générale de copropriété peut fragiliser, voire annuler, les décisions prises pour votre immeuble. Il s'agit d'une irrégularité dans le processus d'organisation ou de déroulement de l'AG, qui peut concerner la convocation, l'ordre du jour ou le procès-verbal. Toutefois, toutes les erreurs ne se valent pas. La jurisprudence distingue les vices de forme graves, qui entraînent une nullité quasi automatique, de ceux que le juge peut écarter s'ils n'ont causé aucun préjudice réel. Comprendre cette distinction est essentiel avant d'engager un recours. ## Qu'est-ce qu'un vice de forme en assemblée générale de copropriété ? Un vice de forme est une irrégularité qui contrevient aux règles de procédure imposées pour l'organisation et la tenue d'une assemblée générale de copropriétaires. Ces règles, précises et strictes, visent à garantir la bonne information et la protection des droits de chaque copropriétaire. Le non-respect de ce formalisme peut entraîner la nullité d'une ou de toutes les résolutions votées, rendant ainsi les décisions inapplicables. Il est crucial de comprendre que ce type de vice ne porte pas sur la légalité ou l'opportunité de la décision elle-même (le fond), mais uniquement sur la manière dont elle a été préparée et adoptée (la forme). Par exemple, décider d'installer un ascenseur sans respecter la majorité requise est un vice de fond. En revanche, voter cette même décision lors d'une AG convoquée avec un préavis de 15 jours au lieu des 21 jours légaux constitue un vice de forme. C'est donc bien le contenant (la procédure) qui est en cause, et non le contenu (la décision). Cette distinction est fondamentale car elle détermine la nature du contentieux et l'argumentaire à développer devant le juge. ### Loi de 1965 et décret de 1967 : le cadre juridique Le statut de la copropriété des immeubles bâtis est principalement encadré par deux textes fondateurs qu'il est indispensable de connaître. D'une part, la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, qui fixe les principes généraux, les droits et obligations des copropriétaires, ainsi que les règles de fonctionnement du syndicat des copropriétaires. D'autre part, son décret d'application, le décret n° 67-223 du 17 mars 1967, qui détaille de manière très concrète les modalités pratiques, notamment tout ce qui a trait aux assemblées générales. C'est dans ce décret que l'on trouve les règles précises sur les délais de convocation, le contenu de l'ordre du jour, les mentions obligatoires du procès-verbal ou encore les modalités de notification des décisions. La quasi-totalité des vices de forme trouve son origine dans la violation d'un article de ce décret. ### Vice de forme vs vice de fond : une distinction essentielle La distinction entre vice de forme et vice de fond est au cœur de tout litige en copropriété. Un vice de forme concerne la procédure : la convocation a-t-elle été envoyée à temps ? L'ordre du jour était-il suffisamment précis ? Le procès-verbal a-t-il été correctement rédigé et notifié ? Un vice de fond, quant à lui, touche à la substance même de la décision. La résolution votée est-elle contraire à la loi ou au règlement de copropriété ? Porte-t-elle atteinte aux droits des autres copropriétaires ? Une décision peut être parfaitement régulière sur la forme (AG convoquée dans les règles) mais illégale sur le fond (autorisation de travaux privatifs sur des parties communes sans l'accord unanime requis, par exemple). Inversement, une décision légitime sur le fond peut être annulée pour un simple vice de forme. ## Les principales causes de vice de forme lors d'une AG Les motifs pouvant vicier la forme d'une assemblée générale sont nombreux et précisément définis par la loi et la jurisprudence. Une connaissance de ces causes fréquentes est le premier pas pour identifier une potentielle irrégularité et défendre ses droits. Ces erreurs peuvent survenir à chaque étape du processus, de l'envoi de la convocation jusqu'à la rédaction finale du procès-verbal. L'impact de ces irrégularités varie : certaines sont considérées comme si graves qu'elles entraînent quasi systématiquement l'annulation, tandis que d'autres peuvent être "couvertes" si elles ne lèsent aucun copropriétaire. Il est donc essentiel de documenter précisément chaque manquement observé pour évaluer ses chances de succès en cas de contestation. Chaque détail compte et peut faire la différence devant un tribunal. ### Convocation irrégulière : délai et forme La convocation est l'acte fondateur de l'assemblée générale. Elle doit être adressée à chaque copropriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par voie électronique avec son accord exprès. Le manquement le plus fréquent est le non-respect du délai légal : la convocation doit être notifiée au moins **21 jours** avant la date de l'AG, sauf urgence. Une [convocation hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) est l'un des motifs d'annulation les plus courants. - **Exemple concret** : Une AG est fixée au 30 octobre. Le syndic envoie les convocations le 12 octobre. Le délai de 21 jours n'est pas respecté (il aurait fallu poster au plus tard le 8 octobre). Toutes les décisions prises lors de cette AG sont annulables. Il faut également veiller à ce que la convocation soit bien envoyée au dernier domicile connu du copropriétaire ou à l'adresse qu'il a officiellement communiquée au syndic. ### Ordre du jour défaillant ou incomplet L'ordre du jour, qui liste toutes les questions soumises au vote, doit être notifié en même temps que la convocation. Il doit être rédigé de manière claire et non équivoque pour que chaque copropriétaire puisse comprendre la portée des décisions à prendre et voter en connaissance de cause. Une question formulée de manière trop vague (par exemple "Questions diverses" ou "Travaux") sans plus de détails est irrégulière. De plus, il est formellement interdit de délibérer sur une question qui ne figure pas à l'ordre du jour. - **Exemple concret** : L'ordre du jour mentionne "Réfection de la toiture". Lors de l'AG, le syndic fait voter en plus le ravalement de la façade, non prévu initialement. Cette seconde résolution est nulle car elle n'était pas inscrite à l'ordre du jour. L'assemblée ne peut pas, de sa propre initiative, ajouter des points à débattre. Une telle [irrégularité de convocation en AG de copropriété](/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/) vicie la décision. ### Documents obligatoires non joints à la convocation Pour permettre un vote éclairé, la loi impose de joindre à la convocation un certain nombre de documents, en fonction des questions à l'ordre du jour. Pour le vote de travaux importants, par exemple, les devis ou contrats proposés sont obligatoires. Pour l'approbation des comptes, les annexes comptables sont indispensables. L'absence de ces pièces justificatives constitue un vice de forme car elle prive les copropriétaires d'une information essentielle pour prendre leur décision. - **Exemple concret** : L'AG doit se prononcer sur le changement de la chaudière. La convocation mentionne le projet mais ne joint aucun des trois devis concurrents obtenus par le syndic. La décision d'adopter l'un des devis pourra être annulée car les copropriétaires n'ont pas pu comparer les offres avant la séance. ### Erreurs dans le procès-verbal d'AG Le procès-verbal (PV) est le document qui retranscrit officiellement les décisions de l'assemblée. Il doit être signé, à la fin de la séance, par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs. Il doit indiquer le résultat de chaque vote en précisant les noms des copropriétaires qui ont voté contre ou qui se sont abstenus. Une erreur dans le décompte des voix ou l'oubli de mentionner les opposants peut constituer un vice de forme. De même, un PV qui ne serait pas notifié dans le délai d'un mois après la tenue de l'AG aux copropriétaires opposants ou défaillants est irrégulier. - **Exemple concret** : Sur une résolution sensible, Monsieur Durand vote "contre". Le PV, rédigé à la hâte, ne mentionne pas son opposition nominative dans la liste des opposants. Ce manquement lui cause un grief, car il pourrait l'empêcher de contester la décision. Le PV est donc vicié sur ce point. Le respect des [règles de vote en AG de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) est impératif. Pour s'assurer de la conformité du document, il est parfois utile de consulter un modèle de [pv assemblée générale copropriété pdf](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) pour éviter toute erreur de rédaction. > **L'essentiel** > > - Un vice de forme est un non-respect des règles de procédure de l'AG (convocation, PV, etc.). > - Seuls les copropriétaires opposants (vote contre) ou défaillants (absents) peuvent contester. > - Le délai de recours est de deux mois à compter de la réception de la notification du procès-verbal. > - Toute irrégularité n'entraîne pas la nullité : le juge évalue si un préjudice a été causé. > - S'abstenir lors d'un vote équivaut à accepter la décision et vous prive du droit de contestation. ## Nullité automatique ou réparable : comment le juge tranche-t-il ? Face à une irrégularité de procédure, une question se pose : l'annulation est-elle automatique ? La réponse est non. Le droit de la copropriété, éclairé par une jurisprudence constante, opère une distinction fine entre les vices de forme qui sont si graves qu'ils ne peuvent être ignorés, et ceux qui peuvent être "purgés" ou écartés par le juge. La clé de cette distinction réside dans la notion de "grief". En d'autres termes, le juge va rechercher si l'erreur de procédure a effectivement porté préjudice à un copropriétaire, en le privant d'un droit ou en l'empêchant de voter de manière éclairée. Cette approche pragmatique évite d'annuler des assemblées générales entières pour des erreurs mineures qui n'ont eu aucune conséquence réelle sur le sens du vote. Un récent arrêt de la Cour de cassation (3e chambre civile, 9 avril 2026, JURITEXT000053915711) illustre parfaitement cette appréciation judiciaire, en rappelant que le prononcé de la nullité suppose la démonstration d'un grief. Comprendre cette logique est fondamental pour évaluer les chances de succès d'une action en contestation. ### Les irrégularités qui entraînent la nullité de plein droit Certaines irrégularités sont considérées comme substantielles, c'est-à-dire qu'elles portent atteinte aux fondements même du processus démocratique de l'assemblée générale. Dans ces cas, le grief est souvent présumé, et la nullité est quasi systématique. On y trouve notamment : - **L'absence totale de convocation** d'un copropriétaire. - **Le non-respect du délai légal de convocation de 21 jours**. - **Une délibération sur une question non inscrite à l'ordre du jour**. - **L'absence de notification des documents essentiels** à la compréhension d'une résolution (par exemple, un projet de nouveau règlement de copropriété). Dans ces situations, le juge considère que le copropriétaire a été privé de son droit fondamental à participer de manière effective à la décision, et l'annulation de la résolution (voire de l'AG entière) est la sanction logique. ### Les irrégularités que le juge peut écarter si aucun grief n'est démontré À l'inverse, de nombreuses erreurs peuvent être considérées comme mineures si le copropriétaire qui s'en plaint ne démontre pas qu'elles lui ont causé un préjudice personnel. Le site officiel service-public.fr (2026) précise par exemple qu'une erreur de forme dans le procès-verbal n'entraîne pas la nullité si elle ne concerne pas les conditions de vote. - **Exemple 1** : Le procès-verbal mentionne un mauvais numéro de lot pour un copropriétaire opposant, mais son identité et son vote sont clairs. Le juge pourra considérer qu'il s'agit d'une simple erreur matérielle sans conséquence. - **Exemple 2** : Un devis joint à la convocation comporte une erreur de calcul minime, mais l'objet des travaux et le montant global restent compréhensibles. Si cette erreur n'a pas pu tromper les copropriétaires sur la portée de leur engagement, le juge pourra refuser d'annuler. Le fardeau de la preuve repose donc sur le demandeur : il doit expliquer concrètement en quoi l'irrégularité l'a lésé. ## Qui peut contester et dans quel délai ? La contestation d'une décision d'assemblée générale est une action en justice encadrée par des conditions et des délais stricts. Il ne suffit pas de constater une irrégularité pour pouvoir agir. La loi définit précisément qui a le droit de saisir le tribunal et le temps imparti pour le faire. Le non-respect de ces règles de recevabilité entraîne le rejet de la demande par le juge, avant même d'examiner le fond du dossier. Il est donc primordial de vérifier son éligibilité et de calculer précisément le point de départ et l'échéance du délai de recours pour ne pas perdre son droit d'agir. Cette procédure vise à sécuriser les décisions prises tout en offrant une voie de recours aux copropriétaires lésés. Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez consulter notre article dédié à comment [revenir sur une décision prise en assemblée générale de copropriété](/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/). ### Copropriétaire opposant ou défaillant : qui peut agir ? Le droit de contester une ou plusieurs décisions de l'assemblée générale est réservé à deux catégories de personnes, comme le rappelle clairement le site service-public.fr sur sa fiche F35288 (2026). - **Les copropriétaires opposants** : ce sont ceux qui ont expressément voté "contre" la résolution litigieuse. Leur nom doit être mentionné comme tel dans le procès-verbal. - **Les copropriétaires défaillants** : il s'agit de ceux qui étaient absents et non représentés lors du vote de la résolution (soit absents de l'AG, soit arrivés après le vote ou partis avant). > 📌 Important : Un copropriétaire qui a voté "pour" une résolution ou qui s'est abstenu n'a pas le droit de la contester. L'abstention est considérée comme une acceptation passive de la décision de la majorité. De même, celui qui a donné un pouvoir (mandat) à un autre copropriétaire sans consigne de vote est lié par le vote de son mandataire. Les nouvelles modalités, notamment celles concernant l'[assemblée générale à distance](/assemblee/assemblee-generale-a-distance-copropriete/), sont également susceptibles de générer de nouveaux types de vices de forme si les règles spécifiques ne sont pas respectées. ### Le délai de deux mois : point de départ et calcul pratique L'action en contestation doit être engagée dans un délai strict de **deux mois**. Ce délai est fixé par l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Le point de départ de ce délai est le lendemain de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception notifiant le procès-verbal de l'assemblée générale. La notification est envoyée par le syndic aux seuls copropriétaires opposants ou défaillants. Pour les autres, c'est une lettre simple qui est généralement utilisée. Ce délai de deux mois est un délai de forclusion : une fois expiré, plus aucune action n'est possible, même si le vice de forme est avéré. Il se calcule de date à date. ### Scénario chiffré : de la réception du PV à l'assignation Prenons un cas concret pour illustrer le calcul du délai. - **Hypothèses** : Madame Martin est copropriétaire. Elle était absente et non représentée à l'assemblée générale du 10 mars 2026 (elle est donc défaillante). Le syndic lui notifie le procès-verbal par lettre recommandée. Le facteur se présente à son domicile le **15 mars 2026** et lui remet le courrier. - **Calcul du délai** : Le point de départ du délai de deux mois est le lendemain, soit le 16 mars 2026. - **Échéance** : Madame Martin a jusqu'au **15 mai 2026 à minuit** pour assigner le syndicat des copropriétaires devant le tribunal judiciaire. Si le 15 mai est un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. Une assignation délivrée par huissier le 16 mai serait jugée irrecevable. ## L'erreur courante à éviter absolument : confondre opposition et abstention L'une des erreurs les plus fréquentes et aux conséquences les plus lourdes est de confondre l'abstention et l'opposition lors d'un vote en assemblée générale. Un copropriétaire, mécontent d'une résolution mais ne souhaitant pas entrer en conflit frontal, peut être tenté de s'abstenir, pensant ainsi se réserver le droit de contester plus tard. C'est un piège juridique. En droit de la copropriété, l'abstention n'est pas un vote neutre ; elle est interprétée comme une absence de contestation. En s'abstenant, le copropriétaire est réputé accepter la décision qui sera prise par la majorité des votants. La conséquence est sans appel : un copropriétaire abstentionniste perd tout droit de recours contre la résolution sur laquelle il s'est abstenu. Seul un vote "contre", clairement exprimé et consigné au procès-verbal comme tel, confère la qualité de "copropriétaire opposant" et ouvre la voie à une action en nullité. Il est donc essentiel, si l'on est en désaccord avec un projet, de voter formellement "contre" plutôt que de choisir une abstention qui vous privera de toute possibilité de contestation ultérieure. Cette vigilance est la première étape pour préserver ses droits. ## Comment contester une décision d'AG viciée : la procédure étape par étape Si vous êtes un copropriétaire opposant ou défaillant et que vous avez identifié un vice de forme vous causant un préjudice, vous pouvez engager une procédure de contestation. Cette démarche doit être menée avec méthode et rigueur, en respectant scrupuleusement le délai de deux mois. Avant de lancer une action en justice, qui peut être longue et coûteuse, il est souvent judicieux de tenter une approche amiable auprès du syndic, bien que cela ne suspende pas le délai légal pour agir. La procédure judiciaire elle-même implique de saisir la juridiction compétente par l'intermédiaire d'un avocat, ce qui est obligatoire dans la plupart des cas. > ⚠️ Attention : Ce guide fournit des informations générales et ne constitue pas un conseil juridique. Chaque situation est unique. Il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit immobilier pour analyser votre cas et vous assister dans vos démarches. ### Rassembler les preuves avant d'agir Avant toute chose, il est indispensable de constituer un dossier solide. Rassemblez tous les documents pertinents qui prouvent l'irrégularité. - **La convocation à l'assemblée générale** et son enveloppe (pour prouver la date d'envoi). - **L'ordre du jour** et les documents qui y étaient annexés (ou qui auraient dû l'être). - **Le procès-verbal de l'assemblée**, ainsi que la notification par lettre recommandée et son accusé de réception (pour prouver la date de départ du délai de recours). - **Le règlement de copropriété**, qui peut contenir des dispositions spécifiques sur les AG. - **Tout échange de courriers ou d'e-mails** avec le syndic concernant l'irrégularité. Avoir un dossier complet et organisé est essentiel pour présenter votre cas de manière claire à votre avocat et au tribunal. ### Saisir le tribunal judiciaire : mode d'emploi La contestation d'une décision d'AG se fait devant le **tribunal judiciaire** du lieu de situation de l'immeuble. La représentation par un avocat est obligatoire. La procédure est initiée par une "assignation" délivrée au syndicat des copropriétaires (représenté par son syndic) par un commissaire de justice (anciennement huissier). C'est cette assignation qui doit impérativement être délivrée avant l'expiration du délai de deux mois. L'avocat rédigera l'assignation en exposant les faits, les vices de forme invoqués, le préjudice subi et les fondements juridiques de la demande d'annulation. La procédure peut prendre plusieurs mois, voire des années en cas d'appel. Les frais (avocat, commissaire de justice) sont initialement à la charge du demandeur. S'il obtient gain de cause, il peut demander au juge de condamner le syndicat des copropriétaires à les lui rembourser. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35288) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2636) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061423/2026-02-09) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053915711) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/copropriete-comment-contester-une-decision-dassemblee-generale) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Syndic bénévole : modèle de PV d'assemblée générale gratuit URL: https://copro-guide.fr/syndic/modele-pv-assemblee-generale-syndic-benevole-gratuit/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-17 Mot-clé ciblé: modèle pv assemblée générale syndic bénévole gratuit Rédigez un PV d'assemblée générale conforme avec notre modèle gratuit pour syndic bénévole. Mentions obligatoires, ordre du jour, délais légaux et erreurs **Un syndic bénévole doit rédiger un procès-verbal (PV) pour chaque assemblée générale, en respectant les mêmes mentions obligatoires qu'un professionnel. Notre guide 2026 fournit un modèle gratuit. L'oubli de notification du PV étend le délai de contestation des décisions de 2 mois à 5 ans (service-public.fr, 2026).** Gérer une copropriété en tant que syndic bénévole impose les mêmes rigueurs administratives qu'un professionnel, notamment pour la rédaction du procès-verbal (PV) d'assemblée générale. Ce document est la preuve juridique des décisions prises. Notre guide 2026 vous fournit un **modèle de PV d'assemblée générale pour syndic bénévole gratuit** à compléter, détaille les mentions obligatoires et alerte sur les erreurs à ne pas commettre, comme l'oubli d'envoi qui peut avoir de lourdes conséquences. ## Syndic bénévole et PV d'AG : ce que dit la loi Un syndic bénévole, bien que non professionnel, endosse des responsabilités légales précises, en particulier la formalisation des décisions collectives. La loi ne fait aucune distinction entre un syndic professionnel et un bénévole concernant l'obligation de rédiger un procès-verbal (PV) après chaque assemblée générale. La réponse est donc claire : oui, un syndic bénévole est soumis aux mêmes règles strictes de formalisme. Ce document est essentiel, car il matérialise les résolutions votées (budget, travaux, désignation du syndic) et constitue la base légale pour leur exécution et leur éventuelle contestation. Le cadre est fixé par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967. Ces textes imposent que chaque PV soit inscrit sans blanc ni rature sur un registre spécialement ouvert à cet effet, comme le rappelle le site service-public.fr (fiche F2636, 2026). Ce registre garantit la chronologie et l'intégrité des décisions de la copropriété au fil des années. Ignorer cette obligation expose la copropriété à des risques juridiques importants, car l'absence de PV valide peut entraîner l'annulation des décisions prises. Comprendre le [rôle et obligations du syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) est un prérequis indispensable avant de se lancer. ### Qu'est-ce qu'un syndic bénévole ? Le syndic de copropriété est la personne qui administre l'immeuble et gère ses finances. Comme l'indique le site service-public.fr (fiche F2608, 2026), ce rôle peut être exercé par un professionnel ou par un copropriétaire : c'est le syndic bénévole. Ce dernier est élu en assemblée générale à la majorité de l'article 25 (majorité de tous les copropriétaires). Sa désignation fait l'objet d'un contrat de mandat, dont la durée est en principe de **trois ans** au maximum (service-public.fr, F1548, 2026). Il n'a pas besoin de carte professionnelle et n'est pas rémunéré, bien qu'il puisse se faire rembourser les frais engagés pour sa mission (téléphone, courrier, etc.) sur présentation de justificatifs. Son rôle est identique à celui d'un professionnel : il exécute les décisions de l'AG, assure l'entretien de l'immeuble et administre les finances. ### L'obligation légale de rédiger un PV après chaque AG La tenue d'une assemblée générale, au moins une fois par an, est l'un des piliers de la vie en copropriété. À l'issue de chaque séance, le syndic, qu'il soit bénévole ou non, a l'obligation formelle de dresser un procès-verbal qui récapitule toutes les décisions prises. Ce n'est pas une simple formalité : le PV est l'unique preuve des résolutions adoptées. Sans PV, aucune décision ne peut être appliquée (appel de fonds, lancement de travaux...). De plus, chaque PV doit être inscrit dans un registre d'assemblée générale, paginé et conservé par le syndic. Cette obligation, rappelée par service-public.fr (fiche F2636, 2026), assure la traçabilité et la pérennité des décisions. Le non-respect de cette obligation peut fragiliser l'ensemble de la gestion de la copropriété. Toutes les [obligations relatives au registre d'assemblée générale en copropriété](/assemblee/registre-assemblee-generale-copropriete/) doivent être scrupuleusement suivies. ## Mentions obligatoires du PV d'assemblée générale Pour être juridiquement valable, le procès-verbal d'une assemblée générale de copropriété doit comporter un certain nombre de mentions obligatoires, définies par le décret du 17 mars 1967. Chaque information a une fonction précise et son absence peut être un motif de nullité du PV, et donc des décisions qui y sont consignées. Le formalisme est strict pour garantir la transparence et la sécurité juridique des actes. Le document doit être rédigé en séance par le secrétaire, puis signé à la fin. De l'identification de l'AG à la signature finale, en passant par le détail précis des votes pour chaque résolution, rien ne doit être laissé au hasard. Ces mentions permettent à tout copropriétaire, qu'il ait été présent, absent ou opposant, de comprendre ce qui a été décidé et de vérifier la régularité des votes. C'est également sur la base de ce document que les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent exercer leur droit de contestation des décisions devant le tribunal judiciaire, comme le précise service-public.fr (fiche F35288, 2026). Un PV bien rédigé est le meilleur rempart contre les litiges futurs. Le diable se cache dans les détails : une erreur sur les tantièmes ou un décompte de voix imprécis peut suffire à faire annuler une résolution. Pour comprendre les délais et le contenu essentiel, consultez notre guide sur le [PV d'AG copropriété : contenu, délai de notification](/assemblee/pv-ag-copropriete-guide-complet/). ### En-tête et informations d'identification Le document doit commencer par des informations claires et non équivoques. - **Titre du document** : "Procès-verbal de l'assemblée générale des copropriétaires de l'immeuble sis [adresse complète]". - **Date et heure de début de la séance**. - **Lieu de la réunion**. - **Mode de convocation et date d'envoi des convocations**. - **Ordre du jour** : Il doit être la copie exacte de celui joint à la convocation. - **Nom du syndic en exercice**. - **Composition du bureau** : Noms et prénoms du président de séance, du ou des scrutateurs et du secrétaire de séance, désignés en début d'AG. Ces éléments permettent de contextualiser la réunion et de vérifier que les règles de convocation ont été respectées. ### Corps du PV : retranscription des votes et des résolutions C'est le cœur du procès-verbal. Pour chaque question inscrite à l'ordre du jour, le PV doit mentionner : - **Le texte de la résolution** : Repris à l'identique de l'ordre du jour. - **Le résultat du vote** : Il doit être détaillé. Le PV indique le nom et le nombre de voix des copropriétaires qui ont voté "POUR", "CONTRE", et ceux qui se sont "ABSTENUS". Il précise aussi les noms des "ASSIMILÉS ABSENTS" (copropriétaires arrivés en retard ou partis avant un vote). - **Le type de majorité requis** pour l'adoption de la résolution (majorité de l'article 24, 25 ou 26). - **La mention de l'adoption ou du rejet** de la résolution. 📌 Important : Le formulaire de vote par correspondance doit être réceptionné par le syndic au plus tard **trois jours francs avant la date de l'assemblée générale** pour être pris en compte, selon le décret 67-223 (Legifrance, 2026). Le PV doit mentionner les copropriétaires ayant utilisé ce mode de vote. ### Clôture et signatures obligatoires Une fois l'ordre du jour épuisé, le président de séance prononce la clôture. Le PV doit mentionner l'heure de fin de la séance. Il est ensuite daté et signé par plusieurs personnes pour l'authentifier. Les signatures obligatoires sont celles : - **Du président de séance**. - **Du secrétaire de séance**. - **Du ou des scrutateurs**. L'absence d'une de ces signatures peut entraîner la nullité du procès-verbal. Le syndic, s'il n'est pas secrétaire de séance, n'a pas à signer le PV. Une fois signé, le PV ne peut plus être modifié. Il est inscrit sur le registre des procès-verbaux de la copropriété. ## Modèle de PV d'assemblée générale pour syndic bénévole (structure prête à compléter) La meilleure façon de ne rien oublier est de suivre une trame rigoureuse. Voici un modèle de structure que tout syndic bénévole peut adapter, illustré par un cas pratique pour une meilleure compréhension. Un [modèle de PV d'AG en copropriété avec toutes les mentions obligatoires](/assemblee/modele-pv-ag-copropriete/) plus détaillé peut également vous servir de base. **Cas pratique :** Imaginons une copropriété de 8 lots située au 15 rue de la Paix, totalisant 1000 tantièmes. L'AG se tient le 17 septembre 2026. Six copropriétaires sont présents ou représentés, totalisant 750/1000 tantièmes. Les deux résolutions clés sont l'approbation du budget prévisionnel et la désignation de M. Dupont comme syndic bénévole. Le quorum est donc atteint pour délibérer valablement. Cette structure servira de guide pour rédiger le PV de cette assemblée. ### Bloc 1 : en-tête et convocation `PROCES-VERBAL DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES COPROPRIÉTAIRES` `DE L'IMMEUBLE SIS [Adresse complète de l'immeuble]` `DU [Date de l'AG]` `L'an deux mille vingt-six, et le dix-sept septembre à 18h00,` `Les copropriétaires de l'immeuble sis au 15 rue de la Paix, 75000 Paris, se sont réunis en Assemblée Générale au [Lieu de l'AG], sur convocation adressée par le syndic en exercice, [Nom du syndic sortant], par [Mode de convocation, ex: lettre recommandée avec accusé de réception] en date du [Date d'envoi des convocations].` `L'ordre du jour joint à la convocation était le suivant :` `1. Désignation du président de séance, d'un secrétaire et d'un ou plusieurs scrutateurs.` `2. Approbation du budget prévisionnel pour l'exercice du 01/01/2027 au 31/12/2027.` `3. Désignation de M. Dupont en qualité de syndic bénévole.` `[Lister tous les autres points de l'ordre du jour]` ### Bloc 2 : feuille de présence et pouvoirs `Une feuille de présence est établie et certifiée exacte par le président de séance. Elle fait état des copropriétaires présents, représentés, ou ayant voté par correspondance, ainsi que de leurs tantièmes respectifs.` `Sont présents :` `- M. Martin (Lot 1, 150 tantièmes)` `- Mme Dubois (Lot 2, 120 tantièmes)` `- M. Petit (Lot 4, 100 tantièmes)` `Sont représentés :` `- Mme Leroy (Lot 3, 130 tantièmes), représentée par M. Martin en vertu d'un pouvoir.` `- M. Garcia (Lot 5, 150 tantièmes), représenté par Mme Dubois en vertu d'un pouvoir.` `A voté par correspondance :` `- M. Bernard (Lot 6, 100 tantièmes)` `Sont absents et non représentés :` `- M. Moreau (Lot 7, 125 tantièmes)` `- Mme Robert (Lot 8, 125 tantièmes)` `Le total des tantièmes des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance est de 750 sur un total de 1000. Le quorum est atteint.` Un copropriétaire peut se faire représenter à l'AG, comme le confirme le site service-public.fr (fiche F2619, 2026). Le pouvoir doit être joint à la feuille de présence. Le modèle de [PV d'assemblée générale de copropriété en PDF gratuit](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) inclut une trame pour cette feuille. Vous pouvez également retrouver un modèle de [procuration assemblée générale copropriété PDF](/assemblee/procuration-assemblee-generale-copropriete-pdf/) pour vous aider à formaliser les représentations. ### Bloc 3 : résolutions et tableau de vote `L'Assemblée Générale, après en avoir délibéré, procède aux votes.` `RESOLUTION N°1 : DESIGNATION DU BUREAU` `L'Assemblée Générale désigne :` `- Président : M. Martin` `- Secrétaire : Mme Dubois` `- Scrutateur : M. Petit` `Cette résolution, mise aux voix, est adoptée à l'unanimité des membres présents et représentés.` `RESOLUTION N°2 : APPROBATION DU BUDGET PRÉVISIONNEL` `L'Assemblée Générale approuve le budget prévisionnel de l'exercice 2027, s'élevant à 12 000 €, et les modalités de son versement.` `Majorité requise : Article 24 (majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance).` `VOTES POUR (630 tantièmes) : M. Martin, Mme Dubois, M. Petit, Mme Leroy (repr.), M. Bernard (VPC).` `VOTES CONTRE (120 tantièmes) : M. Garcia (repr.).` `ABSTENTIONS (0 tantième).` `La résolution est adoptée.` `RESOLUTION N°3 : DESIGNATION DU SYNDIC BÉNÉVOLE` `Conformément à l'annexe 1 du décret 67-223 (Legifrance, 2026), l'AG procède à la désignation du syndic. L'Assemblée Générale désigne M. Dupont (Lot 10) en qualité de syndic bénévole pour une durée de 3 ans, du 01/10/2026 au 30/09/2029.` `Majorité requise : Article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires).` `VOTES POUR (650 tantièmes) : M. Martin, Mme Dubois, M. Petit, Mme Leroy (repr.), M. Garcia (repr.).` `VOTES CONTRE (100 tantièmes) : M. Bernard (VPC).` `ABSTENTIONS (0 tantième).` `Le total des voix "POUR" (650) étant supérieur à la moitié des voix de tous les copropriétaires (1000 / 2 = 500), la résolution est adoptée.` ### Bloc 4 : clôture et signatures `L'ordre du jour étant épuisé et personne ne demandant plus la parole, la séance est levée à 19h45.` `De tout ce qui précède, il a été dressé le présent procès-verbal qui, après lecture, a été signé par le Président, le Secrétaire et le(s) Scrutateur(s).` `Fait à [Lieu], le [Date]` `Le Président de séance,` `[Signature de M. Martin]` `M. Martin` `Le Secrétaire de séance,` `[Signature de Mme Dubois]` `Mme Dubois` `Le Scrutateur,` `[Signature de M. Petit]` `M. Petit` Cette structure garantit que toutes les informations légales sont présentes, limitant ainsi les risques de contestation pour vice de forme. ## Délais d'envoi et de conservation du PV : les règles à respecter Une fois l'assemblée générale terminée et le procès-verbal signé, la mission du syndic bénévole n'est pas finie. Des étapes cruciales de notification et de conservation doivent être scrupuleusement respectées. Ces formalités sont fondamentales car elles déclenchent les délais de recours pour les copropriétaires souhaitant contester une décision. Une erreur ou un oubli à ce stade peut avoir des conséquences juridiques et financières importantes pour la copropriété. La loi encadre strictement ces délais. Le syndic doit notifier le PV aux copropriétaires qui n'étaient ni présents ni représentés (défaillants) et à ceux qui se sont opposés à une ou plusieurs résolutions. C'est cette notification qui fait courir le délai de contestation de deux mois. La conservation du PV dans un registre est tout aussi impérative, garantissant l'historique des décisions de l'immeuble. La rigueur post-AG est donc aussi importante que la préparation de la réunion elle-même. ### Quand envoyer le PV aux copropriétaires ? Le syndic dispose d'un délai d'**un mois** à compter de la tenue de l'assemblée générale pour notifier le procès-verbal aux copropriétaires opposants et défaillants. La notification doit se faire par lettre recommandée avec accusé de réception ou par voie électronique avec l'accord du copropriétaire. Bien que la loi n'impose l'envoi qu'à ces deux catégories, il est fortement conseillé en pratique de le notifier à l'ensemble des copropriétaires par le même moyen. Cela simplifie la gestion et évite toute ambiguïté sur le point de départ du délai de contestation de deux mois. > ⚠️ Attention : L'enjeu est de taille. Si le syndic n'a jamais envoyé le procès-verbal, le délai de contestation est porté à **5 ans**, comme le rappelle explicitement la fiche F35288 du site service-public.fr (2026). Cette règle a pour but de protéger les copropriétaires contre l'inertie d'un syndic. ### Conservation dans le registre d'AG Le procès-verbal, une fois signé, devient un document officiel de la copropriété. Il doit être retranscrit sans délai sur un registre spécialement ouvert à cet effet. La fiche F2636 du site service-public.fr (2026) précise que "chaque procès-verbal doit être inscrit dans un registre". Ce registre, qui peut être tenu sous forme papier ou électronique, doit être conservé par le syndic. Il ne doit comporter ni blancs, ni ratures. Chaque PV est inscrit à la suite du précédent, par ordre chronologique. Ce registre constitue la mémoire juridique de la copropriété. Tout copropriétaire peut demander à le consulter. La bonne tenue de ce registre est une obligation fondamentale de la mission de syndic, y compris bénévole. ## L'erreur courante du syndic bénévole : ne pas envoyer le PV dans les délais Dans la gestion d'une copropriété par un syndic bénévole, souvent animé par la bonne volonté mais moins familier des subtilités juridiques, une erreur est particulièrement fréquente et dangereuse : la notification tardive ou l'absence totale de notification du procès-verbal de l'assemblée générale. Cet oubli, qui peut paraître anodin, ouvre une brèche juridique majeure qui peut paralyser la copropriété des années plus tard. Cette négligence administrative transforme un délai de contestation court et sécurisant de deux mois en une épée de Damoclès de cinq ans suspendue au-dessus de chaque décision prise. Comprendre ce risque est essentiel pour tout syndic bénévole soucieux de protéger les intérêts de sa copropriété et de sécuriser sa propre responsabilité. Une simple lettre recommandée envoyée à temps peut éviter des situations inextricables. ### Le piège : retarder ou omettre l'envoi Le scénario est classique. L'assemblée générale s'est bien déroulée, le syndic bénévole, M. Dupont, a rédigé le PV et l'a fait signer. Pris par ses autres occupations, il se dit qu'il enverra les courriers "plus tard". Les semaines passent, puis les mois. Il considère que les décisions sont actées et lance les appels de fonds pour les travaux votés. Il pense que l'absence de réaction vaut approbation. Or, en droit de la copropriété, c'est l'inverse. Le silence de la loi ne profite pas au syndic : sans notification formelle (lettre recommandée avec AR), le délai de contestation de deux mois n'a jamais commencé à courir. Le piège vient du fait que la vie de la copropriété continue normalement, mais sur des bases juridiquement fragiles. ### Les conséquences et comment les éviter La conséquence principale est drastique. Comme le confirme le site service-public.fr (fiche F35288, 2026), si le PV n'est jamais notifié, le délai de contestation est de **cinq ans**. Un copropriétaire peut donc, quatre ans après le vote de travaux, contester la décision et demander l'annulation de la résolution devant le tribunal judiciaire. Si le juge lui donne raison (par exemple pour une irrégularité dans la convocation ou le décompte des voix), la copropriété pourrait être condamnée à rembourser les charges de travaux déjà payées par ce copropriétaire. En cas de désaccord avec une décision, il est possible de [contester une décision d'AG de copropriété](/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/) dans un délai légal bien défini. > 💡 À noter : Pour éviter ce risque majeur, la solution est simple et peu coûteuse. Le syndic bénévole doit, dans le mois qui suit l'AG, envoyer le PV par lettre recommandée avec accusé de réception à tous les copropriétaires opposants et défaillants. La meilleure pratique est de l'envoyer à tous, sans distinction. Les accusés de réception doivent être précieusement conservés avec la feuille de présence et le PV original. Cette rigueur est la seule garantie d'une gestion sereine. ## Questions fréquentes sur le PV d'AG en syndic bénévole Section FAQ ajoutée via le champ faq. > **Points clés** > > - Le syndic bénévole est soumis aux mêmes obligations légales que le syndic professionnel pour la rédaction du PV d'AG. > - L'absence de notification du PV aux copropriétaires étend le délai de contestation des décisions de deux mois à cinq ans. > - Le PV doit être signé par le président de séance, le secrétaire et le(s) scrutateur(s) pour être valide. > - Les formulaires de vote par correspondance doivent être réceptionnés par le syndic au plus tard trois jours francs avant la date de l'AG. > - Chaque PV doit être inscrit dans un registre officiel, qui peut être tenu sous forme électronique, et conservé par le syndic. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2636) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F35288) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000042078893) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2608) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093853/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # AG en ligne en copropriété : ce que la loi autorise URL: https://copro-guide.fr/charges/assemblee-generale-en-ligne-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-15 Mot-clé ciblé: assemblée générale en ligne Assemblée générale en ligne en copropriété : visioconférence, vote à distance, cadre légal 2026. Ce que la loi autorise, les pièges à éviter **Une assemblée générale de copropriété peut se tenir à distance par visioconférence ou vote électronique si le règlement de copropriété le permet, et sous réserve des conditions de la loi du 10 juillet 1965 modifiée par la loi ELAN. Le principe demeure néanmoins la tenue en présentiel dans la commune de l'immeuble.** La tenue d'une assemblée générale en ligne en copropriété n'est pas un droit automatique. Contrairement aux sociétés commerciales ou aux associations, la copropriété est encadrée par un régime juridique strict issu de la loi du 10 juillet 1965. Organiser une AG à distance sans vérifier au préalable que le règlement de copropriété l'autorise expose les décisions adoptées à un risque réel de nullité. Voici précisément ce que la loi permet, ce qu'elle impose, et les pièges à éviter pour que votre assemblée générale dématérialisée soit juridiquement solide. > **Ce qu'il faut retenir** > > - La visioconférence en AG de copropriété est conditionnée à l'accord du règlement ou d'une décision d'assemblée. > - L'ordre du jour inscrit dans la convocation délimite strictement ce qui peut être voté, en ligne comme en présentiel. > - Le registre des procès-verbaux reste obligatoire, y compris pour les AG dématérialisées. > - Le décret 2026-94 sur la dématérialisation renforcée concerne les sociétés commerciales cotées, pas la copropriété. ## Ce que la loi autorise pour une assemblée générale en ligne en copropriété La question centrale que se posent beaucoup de syndics et de copropriétaires est simple : peut-on tenir une AG de copropriété entièrement en ligne ? La réponse est nuancée. La loi du 10 juillet 1965, texte fondateur du régime de la copropriété en France, n'interdit pas explicitement la tenue d'une assemblée générale à distance. Mais elle ne l'autorise pas non plus de manière générale et inconditionnelle. Le principe reste celui de la réunion physique des copropriétaires, comme le rappelle le décret du 17 mars 1967 pris pour son application. C'est la loi ELAN du 23 novembre 2018 qui a introduit une première brèche dans ce principe. Elle a modifié la loi de 1965 pour permettre aux copropriétaires de participer à l'assemblée générale par visioconférence ou par tout autre moyen de communication électronique. Une avancée notable, mais strictement encadrée : cette faculté n'est pas offerte de plein droit. La condition centrale est la suivante : le règlement de copropriété doit expressément prévoir cette modalité de participation. À défaut, une décision d'assemblée générale adoptée antérieurement peut également l'autoriser. Sans cette base statutaire ou décisionnelle, une AG tenue en visioconférence s'expose à une contestation devant le tribunal judiciaire. Cette distinction est fondamentale. Beaucoup de copropriétés confondent le régime applicable aux sociétés commerciales, qui bénéficient depuis le décret n° 2026-94 du 13 février 2026 d'une dématérialisation renforcée (e-convocation par défaut, vote en ligne systématique), avec celui de la copropriété. Ces nouvelles règles, saluées par les émetteurs et les investisseurs (Société Générale Securities Services, mars 2026), ne concernent que les actionnaires de sociétés cotées. La copropriété obéit à un cadre totalement distinct. ### Le cadre juridique de la loi du 10 juillet 1965 La loi du 10 juillet 1965 organise les droits et obligations des copropriétaires autour d'un principe simple : l'assemblée générale est l'organe décisionnel central de la copropriété. Elle se tient obligatoirement au moins une fois par an. Le texte prévoit que l'AG se réunit dans la commune où se situe l'immeuble (service-public.fr, 2026). Historiquement, le législateur de 1965 n'avait pas envisagé la dématérialisation. Le décret d'application du 17 mars 1967 détaille les modalités pratiques de convocation, de tenue des débats et d'établissement du procès-verbal, toutes pensées pour une réunion en présentiel. C'est ce socle qui reste applicable aujourd'hui, sauf disposition contraire du règlement de copropriété. En pratique, cela signifie deux choses. D'une part, le droit de participer physiquement à l'AG ne peut pas être supprimé unilatéralement par le syndic. D'autre part, toute modalité de participation à distance doit avoir été acceptée collectivement par les copropriétaires, soit via le règlement, soit via un vote en AG. ### Ce que la loi ELAN a changé pour la visioconférence La loi ELAN (Évolution du logement, de l'aménagement et du numérique), adoptée le 23 novembre 2018, a modifié la loi du 10 juillet 1965 pour y introduire la possibilité de recourir à la visioconférence lors des assemblées générales de copropriété. Cette modification répondait à un double objectif : faciliter la participation des copropriétaires éloignés géographiquement et moderniser le fonctionnement des copropriétés. Mais le législateur n'a pas créé un droit automatique à la visioconférence. Il a simplement ouvert une faculté, que chaque copropriété peut choisir d'activer. La condition impérative : le règlement de copropriété doit le prévoir, ou l'assemblée générale doit l'avoir décidé. Sans cela, la visioconférence n'a pas de base légale. Concrètement, un syndic ne peut pas, de sa propre initiative, proposer un lien Zoom ou Teams aux copropriétaires et considérer l'AG comme valablement tenue sous forme mixte. La conformité réglementaire exige une délibération préalable inscrite à l'ordre du jour d'une AG antérieure. ### Quand le règlement de copropriété prime sur la loi Le règlement de copropriété est la convention qui lie tous les copropriétaires entre eux. Il peut comporter des clauses plus restrictives ou, au contraire, plus souples que le cadre légal sur les modalités de tenue de l'assemblée générale. Si le règlement interdit explicitement la participation à distance, cette clause prime. Même la loi ELAN ne permet pas de passer outre un règlement qui exclurait la visioconférence. À l'inverse, un règlement peut parfaitement autoriser des modalités de participation plus étendues que le minimum légal : vote électronique, audioconférence, plateforme sécurisée de délibération. Avant toute organisation d'une AG dématérialisée, la vérification du règlement est la première étape. Cette lecture doit porter sur le règlement dans sa version la plus récente, incluant ses modificatifs adoptés en AG. Un règlement ancien, jamais modifié depuis 1965, n'intègre probablement aucune disposition sur le vote électronique ou la visioconférence. ## Organiser une assemblée générale ordinaire ou extraordinaire à distance : les étapes clés Passer au format distanciel pour une assemblée générale ne s'improvise pas. La copropriété impose des règles procédurales strictes, que la participation se fasse en présentiel, en visioconférence ou par correspondance. Voici les étapes incontournables. D'abord, le syndic doit s'assurer que le règlement de copropriété autorise les modalités de participation à distance envisagées. Cette vérification est un préalable absolu. Si le règlement est muet, une première AG en présentiel doit inscrire à son ordre du jour une résolution autorisant la visioconférence et le vote électronique pour les assemblées futures. Ensuite vient la phase de préparation technique. Le choix d'une plateforme de visioconférence, d'un système de vote électronique ou d'une solution d'émargement numérique doit répondre aux exigences de sécurité des données et de confidentialité propres à la copropriété. Les documents préparatoires (ordre du jour, résolutions, annexes) doivent être accessibles à tous les copropriétaires dans les mêmes délais que pour une AG classique : au minimum 21 jours avant la date de l'assemblée. Pour une assemblée générale extraordinaire, ce délai peut être différent. La convocation doit mentionner les moyens techniques mis à disposition pour participer à distance. ### Convocation et ordre du jour : les règles obligatoires La convocation à l'assemblée générale est l'acte qui déclenche le processus. Elle doit être adressée à chaque copropriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par remise en main propre contre émargement. L'envoi par courrier électronique est possible uniquement si le copropriétaire a donné son accord exprès. L'ordre du jour, joint à la convocation, délimite strictement le périmètre des délibérations. Selon service-public.fr, l'assemblée générale peut uniquement délibérer sur les points inscrits à l'ordre du jour figurant dans la convocation. Ce principe s'applique avec la même rigueur à une AG en visioconférence : aucune question nouvelle ne peut être ajoutée en séance, même à distance. Pour une convocation d'assemblée générale hors délai, les risques contentieux sont accrus. Un copropriétaire qui n'aurait pas reçu sa convocation dans les temps peut contester l'ensemble des décisions adoptées. ### Vote en ligne et vote à distance : quelles modalités acceptées ? Le vote à distance en copropriété peut prendre plusieurs formes, à condition qu'elles soient prévues par le règlement ou autorisées par une décision d'AG antérieure. Le vote par correspondance permet au copropriétaire de retourner son bulletin avant la tenue de l'assemblée. Le vote électronique, via une plateforme sécurisée, permet de s'exprimer en temps réel pendant la séance. La visioconférence avec vote en direct combine participation aux débats et expression du suffrage. Quel que soit le mode retenu, trois exigences s'imposent. L'identité du votant doit être vérifiée de manière certaine (identifiant unique, code d'accès personnel). Le secret du vote doit être garanti lorsque la loi l'impose, notamment pour l'élection du syndic ou des membres du conseil syndical. Enfin, l'émargement numérique doit permettre de justifier de la participation effective de chaque copropriétaire. Les règles de vote en assemblée générale de copropriété précisent les majorités applicables selon la nature des résolutions. Pour approfondir ce sujet, n'hésitez pas à consulter notre guide complet sur le [vote électronique en AG de copropriété](/assemblee/vote-electronique-assemblee-generale-copropriete/). ### Rédiger et conserver le procès-verbal dématérialisé Le procès-verbal constitue la trace écrite des décisions adoptées. Sa rédaction obéit à des règles précises, identiques que l'AG se soit tenue en présentiel ou à distance. Chaque PV doit mentionner la date et le lieu de la réunion, les noms des copropriétaires présents et représentés, ainsi que, pour chaque résolution, le résultat du vote (voix pour, contre, abstentions). Dans le cadre d'une AG mixte ou à distance, il est recommandé de préciser les modalités de participation de chaque copropriétaire (présent, visioconférence, vote par correspondance). Le PV est signé par le président de séance, le secrétaire et le syndic (ou les scrutateurs). La signature électronique est admise si elle respecte le règlement européen eIDAS, qui définit les standards de validité des signatures numériques. Une fois signé, le PV doit être inscrit sans délai dans le registre des assemblées générales. ## Vote électronique en copropriété : tableau comparatif des modalités Le choix de la modalité de participation ne relève pas seulement d'une question de confort ou de modernité. Il engage la validité même des décisions adoptées en assemblée générale. Le tableau ci-dessous synthétise les quatre principales modalités, leur base légale, leurs conditions de validité et les risques juridiques associés. La distinction est importante. Présence physique, visioconférence, vote par correspondance et procuration ne sont pas interchangeables librement. Chaque modalité obéit à des conditions qui lui sont propres et produit des effets différents sur la régularité du processus décisionnel. Un copropriétaire qui vote par correspondance, par exemple, ne participe pas aux débats : son suffrage est figé au moment où il expédie son bulletin. En visioconférence, il peut au contraire intervenir, amender sa position et influencer la délibération en temps réel. Cependant, il est crucial de maîtriser les spécificités de l' [assemblée générale à distance](/assemblee/assemblee-generale-a-distance-copropriete/) pour éviter tout risque juridique. Sur le plan de la préparation de l'AG, le syndic doit anticiper ces différences. Une AG mixte associant présence physique, visioconférence et votes par correspondance exige une logistique rigoureuse : vérification des identifiants de connexion, sécurisation de la plateforme de vote, horodatage des suffrages exprimés à distance et dépouillement en temps réel. > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Modèle convocation assemblée générale copropriété 2026 URL: https://copro-guide.fr/assemblee/modele-convocation-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-14 Mot-clé ciblé: modèle convocation assemblée générale copropriété Téléchargez un modèle de convocation assemblée générale copropriété conforme à la loi. Mentions obligatoires, délais légaux et erreurs à éviter expliqués. **La convocation à l’assemblée générale de copropriété doit être envoyée au moins 21 jours avant la réunion, par lettre recommandée avec accusé de réception ou par voie électronique si le copropriétaire a donné son accord. Elle doit comporter l’ordre du jour complet, les conditions de majorité et les documents annexés (loi du 10 juillet 1965 et décret du 17 mars 1967).** La convocation à l’assemblée générale de copropriété n’est pas une simple formalité : c’est un acte juridique encadré par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d’application du 17 mars 1967. Une erreur dans la convocation peut entraîner la nullité des décisions votées, à condition qu’un copropriétaire conteste l’AG dans le délai de deux mois par voie judiciaire. Vous trouverez ici un modèle de convocation annoté, les mentions obligatoires et les trois vices de forme les plus fréquents qui peuvent faire annuler une assemblée. > **En bref** > > - La convocation est un acte juridique formel, encadré par la loi du 10 juillet 1965. > - Le délai de 21 jours à compter de la réception est impératif. > - L’ordre du jour doit être complet et précis pour sécuriser les votes. > - Toute annexe obligatoire doit être jointe à la convocation, pas envoyée plus tard. > - Un vice de forme n’est sanctionné que si un copropriétaire agit en justice dans les 2 mois. ## Ce que dit la loi sur la convocation d’AG en copropriété La loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis confère à la convocation un caractère obligatoire et formaliste. Sans convocation régulière, l’assemblée générale ne peut pas délibérer valablement. Le décret n°67-223 du 17 mars 1967 précise les règles de fond et de forme. Le syndic doit informer chaque copropriétaire par voie postale ou électronique, en respectant un délai minimal. Ce n’est pas un simple avis : le document engage la validité des résolutions qui seront adoptées. Une assemblée convoquée en violation des règles peut voir ses décisions annulées par le tribunal judiciaire, à la demande d’un copropriétaire, dans les deux mois qui suivent l’envoi du procès-verbal. Comme le rappelle la fiche officielle de service-public.fr, la convocation est un préalable indispensable à toute vie collective en copropriété. Une copropriété de 12 lots qui envisage de voter des travaux de ravalement et l’approbation des comptes doit donc respecter scrupuleusement ces exigences. Toute irrégularité de forme expose le syndicat à des contestations coûteuses et à un blocage de la gestion. ### Qui est habilité à envoyer la convocation ? Le syndic de copropriété, désigné par l’assemblée, est le premier responsable de l’envoi des convocations. Il agit au nom du syndicat des copropriétaires et doit s’assurer que chaque propriétaire, quel que soit le nombre de ses tantièmes, reçoit le document. En cas de carence, le président du conseil syndical peut convoquer l’assemblée après une mise en demeure restée sans effet pendant plus de huit jours (art. 8 du décret de 1967). Un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un quart des voix peuvent également demander une convocation. Cette procédure reste exceptionnelle et requiert de respecter les mêmes formes que celles imposées au syndic. ### AG ordinaire vs AG extraordinaire : quelle différence pour la convocation ? La distinction entre assemblée générale ordinaire et extraordinaire n’affecte pas directement les règles de convocation : dans les deux cas, le délai minimum est de 21 jours et les mentions obligatoires sont identiques. La différence porte sur l’objet des décisions. L’AG ordinaire traite de la gestion courante (approbation des comptes, budget prévisionnel, élection du syndic). L’AG extraordinaire statue sur des sujets plus lourds, comme la modification du règlement de copropriété ou la vente d’une partie commune. Que ce soit pour une AG ordinaire ou extraordinaire, le [délai de convocation d'une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) ou ordinaire reste un point crucial. Certains syndics ajoutent la mention « extraordinaire » dans la convocation pour souligner la nature des résolutions envisagées. Cela ne dispense pas d’indiquer avec précision les conditions de majorité requises pour chaque résolution, une information souvent omise mais essentielle à la validité de la délibération. ## Délais légaux de convocation : ce qu’il faut respecter à la lettre L’article 9 du décret du 17 mars 1967 impose un délai de vingt et un jours au moins, à compter de la réception, avant la date de la réunion. Concrètement, le cachet de la poste ou la date de réception de la LRAR fait foi. Un envoi le vendredi soir n’atteint souvent le destinataire que le lundi ou le mardi suivant, ce qui décale d’autant le point de départ du délai. Ce point est trop souvent négligé par les syndics pressés. Une convocation reçue seulement 18 ou 19 jours avant l’AG ne respecte pas la règle des 21 jours francs. Un copropriétaire peut alors faire annuler l’assemblée, même s’il y a assisté et voté sans réserve : la nullité est encourue de plein droit dès lors que le délai n’est pas respecté. Pour approfondir cette question, l’article sur la [convocation hors délai et ses conséquences sur la validité de l’AG](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) détaille la procédure de contestation et les exceptions jurisprudentielles. ### Le délai de 21 jours : comment le calculer correctement ? La date de référence n’est pas celle de l’envoi par le syndic, mais celle de la première présentation de la lettre recommandée ou de l’accusé de réception électronique. Par exemple, si la convocation est présentée au domicile le lundi 3 février 2026, l’assemblée ne peut se tenir avant le mardi 24 février 2026. Le jour de la réception compte-t-il ? En droit, le délai se calcule au jour près, mais la jurisprudence considère généralement que le jour de réception n’est pas inclus dans le décompte. Un calcul prudent consiste à laisser au moins 22 jours entre le dépôt à La Poste et la date prévue, pour absorber les aléas d’acheminement. Les syndics professionnels utilisent des logiciels de gestion qui automatisent cette vérification, mais un conseil syndical vigilant procède toujours à un contrôle manuel. ### Envoi par voie électronique : conditions de validité Depuis la loi ELAN du 23 novembre 2018, la convocation peut être adressée par courriel, à condition que le copropriétaire ait expressément accepté ce mode d’envoi. Cet accord doit être écrit (formulaire en AG, accord séparé signé). Sans cette acceptation, la convocation électronique est nulle. La plateforme utilisée doit garantir la date de réception (accusé de lecture ou de téléchargement). Un simple email sans preuve de réception ne suffit pas. En pratique, les syndics proposent désormais des espaces extranet sécurisés avec un horodatage certifié, mais la LRAR reste la règle pour les copropriétaires qui n’ont pas manifesté leur consentement explicite. ## Les mentions obligatoires de la convocation AG copropriété La convocation doit comporter un ensemble d’informations sans lesquelles elle est irrégulière. La loi exige notamment l’indication du lieu, de la date et de l’heure de la réunion. La désignation du syndic, son adresse, la liste des copropriétaires destinataires (ou au moins la désignation du syndicat) sont également requises. L’ordre du jour constitue le cœur du document : il énumère toutes les questions qui seront soumises au vote, de manière suffisamment précise pour que chaque copropriétaire puisse se déterminer en toute connaissance de cause. Une mention générique comme « questions diverses » est interdite car trop imprécise. Les conditions de majorité (majorité simple, absolue, double majorité ou unanimité) doivent être rappelées en face de chaque résolution. Enfin, la convocation liste les pièces jointes, dont certaines sont obligatoires selon l’objet des votes. L’erreur la plus fréquente consiste à omettre une annexe liée à une résolution technique ou financière. ### L’ordre du jour : la pièce maîtresse de la convocation Rédigé par le syndic, souvent après consultation du conseil syndical, l’ordre du jour est intangible une fois la convocation expédiée. Aucune résolution non inscrite ne peut être votée, sauf si l’assemblée décide, à l’unanimité, d’ajouter un point d’urgence. Cette règle protège les copropriétaires absents. Une formulation vague, comme « travaux de rénovation » sans mention de la nature, du coût estimé et de la durée, présente un risque sérieux d’annulation. Le juge apprécie si l’imprécision a empêché un copropriétaire d’exercer son droit de vote de manière éclairée. Pour un ravalement, l’ordre du jour doit préciser « vote sur la réalisation de travaux de ravalement des façades, montant estimé 45 000 €, appel de fonds échelonné sur deux exercices ». ### Les annexes obligatoires selon le type de résolution Le décret de 1967 énumère les documents à joindre selon les résolutions. Pour l’approbation des comptes, le syndic doit communiquer le compte de gestion, le budget prévisionnel, les relevés bancaires et les pièces justificatives des dépenses importantes. Pour des travaux, le devis descriptif, le plan de financement et l’échéancier sont requis. L’absence d’un seul de ces documents constitue une irrégularité susceptible d’annuler la résolution correspondante. La copropriété de 12 lots visant un ravalement doit donc obligatoirement joindre le devis détaillé, le plan de trésorerie et, si le montant dépasse un certain seuil, une étude de faisabilité ou le dossier technique. Ces pièces doivent parvenir avec la convocation, pas quelques jours avant l’AG. ## Modèle de convocation assemblée générale copropriété (à télécharger) Voici un modèle structuré en trois blocs annotés, utilisable pour une copropriété de 12 lots convoquée pour voter le ravalement des façades et l’approbation des comptes. Ce modèle respecte les exigences de forme rappelées par la fiche officielle de service-public.fr, mais il doit être adapté aux spécificités de chaque immeuble. Prenons un cas concret : la résidence « Les Jardins », sise 14 rue des Lilas à Lyon, syndic Cabinet Durand. Le syndic envoie les convocations le 3 février 2026 pour une AG le 24 février 2026. L’ordre du jour comporte 5 résolutions numérotées, et les annexes incluent le devis de ravalement, le compte de gestion annuel et le budget prévisionnel. Chaque champ ci-dessous répond à une obligation légale. L’article sur le [modèle de procès-verbal d’AG copropriété](/assemblee/modele-pv-ag-copropriete/) fournit un document complémentaire à utiliser après la réunion. ### Bloc 1 : identité des parties et références légales Le haut de la convocation mentionne le nom, l’adresse et la qualité du syndic (ex. : « Cabinet Durand, syndic de copropriété, 12 place Bellecour, 69002 Lyon »). Il cite l’article 9 du décret du 17 mars 1967 et rappelle que la copropriété est régie par la loi du 10 juillet 1965. Suit la désignation du syndicat des copropriétaires (ex. : « Syndicat des copropriétaires de la résidence Les Jardins, 14 rue des Lilas, 69003 Lyon »). L’objet de la lettre est libellé : « Convocation à l’assemblée générale ordinaire du 24 février 2026 ». La date, l’heure (14h30) et le lieu (salle municipale, 16 rue des Chênes) figurent immédiatement après. ### Bloc 2 : ordre du jour détaillé avec résolutions numérotées Chaque résolution est précédée d’un numéro et suivie du rappel de la majorité requise. Par exemple : « 1. Approbation des comptes de l’exercice clos le 31 décembre 2025 et quitus au syndic (majorité : art. 24). 2. Vote du budget prévisionnel 2026 (majorité art. 24). 3. Autorisation de travaux de ravalement des façades, montant estimé 45 000 €, appel de fonds échelonné sur deux exercices (majorité art. 25 b). 4. Désignation d’un maître d’œuvre (majorité art. 24). 5. Questions et informations diverses (sans vote). » Le bloc signale qu’aucune résolution ne pourra être ajoutée en séance sans l’accord unanime des copropriétaires présents et représentés. ### Bloc 3 : liste des pièces jointes et informations pratiques La convocation énumère les annexes transmises : compte de gestion, budget prévisionnel, contrat de maintenance de l’ascenseur, devis de ravalement, étude de faisabilité, ainsi que le formulaire de pouvoir de représentation. Ce modèle de pouvoir peut être obtenu sur la page [modèle de procuration pour l’assemblée générale](/assemblee/procuration-assemblee-generale-copropriete-pdf/). Enfin, on rappelle les modalités pratiques : date limite de retour des pouvoirs (48 heures avant l’AG), contact du syndic pour les questions, possibilité de consulter les documents au siège du syndic pendant les heures d’ouverture. La convocation se termine par la formule de politesse et la signature du syndic. ## Les 3 vices de forme qui peuvent annuler votre AG Trois erreurs reviennent régulièrement dans les contentieux opposant copropriétaires et syndicat. Chacune, à elle seule, peut entraîner l’annulation des décisions votées, à condition que l’action soit intentée dans le délai de deux mois suivant l’envoi du procès-verbal, comme le prévoit l’article 42 de la loi de 1965. L’erreur classique : un copropriétaire constate un vice de forme, mais attend la prochaine AG pour le signaler. Le délai de deux mois est alors expiré et la nullité n’est plus invocable. Le recours judiciaire doit être diligenté rapidement. Le juge apprécie la gravité du vice et son impact sur l’information des copropriétaires. Toute [irrégularité dans la convocation de l'assemblée générale de copropriété](/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/) peut remettre en cause les décisions prises. ### Erreur n°1 : un délai de 21 jours mal compté Un envoi en LRAR le 20 mars pour une AG tenue le 9 avril, avec un délai de réception constaté le 23 mars, laisse seulement 17 jours francs. C’est insuffisant. La nullité est encourue même si tous les copropriétaires étaient présents. Le juge peut cependant refuser l’annulation s’il estime que le retard n’a pas nui à l’information des participants. Mais cette circonstance atténuante est rarement retenue lorsque le dépassement est significatif. ### Erreur n°2 : un ordre du jour imprécis ou incomplet Une résolution libellée « Travaux divers » sans autre précision ne permet pas aux copropriétaires absents de mesurer la portée de leur vote. La jurisprudence constante annule une telle délibération. Le défaut d’inscription d’une question obligatoire, comme l’approbation des comptes annuels, entraîne aussi l’irrégularité de l’AG dans son ensemble. L’ordre du jour doit être rédigé avec une précision suffisante pour qu’un copropriétaire non averti comprenne l’enjeu de chaque résolution. ### Erreur n°3 : des annexes manquantes ou transmises hors délai Le devis de ravalement, le compte de gestion, le contrat de prêt pour travaux : ces documents doivent parvenir EN MÊME TEMPS que la convocation. Un envoi séparé, quelques jours plus tard, ne suffit pas. La chambre de la cour d’appel de Paris a ainsi annulé une résolution de travaux car le devis n’avait été communiqué que 9 jours avant l’AG, alors qu’il aurait dû l’être 21 jours avant. La sanction est lourde : la résolution est réputée n’avoir jamais été adoptée. De même, le [délai d'ordre du jour d'AG de copropriété](/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/) est strictement encadré pour garantir l'information de tous. ## Questions fréquentes sur la convocation AG copropriété Les interrogations les plus courantes portent sur les délais, l’émetteur, le contenu et les modes d’envoi. Voici les réponses synthétiques, valables en 2026, fondées sur la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967. Pour les détails procéduraux, consultez les articles dédiés de notre blog ou la fiche service-public.fr.

Fiche pratique

Délai de convocation21 jours minimum (à compter de la réception, art. 9 décret 1967)
Émetteur habituelSyndic de copropriété
Autres émetteurs possiblesPrésident du conseil syndical (après mise en demeure), copropriétaires (au moins 25 % des voix)
Modes d’envoi valablesLRAR ou voie électronique avec accord exprès du copropriétaire
Mentions obligatoiresDate, heure, lieu, ordre du jour détaillé, majorités, annexes
Délai de contestation2 mois à compter de l’envoi du PV (art. 42 loi 1965)
## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508882) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000684481) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # AG copropriété à distance 2026 : règles, vote et pièges URL: https://copro-guide.fr/assemblee/assemblee-generale-a-distance-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-11 Mot-clé ciblé: assemblée générale à distance Assemblée générale à distance en copropriété : cadre légal, outils de vote, convocation, quorum et pièges à éviter. Guide pratique 2026 pour copropriétaires. **Une assemblée générale de copropriété peut se tenir à distance selon trois modalités prévues par la loi du 10 juillet 1965 : le vote par correspondance (formulaire réglementaire à renvoyer avant l'AG), la visioconférence ou conférence téléphonique en temps réel, et le pouvoir donné à un tiers. Le syndic doit mentionner ces possibilités dans la convocation envoyée au moins 21 jours avant, sous peine de nullité des résolutions adoptées.** À cet égard, le syndic doit veiller à respecter le délai de convocation de 21 jours pour toute assemblée générale, car c'est une condition sine qua non de sa validité. Pour plus d'informations, lisez notre article sur le [délai de convocation d'une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/). Participer à une assemblée générale à distance est parfaitement légal en copropriété, à condition de respecter des règles de forme précises. La loi du 10 juillet 1965, modifiée notamment par l'ordonnance du 30 octobre 2019, encadre trois modalités distinctes : le vote par correspondance, la visioconférence et le pouvoir. Chacune obéit à des conditions de validité différentes, et une erreur dans leur mise en œuvre par le syndic peut fragiliser l'ensemble des résolutions votées. Voici comment ça fonctionne et ce qu'il faut vérifier. ## Ce que dit la loi sur l'AG à distance en copropriété La participation à distance à une assemblée générale de copropriété est autorisée de longue date. L'article 13-1 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que tout copropriétaire peut participer par visioconférence ou par tout autre moyen de communication électronique, dès lors que son identité peut être vérifiée et qu'il peut s'exprimer et voter en temps réel. Le décret du 17 mars 1967, dans sa rédaction issue de plusieurs modifications successives, précise les modalités pratiques de cette participation. La crise sanitaire de 2020 a accéléré le mouvement. L'ordonnance n° 2020-304 du 25 mars 2020 a temporairement assoupli les règles, mais le législateur avait déjà pérennisé le dispositif avec l'ordonnance du 30 octobre 2019. Depuis, le vote par correspondance est pleinement intégré au droit commun de la copropriété. La légalité du dispositif ne fait aucun doute. Toutefois, la pratique révèle des écarts fréquents entre le cadre théorique et la mise en œuvre réelle par les syndics. L'enjeu pour le copropriétaire est de savoir quelles conditions vérifier pour que sa participation à distance produise tous ses effets. ### Les textes qui autorisent la participation à distance L'article 13-1 de la loi du 10 juillet 1965 constitue le socle légal. Il autorise la participation par visioconférence ou tout moyen électronique équivalent, sous réserve que le dispositif permette l'identification du copropriétaire et garantisse sa participation effective aux débats et aux votes. Le décret du 17 mars 1967 fixe les règles de forme dans ses articles 9 et suivants. Il impose notamment la mention, dans la convocation, des modalités techniques proposées pour participer à distance. Le même décret prévoit, en annexe, un formulaire type de vote par correspondance que le syndic doit joindre à la convocation lorsqu'il propose cette modalité. Le service-public.fr (fiche F2632) confirme l'architecture juridique : le syndic peut proposer ces modalités de sa propre initiative ou à la demande de copropriétaires, sauf restriction dans le règlement de copropriété. ### Ce que le règlement de copropriété peut changer Le règlement de copropriété ne peut pas interdire purement et simplement la participation à distance lorsque celle-ci est prévue par la loi. En revanche, il peut en restreindre les modalités. Par exemple, exiger que la visioconférence utilise un système d'authentification renforcée, ou imposer que le vote par correspondance soit adressé par lettre recommandée plutôt que par courriel. Le syndic a l'obligation de vérifier la compatibilité entre les modalités qu'il propose et les stipulations du règlement. Un copropriétaire qui constaterait une contradiction peut la signaler avant l'AG, idéalement par écrit. Passé le délai de convocation de 21 jours, si le règlement n'a pas été respecté sur ce point, la validité des résolutions pourrait être contestée dans les conditions de l'[article sur les règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). ## Les trois façons de participer à distance à une AG de copropriété Trois mécanismes distincts permettent au copropriétaire de ne pas se rendre physiquement à l'assemblée générale. Les confondre est une erreur fréquente, aux conséquences parfois lourdes pour la validité des votes. Chaque modalité obéit à ses propres règles de forme et de délai. Notre analyse [ag copropriété en visioconférence : ce que dit la loi](/charges/ag-copropriete-visioconference-loi-regles/) éclaire ce point. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [vice de forme ag copropriété : délais, causes et procédure](/assemblee/vice-de-forme-assemblee-generale-copropriete/). Voir aussi notre article [assemblée générale en ligne en copropriété, mode d'emploi](/charges/assemblee-generale-en-ligne-copropriete/). Le point commun : l'identité du copropriétaire doit être vérifiable et sa volonté clairement exprimée. La différence majeure tient au moment où le vote est émis (avant ou pendant l'AG) et au support utilisé (écrit ou électronique en direct). ### Le vote par correspondance : avant l'AG, par écrit Le copropriétaire remplit un formulaire réglementaire, vote pour ou contre chaque résolution, et le renvoie au syndic avant la tenue de l'assemblée. Ce formulaire doit impérativement être joint à la convocation. Le syndic ne peut pas se contenter d'inviter les copropriétaires à le télécharger sur un site internet. Sur le formulaire, le copropriétaire coche pour chaque résolution projetée : « pour », « contre » ou « abstention ». Il peut aussi assortir son vote de réserves. Une fois le bulletin reçu par le syndic, le vote est définitif : le copropriétaire qui a voté par correspondance ne peut plus participer à la même AG en présentiel ou en visioconférence. Son vote est comptabilisé dans le quorum comme s'il était physiquement présent. Le délai d'envoi n'est pas fixé par la loi, mais le formulaire doit parvenir au syndic avant l'ouverture de la séance. En pratique, un envoi trois jours ouvrés avant la date de l'AG constitue un minimum prudent pour garantir sa prise en compte. ### La visioconférence : participer en temps réel sans se déplacer La visioconférence ou la conférence téléphonique permet au copropriétaire de suivre les débats et de voter en direct, comme s'il était dans la salle. La condition légale posée par l'article 13-1 de la loi de 1965 est double : le dispositif doit permettre de vérifier l'identité du participant, et lui garantir la possibilité de s'exprimer et de voter simultanément avec les copropriétaires présents physiquement. La convocation doit préciser le moyen technique retenu (lien de connexion, numéro d'appel, horaires de connexion) et les modalités d'identification. Le syndic doit s'assurer que le dispositif fonctionne pour tous les participants, faute de quoi la validité des résolutions pourrait être remise en cause. À la différence du vote par correspondance, le participant en visioconférence peut prendre part aux discussions, poser des questions, amender les résolutions dans les limites fixées par l'ordre du jour. Son vote est émis en temps réel, en même temps que celui des copropriétaires en présentiel. ### Le pouvoir : déléguer son vote à distance Le copropriétaire qui ne peut ni se déplacer ni participer en visioconférence peut donner pouvoir à un tiers : un autre copropriétaire, son conjoint, un partenaire de Pacs, ou le syndic. Le pouvoir peut être transmis par courriel, par courrier ou par tout autre moyen écrit, sans formalisme particulier autre que la signature du mandant. Un copropriétaire présent physiquement ou en visioconférence ne peut pas détenir plus de trois pouvoirs, sauf si le total de ses voix et de celles des mandants n'excède pas 10 % des voix du syndicat. Le syndic, lui, ne peut pas recevoir de pouvoir s'il est aussi le président de séance. > 💡 À noter : un pouvoir donné par courriel sans signature scannée peut être contesté. La signature manuscrite ou électronique constitue une précaution élémentaire pour sécuriser le mandat. Le mandataire vote selon les instructions du mandant. En l'absence d'instructions sur une résolution particulière, il vote librement, ce qui peut conduire à des résultats contraires aux souhaits du copropriétaire absent. ## Comment le syndic doit convoquer et organiser une AG à distance La convocation est le nerf de la guerre. Un oubli dans sa rédaction peut entraîner l'annulation de toutes les résolutions adoptées. Le syndic doit respecter un formalisme strict, prévu par le décret du 17 mars 1967, et anticiper les aspects techniques de la participation à distance. Le délai de convocation reste de 21 jours au moins avant la date de l'AG, comme pour toute assemblée générale. Un envoi tardif expose le syndic à un recours pour nullité. Les règles sont identiques, que l'AG se tienne en présentiel, à distance ou sous une forme mixte. Consultez notre article sur [la convocation hors délai et ses conséquences](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) pour approfondir ce point. ### Les mentions obligatoires dans la convocation La lettre de convocation doit préciser, outre les mentions classiques (date, heure, lieu, ordre du jour) : - **La possibilité de voter par correspondance**, avec le formulaire réglementaire joint en annexe. Le syndic ne peut pas renvoyer à un téléchargement en ligne, sauf si tous les copropriétaires y ont expressément consenti. - **Les modalités techniques de la visioconférence** ou de la conférence téléphonique, si cette option est proposée. Le lien de connexion, le numéro d'appel et les horaires de connexion doivent être indiqués. - **La possibilité de donner pouvoir**, avec la mention du destinataire possible (autre copropriétaire, syndic) et des règles de plafonnement. - **Le rappel du délai de 21 jours** et des voies de recours en cas d'irrégularité. L'absence de l'une de ces mentions, lorsqu'elle affecte la participation effective d'un copropriétaire, constitue un vice susceptible d'entraîner la nullité des résolutions. ### Cas pratique : une AG de 20 lots organisée en partie à distance Prenons le cas d'une copropriété de 20 lots, située en périphérie lyonnaise. Le syndic envoie les convocations le 15 mars 2026 pour une AG fixée au 8 avril 2026, soit un délai de 24 jours, conforme aux 21 jours réglementaires. La convocation propose trois modalités : présentiel, vote par correspondance (formulaire joint) et visioconférence (lien Zoom fourni). Sur les 20 copropriétaires, 12 sont présents ou représentés le jour de l'AG : 7 en présentiel, 3 en visioconférence, 2 par pouvoir. Le quorum est atteint (plus de la moitié des voix). Trois copropriétaires ont voté par correspondance avant l'AG. Leurs bulletins sont dépouillés en même temps que les votes en direct. Leurs voix sont comptabilisées dans le calcul de chaque majorité, comme s'ils étaient assis dans la salle. Le total des voix exprimées sur une résolution soumise à l'article 25 (majorité absolue) atteint 16 voix, dont 3 issues des votes par correspondance et 4 issues des participants en visioconférence. La résolution est adoptée à 11 voix pour, 5 contre. Aucune contestation n'est soulevée, le PV est signé dans les conditions habituelles et consigné dans le [registre d'assemblée générale en copropriété](/assemblee/registre-assemblee-generale-copropriete/). ## Quorum et majorités : les règles ne changent pas à distance Un copropriétaire qui vote à distance, que ce soit par correspondance, en visioconférence ou par pouvoir, est comptabilisé comme présent pour le calcul du quorum. Ses voix pèsent du même poids que celles d'un copropriétaire physiquement présent dans la salle. Les règles de majorité ne sont pas modifiées par le mode de participation : - **Article 24** : majorité simple des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés. Un vote par correspondance compte comme une voix exprimée. - **Article 25** : majorité absolue des voix de tous les copropriétaires (présents, représentés et absents). Les votes par correspondance et en visioconférence sont comptabilisés normalement. Les absents non représentés comptent comme un vote défavorable. - **Article 26** : double majorité (majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix). Même logique d'intégration des voix à distance. Le procès-verbal doit mentionner distinctement le nombre de copropriétaires ayant participé par chaque modalité. Cette transparence facilite le contrôle a posteriori par un copropriétaire qui envisagerait un recours. Pour une présentation détaillée des seuils et des mécanismes de vote, l'[article sur les règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) fait le point complet. ## L'erreur qui invalide toutes les résolutions de votre AG à distance L'erreur la plus fréquente, et la plus lourde de conséquences, est l'absence du formulaire de vote par correspondance dans la convocation. Le syndic mentionne bien la possibilité de voter à distance, mais omet de joindre le document réglementaire. Résultat : un ou plusieurs copropriétaires n'ont pas pu voter par correspondance faute de support adéquat. Ce vice de forme peut entraîner l'annulation de toutes les résolutions adoptées lors de l'assemblée, et pas seulement celles concernant les copropriétaires lésés. La jurisprudence constante retient que l'absence de formulaire constitue une atteinte au droit de participation, qui vicie la procédure dans son ensemble. ### Pourquoi l'absence du formulaire de vote est un vice de forme Le formulaire de vote par correspondance n'est pas une simple commodité. Il figure en annexe du décret du 17 mars 1967 et sa communication aux copropriétaires constitue une obligation légale du syndic. Sans ce formulaire, le copropriétaire ne peut pas exprimer valablement sa volonté sur chaque résolution. Une autre irrégularité fréquente : le syndic qui se borne à indiquer qu'une visioconférence sera organisée « si nécessaire » ou « sur demande », sans fournir le lien de connexion ni les modalités techniques dans la convocation. Là encore, la participation à distance est entravée de fait, même si elle est formellement annoncée. > ⚠️ Attention : un copropriétaire qui découvre l'irrégularité après l'AG ne doit pas attendre. Le délai de recours est bref et se compte en semaines, pas en mois. ### Le recours en nullité : délai et procédure Le copropriétaire qui s'estime lésé par une irrégularité dans l'organisation de l'AG à distance dispose d'un délai de **deux mois** pour agir en justice. Ce délai court à compter de la notification du procès-verbal de l'assemblée. Le recours est porté devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. Le copropriétaire peut agir seul, sans mandat du syndicat. Il doit démontrer que l'irrégularité lui a causé un grief, c'est-à-dire qu'elle l'a empêché d'exercer son droit de vote ou d'information. L'absence de formulaire de vote par correspondance constitue presque toujours un grief, car elle prive le copropriétaire de la faculté de voter à distance. En revanche, un simple problème technique ponctuel pendant la visioconférence (micro coupé quelques minutes) ne suffit généralement pas à justifier l'annulation des résolutions, sauf s'il est démontré qu'il a empêché le copropriétaire de voter sur une ou plusieurs questions. Le juge apprécie souverainement la gravité du vice. Il peut prononcer l'annulation de toutes les résolutions, ou seulement de celles directement affectées par l'irrégularité. Dans tous les cas, un avocat spécialisé en droit immobilier est indispensable pour évaluer les chances de succès d'un tel recours. ## Outils pratiques pour une AG à distance réussie Aucun outil n'est officiellement homologué par les pouvoirs publics pour la tenue d'une AG de copropriété à distance. Le syndic choisit librement sa solution technique, sous réserve du respect des exigences légales d'identification et de participation effective. Les outils de visioconférence grand public (Zoom, Microsoft Teams, Google Meet) sont les plus utilisés. Des plateformes spécialisées comme Syndic.one ou Matera intègrent des fonctionnalités de gestion de copropriété, incluant le vote électronique et la traçabilité des décisions. Le guide de la MAIF sur l'organisation d'une assemblée générale à distance (destiné aux associations mais transposable) rappelle les bonnes pratiques : test préalable du matériel, solution de secours en cas de panne, enregistrement de la séance avec accord des participants. ### Critères pour choisir un outil de visioconférence Trois critères doivent guider le choix du syndic : - **La vérification d'identité**. L'outil doit permettre de s'assurer que chaque participant connecté est bien le copropriétaire qu'il prétend être. Une simple adresse email ne suffit pas. L'affichage du nom complet et, idéalement, l'activation de la caméra pendant un tour de table initial constituent des garanties minimales. - **La traçabilité des votes**. Le procès-verbal doit pouvoir retracer qui a voté quoi. Les fonctions de chat avec horodatage ou les modules de sondage intégrés facilitent cette traçabilité. Un simple vote à main levée devant une caméra est plus difficile à documenter. - **La stabilité de la connexion**. Un participant qui perd la connexion pendant un vote crucial fragilise la résolution correspondante. Le syndic doit prévoir une procédure de repli : suspension de séance de quelques minutes, ou possibilité de confirmer son vote par téléphonà un report de séance. Le syndic convoque alors une nouvelle assemblée dans les conditions habituelles, en tirant les conséquences de la défaillance technique pour éviter qu'elle ne se reproduise. > **Points clés** > > - Le cadre légal (loi du 10 juillet 1965 et décret du 17 mars 1967) autorise pleinement la participation à distance à une AG de copropriété, sous trois formes distinctes > - Le formulaire réglementaire de vote par correspondance doit impérativement être joint à la convocation : son absence peut entraîner la nullité de toutes les résolutions > - Les règles de quorum et de majorité (articles 24, 25 et 26) restent inchangées quel que soit le mode de participation à distance > - Le délai de recours contre une résolution adoptée lors d'une AG à distance est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2632) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508758) - [maif.fr](https://www.maif.fr/associations/guides-fonctionnement/organiser-assemblee-generale-a-distance)

Fiche pratique

Délai de convocation21 jours minimum avant la date de l'AG (décret du 17 mars 1967)
Formulaire de vote par correspondanceAnnexé obligatoirement à la convocation (modèle réglementaire du décret du 17 mars 1967)
Délai de renvoi du formulaireAvant l'ouverture de la séance de l'AG (prudence : 3 jours ouvrés avant)
Majorité simple (art. 24)Majorité des voix exprimées des présents et représentés (y compris à distance)
Majorité absolue (art. 25)Majorité des voix de tous les copropriétaires (absents = vote contre)
Double majorité (art. 26)Majorité des membres + deux tiers des voix du syndicat
Recours en nullité2 mois à compter de la notification du PV (tribunal judiciaire)
Textes de référenceLoi du 10 juillet 1965, décret du 17 mars 1967, ordonnance du 25 mars 2020 (covid)
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Procuration AG copropriété : modèle PDF gratuit et règles URL: https://copro-guide.fr/assemblee/procuration-assemblee-generale-copropriete-pdf/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-10 Mot-clé ciblé: procuration assemblée générale pdf Téléchargez un modèle de procuration assemblée générale PDF conforme à la loi de 1965. Mentions obligatoires, qui peut être mandataire, règles de vote **Un copropriétaire absent à l'assemblée générale peut se faire représenter par un mandataire muni d'une procuration écrite, conformément à l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965. Le mandataire ne peut détenir plus de trois procurations, sauf si le total des voix ne dépasse pas 5 % des voix du syndicat. Le syndic ne peut pas recevoir de mandat pour voter.** Une procuration pour assemblée générale de copropriété permet à tout copropriétaire absent de se faire représenter et de voter par l'intermédiaire d'un mandataire. Ce droit, prévu par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965, est encadré par des restrictions précises : le choix du mandataire n'est pas libre, le nombre de mandats détenus est plafonné, et certaines erreurs de rédaction rendent le document nul en séance. Voici les règles à connaître pour que votre voix compte, même sans vous déplacer. > **En bref** > > - Le mandataire ne peut pas être le syndic, son conjoint, ses préposés ou collaborateurs (art. 22, loi du 10 juillet 1965). > - Plafond de trois procurations par mandataire, sauf si le total des voix représentées ne dépasse pas 5 % des voix du syndicat. > - Une procuration non signée ou non datée est systématiquement rejetée par le bureau de l'assemblée. > - La procuration en blanc remise au syndic est nulle ; remise à un copropriétaire identifiable, elle peut être acceptée. > - Le PV d'assemblée générale doit obligatoirement mentionner les procurations reçues et les consigner au registre d'AG. Pour vous assurer de la conformité de ce document, vous pouvez consulter notre [modèle PV d'AG copropriété 2026 : mentions obligatoires](/assemblee/modele-pv-ag-copropriete/) et vérifier que toutes les informations nécessaires sont présentes. ## Ce que dit la loi sur la procuration en assemblée générale de copropriété La procuration en assemblée générale de copropriété trouve son fondement dans la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis. Le principe est simple : aucun copropriétaire ne perd son droit de vote parce qu'il est absent le jour J. L'article 22 pose une règle claire : tout copropriétaire peut se faire représenter par un mandataire, membre ou non du syndicat. Ce droit n'est toutefois pas absolu. Le même article 22 fixe un plafond : un mandataire ne peut recevoir plus de trois délégations de vote. Une exception existe : ce plafond tombe si le total des voix détenues par le mandataire (ses propres voix + celles de ses mandants) ne dépasse pas 5 % des voix du syndicat. Dans une petite copropriété de 4 lots, un copropriétaire détenant 250 millièmes pourrait donc représenter ses trois voisins sans franchir le seuil. Le décret du 17 mars 1967, dans son article 17, impose au syndic de joindre un formulaire de procuration à la convocation. Cette obligation garantit que chaque copropriétaire dispose matériellement du moyen d'exercer son droit de vote à distance. La convocation envoyée par le syndic doit donc comporter ce formulaire, sauf à entacher la régularité de l'assemblée. ### Article 22 de la loi du 10 juillet 1965 : le fondement juridique L'article 22 constitue la pierre angulaire du vote par procuration en copropriété. Il dispose que « tout copropriétaire peut déléguer son droit de vote à un mandataire, que ce dernier soit ou non membre du syndicat ». Le texte instaure un mécanisme de plafonnement pour éviter la concentration des pouvoirs : trois mandats maximum par personne. L'exception des 5 % mérite attention. Prenons une copropriété de 20 lots totalisant 10 000 voix (tantièmes). Un mandataire peut détenir plus de trois procurations si le total cumulé : ses voix propres incluses : reste inférieur à 500 voix (5 % de 10 000). Dès le 501e voix, le plafond de trois mandats redevient applicable. Cette mécanique protège les petits porteurs de tantièmes contre l'accaparement du vote par un gros copropriétaire. ### Qui peut recevoir une procuration ? Les restrictions légales Le mandataire peut être un autre copropriétaire, un locataire, un membre de la famille, un ami, ou toute personne extérieure au syndicat. Une seule catégorie est explicitement exclue par la loi : le syndic, son conjoint, ses préposés, ses ascendants, descendants et collaborateurs. Cette interdiction vise à préserver l'indépendance de l'assemblée générale vis-à-vis du gestionnaire de l'immeuble. Le président du conseil syndical peut parfaitement recevoir des procurations. C'est même une pratique fréquente. Un membre du conseil syndical qui détiendrait trois mandats en plus du sien participe activement au débat tout en portant la voix des absents. La jurisprudence rappelle régulièrement que le syndic ne peut ni recevoir ni solliciter de mandat, sous peine d'annulation des votes correspondants. ## Mentions obligatoires : ce que doit contenir votre procuration Une procuration en assemblée générale de copropriété n'est soumise à aucun formalisme rigide. Aucun texte n'impose un modèle unique. Pour autant, plusieurs mentions sont indispensables pour que le document soit accepté par le bureau de l'assemblée et produise ses effets. Retrouvez tous les détails dans [règlement de copropriété pdf : où le trouver](/charges/reglement-copropriete-pdf/). Le document doit impérativement identifier le mandant (nom, prénom, lot) et le mandataire (nom, prénom). Il doit désigner l'assemblée concernée : sa date, l'adresse du lieu de réunion, et idéalement l'ordre du jour. La signature du mandant est obligatoire : une procuration non signée sera rejetée en séance. La date de signature est également requise, ne serait-ce que pour attester que le mandat a été donné avant le scrutin. Le syndic joint habituellement un formulaire détachable à la convocation, conformément à l'article 17 du décret du 17 mars 1967. Vous pouvez utiliser ce formulaire ou en créer un sur papier libre, dès lors que les mentions ci-dessus figurent. ### Identité des parties et référence à l'assemblée L'identité complète du mandant et du mandataire constitue le cœur de la procuration. Sans nom de mandataire, le syndic ne peut pas savoir qui vote à la place du copropriétaire absent. Le numéro de lot du mandant est également utile : il permet au syndic de pointer la feuille de présence et de vérifier que le mandant est bien copropriétaire. La référence à l'assemblée concernée est tout aussi capitale. Date, heure et lieu de la convocation doivent figurer sur le document. Un mandat donné pour « la prochaine AG » sans précision de date pourrait être contesté. Mieux vaut recopier les informations exactes de la convocation : « Assemblée générale du 15 juin 2026 à 18h, salle polyvalente du 12 rue des Lilas ». ### La procuration en blanc : autorisée ou interdite ? La procuration en blanc, c'est-à-dire sans nom de mandataire, suscite des interrogations légitimes. La loi du 10 juillet 1965 ne l'interdit pas expressément. Pourtant, sa validité dépend du contexte. Une procuration en blanc remise directement au syndic est nulle : le syndic ne peut pas choisir lui-même le mandataire, car cela reviendrait à contourner l'interdiction qui lui est faite de recevoir des mandats. En revanche, une procuration en blanc confiée à un copropriétaire identifiable (par exemple un voisin de palier) peut être jugée valable. Le mandataire est alors désigné implicitement comme le dépositaire du document. Pour éviter toute contestation, le plus sûr reste de nommer explicitement le mandataire sur le formulaire. La Cour de cassation a eu l'occasion de rappeler ce principe dans plusieurs arrêts relatifs à la liberté de vote en copropriété. ## Modèle de procuration : guide de remplissage annotation par annotation Prenons un cas concret. Mme Dupont, propriétaire du lot n° 7 (120 millièmes) dans une copropriété de 15 lots totalisant 10 000 voix, ne peut assister à l'AG du 15 juin 2026. Elle mandate son voisin M. Martin, propriétaire du lot n° 12 (200 millièmes), qui détient déjà une procuration d'un autre copropriétaire (M. Leroy, lot n° 3, 180 millièmes). Avant d'accepter, M. Martin vérifie le plafond. En cumulant ses voix propres (200), celles de M. Leroy (180) et celles de Mme Dupont (120), il atteint 500 voix. Le seuil de 5 % du syndicat est de 500 voix (5 % × 10 000). Le plafond est juste atteint : M. Martin peut accepter la procuration de Mme Dupont sans dépasser le plafond des trois mandats, car ses voix cumulées n'excèdent pas 5 %. Une fois le formulaire rempli, Mme Dupont le signe, le date et le transmet à M. Martin avant le jour J. M. Martin le remettra au syndic au moment de l'émargement de la feuille de présence. ### Scénario pas à pas : remplir la procuration de A à Z Voici comment remplir chaque champ, en reprenant le cas de Mme Dupont. Champ 1 : « Je soussigné(e) » : indiquer « Mme Dupont Marie, copropriétaire du lot n° 7 ». Champ 2 : « Donne procuration à » : indiquer « M. Martin Pierre, copropriétaire du lot n° 12 ». Champ 3 : « En vue de l'assemblée générale du » : indiquer « 15 juin 2026 à 18h, 12 rue des Lilas, 75000 Paris ». Champ 4 : signature et date, en bas du document. Si Mme Dupont souhaite donner des instructions de vote, elle peut cocher les cases « pour », « contre » ou « abstention » en regard de chaque résolution inscrite à l'ordre du jour. Ces instructions lient le mandataire. À défaut, M. Martin votera librement selon sa propre appréciation, dans l'intérêt de la copropriété. ### Délai de transmission au syndic : quelle date limite ? La loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967 ne fixent aucun délai légal explicite pour la remise de la procuration au syndic. En pratique, le mandataire présente la procuration au moment de l'émargement, en début de séance. Le syndic vérifie alors sa régularité et l'annexe à la feuille de présence. Il est toutefois prudent de transmettre la procuration au mandataire quelques jours avant l'assemblée. Si le mandataire est empêché au dernier moment, le mandant a le temps de désigner un autre représentant. Certains syndics demandent, dans la convocation, que les procurations leur parviennent la veille de l'AG. Cette exigence, purement pratique, n'a pas de fondement légal mais facilite l'organisation matérielle de la séance. Le PV d'assemblée générale consigne ensuite le nom de chaque mandataire et le nombre de mandats détenus. Le [PV d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) est un document essentiel qui récapitule toutes les décisions prises. ## Erreurs courantes qui font annuler une procuration en AG Trois pièges reviennent régulièrement et provoquent l'invalidation des procurations en séance. Le premier, et le plus fréquent, consiste à désigner le syndic comme mandataire. C'est interdit par l'article 22. Le syndic, lors de l'appel des présents et représentés, écartera systématiquement une procuration établie à son nom. La voix du copropriétaire absent est alors perdue. Le deuxième piège concerne le dépassement du plafond de mandats. Si un mandataire se présente avec quatre procurations alors que le total des voix dépasse 5 %, le syndic ne retient que les trois premières procurations remises. Les voix excédentaires tombent. Le troisième écueil est celui de la procuration non datée ou non signée. Le bureau de l'assemblée la rejette sans débat, car l'authenticité du mandat ne peut être vérifiée. La voix du copropriétaire n'est pas comptabilisée dans le quorum et les majorités. ### Désigner le syndic comme mandataire : pourquoi c'est risqué Donner procuration au syndic est la cause d'annulation la plus fréquente. L'article 22 de la loi du 10 juillet 1965 interdit au syndic, à son conjoint, à ses préposés et à ses collaborateurs de recevoir un mandat. La raison est simple : le syndic prépare l'ordre du jour, présente les comptes, propose des résolutions. Lui confier des voix supplémentaires créerait un conflit d'intérêts manifeste. Certains copropriétaires commettent cette erreur en croyant bien faire, surtout dans les petites copropriétés où le syndic est perçu comme un interlocuteur de confiance. Le résultat est toujours le même : la procuration est écartée, le vote n'est pas comptabilisé. Si un nombre significatif de procurations est annulé pour ce motif, le quorum peut ne pas être atteint et l'assemblée doit être reconvoquée. ### Mandataire déjà surchargé : vos voix peuvent être perdues Le plafond de trois mandats est impératif. Si vous confiez votre procuration à un copropriétaire qui en détient déjà trois autres, la vôtre sera la quatrième et ne sera pas comptabilisée, sauf à ce que le total des voix du mandataire reste sous les 5 %. Le syndic applique la règle mécaniquement au moment de l'émargement. Pour éviter cette situation, contactez le mandataire pressenti avant de remplir la procuration. Demandez-lui combien de mandats il détient déjà. Vérifiez également le total des voix si la copropriété est petite et que le seuil des 5 % pourrait jouer. Cette vérification prend deux minutes et sécurise votre vote. En pratique, les présidents de conseil syndical et les copropriétaires très impliqués sont souvent saturés de mandats. Orientez-vous plutôt vers un voisin moins sollicité. ## Procuration et règles de vote : quorum, majorités et pouvoirs du mandataire Le mandataire vote aux lieu et place du mandant. Sa voix s'ajoute à la sienne pour le calcul du quorum et des majorités. Les procurations sont prises en compte dans le calcul des voix présentes et représentées, ce qui peut faire basculer une décision. Une résolution soumise à la majorité de l'article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires) nécessite un calcul précis : chaque procuration compte. Le mandataire ne peut pas voter au-delà des instructions données par le mandant. Si la procuration comporte des consignes pour chaque résolution (pour, contre, abstention), le mandataire doit les respecter scrupuleusement. Sans consigne, il vote librement. Le PV d'assemblée générale mentionne les procurations reçues et leur répartition, généralement dans la partie « feuille de présence » ou en annexe. Ce document atteste de la régularité des votes par procuration. ### Ce que le mandataire peut voter à votre place Le mandataire dispose des mêmes prérogatives que le copropriétaire qu'il représente. Il peut voter toutes les résolutions inscrites à l'ordre du jour : approbation des comptes, quitus au syndic, travaux, budget prévisionnel, désignation du syndic, etc. Sa voix porte le poids des tantièmes du mandant, ni plus ni moins. Il ne peut en revanche pas modifier l'ordre du jour ni présenter une résolution nouvelle qui n'aurait pas été notifiée dans le délai légal. Le mandat est limité à l'assemblée pour laquelle il a été donné. Une procuration donnée pour l'AG du 15 juin ne vaut pas pour l'AG suivante. Chaque assemblée exige une procuration distincte. ### Procuration avec ou sans instructions : quelles différences ? La procuration avec instructions de vote est un mandat impératif. Le mandataire n'a aucune marge d'appréciation : il doit cocher les cases conformément aux souhaits du mandant pour chaque résolution. Ce type de procuration convient aux copropriétaires qui ont un avis tranché sur les sujets à l'ordre du jour mais ne peuvent pas se déplacer. La procuration sans instructions, dite en blanc au sens du vote, donne au mandataire une liberté totale. Il votera selon sa conscience et sa connaissance des dossiers. C'est la solution la plus courante pour les résolutions techniques (travaux, choix d'entreprises) où le mandant préfère s'en remettre au jugement d'un voisin averti. Dans les deux cas, le vote du mandataire est définitif et lie le mandant. ## Télécharger et utiliser votre modèle de procuration PDF Le modèle de procuration que vous recevez avec la convocation à l'assemblée générale est parfaitement utilisable. Le syndic a l'obligation légale de vous le fournir (article 17 du décret du 17 mars 1967). Vous pouvez également télécharger un modèle vierge sur service-public.fr et le conserver pour vos prochaines AG. Une fois le formulaire rempli, signé et daté, transmettez-le à votre mandataire. Conservez une copie ou une photo du document pour vos archives personnelles. Le jour de l'assemblée, le mandataire remet l'original au syndic lors de l'émargement. Le PV d'assemblée générale doit mentionner chaque procuration reçue, le nom du mandant et celui du mandataire. Ces informations sont ensuite consignées dans le registre d'assemblée générale de la copropriété, consultable par tout copropriétaire. Ces informations sont ensuite consignées dans le [registre d'assemblée générale en copropriété : obligations](/assemblee/registre-assemblee-generale-copropriete/), consultable par tout copropriétaire. Si vous gérez une petite copropriété, un [modèle de PV d'assemblée générale syndic bénévole gratuit](/syndic/modele-pv-assemblee-generale-syndic-benevole-gratuit/) peut vous être utile pour consigner ces informations. Un [exemple de PV d'assemblée générale d'association](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/) peut aussi offrir une base utile, bien que le contexte diffère.

Fiche pratique

Base légaleArticle 22 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 ; article 17 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967
Qui peut être mandataireToute personne, membre ou non du syndicat, sauf le syndic, son conjoint, ses préposés, collaborateurs, ascendants et descendants
Plafond de mandats3 procurations par mandataire, sauf si total des voix ≤ 5 % des voix du syndicat
Mentions obligatoiresIdentité du mandant (nom, prénom, lot), identité du mandataire, date et lieu de l'AG, signature et date du mandant
Délai de transmissionAucun délai légal ; le mandataire remet la procuration au syndic lors de l'émargement, en début de séance
Modèle officielFormulaire joint à la convocation par le syndic (obligation légale) ou disponible sur service-public.fr
ConservationCopie conservée par le mandant ; original annexé à la feuille de présence ; mention obligatoire dans le PV d'AG
## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508IE/) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2248) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000503917/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Quorum assemblée générale copropriété : les 3 seuils URL: https://copro-guide.fr/assemblee/quorum-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-09 Mot-clé ciblé: quorum assemblée générale Comprendre le quorum en assemblée générale de copropriété : seuils légaux, calcul en tantièmes, majorités requises et que faire si le quorum n'est pas atteint. Le quorum en assemblée générale de copropriété obéit à une logique singulière qui déroute souvent les nouveaux copropriétaires. Contrairement aux associations ou aux sociétés commerciales, la copropriété n'impose aucun seuil minimal de présence pour délibérer. Ce qui détermine l'adoption d'une résolution, c'est la majorité des voix exprimées, pondérée par les tantièmes attachés à chaque lot. Comprendre cette mécanique évite bien des déconvenues au moment du vote et protège contre les risques de contestation. Voici le détail des quatre régimes de majorité, leur calcul concret et les pièges à éviter.

Comparatif en un coup d'œil

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Régime de majoritéBase légaleSeuil requisAssiette de calculTypes de décisions concernées
Majorité simple (art. 24)Article 24, loi du 10 juillet 1965Majorité des voix expriméesCopropriétaires présents ou représentésBudget prévisionnel, approbation des comptes, entretien courant, travaux de conservation
Majorité absolue (art. 25)Article 25, loi du 10 juillet 1965Majorité des voix de tous les copropriétaires (> 50 % des tantièmes totaux)Tous les copropriétaires (présents, représentés et absents)Travaux d'amélioration, mandat du syndic, autorisation de travaux privatifs affectant les parties communes
Double majorité (art. 26)Article 26, loi du 10 juillet 1965Majorité des copropriétaires (par tête) + ⅔ des tantièmes totauxTous les copropriétaires (double condition : tête + tantièmes)Suppression du poste de concierge, modification du règlement de copropriété, acquisition de parties privatives
UnanimitéLoi du 10 juillet 1965 (articles 26 et 35)Accord de la totalité des copropriétaires (100 %)Tous les copropriétaires sans exceptionModification de la répartition des charges, vente de parties communes essentielles, surélévation
## Qu'est-ce que le quorum en assemblée générale de copropriété ? La notion de quorum renvoie habituellement au nombre minimal de participants requis pour qu'une assemblée puisse valablement délibérer. Dans une association loi 1901 ou une société anonyme, si ce seuil n'est pas atteint, l'assemblée est tout simplement reportée. La copropriété fonctionne différemment. La loi du 10 juillet 1965 ne prévoit aucun quorum de présence. Une assemblée générale de copropriété peut se tenir avec deux copropriétaires présents comme avec quinze. Le seul prérequis tient à la régularité de la convocation et au respect du délai légal de 21 jours avant la date de l'AG. Ce qui compte réellement, c'est le poids des voix exprimées lors du vote de chaque résolution. Ce poids est mesuré en tantièmes, c'est-à-dire en millièmes de la copropriété rattachés à chaque lot. Et selon la nature de la décision à prendre, la loi impose une majorité spécifique. Un copropriétaire averti doit donc déplacer son attention du « qui est là » vers le « combien de tantièmes sont requis pour que ça passe ». C'est cette bascule conceptuelle qui permet de naviguer sereinement dans les règles de l'assemblée générale. Pour approfondir cette mécanique, consultez notre guide sur toutes les règles de vote en AG de copropriété. Pour aller plus loin sur ce thème, découvrez l'importance de l'[assemblée générale copropriété obligatoire](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-obligatoire/). ### Quorum vs majorité : deux notions à ne pas confondre Le quorum de présence répond à la question : l'assemblée peut-elle siéger ? La majorité de vote répond à une tout autre question : la résolution est-elle adoptée ? En copropriété, la première question est évacuée par la loi : l'AG siège valablement sans condition de participation minimale. La seconde question mobilise quatre régimes distincts, codifiés aux articles 24, 25, 25-1 et 26 de la loi du 10 juillet 1965, auxquels s'ajoute le cas limite de l'unanimité. Cette absence de quorum produit une conséquence pratique immédiate : un copropriétaire qui s'abstient de venir ne bloque pas la tenue de l'assemblée. En revanche, son absence réduit mécaniquement le nombre de tantièmes mobilisables, ce qui peut compliquer l'atteinte de certaines majorités. ### Les tantièmes : l'unité de mesure du poids de chaque voix Chaque lot de copropriété se voit attribuer une quote-part de parties communes, exprimée en tantièmes (millièmes). Le total des tantièmes de l'immeuble s'élève à 1 000, ou à 10 000 dans les grandes copropriétés. Ces tantièmes figurent dans le règlement de copropriété et constituent la véritable monnaie de vote. Un lot de 150 tantièmes pèse trois fois plus qu'un lot de 50 tantièmes. Lors du décompte des voix, chaque résolution additionne les tantièmes des copropriétaires ayant voté pour, contre, ou s'étant abstenus, selon le régime de majorité applicable. Le syndic, chargé du décompte, consigne ces résultats dans le procès-verbal. Une erreur de calcul des tantièmes peut constituer un motif de contestation de la résolution dans le délai de deux mois suivant la notification du PV. ## Les quatre majorités prévues par la loi du 10 juillet 1965 La loi du 10 juillet 1965 organise un gradation des majorités selon la gravité ou l'importance des décisions soumises au vote. Plus la décision impacte la structure de la copropriété ou les droits des copropriétaires, plus le seuil requis s'élève. À lire aussi : [modifier un règlement de copropriété : majorité et coût](/charges/comment-modifier-reglement-copropriete-majorite-cout/). Cette architecture à quatre niveaux répond à un compromis entre efficacité décisionnelle et protection des intérêts individuels. Les décisions courantes passent à la majorité simple pour ne pas paralyser la gestion. Les décisions qui engagent financièrement le syndicat sur le long terme exigent des seuils plus protecteurs. Concrètement, chaque résolution inscrite à l'ordre du jour doit préciser l'article de la loi sur lequel elle est fondée. Cette mention obligatoire permet à chaque copropriétaire de savoir, avant le vote, quel seuil devra être franchi. ### Majorité simple (article 24) : décisions courantes La majorité simple, prévue à l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965, constitue le régime de droit commun. Elle s'applique à toutes les décisions qui ne relèvent pas expressément d'un autre article. Le seuil est le suivant : la résolution est adoptée si elle recueille la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés. Les abstentions et les votes blancs ne sont pas comptabilisés comme des votes contre : ils sont simplement écartés du décompte. Parmi les décisions relevant de l'article 24 figurent l'approbation des comptes de l'exercice clos, le vote du budget prévisionnel, la désignation ou le renouvellement du syndic (sauf mandat excédant un an), l'autorisation de travaux d'entretien courant, ou encore les décisions relatives au conseil syndical. Une subtilité : les copropriétaires absents et non représentés ne pèsent pas dans le calcul. Seuls les tantièmes des présents et représentés comptent, ce qui rend cette majorité plus accessible que la majorité absolue de l'article 25. ### Majorité absolue (article 25) : travaux et mandats La majorité absolue, régie par l'article 25, constitue un cran au-dessus. Ici, la résolution doit obtenir la majorité des voix de **tous** les copropriétaires du syndicat, qu'ils soient présents, représentés ou absents. Le calcul s'effectue donc sur le total des tantièmes de l'immeuble, soit 1 000 (ou 10 000). Le seuil à franchir est de **501 tantièmes** (ou 5 001). Peu importe que l'assemblée ne réunisse que 400 tantièmes le jour du vote : une résolution article 25 ne pourra mathématiquement pas être adoptée dans cette configuration. Les décisions relevant de l'article 25 incluent la désignation du syndic pour un mandat supérieur à un an, la réalisation de travaux d'entretien ou d'amélioration des parties communes, l'installation de dispositifs de sécurité (digicode, interphone), la modification de la répartition des charges entraînée par des travaux, ou encore l'autorisation de travaux affectant les parties communes. Le détail complet est accessible sur [le site service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2548). Pour comprendre les implications de l'[article 25 copropriété](/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/) et son application, il est essentiel de bien connaître ces règles. > 💡 À noter : un copropriétaire peut déléguer son vote par procuration à toute personne de son choix, même extérieure au syndicat. Ces voix représentées s'ajoutent aux voix des présents pour le calcul. ### Double majorité (article 26) : décisions lourdes L'article 26 instaure une double condition cumulative, d'où son nom de double majorité. Pour être adoptée, la résolution doit réunir simultanément deux majorités : d'une part, la majorité des copropriétaires de l'immeuble en nombre (et non en tantièmes), et d'autre part, une majorité représentant au moins les **deux tiers** des voix de tous les copropriétaires. Le premier critère se compte par tête. Dans un immeuble de 15 lots, il faut au moins 8 copropriétaires favorables. Le second critère se compte en tantièmes : au moins 667 tantièmes sur 1 000. Les décisions visées par l'article 26 sont les plus lourdes : suppression du poste de concierge ou de gardien, travaux de surélévation ou d'excavation, acquisition ou vente de parties communes, modification du règlement de copropriété concernant la destination de l'immeuble. Cette liste n'est pas exhaustive et figure dans le texte même de la loi du 10 juillet 1965. > ⚠️ Attention : même si 80 % des tantièmes sont favorables, la résolution peut échouer si le nombre de copropriétaires favorables est inférieur à la majorité des copropriétaires de l'immeuble. ### L'unanimité : cas rares mais contraignants Certaines décisions, touchant aux droits fondamentaux des copropriétaires, exigent l'unanimité. Tous les copropriétaires, sans exception, doivent voter en faveur de la résolution. Les cas concernés sont notamment l'aliénation de parties communes (vente d'une cour, d'un local commun), la modification de la répartition des charges non consécutive à des travaux, la suppression d'un service collectif mentionné dans le règlement de copropriété, ou encore la modification de la destination de l'immeuble. En pratique, l'unanimité est rarement atteinte. Un seul opposant, même détenant un lot de quelques tantièmes, bloque la décision. Cette exigence protège la minorité contre des décisions qui altéreraient structurellement la copropriété. ## Comment calculer concrètement si une résolution est adoptée : cas pratique chiffré Passer de la théorie au calcul concret aide à mesurer la portée des règles de majorité. Prenons l'exemple d'un immeuble fictif de 10 lots totalisant 1 000 tantièmes. Six copropriétaires sont présents ou représentés le jour de l'assemblée, totalisant 600 tantièmes. Le syndic met au vote une résolution de ravalement de façade, fondée sur l'article 25. Sur les 600 tantièmes présents, 550 votent pour, 50 votent contre. Le calcul est le suivant : l'article 25 exige la majorité des voix de tous les copropriétaires, soit un seuil de **501 tantièmes** (1 000 ÷ 2 + 1). Les 550 tantièmes favorables dépassent ce seuil : la résolution est adoptée. Supposons maintenant que la même résolution soit soumise au vote de l'article 26. Le premier critère exige la majorité des copropriétaires en nombre : avec 6 copropriétaires favorables sur 10, le seuil de 6 est tout juste atteint. Le second critère exige les deux tiers des voix, soit **667 tantièmes**. Les 550 voix pour sont insuffisantes : la résolution échoue. Ce scénario illustre le caractère cumulatif et plus exigeant de la double majorité, qui bloque une résolution même quand une majorité confortable des présents l'approuve. ### Étape 1 : recenser les tantièmes présents et représentés Le syndic commence par établir la feuille de présence. Chaque copropriétaire signe et indique s'il est présent ou représenté. Le syndic additionne les tantièmes correspondants. Dans notre immeuble de 1 000 tantièmes, avec 600 tantièmes présents ou représentés, seuls ces 600 tantièmes peuvent s'exprimer sur une résolution article 24. Les 400 tantièmes restants, correspondant aux absents non représentés, ne comptent pas dans le décompte de l'article 24 mais pèsent dans celui des articles 25 et 26. Le syndic doit également vérifier qu'aucun copropriétaire ne détient, par l'effet des mandats, un nombre de voix supérieur à la limite légale. Cette vérification prévient les contestations ultérieures. ### Étape 2 : appliquer le seuil selon l'article visé Pour chaque résolution, le syndic applique le seuil correspondant à l'article mentionné dans la convocation : Connaître les règles précises de [vote en AG copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) est essentiel pour chaque copropriétaire. - **Article 24** : compter les voix pour et les voix contre parmi les seuls présents et représentés. Les abstentions sont ignorées. Si les pour l'emportent sur les contre, la résolution est adoptée. - **Article 25** : additionner les tantièmes favorables et vérifier qu'ils atteignent **501** (pour 1 000 tantièmes). Les votes contre et les abstentions comptent comme défavorables. - **Article 26** : vérifier d'abord le nombre de copropriétaires favorables (au moins 6 sur 10, 8 sur 15, etc.), puis vérifier que leurs tantièmes cumulés atteignent les **deux tiers** du total. - **Unanimité** : s'assurer qu'aucune voix ne manque. ### Exemple : vote d'un ravalement de façade en article 25 Reprenons l'exemple du ravalement. Immeuble de 1 000 tantièmes, 10 lots. Six copropriétaires présents ou représentés totalisent 600 tantièmes. Le vote donne 550 pour, 50 contre. Le seuil de l'article 25 se calcule sur le total des 1 000 tantièmes : il faut 501 voix favorables. Avec 550, la résolution passe. Imaginons maintenant une participation plus faible : seulement 4 copropriétaires présents, totalisant 350 tantièmes, tous votant pour. Même à l'unanimité des présents, la résolution article 25 échoue : 350 < 501. Ce blocage est la conséquence directe de l'assiette de calcul, qui intègre tous les copropriétaires, présents ou non. > 📌 Important : le résultat du vote et le détail du décompte doivent figurer au procès-verbal. Le PV constitue la preuve de la régularité de la décision. Consultez notre article sur le [compte rendu d'assemblée générale en copropriété](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/) pour connaître les mentions obligatoires. ## Que se passe-t-il si la majorité requise n'est pas atteinte ? Une résolution qui échoue n'est pas nécessairement enterrée. La loi du 10 juillet 1965 prévoit deux mécanismes de rattrapage, applicables selon l'article sur lequel la résolution était fondée. Ces mécanismes traduisent la volonté du législateur d'éviter le blocage complet du syndicat. Ils permettent de soumettre à nouveau la résolution, souvent avec un seuil abaissé, sous réserve de conditions précises. Le syndic doit connaître ces passerelles et les actionner dans les délais impartis pour éviter de convoquer une nouvelle assemblée générale extraordinaire, ce qui allongerait le processus. Notre guide sur le [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) détaille cette procédure. Deux situations doivent être distinguées : la passerelle de l'article 25-1 et la deuxième convocation pour les décisions relevant de l'article 26. ### La passerelle article 25 vers article 24 L'article 25-1 de la loi du 10 juillet 1965, introduit par la réforme de 2009, crée une passerelle. Une résolution rejetée faute d'avoir atteint la majorité absolue de l'article 25 peut être soumise à un second vote immédiat, à la majorité simple de l'article 24, à une condition : que le projet ait recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires lors du premier vote. Concrètement, dans un immeuble de 1 000 tantièmes, si une résolution article 25 obtient 400 voix pour (insuffisant pour les 501 requis), mais que ces 400 voix dépassent le tiers de 1 000, soit 334 tantièmes, le syndic peut proposer un second vote à la majorité simple. Si ce second vote recueille la majorité des voix exprimées des présents et représentés, la résolution est adoptée. Cette passerelle ne joue qu'au cours de la même assemblée. Elle ne peut pas être invoquée lors d'une AG ultérieure. ### La deuxième convocation pour les décisions à double majorité Pour l'article 26, le mécanisme diffère. Si la double majorité n'est pas atteinte lors d'une première assemblée, le syndic peut convoquer une nouvelle AG. Lors de cette seconde assemblée, le seuil est abaissé : la résolution peut être adoptée à la majorité simple de l'article 24, à condition qu'elle recueille au moins la majorité des voix de tous les copropriétaires, soit le seuil de l'article 25. Autrement dit, la deuxième convocation transforme une double majorité en majorité absolue. Le nombre de copropriétaires favorables n'est plus un critère ; seul le total des tantièmes compte. La convocation pour cette seconde assemblée doit respecter le délai légal. À défaut, la résolution adoptée pourrait être contestée. Notre article sur la [convocation hors délai et ses conséquences](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) précise les risques encourus. ## L'erreur courante à éviter : confondre majorité des présents et majorité de tous les copropriétaires Le piège le plus fréquent en assemblée générale de copropriété consiste à croire qu'une résolution est adoptée parce que tous les copropriétaires présents ont voté pour. Or, pour les articles 25 et 26, l'assiette de calcul intègre tous les lots, y compris ceux des absents. Un cas typique : un immeuble de 20 lots totalisant 5 000 tantièmes. Huit copropriétaires sont présents, représentant 2 000 tantièmes. Une résolution de travaux fondée sur l'article 25 est soumise au vote. Les huit présents votent pour, soit 2 000 tantièmes favorables. L'unanimité des présents est atteinte. Pourtant, la résolution n'est pas adoptée : 2 000 tantièmes sont inférieurs au seuil de 2 501 (majorité de 5 000). Lors de la préparation de [travaux en copropriété, la majorité de vote](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/) requise peut varier considérablement. Les absents, par leur seule existence dans le décompte, ont fait barrage sans même avoir à se déplacer. C'est la mécanique même de la majorité absolue : elle protège l'ensemble du syndicat contre des décisions prises par une minorité de participants, fût-elle unanime entre elle. ### Le piège du vote unanime des présents L'illusion de l'unanimité des présents se dissipe dès que l'on consulte l'article de loi applicable à la résolution. Trop de copropriétaires quittent l'assemblée avec la conviction erronée qu'une décision a été prise, pour découvrir en recevant le procès-verbal que le résultat est négatif. Le remède est simple : avant le vote, vérifier sur la convocation l'article de loi mentionné pour chaque résolution. Si l'article 25 ou 26 est visé, calculer mentalement le seuil à franchir en fonction du total des tantièmes de l'immeuble. Si les tantièmes des présents et représentés sont inférieurs à ce seuil, la résolution ne pourra pas passer, quel que soit le sens des votes. Cette vérification ne prend que quelques secondes et évite des déconvenues majeures. Elle permet aussi, si la situation est anticipée, de solliciter des pouvoirs auprès d'absents avant la date de l'AG. ### Conséquence : risque de contestation et délai de recours Le risque ne s'arrête pas au rejet de la résolution. Une résolution adoptée à tort, parce que le syndic a appliqué le mauvais article ou s'est trompé dans le décompte des tantièmes, peut être contestée devant le tribunal judiciaire. Le délai de recours est de **deux mois** à compter de la notification du procès-verbal. Tout copropriétaire opposant ou défaillant peut saisir le juge pour faire annuler la résolution irrégulière. La jurisprudence constante admet cette voie de recours lorsque les règles de majorité n'ont pas été respectées. Un copropriétaire qui découvre une irrégularité doit agir dans ce délai. Passé deux mois, la résolution est purgée de ses vices de forme et devient définitive. ## Pouvoirs et représentation : leur impact sur l'atteinte des majorités Les pouvoirs, ou mandats, constituent un levier déterminant pour atteindre les majorités requises, surtout dans les copropriétés à faible participation. Un copropriétaire qui ne peut se rendre à l'assemblée peut donner mandat à une autre personne de voter en son nom. Ce mécanisme permet de mobiliser des tantièmes qui, autrement, resteraient hors du décompte. Il accentue le poids électoral des copropriétaires présents qui reçoivent ces mandats et peut faire basculer l'issue d'un vote serré. La loi encadre strictement cette pratique pour éviter la concentration des voix entre quelques mains. Le syndic doit vérifier, au moment de l'émargement de la feuille de présence, que les mandats sont réguliers et que les plafonds légaux ne sont pas dépassés. ### Combien de pouvoirs un copropriétaire peut-il détenir ? Un copropriétaire présent peut recevoir un nombre illimité de mandats de la part d'autres copropriétaires. Aucune disposition de la loi du 10 juillet 1965 ne plafonne le nombre de pouvoirs qu'une même personne peut détenir. En revanche, le syndic, son conjoint, ses ascendants, descendants, préposés ou associés ne peuvent pas recevoir de mandat pour représenter un copropriétaire. Cette interdiction, prévue par le décret du 17 mars 1967, vise à prévenir les conflits d'intérêts entre le gestionnaire de l'immeuble et les décisions du syndicat. Le président du conseil syndical, lui, peut recevoir des pouvoirs. Et en cas de pouvoirs donnés en blanc (sans indication du nom du mandataire), c'est même à lui qu'ils reviennent par défaut, comme le prévoit la jurisprudence. ### Pouvoirs en blanc : qui vote à votre place ? Lorsqu'un copropriétaire signe un pouvoir sans désigner nommément son mandataire, on parle de pouvoir en blanc. Ce document, joint à la convocation par le syndic, permet au copropriétaire absent de déléguer son vote sans connaître à l'avance la composition de l'assemblée. Concrètement, le pouvoir en blanc est remis au président du conseil syndical, ou à défaut à un autre membre du conseil. C'est ce dernier qui exercera le droit de vote pour le compte du mandant, dans le sens qu'il jugera conforme à l'intérêt du syndicat. Si la copropriété ne dispose pas de conseil syndical, le pouvoir en blanc est remis au président de séance désigné en début d'assemblée. Ce mécanisme garantit qu'aucune voix ne se perde et renforce la capacité du syndicat à atteindre les majorités requises. > **Points clés** > > - La copropriété ignore le quorum de présence : l'AG siège valablement sans seuil minimal de participants, seule la majorité des voix compte > - Le calcul de la majorité absolue (art. 25) intègre TOUS les tantièmes du syndicat, y compris ceux des absents non représentés > - La double majorité (art. 26) cumule deux conditions : majorité des copropriétaires en nombre et deux tiers des voix > - La passerelle de l'article 25-1 permet un second vote à majorité simple si le premier vote a recueilli au moins un tiers des voix de tous > - Des pouvoirs en blanc non nominatifs reviennent au président du conseil syndical, qui vote dans l'intérêt du syndicat ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2548) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508167) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000880717)

Fiche pratique

Majorité simple (art. 24)Majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés (abstentions exclues du décompte)
Majorité absolue (art. 25)Majorité des voix de tous les copropriétaires, soit plus de 50 % des tantièmes totaux de la copropriété
Passerelle (art. 25-1)Second vote possible à la majorité simple si la résolution a recueilli au moins ⅓ des voix de tous les copropriétaires
Double majorité (art. 26)Majorité des copropriétaires par tête + au moins ⅔ des tantièmes totaux (deux conditions cumulatives)
UnanimitéAccord de 100 % des copropriétaires, sans abstention possible
Délai de contestation2 mois à compter de la notification du procès-verbal d'assemblée générale
Pouvoirs par mandataire3 maximum, sauf si le mandant est le conjoint, un ascendant ou un descendant du mandataire
Unité de calculLes tantièmes de copropriété figurant au règlement de copropriété
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Assemblée générale copropriété non tenue : vos recours URL: https://copro-guide.fr/assemblee/assemblee-generale-copropriete-non-tenue/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-08 Mot-clé ciblé: assemblée générale copropriété non tenue AG de copropriété non tenue ? Découvrez vos droits en 2026, les responsabilités du syndic, les recours légaux et les démarches concrètes pour forcer **L'absence d'assemblée générale (AG) annuelle est une faute du syndic. Les copropriétaires peuvent agir par une mise en demeure, puis demander au tribunal judiciaire la désignation d'un administrateur provisoire. Le conseil syndical peut également, après mise en demeure infructueuse, convoquer lui-même l'assemblée.** L'absence d'une assemblée générale de copropriété annuelle est illégale et paralyse la gestion de l'immeuble. Cette situation, souvent due à une défaillance du syndic, bloque l'approbation des comptes, le vote du budget prévisionnel et toute décision de travaux. Heureusement, les copropriétaires disposent de recours gradués et efficaces pour forcer la tenue de cette réunion indispensable. > **Ce qu'il faut retenir** > > - L'absence d'AG annuelle est une faute du syndic qui engage sa responsabilité. > - Avant toute action en justice, une mise en demeure formelle doit être adressée au syndic. > - Le président du conseil syndical peut convoquer l'AG si le syndic est défaillant. > - Tout copropriétaire peut saisir le tribunal pour faire nommer un administrateur provisoire. > - Conserver une preuve écrite de toutes les relances (lettres recommandées) est crucial. ## Pourquoi l'assemblée générale annuelle est une obligation légale Le bon fonctionnement d'une copropriété repose sur la tenue d'une assemblée générale (AG) au moins une fois par an. Cette réunion est le cœur de la vie de l'immeuble, où les décisions stratégiques sont débattues et votées. L'absence de cette instance n'est pas une simple négligence administrative ; c'est une violation de la loi qui peut entraîner une paralysie complète de la gestion et engager la responsabilité du syndic. ### Ce que dit la loi du 10 juillet 1965 Le cadre légal est sans équivoque. La loi du 10 juillet 1965, qui régit le statut de la copropriété des immeubles bâtis, impose la tenue d'au moins une assemblée générale par an. Cette obligation est précisée par son décret d'application du 17 mars 1967. L'objectif est de garantir que les copropriétaires puissent exercer leur droit de contrôle sur la gestion du syndic, valider les comptes de l'exercice écoulé et voter le budget pour l'année à venir. Selon le droit positif, le syndic est le seul légalement tenu de procéder à cette convocation. Il doit le faire dans les six mois suivant la clôture de l'exercice comptable de la copropriété. Le non-respect de cette obligation constitue une faute de gestion. ### Les conséquences concrètes d'une AG non tenue : comptes, budget, travaux L'absence d'AG annuelle a des répercussions directes et graves sur la vie de la copropriété. Sans assemblée, il est impossible de : - **Approuver les comptes** : les comptes de l'année précédente ne sont pas validés, ce qui peut créer une incertitude juridique et financière. Le syndic ne peut pas obtenir le quitus pour sa gestion. - **Voter le budget prévisionnel** : sans budget, le syndic ne peut pas légalement appeler les provisions sur charges pour l'année en cours, sauf à se baser sur le budget de l'année précédente. Cela complique le paiement des fournisseurs (ascenseur, ménage, assurance) et peut conduire à des difficultés de trésorerie. - **Décider des travaux** : qu'il s'agisse de l'entretien courant ou de rénovations importantes (ravalement de façade, réfection de la toiture), aucune décision ne peut être prise. L'immeuble se dégrade, et sa valeur patrimoniale avec. - **Renouveler le mandat du syndic** : si le mandat du syndic arrive à son terme, il ne peut être renouvelé, plongeant la copropriété dans une situation de vide juridique. En résumé, une copropriété sans assemblée générale est une copropriété à la dérive, incapable de prendre la moindre décision pour son avenir. ## Qui est responsable quand l'AG n'est pas convoquée ? Face à une assemblée générale non convoquée, les copropriétaires se demandent légitimement vers qui se tourner. La loi a clairement défini les rôles et les responsabilités pour éviter toute situation de blocage. ### L'obligation de convocation incombe au syndic Le responsable principal et direct est le syndic de copropriété, qu'il soit professionnel ou bénévole. La convocation de l'assemblée générale annuelle fait partie de ses missions essentielles, définies par la loi de 1965. C'est l'une des [obligations légales du syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/). Ne pas s'y conformer constitue une carence, c'est-à-dire une défaillance grave dans l'exécution de son mandat. Cette faute peut avoir plusieurs conséquences pour le syndic : - **Engagement de sa responsabilité civile professionnelle** : si sa négligence cause un préjudice à la copropriété (par exemple, des pénalités de retard auprès d'un fournisseur), il peut être condamné à verser des dommages et intérêts. - **Non-renouvellement de son mandat** : les copropriétaires peuvent légitimement décider de ne pas lui renouveler leur confiance lors de la prochaine AG, enfin tenue. - **Révocation** : dans les cas les plus graves, une révocation pour motif légitime et sérieux peut être envisagée. ### Le conseil syndical peut-il prendre le relais ? Le conseil syndical, organe de contrôle et d'assistance du syndic, dispose d'un pouvoir de suppléance. Si, après une mise en demeure restée infructueuse pendant plus de huit jours, le syndic n'a toujours pas agi, le président du conseil syndical peut valablement convoquer lui-même l'assemblée générale. C'est une soupape de sécurité prévue par le décret de 1967 pour pallier la défaillance du syndic. ### Copropriété sans syndic : le cas particulier La situation la plus critique survient lorsque le mandat du syndic a expiré sans qu'une AG ait été convoquée pour en désigner un nouveau. La copropriété se retrouve alors "sans tête". Dans ce cas, tout copropriétaire peut prendre l'initiative de s'adresser au président du tribunal judiciaire. Il demandera, par le biais d'une requête, la nomination d'un administrateur provisoire dont la mission sera précisément de convoquer une assemblée générale pour désigner un nouveau syndic. ## Recours gradués : de la relance amiable au juge Lorsqu'une assemblée générale copropriété non tenue paralyse l'immeuble, il ne faut pas rester passif. La loi prévoit des solutions efficaces, à condition de les mettre en œuvre dans le bon ordre. L'approche doit être progressive, de la simple demande à la procédure judiciaire. Prenons un cas concret : un immeuble de 12 lots à Lyon. L'exercice comptable s'est clos le 31 décembre 2025. Nous sommes le 8 septembre 2026 et le syndic n'a toujours pas envoyé de convocation, malgré plusieurs appels des membres du conseil syndical. ### Étape 1 : la relance amiable par courrier recommandé La première chose à faire n'est pas de saisir la justice, mais de formaliser la demande auprès du syndic. Le président du conseil syndical, ou à défaut n'importe quel copropriétaire, doit envoyer un courrier en recommandé avec accusé de réception (LRAR). Ce courrier rappelle au syndic son obligation légale et lui demande de convoquer l'assemblée dans un délai raisonnable (quinze jours, par exemple). Cette étape est indispensable car elle constitue une preuve écrite de la première démarche effectuée. ### Étape 2 : la mise en demeure formelle (qui peut l'envoyer ?) Si la première relance reste sans effet, il faut passer à la vitesse supérieure. Le président du conseil syndical doit adresser au syndic une mise en demeure de convoquer l'AG, toujours par LRAR. Ce courrier, plus comminatoire, doit se fonder sur l'article 8 du décret de 1967 et lui impartir un délai précis et court (huit jours francs) pour s'exécuter. Passé ce délai, le courrier doit préciser que le conseil syndical usera de son droit de convoquer lui-même l'assemblée, ou que le tribunal sera saisi. Si le président du conseil syndical est inactif, un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins 25% des voix peuvent également adresser cette mise en demeure. ### Étape 3 : saisir le tribunal judiciaire pour désigner un administrateur provisoire C'est l'ultime recours si la carence du syndic est avérée et persistante. Tout copropriétaire peut déposer une requête auprès du président du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. La procédure est généralement rapide (référé). Le copropriétaire doit prouver la défaillance du syndic en joignant les copies des lettres recommandées et des mises en demeure envoyées. Si le juge constate la carence, il nomme un administrateur provisoire. Cet expert (souvent un avocat ou un syndic professionnel) aura pour unique mission de convoquer l'assemblée générale. > 📌 Important : les honoraires de l'administrateur provisoire sont généralement mis à la charge du syndic défaillant par le tribunal, et non à celle de la copropriété. C'est une sanction financière directe pour sa faute de gestion. ## L'erreur courante qui bloque tout recours Dans la gestion des litiges de copropriété, et particulièrement face à un syndic inactif, une erreur procédurale peut anéantir des mois d'efforts et bloquer toute issue. L'erreur la plus fréquente, et la plus dommageable, est de ne pas constituer de preuves écrites de ses démarches. Trop de copropriétaires se contentent de relances téléphoniques, d'échanges informels dans le hall de l'immeuble ou de simples courriels. Ils attendent passivement une réaction du syndic, pensant que leur bonne foi suffira. Or, en cas de contentieux, la parole a peu de valeur. Sans preuve tangible et datée, il est impossible de démontrer la "carence" du syndic, qui est la condition juridique pour qu'un juge intervienne ou que le conseil syndical puisse prendre la main. La conséquence est directe : si un copropriétaire saisit le tribunal sans pouvoir produire une copie de la mise en demeure envoyée en recommandé avec son accusé de réception, sa demande a de fortes chances d'être jugée irrecevable. Le juge estimera que la procédure n'a pas été respectée. Le temps perdu est considérable, et pendant ce temps, la copropriété reste sans budget approuvé et sans possibilité de voter des travaux, ce qui peut paralyser l'immeuble pendant plusieurs années dans les cas extrêmes. > 💡 À noter : Le bon réflexe est simple et doit être systématique. Toute communication importante avec le syndic doit faire l'objet d'une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Conservez précieusement une copie du courrier envoyé et l'avis de réception signé. C'est ce dossier qui donnera tout son poids à votre action, que ce soit pour une négociation ou pour une procédure judiciaire. ## Forcer la convocation sans passer par le syndic : le rôle du conseil syndical Lorsque le syndic reste sourd aux relances et à la mise en demeure, les copropriétaires ne sont pas démunis. La loi leur offre une voie d'action directe pour reprendre le contrôle et assurer la continuité de la gestion de l'immeuble, sans avoir à passer immédiatement par la case tribunal. ### Quand et comment le conseil syndical peut convoquer l'AG Le décret du 17 mars 1967 est très clair. Une fois que la mise en demeure adressée au syndic est restée sans réponse pendant un délai de **huit jours francs**, le président du conseil syndical acquiert le droit de convoquer lui-même l'assemblée générale. Il agit alors en substitution du syndic défaillant. C'est une prérogative essentielle qui permet de sortir de l'impasse. Si le président du conseil syndical n'agit pas, tout membre du conseil, ou un groupe de copropriétaires représentant au moins un quart des voix de l'ensemble de la copropriété, peut également prendre cette initiative. Il est important de bien calculer ce seuil de voix (tantièmes) pour s'assurer de la validité de la démarche. ### Les formalités à respecter pour une convocation valide Celui qui convoque l'AG à la place du syndic (président du conseil syndical ou groupe de copropriétaires) doit respecter scrupuleusement les mêmes règles de forme et de délai que le syndic lui-même. Une convocation non conforme pourrait entraîner l'annulation de l'assemblée et de toutes les décisions qui y seraient prises. Les points de vigilance sont : - **L'ordre du jour** : Il doit être précis et lister toutes les questions qui seront soumises au vote. - **Les documents obligatoires** : Les comptes de l'exercice clos, le budget prévisionnel, les devis pour les travaux envisagés, etc., doivent impérativement être joints à la convocation. - **La notification** : La [convocation de l'assemblée générale hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) est un risque. Elle doit être envoyée à chaque copropriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par voie électronique avec son accord exprès, en respectant le délai légal. Le non-respect de ce délai peut être un motif d'annulation. Le [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) suit les mêmes règles. De plus, pour toute situation nécessitant une intervention rapide, il est utile de savoir comment [demander une assemblée générale extraordinaire copropriété](/assemblee/demander-assemblee-generale-extraordinaire-copropriete/) afin de ne pas laisser la situation s'enliser. La charge de travail pour préparer une telle convocation n'est pas négligeable, mais c'est souvent la solution la plus rapide et la moins coûteuse pour sortir la copropriété de l'ornière. ## Après l'AG enfin tenue : points de vigilance Une fois l'assemblée générale enfin convoquée et tenue, que ce soit par le syndic sous la contrainte, par le conseil syndical ou par un administrateur provisoire, le travail n'est pas terminé. Il faut s'assurer que les décisions prises soient correctement formalisées pour être incontestables et pouvoir être appliquées. La première étape cruciale est la rédaction du procès-verbal (PV). Ce document doit retranscrire fidèlement les débats et, surtout, le résultat de chaque vote pour chaque résolution à l'ordre du jour. Il doit mentionner les noms des copropriétaires opposants ou abstenus, une information indispensable pour le calcul des délais de contestation. La signature du PV par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs est impérative. Vous pouvez trouver un modèle de [PV d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) pour vous guider. Ensuite, le syndic (ou celui qui a convoqué l'AG) a l'obligation de notifier ce PV à tous les copropriétaires opposants ou défaillants (absents et non représentés) dans un délai d'un mois à compter de la tenue de l'AG. Cette notification, faite par lettre recommandée, fait courir le délai de deux mois durant lequel une décision de l'AG peut être contestée en justice. > ✅ En résumé : Le fait que l'assemblée générale se soit tenue tardivement ne rend pas automatiquement nulles les décisions qui y ont été prises. Un copropriétaire souhaitant contester une résolution devra prouver que le retard dans la convocation lui a causé un préjudice personnel. La simple irrégularité de date n'est généralement pas un motif suffisant d'annulation pour les tribunaux. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508903) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000317210) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2169) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Registre d'assemblée générale en copropriété : obligations URL: https://copro-guide.fr/assemblee/registre-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-07 Mot-clé ciblé: registre assemblée générale Registre assemblée générale en copropriété : obligations légales, contenu requis, durée de conservation et droit d'accès des copropriétaires. Guide pratique **Le registre d'assemblée générale en copropriété est un document obligatoire tenu par le syndic, qui consigne chronologiquement toutes les décisions votées lors des assemblées. Il contient les résolutions, résultats de vote et signatures. Les copropriétaires peuvent le consulter sur demande auprès du syndic. En cas de litige, ce registre constitue la preuve de régularité (ou d'irrégularité) des délibérations.** Le registre d'assemblée générale est la mémoire juridique d'une copropriété. Il ne se résume pas à un classeur de procès-verbaux : c'est un document formel, soumis à des règles strictes de tenue, de conservation et d'accès. Quand un copropriétaire conteste une décision ou veut vérifier un vote, c'est vers ce registre qu'il se tourne. Mal tenu, il peut fragiliser une délibération ; bien tenu, il sécurise les résolutions du syndicat. Voici ce que la loi impose, ce que le registre doit contenir, et comment l'utiliser concrètement.

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DocumentNature juridiqueObjetSignataire(s)Valeur probante
Registre d'AGActe instrumentaireRecueil chronologique des PV d'AG successifsSyndic (cotation, paraphe)Conditionnée à la régularité formelle
Procès-verbal d'AGCompte rendu de séanceRelate les débats et résolutions d'une AG donnéePrésident, secrétaire, scrutateursFait foi jusqu'à preuve contraire si signé
Feuille de présenceAnnexe obligatoire du PVÉmargement et tantièmes des copropriétairesChaque copropriétaire présentPreuve du quorum et du décompte des voix
## Qu'est-ce que le registre d'assemblée générale en copropriété ? Le registre d'assemblée générale est le document qui rassemble, dans l'ordre chronologique, les décisions prises par le syndicat des copropriétaires lors de chaque AG. Ce n'est pas un simple recueil informel : sa tenue répond à une obligation légale et son contenu est encadré. À ne pas confondre avec le procès-verbal d'AG, qui est le compte rendu d'une assemblée donnée. Le registre, lui, est l'ouvrage dans lequel ces PV successifs sont portés, reliés et conservés. Il assure la traçabilité des délibérations sur la durée de vie de la copropriété. Chaque copropriétaire, qu'il soit présent, représenté ou absent lors d'une AG, peut avoir besoin de s'y référer. Pour vérifier le contenu exact d'une résolution adoptée deux ans plus tôt, pour s'assurer du quorum ou du décompte des voix, le registre fait foi. Sa valeur juridique est reconnue par le droit de la copropriété, et son absence ou ses irrégularités peuvent fragiliser les décisions qu'il est censé attester. ### Définition et nature juridique du registre Le registre d'assemblée générale trouve son fondement dans la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, et dans son décret d'application n° 67-223 du 17 mars 1967. Ces textes imposent au syndic de tenir ce registre et d'y consigner les décisions du syndicat. Juridiquement, le registre est un acte instrumentaire : il ne crée pas de droits par lui-même mais atteste de la régularité des décisions qui, elles, produisent des effets juridiques. En pratique, il s'agit d'un cahier ou d'un classeur à pages numérotées, coté et paraphé par le syndic. Chaque procès-verbal d'AG y est intégré, signé et daté, de manière à former un ensemble continu et infalsifiable. ### Différence entre registre d'AG et procès-verbal d'AG Le procès-verbal est le compte rendu détaillé d'une assemblée précise. Il relate les débats, les résolutions soumises au vote et leurs résultats. La loi impose sa rédaction et sa signature par le président de séance, le secrétaire et le ou les scrutateurs. Le registre, quant à lui, est le contenant officiel de ces PV successifs. Il les regroupe dans un ordre chronologique ininterrompu. Un PV isolé dans un dossier partagé ne remplit pas l'obligation légale de tenue du registre. Cette distinction est cruciale : un syndic qui conserve les PV sous forme de fichiers épars, même datés et signés, s'expose à ce que la régularité des délibérations soit contestée. Pour en savoir plus sur la rédaction du PV, consultez [un exemple de PV d'assemblée générale](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/). Pour des informations détaillées sur la manière de rédiger ce document crucial, n'hésitez pas à consulter notre [PV d'assemblée générale de copropriété : modèle PDF gratuit](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/). ## Qui est obligé de tenir le registre d'assemblée générale ? La tenue du registre incombe au syndic, quel que soit son statut. C'est une obligation légale qui découle de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 et de l'article 33 du décret du 17 mars 1967. Le syndic est le gardien des archives du syndicat des copropriétaires. Cette responsabilité s'exerce sous le contrôle du conseil syndical, qui peut vérifier la bonne tenue du registre à tout moment. Le conseil syndical a accès à l'ensemble des documents relatifs à la gestion de la copropriété, et le registre en fait partie. Si le syndic change, le registre : comme l'ensemble des archives : doit être transmis au nouveau syndic dans le cadre de la passation de mandat. Une transmission incomplète engage la responsabilité du syndic sortant. ### Le syndic professionnel face à cette obligation Pour un syndic professionnel, la tenue du registre fait partie intégrante de sa mission de gestion courante. Elle relève de son obligation générale de conservation des archives du syndicat. Le syndic professionnel engage sa responsabilité civile professionnelle en cas de manquement. Il doit s'assurer que le registre est matériellement tenu à jour : reliure des pages, numérotation continue, signature de chaque entrée. Un registre électronique est autorisé, sous réserve de garantir l'intégrité et l'horodatage des données. La simple conservation des PV au format PDF dans un dossier informatique ne constitue pas un registre numérique conforme. ### Syndicat coopératif et syndic bénévole : mêmes règles ? Dans un syndicat coopératif, où les copropriétaires gèrent eux-mêmes l'immeuble, la tenue du registre incombe au représentant légal du syndicat, généralement le président du conseil syndical. Les obligations de forme sont identiques : le registre doit être coté, paraphé et contenir les PV signés. Pour un syndic bénévole (qui n'est pas nécessairement en syndicat coopératif), les mêmes règles s'appliquent. La loi ne distingue pas selon le statut du syndic pour cette obligation. Le syndic bénévole doit donc disposer d'un registre matériel ou numérique conforme. En pratique, l'absence de professionnalisation peut entraîner des lacunes dans la tenue du registre, ce qui expose les décisions du syndicat à des contestations. Le non-respect des formalités du registre peut notamment fragiliser les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Comprendre les spécificités de l'[assemblée générale ordinaire en copropriété : mode d'emploi](/assemblee/assemblee-generale-ordinaire-copropriete/) est essentiel pour tout copropriétaire. > **L'essentiel** > > - Le registre d'AG est un document formel, coté et paraphé, distinct du simple procès-verbal. Sa tenue obéit à une obligation légale qui pèse sur le syndic, sous le contrôle du conseil syndical. > - Chaque entrée du registre doit comporter la date, l'ordre du jour, la feuille de présence, le texte et le résultat chiffré en tantièmes de chaque résolution, et les signatures requises. > - L'absence de signature, de feuille de présence ou de numérotation continue rend les délibérations contestables et peut conduire à leur annulation par le juge. > - Tout copropriétaire peut consulter le registre sur demande. Un refus du syndic engage sa responsabilité et peut être surmonté par l'intervention du conseil syndical ou une action en justice. > - La conservation du registre est pérenne. Sa transmission au syndic successeur est obligatoire et son intégrité conditionne la sécurité juridique des décisions du syndicat. ## Quel est le contenu obligatoire du registre d'AG ? Le registre ne se réduit pas à une compilation de feuilles volantes. Chaque entrée, correspondant à une assemblée générale, doit comporter un ensemble de mentions précises. L'absence de l'une d'elles peut rendre la délibération contestable. Les PV sont intégrés au registre dans l'ordre chronologique des assemblées. Chaque PV doit être signé par le président de séance, le secrétaire et le ou les scrutateurs désignés en début de séance. Le registre lui-même est coté (pages numérotées) et paraphé par le syndic. Voici les éléments qui composent une entrée complète du registre : - **Date et heure de l'assemblée** : mention du jour, de l'heure d'ouverture et de clôture de la séance. - **Ordre du jour** : reproduction intégrale de l'ordre du jour tel qu'il figurait dans la convocation. - **Feuille de présence** : liste des copropriétaires présents, représentés (avec les pouvoirs) et absents, assortie des tantièmes de chacun. C'est l'annexe la plus souvent négligée. - **Résolutions** : texte intégral de chaque résolution soumise au vote, avec l'indication de la majorité requise (article 24, 25, 26 de la loi de 1965). - **Résultat des votes** : pour chaque résolution, le décompte précis des voix pour, contre et abstentions, exprimé en tantièmes. - **Signatures** : celles du président de séance, du secrétaire et des scrutateurs. Au-delà de ces mentions, le registre peut contenir les annexes aux PV. Ces documents complètent l'information et renforcent la validité des délibérations. ### Les mentions indispensables entrée par entrée La feuille de présence est le talon d'Achille de nombreux registres. Elle doit comporter l'émargement de chaque copropriétaire présent, le nom des mandataires pour les copropriétaires représentés, et le décompte des tantièmes correspondants. Un PV signé mais dépourvu de feuille de présence annexée laisse planer un doute sur la régularité du quorum et du décompte des voix. Les pouvoirs en AG doivent également être conservés. Chaque copropriétaire peut donner mandat à une autre personne pour voter en son nom. Ces documents justifient le décompte des voix des copropriétaires représentés. Leur absence dans le registre peut fonder un recours contre une résolution adoptée à une majorité étroite. Quant au résultat des votes, le décompte en tantièmes est impératif. Un résultat exprimé uniquement en nombre de copropriétaires ou en pourcentage vague ne satisfait pas l'obligation légale. Chaque résolution doit être assortie du nombre exact de tantièmes pour, contre et abstentions. ### Cas pratique : registre d'une AG votant des travaux Prenons un cas concret : une copropriété de 20 lots, totalisant 10 000 tantièmes, doit voter le ravalement de la façade. Le devis s'élève à 45 000 €. La résolution est soumise à la majorité de l'article 25 de la loi de 1965 : majorité des voix de tous les copropriétaires, soit au moins 5 001 tantièmes. Lors de l'AG, 14 copropriétaires sont présents ou représentés, totalisant 7 800 tantièmes. Le quorum est atteint. La résolution recueille 5 600 tantièmes pour, 1 900 contre et 300 abstentions. Elle est adoptée. Dans le registre, le PV de cette AG devra mentionner précisément ces chiffres. La feuille de présence annexée indiquera les 14 copropriétaires et leurs tantièmes. Les pouvoirs des copropriétaires représentés seront joints. Si, six mois plus tard, un copropriétaire conteste la résolution en arguant que la majorité n'était pas atteinte, c'est le registre qui tranchera. Un registre complet et conforme rendra la contestation inopérante. Un registre lacunaire offrira au contraire une prise au recours. ## Combien de temps le registre d'AG doit-il être conservé ? La conservation du registre ne connaît pas de terme défini par un texte unique et exhaustif. Plusieurs règles coexistent, qui dépendent de la nature des documents et de leur utilité juridique. Le registre d'assemblée générale fait partie des archives du syndicat des copropriétaires. En tant que tel, il doit être conservé sans limite de durée pendant la vie de la copropriété. Sa transmission au syndic successeur est obligatoire. Une fois la copropriété dissoute, les règles de droit commun de la prescription s'appliquent. La perte ou la destruction du registre a des conséquences pratiques immédiates. Sans registre, il devient difficile de prouver la régularité des décisions passées. Un copropriétaire qui achète un lot peut avoir besoin de vérifier les résolutions des AG antérieures pour s'assurer qu'aucune charge exceptionnelle n'a été votée sans être mentionnée. En cas de litige entre copropriétaires, l'absence de registre prive les parties d'un moyen de preuve essentiel. ### Durée légale de conservation des documents de copropriété Si la loi ne fixe pas une durée unique pour tous les documents, certaines prescriptions s'appliquent. Les actions en nullité des délibérations d'AG se prescrivent par deux mois à compter de la notification du PV (article 42 de la loi du 10 juillet 1965). Passé ce délai, les décisions deviennent définitives. Dès lors, le registre couvrant les deux dernières années est celui qui présente le plus d'enjeu contentieux immédiat. Au-delà, le registre demeure utile pour l'historique des travaux votés, des modifications du règlement de copropriété, ou des autorisations données à des copropriétaires. L'ANIL recommande de conserver l'intégralité des archives tant que la copropriété existe, le registre en tête. Cette recommandation prudente évite les angles morts documentaires en cas de contentieux tardif. ### Conservation numérique : valeur probante et conditions Le registre peut être tenu sous format numérique. La loi autorise le syndic à numériser les documents et à les conserver sur un support électronique. Pour autant, cette conservation doit respecter des conditions de sécurité et d'intégrité. Un registre numérique conforme suppose l'horodatage certifié des documents, un système d'archivage empêchant toute modification ultérieure, et un accès sécurisé pour les copropriétaires autorisés. Un simple dossier partagé contenant des PDF ne répond pas à ces exigences. En cas de litige, la valeur probante du registre numérique dépendra de la capacité du syndic à démontrer l'intégrité des données depuis leur création. À ce jour, la jurisprudence n'a pas tranché de manière uniforme sur l'équivalence entre registre papier et registre numérique. La prudence commande de conserver le registre sous les deux formes, ou de recourir à un système d'archivage électronique certifié. ## Comment accéder au registre d'assemblée générale : droits et démarches Tout copropriétaire a le droit de consulter le registre d'assemblée générale. Ce droit d'accès découle de l'article 33 du décret du 17 mars 1967, qui impose au syndic de tenir à disposition des copropriétaires les documents relatifs à la gestion de la copropriété. L'accès s'exerce dans les conditions prévues par les textes. Le copropriétaire peut consulter le registre sur place, au cabinet du syndic ou au siège du syndicat. Il peut également obtenir, à ses frais, la copie de tout ou partie des documents. Le syndic ne peut pas opposer un refus discrétionnaire à une demande légitime. Ce droit profite également au conseil syndical, qui a un accès permanent à l'ensemble des archives, et aux candidats à l'acquisition d'un lot, sous réserve de l'accord du vendeur. ### La demande de consultation : forme et délais La demande de consultation n'est soumise à aucun formalisme particulier. Un courrier recommandé avec accusé de réception reste la méthode la plus prudente, car elle date la demande et en prouve la réception. Le copropriétaire peut aussi formuler sa demande par mail, mais la preuve de la date sera plus fragile en cas de contentieux. Le décret du 17 mars 1967 ne fixe pas de délai précis dans lequel le syndic doit répondre. La pratique et la doctrine s'accordent sur un délai raisonnable de l'ordre de 15 jours. Au-delà, le copropriétaire peut adresser une relance, puis saisir le conseil syndical pour qu'il intervienne. Le refus persistant du syndic constitue un manquement à ses obligations professionnelles, susceptible d'être invoqué lors du renouvellement de son mandat et, dans les cas graves, devant le tribunal judiciaire. ### Que faire si le syndic refuse l'accès ? Un syndic qui refuse l'accès au registre sans motif légitime engage sa responsabilité. La première démarche consiste à saisir le conseil syndical, qui dispose d'un droit d'accès renforcé aux archives et peut faire pression sur le syndic. Si cette voie est infructueuse, le copropriétaire peut inscrire une question à l'ordre du jour de la prochaine AG, pour demander des comptes au syndic sur la tenue et la mise à disposition du registre. Cette démarche collective est souvent efficace. En dernier recours, une action en référé devant le tribunal judiciaire peut contraindre le syndic à communiquer les documents sous astreinte dans un délai fixé par le juge. Cette procédure, bien que lourde, rappelle au syndic l'étendue de ses obligations. Pour connaître les obligations du syndic en matière de communication, notamment les [obligations et délais du compte rendu d'AG en copropriété](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/), il est utile de s'y référer. Pour plus d'informations sur les obligations du syndic, notamment concernant le [syndic de copropriété 2026 : rôle, obligations et limites](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/), il est recommandé de se renseigner. ## Les erreurs courantes qui rendent le registre inutilisable en cas de litige Le registre d'AG est un outil de preuve. Mal tenu, il perd cette fonction et peut même se retourner contre le syndicat. Trois erreurs reviennent fréquemment dans la pratique, avec des conséquences potentiellement lourdes. La première est l'absence de signature du PV. Un procès-verbal non signé par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs n'atteste pas valablement des décisions prises. La deuxième est l'absence de feuille de présence annexée, qui rend impossible la vérification du quorum et du décompte des tantièmes. La troisième est le registre non côté ni paraphé, qui ne garantit pas l'intégrité chronologique des PV. Chacune de ces lacunes offre une prise à un copropriétaire qui souhaite contester une résolution. Sans être nécessairement annulée, une délibération dont la régularité formelle n'est pas établie peut être déclarée inopposable au demandeur, avec les conséquences financières que cela implique pour le syndicat. ### Registre non signé ou incomplet : quelles conséquences ? L'absence de signature du PV est un vice de forme qui peut entraîner l'annulation des délibérations de l'assemblée concernée. Le juge apprécie souverainement si le vice est substantiel. Un PV non signé ne prouve pas que les décisions ont été régulièrement adoptées. Un registre incomplet pose un problème différent. Si une AG manque dans la chronologie, ou si un PV est tronqué, la continuité des décisions du syndicat est rompue. Un copropriétaire peut contester une résolution en s'appuyant sur une décision antérieure dont la trace a disparu. Par exemple, un vote de travaux qui modifie le règlement de copropriété sans que la modification antérieure du règlement ne figure au registre. La prudence commande de vérifier le registre avant toute acquisition d'un lot. Un registre lacunaire est un signal d'alerte sur la qualité de la gestion du syndicat. Si une [convocation d'assemblée générale hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) a pu fragiliser une AG, le registre doit au moins attester de ce qui a été voté. De même, si une [assemblée générale copropriété non tenue](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-non-tenue/) entraîne des litiges, le registre est un outil précieux pour déterminer les responsabilités. ### L'absence de feuille de présence annexée : un risque sous-estimé La feuille de présence est le document qui liste les copropriétaires présents, représentés et absents, avec leurs tantièmes respectifs. Sans elle, impossible de vérifier si le quorum était atteint, ni si les majorités requises ont été effectivement obtenues. Un syndic qui omet d'annexer la feuille de présence au PV commet une erreur grave. En pratique, les tribunaux annulent parfois les délibérations d'une AG dont la feuille de présence est absente, car la régularité du vote ne peut être établie. L'annulation peut concerner l'ensemble des résolutions de l'AG, pas seulement celles adoptées à une majorité étroite. Pour le copropriétaire, la vigilance s'impose. Lors de la consultation du registre, il doit vérifier la présence de la feuille de présence pour chaque AG. Si elle manque, il est fondé à demander sa communication séparée au syndic, ou à contester les résolutions de cette AG dans le délai de deux mois suivant leur notification. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2608) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508849) - [anil.org](https://www.anil.org/votre-projet/vous-etes-proprietaire/copropriete/)

Fiche pratique

Obligation de tenueSyndic (art. 18 loi du 10 juillet 1965, art. 33 décret du 17 mars 1967)
Contenu minimumDate, ordre du jour, feuille de présence, résolutions, résultats en tantièmes, signatures (président, secrétaire, scrutateurs)
Droit d'accèsTout copropriétaire, sur demande au syndic (consultation sur place, copie à ses frais)
ConservationSans limite pendant la vie de la copropriété ; transmission obligatoire en cas de changement de syndic
Valeur probanteConditionnée à la régularité formelle (cotation, paraphe, signatures). Registre numérique admis sous réserve d'intégrité et d'horodatage
> Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Vote électronique en AG de copropriété : le cadre légal URL: https://copro-guide.fr/assemblee/vote-electronique-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-06 Mot-clé ciblé: vote électronique assemblée générale Vote électronique en assemblée générale de copropriété : cadre légal, conditions strictes, déroulement pas à pas, pièges à éviter. Guide pratique 2026 **Le vote électronique en assemblée générale de copropriété est légal depuis l'ordonnance du 30 octobre 2019 (loi ELAN) et le décret du 2 juillet 2020. Trois conditions cumulatives sont exigées : une autorisation dans le règlement de copropriété ou par décision d'AG, le consentement préalable écrit de chaque copropriétaire concerné, et une plateforme garantissant l'authentification et la traçabilité. Sans ces trois prérequis, la résolution est susceptible d'être annulée.** Le vote électronique en assemblée générale de copropriété permet aux copropriétaires de voter sans être physiquement présents. Légal depuis fin 2019, ce dispositif reste mal connu : beaucoup d'AG échouent parce que les conditions de validité ne sont pas toutes réunies. Ce guide détaille le cadre juridique exact, la procédure pas à pas, et le piège le plus fréquent qui invalide un vote à distance. > **En bref** > > - Le vote électronique est encadré par l'article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965, modifié par l'ordonnance ELAN de 2019. > - Trois conditions cumulatives : autorisation (règlement ou AG), consentement écrit du copropriétaire, et plateforme d'authentification sécurisée. > - La visioconférence confère les droits complets d'un présent (voix, vote en temps réel) ; le vote par formulaire électronique fige la position avant les débats. > - L'absence de consentement électronique préalable est le vice le plus fréquent pouvant entraîner la nullité de la résolution. > - Toute contestation doit être portée devant le tribunal judiciaire dans les 2 mois de la notification du procès-verbal. ## Ce que dit la loi sur le vote électronique en AG de copropriété Le vote électronique en copropriété n'est pas une simple tolérance administrative. Il repose sur des textes précis, qui fixent un cadre strict. La réponse est claire : oui, voter par voie électronique lors d'une assemblée générale de copropriété est parfaitement légal, mais uniquement si les conditions posées par la loi sont respectées. Le fondement se trouve dans la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis. Cette loi a été modifiée en profondeur par l'ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019, prise en application de la loi ELAN. L'article 17-1 A de la loi de 1965 autorise désormais la participation aux assemblées générales par visioconférence ou par tout autre moyen de communication électronique. Le décret n° 2020-834 du 2 juillet 2020 est venu préciser les modalités pratiques. Il figure aux articles 13-1 et suivants du décret n° 67-223 du 17 mars 1967. Ces textes encadrent l'identification du copropriétaire, la confidentialité du vote, sa sécurité, et la conservation des données. La FNAIM et l'UNPI ont accompagné leurs adhérents dans la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions. Ces règles s'appliquent quelle que soit la taille de la copropriété. Le syndic professionnel comme le syndic bénévole doivent s'y conformer scrupuleusement. Une résolution adoptée sans respecter ce cadre encourt la nullité. Le juge apprécie souverainement la gravité du vice invoqué. ### Avant et après l'ordonnance ELAN de 2019 : ce qui a changé Avant 2019, le vote à distance en copropriété relevait du vote par correspondance postale, déjà autorisé par le décret de 1967. Les copropriétaires absents pouvaient voter en renvoyant un formulaire papier joint à la convocation. L'ordonnance du 30 octobre 2019 a franchi une étape décisive. Elle a modifié l'article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965 pour permettre la participation par visioconférence ou tout autre moyen de communication électronique. Ce n'était plus seulement « voter sans être là » : c'était « participer à distance en temps réel aux débats ». Le décret du 2 juillet 2020 a ensuite fixé les exigences techniques : la plateforme de vote doit permettre l'identification certaine du copropriétaire, assurer la confidentialité du scrutin, et garantir l'intégrité des votes émis. Ces textes forment le socle juridique actuel du vote électronique en assemblée générale de copropriété. ### Vote par correspondance vs vote par voie électronique : ne pas confondre La confusion entre ces deux dispositifs est fréquente. Le vote par correspondance suppose un formulaire papier, signé par le copropriétaire, retourné par courrier ou remis en main propre. Il est régi par l'article 17-1 A, alinéa 2, de la loi de 1965 : le copropriétaire vote avant l'assemblée, sans participer aux débats. Le vote par voie électronique recouvre deux réalités distinctes. La visioconférence permet une participation active et synchrone : le copropriétaire est réputé présent, il intervient dans les discussions, et vote en temps réel. Le vote électronique par formulaire dématérialisé s'apparente au vote par correspondance, mais via un support numérique (plateforme en ligne, email sécurisé). Cette distinction a des conséquences concrètes sur le calcul du quorum. Un copropriétaire en visioconférence est comptabilisé comme présent. Un copropriétaire votant par formulaire électronique est considéré comme votant par correspondance, donc absent physiquement, mais sa voix compte dans le décompte des majorités requises. ## Conditions préalables pour organiser un vote électronique Trois conditions cumulatives doivent être réunies. L'absence d'une seule suffit à fragiliser juridiquement le vote électronique, voire à entraîner la nullité de la résolution adoptée. Retrouvez tous les détails dans [assemblée générale en ligne en copropriété, mode d'emploi](/charges/assemblee-generale-en-ligne-copropriete/). Ces prérequis ne sont pas de simples recommandations. Ils découlent directement de l'article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965 et du décret du 2 juillet 2020. Le syndic en porte la responsabilité. Le copropriétaire peut s'en prévaloir pour contester une décision irrégulière. En pratique, beaucoup de copropriétés omettent l'une ou l'autre de ces conditions. Le contentieux naissant devant les tribunaux judiciaires montre que les juges vérifient systématiquement leur respect. Mieux vaut donc sécuriser le processus en amont. ### Le rôle du règlement de copropriété et de la décision d'AG Premier prérequis : le recours au vote électronique doit être autorisé. Cette autorisation peut figurer dans le règlement de copropriété. Elle peut aussi résulter d'une décision d'assemblée générale adoptée à la majorité de l'article 24 (majorité simple des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés). Si le règlement est muet et qu'aucune AG n'a voté cette possibilité, le syndic ne peut pas décider unilatéralement d'organiser un vote électronique. La loi de 1965 confie à l'assemblée générale, et à elle seule, le pouvoir de fixer les modalités de participation à ses réunions. Une résolution type peut être inscrite à l'ordre du jour par le syndic ou, si le syndic refuse, par un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un quart des voix, conformément à l'article 10 du décret du 17 mars 1967. ### Consentement du copropriétaire : une étape souvent négligée Deuxième prérequis, le plus fréquemment omis en pratique : chaque copropriétaire doit avoir donné son accord préalable et écrit pour recevoir les documents et voter par voie électronique. C'est l'article 42-1 de la loi du 10 juillet 1965 qui pose cette exigence. Le copropriétaire communique son adresse électronique au syndic et consent expressément à ce que les convocations, documents et formulaires de vote lui soient transmis par ce canal. Sans cet accord, le syndic ne peut pas substituer le support électronique au support papier. L'erreur classique consiste à envoyer un formulaire de vote électronique à tous les copropriétaires sans avoir préalablement recueilli ce consentement individuel. La conséquence est lourde : le copropriétaire concerné peut contester le vote, et le juge est susceptible d'annuler la résolution pour vice de procédure. ### Exigences techniques : authentification et traçabilité Troisième prérequis : la plateforme ou le dispositif technique utilisé doit garantir trois garanties cumulatives, fixées par le décret du 2 juillet 2020. L'identification certaine du copropriétaire est la première. Un simple email avec un lien cliquable ne suffit pas. La plateforme doit vérifier que la personne qui vote est bien le copropriétaire concerné, via un procédé d'authentification (code à usage unique, authentification forte). La confidentialité du vote est la deuxième garantie. Le syndic ne doit pas pouvoir identifier le sens du vote avant la tenue de l'assemblée. La plateforme doit assurer l'étanchéité entre l'identité du votant et le contenu du bulletin, jusqu'au dépouillement. La conservation des données constitue la troisième exigence. Les votes électroniques doivent être archivés de manière à pouvoir être consultés en cas de contestation, pendant toute la durée du délai de prescription de l'action en nullité. ## Déroulement pas à pas d'une AG avec vote électronique Prenons un cas concret : une copropriété de 40 lots qui tient une assemblée générale mixte, combinant présence physique et vote à distance. Le règlement de copropriété l'autorise. Chaque copropriétaire a donné son consentement écrit pour la voie électronique. Ce scénario permet d'illustrer la chronologie réelle d'une AG dématérialisée. Les règles de majorité (articles 24, 25 et 26 de la loi du 10 juillet 1965) s'appliquent exactement comme en présentiel. Le support change, pas le droit. Le syndic est tenu de respecter le délai de convocation de 21 jours, comme pour une AG classique. Si ce délai n'est pas respecté, la convocation est irrégulière et l'assemblée peut être annulée, comme expliqué dans notre article sur la [convocation hors délai et ses conséquences](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/). ### Convocation et envoi du formulaire électronique Le syndic adresse à chaque copropriétaire la convocation par voie électronique au moins 21 jours avant la date de l'AG. Cette convocation contient l'ordre du jour, les projets de résolution, et le formulaire de vote par correspondance électronique. Le formulaire doit être identique à celui prévu pour le vote papier. Il mentionne chaque résolution, avec une case « pour », « contre » ou « abstention ». Le copropriétaire ne peut pas modifier le sens de son vote après l'envoi. La plateforme de vote en ligne copropriété doit permettre au copropriétaire de retourner son formulaire dans le même délai que le vote par correspondance postal, soit au plus tard la veille de l'assemblée. Passé ce délai, le vote n'est pas pris en compte. ### Pendant l'AG : comment sont comptabilisés les votes à distance ? Au début de l'assemblée, le président de séance constate le nombre de copropriétaires présents physiquement. Les copropriétaires en visioconférence sont comptés comme présents, avec droit de parole et de vote en temps réel. Les formulaires électroniques reçus sont intégrés au décompte des voix. Chaque résolution voit son résultat calculé sur l'ensemble des voix exprimées : votes en présentiel, votes en visioconférence, et votes par correspondance électronique. Les règles de [majorité pour les travaux en copropriété](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/) s'appliquent sans distinction. Le président de séance doit annoncer distinctement le nombre de votes électroniques reçus pour chaque résolution. Le décompte est retranscrit au procès-verbal. Un syndic qui noierait ces votes dans une masse indistincte exposerait le PV à une contestation. ### Après l'AG : le procès-verbal électronique Le procès-verbal est dressé dans les conditions habituelles. Il mentionne le nombre de copropriétaires ayant voté par voie électronique et, pour chaque résolution, le décompte des voix correspondant. Aucune forme particulière n'est imposée au PV du seul fait du recours au vote électronique. Il peut être signé électroniquement si les membres du bureau de séance disposent d'un certificat de signature électronique qualifié. Il peut aussi être signé de manière manuscrite, puis numérisé. Le PV est notifié aux copropriétaires dans le délai d'un mois. Ce délai, fixé par l'article 18 du décret de 1967, est le même que pour une AG classique. La notification peut être faite par voie électronique uniquement aux copropriétaires qui y ont consenti. Pour les autres, la notification papier reste obligatoire. Pour connaître toutes les [règles de vote en AG de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/), un guide complet est disponible. ## L'erreur courante qui invalide un vote électronique en AG Le piège le plus fréquent, documenté par les praticiens, est l'absence de recueil préalable du consentement électronique du copropriétaire. Le syndic, pressé ou insuffisamment informé, envoie un formulaire de vote par email à tous les copropriétaires sans avoir recueilli leur accord écrit. Cette omission expose la copropriété à un risque contentieux sérieux. Le copropriétaire qui n'a pas consenti peut contester le vote. Il dispose de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour agir en justice, conformément à l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. La charge de la preuve pèse sur le syndicat des copropriétaires. Si le syndic ne peut pas produire l'accord écrit du copropriétaire, le juge est susceptible de prononcer la nullité de la résolution. La décision est alors réputée n'avoir jamais existé. ### Le consentement électronique : pourquoi son absence coûte cher L'article 42-1 de la loi du 10 juillet 1965 est formel : pour qu'un copropriétaire reçoive des notifications et documents par voie électronique, il doit avoir communiqué son adresse électronique et donné son consentement exprès. Ce consentement doit être écrit. En pratique, un simple email du syndic demandant « êtes-vous d'accord ? » et une réponse « oui » du copropriétaire peut suffire à établir ce consentement, si la trace est conservée. Mais l'absence totale de démarche préalable rend le processus vulnérable. Certains syndics formalisent ce recueil via un formulaire spécifique joint au contrat de syndic ou adressé en début de mandat. D'autres l'intègrent dans le questionnaire annuel de mise à jour des coordonnées. L'essentiel est que la preuve existe et soit accessible en cas de contestation. ### Comment contester une résolution votée irrégulièrement Le copropriétaire qui estime que le vote électronique a été irrégulier doit agir vite. L'action en nullité se prescrit par deux mois à compter de la notification du procès-verbal (article 42, alinéa 2, de la loi de 1965). Passé ce délai, la résolution devient inattaquable. La contestation s'exerce devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. Le copropriétaire doit démontrer que le vice a porté atteinte à ses droits. Un simple désagrément ne suffit pas : le juge n'annule la résolution que si l'irrégularité a eu une influence sur le résultat du vote. Copropriétaire opposant ou défaillant : les règles sont les mêmes que pour [les règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Un copropriétaire qui s'est abstenu peut agir en nullité si l'irrégularité l'a empêché d'exercer son droit de vote en toute connaissance de cause. ## Vote électronique et visioconférence : quelles différences pour le copropriétaire absent ? La confusion est fréquente entre participer à l'AG par visioconférence et voter à distance via un formulaire électronique. Pourtant, les conséquences sur les droits du copropriétaire et sur les conditions de validité de l'AG sont radicalement différentes. Un copropriétaire en visioconférence est réputé présent. Il entend les débats en direct, peut prendre la parole, poser des questions, et amender les résolutions avant le vote. Son vote intervient en temps réel, après la discussion. Un copropriétaire qui vote par formulaire électronique vote en amont, sans participer aux débats. Il ne connaît pas les amendements éventuels adoptés en séance. Son vote cristallise sa position avant la discussion collective. Ce n'est pas la même chose juridiquement ni pratiquement. Pour ceux qui ne peuvent ni être présents ni participer en visioconférence, une alternative existe : [donner un pouvoir pour l'assemblée générale](/charges/pouvoir-pour-assemblee-generale-copropriete/) à un autre copropriétaire. ### Visioconférence : présence à distance, droits complets Le copropriétaire en visioconférence bénéficie de droits identiques à ceux d'un copropriétaire présent physiquement. L'article 17-1 A de la loi de 1965 le dit clairement : la participation par visioconférence permet au copropriétaire d'exercer l'intégralité de ses prérogatives. Le syndic doit transmettre un lien de connexion sécurisé, avec un code d'accès individuel. La liaison doit être bidirectionnelle : le copropriétaire voit et entend l'assemblée, l'assemblée voit et entend le copropriétaire. Une simple retransmission en ligne sans interaction ne constitue pas une visioconférence au sens de la loi. En cas de problème technique, le copropriétaire doit le signaler immédiatement. Si la connexion est interrompue pendant une résolution, son absence de vote sur cette résolution peut être contestée. Le syndic est tenu de conserver une trace des connexions et déconnexions. ### Vote par formulaire : avantages et limites pour le copropriétaire Le vote par formulaire électronique présente un avantage pratique indéniable : le copropriétaire vote à son rythme, depuis n'importe où, sans contrainte horaire. Pour les copropriétaires qui ne peuvent pas se libérer le jour de l'AG, c'est une solution efficace. La limite principale est l'absence d'information en temps réel. Si un débat en séance modifie profondément une résolution (amendement, précision, engagement du syndic), le copropriétaire qui a déjà voté ne peut pas revenir sur son choix. Son bulletin reste figé. Autre limite : le copropriétaire qui vote par formulaire ne contribue pas au quorum de présence. Si trop de copropriétaires choisissent cette option et que le quorum n'est pas atteint en présentiel ou en visioconférence, l'AG ne peut pas délibérer valablement. Une seconde convocation est alors nécessaire. ## Comment faire adopter le vote électronique dans sa copropriété ? Un copropriétaire qui souhaite introduire le vote électronique dans sa copropriété doit suivre une démarche précise. L'initiative peut venir d'un copropriétaire, du conseil syndical, ou du syndic lui-même. La première étape consiste à inscrire la question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Si le syndic refuse, un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un quart des voix peuvent notifier au syndic leur demande d'inscription, par application de l'article 10 du décret du 17 mars 1967. La résolution proposée doit définir le périmètre : autorise-t-on le vote par formulaire électronique, la visioconférence, ou les deux ? Pour toutes les AG ou pour certaines seulement ? Pour tous les copropriétaires ou pour ceux qui le demandent ? Ces précisions éviteront des contestations ultérieures. ### Inscrire la question à l'ordre du jour : la démarche Le copropriétaire adresse au syndic un projet de résolution rédigé, avec un exposé des motifs. La résolution doit mentionner explicitement l'autorisation de recourir au vote par voie électronique et/ou à la visioconférence. La majorité requise pour adopter cette résolution est celle de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965 : majorité simple des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés. Il ne s'agit pas d'une décision modifiant la destination de l'immeuble ou les modalités de jouissance des parties privatives, qui aurait exigé une double majorité de l'article 26. Une fois la résolution adoptée, le syndic dispose d'un délai raisonnable pour mettre en place les outils techniques nécessaires. Cette décision reste valable jusqu'à ce qu'une AG ultérieure en décide autrement. ### Choisir un outil conforme : critères à vérifier auprès du syndic Le choix de la plateforme ou de l'outil relève du syndic, sous le contrôle de l'assemblée générale. Les fonctionnalités minimales exigées par le décret du 2 juillet 2020 sont au nombre de trois : identification, confidentialité, conservation. Le syndic doit pouvoir justifier du respect de ces exigences. Les copropriétaires peuvent, via le conseil syndical, lui demander une présentation des garanties techniques de l'outil retenu. Cette diligence est légitime et participe d'un bon contrôle de la gestion du syndic. Le coût de la solution est à la charge du syndicat des copropriétaires. Il doit être porté au budget prévisionnel. Les tarifs varient sensiblement selon les prestataires, et il est prudent de solliciter plusieurs devis avant de s'engager. Pour tout litige sur ce point, le recours à un professionnel du droit (avocat spécialisé en droit immobilier) est recommandé.

Fiche pratique

Textes de référenceLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (art. 17-1 A, 42, 42-1) : décret n° 67-223 du 17 mars 1967 (art. 13-1 s.) : ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019 : décret n° 2020-834 du 2 juillet 2020
Autorisation requiseRèglement de copropriété ou décision d'AG (majorité art. 24)
Consentement copropriétaireAccord écrit préalable obligatoire (art. 42-1 loi 1965)
Délai de convocation21 jours minimum avant l'AG
Retour du formulaire électroniqueAu plus tard la veille de l'AG
Notification du PVDans le mois suivant l'AG (art. 18 décret 1967)
Délai de contestation2 mois à compter de la notification du PV (art. 42 loi 1965)
Plateforme exigencesIdentification, confidentialité du vote, conservation des données (décret 2020)
Majorité pour autoriser le dispositifArticle 24 de la loi de 1965 (majorité simple)
CoûtÀ la charge du syndicat des copropriétaires, inscrit au budget prévisionnel
## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508映/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Assemblée générale de copropriété 2026 : règles, votes URL: https://copro-guide.fr/charges/assemblee-generale-copropriete-guide/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-05 Mot-clé ciblé: assemblée générale Tout comprendre sur l'assemblée générale de copropriété : convocation, ordre du jour, règles de vote, pouvoirs, PV. Guide pratique et droits L'assemblée générale est l'organe de décision souverain de la copropriété. Chaque copropriétaire y détient un nombre de voix proportionnel à ses tantièmes : et chaque absence profite mécaniquement à ceux qui siègent. Comprendre le fonctionnement de cette instance, les majorités applicables et les recours possibles permet de défendre ses intérêts sans subir passivement les décisions du syndic. > **En bref** > > - L'AG est l'organe décisionnel suprême : toute décision engageant financièrement le syndicat y est votée, du budget prévisionnel aux travaux. > - Les quatre majorités (art. 24, 25, 25-1, unanimité) déterminent le seuil de voix nécessaire selon la nature de la résolution. > - Un copropriétaire absent peut donner un pouvoir (max 3 par mandataire) ou voter par correspondance via le formulaire joint à la convocation. > - Le délai de contestation d'une décision est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal ; passé ce délai, la décision devient définitive. > - Une convocation irrégulière (hors délai, ordre du jour incomplet) n'annule pas automatiquement les décisions : seul un juge peut prononcer la nullité. ## Qu'est-ce qu'une assemblée générale de copropriété et pourquoi y participer ? L'assemblée générale (AG) est le lieu où le syndicat des copropriétaires exerce son pouvoir. Elle n'est pas une simple formalité administrative : chaque résolution votée engage le budget collectif pour l'année à venir, autorise des travaux, désigne ou révoque le syndic. Une copropriété sans AG tenante est en réalité une copropriété où le syndic gouverne seul. Concrètement, c'est lors de l'AG que les copropriétaires approuvent les comptes de l'exercice clos, votent le budget prévisionnel, décident des travaux d'entretien ou de rénovation, et fixent l'adaptation du règlement de copropriété. Chaque lot donne droit à un nombre de voix proportionnel à sa quote-part de parties communes (les tantièmes), sauf disposition contraire du règlement. Ne pas participer à l'AG, c'est laisser les autres copropriétaires décider de l'usage de vos charges. Un absentéisme chronique renforce le poids du syndic et d'un noyau restreint de copropriétaires présents : parfois porteurs d'intérêts divergents des vôtres. L'assemblée générale ordinaire en copropriété est le socle de la vie collective : chaque copropriétaire devrait en faire un rendez-vous annuel incontournable. ### Le rôle décisionnel de l'assemblée générale L'AG est l'organe délibérant du syndicat des copropriétaires. Elle seule peut engager la copropriété sur le plan financier : approbation des comptes, vote du budget, autorisation d'emprunt, décision de travaux. Le syndic, quel que soit son statut (professionnel, bénévole, coopératif), est un exécutant : il met en œuvre les décisions votées, il ne les prend pas. La loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis encadre strictement son fonctionnement. Chaque année, au moins une AG doit se tenir dans un délai de six mois à compter de la clôture de l'exercice comptable, sauf prorogation judiciaire. Cette AG annuelle, dite ordinaire, porte sur les comptes, le budget et les questions courantes. D'autres AG peuvent être convoquées en cours d'année pour traiter de sujets spécifiques urgents ou importants. Pour mieux comprendre le cadre légal et les règles, n'hésitez pas à consulter notre article détaillé sur l'[AG copropriété obligatoire : fréquence, délais et règles](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-obligatoire/). ### AG ordinaire vs AG extraordinaire : quelle différence ? En droit français, la loi ne distingue pas formellement les deux catégories. Les règles de convocation, de quorum, de majorité et de contestation sont les mêmes. La distinction relève de l'usage et de l'ordre du jour. Une AG ordinaire traite de la gestion annuelle : approbation des comptes, vote du budget prévisionnel, autorisation de travaux d'entretien courant, désignation ou renouvellement du syndic. Une AG dite extraordinaire porte sur des décisions lourdes : travaux de ravalement, modification de la répartition des charges, vente de parties communes, modification du règlement de copropriété. Dans les deux cas, le délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire reste de 21 jours minimum : identique à celui de l'AG ordinaire. ## Convocation : délais, contenu obligatoire et ordre du jour La convocation est le point de départ de toute assemblée générale. Une convocation irrégulière constitue le vice de procédure le plus fréquemment invoqué pour contester les décisions. Les règles sont définies par le décret du 17 mars 1967 pris pour l'application de la loi de 1965, et le non-respect des formalités substantielles peut entraîner l'annulation des résolutions votées. Face à une [irrégularité convocation assemblée générale copropriété](/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/), il est crucial de connaître vos recours pour défendre vos droits. Le syndic adresse la convocation à chaque copropriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte d'huissier, ou par remise en main propre contre émargement. La convocation indique obligatoirement le lieu, la date et l'heure de la réunion, ainsi que l'ordre du jour complet. Elle est accompagnée des documents nécessaires à l'information des copropriétaires : ordre du jour détaillé, projets de résolutions, documents comptables pour l'AG annuelle, devis et notices techniques pour les travaux. Une convocation assemblée générale copropriété hors délai ou incomplète fragilise l'ensemble des votes à venir. ### Le délai légal de convocation : 21 jours minimum Le délai de 21 jours est impératif. Il court entre la date de première présentation de la lettre recommandée (ou de remise en main propre) et la date de l'assemblée. Un délai inférieur, même d'un jour, expose les décisions à une annulation contentieuse. Les statuts ou le règlement de copropriété peuvent prévoir un délai plus long, jamais plus court. Le cachet de la poste ou la date d'émargement fait foi. En pratique, les syndics expédient les convocations avec une marge de 2 à 5 jours supplémentaires pour neutraliser le risque contentieux. La jurisprudence considère que ce délai est substantiel : sa méconnaissance constitue une irrégularité de nature à entraîner la nullité des décisions, sous réserve d'appréciation par le tribunal judiciaire. ### Ce que doit contenir l'ordre du jour L'ordre du jour est arrêté par le syndic en concertation avec le conseil syndical. Chaque point est formulé de façon précise, accompagné d'un projet de résolution. Un ordre du jour vague (« questions diverses », « travaux éventuels ») est juridiquement insuffisant et expose les décisions correspondantes à l'annulation. L'ordre du jour doit permettre à chaque copropriétaire de comprendre l'objet exact du vote et ses implications financières. Pour les travaux, les devis correspondants doivent être joints. Pour le budget, les comptes détaillés et le budget prévisionnel doivent accompagner la convocation. Tout copropriétaire peut demander l'inscription d'une question à l'ordre du jour en notifiant sa demande au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception : en respectant un délai raisonnable avant l'envoi des convocations. ### Piège fréquent : la résolution absente de l'ordre du jour Aucune décision ne peut être votée sur une question qui ne figure pas à l'ordre du jour. C'est un principe d'ordre public auquel il ne peut être dérogé, même à l'unanimité des présents. L'erreur classique : le syndic ou un copropriétaire propose en séance une résolution non inscrite, l'assemblée la vote, et elle est ultérieurement contestée. La sanction est lourde : la décision est nulle de plein droit, sans qu'il soit besoin de démontrer un préjudice. Seule exception : le vote sur des questions qui ne font l'objet d'aucune décision (simple débat, échange d'informations). Dès qu'un vote intervient, la résolution correspondante doit impérativement avoir été portée à l'ordre du jour notifié 21 jours avant. ## Les règles de vote en assemblée générale : majorités et quorums Les décisions en AG ne se prennent pas à main levée sur une base « un copropriétaire = une voix ». Chaque lot donne droit à un nombre de voix proportionnel à ses tantièmes de copropriété, sauf disposition contraire du règlement. La loi du 10 juillet 1965 distingue quatre types de majorités, applicables selon la nature de la décision à prendre. Ces majorités ne se calculent pas sur le même dénominateur : tantôt les voix des seuls présents et représentés, tantôt les voix de l'ensemble des copropriétaires (absents inclus). Confondre ces assiettes est l'une des principales causes de contentieux. L'article dédié aux règles de vote en AG de copropriété détaille chaque mécanisme ; en voici la synthèse opérationnelle. Pour maîtriser les règles de vote et éviter les erreurs, notre article dédié au [Vote en AG copropriété 2026 : majorités et règles clés](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) vous apportera toutes les précisions nécessaires. ### Majorité simple (article 24) : les décisions courantes La majorité de l'article 24 est la règle de droit commun : elle s'applique à toutes les décisions pour lesquelles la loi n'exige pas une majorité renforcée. Le seuil requis est la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés. Les abstentions ne sont pas comptabilisées : elles ne pèsent ni pour ni contre la résolution. Concrètement, une résolution soumise à l'article 24 est adoptée si les voix « pour » dépassent les voix « contre », quel que soit le nombre d'abstentions. Les décisions relevant de cette majorité incluent l'approbation des comptes, le vote du budget prévisionnel, l'autorisation de travaux d'entretien courant, la désignation du conseil syndical. La majorité simple favorise l'adoption rapide des décisions de gestion quotidienne. ### Majorité absolue (article 25) : travaux et syndic La majorité de l'article 25 exige un seuil plus élevé : la majorité des voix de tous les copropriétaires : présents, représentés et absents. Le dénominateur englobe l'intégralité des tantièmes du syndicat. Cette majorité concerne notamment la désignation et la révocation du syndic, les travaux de conservation de l'immeuble, la modification du règlement de copropriété concernant la jouissance des parties privatives, l'installation de bornes de recharge. En pratique, l'adoption est plus difficile car les absents comptent dans le décompte global : si 40 % des tantièmes ne participent pas et ne donnent pas pouvoir, une résolution nécessite plus de 50 % des 100 % : soit un taux de participation effectif très élevé. ### Double majorité et unanimité : les grandes décisions La majorité de l'article 26 requiert l'unanimité de tous les copropriétaires. Elle concerne les décisions les plus lourdes : modification de la répartition des charges, vente de parties communes, suppression du poste de concierge lorsque le règlement de copropriété l'impose. L'unanimité est difficile à atteindre dans les grandes copropriétés, ce qui peut bloquer des projets structurels. La majorité de l'article 25-1 (double majorité) constitue une voie intermédiaire : elle exige la majorité des voix de tous les copropriétaires ET la majorité en nombre des copropriétaires présents ou représentés. Instituée pour fluidifier la prise de décision, elle s'applique notamment à la délégation de pouvoir au syndic ou au conseil syndical pour certaines catégories de décisions. ### Cas pratique chiffré : voter des travaux de ravalement avec 12 lots Prenons une copropriété de 12 lots totalisant 1 000 tantièmes, répartis équitablement (83 à 84 tantièmes par lot). Le syndic soumet au vote un ravalement de façade pour 60 000 €, relevant de l'article 25 (majorité absolue). Pour être adoptée, la résolution doit recueillir au moins 501 voix sur les 1 000 tantièmes du syndicat. Avec 8 copropriétaires présents ou représentés totalisant 668 tantièmes, et 4 absents (332 tantièmes), il faut au moins 501 voix « pour ». Même si les 8 participants votent unanimement en faveur des travaux, ils ne représentent que 668 voix : la résolution passe, mais de justesse. Si seulement 5 copropriétaires sur 12 participent (415 tantièmes), la résolution est mathématiquement impossible à adopter, quels que soient les votes. Cet exemple illustre un point crucial : le taux de participation conditionne la faisabilité des décisions sous article 25. D'où l'importance des pouvoirs et du vote par correspondance pour atteindre le seuil. Le respect des règles de participation, y compris le [quorum assemblée générale copropriété](/assemblee/quorum-assemblee-generale-copropriete/), garantit la légitimité des décisions. ## Voter sans être présent : pouvoirs et vote par correspondance Un copropriétaire empêché n'est pas privé de droit de vote. Deux mécanismes permettent de participer à distance : le pouvoir donné à un mandataire, et, depuis la loi ELAN du 23 novembre 2018, le vote par correspondance. Ces dispositifs sont encadrés pour éviter les concentrations de pouvoir et garantir la sincérité du scrutin. Le formulaire de pouvoir ou de vote par correspondance est obligatoirement joint à la convocation. Un copropriétaire peut cumuler les deux options sur des résolutions distinctes : voter par correspondance pour certaines, donner pouvoir pour les autres. L'essentiel est de respecter le cadre légal pour que chaque voix soit valablement exprimée. Pour aller plus loin, consultez notre article sur le pouvoir pour assemblée générale, ses plafonds et le modèle à utiliser. ### Donner un pouvoir : règles et plafonds légaux Tout copropriétaire peut déléguer son vote à un mandataire, copropriétaire ou non, membre du conseil syndical ou tiers. Le mandat doit être écrit, signé, et désigner nominativement le mandataire. Le plafond légal est fixé par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965 : un même mandataire ne peut détenir plus de trois pouvoirs, sauf si le total des voix qu'il détient (ses propres voix + celles des mandats) ne dépasse pas 5 % des voix du syndicat. Exemple : dans une copropriété de 1 000 tantièmes, un mandataire peut détenir autant de pouvoirs que nécessaire, à condition de ne pas excéder 50 voix au total. Ce plafond vise à empêcher qu'un seul copropriétaire (ou le syndic) ne monopolise le vote. ### Le vote par correspondance : mode d'emploi La loi ELAN a généralisé le vote par correspondance à toutes les copropriétés, sans nécessité d'une autorisation préalable du règlement. La convocation doit comporter un formulaire détachable permettant au copropriétaire de voter sur chaque résolution sans assister à la séance. Le copropriétaire coche « pour », « contre » ou « abstention » pour chaque projet de résolution, signe le formulaire, et le retourne au syndic avant l'ouverture de l'assemblée. Les votes par correspondance sont dépouillés en séance et comptabilisés comme des voix exprimées. Ce dispositif réduit l'absentéisme structurel et facilite l'atteinte des majorités, notamment pour les résolutions relevant de l'article 25. ## Le procès-verbal : signature, diffusion et valeur juridique Le procès-verbal (PV) est l'acte qui constate officiellement les décisions prises par l'assemblée générale. Sa rédaction, sa signature et sa notification obéissent à des règles précises dont le non-respect peut compromettre la validité des résolutions. Le PV ne se limite pas à un relevé de conclusions : il doit mentionner chaque résolution avec le résultat du vote (nombre de voix pour, contre, abstentions) et, sur demande, le nom des copropriétaires ayant voté contre ou s'étant abstenus. La notification du PV aux copropriétaires absents ou opposants déclenche le délai de deux mois pour contester. Un modèle de PV d'assemblée générale de copropriété au format PDF est disponible pour faciliter la rédaction. Pour des informations plus complètes, notre guide sur le [procès-verbal d'AG copropriété : mentions, délais](/charges/proces-verbal-ag-copropriete-guide/) vous fournira les détails essentiels. Pour vous accompagner dans cette démarche, un [PV d'assemblée générale de copropriété : modèle PDF gratuit](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) est à votre disposition, facilitant ainsi la formalisation de ces décisions. ### Qui signe le PV et dans quel délai ? Le procès-verbal est signé en séance par le président de l'assemblée, le secrétaire (désignés en début de séance) et le ou les scrutateurs. Le syndic, qui tient la plume, le fait ensuite notifier dans un délai d'un mois aux copropriétaires absents et à ceux qui se sont opposés à une décision (article 42 de la loi du 10 juillet 1965). La notification s'effectue par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte d'huissier. Le PV est également inscrit au registre des procès-verbaux tenu par le syndic. Un PV non signé, ou signé par des personnes non habilitées, est irrégulier. En pratique, le PV est souvent préparé à l'avance par le syndic, complété en séance, puis signé séance tenante. ### Comment contester une décision d'assemblée générale ? Le délai de contestation est de deux mois à compter de la notification du PV. Passé ce délai, la décision devient définitive, même si elle est irrégulière. Saisir le tribunal judiciaire est la seule voie : aucune contestation amiable, aucun courrier au syndic ne suspend ce délai. Seuls les copropriétaires opposants (ayant voté contre) ou défaillants (absents non représentés) peuvent agir. Un copropriétaire ayant voté pour ne peut pas contester la décision. Les motifs recevables sont limités aux vices de procédure (convocation irrégulière, résolution hors ordre du jour, défaut de majorité) ou à l'abus de majorité (décision contraire à l'intérêt collectif, prise dans l'intention de nuire). L'opportunité de la décision : par exemple le choix d'un prestataire plutôt qu'un autre : n'est pas un motif de contestation recevable. Attention : une irrégularité n'annule pas automatiquement la décision ; seul le juge peut prononcer la nullité. ## Checklist pratique : se préparer efficacement à son assemblée générale Voici les actions à entreprendre à chaque étape pour exercer pleinement vos droits de copropriétaire, avant, pendant et après l'assemblée générale. Avant l'AG : - **Dès réception de la convocation** : vérifier la date d'envoi et le respect du délai de 21 jours. - **Lire l'ordre du jour intégralement** : chaque résolution doit être précise. Une formulation vague est un signal d'alerte. - **Examiner les documents joints** : comptes de l'exercice, budget prévisionnel, devis de travaux, contrats proposés. - **Préparer ses questions et, le cas échéant, solliciter l'inscription d'une résolution complémentaire** dans les délais. Pendant l'AG : - **Voter chaque résolution en connaissance de cause** : ne pas suivre aveuglément les recommandations du syndic. - **Demander l'inscription au PV du sens de son vote** si l'on vote contre ou s'abstient (indispensable pour un recours ultérieur). - **Vérifier la régularité des feuilles de présence** et des pouvoirs avant la clôture. Après l'AG : - **Si vous étiez absent ou opposant** : vérifier la réception du PV notifié dans le mois. - **Surveiller le délai de deux mois** : toute contestation doit être introduite avant son expiration. - **Conserver tous les documents** : convocation, PV, notifications : ils constituent la preuve en cas de litige. Cette routine, simple et systématique, transforme le copropriétaire passif en acteur informé de la vie de son immeuble. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2608) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508953) - [anil.org](https://www.anil.org/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Charges de copropriété déductibles : comment les déclarer URL: https://copro-guide.fr/charges/declarer-charges-copropriete-impots/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-04 Mot-clé ciblé: comment déclarer les charges de copropriété aux impôts Comment déclarer les charges de copropriété aux impôts en 2026 ? Revenus fonciers, micro-foncier ou régime réel : le guide pratique avec cases, pièges **Seul un copropriétaire bailleur peut déduire ses charges de copropriété de ses revenus fonciers, et uniquement s'il est au régime réel d'imposition (formulaire 2044). En micro-foncier, l'abattement forfaitaire de 30 % couvre déjà l'ensemble des charges : aucune déduction supplémentaire n'est possible. Le copropriétaire occupant ne bénéficie d'aucune déduction fiscale sur ses charges de copropriété.** Déclarer ses charges de copropriété aux impôts dépend avant tout de votre statut : un copropriétaire occupant ne peut rien déduire, tandis qu'un bailleur le peut, sous conditions. La régularisation des provisions de charges, le choix entre micro-foncier et régime réel, et la nature exacte des dépenses engagées déterminent ce que vous inscrivez sur votre déclaration. Voici le détail poste par poste. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Copropriétaire occupant : aucune déduction de charges possible sur la déclaration de revenus > - Micro-foncier : abattement forfaitaire de 30 %, pas de déduction ligne par ligne > - Régime réel : formulaire 2044, ligne 229 pour les charges de copropriété déductibles > - Le fonds de travaux Alur est exclu des charges déductibles > - Régularisation obligatoire en N+1 : on déduit les charges réelles, pas les provisions ## Charges de copropriété et impôts : ce que dit la règle générale Le principe est simple mais il surprend beaucoup de copropriétaires : seuls les bailleurs peuvent déduire leurs charges. Le copropriétaire qui habite son logement, qu'il s'agisse de sa résidence principale ou d'une résidence secondaire, ne bénéficie d'aucun avantage fiscal sur ces dépenses. Cette règle découle de la logique même de l'impôt sur le revenu : les charges ne sont déductibles que si elles sont engagées en vue d'acquérir ou de conserver un revenu imposable. Or un occupant ne perçoit aucun revenu de son logement. Les appels de fonds du syndic, les factures de travaux votés en assemblée générale, les honoraires de gestion : tout cela reste à sa charge exclusive, sans contrepartie fiscale. Avant même de se demander comment déclarer les charges de copropriété aux impôts, la première question à trancher est donc : louez-vous ce bien ou l'occupez-vous ? La réponse conditionne tout le reste. ### Copropriétaire occupant : aucune déduction possible Si vous habitez votre appartement, ne cherchez pas de case « charges de copropriété » sur votre déclaration 2042 : il n'y en a pas. La loi ne prévoit aucun mécanisme de déduction, de crédit d'impôt ou de réduction pour les charges supportées par un copropriétaire occupant. Cette situation vaut aussi bien pour une résidence principale que pour une résidence secondaire. Même les dépenses exceptionnelles (ravalement de façade, mise aux normes de l'ascenseur) restent non déductibles. La seule exception, très marginale, concerne certains travaux de rénovation énergétique pouvant ouvrir droit à des aides spécifiques (MaPrimeRénov') mais sans lien avec le statut de copropriétaire. ### Copropriétaire bailleur : la déduction est conditionnée au régime fiscal Le propriétaire qui met son bien en location déclare des revenus fonciers. Deux régimes coexistent : le micro-foncier et le régime réel. Le traitement des charges de copropriété diffère radicalement de l'un à l'autre. En micro-foncier, l'administration applique un abattement forfaitaire de **30 %** sur les loyers déclarés. Cet abattement est réputé couvrir l'ensemble des charges, y compris celles de copropriété. Aucune déduction supplémentaire n'est admise. Au régime réel, le bailleur déduit ses charges pour leur montant exact, justificatifs à l'appui. La différence est majeure : selon le poids réel des charges dans vos loyers, un régime sera plus avantageux que l'autre. Comprendre les spécificités du régime réel est essentiel pour savoir [comment calculer la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) au plus juste. ## Régime micro-foncier ou régime réel : quel impact sur vos charges ? Le régime micro-foncier s'applique automatiquement si vos revenus locatifs annuels ne dépassent pas **15 000 €** (charges comprises). Une fois ce seuil franchi, le régime réel devient obligatoire. Mais même sous le seuil, vous pouvez opter pour le réel si vos charges de copropriété et autres frais dépassent 30 % de vos loyers. Le micro-foncier séduit par sa simplicité : inscrivez le montant brut des loyers annuels sur la déclaration 2042 (ligne 4BE), l'abattement de 30 % est automatique, aucune justification à fournir. En contrepartie, vous renoncez à toute déduction spécifique. Si vos charges réelles (copropriété, intérêts d'emprunt, assurances, travaux) atteignent **40 %** de vos loyers, le micro-foncier vous fait perdre 10 points de déduction. L'option pour le réel est irrévocable pendant 3 ans. Avant de basculer, comparez votre taux de charges réel avec les 30 % forfaitaires sur plusieurs exercices. Un syndicat qui lance un ravalement lourd peut rendre le réel très attractif temporairement. ### Le micro-foncier : abattement forfaitaire, charges non déductibles ligne par ligne Sous le régime micro-foncier, la déclaration tient en une ligne. Les **30 %** d'abattement sont calculés automatiquement par l'administration fiscale sur le montant brut des loyers. Cet abattement est censé représenter forfaitairement l'ensemble des charges supportées par le bailleur : charges de copropriété, intérêts d'emprunt, primes d'assurance, frais de gestion, taxe foncière. L'inconvénient apparaît quand les charges réelles dépassent significativement ce forfait de 30 %. Un bien en copropriété avec des charges élevées (immeuble ancien avec gardien, espaces verts, piscine) peut générer un taux de charges réel de 35 à 45 % des loyers. Dans ce cas, le micro-foncier est fiscalement perdant. ### Le régime réel : les charges de copropriété déductibles poste par poste Au régime réel, vous déclarez l'intégralité de vos revenus locatifs sur le formulaire 2044, et vous déduisez chacune de vos charges pour leur montant réel et justifié. Les charges de copropriété figurent parmi les postes de déduction, aux côtés des intérêts d'emprunt, de la taxe foncière, des primes d'assurance et des frais de gestion. Prenons un cas concret : un appartement loué **900 €** par mois, soit **10 800 €** de loyers annuels. Les charges de copropriété annuelles s'élèvent à **2 400 €**, auxquelles s'ajoutent **600 €** de taxe foncière et **400 €** d'assurance PNO. Au micro-foncier, le revenu imposable serait de 10 800 € × 70 % = **7 560 €**. Au régime réel : 10 800 € – (2 400 € + 600 € + 400 €) = **7 400 €**. L'écart est modeste ici, mais il se creuse avec des travaux ou des intérêts d'emprunt. ## Quelles charges de copropriété sont déductibles au régime réel ? L'article 31 du Code général des impôts (CGI) pose la règle : sont déductibles les dépenses engagées pour l'acquisition et la conservation du revenu. En copropriété, cela recouvre un éventail précis de charges, mais exclut aussi certaines dépenses que les bailleurs déduisent parfois par erreur. La distinction fondamentale oppose les dépenses d'entretien et de réparation (déductibles) aux dépenses d'amélioration, de construction ou de reconstruction (non déductibles). Un ravalement de façade est déductible. La surélévation de l'immeuble ou l'installation d'un équipement qui n'existait pas auparavant ne le sont pas. La frontière est parfois ténue : remplacer une chaudière vétuste est un entretien déductible ; installer un système de climatisation là où il n'y en avait pas relève de l'amélioration, non déductible. Les dépenses doivent correspondre à des paiements effectifs dans l'année d'imposition. Les provisions appelées par le syndic sont déductibles l'année de leur versement, mais elles devront être régularisées l'année suivante sur la base des charges réelles arrêtées. ### Les charges courantes : provisions déductibles Les provisions sur charges courantes versées au syndic sont déductibles. Elles couvrent l'entretien courant de l'immeuble (nettoyage, espaces verts, petites réparations), les honoraires de syndic, les primes d'assurance de l'immeuble, la rémunération du gardien, les consommations d'eau et d'énergie des parties communes. S'agissant de la répartition entre ce qui incombe au locataire et au propriétaire, les charges récupérables sur le locataire (eau chaude, chauffage collectif, entretien des parties communes) ne peuvent pas être déduites par le bailleur : elles sont déjà remboursées. En pratique, ne déduisez que les charges non récupérables, telles que détaillées dans notre article sur [les charges que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/). Pour une meilleure compréhension, il est utile de savoir quelle est la [part des charges récupérables sur le locataire 2026](/charges/part-locataire-charges-copropriete/). ### Les dépenses de travaux : ce qui est déductible et ce qui ne l'est pas Les travaux votés en assemblée générale et payés via des appels de fonds exceptionnels suivent le même principe que les charges courantes. Sont déductibles les dépenses d'entretien et de réparation : ravalement, réfection de toiture, mise aux normes électriques, remplacement d'un ascenseur vétuste. Ne sont pas déductibles les dépenses qui augmentent la valeur du bien ou en modifient la consistance : création d'une piscine, installation d'un système de climatisation centralisé, surélévation. La quote-part des travaux correspondant à des améliorations n'est pas déductible, même si le syndicat a voté la dépense globalement. Un décompte précis par nature de travaux est indispensable. ### Ce qui n'est jamais déductible : fonds de travaux et charges récupérables Le fonds de travaux, rendu obligatoire par la loi Alur pour les immeubles de plus de 10 lots, constitue une épargne collective et non une dépense immédiate. Les cotisations versées à ce fonds ne sont pas déductibles l'année de leur versement. Elles le deviennent uniquement lorsque le syndicat prélève sur ce fonds pour financer des travaux effectifs et déductibles (entretien ou réparation). Même logique pour les charges récupérables sur le locataire, comme le rappelle notre guide sur la [répartition des charges entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). Les déduire reviendrait à obtenir un double avantage. L'arrêté des comptes du syndic distingue habituellement ces catégories : appuyez-vous sur ce document pour isoler les charges réellement déductibles. ## Comment remplir votre déclaration de revenus : les bonnes cases Une fois le régime fiscal identifié et la nature des charges qualifiée, reste à remplir correctement la déclaration. L'erreur de case est fréquente, surtout chez les bailleurs passant pour la première fois au régime réel. Le formulaire 2044 est le document central du régime réel. Il se décline en plusieurs pages et demande un détail précis des revenus et des charges. La déclaration 2042 reste le support principal, mais elle ne fait que reprendre les totaux issus du 2044 (ou du micro-foncier). La télédéclaration sur impots.gouv.fr guide le contribuable mais ne l'empêche pas de commettre des erreurs de qualification. Mieux vaut préparer ses justificatifs et comprendre la mécanique avant de se lancer dans la saisie en ligne. ### Formulaire 2044 : où saisir vos charges de copropriété Sur le formulaire 2044 (déclaration des revenus fonciers), les charges de copropriété se déclarent **ligne 229**, dans la rubrique « frais de gestion et d'administration ». Cette ligne accueille les honoraires de syndic, les frais de gestion courante, et les provisions sur charges versées au syndicat. Les dépenses de travaux d'entretien et de réparation trouvent leur place sur d'autres lignes du formulaire (ligne 224 pour les dépenses de réparation et d'entretien). Distinguez bien : les provisions pour charges courantes et honoraires de syndic vont ligne 229 ; les travaux d'entretien votés en AG vont ligne 224. Les primes d'assurance de l'immeuble se déclarent ligne 223. ### La régularisation annuelle des provisions : une étape souvent oubliée Vous avez versé 2 400 € de provisions sur charges en 2025. Vous les déduisez sur votre déclaration 2026 (revenus 2025). En mai 2026, le syndic arrête les comptes : les charges réelles de 2025 s'élèvent à 2 700 €. Sur votre déclaration 2027 (revenus 2026), vous déduirez les 300 € de régularisation, en plus des provisions 2026. Si à l'inverse l'arrêté des comptes révèle que les charges réelles n'étaient que de 2 100 €, il vous faudra réintégrer 300 € dans vos revenus fonciers 2026, déclarés en 2027. Cette régularisation est obligatoire : ne pas la faire expose à un redressement en cas de contrôle. Le relevé annuel de charges du syndic sert de justificatif, comme expliqué dans notre article sur [ce que recouvrent concrètement les charges de copropriété](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/). Pour comprendre les délais et procédures, consultez notre guide sur la [régularisation charges locataire 2026 : délais et procédure](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/). ### Formulaire 2042 : la déclaration en micro-foncier En micro-foncier, la procédure est radicalement plus simple. Vous indiquez le montant total des loyers perçus dans l'année (charges comprises) sur le formulaire 2042, **ligne 4BE** (« revenus fonciers – régime micro-foncier »). L'administration applique automatiquement l'abattement de 30 %. Aucune autre case à remplir, aucun justificatif de charges à fournir, aucune régularisation. ## L'erreur courante qui coûte cher : confondre provisions et charges réelles Beaucoup de bailleurs déduisent année après année les provisions appelées par le syndic sans jamais procéder à la régularisation. Le fisc, en cas de contrôle, compare les sommes déclarées avec les arrêtés de comptes. Si l'écart est significatif et répété, le redressement peut porter sur les trois dernières années. Autre erreur fréquente : déduire l'intégralité des provisions sans retrancher la part des charges récupérables auprès du locataire. Un bailleur qui déduit 3 000 € de charges alors que 1 200 € sont refacturés au locataire majore artificiellement son déficit foncier. La conséquence va de la simple régularisation avec intérêts de retard (0,20 % par mois) à une majoration de 10 % en cas de mauvaise foi caractérisée. Le fonds de travaux est un autre piège classique. Sur le relevé du syndic, la ligne « fonds de travaux » figure souvent parmi les appels de fonds, ce qui incite à la déduire. Pourtant, la doctrine fiscale est constante sur ce point depuis la loi Alur : ce fonds n'est pas déductible tant qu'il n'est pas consommé. Le déduire trop tôt expose à une remise en cause des déficits fonciers déclarés. ## Justificatifs à conserver : le relevé de charges du syndic Le relevé annuel de charges, issu de l'arrêté des comptes du syndic et approuvé en assemblée générale, est le document central en cas de contrôle. Il détaille, pour chaque lot, la ventilation entre charges courantes, travaux exceptionnels, fonds de travaux et charges récupérables. Le vérificateur s'y réfère systématiquement. Conservez ce relevé pendant au moins **3 ans**, correspondant au délai de reprise fiscale de droit commun. En pratique, gardez-le jusqu'à l'expiration de la troisième année suivant celle de l'imposition. Les procès-verbaux d'assemblée générale approuvant les comptes, ainsi que les appels de fonds correspondants, complètent le dossier. Pour les dépenses de travaux, les factures détaillées des entreprises intervenues renforcent la justification, notamment pour distinguer entretien et amélioration. La numérisation de ces documents facilite leur archivage et leur transmission en cas de demande de l'administration. Les comptes-rendus de gestion du syndic, les décomptes individuels de charges et les attestations de régularisation annuelle constituent autant de pièces utiles, comme l'explique notre article sur les règles de répartition des charges en copropriété.

Fiche pratique

Statut du copropriétaireOccupant : 0 € déductible ; Bailleur : déduction possible selon régime
Seuil micro-foncier 2025 (revenus 2025)15 000 € de loyers annuels (charges comprises)
Formulaire régime réel2044 (déclaration des revenus fonciers)
Ligne clé formulaire 2044Ligne 229 « frais de gestion et d'administration »
Formulaire micro-foncier2042, ligne 4BE (montant brut des loyers)
Abattement micro-foncier30 % (forfaitaire, automatique)
Fonds de travaux (loi Alur)Non déductible
Délai de conservation des justificatifs3 ans minimum (délai de reprise fiscale)
Texte de référenceArticle 31 du Code général des impôts (CGI)
## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1991) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Modèle règlement de copropriété 2026 : clauses obligatoires URL: https://copro-guide.fr/charges/modele-reglement-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-03 Mot-clé ciblé: modèle règlement de copropriété Besoin d'un modèle de règlement de copropriété ? Découvrez les clauses obligatoires pour 2026, la structure légale et les erreurs fréquentes à éviter **Un modèle de règlement de copropriété sert de trame à un document juridique obligatoire qui fixe les règles de vie et de gestion d'un immeuble. Il doit impérativement définir la destination du bâtiment, les parties communes et privatives, et surtout, la clé de répartition des charges. Sa rédaction par un notaire est indispensable.** Un modèle de règlement de copropriété sert de base pour rédiger la "constitution" de tout immeuble collectif, un document essentiel qui régit les droits et devoirs de chaque propriétaire. Loin d'être un simple formulaire, sa rédaction est encadrée par la loi du 10 juillet 1965 et doit contenir des clauses précises pour éviter les litiges. Comprendre sa structure et ses mentions obligatoires est la première étape pour garantir des relations apaisées et une gestion saine de la copropriété. Ce guide détaille, clause par clause, ce que votre règlement doit impérativement contenir. > **En bref** > > - Le règlement de copropriété est un document juridique obligatoire qui s'impose à tous les copropriétaires et locataires. > - Il doit obligatoirement définir la destination de l'immeuble, l'usage des parties privatives/communes et la répartition des charges. > - La clause de répartition des charges est la plus sensible et doit être rédigée avec une grande précision pour éviter les contentieux. > - Une clause de destination de l'immeuble trop vague peut entraîner des litiges coûteux (ex: nuisances liées à la location saisonnière). > - Toute modification du règlement doit être votée en assemblée générale, souvent à une majorité qualifiée. ## Qu'est-ce qu'un règlement de copropriété et à quoi sert-il ? Le règlement de copropriété est le document juridique qui organise la vie collective au sein d'un immeuble divisé en lots. Il a une valeur contractuelle : ses dispositions s'appliquent non seulement aux copropriétaires actuels et futurs, mais aussi à leurs locataires. Personne ne peut s'y soustraire. Son rôle est double. D'une part, il définit les règles de la vie quotidienne : comment utiliser les parties communes (paliers, jardins, ascenseur), quelles sont les limites d'usage des parties privatives (appartements, caves, parkings). D'autre part, il fixe les règles de gouvernance, notamment le fonctionnement du syndicat des copropriétaires, les modalités de convocation et de vote des assemblées générales, et les principes de répartition des charges. La base légale de ce document est la loi n°65-557 du 10 juillet 1965. Selon ce texte, l'établissement d'un règlement est obligatoire pour toute copropriété. Il est généralement rédigé lors de la création de la copropriété, avant la vente du premier lot. En cas de non-respect de ses clauses, le syndic, mandaté par le syndicat des copropriétaires, a le pouvoir d'agir en justice pour faire cesser le trouble. Par exemple, si un propriétaire effectue des travaux non autorisés affectant un mur porteur, le syndic peut l'assigner pour obtenir la remise en état des lieux. Il est donc crucial de bien connaître les [droits et obligations issus du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/). ### Le règlement de copropriété : un contrat qui s'impose à tous Chaque copropriétaire, en achetant son lot, adhère automatiquement au règlement de copropriété. Cette adhésion n'est pas optionnelle, elle est consubstantielle au statut de copropriétaire. Le règlement constitue la "loi des parties" et prime sur les volontés individuelles, tant qu'il n'est pas contraire aux dispositions légales d'ordre public. Il s'impose à tous, même à un acquéreur qui prétendrait ne pas l'avoir lu avant la signature. Le notaire a d'ailleurs l'obligation de le remettre à chaque nouveau propriétaire lors de la vente. De plus, le règlement doit être respecté par les occupants des lieux, y compris les locataires. Le copropriétaire-bailleur est tenu de s'assurer que son locataire respecte les clauses du règlement (relatives à la tranquillité de l'immeuble, à l'usage des parties communes, etc.). En cas de manquement du locataire, le syndicat des copropriétaires se retournera contre le propriétaire-bailleur, qui est juridiquement responsable. ### Règlement et état descriptif de division : ne pas les confondre Il est essentiel de ne pas confondre le règlement de copropriété avec l'état descriptif de division (EDD). Bien que souvent contenus dans le même document et publiés ensemble au service de la publicité foncière, ils ont des fonctions distinctes. - **L'état descriptif de division (EDD)** est un document purement technique. Sa fonction est d'identifier et de décrire chaque lot de la copropriété. Il attribue un numéro à chaque lot (appartement, cave, parking…), précise sa localisation dans l'immeuble (bâtiment, étage, porte) et lui affecte une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes. - **Le règlement de copropriété**, lui, est un document juridique qui fixe les règles d'usage et de gestion. Il utilise les tantièmes définis dans l'EDD pour établir les clés de répartition des charges, mais son objet est beaucoup plus large. Il définit ce qui est permis ou interdit dans l'immeuble. En résumé, l'EDD "photographie" la division de l'immeuble, tandis que le règlement en "organise la vie". ## Les clauses obligatoires d'un modèle de règlement de copropriété La loi, notamment l'article 8 de la loi du 10 juillet 1965, impose un contenu minimum pour tout règlement de copropriété. L'omission de l'une de ces clauses peut entraîner des litiges et potentiellement une action en justice pour faire constater la nullité ou l'inopposabilité du règlement. Un bon **modèle de règlement de copropriété** doit donc être structuré autour de ces piliers juridiques pour être conforme et efficace. Il ne s'agit pas de simples formalités, mais des fondations de l'organisation collective. Notre dossier [règlement de copropriété pdf : où le trouver](/charges/reglement-copropriete-pdf/) approfondit cette question. Notre dossier [modification du règlement de copropriété : procédure](/assemblee/modification-reglement-copropriete-guide/) approfondit cette question. Ces clauses visent à prévenir les conflits en établissant des règles claires et objectives sur les points les plus sensibles de la vie en communauté : l'usage de la propriété, la contribution aux dépenses communes et l'exercice du pouvoir décisionnel. Un règlement bien rédigé par un professionnel (notaire, avocat) est le meilleur investissement pour la paix et la valorisation de l'immeuble sur le long terme. À l'inverse, un document imprécis ou incomplet est une source quasi certaine de contentieux futurs. C'est pourquoi le recours à un modèle trouvé en ligne doit se faire avec la plus grande prudence et systématiquement validé par un expert. Un bon modèle de règlement de copropriété doit être structuré autour de ces piliers juridiques pour être conforme et efficace. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le [Règlement de copropriété 2026 : contenu, modification](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/). ### Destination de l'immeuble et usage des parties privatives C'est sans doute la clause la plus importante. La "destination de l'immeuble" définit l'usage général pour lequel le bâtiment a été conçu. Est-il à usage exclusif d'habitation ("clause d'habitation bourgeoise exclusive") ? Permet-il un usage mixte habitation et professionnel ? Accepte-t-il les commerces ? Cette destination générale s'impose à tous et conditionne directement ce que chaque copropriétaire a le droit de faire dans ses parties privatives. Par exemple, si le règlement stipule un usage exclusif d'habitation, l'installation d'un cabinet médical ou d'une agence immobilière au rez-de-chaussée sera interdite. De même, cette clause est aujourd'hui au cœur des débats sur la location meublée touristique de courte durée. Un règlement très strict peut permettre de limiter ou d'interdire cette pratique si elle est jugée contraire à la destination résidentielle et à la tranquillité de l'immeuble. La rédaction de cette clause doit donc être particulièrement soignée. ### Répartition des charges : la clause-clé à ne pas bâcler Le règlement doit fixer les **règles de répartition des charges** de copropriété entre tous les propriétaires. C'est une clause essentielle et une source fréquente de litiges. La loi impose de distinguer deux types de charges : - **Les charges générales** : elles concernent la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes (ravalement de façade, réfection de la toiture, honoraires du syndic). Elles sont réparties entre tous les copropriétaires en fonction de leurs tantièmes de copropriété, sans exception. - **Les charges spéciales** : elles ne concernent que les services collectifs et les équipements communs (ascenseur, chauffage collectif, antenne TV). Elles sont réparties en fonction de "l'utilité objective" que ces services et équipements présentent pour chaque lot. Par exemple, un propriétaire d'un lot au rez-de-chaussée ne paiera pas les charges d'ascenseur, car cet équipement ne lui est d'aucune utilité. Le règlement doit contenir des grilles de répartition précises pour chaque catégorie de charges. Les [règles de répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) sont un point technique qui ne laisse aucune place à l'improvisation. ### Fonctionnement de l'assemblée générale et du conseil syndical Le règlement de copropriété doit détailler les règles d'administration de l'immeuble. Cela inclut la définition des organes de la copropriété et leurs prérogatives respectives : le syndicat des copropriétaires (l'ensemble des propriétaires), le syndic (l'exécutif) et le conseil syndical (l'organe de contrôle et d'assistance du syndic). La clause doit préciser les modalités de convocation des assemblées générales, la tenue des réunions, l'établissement de la feuille de présence et les règles de majorité pour les votes. Elle peut aussi définir les pouvoirs spécifiques du syndic ou les missions du conseil syndical. Cette partie est fondamentale car elle garantit le bon fonctionnement démocratique de la copropriété et la validité des décisions prises. Pour approfondir, il est utile de connaître les règles de vote en assemblée générale de copropriété qui sont le plus souvent rappelées ou précisées dans ce chapitre du règlement. Pour approfondir, il est utile de connaître les [AG copropriété 2026 : toutes les règles de vote](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) qui sont le plus souvent rappelées ou précisées dans ce chapitre du règlement. ## Structure type d'un modèle de règlement de copropriété : plan détaillé Un modèle de règlement de copropriété efficace ne se contente pas de lister des clauses, il les organise de manière logique et hiérarchisée. La structure type suit généralement un plan qui va du plus général (la description de l'immeuble) au plus spécifique (les règles de vie quotidienne). Utiliser un plan clair et détaillé permet de retrouver facilement l'information et de s'assurer que tous les aspects légaux et pratiques sont couverts. Voici un exemple de squelette commenté, qui peut servir de base de travail avec un notaire ou un avocat pour la rédaction ou la refonte d'un règlement. Chaque section, ou "Titre", est divisée en articles numérotés pour une référence facile lors des assemblées générales ou en cas de litige. Cette structure n'est pas figée dans le marbre, mais elle représente une pratique courante et éprouvée dans la rédaction de ce type de document juridique complexe. L'objectif est de créer un document complet, lisible et juridiquement solide. ### Préambule et désignation de l'immeuble Cette partie introductive est cruciale pour l'identification de l'immeuble. - **Désignation de l'immeuble** : Adresse complète, références cadastrales, origine de la propriété (acte de construction, division précédente). - **Référence à l'État Descriptif de Division (EDD)** : Mention claire que l'EDD est annexé au règlement (ou inclus dedans) et qu'il définit la numérotation des lots et l'attribution des tantièmes. - **Objet du règlement** : Une phrase qui énonce le but du document, à savoir fixer les droits et obligations des copropriétaires et les règles de fonctionnement de la copropriété, conformément à la loi du 10 juillet 1965. ### Parties privatives et parties communes : définitions précises C'est le cœur technique du règlement qui prévient de nombreux conflits d'usage. - **Définition des parties privatives** : Lister ce qui constitue un lot privatif (l'intérieur des appartements, les revêtements de sol, les cloisons intérieures, les équipements privatifs). La précision est clé : que dit le règlement sur les fenêtres, les volets, les portes palières ? - **Définition des parties communes** : Énumérer tout ce qui appartient à la collectivité (le sol, les murs porteurs, la toiture, les cours, les jardins, les couloirs, les escaliers, l'ascenseur...). - **Parties communes à jouissance privative** : Définir clairement les droits et obligations sur les balcons, terrasses ou jardins dont un seul copropriétaire a l'usage. Qui paie l'entretien ? Qui est responsable de l'étanchéité ? C'est un point essentiel pour éviter les litiges. ### Charges générales et charges spéciales : répartition chiffrée Cette section détaille les clés de répartition des charges, en s'appuyant sur les tantièmes définis dans l'EDD. - **Charges générales (Art. 5)** : Rappeler qu'elles sont réparties selon les tantièmes de copropriété générale. Lister les dépenses concernées (administration, assurance, conservation). - **Charges spéciales (Ascenseur)** : Créer une grille de tantièmes spécifiques pour l'ascenseur, en excluant les lots du rez-de-chaussée et en appliquant un coefficient par étage. - **Charges spéciales (Chauffage)** : Si le chauffage est collectif, définir la clé de répartition (souvent basée sur les volumes ou des compteurs). - **Autres charges spéciales** : Anticiper d'autres cas (charges pour un bâtiment spécifique dans une copropriété qui en compte plusieurs, charges d'entretien d'une allée privée, etc.). Le règlement doit prévoir autant de grilles de répartition qu'il y a de situations particulières. ### Règles de vie et clause de destination Cette partie, souvent appelée "Règles d'administration et de jouissance", est celle que les habitants consultent le plus. - **Clause de destination** : Reprendre précisément la destination de l'immeuble (habitation bourgeoise exclusive, mixte, etc.). C'est ici qu'on précise si les professions libérales sont autorisées, et sous quelles conditions. - **Conditions d'usage des parties privatives** : Interdiction de modifier les murs porteurs sans autorisation de l'AG, règles pour les travaux, obligations d'entretien. - **Conditions d'usage des parties communes** : Interdiction d'encombrer les paliers, règles d'utilisation de la cour ou du local vélo. - **Tranquillité et salubrité** : Clauses sur les nuisances sonores, les odeurs, la gestion des ordures ménagères. C'est le fondement juridique pour agir contre un voisin indélicat. ## Cas pratique : rédiger la clause de répartition des charges pour un immeuble mixte Pour illustrer la complexité et l'importance d'une rédaction précise, prenons un cas concret. La clause de répartition des charges est souvent un défi, surtout dans les immeubles qui ne sont pas homogènes. Une erreur dans sa rédaction peut vicier la répartition pendant des décennies et nécessiter une action en justice coûteuse pour être corrigée. > 📌 Important : Cet exemple est purement illustratif. La rédaction de cette clause cruciale doit être confiée à un notaire ou un géomètre-expert pour garantir sa validité juridique et son adaptation précise aux spécificités de l'immeuble. ### Scénario : 10 lots, 1 local commercial, 2 cages d'escalier Imaginons un immeuble de 5 étages avec **10 000 tantièmes** au total, comprenant : - **8 appartements** (lots 1 à 8) répartis dans deux cages d'escalier (A et B), chacune avec son propre ascenseur. - **2 locaux commerciaux** au rez-de-chaussée (lots 9 et 10), avec une entrée directe sur la rue. L'enjeu est de répartir équitablement les coûts. Les commerces ne doivent pas payer pour les ascenseurs qu'ils n'utilisent pas. De même, les habitants de la cage A ne doivent pas financer l'entretien de l'ascenseur de la cage B. Le règlement de copropriété doit donc prévoir plusieurs grilles de répartition distinctes. Pour éviter les litiges, il est crucial de comprendre qui paie quoi, en se référant à notre guide détaillé sur les [Charges de copropriété : qui paie quoi en 2026 ?](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/). ### Comment rédiger la clause de charges étape par étape Voici comment un professionnel structurerait la clause : 1. **Création des grilles de tantièmes dans l'EDD** : Le géomètre-expert doit d'abord calculer plusieurs types de tantièmes. * **Tantièmes généraux** : Basés sur la valeur relative de chaque lot (surface, étage, etc.). Ils totalisent **10 000** et serviront pour les charges générales (toiture, façade...). * **Tantièmes spéciaux "Ascenseur A"** : Calculés uniquement pour les lots de la cage A (sauf le rez-de-chaussée), en fonction de l'étage. * **Tantièmes spéciaux "Ascenseur B"** : Idem pour la cage B. 2. **Rédaction de la clause dans le règlement** : Le notaire rédige ensuite l'article correspondant. * **Article X - Charges générales** : "Les charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes générales sont réparties entre tous les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes de copropriété générale, tels que définis à l'état descriptif de division." * **Article Y - Charges spéciales Ascenseur A** : "Les frais de maintenance, de réparation et de remplacement de l'ascenseur desservant la cage d'escalier A sont répartis uniquement entre les propriétaires des lots [numéros des lots concernés] au prorata de leurs tantièmes de charges spéciales 'Ascenseur A'." * **Article Z - Charges spéciales Ascenseur B** : Même rédaction pour la cage B. Cette structuration garantit que chaque copropriétaire paie uniquement pour ce qui lui est utile, conformément à la loi. ## L'erreur courante qui invalide une clause du règlement de copropriété En matière de règlement de copropriété, une rédaction imprécise peut avoir des conséquences financières et humaines désastreuses. L'erreur la plus fréquente, et potentiellement la plus coûteuse, concerne une définition floue ou ambiguë de la clause de destination de l'immeuble. C'est un piège classique des règlements anciens ou rédigés sans l'assistance d'un professionnel aguerri aux subtilités du droit de la copropriété. Cette clause est pourtant le pilier qui détermine l'équilibre de la vie collective. Si elle est mal définie, elle devient une porte ouverte à tous les abus et à des conflits qui peuvent empoisonner la vie de l'immeuble pendant des années, avant de se solder par des procédures judiciaires longues et onéreuses. Anticiper ce risque lors de la rédaction est une précaution indispensable. ### Une clause de destination trop floue : conséquences concrètes L'exemple typique est une clause stipulant un "usage bourgeois" ou "usage d'habitation et professionnel" sans plus de détails. Que se passe-t-il alors ? - **Cas 1 : La location saisonnière intensive.** Un copropriétaire transforme son appartement en location type Airbnb, avec un va-et-vient constant de touristes, des nuisances sonores et une usure accélérée des parties communes. Les autres copropriétaires se plaignent, mais le règlement est trop vague pour interdire formellement cette activité. - **Cas 2 : Une profession libérale bruyante.** Un autre transforme son lot en cabinet médical ou paramédical recevant du public toute la journée. Cela génère un trafic important dans les parties communes, des problèmes de stationnement et des nuisances pour les voisins immédiats. Dans les deux cas, le syndic est démuni pour agir rapidement. La seule solution est souvent une action en justice pour "trouble anormal de voisinage" ou pour faire interpréter la clause de destination par un juge. C'est une procédure longue, coûteuse, et à l'issue incertaine. ### Comment corriger une clause litigieuse après publication du règlement Corriger une clause mal rédigée après coup est un parcours d'obstacles. Puisque la modification de la destination de l'immeuble ou des modalités de jouissance des parties privatives porte atteinte aux droits des copropriétaires, elle ne peut être votée qu'à l'unanimité. Cependant, la jurisprudence admet que la précision d'une clause existante pour la rendre conforme à la destination initiale ou pour l'adapter aux évolutions (comme la loi ELAN) peut parfois être votée à une majorité moins exigeante. Le plus souvent, il s'agit de la **double majorité de l'article 26** de la loi de 1965 : la majorité de tous les copropriétaires (présents, absents et représentés) représentant au moins les deux tiers des voix (tantièmes) de l'immeuble. Atteindre ce seuil est très difficile, surtout dans les grandes copropriétés. La meilleure solution reste donc de faire rédiger une clause précise et exhaustive dès l'origine. Si vous faites face à une situation de [copropriété sans règlement : ce que dit la loi](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/), la régularisation est une urgence absolue. ## Comment obtenir, modifier ou mettre à jour son règlement de copropriété Que vous soyez nouveau propriétaire, membre du conseil syndical ou simple copropriétaire souhaitant vérifier une disposition, l'accès au règlement de copropriété est un droit. De même, ce document n'est pas immuable ; il peut et doit évoluer pour s'adapter aux changements législatifs ou aux besoins de la copropriété. Comprendre les démarches pour l'obtenir et le modifier est donc essentiel. Les lois récentes, comme la loi ELAN de 2018 ou la loi Climat et Résilience de 2021, ont introduit de nouvelles obligations qui peuvent nécessiter une mise à jour des anciens règlements. Par exemple, la mention obligatoire des parties communes spéciales ou l'intégration des dispositions relatives au plan pluriannuel de travaux (PPT). Ne pas mettre son règlement en conformité expose le syndicat des copropriétaires à des risques juridiques. ### Obtenir le règlement existant de sa copropriété Il existe plusieurs moyens pour se procurer le règlement de votre copropriété : - **Auprès du notaire** : Lors de l'acquisition de votre lot, le notaire a l'obligation de vous en remettre une copie avec votre titre de propriété. - **Auprès de votre syndic** : Le syndic est le détenteur des archives de la copropriété et doit pouvoir vous fournir une copie du règlement (cette prestation peut être facturée). - **Auprès d'un autre copropriétaire** : Notamment un membre du conseil syndical, qui en possède généralement une copie. - **Auprès du service de la publicité foncière (SPF)** : C'est l'organisme où le règlement et ses modificatifs sont publiés. La demande est payante et peut se faire via un formulaire Cerfa. Il s'agit de la source la plus fiable pour avoir la dernière version à jour. Il existe des solutions pour [obtenir gratuitement le règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-gratuit/), notamment via le syndic ou l'extranet de la copropriété. ### Modifier ou mettre à jour un règlement ancien : la procédure de vote La mise à jour ou la modification d'un règlement de copropriété est une décision importante qui doit être prise collectivement. La procédure est strictement encadrée : 1. **Inscription à l'ordre du jour** : Le projet de modification doit être inscrit à l'ordre du jour d'une assemblée générale. Le projet de nouvelle rédaction doit être joint à la convocation. 2. **Vote en assemblée générale** : La majorité requise dépend de la nature de la modification : * **Double majorité de l'article 26** : pour les modifications concernant la jouissance, l'usage ou l'administration des parties communes. * **Unanimité** : pour les modifications qui porteraient atteinte aux modalités de jouissance des parties privatives ou à la destination de l'immeuble. 3. **Publication** : Une fois la modification votée, elle doit être formalisée par un notaire et publiée au service de la publicité foncière pour être opposable aux futurs acquéreurs. Cette procédure peut être longue et complexe, et il est fortement recommandé de se faire accompagner par un professionnel (notaire, avocat) pour sécuriser le processus. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000509310) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2589) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Règlement de copropriété gratuit : 4 démarches URL: https://copro-guide.fr/charges/reglement-copropriete-gratuit/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-02 Mot-clé ciblé: règlement de copropriété gratuit Règlement de copropriété gratuit : où le demander, qui doit vous le fournir et comment le lire. Guide pratique 2026 pour tout copropriétaire ou locataire. Obtenir son règlement de copropriété gratuitement est un droit pour tout copropriétaire. Ce document, qui régit la vie de l'immeuble depuis la loi du 10 juillet 1965, est accessible par quatre voies distinctes : le syndic, l'acte notarié de vente, le service de publicité foncière et les autres copropriétaires. Voici la procédure pour chaque canal, les délais à exiger et les clauses essentielles à repérer dès la première lecture. ## Qu'est-ce qu'un règlement de copropriété et pourquoi y avoir accès gratuitement ? Le règlement de copropriété est un document juridique qui fixe les droits et obligations de chaque copropriétaire au sein de l'immeuble. Rédigé par le promoteur ou le notaire lors de la construction ou de la mise en copropriété, il définit la répartition des parties communes et privatives, les règles d'usage, la destination de l'immeuble et la grille de répartition des charges. Ce document a une force contraignante : il s'impose à tous les copropriétaires présents et futurs, qu'ils l'aient signé ou non. La loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 en fait le socle contractuel du syndicat des copropriétaires. Un locataire doit également le respecter, car le bailleur lui transmet les obligations qui en découlent. Accéder gratuitement à ce document n'est pas une faveur : c'est un droit. Le syndic, mandataire du syndicat, est tenu de conserver l'original ou une copie conforme du règlement et de le communiquer à tout copropriétaire qui en fait la demande (service-public.fr). Cette gratuité s'entend pour une consultation ou une première transmission par le syndic. ### Le règlement de copropriété, un contrat qui s'impose à tous Le règlement de copropriété fixe les règles du jeu pour l'ensemble de l'immeuble. Il identifie ce qui relève des parties communes (hall, escaliers, toiture, façade, canalisations collectives) et ce qui constitue les parties privatives (l'intérieur de votre appartement). Il détermine aussi les tantièmes : cette quote-part mathématique qui sert à répartir les charges et le nombre de voix en assemblée générale. Juridiquement, ce document a valeur de contrat collectif. Un copropriétaire qui achète un lot accepte automatiquement le règlement en vigueur, même s'il ne l'a pas lu avant la signature. La Cour de cassation a rappelé à plusieurs reprises que le règlement est opposable à tous sans qu'une acceptation individuelle ne soit nécessaire. ### Qui est concerné : copropriétaire, locataire, futur acquéreur Trois catégories de personnes sont concernées par ce document. Le copropriétaire, propriétaire d'un lot, est le destinataire principal : il vote en assemblée générale et paie les charges selon la grille du règlement. Le locataire, quant à lui, n'a pas de droit légal formellement codifié à obtenir le règlement directement du syndic ; le bailleur doit lui transmettre les clauses qui concernent la jouissance du bien. Le futur acquéreur peut demander ce document avant la signature : il est souvent annexé à la promesse de vente. Pour en savoir plus sur les obligations inscrites dans ce document, consultez notre guide sur les [droits et obligations liés au règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/). ## Les 4 façons d'obtenir votre règlement de copropriété gratuitement Le règlement de copropriété n'est pas enfermé dans un coffre inaccessible. Quatre canaux permettent de se le procurer sans frais ou à un coût minime. Chaque option présente des délais et des contraintes différentes. Prenons un cas concret : Marie vient d'acheter un appartement de 60 m² dans une résidence de 25 lots. Elle n'a pas reçu le règlement lors de la remise des clés. Voici comment elle peut l'obtenir, classé du plus rapide au plus contraignant. Notre dossier [où trouver le règlement de copropriété : 5 sources fiables](/charges/ou-trouver-reglement-copropriete/) approfondit cette question. Notre dossier [règlement de copropriété pdf : où le trouver](/charges/reglement-copropriete-pdf/) approfondit cette question. Pour approfondir, voir [non-respect du règlement de copropriété : quelles sanctions](/litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/). Pour approfondir, voir [règlement intérieur copropriété : ce qu'il peut (et ne peut](/litiges/reglement-interieur-copropriete-guide/). Pour approfondir, voir [procuration ag copropriété : modèle pdf gratuit et règles](/assemblee/procuration-assemblee-generale-copropriete-pdf/). ### 1. Demander le document à votre syndic : la voie la plus directe Le syndic est le gardien légal du règlement de copropriété. Que le syndic soit professionnel ou bénévole, il a l'obligation de détenir un exemplaire à jour du règlement et de ses modificatifs éventuels. Marie doit lui adresser une demande écrite : un simple courriel suffit dans la plupart des cas. La transmission se fait généralement par voie électronique, en PDF. Le délai raisonnable à exiger est d'une à deux semaines. En pratique, un syndic professionnel répond souvent sous 48 heures pour ce type de demande simple. Aucun frais ne peut être facturé pour cette transmission à un copropriétaire : la détention et la communication du règlement font partie de la mission de base du syndic, rémunérée par les charges courantes. Un syndic qui facturerait un « frais de dossier » pour cette démarche commet un abus. ### 2. L'acte notarié de vente : le règlement est annexé de droit L'acte notarié de vente contient obligatoirement le règlement de copropriété en annexe. Lors de l'achat de son appartement, Marie a signé un acte authentique chez le notaire : le règlement y était annexé, avec l'état descriptif de division. Si elle ne le retrouve pas, le notaire qui a instrumenté la vente conserve une copie de l'acte et peut lui en transmettre un extrait. Cette voie est gratuite si la demande intervient dans un délai raisonnable après la vente. Le notaire peut toutefois facturer des frais de copie si la demande est ancienne ou si le volume de pages est important. Un appel à l'office notarial permet de clarifier ces modalités. ### 3. Le service de publicité foncière : accès public au document déposé Le service de publicité foncière, rattaché à la Direction générale des Finances publiques, conserve les actes publiés relatifs aux immeubles. Le règlement de copropriété y est déposé lors de la première mise en copropriété de l'immeuble. Toute personne : pas seulement un copropriétaire : peut en demander une copie. Marie doit s'adresser au service de publicité foncière du lieu de situation de l'immeuble. Elle doit fournir la référence cadastrale de son lot ou l'identifiant de publication du règlement. Cette voie n'est pas gratuite au sens strict : des frais de copie sont facturés selon un barème fixé par arrêté. Le coût reste modeste, de l'ordre de quelques euros par page. Les coordonnées du service compétent sont accessibles sur l'annuaire du service public (lannuaire.service-public.gouv.fr). ### 4. Un autre copropriétaire peut vous transmettre sa copie C'est la voie la plus informelle, mais aussi la plus rapide pour Marie. Un voisin, membre du conseil syndical ou simple copropriétaire, possède probablement une copie numérique du règlement. Un échange de bonne volonté entre copropriétaires permet d'obtenir le document en quelques minutes. Attention : la copie transmise doit être conforme à la version déposée par le syndic. Un règlement annoté ou modifié sans formalisme n'a pas de valeur juridique. Cette transmission informelle ne dispense pas Marie de vérifier auprès du syndic qu'il s'agit bien de la version en vigueur, incluant les éventuels modificatifs adoptés en assemblée générale. ## Règlement de copropriété introuvable : que faire si le syndic ne répond pas ? Le syndic ne répond pas à votre demande. Les semaines passent. Ce blocage, fréquent dans les copropriétés en tension, paralyse toute décision individuelle : contester une répartition de charges, vérifier si des travaux privatifs sont autorisés, ou simplement comprendre ses droits. Pire, une vente peut être retardée si le notaire exige le règlement pour finaliser l'acte. L'erreur classique est de relancer uniquement par téléphone, sans trace écrite. En cas de litige ultérieur, ces échanges informels sont inopérants. La procédure à suivre est claire et progressive. ### La mise en demeure au syndic : modèle et délai Après une première demande restée sans réponse sous 15 jours, adressez au syndic une lettre recommandée avec accusé de réception. Cette mise en demeure doit mentionner votre qualité de copropriétaire, le lot concerné, et rappeler l'obligation légale de communication du règlement. Un délai de 8 à 15 jours supplémentaires est raisonnable. En l'absence de réponse passé ce second délai, plusieurs options s'offrent à vous. Saisir le conseil syndical, qui peut intervenir auprès du syndic. Inscrire la question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. En dernier recours, le juge des référés du tribunal judiciaire peut enjoindre au syndic de communiquer le document sous astreinte. Cette voie est contraignante mais efficace : une ordonnance de référé est rendue en quelques semaines. Pour obtenir les coordonnées précises du service de publicité foncière compétent, l'annuaire officiel (lannuaire.service-public.gouv.fr) permet une recherche par commune. ### Petite copropriété : quand l'absence de règlement écrit est légale Une situation méconnue mérite d'être signalée : l'absence totale de règlement écrit. La loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967 imposent la rédaction d'un règlement pour toute copropriété. Pourtant, dans les faits, certaines petites copropriétés fonctionnent sans document formalisé, notamment les immeubles de deux ou trois lots issus d'une division informelle. Dans ce cas, le statut légal de la copropriété s'applique par défaut : les règles supplétives de la loi de 1965 régissent la répartition des charges et le fonctionnement du syndicat. Cette situation est fragile juridiquement. Elle rend difficile toute décision collective et complique la vente d'un lot. Pour approfondir ce cas particulier, notre article sur la [petite copropriété sans règlement écrit](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/) détaille les cinq règles légales applicables. ## Comment lire et utiliser votre règlement de copropriété : les 5 clauses à repérer en priorité Une fois le document en main, le lire intégralement est un exercice fastidieux : un règlement de copropriété peut compter 50 à 150 pages. Plutôt qu'une lecture linéaire, concentrez-vous sur cinq clauses qui impactent directement votre vie quotidienne et vos finances. Pour une présentation complète de la structure du document, notre guide sur le [contenu et modification du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/) détaille chaque section. ### La destination de l'immeuble : usage habitation ou mixte ? Cette clause, généralement placée en tête du règlement, détermine si l'immeuble est à usage exclusif d'habitation, professionnel, ou mixte. Elle conditionne ce que vous pouvez faire dans votre lot et dans les parties communes. Un appartement dans un immeuble à usage strict d'habitation ne peut pas accueillir un cabinet médical ou une activité commerciale. Cette restriction s'applique aussi aux locations de courte durée type Airbnb. Si la destination est « habitation bourgeoise exclusive », la location touristique peut être interdite, même si le règlement ne mentionne pas explicitement les meublés touristiques. La jurisprudence assimile cette activité à un usage commercial contraire à la destination de l'immeuble. ### La répartition des charges et les tantièmes La grille de répartition des charges est le document comptable central de la copropriété. Elle attribue à chaque lot un nombre de tantièmes qui détermine votre quote-part dans les charges générales (entretien du hall, ascenseur, chauffage collectif) et les charges spéciales (ascenseur pour les lots du rez-de-chaussée, par exemple). Vérifiez la cohérence de cette grille avec votre lot. Une erreur de tantièmes peut vous faire payer trop de charges pendant des années. Si la grille vous semble manifestement déséquilibrée, une action en révision est possible devant le tribunal judiciaire dans un délai de cinq ans à compter de la publication du règlement (ou deux ans après l'acquisition du lot). Notre article sur la [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) explique en détail ces mécanismes. ### Les règles d'usage des parties communes et des parties privatives Le règlement énumère ce que vous pouvez faire : et ne pas faire : dans les parties communes et privatives. Circulation des vélos dans le hall, séchage du linge aux fenêtres, tapage nocturne, barbecue sur le balcon : chaque règle est codifiée. Certains règlements interdisent les revêtements de sol durs (carrelage, parquet) dans les chambres pour limiter les nuisances sonores. Dans les parties privatives, le règlement peut restreindre les modifications qui affectent l'aspect extérieur de l'immeuble (couleur des volets, type de fenêtres) ou les éléments de structure (abattement d'un mur porteur). Ces clauses doivent être lues avant tout projet de travaux : un propriétaire qui remplace ses fenêtres par un modèle non conforme au règlement peut être contraint de les changer à ses frais. ### Les clauses sur la location et les travaux La location est généralement autorisée, mais le règlement peut la soumettre à des conditions. Certains règlements exigent une information préalable du syndic ou interdisent la location à certaines professions. Le règlement peut aussi limiter le nombre d'occupants par lot ou interdire la colocation. Côté travaux, le règlement distingue les travaux privatifs libres (peinture, revêtements de sols souples) des travaux privatifs soumis à autorisation de l'assemblée générale (percement de murs porteurs, modification de la façade, création d'une fenêtre). Les travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble nécessitent un vote en assemblée générale selon les règles de majorité définies par la loi de 1965. ## Modification et mise à jour du règlement : ce que vous devez savoir Un règlement de copropriété n'est pas gravé dans le marbre. L'assemblée générale peut voter sa modification pour l'adapter à l'évolution de l'immeuble ou à de nouvelles normes. Ces modificatifs, publiés au service de publicité foncière, s'incorporent au règlement initial. Certaines clauses deviennent obsolètes. Un règlement datant des années 1970 peut contenir des dispositions contraires à la loi : par exemple, une clause interdisant l'installation d'antennes individuelles, alors que le droit à l'antenne est protégé par la loi. Dans ce cas, la clause illégale est réputée non écrite, sans qu'une procédure ne soit nécessaire. Le règlement de copropriété prime toujours sur le règlement intérieur, document informel qui précise les règles de vie pratique mais n'a pas la même portée juridique. Pour connaître les majorités requises pour chaque type de décision, notre article sur les [règles de vote en assemblée générale](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) fournit un tableau complet. > **Points clés** > > - Le syndic doit fournir le règlement de copropriété gratuitement à tout copropriétaire : c'est une obligation incluse dans sa mission de base > - Un locataire n'a pas de droit légal direct à obtenir le règlement ; il passe par son bailleur pour les clauses qui le concernent > - Le service de publicité foncière conserve le règlement déposé : l'accès est public mais des frais de copie sont facturés > - L'absence de règlement écrit, tolérée dans certaines petites copropriétés, fragilise les décisions collectives et la vente des lots > - La destination de l'immeuble et la grille de tantièmes sont les deux clauses à lire en priorité : elles conditionnent l'usage du bien et la répartition des charges ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr) - [lannuaire.service-public.gouv.fr](https://lannuaire.service-public.gouv.fr/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Assemblée générale ordinaire en copropriété : le déroulé URL: https://copro-guide.fr/assemblee/assemblee-generale-ordinaire-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-09-01 Mot-clé ciblé: assemblée générale ordinaire Assemblée générale ordinaire en copropriété : rôle, ordre du jour, délais légaux, règles de vote et procès-verbal. Guide pratique 2026 conforme à la loi. **L'assemblée générale ordinaire (AGO) en copropriété est la réunion annuelle obligatoire des copropriétaires pour décider de la gestion courante de l'immeuble. Elle doit se tenir dans les six mois suivant la clôture des comptes (Légifrance, 2026) pour approuver les comptes, voter le budget et renouveler le mandat du syndic.** L'assemblée générale ordinaire (AGO) est le rendez-vous annuel incontournable pour la gestion de votre copropriété. C'est lors de cette réunion que sont prises les décisions courantes essentielles, comme l'approbation des comptes et le vote du budget. Conformément à la loi, elle doit se tenir au moins une fois par an, dans les six mois suivant la clôture de l'exercice comptable (Légifrance, 2026). Comprendre son fonctionnement est crucial pour tout copropriétaire souhaitant s'impliquer dans la vie de son immeuble.

Comparatif en un coup d'œil

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Type d'assembléeCritèreAssemblée Générale Ordinaire (AGO)Assemblée Générale Extraordinaire (AGE)
Périodicitén.c.n.c.n.c.
Objet principaln.c.n.c.n.c.
Majorité requisen.c.n.c.n.c.
Urgencen.c.n.c.n.c.
## Ce qu'est réellement une assemblée générale ordinaire (AGO) L'assemblée générale ordinaire est l'organe souverain de la copropriété pour tout ce qui relève de la gestion annuelle et récurrente. Son rôle est encadré par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application. Contrairement à une assemblée générale extraordinaire (AGE), qui est convoquée pour des décisions exceptionnelles modifiant en profondeur la copropriété, l'AGO traite des affaires courantes. Son objectif principal est de permettre aux copropriétaires de contrôler la gestion du syndic, de valider les comptes de l'exercice écoulé et de préparer l'avenir en votant le budget pour l'année à venir. C'est un moment d'échange et de décision collective qui rythme la vie de l'immeuble et assure sa bonne administration financière et matérielle. La périodicité est une obligation légale stricte, confirmée par le décret n° 2026-512 du 15 juin 2026, qui impose une réunion annuelle dans les six mois suivant la clôture des comptes. Pour des décisions qui sortent du cadre annuel, comme des travaux importants, il faudrait plutôt convoquer une assemblée générale extraordinaire, dont il faut bien connaître le [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/). ### Définition et rôle de l'AGO L'AGO est la réunion annuelle obligatoire de tous les copropriétaires d'un immeuble. Son but est de statuer sur les questions relatives à l'administration courante des parties communes. C'est l'instance qui valide la gestion passée et engage les dépenses pour l'avenir. Ses missions principales sont fixées par la loi : - **Approuver les comptes** de l'exercice comptable clos, présentés par le syndic. - **Donner quitus au syndic** pour sa gestion, ce qui vaut reconnaissance du travail accompli. - **Voter le budget prévisionnel** pour l'exercice suivant. - **Désigner ou renouveler le mandat du syndic** et des membres du conseil syndical. Cette réunion est le pilier de la démocratie en copropriété. Chaque décision y est prise par un vote dont le poids est proportionnel aux tantièmes détenus par chaque copropriétaire. ### AGO vs AGE : le tableau comparatif Bien qu'elles réunissent les mêmes personnes, l'AGO et l'AGE n'ont pas le même objet et ne répondent pas aux mêmes règles de majorité. La distinction est fondamentale pour comprendre la portée des décisions prises. | Critère | Assemblée Générale Ordinaire (AGO) | Assemblée Générale Extraordinaire (AGE) | | --- | --- | --- | | **Périodicité** | Annuelle et obligatoire (dans les 6 mois post-clôture) | Ponctuelle, selon les besoins et l'urgence | | **Objet principal** | Gestion courante : comptes, budget, mandat du syndic | Modifications importantes : règlement de copropriété, travaux majeurs (hors maintenance), vente de parties communes, surélévation | | **Majorité requise** | Majorité simple (article 24) ou absolue (article 25) le plus souvent | Majorité absolue, double majorité (article 26) ou unanimité, selon la gravité de la décision | | **Urgence** | Planifiée, fait partie du cycle normal de gestion | Souvent convoquée pour des questions urgentes ou imprévues | En résumé, l'AGO assure la continuité et la bonne marche de l'immeuble, tandis que l'AGE intervient pour les décisions qui transforment durablement la copropriété. ## L'ordre du jour de l'assemblée générale ordinaire annuelle : ce qui est obligatoire L'ordre du jour est le programme détaillé de l'assemblée générale. Il est fixé par le syndic, en concertation avec le conseil syndical. Ce document est crucial : seules les questions qui y sont inscrites peuvent faire l'objet d'un vote. Une résolution votée sur un point non inscrit à l'ordre du jour est nulle. La clarté des intitulés est donc essentielle pour que chaque copropriétaire comprenne la portée de son vote. Ce document doit être joint à la convocation et liste l'ensemble des "résolutions" qui seront soumises au vote. Chaque résolution correspond à une décision à prendre. Il est la feuille de route de la séance et garantit que les débats ne s'écartent pas des sujets prévus. Il permet aussi aux copropriétaires absents de donner un pouvoir en connaissance de cause. ### Les résolutions incontournables Certains points doivent obligatoirement figurer à l'ordre du jour de chaque assemblée générale ordinaire annuelle. Ils constituent le socle de la gestion de la copropriété. - **Examen et approbation des comptes** de l'exercice clos. C'est le moment de vérifier la bonne gestion financière du syndic. - **Rapport du conseil syndical** sur sa mission d'assistance et de contrôle du syndic. - **Quitus au syndic** : les copropriétaires valident (ou non) la gestion de l'année écoulée. - **Vote du budget prévisionnel** : il s'agit d'allouer les fonds nécessaires pour couvrir les dépenses courantes de l'année à venir (entretien, assurance, salaires, etc.). - **Désignation ou renouvellement du mandat du syndic** et fixation de ses honoraires. - **Élection des membres du conseil syndical**. D'autres points peuvent s'ajouter, comme l'approbation de travaux de maintenance ou la modification du contrat d'un prestataire. ### Comment faire inscrire un point à l'ordre du jour ? Chaque copropriétaire, ainsi que le conseil syndical, a le droit de demander l'inscription d'une ou plusieurs questions à l'ordre du jour. C'est un droit fondamental pour participer activement à la vie de l'immeuble. Pour ce faire, la demande doit être notifiée au syndic suffisamment tôt avant que celui-ci n'envoie les convocations. La loi ne fixe pas de délai précis, mais il faut agir en amont du délai de convocation. Il est fortement recommandé d'envoyer sa demande par **lettre recommandée avec accusé de réception**. La demande doit être claire et accompagnée du projet de résolution que vous souhaitez voir soumis au vote. Le syndic a l'obligation d'inscrire cette question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée. S'il refuse, sa responsabilité peut être engagée. ## Convocation, quorum et majorité : les règles légales à connaître Le formalisme juridique qui entoure la tenue d'une assemblée générale est strict. Il vise à garantir la validité des décisions prises et à protéger les droits de chaque copropriétaire. De la convocation au vote, en passant par la vérification du quorum, chaque étape est régie par des règles précises issues de la loi de 1965 et de son décret d'application. Le respect de ces règles est la condition sine qua non pour éviter toute contestation ultérieure des résolutions adoptées. Le syndic est le principal garant du respect de cette procédure. Une erreur ou un oubli peut avoir de lourdes conséquences, allant jusqu'à l'annulation pure et simple de l'assemblée et de toutes les décisions qui y ont été votées. Il est donc essentiel pour les copropriétaires de connaître ces règles pour pouvoir exercer un contrôle efficace. ### Qui convoque l'AGO et dans quel délai ? En principe, c'est le **syndic de copropriété** qui a la charge de convoquer l'assemblée générale ordinaire. Il doit le faire au moins une fois par an. La convocation doit être adressée à chaque copropriétaire par lettre recommandée, par remise en main propre contre récépissé, ou par voie électronique avec l'accord du destinataire. Le délai légal est un point crucial. La convocation doit parvenir aux copropriétaires **au moins 15 jours avant la date de la réunion**, comme le précise l'article R225-61 du Code de commerce, dont les principes s'appliquent (Légifrance, 2026). Ce délai permet à chacun de prendre connaissance de l'ordre du jour et des documents joints (comptes, devis, etc.) pour préparer sa participation. Une [convocation hors délai et ses conséquences](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) peut entraîner l'annulation de l'assemblée. > 💡 À noter : Le point de départ du délai est le lendemain de la première présentation du recommandé au domicile du copropriétaire. ### Quorum et majorité : fonctionnement concret Le quorum et la majorité sont deux notions distinctes mais complémentaires qui déterminent la validité d'un vote. - **Le quorum** : C'est le nombre minimum de membres présents ou représentés requis pour que l'assemblée puisse délibérer valablement. En matière de copropriété, la loi a simplifié les choses. Contrairement au droit des sociétés, il n'y a **pas de quorum requis** pour qu'une assemblée générale de copropriétaires puisse se tenir et voter valablement, qu'il s'agisse d'une première ou d'une seconde convocation. L'assemblée délibère quel que soit le nombre de copropriétaires présents ou représentés. - **La majorité** : Elle concerne le vote des résolutions. Le droit de la copropriété prévoit plusieurs types de majorité selon l'importance de la décision. Pour une AGO, les plus courantes sont : - La **majorité simple** (article 24) : vote des présents et représentés, pour les décisions de gestion courante. - La **majorité absolue** (article 25) : vote de tous les copropriétaires (présents, représentés et absents), pour la désignation du syndic par exemple. Pour une analyse détaillée, consultez notre guide sur les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Il est important de se référer à un [compte rendu AG copropriété pour comprendre les obligations et les délais](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/) de ces différentes majorités. ## CAS PRATIQUE : une AGO de copropriété de A à Z Pour illustrer le processus, prenons l'exemple d'une copropriété "Les Tilleuls", composée de 20 lots. Cet exemple concret permet de visualiser la chronologie et les étapes clés d'une assemblée générale ordinaire, du respect des délais à la prise de décision. Le respect du calendrier légal est un enjeu majeur pour le syndic, car il conditionne la validité de toute la procédure. Le scénario suit les obligations légales strictes. L'exercice comptable de la copropriété se clôture au 31 décembre de chaque année. Le syndic doit donc organiser l'AGO pour statuer sur les comptes de l'année N et voter le budget de l'année N+1 dans le respect des délais imposés par les textes. Chaque étape, de la préparation de l'ordre du jour à l'envoi du procès-verbal, est cadencée. ### Chronologie type d'une AGO en copropriété Voici le déroulé typique pour l'approbation des comptes de 2025 et le vote du budget 2026. - **31 décembre 2025** : Clôture de l'exercice comptable. Le délai de six mois pour tenir l'AGO commence à courir. Le syndic a donc jusqu'au **30 juin 2026** pour l'organiser, selon la règle rappelée par Légifrance (2026). - **Avril 2026** : Le syndic, en lien avec le conseil syndical, prépare l'ordre du jour. C'est à ce moment que les copropriétaires doivent avoir déjà envoyé leurs éventuelles demandes d'inscription de résolutions. - **1er juin 2026** : Le syndic envoie les convocations en lettre recommandée à tous les copropriétaires. Celles-ci contiennent l'ordre du jour, les comptes de 2025, le projet de budget 2026 et les devis pour d'éventuels travaux. - **20 juin 2026** : Tenue de l'assemblée générale. Le délai de convocation de 15 jours francs est respecté. La date est choisie pour permettre une bonne participation. ### Déroulement de la séance et prise de décision Le jour de l'AG, le syndic assure le secrétariat de séance et un président de séance est élu parmi les copropriétaires. La feuille de présence est émargée. Le président suit l'ordre du jour point par point. Par exemple, pour le vote du budget prévisionnel de **80 000 €** pour 2026 : 1. **Présentation** : Le syndic détaille les différents postes de dépenses prévus (chauffage, entretien, assurance...). 2. **Débat** : Les copropriétaires posent leurs questions, demandent des éclaircissements, proposent des amendements. 3. **Vote** : La résolution "approbation du budget prévisionnel 2026" est soumise au vote à la majorité de l'article 24. Les voix "POUR", "CONTRE" et les "ABSTENTIONS" sont comptabilisées. 4. **Résultat** : Si les voix "POUR" sont supérieures aux "CONTRE" (les abstentions ne comptent pas), le budget est adopté. Toutes les décisions sont consignées dans le procès-verbal. ## L'erreur courante qui fait annuler une AGO (et comment l'éviter) L'erreur la plus fréquente, et potentiellement la plus dommageable, concerne le non-respect du formalisme de la convocation. Un ordre du jour imprécis ou l'oubli de joindre un document obligatoire (un devis pour des travaux, par exemple) peut rendre la résolution correspondante annulable. De même, un envoi tardif des convocations est une cause classique d'annulation de l'ensemble de l'assemblée. En pratique, un copropriétaire opposant ou défaillant (absent et non représenté) peut contester une ou plusieurs décisions de l'assemblée générale devant le tribunal judiciaire. Il dispose pour cela d'un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal. Si le juge constate une irrégularité substantielle, il peut prononcer l'annulation de la résolution, voire de l'assemblée entière. Cela oblige à reconvoquer une nouvelle AG, entraînant des frais supplémentaires et des retards dans la gestion de la copropriété. > ⚠️ Attention : Pour éviter ce risque, le conseil syndical a un rôle clé. Il doit vérifier scrupuleusement le projet de convocation et l'ordre du jour préparés par le syndic avant leur envoi. C'est une mission de contrôle essentielle. ## Le procès-verbal de l'AGO : pourquoi il est indispensable Le procès-verbal (PV) est le compte-rendu officiel et juridique de l'assemblée générale. Sa rédaction est une obligation légale qui incombe au secrétaire de séance, généralement le syndic. Ce document n'est pas un simple résumé des débats, mais un acte qui formalise les décisions prises par le syndicat des copropriétaires. Il a une valeur probatoire en cas de litige. Le PV doit mentionner le résultat de chaque vote, en précisant le nom des copropriétaires qui se sont opposés ou abstenus. Ces mentions sont indispensables pour purger le droit de contestation des décisions. Une fois signé par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs, le PV doit être notifié par le syndic aux copropriétaires opposants ou défaillants dans un délai d'un mois après la tenue de l'AGO. C'est à partir de cette notification que court le délai de deux mois pour une éventuelle action en justice. Vous pouvez consulter un [modèle de procès-verbal d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) pour vous familiariser avec sa structure. Ce PV doit être rédigé avec rigueur. Si besoin, inspirez-vous d'un [exemple de PV assemblée générale association](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/) pour vous assurer de ne rien oublier. > **Points clés** > > - L'AGO doit avoir lieu au moins une fois par an, dans les 6 mois après la clôture de l'exercice comptable. > - La convocation doit être envoyée par le syndic au minimum 15 jours avant la date de la réunion. > - Les décisions principales concernent l'approbation des comptes de l'année passée et le vote du budget prévisionnel. > - L'AGO et l'AGE se distinguent par l'objet des décisions : gestion courante pour la première, modifications structurelles pour la seconde. > - Le procès-verbal est un document juridique qui consigne toutes les décisions prises et doit être notifié à tous les copropriétaires. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000034291360/2026-08-23) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000054258737) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000699778/LEGISCTA000006137822/2026-07-28) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000053489818/2026-02-16) - [investors.societegenerale.com](https://investors.societegenerale.com/fr/actionnaires-individuels/etre-actionnaire/lassemblee-generale-un-moment-cle-de-democratie-actionnariale) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # AG copropriété obligatoire : fréquence, délais et règles URL: https://copro-guide.fr/assemblee/assemblee-generale-copropriete-obligatoire/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-31 Mot-clé ciblé: assemblée générale copropriété obligatoire Assemblée générale copropriété obligatoire : fréquence légale, qui convoque, délais, règles de vote et PV. Guide 2026 basé sur la loi et service-public.fr. **L'assemblée générale de copropriété est une obligation légale imposée par la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967 : tout syndicat de copropriété doit en tenir au moins une par an, quelle que soit la taille de l'immeuble (service-public.fr, 2026). La convocation revient au syndic et doit être notifiée 21 jours avant la date. Les décisions se prennent selon trois seuils de majorité (articles 24, 25 et 26 de la loi de 1965).** Le respect du [délai de convocation à l'assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) est crucial pour la validité des décisions. L'assemblée générale de copropriété est une obligation légale, pas une option. Chaque année, votre syndicat doit en tenir au moins une, sous peine de paralysie décisionnelle et de sanction possible. Concrètement, cela signifie que vous recevrez une convocation, que vous aurez à voter des résolutions sur l'entretien de l'immeuble et les comptes, et que chaque décision obéit à des règles de majorité précises. Voici ce que la loi impose, comment se déroule une AG, et quelles erreurs éviter pour protéger vos droits.

Comparatif en un coup d'œil

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Type de majoritéArticleCondition de voteExemples de décisions
Majorité simpleArticle 24Majorité des voix exprimées des présents et représentés (abstentions exclues)Travaux d'entretien courant, approbation des comptes, autorisation du syndic
Majorité absolueArticle 25Majorité des voix de tous les copropriétaires (présents, représentés et absents)Désignation/révocation du syndic, travaux importants hors article 26
Double majoritéArticle 26Majorité des copropriétaires représentant les ⅔ des voix (en nombre + en tantièmes)Modification du règlement de copropriété, travaux structurels lourds
Passerelle (art. 25-1)Article 25-1Projet ayant recueilli au moins ⅓ des voix sans atteindre la majorité de l'art. 25 → second vote à la majorité simple de l'art. 24Projet de travaux bloqué sous l'article 25 mais soutenu par une minorité significative
## Pourquoi l'assemblée générale de copropriété est-elle obligatoire ? Oui, l'assemblée générale de copropriété est une obligation légale absolue. La loi du 10 juillet 1965, complétée par le décret du 17 mars 1967, impose qu'au moins une AG se tienne chaque année dans tout syndicat de copropriété (service-public.fr, 2026). Ce caractère obligatoire répond à une logique simple : le syndicat des copropriétaires, personne morale, ne peut pas fonctionner sans que ses membres se réunissent pour approuver les comptes, voter le budget prévisionnel et autoriser les actes de gestion. Sans AG, pas de décision valable. Le syndic ne pourrait ni engager des travaux, ni recouvrer des charges, ni même renouveler les contrats de l'immeuble. Lorsqu'aucune AG n'est convoquée, tout copropriétaire peut agir. La mise en demeure du syndic est la première étape. Si elle reste sans effet, les copropriétaires représentant au moins un quart des voix peuvent convoquer eux-mêmes l'assemblée. En dernier recours, le tribunal judiciaire peut désigner un mandataire ad hoc chargé de cette convocation. > ⚠️ Attention : ne pas tenir d'AG expose à des blocages majeurs : impossibilité de voter le budget, contrats non renouvelés, travaux urgents non décidés. Le syndic défaillant engage sa responsabilité civile. ### Le texte de loi qui l'impose Le fondement juridique figure à l'article 7 du décret n°67-223 du 17 mars 1967, pris pour application de la loi du 10 juillet 1965. Sa version en vigueur au 26 août 2026 le rappelle sans ambiguïté : « Dans tout syndicat de copropriété, il est tenu, au moins une fois chaque année, une assemblée générale des copropriétaires. » Le texte ne distingue pas selon la taille de l'immeuble. Une copropriété de 2 lots est tenue à la même obligation qu'un ensemble de 200 lots. La date de l'AG est fixée par le syndic, généralement dans le trimestre suivant la clôture de l'exercice comptable. En pratique, beaucoup de syndicats tiennent leur AG au printemps ou à l'automne. ### Qu'est-ce que le syndicat des copropriétaires ? Le syndicat des copropriétaires est la personne morale qui regroupe l'ensemble des copropriétaires de l'immeuble. Créé automatiquement dès la publication du règlement de copropriété, il détient un patrimoine commun : les parties communes : et agit par l'intermédiaire de son syndic et des votes en assemblée générale. C'est le syndicat qui vote le budget, décide des travaux et des contrats d'entretien. Chaque copropriétaire en est membre de droit, avec une quote-part de voix proportionnelle à ses tantièmes. L'AG est le seul organe décisionnel du syndicat : aucune décision engageant la copropriété ne peut être prise en dehors de ce cadre, sauf urgence avérée pour les actes conservatoires. ## Qui peut convoquer une assemblée générale de copropriété ? La convocation d'une AG de copropriété répond à des règles précises quant au titulaire du pouvoir de convoquer et au délai à respecter. Le schéma normal place le syndic au centre du dispositif, mais la loi prévoit des voies alternatives quand le syndic est défaillant ou refuse d'agir. Sur le même sujet, notre article [assemblée générale de copropriété 2026 : règles, votes](/charges/assemblee-generale-copropriete-guide/) complète cette analyse. La convocation doit impérativement être accompagnée de l'ordre du jour, qui fixe la liste des questions soumises au vote. Aucune résolution ne peut être adoptée si elle ne figure pas à cet ordre du jour, sauf urgence manifeste liée à la sécurité ou à la conservation de l'immeuble. ### Le syndic, acteur principal de la convocation Le syndic de copropriété est le convocateur naturel de l'assemblée générale. C'est à lui qu'il incombe de fixer la date, de rédiger l'ordre du jour et d'envoyer les convocations à chaque copropriétaire : par lettre recommandée, remise contre émargement, ou par voie électronique si le copropriétaire y a consenti expressément. Le syndic convoque au moins une fois par an pour l'AG ordinaire. Il peut aussi convoquer des AG extraordinaires en cours d'année si des circonstances l'exigent. Cette prérogative découle directement du décret du 17 mars 1967 et du contrat de syndic qui lie le professionnel au syndicat des copropriétaires. ### Les copropriétaires peuvent-ils convoquer eux-mêmes ? Oui. Lorsque le syndic ne remplit pas son obligation, les copropriétaires disposent d'un droit de convocation direct. La procédure se déroule en deux temps : d'abord une mise en demeure du syndic par lettre recommandée, lui demandant de convoquer l'AG. S'il persiste dans son refus ou son silence, les copropriétaires représentant au moins un quart des voix du syndicat peuvent adresser eux-mêmes les convocations (service-public.fr F2615). Le président du conseil syndical peut également prendre cette initiative. Ce mécanisme de substitution protège les copropriétaires contre l'inertie d'un syndic défaillant et permet de débloquer une situation de paralysie décisionnelle. ### Délai légal de 21 jours : que se passe-t-il en cas de non-respect ? La convocation doit être notifiée au moins **21 jours** avant la date de l'assemblée (décret du 17 mars 1967). Ce délai franc permet à chaque copropriétaire de prendre connaissance de l'ordre du jour, d'étudier les documents joints et, le cas échéant, de donner pouvoir à un mandataire. Un non-respect de ce délai constitue un vice de convocation. Un copropriétaire qui n'a pas été convoqué dans les temps peut contester les décisions prises devant le tribunal judiciaire dans le délai de contestation de 2 mois. Une convocation tardive fragilise donc l'ensemble des résolutions adoptées. Pour une analyse détaillée des conséquences, consultez notre article sur la [convocation hors délai : quelles conséquences](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/). > **L'essentiel** > > - Une AG annuelle est obligatoire pour tout syndicat de copropriété, quelle que soit sa taille (loi de 1965, décret de 1967). > - Le délai de convocation de 21 jours est impératif : un retard expose les décisions à l'annulation. > - La passerelle de l'article 25-1 permet un second vote à la majorité simple si un projet a déjà recueilli au moins ⅓ des voix. > - Le procès-verbal doit être notifié sous 1 mois : au-delà, le délai de contestation ne court pas, fragilisant toutes les décisions. ## Comment se déroule une assemblée générale ordinaire ? Le déroulement d'une AG obéit à un formalisme précis, décrit par la réglementation et rappelé par service-public.fr (F2619). Chaque étape a une fonction : garantir la régularité des débats, permettre le décompte exact des voix et assurer la traçabilité des décisions. L'assemblée commence par l'émargement de la feuille de présence, étape cruciale qui détermine le quorum et le poids des votes. Viennent ensuite la désignation du président de séance et des scrutateurs, puis l'examen successif des résolutions inscrites à l'ordre du jour, leur mise aux voix et la proclamation des résultats. > 💡 À noter : un copropriétaire qui ne peut pas se déplacer a tout intérêt à donner pouvoir. L'absence non représentée affaiblit le poids de son vote et peut faire basculer une décision dans le mauvais sens. ### La feuille de présence et le quorum La feuille de présence est le document qui recense tous les copropriétaires présents, représentés ou absents, avec mention de leurs tantièmes. Elle est émargée par chaque participant à son arrivée et certifiée sincère par le président de séance et les scrutateurs. Contrairement au droit des sociétés, l'AG de copropriété ne connaît pas de quorum obligatoire en dessous duquel elle ne pourrait pas délibérer. L'assemblée peut se tenir valablement quel que soit le nombre de présents et représentés. En revanche, les règles de majorité (articles 24, 25, 26) tiennent compte de la totalité des voix du syndicat, absents compris, ce qui rend la mobilisation essentielle. ### Représentation et pouvoirs : qui peut voter à votre place ? Tout copropriétaire a le droit de ne pas assister à l'AG et de se faire représenter par un mandataire, que celui-ci soit copropriétaire ou non : conjoint, parent, locataire, voisin, avocat (service-public.fr F2619). Le mandat doit être écrit et signé, daté, et indiquer le nom du mandataire. En pratique, le syndic joint un formulaire de pouvoir à la convocation. Des limites existent pour éviter la concentration des voix. Un même mandataire ne peut détenir plus de trois pouvoirs sans dépasser 10 % des voix du syndicat, à moins que ses voix personnelles cumulées à ses mandats restent sous ce seuil. Pour approfondir ces plafonds, consultez notre guide sur le [nombre maximum de pouvoirs en AG de copropriété](/charges/nombre-maximum-pouvoirs-assemblee-generale-copropriete/). ### La clôture et la signature du PV À l'issue du vote de la dernière résolution, le président clôt la séance. Le procès-verbal est alors rédigé : généralement par le syndic ou le secrétaire de séance : et signé par le président, le secrétaire et les scrutateurs. Il consigne chaque résolution, le résultat du vote (voix pour, contre, abstentions) et les éventuelles réserves formulées par des copropriétaires. Le PV est ensuite inscrit dans le registre des délibérations du syndicat, puis notifié à chaque copropriétaire dans le mois suivant l'AG. La notification ouvre le délai de contestation de 2 mois. Un [procès-verbal d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) détaillé et correctement rédigé est essentiel pour la traçabilité des décisions. ## Les règles de vote à connaître absolument Les décisions en AG ne se prennent pas toutes de la même manière. La loi du 10 juillet 1965 distingue trois types de majorité selon la nature et la gravité des résolutions. Les articles 24, 25 et 26 fixent des seuils croissants, du plus souple au plus exigeant. Une quatrième règle : la passerelle de l'article 25-1 : permet de débloquer un vote qui a échoué de justesse. Maîtriser ces seuils permet d'anticiper le sort des résolutions et, pour un conseil syndical ou un copropriétaire actif, de préparer une stratégie de vote. Pour un exposé complet, notre article dédié aux [règles de vote en AG de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) détaille chaque mécanisme et ses pièges. ### Majorité simple (article 24) : pour les décisions courantes La majorité de l'article 24 est la plus facile à obtenir. Elle se calcule sur les voix exprimées des seuls copropriétaires présents ou représentés. Les abstentions sont exclues du décompte, ce qui peut faire basculer un vote serré. Cette majorité s'applique aux décisions de gestion courante : approbation des comptes, vote du budget prévisionnel, autorisation donnée au syndic pour les actes d'administration, travaux d'entretien, délégation de pouvoir au conseil syndical. En pratique, l'essentiel des résolutions d'une AG ordinaire relève de ce seuil. ### Majorité absolue (article 25) : pour les décisions importantes La majorité de l'article 25 exige la majorité des voix de **tous les copropriétaires** du syndicat : présents, représentés et absents. L'abstention, l'absence et le vote blanc pèsent ici comme un vote contre. Ce seuil concerne les décisions structurantes : désignation et révocation du syndic, travaux d'amélioration ou de transformation des parties communes n'affectant pas la structure de l'immeuble, fixation de la grille de répartition des charges (hors charges spéciales relevant de l'article 26). L'article 25 est le palier le plus fréquemment bloquant : il suffit d'une abstention massive ou d'un absentéisme élevé pour qu'une résolution échoue. ### Double majorité (article 26) : travaux lourds et modification du règlement L'article 26 impose une double condition : la majorité en nombre de copropriétaires représentant au moins **les deux tiers des voix** (tantièmes). C'est le seuil le plus difficile à franchir. Il s'applique aux décisions qui modifient la structure ou la destination de l'immeuble : modification du règlement de copropriété, suppression d'un service collectif, travaux de surélévation ou de construction neuve. Dans une copropriété aux intérêts divergents : bailleurs vs occupants, locaux commerciaux vs logements : , atteindre la double majorité exige une préparation minutieuse et des alliances préalables. ### Cas pratique : la passerelle de l'article 25-1 en chiffres Prenons une copropriété de **30 lots** totalisant **10 000 tantièmes**. Le syndicat vote une résolution relevant de l'article 25 : disons l'installation d'un système de vidéoprotection. La majorité absolue est de **5 001 tantièmes**. Au premier tour, la résolution recueille **4 200 tantièmes favorables**, soit 42 % des voix. Elle n'atteint pas la majorité absolue, donc elle échoue. Mais elle a franchi le seuil du tiers (3 334 tantièmes) exigé par l'article 25-1. Dès lors, le président de séance peut proposer un second vote immédiat sur la même résolution. Cette fois, la décision est soumise à la majorité simple de l'article 24 : seules les voix exprimées des présents et représentés comptent. Si 20 copropriétaires (totalisant 7 000 tantièmes) sont présents ou représentés, il suffit de 3 501 tantièmes favorables. Les 4 200 voix initiales passent sans difficulté. > 📌 Important : la passerelle n'est pas automatique. Elle n'intervient que si le projet a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires (présents, représentés et absents) lors du premier vote (service-public.fr F2137). Cette règle, introduite pour fluidifier la prise de décision, est souvent méconnue des copropriétaires. ## Quand faut-il convoquer une assemblée générale extraordinaire ? L'assemblée générale extraordinaire se tient en dehors du rendez-vous annuel ordinaire. Elle répond à une nécessité qui ne peut pas attendre la prochaine AG de routine. La loi ne fixe pas de liste exhaustive : c'est la nature de la décision à prendre qui détermine le caractère extraordinaire de la convocation. Les motifs les plus fréquents sont l'urgence (travaux conservatoires après un sinistre), la fin du contrat de syndic ou encore le vote de décisions liées aux obligations réglementaires récentes, comme le DPE collectif. Pour une analyse des délais spécifiques, notre article sur le délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire détaille chaque situation. ### Urgence et travaux non prévus L'urgence justifie à elle seule une AG extraordinaire. Une fuite en toiture après une tempête, une panne d'ascenseur nécessitant un remplacement complet, un sinistre dégât des eaux affectant les parties communes : toutes ces situations exigent une décision rapide que le calendrier ordinaire ne permet pas. Dans le cas de [travaux urgents en copropriété](/syndic/copropriete-travaux-urgents-syndic-procedure/), le syndic peut parfois agir sans un vote préalable de l'AG. Dans ces cas, le syndic convoque l'AG avec un ordre du jour ciblé et un délai réduit si l'urgence le commande, sous réserve du respect du contradictoire. Les travaux votés sont généralement exécutoires immédiatement, sans attendre l'expiration du délai de contestation, car la conservation de l'immeuble prime sur les délais de recours. ### Vote des travaux de rénovation énergétique : une obligation croissante Les enjeux de rénovation énergétique modifient le rythme des AG depuis 2024. Le DPE collectif est devenu obligatoire au 1er janvier 2024 pour les copropriétés de plus de 200 lots (service-public.fr F37504). Pour les copropriétés de 50 à 200 lots, l'obligation entre en vigueur en 2025-2026 par paliers. Le DPE collectif donne lieu à un rapport présenté en AG. Si des travaux de rénovation énergétique sont préconisés, leur vote en AG est nécessaire. Le recours à MaPrimeRénov' Copropriété doit lui aussi être voté en assemblée générale, selon les règles de majorité applicables (economie.gouv.fr). Ces échéances réglementaires justifient souvent la convocation d'AG extraordinaires spécifiquement dédiées au plan pluriannuel de travaux ou au DPE collectif. ### Désignation du syndic en fin de contrat À la fin du contrat de syndic, l'assemblée générale procède à la désignation du nouveau syndic (décret du 17 mars 1967). L'enjeu est de taille : une copropriété sans syndic est paralysée. La convocation doit intervenir suffisamment tôt avant l'échéance pour que les copropriétaires puissent examiner les propositions concurrentes. En pratique, le syndic sortant convoque lui-même l'AG qui désignera son successeur. Il joint à l'ordre du jour les projets de contrats des candidats, qu'il est tenu de solliciter. La désignation se vote à la majorité absolue de l'article 25, ce qui impose une mobilisation forte des copropriétaires. ## Le procès-verbal : pièce obligatoire souvent négligée Un procès-verbal est rédigé pour chaque assemblée générale et inscrit dans un registre spécial (service-public.fr F2636). Ce document n'est pas une formalité administrative secondaire : c'est l'acte qui constate les décisions du syndicat et fait courir les délais de contestation. Un PV bâclé ou notifié tardivement expose l'ensemble des résolutions à un risque d'annulation. En pratique, beaucoup de copropriétaires sous-estiment l'importance du PV. Ils le reçoivent, le parcourent rapidement et le classent sans vérifier qu'il comporte toutes les mentions obligatoires. Cette négligence peut coûter cher : un PV incomplet prive le copropriétaire de la possibilité de contester utilement une décision défavorable. Pour un modèle complet avec toutes les mentions à jour, consultez notre [modèle de PV d'AG copropriété avec mentions obligatoires](/assemblee/modele-pv-ag-copropriete/). ### Mentions obligatoires du procès-verbal Le PV doit mentionner la date et le lieu de l'AG, la liste des copropriétaires présents et représentés avec leurs tantièmes, l'ordre du jour, chaque résolution soumise au vote avec le résultat détaillé (voix pour, contre, abstentions, absents), et les réserves éventuelles. Le PV est signé par le président, le secrétaire et les scrutateurs. Il est ensuite notifié à chaque copropriétaire : par lettre recommandée, remise contre émargement ou voie électronique : dans le mois suivant la tenue de l'AG. La notification déclenche le délai de contestation de 2 mois. ### Erreur courante : ne pas notifier le PV dans les délais légaux Le syndic dispose d'un mois après l'AG pour notifier le procès-verbal à chaque copropriétaire (décret du 17 mars 1967). Passé ce délai, le point de départ de la contestation de 2 mois n'est pas déclenché. Résultat : un copropriétaire mécontent peut attaquer une décision bien au-delà de ce que le syndic imaginait, parfois plus d'un an après l'AG. Cette situation fragilise toutes les décisions prises et expose le syndic à une action en responsabilité. Concrètement, un syndic qui notifie le PV avec 3 mois de retard laisse la porte ouverte à une contestation pendant 5 mois après l'AG au lieu de 2 mois après la notification dans les temps. Un délai que des copropriétaires avisés exploitent pour faire annuler une décision qu'ils n'avaient pas réussi à bloquer en séance. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2636) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093853/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061423/2026-02-09) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-copropriete-tout-savoir-sur-laide-la-renovation-des-parties-communes) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F37504)

Fiche pratique

Obligation légaleAu moins 1 AG par an (loi du 10 juillet 1965, décret du 17 mars 1967)
ConvocationSyndic, ou copropriétaires ≥ ¼ des voix après mise en demeure
Délai de convocation21 jours minimum avant la date de l'AG
Majorité simple (art. 24)Majorité des voix exprimées (présents + représentés, abstentions exclues)
Majorité absolue (art. 25)Majorité des voix de TOUS les copropriétaires (y compris absents)
Double majorité (art. 26)Majorité en nombre + ⅔ des voix (tantièmes)
Passerelle (art. 25-1)Si ≥ ⅓ des voix obtenues sans majorité absolue → second vote à l'art. 24 possible
PV et notificationPV notifié sous 1 mois ; délai de contestation de 2 mois à compter de la notification
DPE collectif obligatoireDepuis le 1er janvier 2024 pour les copropriétés > 200 lots (service-public.fr F37504)
MaPrimeRénov' CopropriétéRecours à l'aide voté en AG selon les règles de majorité applicables (economie.gouv.fr)
> Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Modèle PV d'AG copropriété 2026 : mentions obligatoires URL: https://copro-guide.fr/assemblee/modele-pv-ag-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-30 Mot-clé ciblé: modele pv ag Téléchargez un modèle de PV d'AG de copropriété conforme 2026 : mentions légales obligatoires, trame section par section, délais d'envoi et pièges à éviter. **Le procès-verbal d'assemblée générale de copropriété doit obligatoirement mentionner l'intitulé de chaque question à l'ordre du jour, le résultat de chaque vote avec le décompte des voix (tantièmes), la date et le lieu de réunion, ainsi que les noms et qualités des membres du bureau. Si le syndic ne l'envoie jamais, le délai de contestation des décisions est porté à 5 ans (service-public.fr, 2026).** Un modèle de PV d'AG de copropriété bien construit évite les contestations et sécurise les décisions collectives. Ce document, seul acte officiel des délibérations, engage tous les copropriétaires dès sa signature. Pourtant, un PV incomplet expose la copropriété à l'annulation d'une résolution votée. Voici les mentions obligatoires, une trame prête à l'emploi et les erreurs qui fragilisent le plus souvent ce document essentiel. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le PV est le seul acte officiel des décisions d'AG : sans lui, aucune résolution n'est opposable. > - Chaque résolution doit mentionner l'intitulé exact de la question et le décompte des voix en tantièmes. > - Le syndic doit notifier le PV dans le mois suivant l'AG ; sans envoi, le délai de contestation passe à 5 ans. > - La feuille de présence signée et les pouvoirs de représentation sont des annexes obligatoires du PV. > - Toute contestation d'une décision d'AG s'effectue devant le tribunal judiciaire. ## Qu'est-ce qu'un procès-verbal d'assemblée générale en copropriété ? Le procès-verbal d'assemblée générale de copropriété est l'acte qui consigne officiellement les décisions prises par les copropriétaires réunis en AG. Il retranscrit le déroulement des débats et fige le résultat de chaque vote. Sa valeur juridique est double : il fait foi des résolutions adoptées et constitue le point de départ des recours pour les copropriétaires qui souhaitent contester une décision. Comprendre le rôle du PV est essentiel pour assurer la validité des décisions prises lors de l'assemblée générale. Il s'agit d'une étape clé parmi les différentes exigences d'une [assemblée générale de copropriété obligatoire](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-obligatoire/). Contrairement à un simple compte rendu, le PV engage la copropriété vis-à-vis des tiers. Un syndic ne peut pas engager de travaux votés en AG sans pouvoir produire ce document. De même, un copropriétaire ne peut se prévaloir d'un droit né d'une délibération que si le PV l'atteste. Le PV est rédigé par le secrétaire de séance, sous la responsabilité du syndic. Il est signé par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs. Une fois clos, il est notifié à l'ensemble des copropriétaires. ### Pourquoi le PV est le seul acte officiel de l'AG La loi du 10 juillet 1965 ne prévoit aucun autre document pour attester les décisions de l'assemblée générale. Le PV est l'unique support juridique opposable. Sans lui, une résolution, même votée à l'unanimité, n'a pas d'existence légale. En pratique, cela signifie que le syndic ne peut pas exécuter une décision sans PV signé. Un copropriétaire qui conteste une résolution se fonde exclusivement sur le contenu du procès-verbal. Le juge, en cas de litige, s'appuie sur ce document pour apprécier la régularité de la délibération. Le PV engage également la responsabilité du syndic. S'il omet d'y faire figurer une délibération votée ou s'il en altère le sens, sa responsabilité professionnelle peut être recherchée. ### PV de copropriété vs PV d'association : les différences clés Un PV de copropriété et un PV d'association obéissent à des régimes juridiques distincts. Le premier est régi par la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967 ; le second relève de la loi du 1er juillet 1901 et, pour les mentions formelles, du Code de commerce. La différence majeure tient au formalisme de vote. En copropriété, chaque résolution est adoptée selon une majorité spécifique (article 24, 25 ou 26 de la loi de 1965) calculée en tantièmes. Le PV doit détailler ce calcul. En association, les statuts fixent librement les règles de majorité. Autre distinction : le PV de copropriété n'a pas à être déposé en préfecture ni enregistré. Celui d'une association peut, dans certains cas, faire l'objet d'un dépôt pour modification statutaire. Pour un modèle de PV adapté au monde associatif, vous pouvez consulter notre exemple de PV d'assemblée générale pour une association. Pour un modèle de PV adapté au monde associatif, vous pouvez consulter notre [exemple de PV d'assemblée générale pour une association](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/). ## Les mentions obligatoires du PV d'AG de copropriété Le contenu du procès-verbal n'est pas laissé à la libre appréciation du syndic. La fiche F2636 de service-public.fr et le décret du 17 mars 1967 encadrent les informations qui doivent impérativement y figurer. Toute omission peut fragiliser la validité des délibérations. Sur le même sujet, notre article [syndic bénévole : modèle de pv d'assemblée générale gratuit](/syndic/modele-pv-assemblee-generale-syndic-benevole-gratuit/) complète cette analyse. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [procuration ag copropriété : modèle pdf gratuit et règles](/assemblee/procuration-assemblee-generale-copropriete-pdf/). Sur le même sujet, notre article [modèle règlement de copropriété 2026 : clauses obligatoires](/charges/modele-reglement-copropriete/) complète cette analyse. La jurisprudence considère que le PV doit permettre à tout copropriétaire, même absent, de vérifier la régularité des conditions de vote. Un PV trop sommaire expose les résolutions à une annulation devant le tribunal judiciaire. Voici le détail, bloc par bloc, des mentions exigées. ### Les informations d'en-tête : date, lieu, quorum L'en-tête du PV doit mentionner la date et le lieu de réunion, les noms, prénoms et qualités des personnes présentes. Cette exigence, formulée par le Code de commerce pour les délibérations d'associés (article R. 223-20), s'applique par analogie aux assemblées de copropriété. Le PV indique également le nombre de copropriétaires présents et représentés, ainsi que le total des tantièmes correspondants. Ces éléments permettent de vérifier que le quorum requis a bien été atteint. Pour les décisions relevant de l'article 25 (majorité absolue), le PV doit mentionner le nombre de voix favorables, défavorables et les abstentions, calculés en tantièmes. La feuille de présence, signée par chaque copropriétaire présent et chaque mandataire, est annexée au PV. Elle fait partie intégrante du document. ### Le corps du PV : chaque question à l'ordre du jour et son résultat de vote Le PV doit obligatoirement mentionner l'intitulé de chaque question inscrite à l'ordre du jour et le résultat de chaque vote (service-public.fr, fiche F2636). Chaque résolution est retranscrite dans son intégralité, suivie du décompte précis des voix. Ce décompte s'exprime en tantièmes, pas en nombre de copropriétaires. Le PV doit indiquer, pour chaque résolution : le total des voix pour, le total des voix contre, le total des abstentions, et si la résolution est adoptée ou rejetée. Les résolutions amendées en séance sont retranscrites dans leur version finale. Si un copropriétaire a fait inscrire une observation en marge du PV, celle-ci doit être reproduite. Les pouvoirs de représentation sont également annexés au document. ### Les signatures et annexes obligatoires Le PV est signé par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs. Ces signatures attestent de l'authenticité des délibérations retranscrites. Le syndic, bien que responsable de la rédaction, n'est pas signataire du PV. Les annexes obligatoires comprennent la feuille de présence signée, les pouvoirs de représentation, et le cas échéant les documents soumis au vote (devis, contrats, états financiers). Ces pièces sont indissociables du PV. Un PV non signé ou dépourvu de sa feuille de présence ne peut pas être opposé aux copropriétaires. La charge de la preuve de l'envoi du PV incombe au syndic. ## Modèle de PV d'AG de copropriété : trame section par section La trame ci-dessous reprend la structure d'un PV conforme, bloc par bloc. Elle peut être adaptée à chaque copropriété en fonction de son règlement et de l'ordre du jour de l'assemblée. Ce modèle n'est pas un document officiel certifié par une autorité publique, mais une trame pratique fondée sur les exigences du décret du 17 mars 1967 et des fiches service-public.fr. Chaque bloc correspond à une partie du PV réel. Le secrétaire de séance peut le compléter en direct ou a posteriori, sous le contrôle du président de séance. ### Bloc 1 – En-tête et ouverture de séance **PROCÈS-VERBAL DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE** Copropriété : [Nom/résidence] Adresse : [Adresse complète] Date de l'AG : [Date] Heure de début : [Heure] Lieu : [Adresse du lieu de réunion] L'assemblée générale est ouverte à [heure] sous la présidence de [Nom, prénom], [copropriétaire / représentant du syndic], conformément à l'article [X] du règlement de copropriété. Le syndic, [Nom du cabinet ou du syndic bénévole], représenté par [Nom], rappelle les règles de majorité applicables et donne lecture de l'ordre du jour. ### Bloc 2 – Désignation du bureau (président, secrétaire, scrutateurs) **DÉSIGNATION DU BUREAU** Résolution n°1 : Désignation du président de séance L'assemblée générale désigne [Nom, prénom] en qualité de président de séance. Vote : Pour [X] tantièmes / Contre [X] / Abstention [X] Résolution adoptée / rejetée Résolution n°2 : Désignation du secrétaire de séance L'assemblée générale désigne [Nom, prénom] en qualité de secrétaire. Vote : Pour [X] tantièmes / Contre [X] / Abstention [X] Résolution adoptée / rejetée Résolution n°3 : Désignation des scrutateurs L'assemblée générale désigne [Nom] et [Nom] en qualité de scrutateurs. Vote : Pour [X] tantièmes / Contre [X] / Abstention [X] Résolution adoptée / rejetée ### Bloc 3 – Feuille de présence et calcul du quorum **FEUILLE DE PRÉSENCE ET QUORUM** La feuille de présence, signée par chaque copropriétaire présent et chaque mandataire, est annexée au présent PV. Il en ressort que : - Nombre total de copropriétaires : [X] - Copropriétaires présents : [X] - Copropriétaires représentés : [X] - Copropriétaires absents non représentés : [X] - Total des tantièmes présents et représentés : [X] / [total] Le quorum est atteint. L'assemblée peut valablement délibérer. ### Bloc 4 – Délibérations point par point **DÉLIBÉRATIONS** Résolution n°[X] : [Intitulé exact de la question] [Texte intégral de la résolution soumise au vote] Vote : - Pour : [X] tantièmes - Contre : [X] tantièmes - Abstention : [X] tantièmes - Majorité requise : article [24 / 25 / 26] de la loi du 10 juillet 1965 Résolution adoptée à la majorité de [article et seuil applicable]. [Répéter ce bloc pour chaque résolution de l'ordre du jour] Si un copropriétaire demande l'inscription d'une observation au PV : « [Nom] déclare [observation]. » ### Bloc 5 – Clôture, signatures et diffusion **CLÔTURE** L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à [heure]. Fait à [lieu], le [date] Signatures : Le président de séance : [Signature] Le secrétaire : [Signature] Les scrutateurs : [Signatures] **DIFFUSION** Le syndic, bien que responsable de la rédaction, n'est pas signataire du PV. Pour un modèle complet, vous pouvez télécharger notre [modèle PDF gratuit de PV d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/). Le présent PV sera notifié aux copropriétaires par [lettre recommandée avec accusé de réception / remise en main propre contre émargement / voie électronique si prévue au règlement]. Annexes : feuille de présence, pouvoirs de représentation, documents soumis au vote. ## Cas pratique : rédiger le PV d'un vote à la majorité absolue (article 25) La majorité absolue de l'article 25 est souvent la plus délicate à retranscrire dans un PV. Le calcul ne se fait pas sur le nombre de copropriétaires présents, mais sur les tantièmes de l'ensemble des copropriétaires (présents, représentés et absents). Une erreur dans ce décompte peut entraîner l'annulation de la résolution. Prenons un cas concret pour illustrer la bonne méthode. ### Le scénario : vote de travaux de ravalement en AG Une copropriété de 20 lots totalise 10 000 tantièmes. L'AG est convoquée pour voter un ravalement de façade d'un montant de 45 000 €, décision relevant de l'article 25 (majorité absolue). Le jour de l'AG, les copropriétaires présents et représentés détiennent 6 200 tantièmes. La majorité de l'article 25 se calcule sur le total des tantièmes de tous les copropriétaires, soit 10 000. Le seuil requis est donc de 5 001 tantièmes (majorité absolue = plus de la moitié). Le vote donne : 5 400 tantièmes pour, 800 contre. Les 3 800 tantièmes absents ne sont pas comptabilisés comme des votes contre. La résolution est adoptée car 5 400 > 5 001. > 💡 À noter : les abstentions et les absents ne comptent pas comme des votes contre. Une résolution article 25 est adoptée dès que les voix « pour » dépassent la moitié des tantièmes totaux de la copropriété, quel que soit le nombre d'abstentions. ### Comment renseigner le résultat du vote dans le PV Dans le PV, le bloc « Délibérations » doit retranscrire les chiffres sans ambiguïté : **Résolution n°5 : Vote des travaux de ravalement de façade** - Tantièmes totaux de la copropriété : 10 000 / 10 000 - Tantièmes présents et représentés : 6 200 / 10 000 - Majorité requise : article 25, soit plus de 5 000 tantièmes - Pour : 5 400 tantièmes - Contre : 800 tantièmes - Abstention : 0 tantième La résolution est adoptée. Le PV doit impérativement mentionner la majorité applicable (article 25) et le seuil calculé. Un PV qui se contenterait d'indiquer « adoptée à la majorité » sans le décompte des tantièmes serait juridiquement fragile en cas de contestation. ## Délais d'envoi et de contestation du PV : ce que dit la loi L'envoi du PV et sa contestation obéissent à des règles strictes. Le non-respect de ces délais a des conséquences lourdes, tant pour le syndic que pour les copropriétaires. ### Combien de temps le syndic a-t-il pour envoyer le PV ? Le décret du 17 mars 1967 impose au syndic de notifier le procès-verbal à chaque copropriétaire dans un délai d'un mois à compter de la tenue de l'AG. Cette notification doit être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception, par remise en main propre contre émargement, ou par voie électronique si le règlement de copropriété le prévoit. Le non-respect de ce délai n'entraîne pas automatiquement la nullité des délibérations. Mais il a une conséquence majeure sur le délai de contestation. > ⚠️ Attention : si le syndic n'a jamais envoyé le procès-verbal, le délai de contestation est de 5 ans (service-public.fr, fiche F35288). C'est l'un des rares cas où le délai de droit commun de 2 mois est écarté. ### Quel délai pour contester une décision prise en AG ? Le copropriétaire qui souhaite contester une décision d'AG dispose en principe d'un délai de 2 mois à compter de la notification du PV. Ce délai s'applique aux copropriétaires opposants (ceux qui ont voté contre) comme aux copropriétaires défaillants (absents non représentés). Le copropriétaire qui a voté pour une résolution ne peut pas la contester ensuite, sauf vice de procédure qu'il n'aurait pas pu déceler lors du vote. Dans tous les cas, le recours est effectué devant le tribunal judiciaire (service-public.fr, fiche F35288). La contestation porte sur la régularité formelle de la délibération (convocation irrégulière, PV incomplet, décompte erroné des voix) ou sur son contenu (abus de majorité, décision contraire au règlement de copropriété). ### Le cas particulier du PV jamais envoyé : 5 ans pour agir L'absence totale d'envoi du PV par le syndic déclenche un délai de contestation dérogatoire de 5 ans. Ce délai court à compter de la tenue de l'AG. Ce cas se rencontre lorsque le syndic néglige ses obligations ou cherche à masquer une délibération litigieuse. Le copropriétaire qui n'a jamais reçu le PV conserve donc la possibilité d'agir bien au-delà du délai classique de 2 mois. En pratique, le point de départ du délai peut être discuté devant le juge. Le copropriétaire doit prouver qu'il n'a pas reçu le PV. Si le syndic produit un accusé de réception, la charge de la preuve s'inverse. ## Les 3 erreurs courantes dans la rédaction d'un PV d'AG Certaines erreurs de rédaction reviennent fréquemment dans les PV de copropriété. Leurs conséquences peuvent être lourdes, allant de l'inopposabilité d'une décision à son annulation pure et simple par le tribunal judiciaire. Voici les trois pièges les plus fréquents, avec les moyens de les éviter. ### Erreur 1 : libellé de question vague ou à double objet Chaque question inscrite à l'ordre du jour doit être rédigée de façon précise, en évitant une formulation vague ou équivoque, et ne peut avoir qu'un seul objet (service-public.fr, fiche F2615). Une résolution qui mêlerait, par exemple, le vote des travaux de ravalement ET celui du changement de syndic dans une seule et même question serait irrégulière. La conséquence est immédiate : un copropriétaire peut demander l'annulation de la résolution pour vice de forme. Le juge sanctionne systématiquement les questions à double objet, qui privent les copropriétaires de la possibilité de voter distinctement sur chaque point. En pratique, mieux vaut multiplier les résolutions que de les regrouper. Chaque ligne de l'ordre du jour doit correspondre à une décision unique et identifiable. ### Erreur 2 : absence de la feuille de présence signée La feuille de présence est une annexe obligatoire du PV. Elle atteste que le quorum a bien été atteint et que les copropriétaires présents ou représentés étaient habilités à voter. Son absence prive le PV de toute force probante. Un PV sans feuille de présence ne permet pas au juge de contrôler la régularité des conditions de vote. La sanction est lourde : l'ensemble des délibérations de l'AG peut être annulé. La feuille de présence doit être signée par chaque copropriétaire présent et chaque mandataire. Le syndic doit la conserver et l'annexer au PV original. ### Erreur 3 : résultat de vote incomplet sans décompte des tantièmes Un PV qui mentionne seulement « adoptée à la majorité » sans le décompte précis des voix en tantièmes est juridiquement fragile. Le copropriétaire doit pouvoir vérifier, à la seule lecture du PV, que le seuil requis a été franchi. L'absence de décompte chiffré empêche tout contrôle a posteriori. En cas de contestation, le tribunal judiciaire ne dispose pas des éléments pour apprécier la régularité du vote. La résolution encourt l'annulation. Le PV doit indiquer, pour chaque résolution, le nombre de tantièmes pour, contre et en abstention, ainsi que la majorité applicable (article 24, 25 ou 26). Ce décompte est la colonne vertébrale du PV. Date et lieu : indication complète dans l'en-tête du PV Questions à l'ordre du jour : une seule question = un seul objet, formulation précise Résultat du vote : nombre de tantièmes pour, contre, abstentions ; majorité requise explicitée Feuille de présence : signée par tous les copropriétaires présents ou représentés, annexée au PV Délai de contestation : 2 mois après notification du PV ; 5 ans si le PV n'a jamais été envoyé Signatures : président de séance, secrétaire, scrutateurs Recours : exclusivement devant le tribunal judiciaire Texte de référence : loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, décret n° 67-223 du 17 mars 1967 > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # PV d'AG copropriété : contenu, délai de notification URL: https://copro-guide.fr/assemblee/pv-ag-copropriete-guide-complet/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-29 Mot-clé ciblé: pv d ag PV d'AG en copropriété : contenu obligatoire, délais de notification, valeur juridique et durée de conservation. Tout ce que les copropriétaires doivent **Le procès-verbal d'assemblée générale de copropriété (PV d'AG) consigne par écrit le résultat des votes sur chaque résolution inscrite à l'ordre du jour. Il est rédigé par le syndic ou le secrétaire de séance et doit être notifié aux copropriétaires dans un délai d'un mois suivant l'AG. Document à valeur juridique, il engage tous les copropriétaires, opposants comme absents, sauf contestation judiciaire dans les deux mois.** Pour comprendre les obligations et délais liés à ce document crucial, référez-vous à notre article sur le [compte rendu d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/). Le PV d'AG est le compte rendu officiel des décisions votées en assemblée générale de copropriété. Il engage tous les copropriétaires, y compris ceux qui étaient absents. Ce document, rédigé par le syndic, fait foi en cas de litige et sert de preuve juridique devant le tribunal judiciaire. Sa conformité aux exigences de la loi du 10 juillet 1965 conditionne la validité des résolutions adoptées. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le PV d'AG engage tous les copropriétaires dès sa notification, opposants comme absents, et vaut preuve juridique. > - Le syndic doit notifier le PV dans le mois suivant l'AG ; ce délai conditionne le point de départ du recours. > - Conserver ses PV d'AG au moins 10 ans est une précaution utile, bien au-delà du délai de recours de 2 mois. > - Un PV non conforme (feuille de présence absente, majorité erronée) peut fonder une contestation devant le tribunal judiciaire. > - Le PV d'AG est exigé par les banques pour l'ouverture d'un compte du syndicat et par les administrations pour certaines démarches. ## Qu'est-ce qu'un procès-verbal d'assemblée générale en copropriété ? Le PV d'AG est le document officiel qui retranscrit l'intégralité des débats et des votes intervenus lors de l'assemblée générale des copropriétaires. Il vaut preuve juridique du déroulement de la séance et des décisions adoptées. Ce document tire sa force de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, complétée par le décret n° 67-223 du 17 mars 1967. L'article 17 du décret en précise les modalités d'établissement : chaque résolution fait l'objet d'un vote distinct, et le résultat : adopté ou rejeté : figure noir sur blanc dans le PV. Une fois signé par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs, le PV engage tous les copropriétaires. Même celui qui a voté contre. Même celui qui n'est pas venu. C'est cette opposabilité qui en fait un document central dans la vie de la copropriété. Le [syndic de copropriété a un rôle et des obligations](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) précis dans l'élaboration et la transmission de ce document. ### Définition et rôle du PV d'AG Le PV d'AG n'est pas un simple compte rendu informel. Il constitue un acte juridique qui atteste la régularité du processus décisionnel au sein du syndicat des copropriétaires. Sa fonction première : cristalliser la volonté collective exprimée en assemblée. Concrètement, le PV liste l'ensemble des résolutions soumises au vote, consigne les majorités obtenues (majorité simple, absolue ou double majorité selon la nature de la décision), et indique le sens du vote de chaque copropriétaire présent ou représenté. En cas de litige ultérieur, c'est ce document que le tribunal judiciaire examinera en premier. ### Qui rédige le PV et sous quelle responsabilité ? La rédaction du PV incombe au syndic de copropriété, ou au secrétaire de séance désigné en début d'AG lorsque le syndicat a opté pour cette solution. Dans les faits, c'est presque toujours le syndic professionnel qui s'en charge. Le syndic engage sa responsabilité sur l'exactitude et l'exhaustivité du PV. Une omission, une erreur dans le décompte des voix, l'absence de mention d'une réserve formulée en séance : autant de manquements susceptibles de fonder un recours. Selon la jurisprudence constante, le syndic doit retranscrire fidèlement les débats et ne peut en altérer le sens. ## Contenu obligatoire du PV d'AG : ce que doit mentionner chaque résolution Un PV d'AG conforme ne s'improvise pas. Le décret du 17 mars 1967 énumère les mentions qui doivent impérativement y figurer. L'absence de l'une d'elles rend le PV irrégulier et ouvre une voie de contestation. Voir aussi notre article [procès-verbal d'ag copropriété : mentions, délais](/charges/proces-verbal-ag-copropriete-guide/). Notre analyse [syndic bénévole : modèle de pv d'assemblée générale gratuit](/syndic/modele-pv-assemblee-generale-syndic-benevole-gratuit/) éclaire ce point. Le non-respect de ces obligations formelles figure parmi les motifs de non-conformité les plus fréquents. Un PV incomplet peut entraîner l'annulation de tout ou partie des résolutions adoptées lors de l'AG, comme le rappelle la source Crédit Agricole Immobilier (mai 2026). La vérification de ces mentions par le copropriétaire à réception du PV constitue un premier filtre : avant même d'analyser le fond des décisions, c'est la régularité formelle du document qu'il faut contrôler. ### Les mentions incontournables Le PV doit comporter a minima : la date et le lieu de l'assemblée, l'identité du président de séance et des scrutateurs, la feuille de présence mentionnant les copropriétaires présents, représentés et absents, l'ordre du jour complet, le texte intégral de chaque résolution, le résultat chiffré du vote pour chaque résolution (voix pour, contre, abstentions), et les réserves ou oppositions éventuellement formulées. L'absence de la feuille de présence ou d'un décompte précis des voix pour une résolution constitue un vice de forme sérieux. De même, si l'ordre du jour figurant au PV ne correspond pas à celui de la convocation, la régularité de l'AG est compromise. ### Résolutions adoptées et résolutions rejetées : comment elles figurent au PV Chaque résolution fait l'objet d'une mention distincte dans le PV, avec son texte exact tel qu'il a été soumis au vote. Le PV indique clairement si la résolution est adoptée ou rejetée, ainsi que la majorité requise et celle effectivement obtenue. Une résolution adoptée à une majorité inférieure à celle exigée par la loi ou le règlement de copropriété est nulle. Le PV doit permettre de vérifier ce point : un simple énoncé « adopté » sans précision du nombre de voix et de la majorité applicable est insuffisant. ### Réserves et oppositions : comment les faire acter Un copropriétaire qui s'oppose à une résolution peut exiger que son opposition soit consignée au PV. Cette formalité est capitale : elle constitue le point de départ de la preuve en cas de recours ultérieur. La réserve doit être formulée en séance, avant la clôture. Le copropriétaire peut demander à ce que sa déclaration soit retranscrite in extenso ou, a minima, que le principe de son opposition soit mentionné. Sans cette trace écrite, il lui sera plus difficile de démontrer devant le tribunal qu'il a contesté la décision dès l'assemblée. ## Délais de notification et de communication du PV aux copropriétaires La notification du PV est une obligation légale à la charge du syndic. Elle conditionne le point de départ du délai de contestation des décisions d'AG. Un retard dans l'envoi ne rend pas le PV caduc, mais il repousse d'autant l'expiration du délai de recours. Il est crucial de [conserver la convocation à l'AG de copropriété](/assemblee/faut-il-conserver-convocation-assemblee-generale-copropriete/) car elle prouve la régularité des notifications. Le syndic ne peut se contenter d'une diffusion informelle. La notification doit respecter des formes précises pour être opposable. Un PV simplement affiché dans le hall de l'immeuble ou transmis par un voisin n'a pas valeur de notification régulière. ### Délai légal d'envoi par le syndic Le syndic dispose d'un délai d'un mois à compter de la tenue de l'assemblée générale pour notifier le PV à chaque copropriétaire. Cette obligation découle de l'article 17 du décret du 17 mars 1967. La notification s'effectue par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre émargement. Depuis quelques années, la transmission par voie électronique est admise si le copropriétaire a donné son accord exprès. L'absence de notification dans le délai d'un mois n'invalide pas les décisions, mais le copropriétaire lésé peut mettre le syndic en demeure de s'exécuter. ### Copropriétaires absents : leurs droits spécifiques Les copropriétaires absents lors de l'AG bénéficient des mêmes droits à notification que les présents. Ils doivent recevoir le PV dans le même délai d'un mois. Un copropriétaire absent peut avoir donné mandat à un autre copropriétaire (ou à son conjoint, ou au syndic dans certaines limites) pour voter en son nom. Le PV doit alors mentionner l'identité du mandataire et le sens du vote exprimé. L'absence de cette mention peut justifier une contestation par le mandant s'il estime que son mandataire a voté contrairement à ses instructions. ## Combien de temps conserver un PV d'AG ? (syndic et copropriétaire) La durée de conservation des PV d'AG diffère selon qu'on se place du côté du syndic ou du copropriétaire. Cette distinction est rarement explicitée dans les guides pratiques, alors qu'elle conditionne la capacité à agir en justice des années après une AG. Selon une source Boursorama (décembre 2017) consacrée aux papiers administratifs, les PV d'AG de syndics figurent parmi les documents que le syndicat doit conserver sans limite de durée déterminée. La raison : ces PV peuvent être invoqués comme preuve lors de litiges portant sur des travaux, des charges ou des décisions dont les effets s'étalent sur plusieurs exercices. ### Durée de conservation côté syndic Le syndic professionnel conserve les PV d'AG pendant toute la durée de son mandat et doit les transmettre à son successeur lors de la passation des archives du syndicat. La durée exacte de conservation par le syndic n'est pas fixée par un texte unique, mais la pratique et la jurisprudence incitent à une conservation sans limitation, ces documents relevant des archives du syndicat. Le syndicat des copropriétaires, personne morale, doit pouvoir justifier de ses décisions passées. Un PV d'AG de 15 ans peut ressurgir à l'occasion d'un litige sur la prescription d'une créance de charges. ### Durée de conservation recommandée côté copropriétaire Un copropriétaire prudent conserve ses PV d'AG au moins 10 ans. Ce délai excède largement les 2 mois du recours en contestation : il couvre aussi les prescriptions en matière de charges de copropriété et de responsabilité contractuelle. Prenons un cas concret : un copropriétaire découvre en 2026 que des travaux votés en 2020 n'ont jamais été réalisés mais que le budget correspondant a été appelé. Sans le PV de 2020, il lui sera difficile de prouver le montant exact du budget voté et d'établir un éventuel détournement. La conservation systématique des PV est donc une précaution de bon sens. ### Lien entre conservation et délai de recours judiciaire Le délai de recours contre une décision d'AG est de deux mois à compter de la notification du PV. Mais ce délai concerne la contestation de la régularité de la décision elle-même. D'autres actions en justice peuvent naître bien après : une action en recouvrement de charges se prescrit par 5 ans (article 2224 du code civil), une action en responsabilité contre le syndic par 5 ans également. Sans le PV d'AG original, le copropriétaire risque de se trouver démuni face à ces échéances longues. La conservation du document est donc directement liée à la préservation de ses droits. Si vous souhaitez [contester une décision d'AG de copropriété](/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/), il est impératif d'agir dans les délais. ## PV d'AG non conforme : quand et comment contester une décision ? Un PV d'AG comporte des irrégularités. La question n'est pas de savoir si cela arrive, mais ce que le copropriétaire peut en faire. Le piège classique : attendre la prochaine AG pour « régulariser », et découvrir trop tard que le délai de recours est expiré. L'erreur est fréquente. Un copropriétaire mécontent laisse passer les semaines, espère une solution amiable, et se réveille après l'expiration du délai de deux mois. La conséquence juridique est brutale : la forclusion. Passé ce délai, la décision contestable devient inattaquable, même si elle est manifestement irrégulière. Selon le Crédit Agricole Immobilier (mai 2026), un PV non conforme peut fonder une contestation de résolution, à condition d'agir dans le délai imparti. ### Les motifs de non-conformité d'un PV Plusieurs irrégularités peuvent entacher un PV d'AG : absence de la feuille de présence, décompte erroné des voix, omission d'une réserve formulée en séance, résolution non inscrite à l'ordre du jour, non-respect des majorités légales, défaut de signature des organes de l'AG. Un PV signé uniquement par le syndic, sans la signature du président de séance ni des scrutateurs, est irrégulier. De même, une résolution adoptée à la majorité simple alors que le règlement de copropriété ou la loi exigeait la double majorité (article 26) encourt l'annulation. ### Le délai de contestation à ne surtout pas rater L'article 42 de la loi du 10 juillet 1965 fixe le délai de contestation à deux mois à compter de la notification du PV. Ce délai est impératif. Il ne peut être suspendu ni prolongé, sauf cas de force majeure. Deux mois, c'est court. Le copropriétaire doit agir vite : analyser le PV dès réception, identifier les éventuelles irrégularités et, le cas échéant, saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. L'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire pour assigner, mais elle est vivement recommandée compte tenu de la technicité de la matière. ### Démarche pratique : de la mise en demeure au tribunal La première étape consiste à adresser une mise en demeure au syndic par lettre recommandée, exposant les griefs et demandant la régularisation. Cette démarche ne suspend pas le délai de deux mois. Si le syndic ne répond pas ou refuse, le copropriétaire doit assigner le syndicat des copropriétaires devant le tribunal judiciaire. L'assignation doit être délivrée avant l'expiration du délai de deux mois. Le tribunal peut annuler la résolution litigieuse, voire l'intégralité de l'AG si les irrégularités sont suffisamment graves. ## PV d'AG et tiers : banques, assurances, administrations Le PV d'AG ne sert pas qu'à l'intérieur de la copropriété. Il est régulièrement exigé par des tiers : banques, assureurs, administrations. Cette dimension pratique est souvent ignorée des copropriétaires. L'arrêté du 26 juin 2024 (publié au Journal officiel, source Légifrance) illustre cette réalité : le dernier PV d'AG figure parmi les documents requis pour identifier la composition d'une association auprès de certains organismes. Le Crédit Agricole, par exemple, demande expressément le dernier PV d'AG pour l'ouverture ou la mise à jour d'un compte bancaire d'association (source : credit-agricole.fr, agence Morbihan). ### Quand une banque ou une administration demande le PV d'AG L'ouverture d'un compte bancaire au nom du syndicat des copropriétaires nécessite la production du PV d'AG désignant le syndic et l'autorisant à ouvrir un compte. Les banques exigent ce document pour vérifier la régularité de la désignation du représentant légal. Pour une association, les formalités diffèrent ; découvrez un [exemple de PV d'assemblée générale d'association](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/). Au-delà du secteur bancaire, les administrations peuvent solliciter le PV d'AG dans le cadre de demandes de subventions (travaux de rénovation énergétique par exemple) ou de procédures administratives impliquant le syndicat. Le PV atteste alors de la décision collective d'engager la copropriété. ### PV d'AG d'association vs PV d'AG de copropriété : les différences clés Un PV d'AG d'association et un PV d'AG de copropriété obéissent à des régimes juridiques distincts. Le premier relève de la loi du 1er juillet 1901, le second de la loi du 10 juillet 1965. Dans une association, le PV est généralement rédigé par le secrétaire et approuvé par le président. Sa forme est plus souple. En copropriété, le formalisme est beaucoup plus strict : feuille de présence, majorités légales, notification obligatoire, délai de recours de deux mois. Les deux documents partagent un point commun : les banques et administrations les exigent pour justifier de la composition et du fonctionnement de l'entité. Vous pouvez télécharger un [modèle de PV d'assemblée générale de copropriété en PDF](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) pour vous aider dans cette démarche.

Fiche pratique

Délai de notification du PV par le syndic1 mois après l'AG (art. 17, décret du 17 mars 1967)
Délai de contestation d'une résolution2 mois à compter de la notification du PV (art. 42, loi du 10 juillet 1965)
Conservation recommandée (copropriétaire)10 ans minimum (précaution)
Conservation côté syndicSans limitation de durée (archives du syndicat)
Document exigé par les banquesDernier PV d'AG pour ouverture de compte syndicat (arrêté du 26 juin 2024)
Signature obligatoirePrésident de séance, secrétaire, scrutateurs
## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000049872461/2026-03-04) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/copropriete-comment-contester-une-decision-dassemblee-generale) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/papiers-administratifs-combien-de-temps-faut-il-les-garder-2283dcb99de8357c7cdd1c02c1dfcefe) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Charges de copropriété : quel montant moyen prévoir URL: https://copro-guide.fr/charges/charge-copropriete-moyenne-comprendre-montants/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-28 Mot-clé ciblé: charge de copropriété moyenne Quelle est la charge de copropriété moyenne en France ? Découvrez les postes de dépense, les règles de répartition et comment anticiper votre budget annuel. **Aucun organisme officiel ne publie de montant national moyen des charges de copropriété, car celui-ci dépend étroitement de la taille de l'immeuble, des équipements collectifs (ascenseur, chauffage, gardien) et des services souscrits. Le seul repère réglementaire fixe est la cotisation minimale au fonds de travaux : 5 % du budget prévisionnel annuel lorsqu'aucun plan pluriannuel de travaux n'a été adopté (service-public.fr).** La charge de copropriété moyenne dépend d'abord de la configuration de votre immeuble (équipements collectifs, services, taille) et du budget prévisionnel voté chaque année en assemblée générale. Il n'existe pas de barème national unique : deux lots aux surfaces voisines peuvent afficher des écarts de plusieurs centaines d'euros par an selon la présence ou non d'un gardien, d'un ascenseur ou d'un chauffage collectif. Ce guide détaille les postes qui composent vos charges, leur mode de calcul et les seuils réglementaires à connaître pour anticiper votre budget. Pour comprendre les différents facteurs qui influent sur le budget, vous pouvez consulter notre article sur les charges de copropriété en 2026 et leur montant moyen. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Aucun montant national officiel n'existe : les charges varient selon l'immeuble et ses équipements. > - La cotisation annuelle au fonds de travaux est fixée à 5 % minimum du budget prévisionnel quand aucun PPT n'a été adopté. > - Le coût de l'état daté est plafonné à 380 € TTC (service-public.fr). > - Les charges sont réparties selon les tantièmes définis dans le règlement de copropriété, votés en assemblée générale. > - Locataire et propriétaire ne paient pas les mêmes charges : seules les charges locatives récupérables sont refacturées au locataire. ## Qu'est-ce que la charge de copropriété et que couvre-t-elle ? Vous payez chaque trimestre une somme à votre syndic. Cette somme, c'est votre quote-part des dépenses nécessaires au fonctionnement de l'immeuble. La loi du 10 juillet 1965 pose le principe : chaque copropriétaire contribue aux charges en proportion de la valeur relative de son lot, exprimée en tantièmes. Concrètement, le syndicat des copropriétaires assume deux grandes familles de dépenses : celles liées à l'administration et à l'entretien courant de l'immeuble (les charges générales), et celles propres à certains équipements ou services collectifs (les charges spéciales). Votre provision trimestrielle anticipe ces dépenses : c'est le budget prévisionnel, voté chaque année. La distinction entre charges générales et spéciales est capitale. Elle détermine qui paie quoi, et dans quelles proportions. Un copropriétaire du rez-de-chaussée, par exemple, ne contribue pas de la même manière qu'un voisin du sixième étage aux frais d'ascenseur. Cette répartition obéit à des règles précises, inscrites dans le règlement de copropriété. Pour savoir [comment calculer la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/), il est essentiel de se référer au règlement de copropriété. > 💡 À noter : Le règlement de copropriété fixe la grille des tantièmes et la répartition des charges entre les lots. Il est impératif de le lire avant tout achat immobilier : il détermine vos obligations financières pour toute la durée de votre détention. ### Charges générales : fonctionnement et entretien des parties communes Les charges générales couvrent l'administration de l'immeuble et la conservation des parties communes. Elles incluent les honoraires du syndic, l'assurance de l'immeuble, l'entretien des couloirs, halls, escaliers, espaces verts, le nettoyage, l'électricité des communs et la gestion des ordures ménagères. Tous les copropriétaires y participent, au prorata des tantièmes généraux attachés à leur lot. Un propriétaire de studio paiera donc moins qu'un propriétaire d'un grand appartement au dernier étage, même si le studio est situé au rez-de-chaussée : ce n'est pas l'usage effectif qui compte, mais la quote-part de propriété indivise. ### Charges spéciales : équipements et services collectifs Les charges spéciales concernent les services et équipements qui ne profitent qu'à une partie des copropriétaires : ascenseur, chauffage collectif, climatisation centralisée, antenne collective, interphone, piscine, local à vélos sécurisé. Leur répartition obéit au critère de l'utilité : seuls les lots qui peuvent en bénéficier y contribuent. La jurisprudence constante a précisé ce principe : un local commercial au rez-de-chaussée sans accès à l'ascenseur ni au chauffage collectif ne participe pas à ces charges spéciales, sauf clause contraire du règlement de copropriété. ### Ce que dit le règlement de copropriété sur la répartition Le règlement de copropriété, document contractuel remis obligatoirement à tout acquéreur, définit la grille de répartition des charges. Il attribue à chaque lot une quote-part exprimée en tantièmes, distincte pour les charges générales et pour chaque catégorie de charges spéciales. Modifier cette répartition suppose en principe un vote à l'unanimité de l'assemblée générale. Certains ajustements peuvent toutefois être décidés à la majorité de l'article 25 (majorité absolue des voix de tous les copropriétaires) lorsqu'un changement dans l'usage de parties communes le justifie, par exemple après la création d'un nouvel équipement. ## Les principaux postes de dépense qui font varier le montant moyen Pourquoi deux appartements de 60 m² situés à quelques rues l'un de l'autre affichent-ils des charges annuelles radicalement différentes ? La réponse tient à la structure de dépenses de chaque immeuble. Cinq postes concentrent l'essentiel des écarts. D'abord, la présence d'un gardien ou concierge représente un coût significatif, surtout si le logement de fonction est compté dans le budget. Ensuite, le mode de chauffage : un chauffage collectif au gaz, avec ses contrats de maintenance et sa consommation répartie, pèse bien plus lourd qu'un chauffage individuel électrique. L'ascenseur ajoute un contrat d'entretien obligatoire et des réparations périodiques. Les espaces verts entretenus par une société extérieure alourdissent la colonne des charges générales. Enfin, la taille du syndicat : un petit immeuble de 4 lots répartit les frais fixes (syndic, assurance) sur un nombre réduit de copropriétaires, ce qui augmente mécaniquement la charge individuelle. Cette hétérogénéité explique pourquoi aucun organisme officiel ne publie de « charge de copropriété moyenne nationale ». L'INSEE ne collecte pas cette donnée, et service-public.fr renvoie systématiquement au règlement de copropriété et au budget prévisionnel propres à chaque immeuble. Pour approfondir le mécanisme de ventilation entre lots, consultez notre guide dédié aux règles de répartition des charges en copropriété. Pour comprendre l'ensemble des postes de dépenses et les différents modes de calcul, il est utile de se pencher sur les [Charges de copropriété : calcul et contestation 2026](/charges/repartition-charges-copropriete-guide/). ### Honoraires du syndic et frais de gestion courante Les honoraires de syndic comprennent un forfait de base pour la gestion administrative (convocation aux assemblées générales, tenue des comptes, appels de fonds) et des prestations particulières facturées en sus. Le contrat de syndic, rendu obligatoire par la loi, doit distinguer clairement ces deux catégories. Dans une petite copropriété sans gardien ni ascenseur, le poste « syndic » peut représenter jusqu'à 30 % du budget prévisionnel. Les frais de gestion courante englobent aussi l'assurance multirisque immeuble, les abonnements (eau froide des communs, électricité des parties communes) et les frais bancaires du compte séparé ouvert au nom du syndicat des copropriétaires. ### Entretien, nettoyage et énergie des parties communes Ce poste recouvre les contrats de nettoyage, l'entretien des espaces verts, le ramonage, la désinsectisation, et les petites réparations. Dans les immeubles récents avec de larges halls et des parties communes étendues, il peut devenir le deuxième poste après le chauffage. L'énergie pèse aussi : l'éclairage des couloirs et parkings, les éventuels systèmes de ventilation mécanique contrôlée (VMC) collective. Ces dépenses sont directement impactées par le coût de l'électricité, qui a connu une forte volatilité ces dernières années, ce qui se répercute sur les provisions demandées aux copropriétaires. ### Fonds de travaux : une cotisation obligatoire à ne pas oublier Le fonds de travaux est une réserve financière imposée à la plupart des copropriétés depuis la loi ALUR de 2014. Son principe : chaque copropriétaire cotise annuellement pour constituer une épargne collective destinée à financer les travaux futurs sans avoir à voter des appels exceptionnels. La règle, rappelée par service-public.fr : lorsque l'assemblée générale n'a pas adopté de plan pluriannuel de travaux (PPT), la cotisation annuelle ne peut pas être inférieure à **5 % du budget prévisionnel**. Adopter un PPT permet de moduler ce taux en fonction des travaux programmés. Cette cotisation alimente un compte bancaire séparé, attaché au syndicat, et les sommes versées restent acquises au fonds : en cas de vente, le copropriétaire sortant ne les récupère pas. ## Comment le budget prévisionnel fixe concrètement votre charge annuelle Le budget prévisionnel est l'outil central qui détermine le montant que vous allez payer dans l'année. Voté en assemblée générale à la majorité de l'article 25, il liste l'ensemble des dépenses courantes que le syndicat des copropriétaires prévoit d'engager pour l'exercice à venir. Chaque copropriétaire reçoit, après le vote, une ventilation de ce budget selon ses tantièmes. Le syndic émet ensuite des appels de fonds trimestriels correspondant à un quart du budget prévisionnel annuel, auxquels s'ajoute votre quote-part du fonds de travaux. En fin d'exercice, le syndic procède à la régularisation annuelle. Il compare les provisions versées par chaque copropriétaire aux dépenses réelles constatées. Si les provisions excèdent les dépenses, l'excédent est reporté sur l'exercice suivant ou restitué. Dans le cas inverse, un appel complémentaire est adressé. Ce mécanisme explique pourquoi vos appels trimestriels peuvent varier d'une année sur l'autre, même à tantièmes constants. ### Le vote du budget en assemblée générale Le syndic convoque l'assemblée générale au moins une fois par an pour présenter le projet de budget prévisionnel. Ce document détaille chaque poste : honoraires du syndic, contrats d'entretien, assurance, petites réparations, fonds de travaux. Les copropriétaires débattent, amendent, puis votent. La majorité requise est celle de l'article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires présents, représentés et absents). Si cette majorité n'est pas atteinte mais que le projet recueille au moins un tiers des voix, un second vote à la majorité de l'article 24 (majorité des présents et représentés) est possible. Sans budget voté, le syndic peut être autorisé par le juge à engager les dépenses nécessaires à la conservation de l'immeuble. ### Appels de fonds et régularisation : comment ça se passe en pratique Une fois le budget adopté, le syndic émet des appels de fonds à échéances régulières, le plus souvent trimestriellement. Vous recevez un avis détaillant le montant à payer, sa ventilation (charges générales + charges spéciales + fonds de travaux) et la date d'exigibilité. Après la clôture de l'exercice comptable, le syndic établit les comptes définitifs. Chaque copropriétaire reçoit un décompte individuel confrontant provisions et dépenses réelles. L'approbation des comptes est soumise au vote de l'assemblée générale suivante. C'est aussi le moment où vous pouvez contester une dépense qui vous paraît injustifiée, avant le quitus donné au syndic. ### Cas pratique : estimation des charges pour un lot dans une copropriété de plus de 20 logements Prenons une copropriété de 30 lots, avec ascenseur, chauffage collectif et gardien. Le budget prévisionnel annuel s'élève à 90 000 €. Sans PPT adopté, le fonds de travaux est fixé à son taux plancher : **5 % du budget prévisionnel**, soit **4 500 € par an** (service-public.fr). Un appartement de 65 m² détenant 320 / 10 000 tantièmes généraux supportera : (90 000 × 320 ÷ 10 000) = 2 880 € de charges générales annuelles. Il faut y ajouter les charges spéciales d'ascenseur et de chauffage, auxquelles ses tantièmes spéciaux l'assujettissent. Enfin, sa quote-part du fonds de travaux : (4 500 × 320 ÷ 10 000) = 144 €. Total annuel estimé : environ **3 200 €**, soit 800 € par trimestre. Lors de la vente de ce lot, le vendeur devra fournir un état daté, dont le coût est plafonné à **380 € TTC** (service-public.fr). Si la copropriété, comptant plus de 20 logements, n'a pas encore réalisé de diagnostic technique global, celui-ci coûtera environ **600 € HT par logement**, avec un plancher de **3 000 €** (service-public.fr), une dépense imputée aux charges générales et donc répartie entre tous les copropriétaires. ## Les erreurs courantes qui font exploser (ou sous-estimer) vos charges La méconnaissance des règles de copropriété coûte cher. Voici trois pièges dans lesquels tombent régulièrement les acheteurs comme les copropriétaires en place. L'erreur la plus fréquente consiste à raisonner uniquement sur les charges courantes affichées lors de la visite, en omettant le fonds de travaux obligatoire. Un budget prévisionnel annoncé à 2 400 € cache souvent 120 € à 300 € supplémentaires de cotisation fonds travaux. Sur la durée de détention d'un bien, cet oubli peut représenter plusieurs milliers d'euros non anticipés. Autre écueil classique : le propriétaire bailleur qui refacture à son locataire des charges que la loi ne permet pas de récupérer. La liste des charges locatives récupérables est strictement encadrée par le décret du 26 août 1987. Toute somme indûment réclamée au locataire peut être contestée et donner lieu à remboursement. Enfin, ne pas vérifier la grille de répartition des tantièmes avant d'acheter expose à de mauvaises surprises : un lot surreprésenté dans les charges d'ascenseur alors qu'il est au premier étage, ou un tantième de chauffage collectif surévalué par rapport à la surface réelle. Ces anomalies ne se découvrent qu'à la lecture attentive du règlement de copropriété. Pour les propriétaires bailleurs, il est crucial de bien distinguer les charges récupérables de celles qui ne le sont pas ; la [liste des charges récupérables sur le locataire](/charges/charges-recuperables-sur-locataire/) est strictement encadrée par la loi. ### Oublier le fonds de travaux dans le calcul du coût total de possession Beaucoup d'acquéreurs examinent le dernier relevé de charges fourni par le vendeur et s'arrêtent au montant des appels trimestriels. Ils sous-estiment le coût total de possession du bien car ils n'intègrent pas la cotisation au fonds de travaux. Cette dernière, prélevée en même temps que les provisions pour charges courantes, représente au minimum **5 % du budget prévisionnel** (service-public.fr). Sur un budget annuel de 60 000 € pour une copropriété de 20 lots, cela ajoute 3 000 € par an à répartir entre les copropriétaires, soit 150 € par lot en moyenne. Et ce taux plancher peut être relevé par l'assemblée générale si des travaux importants sont programmés à moyen terme. ### Confondre charges locatives récupérables et charges non récupérables Un propriétaire bailleur ne peut pas répercuter l'intégralité de ses charges de copropriété sur son locataire. Seules les charges locatives dites récupérables, énumérées limitativement par le décret du 26 août 1987, peuvent être refacturées. Elles incluent l'entretien courant, les menues réparations des parties communes, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et certaines consommations d'eau et d'énergie. À l'inverse, les honoraires de syndic pour la tenue de l'assemblée générale, les frais de mise en conformité, les travaux d'amélioration ou de gros entretien, et la cotisation au fonds de travaux restent intégralement à la charge du propriétaire. Notre [liste des charges récupérables sur le locataire](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) détaille point par point ce qui peut être refacturé. Une meilleure compréhension de la [Part des charges récupérables sur le locataire 2026](/charges/part-locataire-charges-copropriete/) peut vous éviter des désagréments. ### Ne pas vérifier la répartition par tantièmes avant d'acheter L'erreur la plus silencieuse : signer un compromis de vente sans avoir analysé la grille des tantièmes du règlement de copropriété. Un appartement de 50 m² peut se voir attribuer 450 / 10 000 tantièmes généraux dans une copropriété, et 280 / 10 000 dans une autre de standing comparable. L'écart de charges annuelles qui en découle peut atteindre plusieurs centaines d'euros. Le notaire ou l'agent immobilier doit remettre le règlement de copropriété et les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales à tout acquéreur potentiel. Prenez le temps de les lire, et si un écart vous paraît incohérent entre la surface du lot et ses tantièmes, interrogez le vendeur ou le syndic avant de vous engager. ## Charges impayées et litiges : ce que prévoit la loi Un copropriétaire qui ne règle pas ses charges met en péril l'équilibre financier du syndicat. La loi du 10 juillet 1965 donne au syndicat des moyens d'agir, selon une gradation stricte. Le syndic commence par une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Si l'impayé persiste au-delà de 30 jours, le syndicat peut engager une procédure judiciaire devant le tribunal judiciaire. L'action peut viser une injonction de payer, une prise d'hypothèque légale sur le lot, voire une saisie immobilière en dernier ressort. Les frais de recouvrement (avocat, huissier) sont intégralement supportés par le copropriétaire défaillant, et non par les autres copropriétaires. Du côté du copropriétaire qui s'estime lésé par une décision d'assemblée générale (budget voté, répartition des charges contestée), un recours est ouvert dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal. Pour une action en révision de la répartition des charges fondée sur une lésion, le délai est de 5 ans à compter de la publication du règlement de copropriété. ### La procédure de recouvrement des charges impayées Le syndic, mandaté par le syndicat, adresse une relance simple puis une mise en demeure. Sans paiement dans les 30 jours, le syndicat des copropriétaires peut saisir le tribunal judiciaire. Plusieurs voies s'offrent à lui : la procédure d'injonction de payer (rapide, sans audience), l'assignation en paiement, ou l'inscription d'une hypothèque légale sur le lot concerné. Les charges impayées bénéficient d'un privilège immobilier spécial : le syndicat est payé avant les créanciers hypothécaires classiques, y compris la banque prêteuse, sur le prix de vente du lot. Ce mécanisme, prévu par l'article 2374 du code civil, constitue une garantie puissante pour les copropriétaires à jour de leurs obligations. ### Vente du logement : qui règle les charges en cours ? Lors de la vente, le notaire demande au syndic un état daté retraçant la situation comptable du lot. Son coût, plafonné à **380 € TTC** (service-public.fr), est généralement supporté par le vendeur. Le principe de répartition entre vendeur et acquéreur est simple : le vendeur paie les charges exigibles avant la vente, l'acquéreur celles qui viennent à échéance après. Pour les provisions sur travaux futurs déjà votés, la charge suit le lot : c'est l'acquéreur qui les assume. Ces règles sont prévues par l'article 6-2 du décret du 17 mars 1967. Pour une explication détaillée de la répartition entre bailleur et locataire, voir notre article sur [qui paie les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). Vous trouverez également des informations sur [qui paie quoi en matière de charges de copropriété](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/) pour mieux anticiper vos dépenses.

Fiche pratique

Fonds de travaux (cotisation minimale sans PPT)5 % du budget prévisionnel annuel (service-public.fr)
Coût de l'état daté (plafond)380 € TTC (service-public.fr)
Diagnostic technique global (copropriétés > 20 logements)600 € HT par logement, plancher 3 000 € (service-public.fr)
Base légale de la copropriétéLoi du 10 juillet 1965, décret du 17 mars 1967
Délai de contestation d'une décision d'assemblée générale5 ans à compter de la décision (tribunal judiciaire)
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20586) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37294) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32920) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F947) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Demander une AGE en copropriété : conditions, délais URL: https://copro-guide.fr/assemblee/demander-assemblee-generale-extraordinaire-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-27 Mot-clé ciblé: demander une assemblée générale extraordinaire copropriété Qui peut demander une assemblée générale extraordinaire en copropriété, comment forcer le syndic à convoquer et quels recours en cas de refus ? Guide **Pour demander une assemblée générale extraordinaire en copropriété, le conseil syndical peut saisir le syndic sans condition de seuil. Les copropriétaires doivent réunir au moins 25 % des voix (tantièmes) et remplir 4 conditions cumulatives : être copropriétaire, justifier du seuil, envoyer une LRAR au syndic et préciser l'ordre du jour. Le syndic dispose de 2 mois à compter de la première présentation du recommandé pour convoquer l'AGE (loi n° 65-557 du 10 juillet 1965).** Pour demander une assemblée générale extraordinaire en copropriété, le conseil syndical peut saisir le syndic sans condition de seuil. Un ou plusieurs copropriétaires doivent, eux, réunir au moins 25 % des voix du syndicat et respecter une procédure stricte (service-public.fr, fiche F2615). Encore faut-il savoir rédiger la demande, calculer le seuil de tantièmes et faire respecter le délai légal de convocation. Ce guide détaille chaque étape, du courrier recommandé jusqu'au recours judiciaire si le syndic reste silencieux.

Comparatif en un coup d'œil

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Type d'AGCadenceQui peut convoquerDélai imposé au syndicPréavis minimum
AG annuelle (ordinaire)1 fois par anSyndic (convocation obligatoire)Pas de délai spécifique (obligation annuelle)21 j
Assemblée générale extraordinaire (AGE)À tout momentSyndic, conseil syndical, copropriétaires (≥ 25 % des voix)2 mois après 1ʳᵉ présentation LRAR21 j
AG convoquée par le conseil syndicalÀ tout momentConseil syndical seul (sans condition de tantièmes)2 mois après 1ʳᵉ présentation LRAR21 j
AG convoquée judiciairementExceptionnellePrésident du tribunal judiciaire (sur requête)Fixé par le juge21 j
## AGE ou AG ordinaire : quelle différence en copropriété ? La loi du 10 juillet 1965 ne trace aucune frontière formelle entre « assemblée générale ordinaire » et « assemblée générale extraordinaire ». Dans les textes, il n'existe qu'un seul type d'assemblée générale des copropriétaires, convoquée selon les mêmes règles de quorum, de vote et de procès-verbal. L'usage professionnel a forgé cette distinction. L'AG annuelle, tenue une fois par an pour approuver les comptes et voter le budget prévisionnel, est couramment appelée « ordinaire ». Toute assemblée convoquée en dehors de ce rendez-vous annuel prend l'appellation d'AGE. Ce vocabulaire n'est pas anodin : il signale une urgence ou un besoin de décision qui ne peut pas attendre la prochaine AG annuelle. Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez également toutes les informations sur l'[assemblée générale copropriété obligatoire : fréquence, délais et règles](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-obligatoire/). Concrètement, une AGE répond à un besoin ponctuel : voter des travaux urgents, changer de syndic en cours de mandat, autoriser une action en justice. La procédure de convocation est identique à celle d'une AG annuelle. Ce qui change, c'est le déclencheur de la demande et le délai imposé au syndic pour y donner suite. > 📌 Important : Le terme « extraordinaire » n'emporte aucune conséquence juridique particulière. Les règles de majorité dépendent de la nature de chaque résolution, pas du type d'assemblée. ### Pourquoi parle-t-on d'assemblée générale extraordinaire ? L'expression s'est imposée dans la pratique des syndics et des conseils syndicaux pour désigner toute convocation qui sort du cycle annuel obligatoire. Elle permet de signaler aux copropriétaires que la réunion ne porte pas sur les comptes annuels mais sur un sujet spécifique et souvent pressant. Cette terminologie facilite aussi la gestion administrative : un syndic qui reçoit une demande d'AGE sait immédiatement qu'il doit agir dans le délai contraint de deux mois, là où l'AG annuelle obéit à un calendrier prévisible. Dans les faits, c'est le caractère impromptu de la convocation qui justifie l'appellation, pas un régime dérogatoire. ### Les cas qui justifient une convocation urgente Une AGE se justifie dès qu'une décision ne peut pas attendre la prochaine AG annuelle sans conséquences pour la copropriété. Les motifs les plus fréquents : - **Travaux urgents** : une infiltration en toiture, une panne d'ascenseur nécessitant un remplacement, un ravalement de façade imposé par un arrêté municipal. - **Changement de syndic en cours de mandat** : lorsque le syndic démissionne, que son contrat arrive à échéance avant l'AG annuelle, ou que les copropriétaires souhaitent le révoquer. - **Actions en justice** : autoriser le syndic à agir contre un tiers (constructeur, voisin) ou un copropriétaire. - **Décision financière urgente** : emprunt collectif, appel de fonds exceptionnel pour des travaux non budgétés. L'intérêt d'une AGE n'est jamais théorique. Si le toit fuit en septembre et que l'AG annuelle est en mars, attendre six mois aggraverait les dégâts et le coût final. ## Qui peut demander la convocation d'une assemblée générale extraordinaire ? Deux catégories de personnes peuvent exiger du syndic qu'il convoque une AGE. La première est le conseil syndical, qui dispose d'un pouvoir étendu : il peut demander la convocation sans avoir à justifier d'un quelconque seuil de voix. Une simple délibération du conseil suivie d'une lettre recommandée au syndic suffit. La seconde catégorie regroupe les copropriétaires agissant sans l'intermédiaire du conseil syndical. La loi leur impose des conditions strictes, destinées à éviter les demandes isolées ou abusives qui paralyseraient le fonctionnement de la copropriété. L'erreur classique consiste à croire qu'une simple pétition ou un courrier groupé suffit. Sans le respect des quatre conditions cumulatives, la demande est juridiquement irrecevable et le syndic n'a aucune obligation d'y donner suite. Le [conseil syndical](/syndic/conseil-syndical-copropriete-composition-election-2026/) peut ainsi être un atout majeur pour simplifier et accélérer les démarches. > ⚠️ Attention : Ne pas réunir le bon seuil de tantièmes rend la demande irrecevable. Si vous lancez la procédure sans vérifier ce point, vous perdez du temps : le syndic peut légalement ignorer votre courrier, et il faudra tout recommencer depuis le début. ### Les 4 conditions cumulatives selon service-public.fr La fiche F2615 du site service-public.fr détaille les quatre conditions que tout copropriétaire demandeur doit remplir simultanément : 1. **Être copropriétaire** de l'immeuble concerné, ce qui suppose de figurer sur l'état descriptif de division et de détenir au moins un lot. 2. **Justifier d'au moins 25 % des voix** (tantièmes) du syndicat des copropriétaires. Ce seuil s'apprécie sur la totalité des voix de la copropriété, pas seulement sur les copropriétaires présents ou répondants. 3. **Adresser la demande par lettre recommandée avec accusé de réception** au syndic. Un simple email ou un courrier simple n'a aucune valeur juridique pour déclencher l'obligation de convocation. 4. **Indiquer précisément les questions** que l'on souhaite voir inscrites à l'ordre du jour de l'AGE. Le syndic ne peut pas deviner ce que vous voulez faire voter. Ces quatre conditions sont cumulatives. Si l'une d'elles manque, la demande n'oblige pas le syndic à convoquer. ### Le rôle du conseil syndical pour simplifier la demande Le conseil syndical est dispensé de justifier du seuil de 25 % des voix. C'est un levier puissant, souvent sous-utilisé. Si vous êtes copropriétaire mais que vous ne parvenez pas à réunir le quart des tantièmes, solliciter le conseil syndical est la voie la plus rapide. En pratique, le conseil délibère, prend position sur l'opportunité d'une AGE, et s'il décide d'agir, adresse lui-même la demande au syndic. Le syndic est alors tenu de convoquer dans les deux mois, comme pour toute demande régulière. Cette voie présente un double avantage : elle supprime l'obstacle du seuil et donne un poids supplémentaire à la demande face au syndic. ### Le seuil de tantièmes requis pour les copropriétaires Le seuil de 25 % se calcule sur l'ensemble des voix du syndicat, c'est-à-dire la somme totale des tantièmes de copropriété. Pour savoir combien de voix vous détenez, consultez le règlement de copropriété ou l'état descriptif de division : chaque lot se voit attribuer un nombre de tantièmes, généralement exprimé en millièmes. Si vous êtes plusieurs copropriétaires à vouloir déclencher l'AGE, additionnez vos tantièmes respectifs. Un exemple : dans une copropriété totalisant 10 000 tantièmes, il faut que le ou les demandeurs cumulent au moins 2 500 tantièmes. Une fois ce seuil atteint, vous pouvez envoyer la LRAR au syndic en joignant le décompte des voix qui justifie votre demande. Ce décompte n'a pas besoin d'être notarié, mais il doit être sincère et vérifiable par le syndic. ## Comment rédiger et envoyer sa demande au syndic : le pas-à-pas La demande de convocation d'une AGE est un acte juridique qui fixe le point de départ du délai légal de deux mois. Sa rédaction mérite donc une attention particulière. Un courrier incomplet ou mal formulé peut être contesté par le syndic et retarder toute la procédure. Le support obligatoire est la lettre recommandée avec accusé de réception. Ce n'est pas une option : l'article 8 du décret du 17 mars 1967 conditionne expressément l'obligation de convocation à la première présentation d'une LRAR. Un courriel, même avec accusé de lecture, ne déclenche aucun délai. Conservez précieusement l'avis de réception et l'avis de première présentation : ces documents constituent la preuve de la date à laquelle le délai de deux mois a commencé à courir. Une fois le courrier envoyé, ne restez pas passif. Notez la date de première présentation et calculez immédiatement la date butoir à laquelle le syndic doit avoir envoyé les convocations. Cette anticipation vous permettra de réagir sans délai en cas de silence. ### Les mentions indispensables dans votre courrier LRAR Votre courrier doit comporter quatre blocs d'informations pour être juridiquement recevable : - **Votre identité et qualité de copropriétaire** : nom, prénom, adresse, désignation du ou des lots détenus. - **La preuve du seuil de 25 % des voix** : indiquez le total des tantièmes de la copropriété, le nombre de tantièmes que vous détenez (seul ou avec les autres demandeurs), et le calcul montrant que vous atteignez le quart des voix. Si vous agissez via le conseil syndical, mentionnez votre qualité de membre du conseil et joignez la délibération. - **L'ordre du jour souhaité** : formulez chaque point de façon précise et opérationnelle. Le syndic doit pouvoir rédiger la convocation sans ambiguïté. - **Le rappel de l'obligation légale** : citez l'obligation de convocation sous deux mois prévue par la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967. ### Ordre du jour : comment formuler vos points de façon recevable L'ordre du jour que vous proposez engage la régularité de toute l'AGE. Un point mal libellé expose la résolution correspondante à une annulation ultérieure par le tribunal judiciaire. Quelques règles de rédaction : chaque point doit décrire l'objet de la décision sans équivoque. Préférez « Autorisation à donner au syndic pour faire réaliser les travaux de réfection de la toiture du bâtiment A, pour un montant maximum de 45 000 € TTC » à « Travaux toiture ». Le second libellé est trop vague : les copropriétaires ne sauront pas ce sur quoi ils votent, et le syndic pourrait en profiter pour faire passer des prestations non souhaitées. Si vous avez un doute sur la formulation juridique adéquate, le site service-public.fr propose des modèles dans ses fiches dédiées à la copropriété. Pour les sujets complexes (modification du règlement de copropriété, fusion de lots), un conseil auprès d'un avocat spécialisé peut éviter des nullités coûteuses. > 💡 À noter : Vous pouvez aussi, en cours d'année, [ajouter une question à l'ordre du jour d'une AG de copropriété](/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/) déjà convoquée, sous certaines conditions de délai. Cette voie est complémentaire à la demande d'AGE. ## Délai légal : le syndic a 2 mois pour convoquer après votre demande Le délai de deux mois est le pilier du droit des copropriétaires à obtenir une AGE. La loi du 10 juillet 1965 est claire : le syndic doit convoquer l'assemblée générale dans ce délai à compter de la première présentation de la lettre recommandée. Ce n'est pas la date d'envoi ni la date de réception effective qui comptent, mais la date à laquelle le facteur s'est présenté une première fois au domicile du syndic. Comprendre les règles et les délais est crucial pour obtenir gain de cause, notamment le [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire en copropriété](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/). Cette nuance est importante. Un syndic peut tarder à retirer le recommandé : la première présentation a tout de même eu lieu, et le délai court. Conservez l'avis de passage ou la preuve de dépôt : ce sont vos meilleurs alliés si le syndic conteste la date de point de départ. Passé le délai de deux mois sans convocation, le syndic est en faute. Vous pouvez alors engager la procédure de recours décrite plus bas. Le non-respect de ce délai peut également constituer un motif de révocation du syndic pour manquement à ses obligations légales. ### Calculer la date limite de convocation par le syndic Prenons un cas concret. Vous postez votre LRAR le lundi 3 mars 2026. Le facteur se présente au cabinet du syndic le mardi 4 mars : c'est la date de première présentation. Le syndic a jusqu'au lundi 5 mai 2026 inclus pour envoyer les convocations à l'ensemble des copropriétaires. Ce délai de deux mois se calcule de date à date : du 4 mars au 4 mai. Si le 4 mai tombe un dimanche ou un jour férié, le délai est reporté au premier jour ouvrable suivant. Dans notre exemple, le 4 mai 2026 est un lundi, donc la date butoir est bien le 4 mai, portée au 5 mai selon la computation exacte du délai. Attention à ne pas confondre la date d'envoi de la convocation et la date de tenue de l'AGE. Le syndic doit avoir envoyé les convocations avant la date butoir. L'assemblée elle-même peut se tenir plus tard, dans le respect du préavis de 21 jours. ### Le délai de 21 jours entre convocation et tenue de l'AG Une fois la convocation envoyée par le syndic, un préavis minimum de 21 jours francs doit s'écouler avant la tenue de l'assemblée. Ce délai, commun à toutes les AG, permet aux copropriétaires de préparer leur vote, de consulter les documents joints et, le cas échéant, de donner mandat. Dans notre exemple : si le syndic envoie les convocations le 2 mai 2026, l'AGE ne peut pas se tenir avant le 23 mai 2026. Le syndic doit également joindre à la convocation tous les documents nécessaires à l'information des copropriétaires : devis, contrats, rapports techniques selon les points inscrits à l'ordre du jour. Les conséquences d'un non-respect du délai de 21 jours sont détaillées dans notre article sur la [convocation hors délai et ses conséquences](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/). Une convocation tardive peut entraîner l'annulation des décisions prises. ## Que faire si le syndic refuse ou ne répond pas ? Le silence du syndic à l'expiration du délai de deux mois n'est pas un mur infranchissable. La loi prévoit une voie de recours, par paliers successifs. L'objectif est d'obtenir la convocation, pas d'entrer dans un conflit stérile. Premier réflexe : vérifiez que votre demande était bien régulière. Avez-vous bien envoyé une LRAR ? Avez-vous justifié du seuil de 25 % des voix ou agi via le conseil syndical ? Si un élément manque, corrigez-le avant d'aller plus loin. Une mise en demeure ou une saisine judiciaire fondée sur une demande irrégulière sera rejetée. Si le syndic ne respecte pas ces délais, il est possible d'engager des recours pour une [assemblée générale copropriété non tenue : vos recours](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-non-tenue/). Si votre demande est irréprochable, passez à l'étape suivante sans attendre. Chaque semaine de retard est une semaine où la décision urgente qui motive l'AGE n'est pas prise : et où la situation (travaux, litige, vacance du syndic) s'aggrave. > 💡 À noter : Le conseil syndical peut jouer un rôle décisif à ce stade. Même s'il n'est pas à l'origine de la demande, il peut appuyer votre démarche par un courrier conjoint ou une délibération. Un syndic confronté à un front uni du conseil syndical et des copropriétaires est plus enclin à s'exécuter sans recours judiciaire. ### La mise en demeure : première étape avant tout recours La mise en demeure est une lettre recommandée avec AR qui rappelle au syndic son obligation légale et l'informe que vous engagerez une procédure judiciaire s'il ne s'exécute pas dans un délai que vous fixez. Ce courrier n'est pas obligatoire au sens strict, mais il est fortement recommandé. Pourquoi ? D'abord parce qu'il peut suffire à débloquer la situation : un syndic qui réalise que l'affaire va atterrir devant le tribunal judiciaire préfère souvent convoquer l'AGE plutôt que d'exposer la copropriété à des frais et à une publicité défavorable. Ensuite, parce que le juge appréciera que vous ayez tenté une résolution amiable avant de le saisir. Votre mise en demeure doit mentionner la date de votre demande initiale, le délai de deux mois écoulé, et le délai supplémentaire que vous accordez (quinze jours sont raisonnables). Conservez tous les justificatifs d'envoi et de réception. ### Saisir le tribunal judiciaire pour forcer la convocation Si la mise en demeure reste sans effet, la saisine du président du tribunal judiciaire est la voie de droit. Deux procédures sont possibles : la requête (lorsque vous agissez seul, sans contradicteur) ou l'assignation (lorsque le syndic est appelé à se défendre). Le choix dépend de la configuration et des pratiques de votre tribunal. Le président du tribunal judiciaire, statuant en référé ou sur requête, peut ordonner la convocation de l'AGE. Il peut également désigner un mandataire chargé de convoquer l'assemblée à la place du syndic défaillant, et assortir sa décision d'une astreinte : une somme due par le syndic par jour de retard. Cette procédure n'est pas anodine. Elle implique des frais (huissier, avocat éventuel) et un délai de plusieurs semaines. Raison de plus pour soigner votre demande initiale et privilégier la voie amiable. Pour les situations complexes, le conseil d'un avocat spécialisé en droit de la copropriété est recommandé. ## Déroulement de l'AGE : ce qui change par rapport à une AG annuelle Une fois la convocation obtenue, le déroulement de l'AGE suit les mêmes règles que toute assemblée générale de copropriété. La loi du 10 juillet 1965 ne prévoit aucun régime dérogatoire. Le syndic assure la présidence (sauf si sa révocation est à l'ordre du jour), la feuille de présence est émargée, chaque résolution est mise aux voix. Ce que les copropriétaires perçoivent parfois comme une différence tient au contexte : une AGE se tient souvent dans une atmosphère plus tendue, sur un sujet unique qui cristallise les oppositions. Mais juridiquement, tous les garde-fous habituels s'appliquent : information préalable, droit de mandat, règles de majorité, rédaction du procès-verbal, délai de contestation. > 📌 Important : Une AGE ne permet pas de contourner les règles de majorité. Un vote qui requiert la double majorité en AG annuelle la requiert aussi en AGE. La nature de la décision dicte la règle, pas le type d'assemblée. ### Les règles de vote applicables lors d'une AGE Les majorités requises dépendent exclusivement de l'objet de chaque résolution, selon la grille prévue par la loi du 10 juillet 1965. La majorité simple (article 24) s'applique aux décisions de gestion courante. La majorité absolue (article 25) concerne les décisions importantes comme la désignation ou la révocation du syndic. La double majorité (article 26) est réservée aux actes graves : modification du règlement de copropriété, suppression du poste de concierge, etc. Pour un rappel complet de ces mécanismes, consultez notre guide sur les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Un copropriétaire qui maîtrise ces règles est mieux armé pour anticiper l'issue des votes et adapter sa stratégie. ### Le procès-verbal : rédaction et délai de contestation Le procès-verbal de l'AGE est rédigé par le syndic (ou par le secrétaire de séance) dans les mêmes conditions que pour une AG annuelle. Il doit relater fidèlement les délibérations, mentionner le résultat de chaque vote (nombre de voix pour, contre, abstentions) et être notifié aux copropriétaires. Le délai de contestation est de **deux mois** à compter de la notification du PV. Ce délai s'applique aux copropriétaires opposants (ceux qui ont voté contre la résolution) et aux copropriétaires défaillants (absents non représentés). Un copropriétaire qui a voté pour ne peut pas contester la décision, sauf vice du consentement. Pour un modèle complet et les règles de notification, consultez notre article sur le [modèle de procès-verbal d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/). Le PV est la pièce maîtresse en cas de contentieux. Vérifiez-le attentivement dès réception et ne laissez pas passer le délai de deux mois si vous envisagez un recours. > **Points clés** > > - Le conseil syndical peut exiger une AGE sans condition de tantièmes, par simple LRAR au syndic. > - Les copropriétaires doivent détenir au moins 25 % des voix et remplir 4 conditions cumulatives (service-public.fr, F2615). > - Le syndic a 2 mois après la première présentation de la LRAR pour convoquer l'assemblée (loi du 10 juillet 1965). > - Le préavis de convocation est de 21 jours minimum, comme pour toute AG. > - En cas de refus du syndic, une mise en demeure puis une saisine du tribunal judiciaire permettent de forcer la convocation. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000880200/LEGISCTA000006118836/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35288)

Fiche pratique

Qui peut demander une AGELe conseil syndical (sans condition de seuil) ou un/plusieurs copropriétaires détenant au moins 25 % des voix
4 conditions cumulatives (copropriétaires)Être copropriétaire, justifier du seuil de 25 % de tantièmes, envoyer une LRAR au syndic, inscrire les questions à l'ordre du jour
Délai légal du syndic2 mois à compter de la 1ʳᵉ présentation de la LRAR (loi n° 65-557 du 10 juillet 1965)
Préavis de convocation21 jours minimum entre l'envoi de la convocation et la tenue de l'AGE
Recours si refus du syndicMise en demeure par LRAR, puis saisine du président du tribunal judiciaire
Délai de contestation des décisions2 mois à compter de la notification du PV (copropriétaires opposants ou défaillants)
Texte de référenceLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965 et décret n° 67-223 du 17 mars 1967
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Petite copropriété sans règlement : ce que dit la loi URL: https://copro-guide.fr/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/ Catégorie: litiges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-25 Mot-clé ciblé: petite copropriété sans règlement Votre petite copropriété n'a pas de règlement ? La loi de 1965 s'applique automatiquement. Droits, obligations, syndic, AG, travaux : le guide complet 2026. **Dans une petite copropriété sans règlement, la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 s'applique par défaut. Elle impose des obligations comme la désignation d'un syndic et la tenue d'une AG annuelle. L'absence de règles écrites sur la répartition des charges et l'usage des parties communes est une source fréquente de litiges.** Posséder un appartement dans une petite copropriété sans règlement peut sembler simple, mais cette situation est juridiquement précaire. En l'absence de document écrit, c'est l'intégralité de la loi du 10 juillet 1965 qui s'applique par défaut et fait office de statut. Elle impose des obligations strictes, comme la tenue d'une assemblée générale annuelle et la désignation d'un syndic, même pour un immeuble de deux lots. Ne pas respecter ce cadre légal expose les copropriétaires à des risques de blocage et de litiges coûteux. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Même sans règlement écrit, la loi du 10 juillet 1965 s'applique et régit la copropriété. > - La désignation d'un syndic et la tenue d'une assemblée générale annuelle sont obligatoires. > - L'absence d'une clé de répartition des charges écrite est une source majeure de conflits. > - Établir un règlement nécessite un vote à la double majorité en AG et un acte notarié. > - Un professionnel (notaire, avocat) doit être consulté pour régulariser la situation et éviter les litiges. ## Qu'est-ce qu'une copropriété sans règlement, et est-ce légal ? Une copropriété prend naissance dès lors qu'un immeuble est divisé en lots appartenant à au moins deux propriétaires distincts. L'absence de règlement écrit ne change rien à son existence légale. Fréquente dans les petits immeubles (2 à 5 lots) issus de divisions anciennes ou familiales, cette situation n'est pas "illégale" en soi, mais elle crée une insécurité juridique. En effet, la loi considère que le statut de la copropriété, régi par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, s'applique de plein droit. Ce texte agit comme un socle minimal, un "règlement supplétif" qui vient combler le vide laissé par l'absence de document contractuel. Chaque copropriétaire doit comprendre que même sans avoir signé de règlement, il est tenu par des obligations légales précises. Loin d'être une zone de non-droit où "tout se décide à l'amiable", la petite copropriété sans règlement est un régime légal à part entière, avec ses contraintes et ses règles impératives. Ignorer ce cadre, c'est s'exposer à des conflits sur la répartition des charges, l'usage des parties communes ou la validation des décisions. La régularisation par la rédaction d'un règlement reste donc la voie la plus sûre pour pérenniser la gestion de l'immeuble. ### La définition légale du règlement de copropriété Le règlement de copropriété est un document essentiel qui régit la vie de l'immeuble, et il est important de bien comprendre ses implications, notamment pour ce qui est du [règlement de copropriété 2026 : droits et obligations](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/). Le règlement de copropriété est le document contractuel qui organise la vie de l'immeuble. Il est obligatoire et doit, en principe, être établi lors de la mise en copropriété. Il contient deux parties essentielles : - **L'état descriptif de division** : Il identifie chaque lot par un numéro, précise sa localisation dans l'immeuble et lui attribue une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes. - **Les clauses sur la vie de l'immeuble** : Elles définissent les droits et obligations des copropriétaires, précisent la destination de l'immeuble (habitation, commerce...), et fixent les règles d'administration des parties communes ainsi que la clé de répartition des charges. ### Pourquoi certaines petites copropriétés n'en ont pas L'absence de règlement se rencontre surtout dans des configurations spécifiques. Il s'agit souvent d'immeubles anciens qui n'ont jamais été formellement mis en copropriété après une succession, ou de petites structures où les propriétaires initiaux, souvent des membres de la même famille, ont négligé cette formalité, pensant pouvoir tout gérer par des accords verbaux. Parfois, le document original a été perdu et n'a jamais été publié au service de la publicité foncière, le rendant inopposable aux nouveaux acquéreurs. Cette situation, bien que compréhensible, devient une source de blocage dès qu'un lot est vendu ou qu'un désaccord apparaît. ### Le régime supplétif de la loi de 1965 Lorsqu'aucun règlement n'a été établi, la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967 s'imposent comme le cadre légal par défaut. Ce régime supplétif signifie que toutes les dispositions d'ordre public de la loi s'appliquent automatiquement. Cela inclut l'obligation de nommer un syndic, de tenir une assemblée générale annuelle, de participer aux charges communes selon ses tantièmes, et de respecter les règles de majorité pour les votes. Aucun copropriétaire ne peut se prévaloir de l'absence de règlement pour se soustraire à ces obligations fondamentales. ## Les règles qui s'appliquent de toute façon, règlement ou pas L'absence de règlement écrit ne dispense la copropriété d'aucune de ses obligations légales fondamentales. Ces règles, issues de la loi de 1965, sont d'ordre public et s'appliquent à tous, garantissant un fonctionnement minimal de l'immeuble. Les ignorer peut entraîner des sanctions ou la nullité des décisions prises. Il est donc essentiel pour chaque copropriétaire d'en connaître la teneur pour agir en conformité avec le droit. Cela concerne aussi bien la gestion administrative et financière que la planification des travaux nécessaires à la conservation du bâtiment. Chaque copropriétaire a donc intérêt à s'assurer que ces règles sont respectées pour éviter des litiges futurs. Voir aussi notre article [modification du règlement de copropriété : procédure](/assemblee/modification-reglement-copropriete-guide/). Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [non-respect du règlement de copropriété : quelles sanctions](/litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/). Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [règlement intérieur copropriété : ce qu'il peut (et ne peut](/litiges/reglement-interieur-copropriete-guide/). Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [modèle règlement de copropriété 2026 : clauses obligatoires](/charges/modele-reglement-copropriete/). Sur le même sujet, notre article [règlement de copropriété gratuit : 4 démarches](/charges/reglement-copropriete-gratuit/) complète cette analyse. ### Le syndic : obligatoire même sans règlement écrit Toute copropriété, même avec deux lots et sans règlement, doit avoir un syndic. Selon le site officiel service-public.fr (2026), le syndic est l'organe qui représente légalement le syndicat des copropriétaires, gère l'administration et les finances de l'immeuble. Il peut être un professionnel ou un copropriétaire agissant en tant que syndic bénévole. Sa désignation doit faire l'objet d'un vote en assemblée générale à la majorité absolue de l'article 25 de la loi. Sans syndic, aucune décision ne peut être exécutée, les contrats (assurance, entretien) ne peuvent être souscrits et la copropriété est paralysée. En cas de blocage, tout copropriétaire peut demander au tribunal de désigner un administrateur provisoire. ### L'assemblée générale annuelle : une obligation légale La loi impose la tenue d'au moins une assemblée générale (AG) par an, comme le rappelle service-public.fr (2026). C'est l'organe décisionnel de la copropriété où sont votées toutes les questions importantes : budget, approbation des comptes, travaux, désignation du syndic. Même en l'absence de règlement fixant les modalités, les règles de convocation (lettre recommandée, délai) et de vote prévues par la loi de 1965 doivent être scrupuleusement respectées. Les procès-verbaux d'AG sont les seuls documents qui prouvent la légalité des décisions prises. Comprendre les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) est donc fondamental. ### Fonds de travaux et plan pluriannuel de travaux (PPT) Depuis la loi ALUR, deux outils sont devenus obligatoires pour anticiper les grosses dépenses. Le fonds de travaux, rappelé par service-public.fr (2026), est une cotisation annuelle obligatoire (au moins 5 % du budget prévisionnel) versée par chaque copropriétaire pour financer les travaux futurs. Par ailleurs, pour les immeubles de plus de quinze ans, un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) est requis. Selon service-public.fr (2026), ce plan établit un échéancier de travaux nécessaires sur **10 ans** pour la sauvegarde de l'immeuble. Ces deux dispositifs s'appliquent même sans règlement de copropriété. ### Cas pratique : un immeuble de 3 lots face à des travaux de rénovation Prenons un cas concret : un petit immeuble de 3 lots à Paris, sans règlement, doit réaliser des travaux d'accessibilité (rampe d'accès, élargissement des portes) pour un coût total de **60 000 €**. Les copropriétaires découvrent l'aide MaPrimeRénov' Copropriété. - **Calcul de l'aide** : Selon economie.gouv.fr (2026), cette aide finance **50 %** des travaux d'accessibilité dans la limite de **20 000 €** par logement. Ici, l'assiette des travaux est de 60 000 €, soit 20 000 € par lot. L'aide sera donc de 50 % de 60 000 €, soit **30 000 €**. - **Bonus possible** : L'immeuble a un copropriétaire qui ne paie plus ses charges, représentant 10 % d'impayés sur le budget annuel. Selon service-public.fr (2026), si le taux d'impayés est d'au moins **8 %**, la copropriété est considérée comme "fragile" et peut bénéficier d'un bonus de **20 %** sur l'aide. L'aide passerait de 30 000 € à 36 000 €. - **Décision** : Pour en bénéficier, les copropriétaires doivent d'abord faire immatriculer la copropriété, désigner un syndic en AG, puis voter les travaux à la majorité requise. L'absence de règlement ne bloque pas l'aide, mais impose de suivre scrupuleusement la procédure légale. ## Les 3 zones de friction propres aux petites copropriétés sans règlement Si la loi de 1965 fournit un cadre général, l'absence de règlement écrit crée des zones grises qui sont des sources de conflits récurrents, particulièrement dans les petites structures où les relations de voisinage sont directes. Ces points de friction concernent des aspects très concrets de la vie quotidienne de l'immeuble. Les copropriétaires se retrouvent démunis, sans document de référence pour arbitrer leurs différends. La situation peut rapidement dégénérer, passant d'un simple désaccord à un litige juridique complexe et coûteux. Anticiper ces problèmes est la meilleure raison d'établir un règlement formel. ### Répartition des charges sans clé écrite C'est le conflit le plus courant. Le règlement de copropriété fixe la "clé de répartition" des charges, distinguant les charges générales (liées à la conservation, l'entretien et l'administration) des charges spéciales (liées aux services collectifs et équipements communs). Sans ce document, la loi impose une répartition selon les tantièmes pour les charges générales et selon le critère de l'utilité pour les charges spéciales. > 📌 Important : Le critère de l'utilité (par exemple, un copropriétaire du rez-de-chaussée ne paie pas pour l'ascenseur) est subjectif et difficile à appliquer sans une définition claire dans un règlement. Cela mène quasi systématiquement à des contestations sur la juste [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ### Usage des parties communes : qui décide quoi ? Le couloir peut-il servir à entreposer une poussette ? Le petit jardin commun peut-il être utilisé pour des barbecues ? Qui paie l'électricité de la cave commune ? Sans règlement, aucune règle n'est définie. La loi précise que l'usage des parties communes est libre, à condition de ne pas porter atteinte aux droits des autres copropriétaires ni à la destination de l'immeuble. Cette définition très large ouvre la porte à tous les abus et interprétations. Un règlement permet de fixer des règles claires et objectives, acceptées par tous, sur l'usage du hall, de la cour, des locaux communs ou des places de stationnement. ### Erreur courante : croire que la majorité des tantièmes suffit à tout décider seul > ⚠️ Attention : L'erreur classique dans une petite copropriété (par exemple à 2 ou 3 propriétaires) est de croire que celui qui détient la majorité des tantièmes (plus de 50 %) peut décider de tout, seul. C'est totalement faux. La loi de 1965 impose des majorités spécifiques selon la nature des décisions (majorité simple, absolue, double majorité, unanimité). Même en détenant 60 % des tantièmes, un copropriétaire ne peut pas décider seul de travaux importants qui requièrent la double majorité de l'article 26. S'il le fait, sa décision peut être annulée en justice par un autre copropriétaire dans un délai de deux mois après la notification du procès-verbal de l'AG. Cette méconnaissance des règles de vote est un piège juridique coûteux. ## Comment régulariser la situation : établir un règlement de copropriété Face aux risques de conflits et de blocages, la seule solution pérenne est d'établir un règlement de copropriété. Cette démarche, bien que nécessitant un investissement initial, sécurise la gestion de l'immeuble, clarifie les droits et obligations de chacun, et facilite les transactions futures. Elle met fin à l'insécurité juridique et permet d'administrer le bien sur des bases saines et incontestables. Le processus est encadré par la loi et requiert l'intervention de professionnels pour garantir sa validité. Il s'agit d'un acte fondateur pour la copropriété. ### Qui peut prendre l'initiative d'établir un règlement ? L'initiative peut venir de n'importe quel copropriétaire. Souvent, c'est le syndic (bénévole ou professionnel) qui, constatant les difficultés de gestion, propose l'établissement d'un règlement. Un copropriétaire seul peut également demander que la question soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Pour ce faire, il est recommandé de mandater un professionnel (notaire, géomètre-expert, avocat spécialisé) pour rédiger un projet de règlement qui sera ensuite soumis au vote. Ce projet inclura l'état descriptif de division avec le calcul des tantièmes pour chaque lot. ### Quelle majorité pour voter l'adoption d'un règlement ? L'adoption d'un règlement de copropriété est un acte majeur qui modifie le statut de l'immeuble. À ce titre, son adoption en assemblée générale requiert, selon l'article 26 de la loi de 1965, une "double majorité". Cela signifie que le vote favorable doit réunir deux conditions simultanément : 1. La majorité de tous les copropriétaires (présents, représentés ou absents). 2. Cette majorité doit représenter au moins les deux tiers des voix (des tantièmes) de l'ensemble de la copropriété. L'obtention de cette majorité peut être difficile dans une situation conflictuelle, ce qui souligne l'importance d'une démarche consensuelle. Consulter un guide sur le [contenu et la modification du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/) peut aider à préparer le projet. ### Le rôle du notaire et la publication obligatoire Une fois le règlement voté en assemblée générale, il doit obligatoirement faire l'objet d'un acte authentique rédigé par un notaire. Le notaire vérifie la conformité légale du document et la régularité du vote de l'AG. C'est lui qui se charge ensuite de la formalité la plus importante : la publication du règlement au service de la publicité foncière (anciennement "bureau des hypothèques"). Cette publication est cruciale, car c'est elle qui rend le règlement opposable à tous, y compris aux futurs acquéreurs qui ne pourraient pas prétendre l'ignorer. Sans cette publication, le règlement n'a de valeur qu'entre les signataires. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2608) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36760) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37827) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Règlement de copropriété 2026 : contenu, modification URL: https://copro-guide.fr/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-23 Mot-clé ciblé: copropriété règlement Qu'est-ce que le règlement de copropriété, que contient-il et comment le modifier ? Guide 2026 pour comprendre vos droits et obligations en copropriété. **Le règlement de copropriété est le document juridique obligatoire qui fixe les règles de fonctionnement d'un immeuble et les droits et devoirs de chaque propriétaire. Il définit les parties communes et privatives, la destination de l'immeuble et les clés de répartition des charges. Sa consultation est essentielle avant tout achat.** Véritable constitution de votre immeuble, le règlement de copropriété est le document qui fixe les droits et obligations de chaque propriétaire. Il définit l'organisation et le fonctionnement de la copropriété, de la répartition des charges à l'usage des parties communes et privatives. Sa lecture attentive est indispensable avant tout achat ou projet de travaux pour éviter les mauvaises surprises. Ce guide détaille son contenu, sa valeur juridique et les procédures pour le modifier en 2026. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le règlement de copropriété est un document juridique obligatoire qui régit la vie de l'immeuble et s'impose à tous les propriétaires et locataires. > - Il contient la définition des parties privatives et communes, la destination de l'immeuble et les règles de répartition des charges. > - Toute modification du règlement nécessite un vote en assemblée générale, le plus souvent à la double majorité de l'article 26. > - La jurisprudence récente (Cour de cassation, mars 2026) confirme que ses clauses sont opposables à l'acquéreur dès la publication, même s'il ne l'a pas lu. > - Le syndic et le Registre national d'immatriculation des copropriétés sont les deux sources principales pour consulter ou obtenir une copie du règlement. ## Qu'est-ce que le règlement de copropriété et pourquoi est-il obligatoire ? Le règlement de copropriété est l'acte fondateur qui organise la vie collective au sein d'un immeuble. Ce document juridique, obligatoire dès la mise en place du statut de la copropriété, s'apparente à une charte des droits et devoirs des copropriétaires. Il est généralement rédigé par un notaire ou un géomètre-expert au moment de la division de l'immeuble en lots. Sa publication au service de la publicité foncière le rend opposable à tous, y compris aux futurs acquéreurs et locataires. Son rôle principal est de fixer les règles du jeu pour garantir une vie en communauté paisible et une gestion claire du bâtiment. Il est encadré par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 et son décret d'application. Sans ce document, la gestion de l'immeuble serait impossible, car il contient des éléments aussi essentiels que la définition des lots, des parties communes ou les clés de répartition des charges. C'est sur sa base que le syndic peut agir pour recouvrer les impayés ou faire cesser un trouble. ### Règlement de copropriété vs règlement intérieur : deux documents distincts Il est crucial de ne pas confondre le règlement de copropriété avec le règlement intérieur. Le premier a une valeur contractuelle et juridique forte, définissant la structure même de la copropriété (charges, lots, destination). Sa modification est complexe et requiert un vote à des majorités qualifiées en assemblée générale. Le règlement intérieur, quant à lui, est un document plus souple. Il traite des aspects pratiques de la vie quotidienne pour assurer la tranquillité, la sécurité et l'hygiène de l'immeuble. Il peut concerner les horaires de déménagement, l'utilisation du local à vélos, ou les règles de propreté des parties communes. Son adoption ou sa modification se vote généralement à la majorité simple de l'article 24, le rendant plus facile à adapter aux besoins courants des résidents. ### Quand le règlement est-il obligatoire ? L'établissement d'un règlement de copropriété est une obligation légale dès lors qu'un immeuble est divisé en lots appartenant à au moins deux propriétaires distincts. Cette obligation découle directement de la loi du 10 juillet 1965. Le document doit être mis en place avant la vente du tout premier lot de copropriété. Il est indissociable de l'état descriptif de division, qui identifie chaque lot par un numéro, précise sa localisation dans l'immeuble et lui attribue une quote-part des parties communes (exprimée en tantièmes). Ensemble, ces deux documents forment le socle juridique de l'immeuble. Tout acte de vente d'un lot doit obligatoirement y faire référence et en comporter une copie annexée. L'absence de règlement empêcherait toute vente et paralyserait la gestion de l'immeuble. ## Contenu obligatoire : ce que doit préciser votre règlement Défini par la loi du 10 juillet 1965, le contenu du règlement de copropriété est standardisé pour assurer une gestion cohérente et équitable. Il doit impérativement préciser plusieurs éléments structurants qui forment l'ADN de l'immeuble et conditionnent les droits et obligations de chacun. On y trouve la description détaillée de l'immeuble, la liste des lots, et surtout, les règles de vie et d'administration. L'état descriptif de division, bien que techniquement distinct, est une pièce annexée et indissociable. C'est lui qui identifie chaque lot (appartement, cave, parking) avec un numéro, sa situation, et sa quote-part des parties communes en tantièmes. Cette quote-part est déterminante, car elle sert de base au calcul des charges et au poids du vote de chaque copropriétaire en assemblée générale. Il est donc essentiel de comprendre ces éléments fondamentaux qui régissent votre quotidien de propriétaire. Notre dossier [modifier le règlement de copropriété : les 3 majorités](/charges/modificatif-reglement-copropriete-procedure-majorites/) approfondit cette question. Nous détaillons ce point dans [règlement intérieur copropriété : ce qu'il peut (et ne peut](/litiges/reglement-interieur-copropriete-guide/). Nous détaillons ce point dans [modèle règlement de copropriété 2026 : clauses obligatoires](/charges/modele-reglement-copropriete/). À lire aussi : [règlement de copropriété gratuit : 4 démarches](/charges/reglement-copropriete-gratuit/). Comprendre les règles de répartition des charges est essentiel pour tout copropriétaire. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur les [charges de copropriété : qui paie quoi en 2026 ?](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/). À lire aussi : [petite copropriété sans règlement : 5 règles de la loi 2026](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/). ### Parties privatives et parties communes : la distinction fondamentale Le règlement opère une distinction capitale entre ce qui est privatif et ce qui est commun. - **Les parties privatives** : Ce sont les parties des bâtiments et des terrains réservées à l'usage exclusif d'un copropriétaire déterminé. Il s'agit typiquement de l'intérieur de l'appartement (cloisons intérieures, revêtements de sol, équipements sanitaires), mais aussi d'une cave, d'un garage ou d'un grenier désigné comme tel. - **Les parties communes** : Elles sont à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétaires ou de plusieurs d'entre eux. La loi en dresse une liste non exhaustive : le sol, les cours, les parcs et jardins, les voies d'accès, le gros œuvre des bâtiments, les escaliers, les ascenseurs, les canalisations communes, etc. Le règlement peut affiner cette liste. Il peut aussi créer des "parties communes spéciales" (à l'usage exclusif de certains copropriétaires) ou des "parties communes à jouissance privative" (un balcon ou un jardin rattaché à un lot du rez-de-chaussée). ### Répartition des charges : les clés de calcul inscrites au règlement C'est l'un des points les plus importants et souvent sources de litiges. Le règlement doit fixer la quote-part des parties communes afférente à chaque lot et préciser la méthode de calcul pour la répartition des charges. Ces règles de répartition des charges en copropriété sont établies en fonction de critères objectifs définis par la loi. On distingue principalement deux types de charges : - **Les charges générales** : relatives à la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes (ravalement, assurance, honoraires du syndic). Elles sont réparties en fonction des tantièmes de chaque lot. - **Les charges spéciales** : liées aux services collectifs et aux équipements communs (chauffage, ascenseur, eau chaude). Leur répartition se fait selon le critère de "l'utilité objective" pour chaque lot. Par exemple, un propriétaire d'un lot au rez-de-chaussée ne paiera pas de charges d'ascenseur, sauf si celui-ci dessert sa cave ou son parking. Ces clés de répartition sont inscrites dans le règlement et ne peuvent être modifiées qu'à l'unanimité. Pour approfondir ce sujet, découvrez également comment [calculer la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ### Destination de l'immeuble : une clause qui conditionne tous les usages La clause sur la "destination de l'immeuble" est fondamentale car elle détermine l'usage qui peut être fait des parties privatives. Elle peut prévoir un usage : - **d'habitation exclusivement bourgeoise** : toute activité professionnelle, même libérale, est interdite. - **d'habitation bourgeoise** : les activités libérales (médecin, avocat, architecte) sont tolérées. - **mixte** : habitation et activités commerciales sont autorisées. - **commercial exclusif**. Cette clause a des conséquences très concrètes. Elle peut interdire la location meublée touristique de courte durée, l'installation d'un cabinet médical ou la transformation d'un appartement en bureau. Tout usage non conforme à la destination de l'immeuble est illicite et peut être stoppé par une action en justice du syndicat des copropriétaires. C'est l'une des premières clauses à vérifier avant un achat. ## Valeur juridique : le règlement s'impose à tous, y compris aux nouveaux acquéreurs Le règlement de copropriété n'est pas un simple guide de bonnes pratiques ; il a la force d'un contrat qui lie tous les copropriétaires entre eux. Dès sa publication au service de la publicité foncière, il devient opposable à tous, sans exception. Cela signifie que ses dispositions s'appliquent non seulement aux propriétaires initiaux mais aussi à tous les acquéreurs successifs, ainsi qu'à leurs locataires. Un nouveau propriétaire ne peut donc pas ignorer les clauses du règlement sous prétexte qu'il ne l'a pas lu avant d'acheter. La loi impose d'ailleurs la remise du règlement et de ses modificatifs lors de la signature de toute promesse de vente, comme le rappelle le portail du ministère de l'Économie (economie.gouv.fr, 2026). Cette force contractuelle est la garantie de la stabilité et de la pérennité des règles de vie commune. Prenons un cas concret : un graphiste indépendant achète un appartement au premier étage pour y établir son bureau et recevoir occasionnellement des clients. Après la signature de l'acte authentique, il découvre que le règlement de copropriété impose un "usage exclusivement bourgeois", interdisant toute activité professionnelle. Bien qu'il n'ait pas personnellement signé le règlement initial, ce dernier lui est pleinement opposable. Il ne pourra pas y exercer son activité professionnelle, sous peine de poursuites par le syndicat des copropriétaires. ### Le règlement est annexé à tout acte de vente : vos obligations à la signature L'importance du règlement est telle que la loi ALUR a renforcé l'information de l'acquéreur. Le vendeur a l'obligation de fournir un ensemble de documents avant la signature du compromis de vente, dont le règlement de copropriété et l'état descriptif de division, ainsi que tous les actes modificatifs publiés. Ces documents sont annexés à la promesse de vente. Cette obligation permet à l'acheteur de prendre connaissance de l'ensemble de ses futurs [droits et obligations issus du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/) en toute transparence. Il peut ainsi vérifier des points essentiels : la destination de l'immeuble est-elle compatible avec son projet ? Les charges sont-elles réparties équitablement ? Existe-t-il des clauses restrictives sur les travaux ou l'usage des parties communes ? Ignorer ces documents revient à signer un chèque en blanc sur ses conditions de vie futures. ### Ce que dit la jurisprudence récente sur la validité des clauses (Cass. 3e civ., 19 mars 2026) La Cour de cassation vient régulièrement préciser l'interprétation des clauses des règlements. Dans une décision importante, la troisième chambre civile a statué sur la validité de clauses potentiellement restrictives (Cour de cassation, 3e civ., 19 mars 2026, n°24-13.829, publié au bulletin). Cet arrêt rappelle qu'une clause n'est jugée illicite que si elle est contraire à une disposition d'ordre public de la loi de 1965. Concrètement, cela signifie que la liberté contractuelle dans la rédaction des règlements est grande. Une clause interdisant, par exemple, d'étendre du linge aux fenêtres ou d'installer des climatiseurs en façade sera généralement jugée valide si elle est justifiée par la destination de l'immeuble (par exemple, un immeuble de standing) et qu'elle ne porte pas une atteinte disproportionnée aux droits des copropriétaires. Cette jurisprudence (legifrance.gouv.fr, 2026) renforce la nécessité d'une lecture experte du règlement avant de s'engager. ## Comment modifier le règlement de copropriété ? Le règlement de copropriété n'est pas gravé dans le marbre. Les besoins des habitants et la législation évoluent, rendant parfois nécessaire sa modification. Cependant, en raison de sa nature contractuelle, cette adaptation est une procédure encadrée qui requiert l'accord d'une majorité qualifiée des copropriétaires réunis en assemblée générale. La modification peut viser à changer la destination de l'immeuble, à revoir la répartition des charges suite à la création ou suppression d'un lot, ou simplement à mettre le texte en conformité avec de nouvelles lois. Le processus débute par l'inscription du projet de modification à l'ordre du jour de l'assemblée générale. La nouvelle version du règlement, une fois votée, doit ensuite être publiée au service de la publicité foncière pour être opposable à tous. Cette procédure a un coût (honoraires de notaire, frais de publication) qui est réparti en charges communes. ### Modification volontaire : quelles majorités en assemblée générale ? La modification du règlement est une décision importante qui nécessite une majorité renforcée en assemblée générale. Les [règles de vote en assemblée générale](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) dépendent de la nature de la modification envisagée : - **La double majorité de l'article 26** est la plus fréquente. Elle est requise pour les modifications qui ne touchent pas à la destination de l'immeuble, comme la suppression d'une clause ou la modification des conditions de jouissance des parties privatives. Elle nécessite le vote favorable de la majorité des copropriétaires (en nombre) représentant au moins les deux tiers des voix (tantièmes). - **L'unanimité** est exigée pour les décisions les plus graves, notamment la modification de la répartition des charges (sauf si elle résulte de travaux ou d'une vente) ou la suppression d'un équipement collectif. - **La majorité absolue de l'article 25** peut suffire pour certaines adaptations, notamment celles rendues nécessaires par des évolutions législatives. ### Mise en conformité automatique après réforme législative : ce que peu de copropriétaires savent Peu de copropriétaires le savent, mais certaines lois nouvelles s'appliquent immédiatement à toutes les copropriétés, même si le règlement n'a pas été formellement mis à jour. La Cour de cassation a confirmé ce principe (Cass. 3e civ., 3 novembre 2016) : les dispositions législatives et réglementaires nouvelles qui sont d'ordre public prévalent sur les clauses contraires du règlement de copropriété. Par exemple, si une nouvelle loi impose l'installation de compteurs d'eau individuels, cette obligation s'applique même si le règlement ne le prévoit pas. Le syndic doit alors mettre en œuvre la loi. Si une clause du règlement est devenue illégale suite à une réforme, elle est "réputée non écrite" et ne peut plus être appliquée. Cependant, il reste fortement recommandé de procéder à une mise en conformité formelle du règlement par un vote en AG pour garantir sa clarté et sa sécurité juridique. ## Erreur courante : négliger le règlement lors d'un achat ou d'un projet de travaux L'une des erreurs les plus fréquentes est de considérer son appartement comme une entité totalement indépendante du reste de l'immeuble. Un copropriétaire, pensant être "chez lui", peut se lancer dans des projets de travaux ou d'aménagement sans consulter le document qui régit la vie de l'ensemble. Cette négligence peut pourtant avoir des conséquences financières et juridiques lourdes. Le règlement de copropriété contient très souvent des clauses spécifiques encadrant les travaux, même à l'intérieur des parties privatives, surtout s'ils sont susceptibles d'affecter les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble. De même, des usages du quotidien, qui paraissent anodins, peuvent être strictement réglementés. Ne pas lire ce document avant un achat ou avant de commencer des travaux est un risque majeur. ### Travaux non autorisés : risque de remise en état aux frais du copropriétaire Un propriétaire décide de percer un mur pour réunir deux pièces. Il pense qu'il s'agit d'une simple cloison, mais c'est en réalité un mur porteur, élément des parties communes. Le règlement de copropriété, ainsi que la loi, imposent dans ce cas une autorisation préalable de l'assemblée générale votée à la majorité absolue de l'article 25. En l'absence de cette autorisation, le syndicat des copropriétaires est en droit d'exiger en justice la remise en état des lieux aux frais exclusifs du copropriétaire fautif. Cette procédure peut s'avérer extrêmement coûteuse, bien plus que les travaux initiaux. Le juge ordonnera la reconstruction du mur, potentiellement sous astreinte (pénalité par jour de retard). Cela s'applique aussi aux changements de fenêtres, à la fermeture d'un balcon ou à la modification d'une porte palière. La question des autorisations de travaux est cruciale en copropriété. Pour plus de détails, n'hésitez pas à consulter notre article sur les [travaux en copropriété et la majorité de vote nécessaire](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/). ### Usages du quotidien également encadrés : l'exemple du barbecue sur balcon Le règlement ne se contente pas d'encadrer les grands travaux, il régit aussi de nombreux aspects de la vie quotidienne. L'usage du barbecue en est un exemple classique, souvent source de conflits de voisinage. De nombreux règlements de copropriété interdisent purement et simplement l'utilisation de barbecues (notamment à charbon) sur les balcons, terrasses ou dans les jardins privatifs, pour des raisons de sécurité incendie et de nuisances olfactives. Avant d'investir dans un appareil, il est indispensable de vérifier ce que dit le règlement. S'il l'interdit, l'utilisation du barbecue constitue une infraction. Un voisin ou le syndic peut exiger l'arrêt de ce trouble. Comme le rappellent des sources spécialisées (Boursorama, 2026), le règlement est la première source de droit à consulter sur ce sujet, avant même un éventuel arrêté municipal. ## Immatriculation, conservation et consultation du règlement Pour assurer la transparence et l'accès à l'information, plusieurs mécanismes permettent de conserver et de consulter le règlement de copropriété. Ce document n'est pas confidentiel ; il doit être accessible à toute personne concernée par la vie de l'immeuble, qu'il s'agisse d'un propriétaire, d'un futur acquéreur ou même d'un locataire. Le premier détenteur du règlement est le syndic de copropriété. Il a l'obligation légale de conserver l'original (la "minute") et toutes ses modifications. Il doit en fournir une copie à tout copropriétaire qui en fait la demande, moyennant des frais de reprographie. De plus, chaque acte de vente notarié contient une copie du règlement, ce qui signifie que le notaire qui a procédé à la transaction en conserve également une version. Enfin, la création d'un registre national a modernisé et simplifié l'accès à ce document essentiel. ### Le registre national d'immatriculation des copropriétés Depuis la loi ALUR de 2014, toutes les copropriétés à usage d'habitation doivent obligatoirement être immatriculées sur un registre national. Cette démarche, à effectuer par le syndic, vise à créer un annuaire des copropriétés et à mieux connaître l'état du parc immobilier. Les informations sont accessibles en ligne. Selon les informations officielles (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée en mars 2026), ce registre contient des informations clés sur la copropriété : son adresse, le nombre de lots, le nom du syndic, et surtout, le règlement de copropriété y est déposé. Cela constitue une base de données centralisée et fiable. Pour un futur acquéreur ou un notaire, c'est un moyen simple de récupérer le document à jour, garantissant ainsi l'accès à une information fiable et officielle sur le fonctionnement de l'immeuble. ### Que faire si vous ne retrouvez pas votre règlement ? Si vous avez égaré votre copie personnelle du règlement de copropriété, plusieurs solutions s'offrent à vous. 1. **Demander au syndic** : C'est la démarche la plus simple. Le syndic de votre immeuble est tenu de vous en fournir une copie. Cette prestation est généralement facturée comme une "délivrance de copie", dont le coût est précisé dans le contrat de syndic. 2. **Contacter votre notaire** : Si votre achat est récent, le notaire qui a rédigé l'acte de vente en possède une copie. Il pourra vous la transmettre. 3. **Consulter le service de la publicité foncière** : Le règlement et ses modificatifs y sont publiés. Vous pouvez demander une copie de ces actes, mais la démarche est plus complexe et payante. 4. **Demander à un voisin** : Un autre copropriétaire pourra simplement vous prêter sa copie pour que vous puissiez en faire une photocopie. C'est souvent la solution la plus rapide et la moins coûteuse. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053765328) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32058) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/investir-dans-limmobilier/achat-immobilier-quelles-sont-les-cinq-etapes-cles) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000033347109/) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/credit/actualites/barbecue-en-copropriete-quelles-sont-les-regles-f3e46272cb491fc906b08308fbcbd5e3) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Contester une décision d'AG de copropriété : délais URL: https://copro-guide.fr/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-22 Mot-clé ciblé: revenir sur une décision prise en assemblée générale de copropriété Peut-on revenir sur une décision prise en assemblée générale de copropriété ? Délai de 2 mois, qui peut agir, quel tribunal saisir : le guide complet 2026. **Oui, il est possible de contester une décision d'AG, mais dans des conditions strictes. Seuls les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent agir en justice, dans un délai de 2 mois après la notification du procès-verbal, en saisissant le tribunal judiciaire pour un motif valable (vice de forme ou de fond).** Revenir sur une décision prise en assemblée générale de copropriété est possible, mais encadré par des règles très strictes. Une fois votée, une résolution s'applique à tous, y compris aux absents et aux opposants. Il n'existe pas de droit de "repentir" simple ; les deux seules voies pour annuler ou modifier une décision sont la contestation judiciaire, réservée à certains copropriétaires dans un délai bref, ou le vote d'une nouvelle décision contraire lors d'une assemblée ultérieure. Connaître les conditions et les délais est crucial pour ne pas perdre ses droits. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Une décision d'AG ne peut être contestée que par les copropriétaires opposants ou défaillants. > - Le délai de recours est de 2 mois stricts après la notification du procès-verbal. > - L'absence de notification du PV par le syndic porte le délai de contestation à 5 ans. > - La saisine du tribunal judiciaire est la seule voie de recours contentieuse. > - Voter une nouvelle décision en AG est une alternative amiable pour annuler la précédente. ## Ce que signifie vraiment « revenir sur » une décision d'AG Une décision régulièrement adoptée en assemblée générale (AG) des copropriétaires acquiert une force obligatoire. Elle devient exécutoire et s'impose à l'ensemble des membres du syndicat des copropriétaires, y compris ceux qui ont voté contre ou qui étaient absents. Le syndic de copropriété est alors tenu de la mettre en œuvre. Il est donc impossible de simplement "révoquer" une décision comme on annulerait une commande. Le principe est la stabilité des décisions collectives pour assurer la bonne gestion de l'immeuble. Cette force exécutoire signifie que les appels de fonds pour des travaux votés, par exemple, peuvent être immédiatement émis. De même, un changement de syndic ou l'approbation des comptes deviennent effectifs sans délai. Ignorer une décision en espérant qu'elle soit oubliée n'est pas une option viable et peut entraîner des poursuites pour recouvrement de charges, par exemple. La seule exception concerne les décisions qui seraient manifestement illicites ou contraires au règlement de copropriété, mais même dans ce cas, leur annulation nécessite une action formalisée. ### Décision votée = décision exécutoire Une fois le procès-verbal de l'assemblée générale rédigé et notifié, la décision est considérée comme définitive et engage le syndicat des copropriétaires. Elle produit ses effets juridiques sans attendre l'expiration du délai de contestation de deux mois. Le syndic doit donc l'exécuter. Si des travaux ont été votés, il doit signer les devis et lancer le chantier. Si les comptes ont été approuvés, il doit procéder à la régularisation des charges. Cette exécution immédiate est un pilier de la gestion de la copropriété. Attendre la fin du délai de recours pour chaque décision paralyserait le fonctionnement de l'immeuble. C'est pourquoi un copropriétaire qui souhaite stopper les effets d'une décision qu'il conteste doit agir vite, et souvent par une procédure d'urgence spécifique, comme nous le verrons plus loin. ### Deux voies possibles : judiciaire ou nouvelle AG Face à une décision jugée insatisfaisante ou irrégulière, un copropriétaire n'a que deux options pour espérer la voir modifiée ou annulée. - **La voie judiciaire** : C'est la contestation formelle de la décision devant le tribunal judiciaire. Cette action vise à obtenir l'annulation de la résolution pour un motif de forme ou de fond. Elle est soumise à des conditions strictes de recevabilité, notamment sur la qualité du demandeur et le respect d'un délai impératif. - **Le vote d'une nouvelle décision en AG** : Cette voie, plus souple et moins conflictuelle, consiste à inscrire à l'ordre du jour d'une future assemblée générale (ordinaire ou extraordinaire) une nouvelle résolution ayant pour objet d'annuler, de modifier ou de remplacer la précédente. Cette méthode requiert de convaincre une majorité de copropriétaires du bien-fondé de la démarche. Pour comprendre l'ensemble du processus de décision au sein de votre résidence, un guide sur l' [assemblée générale ordinaire en copropriété : mode d'emploi](/assemblee/assemblee-generale-ordinaire-copropriete/) peut vous être utile. Le choix entre ces deux voies dépend de l'urgence, de la nature du litige et des chances de succès de chaque démarche. ## Qui peut contester une décision d'assemblée générale de copropriété ? La loi est très claire et restrictive sur ce point. Pour pouvoir contester une décision d'assemblée générale en justice, il faut avoir un intérêt à agir. Seuls deux types de copropriétaires remplissent cette condition, comme le précise l'article 42, alinéa 2, de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. Cette règle est d'application stricte et régulièrement confirmée par la jurisprudence, comme dans un arrêt de la Cour de cassation du 16 avril 2026. Retrouvez tous les détails dans [procès-verbal d'ag copropriété : mentions, délais](/charges/proces-verbal-ag-copropriete-guide/). Notre dossier [vice de forme ag copropriété : délais, causes et procédure](/assemblee/vice-de-forme-assemblee-generale-copropriete/) approfondit cette question. Notre dossier [syndic bénévole : modèle de pv d'assemblée générale gratuit](/syndic/modele-pv-assemblee-generale-syndic-benevole-gratuit/) approfondit cette question. Notre dossier [non-respect décision ag copropriété 2026 : tous les recours](/litiges/non-respect-decision-assemblee-generale-copropriete/) approfondit cette question. Les deux catégories de copropriétaires habilités sont : - **Les copropriétaires opposants** : Ce sont ceux qui ont expressément voté "contre" la résolution contestée. Leur opposition doit être clairement mentionnée sur la feuille de présence ou dans le procès-verbal. - **Les copropriétaires défaillants** : Il s'agit des copropriétaires qui n'étaient ni présents ni représentés lors du vote de la résolution. Leur absence leur ouvre le droit de contester une décision à laquelle ils n'ont pas consenti. Le cas des abstentionnistes est différent : la jurisprudence constante considère que s'abstenir n'est pas s'opposer. Un copropriétaire qui s'est abstenu ne peut donc pas contester la décision en justice. Son geste est interprété comme une neutralité qui ne lui confère pas la qualité d'opposant. C'est une nuance fondamentale à comprendre pour ne pas engager une procédure vouée à l'échec. ### Opposants et défaillants : les seuls habilités Selon l'article 42, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1965, l'action en contestation est ouverte aux seuls copropriétaires opposants ou défaillants. La Cour de cassation, dans un arrêt de sa troisième chambre civile du 16 avril 2026, a rappelé que cette condition est d'ordre public. Cela signifie que le juge doit la vérifier d'office et qu'on ne peut y déroger. Un copropriétaire qui était présent et qui n'a pas voté "contre" (soit parce qu'il a voté "pour", soit parce qu'il s'est abstenu) est irrecevable à agir. Il est donc primordial, pour tout copropriétaire en désaccord avec une résolution, de s'assurer que son vote "contre" est bien enregistré et retranscrit dans le procès-verbal. C'est ce document qui constituera la preuve de sa qualité d'opposant devant le tribunal. ### ERREUR COURANTE : voter pour puis contester : l'irrecevabilité garantie > ⚠️ Attention : L'erreur la plus fréquente, et la plus fatale, est de voter "pour" une résolution en pensant pouvoir changer d'avis et la contester plus tard. C'est juridiquement impossible. Le vote favorable purge définitivement le droit de critique. Un copropriétaire ayant approuvé une décision ne peut plus la remettre en cause judiciairement, quels que soient ses regrets ou les informations nouvelles dont il disposerait. Tenter une telle action aboutira systématiquement à une décision d'irrecevabilité de la part du tribunal, souvent accompagnée d'une condamnation à payer les frais de justice de la partie adverse (le syndicat des copropriétaires). Cette règle vise à garantir la sécurité juridique des décisions prises collectivement. Avant de voter, il faut donc mesurer pleinement la portée de son engagement. ### Le cas du mandataire : la voix du copropriétaire absent vaut-elle opposition ? Lorsqu'un copropriétaire donne un mandat (un "pouvoir") à une autre personne pour le représenter à l'AG, les votes émis par le mandataire engagent le copropriétaire mandant comme s'il avait voté lui-même. Si le mandataire vote "pour" une résolution, le copropriétaire absent ne sera pas considéré comme "défaillant" mais comme "ayant voté pour". Il perdra donc son droit de contestation. Pour préserver ce droit, le copropriétaire absent doit donner des instructions claires à son mandataire, en lui demandant de voter "contre" la ou les résolutions litigieuses. Si le mandat est donné sans consignes de vote précises, le mandataire est libre de voter comme il l'entend, et ses choix lieront le copropriétaire qu'il représente. La plus grande prudence est donc de mise lors de la rédaction du mandat. ## Le délai de contestation : 2 mois, et pas un jour de plus Le délai pour agir en justice contre une décision d'assemblée générale est particulièrement court et strict. Selon la loi, cette action doit être introduite dans un délai de **deux mois**. Le non-respect de ce délai entraîne la forclusion, c'est-à-dire l'extinction définitive du droit d'agir. Le juge n'aura d'autre choix que de déclarer la demande irrecevable, sans même examiner le fond du dossier. Il est donc absolument essentiel de connaître le point de départ précis de ce délai et de le calculer avec soin. Ce délai de deux mois est un délai de procédure civile qui se calcule de quantième à quantième. Il n'est ni suspendu ni interrompu par les vacances judiciaires ou les jours fériés, sauf si le dernier jour du délai est un samedi, un dimanche ou un jour férié, auquel cas il est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. Pour les copropriétaires résidant à l'étranger, le délai de procédure est augmenté de deux mois. Vous pouvez consulter un avocat spécialisé pour sécuriser le calcul de votre propre échéance. ### Point de départ : la notification du procès-verbal Le point de départ du délai de deux mois est la notification du procès-verbal (PV) de l'assemblée générale. Plus précisément, le délai commence à courir le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception notifiant le PV à votre domicile, que vous l'ayez retirée ou non. Selon le site officiel Service-public.fr (fiche F35288, 2026), c'est bien la date de première présentation qui compte, et non la date de retrait effectif du courrier à La Poste. Cette notification est une obligation légale pour le syndic. Il doit l'envoyer aux copropriétaires opposants et défaillants. Pour les copropriétaires qui ont voté "pour", une notification par lettre simple ou par voie électronique (si le copropriétaire a donné son accord) est suffisante. Le syndic dispose d'un délai d'un mois après la tenue de l'AG pour effectuer ces notifications. ### CAS PRATIQUE : calculer sa date limite pas à pas Prenons un cas concret pour illustrer le calcul du délai et éviter toute erreur. - **Date de l'AG** : mardi 15 mars 2026. - **Envoi du PV par le syndic** : vendredi 18 mars 2026 en lettre recommandée avec accusé de réception. - **Première présentation par le facteur** : samedi 19 mars 2026. Vous êtes absent, un avis de passage est déposé. - **Point de départ du délai de 2 mois** : le lendemain de la première présentation, soit le dimanche 20 mars 2026. - **Calcul du délai** : Le délai de 2 mois expire le 20 mai 2026 à minuit. L'assignation en justice doit donc être délivrée au syndicat des copropriétaires au plus tard le **20 mai 2026**. Peu importe que vous ayez retiré le recommandé le 25 mars ; c'est la date du 19 mars qui fige le point de départ. Ce calcul rigoureux est la première étape de toute contestation réussie. ### PV jamais reçu : le délai exceptionnel de 5 ans > 📌 Important : Que se passe-t-il si le syndic ne respecte pas son obligation et n'envoie jamais le procès-verbal aux copropriétaires opposants ou défaillants ? Dans cette situation, le délai de deux mois ne commence jamais à courir. Cependant, l'action en justice n'est pas ouverte indéfiniment. La loi prévoit un délai de prescription général. Comme le confirme Service-public.fr (fiche F35288, 2026), le délai de contestation est alors de **cinq ans** à compter de la date de tenue de l'assemblée générale. C'est une protection pour les copropriétaires face à un syndic négligent. Toutefois, il est fortement déconseillé d'attendre aussi longtemps. Si vous n'avez pas reçu le PV dans le mois suivant l'AG, il faut immédiatement mettre en demeure le syndic de vous le notifier par lettre recommandée, afin de faire courir le délai de deux mois et de clarifier la situation juridique. Pour un aperçu complet, n'hésitez pas à consulter notre guide sur le [PV d'AG copropriété : contenu, délai de notification](/assemblee/pv-ag-copropriete-guide-complet/). ## Les motifs valables pour contester : irrégularité de forme ou de fond ? Pour obtenir l'annulation d'une décision d'AG, il ne suffit pas d'être en désaccord avec elle. Il faut invoquer un motif juridique valable, qui relève généralement de deux grandes catégories : les vices de forme, qui concernent les irrégularités dans le processus de convocation et de tenue de l'AG, et les vices de fond, qui touchent au contenu même de la décision. Le juge analysera la gravité de l'irrégularité soulevée pour décider d'annuler ou non la résolution. Tous les arguments ne se valent pas. Une simple erreur matérielle dans le PV qui ne porte pas préjudice aux copropriétaires a peu de chances d'aboutir à une annulation. En revanche, l'absence d'un document essentiel à la compréhension d'une résolution peut justifier son annulation. Le rôle de l'avocat est d'identifier les motifs les plus solides et de les présenter de manière argumentée au tribunal. Il est aussi important de savoir que la participation d'un copropriétaire à l'AG sans émettre de réserves sur une irrégularité de forme peut parfois être interprétée comme une renonciation à s'en prévaloir par la suite. ### Vices de forme : convocation, documents, délais Les vices de forme sont les plus fréquents. Ils peuvent affecter la validité de l'ensemble de l'AG ou d'une seule décision. Parmi les plus courants, on trouve : - **Le non-respect du délai de convocation** : La loi impose un délai minimal (généralement 21 jours) entre la date de réception de la convocation et la date de l'AG. Une [convocation d'assemblée générale hors délai](https://www.example.com/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) peut être une cause d'annulation. - **Un ordre du jour imprécis** : Les questions soumises au vote doivent être formulées de manière claire et non équivoque. - **L'absence de documents obligatoires** : Certains votes nécessitent la communication préalable de documents (devis, contrats, état financier...). Leur absence, confirmée par des sources comme Service-public.fr (fiche F2615), peut vicier la décision. - **Les irrégularités sur le formulaire de vote par correspondance** : Ce formulaire doit être réceptionné par le syndic au plus tard 3 jours francs avant l'AG pour être valable (Service-public.fr, fiche F2619, 2026). Le non-respect du délai légal de la [convocation assemblée générale copropriété hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) peut entraîner l'annulation des décisions prises. Il est crucial de noter qu'une [irrégularité dans la convocation de l'AG de copropriété](/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/) peut ouvrir la voie à des recours spécifiques. ### Vices de fond : majorité incorrecte, décision illicite Les vices de fond sont plus graves car ils touchent à la légalité même de la décision. Voici quelques exemples : - **Le non-respect des règles de majorité** : Chaque type de décision requiert une majorité spécifique (simple, absolue, double majorité, unanimité). L'application d'une mauvaise [majorité applicable lors d'un vote en AG](https://www.example.com/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) est une cause certaine d'annulation. - **Une décision contraire à la loi ou au règlement de copropriété** : L'AG ne peut pas autoriser des travaux qui porteraient atteinte aux droits des autres copropriétaires ou qui violeraient les dispositions du règlement de l'immeuble. - **Un abus de majorité** : C'est le cas lorsqu'une décision est prise dans l'unique but de favoriser les intérêts de certains copropriétaires au détriment de la minorité, sans que cela soit justifié par l'intérêt collectif de la copropriété. - **Une décision sur une question non inscrite à l'ordre du jour** : L'assemblée ne peut délibérer que sur les points qui ont été préalablement communiqués à tous. Le respect des majorités est crucial pour le bon déroulement du [vote en AG copropriété 2026](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/), garantissant la légitimité des décisions prises. Pour comprendre les différentes règles de vote et les majorités requises, vous pouvez consulter notre article sur les règles de vote en AG copropriété 2026. ### Ce que le juge examine en priorité Face à une contestation, le juge va procéder à une analyse méthodique. Il vérifiera d'abord la recevabilité de l'action : le demandeur est-il bien un copropriétaire opposant ou défaillant ? Le délai de deux mois a-t-il été respecté ? Si ces conditions ne sont pas remplies, le débat est clos. Si l'action est recevable, le juge examine ensuite le motif invoqué. Il apprécie la gravité du vice. Une irrégularité mineure qui n'a eu aucune incidence sur le sens du vote sera probablement écartée. En revanche, un vice qui a empêché les copropriétaires de voter en toute connaissance de cause (comme l'absence d'un devis pour des travaux importants) ou qui a violé une règle de majorité impérative entraînera quasi systématiquement l'annulation de la résolution. L'objectif du juge est de s'assurer que le processus démocratique de la copropriété a été respecté. ## La procédure judiciaire : saisir le bon tribunal La contestation d'une décision d'assemblée générale est une action judiciaire qui doit suivre un formalisme précis. Il ne s'agit pas d'une simple lettre de réclamation au syndic, mais bien de l'introduction d'une instance devant un tribunal. Cette démarche a des coûts (frais d'avocat, frais d'huissier) et son issue n'est jamais garantie. La procédure commence par la rédaction d'une assignation par un avocat. Cet acte est ensuite signifié par un huissier de justice (désormais commissaire de justice) au syndicat des copropriétaires, qui est la partie défenderesse, représenté par son syndic. L'assignation expose les motifs de la contestation et demande au tribunal d'annuler la ou les résolutions litigieuses. Elle doit être "enrôlée", c'est-à-dire déposée au greffe du tribunal, pour que l'affaire soit officiellement lancée et qu'une date d'audience soit fixée. Le respect du délai de deux mois s'apprécie à la date de la délivrance de l'assignation. ### Tribunal judiciaire : la seule juridiction compétente La seule juridiction compétente pour statuer sur les litiges relatifs à la contestation des décisions d'assemblée générale de copropriété est le **tribunal judiciaire**, comme le précise la fiche F35288 de Service-public.fr (2026). Il s'agit du tribunal du lieu de situation de l'immeuble. Ni le tribunal de proximité, ni le tribunal de commerce ne peuvent être saisis pour ce type d'affaire. L'action est dirigée contre le syndicat des copropriétaires et non contre le syndic personnellement, même si c'est ce dernier qui reçoit l'assignation en sa qualité de représentant légal du syndicat. C'est le syndicat qui sera condamné ou qui obtiendra gain de cause, et les frais de procédure seront supportés par l'ensemble des copropriétaires via les charges communes. ### Faut-il un avocat ? La représentation par un avocat est obligatoire devant le tribunal judiciaire pour ce type de contentieux. Il est impossible pour un copropriétaire de se défendre seul. Le choix d'un avocat spécialisé en droit de la copropriété est fortement recommandé. Il saura identifier les failles juridiques, rédiger l'assignation dans les règles, et défendre au mieux vos intérêts tout au long de la procédure, qui peut durer plusieurs mois, voire des années en cas d'appel. Le coût de la procédure peut être partiellement ou totalement pris en charge par une assurance de protection juridique, si vous en avez souscrit une. Il est utile de vérifier les termes de votre contrat d'assurance habitation qui peut inclure cette garantie. ### Peut-on suspendre l'exécution de la décision en urgence ? Un point essentiel à comprendre est que l'assignation en justice n'a pas d'effet suspensif. La décision contestée reste applicable et le syndic doit l'exécuter tant que le tribunal n'a pas rendu son jugement d'annulation. Si des travaux ont été votés, ils peuvent commencer. Pour bloquer en urgence les effets d'une décision, le copropriétaire doit engager, en parallèle de l'action au fond, une procédure de référé. Le juge des référés peut, s'il estime qu'il existe une contestation sérieuse et un risque de dommage imminent, ordonner la suspension de l'exécution de la décision jusqu'à ce que le juge du fond se prononce. Cette démarche est rapide mais nécessite de démontrer une urgence et un trouble manifestement illicite, ce qui n'est pas toujours aisé. ## L'alternative amiable : voter une nouvelle décision contraire en AG La voie judiciaire est longue, coûteuse et conflictuelle. Une alternative plus simple et souvent plus efficace existe : faire voter une nouvelle décision par l'assemblée générale qui vient annuler ou amender la précédente. Le syndicat des copropriétaires est souverain et peut toujours revenir sur ses propres décisions, à condition de respecter les mêmes règles de vote en assemblée générale de copropriété. Cette approche a l'avantage de résoudre le problème en interne, sans passer par un tribunal. Elle nécessite cependant une capacité à convaincre et à rassembler une majorité de copropriétaires autour de votre proposition. C'est une démarche politique au sein de la copropriété, qui peut être menée avec l'aide du conseil syndical. Si la décision initiale était manifestement une erreur ou si de nouveaux éléments sont apparus, il est souvent possible de trouver un consensus pour la corriger. Cela préserve également les relations de voisinage, souvent mises à mal par les procédures judiciaires. Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez également notre article sur le [compte rendu d'AG de copropriété : obligations, délais et modèle](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/). ### Quand une nouvelle AG peut-elle effacer la première décision ? Une assemblée générale peut tout à fait adopter une résolution qui annule ou modifie explicitement une résolution votée lors d'une AG précédente. Par exemple, si des travaux coûteux ont été votés, une nouvelle AG peut décider de les annuler, de les reporter, ou d'opter pour un projet moins onéreux. Pour que cela soit possible, la nouvelle résolution doit être inscrite à l'ordre du jour de la prochaine AG. Elle devra être adoptée à la même majorité que celle qui était requise pour la décision initiale. Par exemple, si la première décision a été prise à la majorité absolue de l'article 25, la décision qui l'annule devra également recueillir cette même majorité. C'est une solution pragmatique qui prouve que la vie d'une copropriété est dynamique et que les décisions peuvent évoluer avec le temps et les circonstances. ### Demander une AG extraordinaire pour accélérer L'assemblée générale ordinaire se tient une fois par an. Si la décision contestée a des effets immédiats et préjudiciables, attendre un an peut être trop long. Dans ce cas, il est possible de demander la convocation d'une assemblée générale extraordinaire (AGE). Un modèle de [PV d'assemblée générale de copropriété au format PDF](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) est également disponible pour faciliter vos démarches. Un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un quart des voix de tous les copropriétaires peuvent exiger du syndic qu'il convoque une AGE. Cette demande doit être faite par lettre recommandée et préciser les questions que vous souhaitez voir inscrites à l'ordre du jour. Le syndic sera alors tenu de la convoquer. C'est un outil puissant pour accélérer le processus et corriger rapidement une mauvaise décision, sans avoir à saisir la justice. Vous pouvez vous renseigner sur le [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/). ## Tableau récapitulatif : votre situation en un coup d'œil Pour y voir clair, voici un tableau qui résume les différentes situations et les actions possibles pour un copropriétaire souhaitant contester une décision. | Situation du copropriétaire | Peut-il contester en justice ? | Délai pour agir | Voie recommandée | | :--- | :---: | :---: | :--- | | A voté **POUR** | Non | N/A | Proposer une nouvelle résolution à la prochaine AG. | | A voté **CONTRE** (opposant) | Oui | **2 mois** après notification du PV | Voie judiciaire si le motif est sérieux. | | Était **ABSENT** (défaillant) | Oui | **2 mois** après notification du PV | Voie judiciaire si le motif est sérieux. | | S'est **ABSTENU** | Non | N/A | L'abstention ne donne pas le droit de contester. | | N'a **JAMAIS REÇU LE PV** | Oui | **5 ans** après la tenue de l'AG | Mettre en demeure le syndic, puis voie judiciaire. | ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35288) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000054217812) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000880200/LEGISCTA000006118836/) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/copropriete-comment-contester-une-decision-dassemblee-generale) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/vie-pratique-coproprietes-pour-contester-une-decision-d-assemblee-generale-le-delai-de-deux-mois-n-est-pas-negociable-502c54c6d3c0e4de1ac9452c55afd299) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # PV d'assemblée générale de copropriété : modèle PDF gratuit URL: https://copro-guide.fr/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/ Catégorie: assemblee · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-08-22 Mot-clé ciblé: pv assemblée générale copropriété pdf PV assemblée générale copropriété PDF : mentions obligatoires, délais de notification, registre légal et modèle gratuit. Guide pratique 2026 conforme **Le procès-verbal (PV) d'assemblée générale de copropriété est le document juridique qui consigne les décisions votées. Conforme à la loi de 1965, il doit contenir des mentions obligatoires comme le décompte des voix pour chaque résolution. Sa notification par le syndic dans un délai d'un mois déclenche le délai de contestation de deux mois pour les copropriétaires opposants ou absents.** Le procès-verbal (PV) d'assemblée générale de copropriété est le document officiel qui grave dans le marbre les décisions prises pour votre immeuble. Loin d'être une simple formalité, ce compte-rendu juridique est la seule preuve légale des votes et engage tous les copropriétaires. Une rédaction rigoureuse, conforme à la loi du 10 juillet 1965 et à son décret d'application de 1967, est donc indispensable pour sécuriser les résolutions adoptées, qu'il s'agisse de travaux, du budget ou du choix du syndic. Comprendre ses mentions obligatoires et les délais qui en découlent est crucial pour faire valoir vos droits. > **En bref** > > - Le PV est la seule preuve juridique opposable des décisions prises en AG. > - Sa rédaction est encadrée par la loi de 1965 et le décret de 1967, imposant des mentions strictes. > - Le syndic doit notifier le PV sous un mois aux copropriétaires absents ou opposants. > - Le délai pour contester une décision est de deux mois après la notification du PV. > - L'oubli d'une mention obligatoire peut entraîner l'annulation d'une résolution en cas de litige. ## Qu'est-ce qu'un procès-verbal d'assemblée générale de copropriété ? Le procès-verbal d'assemblée générale est bien plus qu'un simple compte-rendu. C'est l'acte juridique qui atteste officiellement des résolutions adoptées par le syndicat des copropriétaires. Sa rédaction et sa tenue sont encadrées par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 et le décret n° 67-223 du 17 mars 1967. Ces textes fondateurs du droit de la copropriété en France lui confèrent une force probante : il est la seule pièce qui peut être présentée en justice pour prouver qu'une décision a bien été votée et selon quelles modalités. Son objectif principal est de garantir la sécurité juridique de la copropriété. Il permet de notifier les décisions aux copropriétaires absents ou opposants et fait courir le délai de contestation. Sans un PV correctement établi, des travaux importants ou la nomination d'un nouveau syndic pourraient être remis en cause, plongeant l'immeuble dans l'incertitude. Il est le pilier de la mémoire administrative et légale de l'immeuble. ### Rôle juridique du PV de copropriété La fonction première du PV est de rendre les décisions de l'assemblée générale opposables à tous les copropriétaires. Cela signifie que même une personne ayant voté contre ou n'étant pas présente à l'AG est tenue de respecter les résolutions adoptées et de participer aux charges qui en découlent (par exemple, le paiement d'une quote-part de travaux). C'est ce document qui permet au syndic d'exécuter les décisions, comme signer un contrat avec une entreprise ou appeler les fonds nécessaires à un ravalement de façade. En cas de litige, seul le PV fait foi devant un tribunal. ### Différence entre PV, compte-rendu et registre des délibérations Si les termes sont souvent utilisés l'un pour l'autre, une distinction technique existe. Le "procès-verbal" est le document officiel et final, signé et archivé. Le "compte-rendu" peut désigner une version plus informelle ou provisoire. Cependant, la loi parle de "procès-verbal des décisions". Le "registre des délibérations" est, quant à lui, le classeur physique ou le fichier électronique sécurisé dans lequel tous les PV d'assemblées générales sont conservés chronologiquement par le syndic. Le site officiel de l'administration française le précise : « Chaque procès-verbal doit être inscrit dans un registre » (service-public.fr, 2026). Cette obligation garantit la pérennité et l'intégrité des archives de la copropriété. ## Les mentions obligatoires d'un PV d'AG de copropriété La validité d'un procès-verbal d'AG repose sur le respect scrupuleux des exigences formelles définies par l'article 17 du décret du 17 mars 1967. L'absence d'une seule de ces mentions peut être un motif d'annulation d'une ou plusieurs résolutions en cas de contestation judiciaire. Le syndic, en tant que rédacteur, engage sa responsabilité professionnelle sur ce point. Il ne s'agit pas d'une simple liste de formalités, mais de garanties offertes à chaque copropriétaire pour assurer la transparence et la régularité du processus de décision. Chaque élément a son importance, de la date de la séance au décompte précis des voix pour chaque vote. À lire aussi : [procuration ag copropriété : modèle pdf gratuit et règles](/assemblee/procuration-assemblee-generale-copropriete-pdf/). Notre dossier [modèle pv d'ag copropriété 2026 : mentions obligatoires](/assemblee/modele-pv-ag-copropriete/) approfondit cette question. Retrouvez tous les détails dans [irrégularité convocation ag copropriété : vos recours](/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/). Notre dossier [non-respect décision ag copropriété 2026 : tous les recours](/litiges/non-respect-decision-assemblee-generale-copropriete/) approfondit cette question. ### Identification de l'assemblée et des participants Le PV doit commencer par identifier sans ambiguïté la session concernée. Doivent figurer : - **La date, l'heure et le lieu** de la tenue de l'assemblée générale. - **L'ordre du jour** exact, tel qu'il figurait sur la convocation. - **Les noms du président, du secrétaire de séance et des éventuels scrutateurs** élus en début de réunion. De plus, le PV doit faire état de la participation. La feuille de présence, émargée par les copropriétaires présents ou leurs mandataires, est un document essentiel qui doit être annexé au PV. Elle liste le nom de chaque copropriétaire, le nombre de voix (tantièmes) qu'il détient, et sa signature. C'est à partir de ce document que sont calculées les majorités pour chaque vote. ### Retranscription des résolutions et des votes C'est le cœur du procès-verbal. Pour chaque question inscrite à l'ordre du jour et soumise à un vote, le PV doit impérativement mentionner : - **Le texte de la résolution** telle qu'elle a été votée. - **Le résultat du vote** : adoptée ou rejetée. - **Le décompte précis des voix** : le nombre de tantièmes ayant voté "pour", "contre", et le nombre de ceux qui se sont abstenus. - **Les noms et prénoms des copropriétaires opposants et abstentionnistes**. Cette mention est fondamentale, car seuls les opposants (et les absents, dits "défaillants") ont le droit de contester une décision en justice. Un copropriétaire ayant voté "pour" ou s'étant abstenu perd ce droit. Cette retranscription doit être fidèle et ne laisser place à aucune interprétation. Elle doit permettre à un lecteur absent de comprendre exactement ce qui a été décidé et par qui. Pour mieux comprendre le calcul des majorités, vous pouvez consulter notre guide sur les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). ### Signature et archivage dans le registre Une fois la séance levée, le procès-verbal doit être signé par le président de séance, le secrétaire et le ou les scrutateurs. Cette signature peut avoir lieu à la fin de l'assemblée ou, au plus tard, dans les huit jours qui suivent. Ces signatures authentifient le document et attestent de sa conformité. Après signature, le syndic doit retranscrire le PV sur le registre des délibérations. Ce registre, qui peut être tenu sous forme électronique, doit être conservé par le syndic qui en est le gardien. Il constitue la mémoire officielle et permanente de la vie de la copropriété. ## Délais de notification et de contestation : ce que tout copropriétaire doit savoir La réception du procès-verbal de l'assemblée générale est un moment clé pour tout copropriétaire, car elle déclenche des délais légaux stricts. L'erreur la plus fréquente est de croire que l'on dispose d'un temps illimité pour réagir à une décision jugée abusive ou irrégulière. En réalité, le droit de la copropriété encadre très fermement la période durant laquelle une action en justice est possible. Ignorer ces délais a une conséquence irrémédiable : la perte pure et simple du droit de recours. Une fois le délai expiré, la décision devient définitive et s'impose à tous, même si elle a été prise en violation des règles. La vigilance est donc de mise dès la réception du courrier du syndic. ### Délai d'envoi du PV aux copropriétaires opposants ou défaillants La loi impose au syndic de notifier le procès-verbal aux copropriétaires qui n'étaient ni présents, ni représentés (les défaillants) ainsi qu'à ceux qui se sont opposés à une ou plusieurs résolutions (les opposants). Cette notification doit être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par voie électronique recommandée. Le syndic dispose pour cela d'un **délai d'un mois** à compter de la tenue de l'assemblée générale, comme le prévoit l'article 42, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1965. Pour les autres copropriétaires (ceux qui ont voté pour ou se sont abstenus), une lettre simple suffit généralement. ### Délai légal pour contester une décision d'AG C'est le délai le plus important à connaître. Un copropriétaire opposant ou défaillant qui souhaite contester la validité d'une décision de l'assemblée générale doit agir en justice dans un **délai de deux mois**. Ce délai court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée de notification du PV. Passé ce délai de deux mois, l'action est irrecevable, et la décision devient définitive. La contestation doit être portée devant le tribunal judiciaire du lieu où se situe l'immeuble et nécessite généralement l'assistance d'un avocat. Il est donc crucial de ne pas laisser traîner les choses si l'on envisage un recours. En cas de doute sur la validité de la convocation, consultez notre article sur la [convocation d'assemblée générale de copropriété hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/). ## Comment rédiger un PV d'AG de copropriété : guide pas à pas La rédaction du procès-verbal est une tâche méthodique qui suit la chronologie de l'assemblée générale. Bien que ce soit la responsabilité du secrétaire de séance (le plus souvent le syndic), comprendre sa construction permet à chaque copropriétaire de mieux suivre les débats et de vérifier la conformité du document final. Rappelons que, selon le site service-public.fr, « les copropriétaires doivent se réunir au moins une fois par an pour décider des travaux et des orientations qu'ils souhaitent pour leur immeuble » (fiche N31341, 2026), ce qui rend la maîtrise de ce processus d'autant plus importante. Prenons un cas concret pour illustrer la démarche : une copropriété de 12 lots (totalisant 1 000 tantièmes) se réunit pour voter, entre autres, le ravalement de la façade. La majorité requise est celle de l'article 25 (majorité de tous les copropriétaires). ### Étape 1 : préparer l'en-tête et la feuille de présence Avant même le début des votes, la première partie du PV est préparée. - **L'en-tête** : il doit mentionner le nom du syndicat des copropriétaires, l'adresse de l'immeuble, et la date, l'heure et le lieu de l'AG. - **La feuille de présence** : elle est préparée en amont par le syndic et émargée par chaque copropriétaire (ou son mandataire) à son arrivée. Dans notre exemple : 9 copropriétaires sont présents ou représentés, totalisant **820 tantièmes sur 1 000**. 3 sont absents et non représentés, totalisant **180 tantièmes**. - **L'élection du bureau** : l'AG désigne un président, un secrétaire et un ou plusieurs scrutateurs. Leurs noms sont inscrits au PV. L'ensemble de ces informations constitue le préambule indispensable du document. ### Étape 3 : clôturer, faire signer et enregistrer Pour chaque point de l'ordre du jour, le secrétaire note les débats de manière synthétique et, surtout, le résultat du vote. - **Reprise de l'intitulé** : "Résolution n°5 : Approbation des travaux de ravalement de la façade principale selon le devis de l'entreprise BATI-PLUS pour un montant de 45 000 € HT." - **Rappel de la majorité requise** : "Vote à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965." - **Décompte des voix** : le président du scrutin annonce le résultat. Le secrétaire le retranscrit précisément. - **Votent POUR** : 6 copropriétaires (totalisant 650 tantièmes). - **Votent CONTRE** : 2 copropriétaires, M. Durand et Mme. Leclerc (totalisant 120 tantièmes). - **S'ABSTIENNENT** : 1 copropriétaire, M. Petit (totalisant 50 tantièmes). - **Conclusion du vote** : "La majorité requise de 501 tantièmes est atteinte. La résolution est adoptée." Ce processus est répété pour chaque résolution, en veillant à bien nommer les copropriétaires opposants et abstentionnistes. ### Étape 3 : clôturer, faire signer et enregistrer Une fois le dernier point de l'ordre du jour épuisé, le président de séance déclare la fin de l'assemblée. - **Mention de la clôture** : "L'ordre du jour étant épuisé, le président lève la séance à 21h30." - **Signatures** : le document est présenté à la signature du président, du secrétaire et du ou des scrutateurs. C'est l'acte qui valide formellement le PV. - **Enregistrement et diffusion** : Le syndic se charge ensuite de la dernière étape : l'inscription du PV original dans le registre des délibérations de la copropriété et l'envoi des copies ou des notifications aux copropriétaires dans les délais légaux. C'est le début de la vie "officielle" des décisions prises. Si un [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) est nécessaire, c'est sur la base de ce PV que la demande pourra être formulée. Pour comprendre les obligations, les délais et obtenir un modèle, consultez notre article sur le [compte rendu assemblée générale de copropriété](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/). Pour ma part, j'ai appris beaucoup en 2025 sur le [procès-verbal d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/) et cela m'a aidé à mieux comprendre ce document clé. ## Modèle PDF de PV d'assemblée générale de copropriété : structure type Il n'existe pas de modèle officiel unique de procès-verbal d'AG imposé par la loi. Cependant, la pratique et la jurisprudence ont consacré une structure type qui permet de s'assurer que toutes les mentions obligatoires sont bien présentes. Le syndic de copropriété, en tant que professionnel, dispose généralement de ses propres trames. Pour un copropriétaire ou un membre du conseil syndical, connaître cette structure est un excellent moyen de contrôler la qualité des documents produits. Voici les quatre blocs fondamentaux qui composent un PV d'assemblée générale de copropriété. Vous pouvez vous en inspirer pour créer un document PDF ou Word, en veillant à l'adapter aux spécificités de votre règlement de copropriété. ### Bloc 1 : identification de la copropriété et de l'AG Cette section d'ouverture contient toutes les informations permettant d'identifier formellement la réunion. ``` **PROCES-VERBAL DE L'ASSEMBLEE GENERALE DU [Date]** **Syndicat des copropriétaires de l'immeuble [Nom de la résidence]** Sis [Adresse complète de l'immeuble] L'an deux mille vingt-six, le [jour] [mois] à [heure], les copropriétaires de l'immeuble susmentionné se sont réunis en Assemblée Générale ordinaire/extraordinaire au [lieu de la réunion], sur convocation adressée le [date d'envoi des convocations]. L'ordre du jour est le suivant : 1. [Intitulé résolution 1] 2. [Intitulé résolution 2] ... ``` ### Bloc 2 : présents, représentés, pouvoirs Ce bloc certifie la bonne tenue de la séance et la régularité des votes à venir. ``` La feuille de présence, annexée au présent procès-verbal, a été émargée par les copropriétaires présents et les mandataires. Elle fait état de [X] copropriétaires présents ou représentés, totalisant [nombre] tantièmes sur les [total] tantièmes de la copropriété. L'Assemblée Générale désigne : - **Président de séance** : M./Mme [Nom] - **Secrétaire de séance** : M./Mme [Nom] (généralement le représentant du syndic) - **Scrutateur(s)** : M./Mme [Nom] Le Président constate que le quorum est atteint et que l'Assemblée peut valablement délibérer. ``` ### Bloc 3 : résolutions et votes C'est la partie la plus longue et la plus détaillée, qui retranscrit chaque décision. ``` **RÉSOLUTION N°1 : [Titre et objet de la résolution]** *Rappel des documents joints à la convocation : [Ex: devis, projet de budget, etc.]* *Rappel de la majorité requise : [Ex: majorité de l'article 24, 25, 26]* Après délibération, la résolution est mise aux voix. - **Votent POUR** : [nombre] tantièmes - **Votent CONTRE** : [nombre] tantièmes (M./Mme [Nom], M./Mme [Nom]) - **S'ABSTIENNENT** : [nombre] tantièmes (M./Mme [Nom]) **L'Assemblée Générale ADOPTE / REJETTE la résolution n°1.** --- _(Répéter ce bloc pour chaque résolution)_ ``` ### Bloc 4 : clôture et signatures Cette partie finale clôt le document et l'authentifie. ``` L'ordre du jour étant épuisé et personne ne demandant plus la parole, le Président lève la séance à [heure]. Le présent procès-verbal a été dressé et signé, après lecture. Fait à [Lieu], le [Date]. **Signatures** **Le Président de séance** [Nom et Signature] **Le/Les Scrutateur(s)** [Nom et Signature] **Le Secrétaire de séance** [Nom et Signature] ``` ## Conservation, accès et valeur probante du PV Une fois rédigé, signé et enregistré, le procès-verbal d'AG entame sa vie d'archive juridique. Sa conservation est une obligation légale pour le syndic, et son accès est un droit pour les copropriétaires. Ce document n'est pas simplement stocké ; il est régulièrement consulté, notamment lors des transactions immobilières, car il contient des informations capitales sur la santé et l'avenir de l'immeuble. Sa valeur probante signifie qu'il fait foi jusqu'à preuve du contraire, ce qui en fait la référence absolue en cas de désaccord sur une décision passée. Son importance est donc aussi grande des années après l'AG que dans les jours qui la suivent. ### Qui peut consulter le PV ? Tout copropriétaire a le droit de consulter l'ensemble des procès-verbaux des assemblées générales de son immeuble. Il peut en demander une copie à tout moment auprès du syndic, qui peut facturer des frais de reprographie. Ce droit est également ouvert aux futurs acquéreurs. Lors de la mise en vente d'un lot, le vendeur doit fournir à l'acheteur potentiel les PV des trois dernières années. Cette consultation est une étape essentielle de la due diligence de l'acquéreur. De même, le notaire en charge de la vente exigera ces documents pour préparer l'acte authentique et informer pleinement son client. ### PV et vente d'un lot : ce que l'acquéreur vérifie L'analyse des derniers PV est un réflexe pour tout acheteur prudent. Ces documents sont une mine d'informations : - **Travaux votés et à venir** : l'acquéreur saura quels travaux ont été récemment payés et, surtout, quels gros chantiers (ravalement, toiture, ascenseur) ont été approuvés mais pas encore réalisés, et qu'il devra donc financer. - **État financier et contentieux** : les PV révèlent souvent l'état des comptes, les éventuels litiges avec des entreprises ou d'autres copropriétaires, et le niveau des impayés de charges. - **Climat de la copropriété** : le ton des débats et la nature des résolutions donnent une idée de l'ambiance générale au sein de l'immeuble. En complément, l'acquéreur consultera la « fiche synthétique de copropriété [qui] regroupe les données financières et techniques de l'immeuble, essentielle pour les copropriétaires et acheteurs » (service-public.fr, fiche F34051, 2026), offrant une vue d'ensemble rapide que les PV viendront détailler. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2636) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/N31341) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061423/) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34051) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2619) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Non-respect décision AG copropriété 2026 : tous les recours URL: https://copro-guide.fr/litiges/non-respect-decision-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: litiges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-22 Mot-clé ciblé: non respect décision assemblée générale copropriété Syndic, copropriétaire ou conseil syndical qui ignore une décision d'AG : découvrez les recours juridiques et les étapes concrètes pour faire appliquer **Le non-respect d'une décision d'AG de copropriété ouvre des recours gradués. Il faut d'abord adresser une mise en demeure à la partie défaillante (syndic, copropriétaire). En l'absence d'exécution, il est possible de saisir le tribunal judiciaire en référé pour obtenir une injonction rapide, voire d'engager une action au fond.** De même, connaître vos droits est primordial si vous faites face à une [assemblée générale copropriété non tenue](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-non-tenue/) dans les délais impartis. Le non-respect d'une décision d'assemblée générale de copropriété est une situation frustrante qui peut paralyser la gestion d'un immeuble. Qu'il s'agisse du syndic, d'un autre copropriétaire ou même du conseil syndical, l'inexécution d'un vote régulièrement adopté n'est pas une fatalité. La loi prévoit des mécanismes stricts pour forcer l'application des décisions collectives. De la simple mise en demeure à l'action en justice, des recours gradués et efficaces existent pour faire valoir les droits du syndicat des copropriétaires. Cet article détaille la marche à suivre pour s'assurer que la volonté de la collectivité soit respectée. ## Pourquoi une décision d'AG votée s'impose à tous Au cœur de la vie en copropriété, l'assemblée générale (AG) est l'organe souverain où se prennent les décisions engageant l'ensemble des copropriétaires. Une fois une résolution adoptée selon les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/), elle acquiert une force obligatoire. Ce principe est la pierre angulaire de la gestion collective, posé par la loi du 10 juillet 1965 qui régit le statut de la copropriété. Toute décision prise devient exécutoire pour le syndicat des copropriétaires, pour chaque copropriétaire individuellement, et pour le syndic qui est chargé de son application. Cette force contraignante ne doit pas être confondue avec la possibilité de [contester une décision d'AG de copropriété](/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/). Un copropriétaire opposant ou défaillant dispose d'un délai de deux mois pour contester une décision en justice. Passé ce délai, la décision devient définitive et doit être appliquée par tous, sans exception. Elle constitue la loi des parties au sein de l'immeuble. Ignorer délibérément une résolution votée revient à violer le contrat qui lie les copropriétaires : le règlement de copropriété. ### La force obligatoire du procès-verbal d'AG Le procès-verbal (PV) d'assemblée générale est le document qui matérialise et prouve les décisions prises. Rédigé à l'issue de la séance, il consigne le résultat de chaque vote. Une fois notifié aux copropriétaires par le syndic, il devient le document de référence. En cas de litige, c'est ce [procès-verbal d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) qui sera présenté au juge pour attester de la régularité et du contenu de la décision dont l'exécution est demandée. Sa rédaction doit être précise et sans ambiguïté pour éviter toute contestation sur son interprétation. Il doit être conservé précieusement dans les archives du syndicat. ### Absents, opposants, abstentionnistes : même obligation Le caractère collectif de la décision prime sur les volontés individuelles. Ainsi, un copropriétaire qui a voté "contre" une résolution, qui s'est abstenu, ou qui n'était pas présent à l'assemblée générale est tout de même tenu de la respecter. Il ne peut prétexter son désaccord ou son absence pour se soustraire à ses obligations, comme le paiement d'une charge pour des travaux votés ou le respect d'une modification du règlement de copropriété. La seule voie pour échapper à cette obligation est l'action en annulation de la décision devant le tribunal judiciaire, dans le strict délai de deux mois. Une fois ce délai écoulé, la soumission à la décision collective est totale. ## Qui peut ne pas respecter une décision d'AG : et pourquoi ? Plusieurs acteurs au sein de la copropriété peuvent être à l'origine du blocage. Identifier le responsable et ses motivations est la première étape pour adapter la riposte. Les raisons de l'inertie peuvent aller de la simple négligence à l'obstruction délibérée, en passant par des difficultés financières ou des désaccords de fond qui persistent après le vote. Comprendre la source du problème permet de mieux cibler les actions à entreprendre, qu'il s'agisse d'un simple rappel à l'ordre ou d'une procédure plus formelle. Chaque situation appelle une réponse graduée et spécifique. Voir aussi notre article [non-respect du règlement de copropriété : quelles sanctions](/litiges/non-respect-reglement-copropriete-sanctions/). ### Le syndic qui tarde ou refuse d'exécuter le vote Le syndic est le mandataire du syndicat des copropriétaires. Sa mission principale est d'exécuter les décisions de l'assemblée générale. Son inaction est donc la cause la plus fréquente et la plus problématique. Les raisons peuvent être multiples : - **Négligence ou surcharge** : le gestionnaire a oublié le dossier ou est débordé. - **Désaccord** : le syndic estime la décision inopportune ou trop complexe et la laisse traîner. - **Problème de trésorerie** : il attend que les fonds soient appelés et rentrés avant de lancer les commandes. - **Mauvaise foi** : dans de rares cas, le syndic peut volontairement bloquer un dossier, par exemple s'il est en conflit avec le conseil syndical. Quelle que soit la raison, son inaction constitue une faute contractuelle. ### Un copropriétaire qui passe outre les décisions collectives Un copropriétaire peut également être la source du blocage. Le cas le plus courant est le refus d'exécuter des travaux votés affectant ses parties privatives (remplacement de fenêtres, par exemple) ou son refus de laisser l'accès à ses lots pour des travaux sur les parties communes. Il peut aussi s'agir d'un copropriétaire qui ne respecte pas une modification du règlement de copropriété votée en AG, par exemple en continuant une activité commerciale interdite. Ce comportement nuit directement à la collectivité et engage sa responsabilité personnelle. Le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, a le devoir d'agir contre lui. ### Le conseil syndical qui bloque l'exécution Bien que son rôle soit d'assister et de contrôler le syndic, le conseil syndical peut paradoxalement devenir un frein. Si ses membres sont en profond désaccord avec une décision prise en AG (parfois par une majorité de copropriétaires non-résidents), ils peuvent user de leur position pour en retarder l'application. Cela peut se traduire par un refus de valider des devis présentés par le syndic, des demandes incessantes de précisions, ou une communication négative visant à délégitimer l'action du syndic. Bien que plus subtile, cette obstruction est tout aussi préjudiciable pour la copropriété. > **L'essentiel** > > - Une décision d'AG non contestée dans les deux mois suivant la notification du PV s'impose à tous, y compris les absents et opposants. > - Face à une inexécution, la première étape est toujours une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. > - Si la mise en demeure échoue, une procédure de référé devant le tribunal judiciaire permet d'obtenir une ordonnance d'exécution rapide. > - La non-exécution d'une décision par le syndic est une faute grave qui peut entraîner la révocation de son mandat. > - L'action en justice pour faire respecter une décision d'AG se prescrit par cinq ans à compter de la connaissance des faits. ## Recours graduels : de la mise en demeure au tribunal Lorsqu'une décision votée reste lettre morte, il ne faut pas laisser la situation s'enliser. Une série d'actions graduées, de l'amiable au contentieux, permet de faire valoir les droits du syndicat des copropriétaires. L'objectif est d'obtenir l'exécution forcée de la décision. **Prenons un cas concret** : une AG a voté le 15 février 2026 un ravalement de façade. Nous sommes le 22 août 2026, et le syndic n'a toujours pas lancé l'appel d'offres ni présenté de devis. Le conseil syndical, après plusieurs relances verbales et par courriel restées sans effet, décide de formaliser sa démarche. Cette escalade procédurale est nécessaire pour construire un dossier solide en vue d'une éventuelle action en justice. Chaque étape doit être documentée et datée avec soin. La patience a des limites, et la loi fournit les outils pour sanctionner l'inertie. ### Étape 1 : la relance écrite et la mise en demeure La première action formelle est l'envoi d'une lettre de mise en demeure au syndic, par courrier recommandé avec accusé de réception. Rédigée par le président du conseil syndical (ou tout autre copropriétaire), elle doit : - Rappeler la décision exacte votée en AG, en citant la date et le numéro de la résolution. - Constater l'absence d'exécution à ce jour. - Exiger l'accomplissement des diligences nécessaires (lancement des appels d'offres, etc.) dans un délai précis et raisonnable (par exemple, **15 jours** ou **un mois**). - Mentionner qu'à défaut d'exécution dans ce délai, une procédure judiciaire pourra être engagée. Cette lettre a une valeur juridique : elle fait courir les intérêts de retard et constitue un préalable obligatoire à de nombreuses actions en justice. ### Étape 2 : saisir le président du tribunal judiciaire en référé Si la mise en demeure reste sans réponse, l'étape suivante est le référé. Il s'agit d'une procédure d'urgence devant le président du tribunal judiciaire. Le but est d'obtenir rapidement une ordonnance qui contraint la partie défaillante à agir. Dans notre cas, le syndicat des copropriétaires (via un avocat) peut demander au juge d'enjoindre le syndic de lancer la consultation des entreprises dans un certain délai, sous peine d'une astreinte. L'astreinte est une pénalité financière par jour de retard (par exemple, **100 € par jour**), très efficace pour vaincre l'inertie. Le référé est adapté aux situations où l'obligation d'agir n'est pas sérieusement contestable, ce qui est le cas pour l'exécution d'une décision d'AG définitive. ### Étape 3 : l'action au fond pour inexécution Pour les cas plus complexes ou si le syndicat des copropriétaires a subi un préjudice du fait du retard (par exemple, une aggravation des désordres, une perte de subvention), une action au fond peut être nécessaire. Plus longue et plus coûteuse que le référé, elle permet de juger l'affaire sur le fond. Le tribunal pourra non seulement ordonner l'exécution forcée des travaux, mais aussi condamner le responsable (le syndic ou le copropriétaire défaillant) à verser des dommages-intérêts au syndicat. Cette procédure est également celle à utiliser pour demander la révocation judiciaire du syndic pour faute. ## Non-respect par un copropriétaire : les outils spécifiques Quand le blocage vient d'un copropriétaire qui refuse d'appliquer une décision collective (refus de laisser accès à son lot, maintien d'une installation non autorisée…), la procédure comporte des spécificités. Le syndic, en tant que représentant du syndicat, est en première ligne pour agir. > ⚠️ **Erreur courante** : Penser qu'une simple lettre de mise en demeure, même recommandée, suffira à faire plier un copropriétaire récalcitrant. Beaucoup de syndics s'arrêtent à ce stade, ce qui fait perdre un temps précieux et peut laisser une situation illicite perdurer pendant des années. La conséquence est une dégradation des relations et un sentiment d'impuissance pour les autres résidents. Une action plus rigoureuse est indispensable pour montrer la détermination du syndicat à faire respecter le vote. ### Le constat d'huissier : pourquoi il est indispensable Avant toute action en justice, le syndic doit mandater un commissaire de justice (anciennement huissier de justice) pour dresser un constat. Ce professionnel du droit se déplacera pour constater matériellement l'infraction : la présence de la véranda non autorisée, le refus d'ouvrir la porte pour les travaux, etc. Le procès-verbal de constat qu'il établit est un acte authentique qui a une force probante très élevée devant un tribunal. C'est la pièce maîtresse qui objectivera la faute du copropriétaire et rendra la demande en justice difficilement contestable. Sans ce constat, la preuve de l'infraction est beaucoup plus faible. ### Responsabilité civile et dommages-intérêts Sur la base du constat d'huissier, le syndic (assisté d'un avocat) peut assigner le copropriétaire fautif devant le tribunal judiciaire. Il demandera au juge d'ordonner l'exécution forcée de la décision de l'AG sous astreinte (par exemple, la démolition de la construction illégale). En parallèle, il peut demander la condamnation du copropriétaire à verser des dommages-intérêts au syndicat des copropriétaires. Ce dédommagement vise à réparer le préjudice subi par la collectivité, qui peut être matériel (frais engagés) ou moral (trouble de jouissance pour les autres habitants). ## Faute du syndic : engager sa responsabilité et changer de prestataire Le syndic a un mandat clair : appliquer les décisions de l'AG. Le fait de ne pas le faire, sans motif légitime et sérieux, constitue une faute dans l'exécution de son contrat. Cette faute ouvre plusieurs voies d'action pour le syndicat des copropriétaires, qui peut décider de sanctionner cette défaillance en se séparant de son prestataire. Le syndicat n'est pas démuni et peut reprendre la main sur la gestion de son immeuble. Il est essentiel que le conseil syndical documente précisément tous les manquements du syndic (dates des relances, copies des courriers, etc.) pour étayer le dossier. Ces preuves seront cruciales pour justifier une éventuelle action. ### Résiliation du contrat de syndic pour faute La non-exécution d'une décision d'AG est une faute grave qui peut justifier la résiliation de son contrat. Si le contrat de syndic le prévoit, une clause de résiliation pour faute peut être activée. Le plus souvent, cependant, il faudra une décision de justice pour obtenir cette résiliation avant l'échéance du mandat. Le syndicat devra alors prouver la gravité des manquements du syndic. Une autre approche consiste à engager la responsabilité civile professionnelle du syndic pour obtenir des dommages-intérêts, en faisant jouer son assurance. Cette action vise à indemniser la copropriété du préjudice causé par l'inertie du gestionnaire. ### Convoquer une AG extraordinaire de révocation La solution la plus directe et souvent la plus efficace est la révocation du syndic. Le conseil syndical, ou des copropriétaires représentant au moins un quart des voix, peuvent [convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/). L'ordre du jour doit porter explicitement sur : - La révocation du syndic actuel pour faute. - La nomination d'un nouveau syndic. La révocation doit être votée à la majorité absolue de l'article 25 de la loi de 1965. Si elle est votée, elle prend effet immédiatement et le nouveau syndic désigné prend le relais, mettant fin au blocage. C'est un signal fort envoyé aux prestataires qui ne respecteraient pas le vote souverain des copropriétaires. Cette démarche est également essentielle en cas d'[ irrégularité convocation assemblée générale copropriété ](/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/), car elle permet de s'assurer de la validité des décisions prises. ## Points de vigilance : délais et prescription Toute action en justice est encadrée par des délais stricts. En matière de copropriété, l'action visant à engager la responsabilité du syndic pour sa gestion ou celle contre un copropriétaire pour non-respect du règlement se prescrit par **cinq ans**, selon le droit commun de la responsabilité contractuelle et extra-contractuelle (article 2224 du Code civil). Le point de départ de ce délai est le jour où le syndicat des copropriétaires a eu connaissance des faits lui permettant d'agir. > 📌 **Important** : Ce délai peut sembler long, mais il est crucial de ne pas attendre. Plus le temps passe, plus il est difficile de rassembler les preuves et plus le préjudice risque de s'aggraver. De plus, l'interprétation du point de départ du délai peut être complexe. Dès qu'un manquement est constaté, il est recommandé de consulter un avocat spécialisé pour évaluer la situation et sécuriser la procédure. Conservez une copie de tous les échanges écrits (courriers, emails) et des procès-verbaux d'AG, car ils seront essentiels pour établir la chronologie des faits. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508509) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000860439) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Irrégularité convocation AG copropriété : vos recours URL: https://copro-guide.fr/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-22 Mot-clé ciblé: irrégularité convocation assemblée générale copropriété Convocation d'AG de copropriété irrégulière ? Découvrez les 7 causes de nullité, les délais pour agir et les recours concrets selon la loi du 10 juillet **Une irrégularité dans la convocation à une AG de copropriété (délai non respecté, documents manquants) peut entraîner la nullité des décisions. L'action en contestation doit être lancée dans les 2 mois suivant la notification du PV. Pour les vices mineurs, il est indispensable de prouver un préjudice personnel au juge.** Une irrégularité dans la convocation à votre assemblée générale de copropriété peut fragiliser, voire annuler, les décisions prises. Fondée sur la loi du 10 juillet 1965, la validité d'une AG repose sur un formalisme strict que le syndic doit impérativement respecter. Cependant, toutes les erreurs ne se valent pas. Certaines entraînent une nullité de plein droit, tandis que d'autres, plus fréquentes, nécessitent de prouver que le manquement vous a causé un réel préjudice pour obtenir gain de cause. Comprendre cette distinction est la clé pour agir efficacement. > **En bref** > > - Le délai légal de convocation à une AG est de 21 jours minimum avant la date de la réunion. > - Toute contestation des décisions de l'AG doit être engagée devant le tribunal dans un délai de deux mois après réception du procès-verbal. > - Seuls les copropriétaires opposants ou absents peuvent contester une décision d'AG. > - Pour de nombreuses irrégularités (délai, documents manquants), il faut prouver un préjudice personnel pour obtenir l'annulation. > - Une résolution votée sur une question non inscrite à l'ordre du jour est systématiquement nulle. ## Ce que la loi exige pour une convocation valide Le bon déroulement de la vie d'une copropriété repose sur le respect scrupuleux des règles encadrant son assemblée générale (AG). La phase de convocation est particulièrement critique, car un vice de forme peut invalider l'ensemble des résolutions adoptées. Le cadre est principalement défini par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967. Ces textes précisent qui peut convoquer, comment et dans quel délai, ainsi que les informations qui doivent impérativement être communiquées aux copropriétaires pour leur permettre de prendre des décisions éclairées. Le respect de ce formalisme n'est pas une simple option. Il garantit le droit à l'information de chaque copropriétaire et assure l'équilibre des pouvoirs au sein de l'immeuble. Une convocation préparée à la hâte ou incomplète ouvre la porte à des contestations qui peuvent paralyser la gestion de la copropriété pendant des mois, voire des années. Il est donc essentiel pour chaque copropriétaire de connaître ces règles de base pour être en mesure de détecter une éventuelle anomalie. ### Qui a le droit de convoquer une AG de copropriété ? En principe, la convocation de l'assemblée générale est une prérogative du syndic de copropriété en exercice. C'est sa mission principale. Toutefois, la loi prévoit des alternatives en cas d'inaction ou de défaillance de sa part. Le conseil syndical peut également convoquer l'AG après avoir mis en demeure le syndic de le faire, sans succès. Enfin, un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un quart des voix de tous les copropriétaires peuvent également demander au syndic de convoquer une AG. En cas de refus ou de silence du syndic, ils peuvent obtenir une autorisation du président du tribunal judiciaire pour la convoquer eux-mêmes. Une convocation émise par une personne n'ayant pas qualité pour le faire constitue un vice de forme majeur. ### Délai minimum et modes d'envoi autorisés La règle d'or est fixée par l'article 9 du décret de 1967 : le délai entre la date de première présentation de la convocation et la date de l'AG doit être d'au moins **21 jours**. Ce délai ne souffre d'aucune exception, sauf si le règlement de copropriété en prévoit un plus long. Attention, il s'agit d'un délai franc : on ne compte ni le jour de la présentation de la lettre, ni le jour de l'assemblée. Il est donc crucial de respecter scrupuleusement le [délai de convocation à une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) pour garantir la validité des décisions. Les modes d'envoi sont limités pour garantir la preuve de la réception : - **Lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR)** : le mode le plus courant. - **Lettre recommandée électronique (LRE)** : possible uniquement avec l'accord exprès et écrit du copropriétaire. - **Remise en main propre contre récépissé ou émargement** : une méthode plus rare, mais légale. L'envoi par lettre simple est une source fréquente d'irrégularité car il n'apporte aucune preuve de la date d'envoi ou de réception. Une [convocation envoyée hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) est l'un des motifs de contestation les plus fréquents. ### Documents obligatoirement joints à la convocation Une convocation n'est pas un simple courrier. Elle doit être accompagnée d'un ensemble de documents permettant à chaque copropriétaire de voter en connaissance de cause. L'absence de ces pièces peut justifier l'annulation des résolutions concernées. Les documents obligatoires varient selon l'ordre du jour, mais incluent généralement : - **L'ordre du jour précis** : chaque question soumise au vote doit être clairement énoncée. - **Les projets de résolutions** pour chaque question. - **Les documents comptables** pour l'approbation des comptes : budget prévisionnel, comptes de l'exercice clos, etc. - **Les devis ou contrats** pour les votes concernant des travaux ou la désignation d'un prestataire (le contrat de syndic, par exemple). - **L'état financier du copropriétaire** et de la copropriété avant l'AG. Le [délai pour inscrire une question à l'ordre du jour](/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/) par un copropriétaire doit également être respecté par le syndic. ## Les irrégularités les plus fréquentes et leurs conséquences Face à un manquement dans la convocation, les conséquences juridiques diffèrent radicalement selon la nature de la faute. La jurisprudence distingue les vices de forme qui sont si graves qu'ils entraînent une nullité absolue, de ceux, plus courants, qui ne peuvent justifier une annulation que si le copropriétaire démontre avoir subi un préjudice direct et personnel. Cette nuance est essentielle, car elle conditionne les chances de succès d'une action en contestation. Une simple erreur matérielle, comme une faute de frappe dans un nom qui ne prête pas à confusion, ne sera jamais sanctionnée par un juge. En revanche, l'oubli de convoquer un copropriétaire est une faute impardonnable. Il est crucial d'évaluer la gravité de l'irrégularité avant d'engager toute procédure. Notre dossier [vice de forme ag copropriété : délais, causes et procédure](/assemblee/vice-de-forme-assemblee-generale-copropriete/) approfondit cette question. Notre dossier [assemblée générale de copropriété 2026 : règles, votes](/charges/assemblee-generale-copropriete-guide/) approfondit cette question. ### Irrégularités entraînant la nullité absolue Certaines erreurs sont considérées comme tellement graves qu'elles vicient l'ensemble de l'assemblée générale ou, a minima, la décision concernée. Dans ces cas, le copropriétaire n'a pas besoin de prouver un préjudice : l'irrégularité suffit à elle-même pour fonder l'action en nullité. - **Absence totale de convocation** d'un ou plusieurs copropriétaires. - **Convocation par une personne non habilitée** (par exemple, un syndic dont le mandat a expiré). - **Vote sur une question non inscrite à l'ordre du jour**. C'est un principe fondamental : l'AG ne peut délibérer que sur les points préalablement communiqués. - **Omission d'une mention substantielle** dans l'ordre du jour qui induit en erreur les copropriétaires sur la portée d'une décision (par exemple, voter des "travaux de toiture" sans préciser qu'il s'agit d'une réfection complète). Pour ces cas, l'annulation de la résolution est quasi-systématique si l'action est menée dans les délais. ### Irrégularités relatives : la preuve du préjudice est indispensable C'est la catégorie la plus vaste et la source de la majorité des litiges. Pour ces manquements, le simple constat de l'erreur ne suffit pas. Le copropriétaire qui agit en justice doit obligatoirement démontrer au juge en quoi cette irrégularité lui a causé un "grief" ou un préjudice. Le lien de cause à effet doit être direct. - **Envoi de la convocation hors délai** (par exemple, 19 jours avant l'AG au lieu de 21). Le préjudice pourrait être l'impossibilité de s'organiser pour être présent ou de mandater quelqu'un. - **Oubli de joindre un document non essentiel** ou un devis parmi plusieurs. Le copropriétaire doit prouver que ce document manquant l'a empêché de voter de manière éclairée. - **Erreur dans l'adresse de convocation** si le courrier est tout de même parvenu, même tardivement. La charge de la preuve repose entièrement sur le demandeur. Sans démonstration d'un préjudice concret, le juge rejettera la demande d'annulation, même si l'irrégularité est avérée. ### Le cas particulier des questions ajoutées en cours d'AG L'ordre du jour est fixé par la convocation et ne peut être modifié en séance. Le fameux point "questions diverses" ne permet en aucun cas de procéder à un vote sur un sujet qui n'y était pas explicitement inscrit. Toute résolution adoptée dans ces conditions est nulle de plein droit. Ce point de l'ordre du jour sert uniquement à des échanges d'informations ou à préparer de futures résolutions pour une prochaine assemblée. Si un sujet important émerge durant les débats, la seule solution légale est de le faire inscrire à l'ordre du jour de la prochaine AG. Les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) sont strictes sur ce point. ## Cas pratique : une convocation envoyée trop tard, que se passe-t-il ? Imaginons une copropriété où le syndic, surchargé, envoie les convocations pour l'AG annuelle le 10 septembre pour une réunion prévue le 28 septembre. Un copropriétaire, M. Dupont, reçoit la lettre recommandée le 12 septembre. Le délai légal de 21 jours francs n'est clairement pas respecté. M. Dupont, qui avait prévu un déplacement professionnel, ne peut ni se libérer ni trouver un mandataire dans un délai aussi court. Pendant l'AG, une résolution coûteuse sur le ravalement de la façade est votée. M. Dupont, absent, souhaite contester. Voici la marche à suivre. ### Étape 1 : constater et dater l'irrégularité La première chose à faire pour M. Dupont est de conserver précieusement la preuve de l'irrégularité. Il s'agit de l'avis de passage du facteur ou, mieux, du suivi en ligne de la lettre recommandée qui indique la date de première présentation. C'est cette date qui fait foi, et non la date à laquelle il est allé chercher le courrier à La Poste. En l'espèce, la présentation a eu lieu le 11 septembre pour une AG le 28. Le décompte est simple : il n'y a que 16 jours francs entre les deux dates, au lieu des 21 requis. L'irrégularité est donc parfaitement établie et datée. ### Étape 2 : adresser une mise en demeure au syndic Avant toute action judiciaire, il est recommandé d'agir à l'amiable. M. Dupont doit envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception au syndic. Dans ce courrier, il exposera factuellement le problème : constat du non-respect du délai de l'article 9 du décret de 1967, preuves à l'appui. Il doit expliquer son préjudice : son absence l'a privé de son droit de vote sur une décision financièrement impactante. Il peut demander au syndic de convoquer une nouvelle assemblée dans les règles. Cette démarche, même si elle n'aboutit pas, démontrera sa bonne foi devant un juge. ### Étape 3 : saisir le tribunal judiciaire dans les délais Le syndic notifie le procès-verbal de l'AG le 10 octobre. À partir de cette date, M. Dupont dispose de deux mois pour agir. Si sa mise en demeure est restée sans réponse ou si le syndic a refusé d'annuler la décision, il doit saisir le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble. L'assistance d'un avocat est obligatoire pour cette procédure. L'avocat assignera le syndicat des copropriétaires (représenté par son syndic) en nullité de la résolution sur le ravalement, en se fondant sur l'irrégularité de la convocation et le préjudice subi. L'issue probable est l'annulation de la décision, car le préjudice (privation du droit de vote sur des travaux coûteux) est généralement considéré comme légitime par les juges dans ce cas de figure. ## Délais pour contester une AG irrégulière : attention aux pièges Agir contre une décision d'assemblée générale est une course contre la montre. La loi a fixé un délai de forclusion très strict pour garantir la stabilité juridique des décisions prises par la collectivité des copropriétaires. Le connaître et le maîtriser est absolument fondamental, car le dépasser, ne serait-ce que d'un jour, rend toute action irrecevable. C'est l'erreur la plus courante et la plus fatale pour un copropriétaire contestataire. Même si l'irrégularité est flagrante et la nullité certaine, une action hors délai sera automatiquement rejetée par le juge, sans même examiner le fond du dossier. Les décisions, même illégales, deviendront alors définitives. ### Le délai de 2 mois : point de départ et calcul Le délai pour agir en contestation est de **deux mois**, comme le stipule l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Le point de départ de ce délai est crucial : il s'agit du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée notifiant le [procès-verbal de l'assemblée générale](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/). Il ne court pas à partir de la date de l'AG elle-même. Le syndic dispose d'un mois après la tenue de l'AG pour effectuer cette notification. Le calcul se fait de date à date : un PV notifié le 15 mars peut être contesté jusqu'au 15 mai. > ⚠️ Attention : Ce délai de deux mois est un délai de procédure. Il faut non seulement avoir saisi un avocat, mais aussi que l'assignation ait été délivrée au syndicat des copropriétaires avant son expiration. Il est donc impératif de ne pas attendre le dernier moment. Après la tenue de l'assemblée, n'oubliez pas que le syndic doit établir un [PV d'assemblée générale de copropriété : modèle PDF gratuit](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) pour consigner toutes les décisions. ### Ce qui se passe si vous dépassez ce délai Si vous laissez passer ce délai de deux mois, les décisions adoptées en assemblée générale sont purgées de tous leurs vices. Elles deviennent définitives et s'imposent à tous les copropriétaires, y compris à ceux qui étaient absents ou qui avaient voté contre. Il sera alors impossible de revenir dessus, même si la convocation était entachée d'une irrégularité majeure susceptible d'entraîner une nullité absolue. Le droit d'agir en justice est tout simplement éteint. C'est pourquoi la réactivité est la première qualité d'un copropriétaire qui envisage une contestation. Attendre ou négocier trop longtemps avec le syndic sans lancer la procédure est un piège à éviter absolument. ### Qui peut agir : copropriétaires présents, absents ou opposants ? Tout le monde ne peut pas contester les décisions d'une AG. La loi réserve ce droit à deux catégories de copropriétaires : - **Les copropriétaires opposants** : ceux qui ont voté "contre" une résolution. Leur opposition doit être clairement mentionnée dans le procès-verbal. - **Les copropriétaires défaillants** : ceux qui étaient absents et non représentés lors du vote de la résolution (ou représentés mais avec un mandat ne donnant pas de consigne de vote précise). En revanche, un copropriétaire qui a voté "pour" une décision ou qui s'est abstenu perd son droit de la contester en justice. L'abstention est considérée par les tribunaux comme une absence de prise de position, et non comme une opposition. Il est donc crucial de bien faire porter sa voix "contre" au PV si l'on envisage une future contestation. De plus, pour toute action de contestation, il est primordial de connaître les [délais pour contester une décision d'AG de copropriété](/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/). ## Recours amiables et judiciaires : quelle voie choisir ? Lorsqu'une irrégularité est constatée, la saisine du tribunal n'est pas la seule option, ni forcément la première à envisager. Une démarche graduée, commençant par des recours amiables, peut parfois suffire à régler le litige tout en préservant des relations apaisées au sein de la copropriété. Cela permet également de formaliser sa position et de préparer un éventuel dossier judiciaire si ces premières tentatives échouent. L'objectif est de notifier officiellement le syndic du problème et de lui demander de prendre les mesures correctives qui s'imposent, comme la convocation d'une nouvelle assemblée. Ces démarches, bien que non obligatoires pour toutes les procédures, sont souvent un préalable recommandé. ### La mise en demeure au syndic : modèle et ton à adopter La première étape consiste à envoyer au syndic une lettre de mise en demeure en recommandé avec accusé de réception. Ce courrier doit être factuel, précis et non polémique. - **Rappel des faits** : date de l'AG, date de réception de la convocation. - **Fondement juridique** : citez l'article de loi ou de décret qui n'a pas été respecté (ex: article 9 du décret de 1967 pour le délai de 21 jours). - **Description du préjudice** : expliquez clairement en quoi l'irrégularité vous a lésé (impossibilité d'assister, de vous informer, de préparer des arguments...). - **Demande claire** : sollicitez l'annulation de la décision litigieuse et/ou la convocation d'une nouvelle AG dans les règles. - **Mention du délai de 2 mois** : précisez qu'à défaut de réponse satisfaisante, vous saisirez le tribunal compétent dans le délai légal. Ce courrier constitue un avertissement formel et une base solide pour une future action en justice. ### La conciliation préalable obligatoire Pour certains litiges en copropriété, notamment ceux portant sur le paiement des charges et dont l'enjeu financier est inférieur à 5 000 €, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est un préalable obligatoire avant de saisir le juge. Bien que les actions en nullité d'AG pour vice de forme ne soient pas toujours soumises à cette obligation, y recourir peut être une solution constructive. Faire appel à un conciliateur de justice (démarche gratuite) ou à un médiateur peut aider à trouver un accord avec le syndic et le syndicat des copropriétaires, évitant ainsi un procès long et coûteux. ### La saisine du tribunal judiciaire Si les démarches amiables n'aboutissent pas et que vous êtes toujours dans le délai de deux mois, le recours judiciaire est la dernière option. L'action doit être menée devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. > 📌 Important : L'assistance d'un avocat est généralement obligatoire pour ce type de procédure. Il est le seul habilité à rédiger et à délivrer l'assignation au syndicat des copropriétaires. Le coût d'une telle procédure peut être significatif (honoraires d'avocat, frais d'huissier, éventuels frais d'expertise) et sa durée peut s'étendre sur plusieurs années. Il est donc essentiel de bien évaluer ses chances de succès avec un professionnel avant de s'engager. ## Ce que dit la jurisprudence : la nullité n'est pas automatique Il est tentant de penser qu'une règle non respectée entraîne une sanction automatique. En matière de droit de la copropriété, la réalité est plus nuancée. La jurisprudence constante montre que les juges du fond disposent d'un pouvoir souverain d'appréciation. Ils ne se contentent pas de constater l'existence d'une irrégularité ; ils en évaluent la portée et les conséquences concrètes. Un copropriétaire qui invoquerait un vice de forme mineur sans avoir subi le moindre préjudice a très peu de chances d'obtenir l'annulation d'une décision d'assemblée générale. Cette approche pragmatique vise à éviter que la vie de la copropriété ne soit paralysée par des contestations abusives ou dilatoires fondées sur des détails techniques. Les tribunaux cherchent à savoir si les droits du copropriétaire (droit à l'information, droit de vote) ont été réellement bafoués. La simple possibilité d'un grief ne suffit pas, il faut un grief réel. Avant d'engager une procédure, il est donc primordial de s'interroger objectivement : cette erreur du syndic m'a-t-elle véritablement empêché de défendre mes intérêts ? Si la réponse est non, l'action est probablement vouée à l'échec. Cet article ne remplace en aucun cas la consultation d'un avocat spécialisé. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508594) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000701950) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Conservation convocation AG copropriété 2026 : durée URL: https://copro-guide.fr/assemblee/faut-il-conserver-convocation-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-08-22 Mot-clé ciblé: faut il conserver convocation assemblée générale copropriété Faut-il conserver la convocation d'assemblée générale de copropriété ? Durée légale, documents associés et erreurs à éviter : le guide complet en 2026. **Bien qu'aucune loi n'oblige un copropriétaire à conserver sa convocation d'assemblée générale, il est fortement recommandé de l'archiver pendant 10 ans. Ce document est une preuve cruciale pour contester une décision, notamment pour vérifier la conformité de l'ordre du jour et le respect des délais.** La question de savoir s'il faut conserver la convocation d'assemblée générale de copropriété est essentielle pour tout propriétaire. Si la loi n'impose aucune durée de conservation au copropriétaire lui-même, la prudence dicte une réponse claire : oui, et pour une longue période. Il est recommandé de l'archiver au moins 10 ans. Ce document, souvent négligé une fois l'AG passée, est en réalité une pièce maîtresse pour défendre vos droits et contester une décision jugée irrégulière. Il constitue, avec le procès-verbal, la mémoire juridique des décisions qui impactent votre patrimoine. ## Ce que contient une convocation d'AG de copropriété (et pourquoi cela compte) Avant de décider de son sort, il est crucial de comprendre ce qu'est une convocation d'assemblée générale. Bien plus qu'une simple invitation, c'est un acte juridique fondamental qui encadre la prise de décision au sein de la copropriété. Son contenu est strictement réglementé par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967. Sans ces informations, l'assemblée générale pourrait voir ses décisions annulées en justice. Ce document est la pierre angulaire de l'information du copropriétaire. Il lui permet de préparer l'assemblée, de comprendre les enjeux des votes à venir et de mandater un représentant en connaissance de cause s'il ne peut être présent. La présence de l'ordre du jour est particulièrement critique : en principe, l'assemblée ne peut délibérer que sur les questions qui y sont explicitement inscrites. Conserver ce document, c'est donc garder une preuve de ce qui devait être débattu et voté. ### Les mentions obligatoires imposées par la loi Pour être valide, la convocation doit impérativement comporter plusieurs mentions, comme le précise le portail service-public.fr (fiche F2615, 2026). Chaque copropriétaire doit recevoir un document indiquant : - **Le lieu, la date et l'heure** de la réunion. - **L'ordre du jour précis**, qui liste chaque question soumise au vote des copropriétaires. - **Les modalités de consultation des pièces justificatives** des charges. À cette convocation sont joints les documents nécessaires à l'information des copropriétaires, notamment les projets de résolutions, les devis pour les travaux, le projet de budget, etc. L'oubli d'une de ces mentions ou d'un document obligatoire peut entraîner la nullité de l'assemblée ou de la décision concernée. ### Convocation papier ou dématérialisée : même valeur probante ? Que vous la receviez dans votre boîte aux lettres ou par email, la convocation a la même force. La loi permet l'envoi dématérialisé de la convocation, à condition que le copropriétaire ait donné son accord exprès par écrit. Une fois cet accord donné, la notification par voie électronique est parfaitement légale et a la même valeur probante qu'une lettre recommandée avec accusé de réception. Il est donc tout aussi important de conserver les convocations reçues par email et leurs pièces jointes que les versions papier. En cas de litige, un simple fichier PDF pourra servir de preuve, au même titre qu'un courrier officiel. Pensez à les archiver dans un dossier spécifique sur votre ordinateur ou un service de stockage en ligne sécurisé. ## Qui est légalement tenu de conserver la convocation : le syndic ou le copropriétaire ? Une confusion règne souvent sur les responsabilités de chacun. La loi distingue très clairement le rôle du syndic de celui du copropriétaire. Le premier a une obligation légale de conservation des archives, tandis que le second a un intérêt pratique à le faire. Comprendre cette distinction est la clé pour une bonne gestion de ses documents personnels. Sur le même sujet, notre article [modèle convocation assemblée générale copropriété 2026](/assemblee/modele-convocation-assemblee-generale-copropriete/) complète cette analyse. Le syndic agit en tant que mandataire du syndicat des copropriétaires. À ce titre, il est le garant de la mémoire administrative et juridique de l'immeuble. Sa mission ne se limite pas à l'organisation des AG, mais s'étend à la conservation de tous les documents qui en découlent. Pour le copropriétaire, la démarche est personnelle et relève de la prévoyance. Personne ne viendra lui reprocher d'avoir jeté une vieille convocation, mais il pourrait amèrement le regretter en cas de désaccord sur une décision prise des années auparavant. ### Le syndic : dépositaire légal des archives de la copropriété Le syndic, qu'il soit professionnel ou bénévole, est le **dépositaire légal des archives** de la copropriété. Cette obligation est clairement définie par service-public.fr (fiche F31672, 2026). Cela signifie qu'il a la charge de conserver durant tout son mandat l'ensemble des documents relatifs à la gestion de l'immeuble. Cette liste inclut, entre autres : - Les convocations et ordres du jour des assemblées générales. - Les feuilles de présence. - Les procès-verbaux (PV) des décisions. - Les annexes comptables et les contrats des prestataires. En cas de changement de syndic, l'ancien mandataire a l'obligation de transmettre l'intégralité de ces archives à son successeur. Le copropriétaire peut donc, en théorie, se tourner vers le syndic en place pour consulter un ancien document. ### Le copropriétaire : aucune obligation légale, mais un intérêt fort Contrairement au syndic, le copropriétaire n'est soumis à **aucune obligation légale** de conserver sa convocation d'AG. Aucun texte de loi ne le lui impose. Cependant, s'en séparer serait une erreur stratégique. La conserver relève de la protection de son propre patrimoine. En effet, l'accès aux archives via le syndic peut parfois être lent ou compliqué. Disposer de ses propres copies permet une réactivité immédiate. C'est le seul moyen de prouver rapidement qu'une [convocation d'assemblée générale a été envoyée hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) ou qu'un sujet a été voté sans être à l'ordre du jour. Avoir son propre dossier, c'est garantir son autonomie et sa capacité à agir vite en cas de besoin. ## Combien de temps conserver une convocation d'assemblée générale ? C'est la question centrale. Si le copropriétaire a tout intérêt à conserver ce document, pour combien de temps doit-il le faire ? La réponse se trouve en croisant les recommandations officielles pour les papiers personnels et les délais de prescription propres au droit de la copropriété. Une approche prudente est toujours à privilégier pour se prémunir contre les litiges à long terme. La durée de conservation doit être pensée en fonction du risque contentieux. Un copropriétaire peut vouloir contester une décision d'AG (délai de deux mois), mais un litige plus large concernant l'application de cette décision ou des charges afférentes peut survenir bien plus tard. La conservation de la convocation initiale est alors essentielle pour retracer l'origine de l'obligation contestée. C'est pourquoi se limiter au seul délai de contestation de l'AG serait une vision à trop court terme. ### Le tableau officiel de conservation des papiers personnels Le portail du ministère de l'Économie (economie.gouv.fr) publie un tableau récapitulatif des durées de conservation des papiers personnels. Si les documents liés à la copropriété n'y figurent pas sous une ligne dédiée, on peut s'inspirer des délais applicables à l'immobilier. Par exemple, les documents liés à un achat immobilier (titre de propriété) sont à conserver indéfiniment. Les charges de copropriété se prescrivent par 5 ans. Un appel de fonds pour des travaux votés en AG il y a 4 ans pourrait être contesté. Pour ce faire, il faudrait pouvoir vérifier la régularité de la décision initiale, d'où l'intérêt de conserver la convocation correspondante. Le tableau officiel constitue une base, mais la spécificité de la copropriété incite à une plus grande prudence. ### La règle des 10 ans comme repère prudent La recommandation la plus sûre est de s'aligner sur le délai de prescription de droit commun, qui est de 10 ans en matière de copropriété pour les actions personnelles entre copropriétaires ou entre un copropriétaire et le syndicat. Ce délai est fixé par l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Conserver chaque convocation, avec son ordre du jour et le [PV d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/) correspondant, pendant **10 ans** est donc la pratique la plus prudente. Cela couvre la quasi-totalité des litiges qui pourraient survenir. Passé ce délai, les chances de voir une action engagée sur la base de cette assemblée générale deviennent extrêmement faibles. Cet archivage méthodique constitue une assurance juridique à faible coût. ## Cas pratique : à quoi sert concrètement une convocation conservée ? Pour bien comprendre l'utilité de conserver une vieille convocation, rien ne vaut un exemple concret. Imaginons une situation de litige où ce simple papier devient la pièce maîtresse d'une action en justice. Loin d'être un document purement administratif, il révèle son importance lorsque les intérêts des copropriétaires divergent et qu'une décision prise en assemblée est remise en cause. La convocation n'est pas seulement une invitation, c'est le contrat qui définit le champ des discussions et des votes. Tout ce qui sort de ce cadre est potentiellement illégal. Le copropriétaire vigilant qui a conservé ce document détient la clé pour faire valoir ses droits, alors que celui qui l'a jeté se retrouve démuni, dépendant du bon vouloir et de l'organisation du syndic en place pour retrouver la preuve de l'irrégularité. ### Scénario : contestation d'une décision de travaux en AG Prenons un cas concret : en juin 2026, l'assemblée générale des copropriétaires de l'immeuble "Les Mimosas" vote des travaux de ravalement de façade pour un montant total de **80 000 €**. Madame Dubois, propriétaire d'un appartement, est opposée au projet qu'elle juge trop coûteux et non prioritaire. Elle était absente lors du vote. En recevant le PV, elle décide de contester la décision. Elle ressort sa convocation d'AG et constate que l'ordre du jour mentionnait simplement "Point sur l'état de la façade", sans préciser qu'un vote sur un projet chiffré de ravalement aurait lieu. Forte de cette preuve, elle peut saisir le tribunal dans les deux mois prévus par la loi pour demander l'annulation de cette résolution. Sans la convocation, sa contestation serait beaucoup plus difficile à étayer. Elle démontre ici que le vote a été irrégulier, car les copropriétaires n'ont pas été mis en mesure de préparer leur décision sur un projet aussi impactant. ### Convocation + PV : le duo de preuves indispensable Ce cas pratique le montre : la convocation et le procès-verbal (PV) sont indissociables. - La **convocation** (avec l'ordre du jour) prouve ce qui *devait* être discuté et voté. C'est la preuve de la régularité de la procédure en amont. - Le **PV** prouve ce qui *a été* discuté et voté. C'est la retranscription des décisions. Pour contester une décision, il faut souvent démontrer une discordance entre les deux. Par exemple, un vote qui ne figurait pas à l'ordre du jour, ou des [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) non respectées. Conserver uniquement le PV, c'est comme garder la fin d'une histoire sans le début : on a le résultat, mais on ne peut plus prouver comment on y est arrivé. L'archivage conjoint de ces deux documents est la seule garantie d'une protection juridique complète. ## L'erreur courante à ne pas commettre : jeter la convocation après l'AG L'une des erreurs les plus fréquentes est de considérer la convocation comme un simple papier à jeter une fois que l'on a pris connaissance de la date de la réunion ou, au plus tard, après la tenue de l'AG. Beaucoup de copropriétaires pensent que seul le procès-verbal, qui acte les décisions, a une réelle valeur juridique et mérite d'être conservé. C'est une méconnaissance des rouages juridiques de la copropriété qui peut coûter cher. Cette pratique expose le copropriétaire à une vulnérabilité en cas de conflit. Sans la convocation, il perd un moyen de pression et de preuve essentiel. Un syndic peu scrupuleux ou simplement désorganisé pourrait avoir du mal à retrouver le document, paralysant ainsi toute action en justice de la part du copropriétaire. Conserver ce document est un réflexe simple qui renforce considérablement sa position. Pour rappel, le respect du [délai de convocation à une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) est une condition sine qua non de sa validité. ### Pourquoi le PV seul ne suffit pas Le procès-verbal est la photographie des décisions prises à un instant T. Il ne dit rien des conditions dans lesquelles l'assemblée a été convoquée. Or, la validité d'une décision dépend autant du vote lui-même que de la régularité de la procédure qui y a mené. La convocation est la seule preuve qui permet de vérifier plusieurs points de procédure cruciaux : - **Le respect du délai légal de convocation** (21 jours minimum avant l'AG, en principe). - **L'exhaustivité de l'ordre du jour** : seuls les points qui y sont listés peuvent faire l'objet d'un vote. - **La bonne information des copropriétaires** : les documents nécessaires au vote étaient-ils bien joints ? Le PV ne contient aucune de ces informations. Sans la convocation, impossible de soulever ces arguments. Le non-respect du délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire peut rendre les décisions prises contestables. Il est important de vérifier que l'ordre du jour respecte le [délai d'ordre du jour d'AG de copropriété](/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/) pour une bonne préparation. ### Ce que vous risquez concrètement en cas de litige Concrètement, en jetant votre convocation, vous vous privez du droit de contester une décision sur la base d'un vice de forme. Si des travaux très coûteux sont votés alors qu'ils n'étaient pas clairement à l'ordre du jour, vous ne pourrez pas le prouver facilement. Vous serez contraint de payer votre quote-part de charges sans pouvoir faire annuler le vote. En cas de litige avec un autre copropriétaire ou avec le syndicat, vous serez en position de faiblesse. Par exemple, si un voisin conteste la légalité de travaux que vous avez fait autoriser en AG, votre convocation et le PV prouveront que la procédure a été respectée. Sans elle, votre défense est affaiblie. Conserver ce document est donc un acte de bonne gestion et de protection de votre investissement immobilier. ## Les bons réflexes pour archiver ses documents de copropriété Une bonne organisation est la clé pour ne pas se laisser déborder par la paperasse et pour retrouver facilement un document plusieurs années après. Mettre en place un système de classement simple, qu'il soit physique ou numérique, vous fera gagner un temps précieux et vous évitera bien des tracas en cas de besoin. L'important est d'être systématique et de traiter les documents dès leur réception. L'archivage ne doit pas être une corvée. Il s'agit de créer une habitude simple : à chaque assemblée générale correspond un dossier. Cette méthode permet de conserver un historique clair et accessible des décisions et des discussions qui ont façonné la vie de votre immeuble. C'est aussi un atout considérable en cas de revente de votre bien, pour fournir à l'acquéreur un historique limpide de la copropriété. ### Format numérique : comment garantir la pérennité de l'archive La méthode la plus simple et la plus efficace est de créer un dossier (un classeur physique ou un répertoire sur votre ordinateur) pour chaque assemblée générale, nommé par sa date (par exemple "AG 2026-06-15"). Dans ce dossier, rassemblez systématiquement : - **La convocation** et la lettre qui l'accompagne. - **L'ordre du jour détaillé** et toutes ses annexes (devis, contrats, etc.). - **Le procès-verbal** (PV) de l'assemblée, une fois que vous l'avez reçu. - **La feuille de présence**, si elle est communiquée. De cette manière, vous disposez d'un dossier complet pour chaque AG, facile à consulter. Classez ensuite ces dossiers par ordre chronologique. Cette rigueur vous permettra de retrouver n'importe quelle information en quelques minutes, même 8 ans plus tard. ### Format numérique : comment garantir la pérennité de l'archive Avec la dématérialisation, l'archivage numérique est devenu courant. Pour garantir sa fiabilité sur le long terme, quelques précautions s'imposent. - **Nommez les fichiers clairement** : utilisez une convention de nommage comme `2026-06-15_Convocation_AG.pdf` ou `2026-06-15_PV_AG.pdf`. - **Utilisez un format pérenne** : le PDF est le standard le plus sûr pour l'archivage de documents textes. - **Faites des sauvegardes régulières** : ne conservez pas vos archives sur un seul support. Utilisez un disque dur externe, une clé USB et/ou un service de stockage en ligne (cloud) pour diversifier les sauvegardes et vous prémunir contre une panne matérielle ou un piratage. Un bon archivage numérique est tout aussi fiable qu'un archivage papier, à condition de le maintenir avec rigueur. Il offre en plus l'avantage de pouvoir retrouver un document par une simple recherche par mot-clé. > **Points clés** > > - Pour le copropriétaire, la conservation de la convocation d'AG n'est pas une obligation légale, mais une recommandation de prudence. > - La durée de conservation conseillée est de 10 ans, alignée sur le délai de prescription de droit commun en copropriété. > - Le syndic, lui, a l'obligation légale de conserver toutes les archives de la copropriété, y compris les convocations. > - La convocation est la preuve indispensable pour contester une décision votée sur un point non inscrit à l'ordre du jour. > - Le procès-verbal (PV) seul ne suffit pas ; la convocation atteste de la régularité de la procédure en amont du vote. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2636) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31672) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/mes-droits-conso/bien-consommer/quels-sont-les-delais-de-conservation-de-vos-papiers-personnels) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000044074302) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061423/2026-02-09) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Tantièmes copropriété : barème, calcul et plafond 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/tantiemes-copropriete-calcul-bareme/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-06 Mot-clé ciblé: tantièmes copropriété Les tantièmes de copropriété déterminent vos charges et vos droits de vote. Découvrez le calcul précis, le barème en vigueur et les règles de modification. **Les tantièmes de copropriété correspondent à la part de propriété des parties communes attribuée à chaque lot, exprimée en millièmes (ou dix-millièmes) dans le règlement de copropriété. Fixés par un géomètre-expert selon quatre critères (superficie, situation, nature, confort), ils servent à répartir les charges générales et à déterminer le nombre de voix de chaque copropriétaire en assemblée générale (service-public.fr, loi du 10 juillet 1965).** Les tantièmes de copropriété déterminent combien vous payez de charges et combien votre voix pèse en assemblée générale. Ils correspondent à la part de propriété des parties communes attachée à chaque lot, exprimée en millièmes (ou dix-millièmes) et fixée dans le règlement de copropriété. Pourtant, beaucoup de copropriétaires confondent tantièmes généraux et tantièmes de charges spéciales, ce qui peut fausser un vote ou une contestation. Voici ce qu'il faut savoir pour lire votre état descriptif de division sans erreur.

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LotType de lotSurface approx.Situation dans l'immeubleTantièmesPart des charges générales
Studio au rez-de-chausséeStudio20 m²RDC, vis-à-vis sur rue60 /10006 %
Appartement moyen (3 pièces)Appartement 3 pièces65 m²2e étage, double orientation140 /100014 %
Grand appartement avec terrasseGrand appartement (5 pièces)110 m²Dernier étage, terrasse, vue dégagée220 /100022 %
Local commercial au rez-de-chausséeLocal commercial45 m²RDC, accès indépendant100 /100010 %
## Tantièmes de copropriété : de quoi parle-t-on exactement ? Les tantièmes correspondent à la part de propriété des parties communes possédée par chaque copropriétaire. Ce principe est ancré dans la loi du 10 juillet 1965, texte fondateur du statut de la copropriété en France. Concrètement, l'immeuble est découpé en lots (appartements, caves, parkings) et chaque lot se voit attribuer une fraction des parties communes : couloirs, escaliers, ascenseur, local poubelles, jardin, toiture, façade. Cette fraction est exprimée en millièmes, parfois en dix-millièmes pour les grandes copropriétés. L'ensemble des lots totalise toujours **1 000 millièmes** (ou 10 000). Le calcul initial est réalisé par un géomètre-expert lors de la mise en copropriété. Quatre critères entrent en ligne de compte : la superficie du lot, sa situation dans l'immeuble (étage, orientation, vue), sa nature (habitation, cave, garage, commerce) et son niveau de confort (lumière, accès, équipements). Ces critères sont pondérés ; un appartement au dernier étage avec terrasse pèsera davantage qu'un studio en rez-de-chaussée sur cour. > 💡 À noter : Les tantièmes sont figés dans le règlement de copropriété et son annexe (état descriptif de division). Ils ne peuvent être modifiés qu'à l'occasion d'un vote en assemblée générale, jamais unilatéralement par un copropriétaire. ### Tantièmes, millièmes, quote-part : mêmes mots, même réalité Dans le langage courant, on parle indifféremment de tantièmes, de millièmes ou de quote-part de parties communes, mais ils désignent la même réalité juridique. Un lot qui détient **100/1 000** possède **10 %** des parties communes. Cette valeur relative est la clé universelle de répartition dans la copropriété. Que le syndic appelle des fonds pour le ravalement de façade ou que le président de séance compte les voix pour élire le nouveau syndic, c'est toujours ce ratio qui pilote la contribution de chaque copropriétaire. La confusion vient parfois de l'expression « quote-part » qui, dans d'autres contextes juridiques (indivision successorale par exemple), obéit à des règles différentes. En copropriété, la quote-part de parties communes est indissociable du lot : on ne peut pas vendre son appartement sans vendre simultanément la quote-part de parties communes qui y est attachée. ### Où figurent vos tantièmes ? Le règlement de copropriété et ses annexes Vos tantièmes figurent dans l'état descriptif de division, une annexe obligatoire du règlement de copropriété. Ce document liste chaque lot avec son numéro, sa nature, sa situation et surtout son nombre de tantièmes. Lors d'un achat immobilier, le notaire vous remet ce document dans le dossier de copropriété. En cours de détention, vous pouvez le consulter à tout moment auprès du syndic, qui a l'obligation de le conserver. La loi du 10 juillet 1965 impose que ce règlement et ses annexes soient publiés au fichier immobilier, ce qui leur donne une opposabilité à tous. Si vous ne retrouvez pas votre état descriptif de division, demandez une copie au syndic par lettre recommandée : il s'agit d'un document essentiel pour vérifier la cohérence des appels de fonds et préparer vos arguments avant une assemblée générale. ## À quoi servent concrètement les tantièmes ? Les tantièmes ont deux fonctions concrètes dans la vie d'une copropriété. La première, la plus visible au quotidien, est la répartition des charges. La seconde, tout aussi stratégique, est le poids de vote en assemblée générale. Nous détaillons ce point dans [charges copropriété 2026 : prix au m², calcul et leviers](/charges/prix-charges-copropriete-m2-guide/). Ces deux usages obéissent au même principe : votre quote-part de millièmes détermine votre participation financière et votre influence décisionnelle. Un copropriétaire qui détient **120/1 000** supporte 12 % des charges générales et dispose de 12 % des voix. Mais attention : pour certaines charges spéciales, des tantièmes distincts peuvent s'appliquer : nous y reviendrons dans une section dédiée. Pour bien comprendre l'étendue de vos obligations, il est essentiel de maîtriser [comment calculer la quote-part des charges de copropriété](/charges/calculer-quote-part-charges-copropriete/) de votre lot. Pour une vue d'ensemble sur le sujet et pour démystifier la question « qui paie quoi et comment ? », vous pouvez consulter notre guide sur les [Charges en habitat collectif : qui paie quoi et comment ?](/charges/repartition-charges-habitat-collectif/). ### Répartition des charges : chaque copropriétaire paie selon ses tantièmes Les charges générales de copropriété (entretien des parties communes, honoraires du syndic, assurance de l'immeuble, électricité des couloirs, etc.) sont réparties proportionnellement aux tantièmes de chaque lot. Le budget prévisionnel voté en AG est ventilé selon cette grille. Exemple : le budget annuel de charges générales s'élève à **15 000 €**. Un copropriétaire détenant 85/1 000 paiera 15 000 × 85 / 1 000 = **1 275 €** sur l'année. Le syndic appelle ces sommes par trimestre ou par mois, sous forme d'appels de fonds. Les avances de trésorerie réclamées par le syndic obéissent à la même logique : « la somme réclamée à chaque copropriétaire dépend des tantièmes », rappelle service-public.fr (source F896, 2025). Pour la méthode détaillée de calcul des tantièmes, un article dédié décompose chaque étape avec des exemples chiffrés. > 📌 Important : Les charges spéciales (ascenseur, chauffage collectif, eau froide) peuvent suivre une grille de tantièmes différente, prévue dans le règlement. Ne pas confondre les deux grilles : c'est l'erreur la plus fréquente en contestation de charges. ### Votes en assemblée générale : tantièmes = voix En assemblée générale, chaque copropriétaire dispose d'un nombre de voix égal à ses tantièmes, sauf disposition contraire du règlement. Le décompte des voix est réalisé par le bureau de l'AG (président, scrutateurs, syndic) sur la base de la feuille de présence. Pour illustrer le mécanisme : dans une copropriété de 10 copropriétaires totalisant **1 000 millièmes**, une décision soumise à la majorité de l'article 25 est adoptée si au moins **6 copropriétaires détenant 700 millièmes** votent pour (service-public.fr, F2137). Cette règle combine une double condition : un seuil de voix ET un seuil de copropriétaires présents ou représentés. Comprendre le poids réel de ses tantièmes permet d'anticiper les rapports de force en AG et d'identifier les alliances nécessaires pour faire passer : ou bloquer : une résolution. Les décisions les plus lourdes (modification du règlement, surélévation) exigent l'unanimité, ce qui donne un droit de veto à chaque copropriétaire, quel que soit son nombre de tantièmes. > **L'essentiel** > > - Les tantièmes expriment la quote-part de chaque lot dans les parties communes, fixée par un géomètre-expert dans le règlement de copropriété (loi du 10 juillet 1965). > - Ils servent à deux choses : répartir les charges générales et attribuer le nombre de voix de chaque copropriétaire en AG. > - Un copropriétaire détenant 120/1 000 millièmes supporte 12 % des charges générales et dispose de 12 % des voix. > - Les tantièmes de charges spéciales (ascenseur, chauffage collectif) sont distincts des tantièmes généraux : les confondre peut rendre une contestation infondée. > - Toute modification des tantièmes exige un vote en AG (unanimité en principe) et l'intervention d'un géomètre-expert. ## Comment se calculent les tantièmes dans une copropriété ? Le calcul des tantièmes n'est pas une opération que le copropriétaire effectue lui-même, mais il doit en comprendre les principes pour vérifier la cohérence de ce qui figure dans son état descriptif de division. Le géomètre-expert applique une méthodologie codifiée par la pratique professionnelle et encadrée par la loi du 10 juillet 1965. ### Les critères pris en compte par le géomètre-expert Le géomètre-expert pondère quatre critères pour chaque lot : - **Superficie** : surface habitable mesurée selon les normes professionnelles (généralement la surface de plancher). - **Situation** : étage, orientation (sud, nord, double), vis-à-vis, exposition au bruit. - **Nature** : habitation, cave, parking, local commercial, box, grenier. - **Confort** : luminosité, accès (ascenseur desservant ou non l'étage), équipements privatifs (terrasse, balcon), état général au moment de l'établissement du règlement. Ces critères sont pondérés de manière relative. Un même mètre carré n'a pas la même valeur selon qu'il se trouve dans un studio en rez-de-chaussée sur cour ou dans un duplex au dernier étage avec vue panoramique. Le géomètre attribue des coefficients à chaque critère, puis additionne les points pour obtenir la valeur relative du lot dans l'ensemble de la copropriété. Le total des valeurs relatives de tous les lots est ensuite ramené à **1 000** (millièmes) ou **10 000** (dix-millièmes) selon la base choisie par le rédacteur du règlement. ### Tantièmes de charges générales vs tantièmes de charges spéciales La distinction entre tantièmes généraux et tantièmes de charges spéciales est absente de nombreux guides, alors qu'elle est source de litiges fréquents. - **Tantièmes généraux** : ils servent à la répartition des charges communes d'entretien, d'administration et de conservation (art. 10 de la loi du 10 juillet 1965). - **Tantièmes de charges spéciales** : ils s'appliquent aux services collectifs et éléments d'équipement communs qui ne profitent pas à tous les lots de la même manière (art. 10 alinéa 2). L'ascenseur, le chauffage collectif, l'eau froide ou l'antenne collective peuvent ainsi obéir à une grille distincte. Le règlement de copropriété peut prévoir qu'un lot situé au rez-de-chaussée ne contribue pas aux charges d'ascenseur, ou qu'un local commercial participe différemment aux charges de chauffage. Ces grilles spécifiques figurent également dans l'état descriptif de division ou dans une annexe séparée. L'erreur classique : utiliser ses tantièmes généraux pour contester un appel de fonds d'ascenseur, alors que le règlement prévoit des tantièmes spécifiques pour cet équipement. Nous détaillons ce piège plus loin, avec ses conséquences contentieuses. ### Tantième 10 000 ou 1 000 : quelle base choisir ? La base **1 000** est la plus répandue dans les copropriétés françaises de taille moyenne. Elle offre une granularité suffisante : un écart de 1 tantième représente 0,1 % des parties communes. La base **10 000** (dix-millièmes) est généralement retenue pour les copropriétés complexes : immeubles de grande hauteur, ensembles multi-bâtiments, copropriétés horizontales avec des lots très disparates. Elle permet d'affiner la répartition lorsque certains lots représentent moins de 0,1 % de l'ensemble. Le choix de la base n'a aucun impact sur la proportion réelle que représente votre lot. Que votre lot vaille 120/1 000 ou 1 200/10 000, vous détenez toujours 12 % des parties communes. C'est une simple question de précision arithmétique. Pour aller plus loin sur le calcul des tantièmes en copropriété, un article détaillé explique la méthodologie complète avec des formules et des exemples. ## Cas pratique chiffré : comprendre sa quote-part sur 1 000 millièmes Prenons une copropriété fictive de 10 lots totalisant exactement 1 000 millièmes. Un copropriétaire, Monsieur L., possède le lot n° 4, un appartement de 70 m² au 3e étage avec balcon. L'état descriptif de division attribue à ce lot **120/1 000**. Ce cas pratique montre comment ces 120 millièmes se traduisent en euros et en voix, étape par étape. ### Étape 1 : identifier ses millièmes dans le règlement L'état descriptif de division, annexé au règlement de copropriété, est le document de référence. Monsieur L. y trouve son numéro de lot (lot 4), sa désignation (appartement 3e étage gauche), et la colonne déterminante : « Tantièmes : 120/1 000 ». Cette information est invariable hors modification du règlement votée en AG. Elle a été établie par le géomètre-expert lors de la mise en copropriété en 2002 et n'a jamais été révisée depuis. Monsieur L. vérifie également que l'état descriptif mentionne, le cas échéant, des tantièmes de charges spéciales distincts pour l'ascenseur (ici 90/1 000 au lieu de 120, car son étage est moins dépendant de l'ascenseur que les étages supérieurs). ### Étape 2 : calculer sa part de charges Le budget prévisionnel de charges générales voté pour l'exercice 2026 s'élève à **18 000 €**. La part de Monsieur L. se calcule ainsi : 18 000 × 120 / 1 000 = **2 160 €** par an. Le syndic appelle cette somme en quatre versements trimestriels de 540 € chacun. C'est ce mécanisme que rappelle service-public.fr (F896) : « le syndic exige le versement des avances de trésorerie par le biais d'appels de fonds, la somme réclamée à chaque copropriétaire dépend des tantièmes ». Pour les charges d'ascenseur, un budget séparé de **3 000 €** est voté. La grille spécifique attribue 90/1 000 à Monsieur L. Sa contribution ascenseur sera donc de 3 000 × 90 / 1 000 = **270 €** par an, et non 360 € (montant qui résulterait d'une application erronée des 120/1 000 généraux). Pour éviter les mauvaises surprises et garantir l'équité, il est crucial de bien comprendre quelle est la règle de répartition des charges dans une copropriété. Enfin, comprendre la [Part des charges récupérables sur le locataire 2026](/charges/part-locataire-charges-copropriete/) peut vous aider à mieux gérer vos biens en location. Cette différence de 90 €, anodine sur un an, peut représenter plusieurs centaines d'euros de trop-perçu sur une décennie si le copropriétaire ne vérifie pas la grille applicable. Pour comprendre la logique complète de [répartition des charges et de contestation](/charges/repartition-charges-copropriete-guide/), un article dédié approfondit les mécanismes et les délais. ### Étape 3 : vérifier son poids de vote en AG Lors de la prochaine assemblée générale, Monsieur L. dispose de 120 voix sur un total de 1 000. La feuille de présence totalise 8 copropriétaires présents ou représentés, détenant ensemble 820 millièmes. Une résolution soumise à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 doit recueillir au moins 501 voix (majorité des voix de tous les copropriétaires, soit 1 000 / 2 + 1). Avec ses 120 voix, Monsieur L. pèse 14,6 % des voix des présents et 12 % des voix totales. S'il souhaite faire passer une résolution, il doit rallier des copropriétaires représentant au moins 381 voix supplémentaires. S'il souhaite bloquer une résolution, il peut s'allier avec des opposants pour empêcher d'atteindre le seuil requis. Pour une décision exigeant la double majorité de l'article 26 (majorité des copropriétaires en nombre + majorité des deux tiers des voix), le calcul est plus contraignant. Dans notre exemple, il faudrait que 7 copropriétaires sur 10 votent pour, représentant au moins 667 millièmes. Sur ces sujets lourds (délégation de pouvoirs au syndic, travaux importants), le poids des tantièmes se combine avec le nombre de copropriétaires favorables. ## Tableau récapitulatif : calcul des tantièmes selon la taille du lot Pour illustrer la relation entre la taille d'un lot, sa situation et le nombre de tantièmes qui en résulte, voici un tableau comparatif dans une copropriété fictive de 1 000 millièmes. Les valeurs sont purement illustratives : seul le règlement de votre copropriété fait foi. Ces quatre situations montrent comment le géomètre-expert pondère les critères. Le studio en rez-de-chaussée avec vis-à-vis reçoit moins de tantièmes par mètre carré que le grand appartement avec terrasse et vue. Le local commercial, bien que plus spacieux que le studio, se voit attribuer une part modérée car sa nature (commerce) et sa situation (rez-de-chaussée) génèrent une pondération différente. Retrouvez le comparateur interactif ci-dessous pour visualiser ces écarts et les parts de charges correspondantes. ## Erreur courante : confondre tantièmes généraux et tantièmes de charges spéciales La confusion entre tantièmes généraux et tantièmes de charges spéciales est le piège le plus fréquent en copropriété. Elle peut entraîner des contestations infondées, des frais de procédure et des conflits durables entre copropriétaires. En 2026, la Cour de cassation (Chambre civile 3, 4 juin 2026) a rappelé que le statut de la copropriété, d'ordre public, s'applique à tout immeuble bâti à usage d'habitation dont la propriété est répartie par lots. Ce rappel inclut implicitement l'obligation de respecter les grilles de tantièmes spécifiques prévues par le règlement. ### Le piège des charges spéciales : quels tantièmes s'appliquent ? De nombreux copropriétaires contestent un appel de fonds en brandissant leurs tantièmes généraux, sans avoir vérifié que la charge en question relève d'une grille spéciale. Deux cas typiques : - Un propriétaire du 1er étage conteste sa quote-part d'ascenseur en invoquant ses 85/1 000 généraux, alors que le règlement prévoit une grille ascenseur qui lui attribue 45/1 000. Sa contestation est mal fondée en droit. - Un copropriétaire d'un local commercial refuse de participer aux charges de chauffage collectif en s'appuyant sur ses tantièmes généraux, sans consulter la grille spécifique qui l'exonère partiellement. Dans les deux cas, l'absence de vérification préalable de l'état descriptif de division conduit à une contestation qui sera rejetée, avec possible condamnation aux dépens si la procédure va jusqu'au tribunal. > ⚠️ Attention : Avant toute contestation de charges, comparez systématiquement l'appel de fonds reçu avec la grille de tantièmes applicable à cette charge spécifique. Le règlement peut prévoir jusqu'à 5 ou 6 grilles distinctes (générale, ascenseur, chauffage, eau, espaces verts, gardiennage). ### Comment vérifier la cohérence de ses tantièmes avant l'AG ? Quelques vérifications simples avant l'assemblée générale permettent d'éviter les erreurs : 1. **Récupérer l'état descriptif de division complet** auprès du syndic, avec toutes ses annexes. 2. **Identifier toutes les grilles de tantièmes** : générale, mais aussi spéciales (ascenseur, chauffage, etc.). 3. **Pointer son lot dans chaque grille** et noter son nombre de tantièmes pour chaque catégorie. 4. **Comparer avec les appels de fonds reçus** sur l'exercice écoulé. Un écart significatif entre la somme appelée et le calcul théorique (tantièmes × budget / 1 000) doit alerter. 5. **Poser une question écrite au syndic** avant l'AG si un doute subsiste. Le syndic a l'obligation de répondre aux questions inscrites à l'ordre du jour. Cette démarche prend moins d'une heure et sécurise vos interventions en AG. Pour approfondir les règles de [répartition des charges en copropriété multi-bâtiments](/charges/repartition-charges-copropriete-plusieurs-batiments/), un article spécifique traite des cas complexes. ## Modification des tantièmes de copropriété : quand et comment ? Modifier la répartition des tantièmes est une opération lourde, qui ne peut être décidée à la légère. Elle nécessite une procédure encadrée et, sauf exceptions, un vote à l'unanimité des copropriétaires. La modification n'est pas un droit individuel : un copropriétaire qui estimerait ses tantièmes « injustes » ne peut pas exiger une révision unilatérale. Seule l'assemblée générale peut engager cette démarche. ### Les cas qui justifient une révision des millièmes Plusieurs événements peuvent justifier une révision des tantièmes : - **Surélévation** de l'immeuble (ajout de nouveaux lots en toiture), qui modifie la proportion relative de chaque lot existant. - **Changement d'affectation d'un lot**, par exemple la transformation d'un local commercial en habitation. Service-public.fr (F3107) rappelle que ce changement doit respecter la destination de l'immeuble et les droits des autres copropriétaires. - **Erreur matérielle** dans l'état descriptif de division initial (erreur de mesurage du géomètre, omission d'une surface). - **Scission ou fusion de lots**, à la suite de travaux modifiant la configuration intérieure. Dans tous ces cas, la nouvelle répartition doit refléter la valeur relative actualisée de chaque lot, calculée par un géomètre-expert selon les mêmes quatre critères que pour la répartition initiale. ### La procédure : géomètre, AG et modification du règlement La procédure type suit trois étapes : 1. **Vote en assemblée générale**. Le principe est l'unanimité (art. 26 de la loi du 10 juillet 1965), car la modification des tantièmes touche aux droits fondamentaux de chaque copropriétaire. Certaines exceptions légales permettent un vote à la majorité renforcée (modification consécutive à des travaux légalement décidés, par exemple). 2. **Intervention d'un géomètre-expert**. Il recalcule la totalité des tantièmes sur la base des quatre critères, en intégrant les modifications physiques (surélévation, fusion de lots). Son rapport est soumis à l'AG pour approbation. 3. **Modification du règlement de copropriété et de son état descriptif de division**. L'acte modificatif doit être publié au fichier immobilier pour être opposable à tous (futurs acquéreurs inclus). Le coût de l'opération (géomètre-expert + publication) est généralement pris en charge par le ou les copropriétaires à l'origine de la modification, ou intégré aux charges générales si la modification profite à l'ensemble de la copropriété. Si vous souhaitez approfondir vos connaissances, découvrez [comment calculer la répartition des charges](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) de manière précise. Pour une vue d'ensemble sur le [calcul des charges de copropriété](/charges/exemple-calcul-charges-copropriete/), un article avec exemples chiffrés montre l'impact d'une modification de tantièmes sur le budget annuel de chaque copropriétaire. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35451) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F896) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000054256203) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3107) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619)

Fiche pratique

Base 1 000 millièmesTotal standard dans une copropriété ; chaque lot détient une fraction de ce total.
Base 10 000 dix-millièmesUtilisée pour les copropriétés complexes ou à nombreux lots, permet un calcul plus fin.
Critères de fixation (géomètre-expert)Superficie + situation dans l'immeuble + nature du lot + confort.
Double usageRépartition des charges générales ET nombre de voix en assemblée générale.
Distinction cléTantièmes généraux (parties communes) ≠ tantièmes de charges spéciales (ascenseur, chauffage collectif).
ModificationVote en AG à l'unanimité (sauf exceptions légales) + intervention d'un géomètre-expert + modification du règlement publiée au fichier immobilier.
Texte de référenceLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis.
Où trouver ses tantièmesÉtat descriptif de division, annexé au règlement de copropriété (remis lors de l'achat, consultable auprès du syndic).
> Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Travaux urgents copropriété : syndic sans vote AG, délais URL: https://copro-guide.fr/syndic/copropriete-travaux-urgents-syndic-procedure/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-05 Mot-clé ciblé: copropriété travaux urgents Fuite, toiture effondrée, danger immédiat : quand le syndic peut-il décider de travaux urgents sans vote en AG ? Procédure, financement et recours expliqués. **En copropriété, le syndic peut engager seul des travaux urgents sans vote préalable de l'assemblée générale, en vertu de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965. Ce pouvoir est strictement limité aux interventions nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble (fuite massive, danger structurel). Le syndic doit impérativement convoquer une AG sous 15 jours après l'intervention pour faire ratifier la dépense, selon service-public.fr (2026).** Un dégât des eaux un samedi soir. Une toiture qui cède après un orage. Dans ces situations, le syndic de copropriété peut agir sans attendre une assemblée générale. Ce pouvoir d'initiative, prévu par l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965, reste toutefois encadré par une procédure stricte : convocation d'une AG sous 15 jours, reddition de comptes et régularisation du financement. Voici le détail de ce mécanisme, ses limites et les recours possibles pour les copropriétaires. ## Ce que la loi entend par « travaux urgents » en copropriété La notion de travaux urgents en copropriété ne recouvre pas tout ce qui presse. Une réparation nécessaire n'est pas automatiquement une urgence au sens juridique. La distinction est capitale : elle détermine si le syndic peut agir seul ou s'il doit attendre le vote de l'assemblée générale. Un copropriétaire qui se plaint d'un hall mal repeint depuis six mois n'est pas face à une urgence légale. En revanche, une canalisation rompue qui inonde les caves relève bien de ce régime. Le critère central est la **sauvegarde de l'immeuble** : l'intervention doit prévenir un danger immédiat pour le bâti ou ses occupants, ou stopper une dégradation rapide et irréversible. Dans les faits, les tribunaux retiennent une approche restrictive. Le syndic qui qualifie abusivement d'urgence des travaux qui auraient pu patienter jusqu'à la prochaine AG s'expose à voir sa décision contestée et les dépenses rejetées. La jurisprudence exige un **péril réel et imminent**, pas une simple gêne ou un inconfort. ### La définition de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 L'article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis confère au syndic le pouvoir « d'administrer l'immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien et, **en cas d'urgence, de faire procéder de sa propre initiative** à l'exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de celui-ci ». Ce texte fonde le pouvoir d'intervention immédiate du syndic. Il s'agit d'une dérogation au principe général selon lequel les décisions relatives aux travaux sont prises par l'assemblée générale des copropriétaires. Le législateur a prévu cette soupape pour éviter qu'un sinistre ne s'aggrave pendant les semaines ou mois nécessaires à la convocation d'une AG ordinaire. Pour en savoir plus sur les responsabilités générales de cette fonction, vous pouvez consulter notre article dédié au [rôle, obligations et limites du syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/). La formule « sauvegarde de l'immeuble » est délibérément circonscrite. Elle exclut les travaux d'amélioration, de confort ou d'esthétique. ### Exemples concrets : ce qui qualifie (et ce qui ne qualifie pas) l'urgence Plusieurs situations types relèvent sans ambiguïté de l'urgence légale : - **Fuite d'eau massive** : rupture d'une canalisation commune, infiltration en toiture, refoulement d'égout menaçant la structure. - **Danger structurel** : fissuration brutale d'un mur porteur, effondrement partiel, chute d'éléments de façade. - **Panne critique d'équipement collectif** : ascenseur bloqué avec des personnes à l'intérieur, coupure de chauffage en plein hiver dans une résidence de personnes âgées. - **Intrusion ou défaut de sécurité** : porte d'entrée de l'immeuble fracturée, serrure collective hors d'usage. À l'inverse, ces situations ne qualifient pas l'urgence au sens de la loi de 1965 : - **Rénovation esthétique** : ravalement de façade purement décoratif, peinture des parties communes. - **Entretien courant non critique** : remplacement programmé d'un interphone vétuste mais fonctionnel. - **Travaux d'amélioration énergétique** : isolation par l'extérieur sans lien avec un sinistre en cours. Comprendre le rôle, les obligations et les limites du [syndic de copropriété](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000044074302) est crucial pour la bonne gestion de l'immeuble. Pour ces derniers cas, le syndic doit passer par le circuit normal de vote en AG. Les [règles de majorité de vote pour les travaux en copropriété](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/) diffèrent selon la nature et le coût des interventions envisagées. ## Pouvoirs du syndic : agir sans vote, mais sous conditions strictes Le pouvoir d'initiative du syndic en cas d'urgence est réel, mais il n'est ni discrétionnaire ni sans contrôle. Deux obligations post-intervention encadrent strictement ce dispositif. À lire aussi : [loi boutin honoraires syndic travaux 2026 : la règle](/syndic/loi-boutin-honoraires-syndic-travaux/). À lire aussi : [ag copropriété obligatoire : fréquence, délais et règles](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-obligatoire/). Dès que le syndic engage des travaux urgents sans autorisation préalable du syndicat, il doit **rendre compte** de son action. Cela signifie documenter l'urgence (photos, rapport d'expert, devis d'intervention), justifier le choix de l'entreprise retenue et produire les factures. Cette traçabilité est la première protection des copropriétaires contre une dépense abusive. La seconde obligation, impérative, concerne la convocation de l'assemblée générale. Le non-respect de celle-ci constitue l'une des principales sources de contentieux entre syndics et copropriétaires. > ⚠️ Attention : un syndic qui tarde à convoquer l'AG ou ne documente pas l'urgence s'expose à ce que les dépenses soient mises à sa charge personnelle. La jurisprudence considère que le défaut de régularisation dans les délais fait perdre au syndic le bénéfice du régime d'urgence. ### L'obligation de convoquer l'AG sous 15 jours après l'intervention Selon service-public.fr (mise à jour 2026), le syndic doit convoquer une assemblée générale **sous 15 jours** après avoir réalisé des travaux urgents sans autorisation du syndicat des copropriétaires. Cette AG a un objet précis : faire ratifier la décision du syndic et approuver les comptes liés aux dépenses engagées. Les copropriétaires y examinent le bien-fondé de l'urgence, la pertinence des devis et le montant des sommes dépensées. Ils peuvent voter pour ou contre la ratification. Le délai de 15 jours court à compter de la fin de l'intervention, pas de sa découverte. Un syndic qui fait intervenir un couvreur le lundi pour une fuite constatée le samedi doit convoquer l'AG sous 15 jours après l'achèvement des travaux de réparation, et non après la constatation du sinistre. ### L'erreur courante : le syndic qui agit sans traçabilité ni convocation rapide L'erreur la plus fréquente en pratique : le syndic qui fait intervenir un artisan dans l'urgence, règle la facture, puis « oublie » de convoquer l'AG de régularisation. Les mois passent. Lorsque les copropriétaires découvrent la dépense sur leur relevé de charges trimestriel, la contestation devient inévitable. Une autre erreur classique consiste à agir sans preuve de l'urgence. Un simple coup de fil à un plombier ne constitue pas une documentation suffisante. Le syndic prudent fait constater le sinistre par écrit (constat d'huissier en cas de litige potentiel, photos horodatées, rapport d'un technicien). Conséquence concrète d'une absence de traçabilité : si l'AG refuse la ratification faute de justificatifs, le syndic peut être tenu de supporter personnellement le coût des travaux. Cette issue, bien que rare, survient lorsque le syndic a manifestement outrepassé ses pouvoirs ou agi avec négligence. ## Qui paie les travaux urgents en copropriété ? Le financement des travaux urgents obéit à une règle simple : dès lors qu'ils portent sur les parties communes, c'est le **syndicat des copropriétaires** qui en supporte le coût. L'article 18 de la loi de 1965 prévoit que l'indemnité provisionnelle ou définitive liée à la réalisation de travaux d'intérêt collectif est à la charge du syndicat. Concrètement, chaque copropriétaire paie au prorata de ses tantièmes de parties communes, tels qu'ils figurent dans le règlement de copropriété. Un propriétaire détenant 80/1000e paiera 8 % de la facture totale, quel que soit l'étage où le sinistre s'est produit. Deux mécanismes permettent au syndic de mobiliser rapidement les fonds sans attendre le vote de l'AG : le fonds de travaux et, en dernier recours, l'emprunt collectif. ### Le fonds de travaux : filet de sécurité pour l'urgence Depuis la loi ALUR, toutes les copropriétés ont l'obligation de constituer un **fonds de travaux**. Selon service-public.fr (juin 2026), ce fonds sert à financer les dépenses de travaux collectifs à venir. La cotisation annuelle minimale est fixée à **5 % du budget prévisionnel** de la copropriété. En cas d'urgence, le syndic peut puiser dans ce fonds sans autorisation préalable de l'AG. C'est précisément le rôle de ce matelas financier : permettre une intervention rapide sans bloquer la trésorerie du syndicat. > 💡 À noter : le fonds de travaux est un compte distinct des comptes de charges courantes. Le syndic ne peut pas l'utiliser pour payer des dépenses d'entretien ordinaire. Son affectation est strictement limitée aux travaux collectifs, qu'ils soient programmés ou urgents. Si le solde du fonds est insuffisant pour couvrir l'intégralité de la dépense urgente, le syndic procède à un appel de fonds exceptionnel auprès des copropriétaires. Ceux-ci doivent s'acquitter de leur quote-part dans le délai fixé par le syndic, généralement sous 30 jours. ### L'emprunt collectif du syndicat : une alternative si le fonds est insuffisant Quand le fonds de travaux ne suffit pas et que le montant des travaux urgents est élevé, le syndicat peut recourir à l'emprunt collectif. Service-public.fr (2026) précise que ce dispositif permet au syndicat des copropriétaires de financer des travaux pour son compte ou pour certains copropriétaires. L'emprunt collectif présente deux avantages en situation d'urgence : - Il évite un appel de fonds massif que certains copropriétaires pourraient avoir du mal à honorer dans un délai court. - Il lisse la charge dans le temps, chaque copropriétaire remboursant sa quote-part via ses appels de charges. La décision de souscrire un emprunt collectif doit cependant être votée en AG. Le syndic ne peut pas y recourir de sa propre initiative, même en cas d'urgence. En pratique, il avance les fonds via le compte du syndicat (ou, pour les petits montants, sur sa propre trésorerie) et soumet la ratification : et éventuellement l'emprunt : à l'AG convoquée sous 15 jours. ## Cas pratique : fuite de toiture dans une copropriété de 20 lots Prenons un cas concret pour illustrer le mécanisme complet, de la découverte du sinistre jusqu'à la régularisation financière. Ce scénario est construit sur les obligations prévues par l'article 18 de la loi de 1965 et les données de service-public.fr (2026). **Situation** : une copropriété de 20 lots, située en région parisienne. Un dimanche soir de novembre, un copropriétaire du 5e étage signale une infiltration d'eau importante dans son salon, provenant de la toiture-terrasse. Le syndic est alerté le soir même. La chronologie ci-dessous montre comment le dispositif d'urgence s'articule dans le temps réel. ### Chronologie : de la découverte du sinistre à la régularisation en AG **Dimanche soir, jour J** : constatation du sinistre. Le copropriétaire du 5e étage alerte le syndic avec photos à l'appui. **Lundi matin, J+1** : le syndic mandate un couvreur pour une intervention d'urgence (bâchage provisoire de la zone infiltrée). Il prend des photos horodatées et fait établir un constat écrit par le professionnel décrivant la brèche en toiture. **Mardi, J+2** : le couvreur établit un devis de réparation définitive. Le syndic le valide et lance les travaux, en puisant dans le fonds de travaux de la copropriété pour le règlement provisionnel. **Jeudi, J+4** : fin des travaux de réparation. Facture acquittée via le fonds de travaux. **Vendredi, J+5** : le syndic envoie la convocation pour une AG extraordinaire, avec à l'ordre du jour la ratification des travaux urgents et l'approbation des comptes. **Mercredi, J+19** : tenue de l'AG extraordinaire, dans le strict respect du délai de 15 jours à compter de la fin des travaux. Les copropriétaires examinent le rapport du syndic, le devis, la facture. Ils votent la ratification. **J+30** : si le fonds de travaux ne couvre pas la totalité de la dépense, le syndic émet un appel de fonds complémentaire au prorata des tantièmes. ### Répartition des frais entre copropriétaires : le principe des tantièmes Dans notre scénario, la copropriété compte 20 lots. Le règlement de copropriété attribue à chaque lot des tantièmes de parties communes, dont la somme totale est de 10 000/10 000e. Le coût total des travaux de toiture s'élève ici à 9 000 € TTC (intervention d'urgence + réparation définitive). La répartition s'opère mécaniquement : - Un copropriétaire détenant 500/10 000e paie : 9 000 × 500 ÷ 10 000 = **450 €**. - Un copropriétaire détenant 800/10 000e paie : 9 000 × 800 ÷ 10 000 = **720 €**. - Un petit lot de 200/10 000e paie : 9 000 × 200 ÷ 10 000 = **180 €**. Le fonds de travaux, alimenté à hauteur de 5 % du budget prévisionnel annuel (soit ici environ 4 000 € par an pour une copropriété modeste), couvre une partie de la dépense. Le solde : environ 5 000 € : fait l'objet d'un appel de fonds exceptionnel soumis à ratification lors de l'AG du jour J+19. Le copropriétaire sinistré du 5e étage supporte la même quote-part que les autres pour la réfection de la toiture (partie commune). En revanche, la remise en état de son salon dégradé par l'infiltration relève de son assurance habitation personnelle ou, si sa déclaration de sinistre aboutit, d'une prise en charge par l'assurance de la copropriété au titre des dommages causés aux parties privatives. ## Travaux urgents sur parties privatives : un cas particulier L'urgence peut aussi concerner des parties privatives, et la règle change radicalement. L'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que des travaux d'intérêt collectif peuvent être réalisés sur les parties privatives, mais **aux frais du copropriétaire du lot concerné**. Ce cas de figure se présente lorsqu'une intervention urgente sur une partie commune nécessite de traverser ou d'affecter un lot privatif. Par exemple : une colonne d'eau commune fuit à l'intérieur du mur d'un appartement ; il faut casser la cloison du salon pour accéder à la canalisation. La réparation de la canalisation commune est financée par le syndicat. Mais la remise en état de la cloison privative incombe au copropriétaire dont l'appartement a été ouvert. Cette distinction, souvent mal comprise, est source de nombreux litiges. ### Quand l'urgence touche votre appartement : droits et recours du copropriétaire Quand l'urgence touche directement votre appartement, le premier réflexe doit être de distinguer l'origine du sinistre : - **Sinistre provenant des parties communes** (toiture, colonne montante, façade) : la réparation de la cause est à la charge du syndicat. Les dégâts dans votre appartement peuvent être couverts par votre assurance habitation, avec un recours possible contre l'assurance de la copropriété. - **Sinistre provenant de votre lot privatif** (joint de baignoire, robinetterie intérieure) : l'intégralité des réparations est à votre charge. Le syndic n'a pas à intervenir, sauf si la fuite menace les parties communes ou les lots voisins. Dans ce dernier cas, le syndic peut faire procéder aux réparations urgentes et vous en facturer le coût. L'erreur à éviter : attendre l'accord du syndic pour stopper une fuite dans son propre appartement. Chaque copropriétaire a l'obligation de prendre les mesures conservatoires immédiates pour éviter la propagation du sinistre aux autres lots. ## Contester des travaux urgents : ce que vous pouvez faire Un copropriétaire qui estime que les travaux engagés par le syndic n'étaient pas urgents, ou que les montants dépensés sont disproportionnés, dispose de plusieurs voies de recours. La contestation doit cependant être menée rapidement et dans les formes. Le premier niveau de contestation est l'assemblée générale convoquée sous 15 jours. Le copropriétaire peut y voter contre la ratification et faire inscrire son opposition motivée au procès-verbal. Cette inscription est capitale : elle constitue la trace écrite qui permettra, le cas échéant, un recours judiciaire. > ⚠️ Attention : un copropriétaire ne peut pas refuser unilatéralement de payer sa quote-part de travaux urgents ratifiés par l'AG. Le syndic dispose d'un délai de **5 ans** à compter de la date d'exigibilité pour lancer une procédure de recouvrement (source : Boursorama, 2025). Les frais de mise en demeure et de contentieux s'ajoutent alors à la dette initiale. ### Contester la qualification d'urgence : procédure et délais La procédure de contestation se déroule en deux temps : 1. **En assemblée générale** : voter contre la résolution de ratification, faire inscrire nommément son opposition au procès-verbal, et conserver une copie de ce PV dès sa notification. 2. **Devant le tribunal judiciaire** : le copropriétaire opposant dispose d'un délai de **2 mois** à compter de la notification du PV d'AG pour assigner le syndicat. Passé ce délai, la décision de l'AG devient définitive à son égard. Les motifs recevables de contestation judiciaire incluent : - L'absence d'urgence réelle (les travaux auraient pu attendre une AG ordinaire sans risque pour l'immeuble). - Le caractère excessif des dépenses (devis manifestement surfacturé, absence de mise en concurrence). - Le non-respect de la procédure (défaut de convocation de l'AG sous 15 jours, absence de justificatifs). Le juge apprécie souverainement si les conditions de l'article 18 étaient réunies. Il peut annuler la résolution de ratification ou réduire le montant mis à la charge des copropriétaires. ### Le rôle du conseil syndical comme garde-fou Le conseil syndical ne peut pas bloquer des travaux urgents décidés par le syndic. Comme le rappelle le Crédit Agricole (juin 2026), le conseil syndical n'a **pas de pouvoir de décision**. Il assiste et contrôle le syndic, mais seul ce dernier peut agir en cas d'urgence, et seule l'AG peut ratifier ou rejeter son action. Le conseil syndical joue néanmoins un rôle crucial en amont et en aval : - **En amont** : il peut, lors de l'AG annuelle, définir avec le syndic des procédures de gestion des urgences (liste d'artisans agréés, seuils de devis au-delà desquels une contre-expertise est requise). - **En aval** : il examine les justificatifs avant l'AG de régularisation et peut recommander aux copropriétaires de voter pour ou contre la ratification. Son avis, bien que consultatif, pèse dans le débat. Pour les travaux non urgents : par exemple un [ravalement de façade en copropriété](/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/) : le conseil syndical retrouve son rôle classique d'analyse des devis et de recommandation à l'AG. > **Points clés** > > - Le syndic peut engager seul des travaux urgents pour la conservation de l'immeuble, sans vote préalable de l'AG (article 18, loi de 1965). > - Il doit impérativement convoquer une AG sous 15 jours après l'intervention pour faire ratifier les dépenses engagées. > - Le coût est supporté par le syndicat des copropriétaires selon les tantièmes ; le fonds de travaux obligatoire constitue un filet de sécurité. > - Un copropriétaire peut contester la qualification d'urgence en AG, puis devant le tribunal judiciaire dans un délai de 2 mois après notification du PV. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000044074302) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039313590) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31418) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/copropriete-comment-contester-une-decision-dassemblee-generale) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/prix-immobilier/actualites/charges-de-copropriete-peut-on-vous-forcer-a-payer-pour-les-autres-2d5022fcfddaa4ab4dc46ab56ad72409)

Fiche pratique

Base légale des travaux urgentsArticle 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (pouvoir d'initiative du syndic)
Délai de convocation AG après travaux15 jours (source : service-public.fr, 2026)
Fonds de travaux obligatoireCotisation annuelle ≥ 5 % du budget prévisionnel (loi ALUR)
Travaux sur parties privativesAux frais du copropriétaire concerné (article 25, loi de 1965)
Prescription recouvrement charges5 ans à compter de la date d'exigibilité (Boursorama, 2025)
Contestation décision AGDélai de 2 mois après notification du PV (tribunal judiciaire)
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Honoraires syndic sur travaux HT ou TTC : la règle légale URL: https://copro-guide.fr/syndic/honoraires-syndic-travaux-ht-ttc/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-04 Mot-clé ciblé: honoraires syndic sur travaux ht ou ttc Honoraires syndic sur travaux : sont-ils calculés sur le montant HT ou TTC ? Textes de loi, règles de vote en AG et pièges à éviter : tout ce qu'il faut savoir. **Les honoraires de syndic sur travaux sont calculés sur le montant HT du devis de l'entreprise, pas sur le TTC. L'article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965 et l'arrêté du 30 juillet 2021 encadrent cette règle : la base (assiette) est le hors taxes, même si les honoraires sont exprimés en TTC dans le contrat et la résolution soumise au vote. Appliquer le taux sur le TTC gonflerait indûment la facture du syndicat.** Les honoraires de syndic sur travaux sont calculés sur le montant HT du devis, pas sur le TTC. L'article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965 et l'arrêté du 30 juillet 2021 fixent ce cadre : le syndic doit exprimer sa rémunération en TTC dans le contrat, mais l'assiette : la base sur laquelle s'applique le pourcentage ou le forfait : reste le hors taxes. Cette distinction, souvent mal comprise, a des conséquences financières directes pour les copropriétaires : une base TTC gonfle mécaniquement la facture. Voici les règles, les textes et un cas chiffré pour ne plus se faire piéger. > **En bref** > > - L'assiette de calcul des honoraires travaux est le montant HT du devis, jamais le TTC (art. 18-1 A, loi de 1965). > - Les honoraires sont exprimés en TTC dans le contrat type mais le taux s'applique au HT. > - Le syndic ne peut pas fixer sa rémunération travaux sans vote explicite de l'assemblée générale. > - Un taux d'honoraires appliqué au TTC au lieu du HT génère un surcoût disproportionné pour la copropriété. > - Toute résolution votant des honoraires irréguliers peut être contestée dans les 2 mois suivant notification du PV. ## Honoraires de syndic sur travaux : de quoi parle-t-on exactement ? Avant de trancher la question HT/TTC, un détour par les définitions s'impose. Un syndic professionnel perçoit deux types de rémunération, que tout copropriétaire doit savoir distinguer. D'un côté, les honoraires forfaitaires de gestion courante couvrent les tâches ordinaires : tenue de l'assemblée générale annuelle, gestion comptable, appels de fonds, correspondance avec les copropriétaires. Ces honoraires sont définis dans le contrat de mandat et facturés périodiquement : ils figurent dans les charges de fonctionnement. Ces honoraires sont définis dans le contrat de mandat et facturés périodiquement, contribuant ainsi à la [charge de copropriété moyenne](/charges/charge-copropriete-moyenne-comprendre-montants/) du syndicat. De l'autre côté, les honoraires complémentaires : dits aussi « hors forfait » ou « prestations particulières » : rémunèrent des missions qui sortent de la gestion courante. Le suivi de travaux en est l'exemple le plus fréquent. Ces honoraires ne sont pas inclus dans le forfait annuel : ils sont facturés en supplément, projet par projet. La confusion entre ces deux catégories est une source fréquente de litiges. Un copropriétaire qui découvre une ligne « honoraires travaux » sur son relevé de charges sans l'avoir jamais votée est en droit de s'interroger. ### Honoraires forfaitaires vs honoraires complémentaires Le contrat de syndic conforme à l'arrêté du 30 juillet 2021 doit présenter un tableau distinguant clairement les prestations incluses dans le forfait et celles facturées en supplément. Les honoraires forfaitaires sont exprimés en montant annuel TTC par lot. Les honoraires complémentaires, eux, sont listés avec leur mode de calcul : pourcentage du montant HT des travaux, forfait fixe par chantier, ou tarif horaire. Le contrat type impose une présentation uniforme : pour chaque prestation hors forfait, le syndic indique le coût unitaire « € / heure HT, soit € / heure TTC » (arrêté du 30 juillet 2021, publié au JORF). Cette double expression HT/TTC dans le contrat ne doit pas être confondue avec l'assiette de calcul. Le syndic précise son tarif HT puis sa conversion TTC : mais la base sur laquelle il applique ce tarif ou ce pourcentage reste une question distincte, réglée par la loi, pas par le contrat. ### Quels travaux ouvrent droit à des honoraires complémentaires ? Tous les travaux votés en assemblée générale qui excèdent la simple maintenance courante peuvent justifier des honoraires complémentaires. Cela inclut les ravalements de façade, la réfection de toiture, le remplacement d'un ascenseur, la mise en conformité des parties communes, ou encore les travaux d'isolation thermique. Le plan pluriannuel de travaux (PPT), obligatoire dans les copropriétés de plus de 15 ans, programme ces interventions sur 10 ans. Chaque projet inscrit au PPT donne lieu à un vote distinct en AG, et les honoraires de suivi sont votés simultanément. Les travaux d'entretien courant : changement d'une ampoule dans le hall, débouchage d'une canalisation ponctuelle : restent en principe couverts par le forfait de gestion courante, sauf stipulation contraire du contrat. ## HT ou TTC : la base légale pour calculer les honoraires sur travaux La réponse est nette : l'assiette de calcul des honoraires complémentaires pour travaux est le montant HT du devis de l'entreprise. Cette règle ne figure pas dans un article isolé : elle résulte de l'articulation entre l'article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965, l'arrêté du 30 juillet 2021 et le principe général selon lequel une rémunération accessoire ne peut pas être calculée sur une somme intégrant une taxe que le syndic ne reverse pas à l'État. Voir aussi notre article [loi boutin honoraires syndic travaux 2026 : la règle](/syndic/loi-boutin-honoraires-syndic-travaux/). Les honoraires sont exprimés en TTC dans le contrat et dans la résolution soumise au vote. Mais le taux, le forfait ou le coût horaire s'appliquent au montant hors taxes des travaux. Le passage du HT au TTC pour la facturation finale suit la règle classique : honoraires HT × TVA 20 % = honoraires TTC. Le montant HT des travaux ne supporte pas la même TVA que les honoraires (5,5 % ou 10 % pour les travaux de rénovation, 20 % pour les honoraires du syndic). ### Ce que dit l'article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965 L'article 18-1 A, introduit par la loi ALUR de 2014, dispose que les honoraires complémentaires « sont votés lors de la même assemblée générale que les travaux concernés, aux mêmes règles de majorité ». Le texte ajoute que « le syndic ne peut en aucun cas modifier unilatéralement les honoraires convenus ». Ce même article prévoit que le contrat de syndic doit préciser « les modalités de calcul de la rémunération » pour chaque catégorie de prestation hors forfait. Le législateur a ainsi imposé une transparence totale : le copropriétaire sait, avant le vote, quel mode de calcul sera appliqué : pourcentage du HT, forfait, tarif horaire : et peut en vérifier l'application après le chantier. Le texte ne mentionne pas explicitement « HT » ou « TTC » pour l'assiette. Mais le décret d'application (n° 67-223 du 17 mars 1967) et la pratique constante des tribunaux ont consacré le HT comme base de calcul : toute autre interprétation reviendrait à faire supporter aux copropriétaires une TVA sur des honoraires déjà soumis à TVA, doublant l'effet de la taxe sur la part syndic. ### L'arrêté du 30 juillet 2021 : la fiche d'information standardisée L'arrêté du 30 juillet 2021 a créé un format obligatoire pour le contrat de syndic : une fiche d'information standardisée qui détaille chaque prestation. Pour les honoraires au temps passé, le contrat doit mentionner un « coût horaire unique € / heure HT, soit € / heure TTC ». Pour les honoraires proportionnels aux travaux, le contrat indique le pourcentage ou le forfait, toujours avec son équivalent TTC. Cette standardisation poursuit un double objectif : permettre aux copropriétaires de comparer les contrats avant élection du syndic, et fixer une référence opposable en cas de litige. La fiche devient une annexe du contrat : ce qui y est écrit engage le syndic. Le détail « HT, soit TTC » ne tranche pas, à lui seul, la question de l'assiette. Il impose seulement la transparence sur le tarif du syndic. C'est la loi de 1965 qui détermine que l'assiette est le HT des travaux. ### Pourquoi la base HT protège les copropriétaires Appliquer le taux d'honoraires sur le montant TTC des travaux revient à faire payer au syndicat une commission sur la TVA due par l'entreprise prestataire. Or cette TVA n'est pas un élément de valeur ajoutée par le syndic : c'est une taxe collectée par l'entreprise pour le compte de l'État. La rémunération du syndic doit porter sur le coût réel des travaux qu'il supervise. Concrètement, pour un chantier de 20 000 € HT soumis à une TVA de 10 %, le montant TTC est de 22 000 €. Si le syndic applique un taux de 3 % sur le TTC, il facture 660 € HT d'honoraires. Sur le HT, il facturerait 600 € HT. L'écart de 60 € HT (72 € TTC) peut paraître modeste : mais sur un programme de travaux de 200 000 € HT avec une TVA à 10 %, la différence atteint 600 € HT, soit 720 € TTC. L'enjeu est réel. ## Comment les honoraires sur travaux sont votés en assemblée générale Le vote des honoraires complémentaires obéit à une mécanique simple mais contraignante : ils sont soumis à la même assemblée générale que les travaux qu'ils rémunèrent, et adoptés aux mêmes règles de majorité. Cette simultanéité protège les copropriétaires : le syndic ne peut pas faire voter les travaux en mars puis glisser ses honoraires lors d'une AG ultérieure sous un intitulé obscur. L'ordre du jour doit mentionner distinctement la résolution relative aux honoraires. Un libellé vague du type « approbation des honoraires de syndic » ne suffit pas : la résolution doit indiquer le mode de calcul (pourcentage, forfait, taux horaire), l'assiette (montant HT des travaux) et le montant prévisionnel TTC. Cette exigence découle de l'article 13 du décret du 17 mars 1967, qui impose que l'ordre du jour permette aux copropriétaires de se prononcer en connaissance de cause. ### La règle : vote simultané travaux et honoraires L'article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965 est catégorique : les honoraires complémentaires « sont votés lors de la même assemblée générale que les travaux concernés, aux mêmes règles de majorité ». Le syndic ne peut pas scinder les deux votes ni soumettre les honoraires a posteriori, une fois les travaux engagés. Cette simultanéité a une conséquence pratique : si les travaux sont rejetés, les honoraires le sont aussi automatiquement. Inversement, si les travaux sont adoptés, les copropriétaires peuvent néanmoins refuser les honoraires proposés : et demander au syndic de revoir sa copie, par exemple en plafonnant le montant ou en optant pour un forfait plutôt qu'un pourcentage. Dans ce cas, le syndic peut renoncer au suivi du chantier, ce qui imposera de trouver une solution alternative (maîtrise d'œuvre externe, suivi par le conseil syndical). ### Majorités applicables selon la nature des travaux Les honoraires suivent le régime de vote des travaux auxquels ils se rattachent. Pour des travaux d'entretien ou de conservation, la majorité absolue de l'article 25 suffit (majorité des voix de tous les copropriétaires présents, représentés et absents). Pour des travaux d'amélioration ou de transformation, la double majorité de l'article 26 s'applique (majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix). Les [majorités de vote applicables aux travaux en copropriété](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/) varient aussi selon que les travaux sont imposés par la loi (accessibilité, sécurité incendie) ou relèvent d'une simple faculté. Dans tous les cas, les honoraires de syndic empruntent exactement le même seuil. À noter : si plusieurs résolutions de travaux sont soumises au vote avec des majorités différentes, chaque résolution d'honoraires suit le sort de la résolution de travaux correspondante. ### Le cas particulier du plan pluriannuel de travaux (PPT) Le PPT, obligatoire pour les copropriétés de plus de 15 ans depuis la loi Climat et Résilience, programme les travaux nécessaires sur une période de 10 ans. Son adoption relève de la majorité absolue (art. 25). Mais le PPT est un document-cadre : il ne vaut pas vote des travaux eux-mêmes, qui doivent faire l'objet de résolutions séparées. Pour chaque projet inscrit au PPT, une AG devra voter les travaux et, simultanément, les honoraires de suivi. Le syndic peut proposer un barème global dans son contrat : par exemple : « suivi de travaux programmés au PPT : 2,5 % du montant HT avec un minimum de 500 € HT par chantier ». Ce barème engage le syndic pour toute la durée du mandat, mais chaque application concrète reste soumise au vote. ## Cas pratique : calculer les honoraires sur un chantier de ravalement à 20 000 € HT Les principes posés, passons à un exemple concret. La copropriété « Le Clos Fleuri », 12 lots, doit procéder au ravalement de sa façade. Trois devis sont présentés à l'AG. Celui retenu s'élève à 20 000 € HT. Le contrat de syndic prévoit, pour le suivi de travaux, un taux de 3 % du montant HT du devis, conformément à la fiche standardisée de l'arrêté du 30 juillet 2021. Le syndicat vote les travaux et les honoraires lors de la même AG, à la majorité absolue (art. 25), les deux résolutions étant adoptées. Le calcul correct donne : 20 000 € × 3 % = 600 € HT d'honoraires. Avec une TVA à 20 % sur cette prestation de service, le montant TTC facturé au syndicat est de 720 €. Chaque copropriétaire supporte cette somme au prorata de ses tantièmes. Le syndic facture bien 720 € TTC : mais il est crucial de comprendre que le taux de 3 % a été appliqué au HT des travaux, pas au TTC. ### Scénario : ravalement 20 000 € HT, taux d'honoraires de 3 % Le devis de l'entreprise de ravalement se décompose ainsi : - Montant HT : **20 000 €** - TVA travaux (10 %, rénovation de plus de deux ans) : **2 000 €** - Montant TTC travaux : **22 000 €** Le contrat de syndic stipule : « Suivi de travaux hors forfait : 3 % du montant HT du devis entreprise ». Le conseil syndical a vérifié que cette clause figure bien dans la fiche standardisée annexée au contrat. À ce stade, une confusion fréquente apparaît chez les copropriétaires : le devis TTC qu'ils ont sous les yeux (22 000 €) peut laisser croire que les 3 % s'y appliquent. Le contrat, lui, dit « montant HT ». C'est le contrat qui fait foi. ### Calcul HT, calcul TTC : le détail ligne par ligne Voici le calcul correct, ligne par ligne : - Assiette (montant HT des travaux) : 20 000 € - Taux d'honoraires contractuel : 3 % - Honoraires HT : 20 000 € × 3 % = **600 €** - TVA sur honoraires (20 %) : 600 € × 20 % = **120 €** - Honoraires TTC facturés au syndicat : **720 €** Si le syndic avait : par erreur ou par pratique contestable : appliqué le taux de 3 % sur le TTC des travaux (22 000 €), le résultat aurait été : - Honoraires HT erronés : 22 000 € × 3 % = **660 €** - TVA sur honoraires : 660 € × 20 % = **132 €** - Honoraires TTC erronés : **792 €** L'écart est de **72 € TTC** pour ce seul chantier. Sur un programme pluriannuel de 200 000 € HT, la différence atteindrait **720 € TTC** : de quoi financer une petite intervention d'entretien. ### Ce que le copropriétaire doit vérifier dans l'ordre du jour Avant l'AG, tout copropriétaire peut demander au syndic la communication des devis et du projet de résolution relatif aux honoraires. Trois points sont à vérifier : - Le libellé de la résolution mentionne-t-il explicitement que le taux s'applique au **montant HT** des travaux ? - Le montant prévisionnel TTC des honoraires est-il calculé sur la base HT du devis ? - La fiche standardisée du contrat de syndic (annexée à la convocation) comporte-t-elle bien la mention « HT, soit TTC » conforme à l'arrêté du 30 juillet 2021 ? Si la résolution est muette sur l'assiette ou laisse planer un doute, le copropriétaire peut exiger une clarification en séance, avant le vote. Le président de séance doit faire acter la réponse au procès-verbal. ## L'erreur à éviter : confondre la base de calcul et le montant facturé Le piège le plus coûteux pour une copropriété n'est pas un taux d'honoraires excessif : c'est un taux appliqué sur la mauvaise assiette. Quand le syndic présente un pourcentage sur le montant TTC des travaux, il facture une commission sur la TVA que l'entreprise reverse à l'État. Cette TVA n'est pas un coût de construction : c'est un flux fiscal qui transite par les comptes du prestataire sans enrichir le syndicat. Ce qu'on observe en pratique : certains contrats de syndic rédigés avant l'arrêté du 30 juillet 2021 utilisent des formulations ambiguës comme « 3 % du montant des travaux ». Sans précision HT/TTC, le syndic peut arguer que le « montant » s'entend du TTC : celui que le syndicat paie effectivement à l'entreprise. Depuis 2021, le format standardisé impose la clarté. Les anciens contrats renouvelés par tacite reconduction méritent une vigilance particulière. ### Le piège du taux appliqué sur le TTC des travaux L'ambiguïté naît souvent d'une simple omission dans le contrat ou la résolution. Un syndic qui écrit « honoraires de suivi : 4 % du montant total des travaux » sans préciser HT ouvre la porte à une interprétation extensive. Le copropriétaire non averti lit « montant total » et pense spontanément au prix final : le TTC. La parade est contractuelle. Depuis l'arrêté du 30 juillet 2021, la fiche standardisée oblige le syndic à détailler le mode de calcul. Pour un pourcentage, la fiche doit indiquer sans ambiguïté le taux et l'assiette. Exiger cette fiche lors du renouvellement du mandat est le premier réflexe à adopter. ### Conséquence : un surcoût silencieux pour la copropriété L'écart unitaire paraît négligeable : quelques dizaines d'euros par an et par lot. Mais cumulé sur plusieurs chantiers et sur la durée du mandat (trois ans renouvelables), il représente une fuite significative. Sur un programme de travaux de 150 000 € HT avec TVA à 10 %, un taux d'honoraires de 3 % appliqué au TTC plutôt qu'au HT génère un surcoût de **540 € TTC** pour le syndicat. Ce surcoût est d'autant plus difficile à détecter qu'il se noie dans les appels de fonds travaux. Le copropriétaire reçoit un relevé global sans le détail du calcul. Seule une vérification systématique par le conseil syndical : ou un copropriétaire vigilant : permet de le repérer. Les [obligations légales du syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) incluent la transparence des comptes : un syndic qui refuse de détailler son calcul s'expose à une mise en demeure. ### Comment réagir : vérification, contestation et recours Premier réflexe : demander au syndic, par lettre recommandée, le détail du calcul des honoraires facturés pour un chantier donné. Le syndic doit être en mesure de fournir le devis HT de l'entreprise, le taux appliqué et le montant HT des honoraires avant TVA. Si l'assiette TTC est avérée, la contestation suit deux voies. La voie amiable consiste à signaler l'erreur au syndic et exiger un avoir ou un remboursement pour le trop-perçu. En cas de refus, la résolution ayant voté les honoraires peut être contestée devant le tribunal judiciaire dans le délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal (art. 42 de la loi du 10 juillet 1965). > ⚠️ Attention : le délai de deux mois est strict. Passé ce délai, la résolution devient définitive et le trop-perçu beaucoup plus difficile à récupérer. Consultez un avocat spécialisé en droit de la copropriété avant d'engager une action. ## En pratique : les quatre règles que chaque copropriétaire doit connaître Le cadre légal se résume à quatre principes simples, que tout copropriétaire peut mobiliser avant un vote ou lors de la vérification des comptes. - **La base est le HT des travaux.** Le taux, le forfait ou le tarif horaire s'appliquent au montant hors taxes du devis de l'entreprise. Une base TTC est contraire aux textes et à la pratique constante. - **Le vote est obligatoire et simultané.** Les honoraires sont votés dans la même AG que les travaux, aux mêmes règles de majorité, avec une résolution distincte et explicite. - **L'expression est en TTC dans le contrat.** La fiche standardisée issue de l'arrêté du 30 juillet 2021 impose la double mention « € HT, soit € TTC » : c'est une règle de forme qui ne modifie pas l'assiette. - **Le contrôle est un droit.** Tout copropriétaire peut exiger le détail du calcul avant le vote et vérifier la facturation après le chantier. En cas d'irrégularité, la contestation judiciaire est ouverte dans le délai de deux mois. Ces quatre points constituent une grille de lecture efficace. Un copropriétaire qui les maîtrise ne signe pas un blanc-seing : il vote en connaissance de cause.

Fiche pratique

Base de calcul des honoraires travauxMontant HT du devis entreprise (art. 18-1 A, loi 65-557)
Expression dans le contrat de syndicTTC : format imposé : « € / heure HT, soit € / heure TTC » (arrêté 30 juillet 2021)
TVA applicable aux honoraires du syndic20 % (taux standard, prestation de services)
TVA applicable aux travaux de rénovation5,5 % ou 10 % selon la prestation (entreprendre.service-public.gouv.fr)
Vote des honorairesMême AG que les travaux, mêmes règles de majorité (art. 18-1 A)
Délai de contestation d'une résolution2 mois à compter de la notification du PV (art. 42, loi 1965)
Honoraires mensuels moyens déclarés141 €/mois (copropriétaires sachant préciser le montant, Boursorama avril 2025)
Texte de référenceLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965, décret n° 67-223 du 17 mars 1967, arrêté du 30 juillet 2021
## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807536/2016-10-09) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044030465) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32051) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000042078893) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36760) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/copropriete-a-combien-s-elevent-en-moyenne-les-honoraires-du-syndic-0dec1b1674c41afdcf5d90bed24d6e4a) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Régularisation charges copropriété : droits de l'acheteur URL: https://copro-guide.fr/charges/regularisation-charges-copropriete-nouveau-proprietaire/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-03 Mot-clé ciblé: régularisation charges copropriété nouveau propriétaire Vous venez d'acheter en copropriété ? Comprendre la régularisation des charges, qui paie quoi entre vendeur et acheteur, et les pièges du pré-état daté **Lors d'une vente en copropriété, les charges sont réparties entre vendeur et acheteur selon la date de jouissance inscrite dans l'acte authentique. Le vendeur reste redevable des provisions appelées avant cette date, l'acheteur assumant les appels postérieurs. La régularisation annuelle, qu'elle soit créditrice ou débitrice, est adressée au propriétaire figurant au fichier de la copropriété au jour de l'approbation des comptes par l'assemblée générale.** Cette situation soulève souvent la question : comment sont réparties les charges de copropriété entre le propriétaire et le locataire, et qui paie quoi précisément ? Découvrez toutes les informations sur les [charges de copropriété : qui paie quoi en 2026 ?](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/). La régularisation des charges en copropriété surprend souvent le nouveau propriétaire. Vous recevez un appel de fonds ou un remboursement pour une période antérieure à votre achat, et la question se pose : qui doit quoi ? Le mécanisme est simple dans son principe : les provisions versées chaque trimestre sont ajustées une fois les comptes annuels approuvés par l'assemblée générale. La répartition entre vendeur et acheteur obéit à une règle précise, cristallisée dans l'acte authentique. Encore faut-il la connaître avant de signer. ## Comment fonctionnent les charges de copropriété : rappel pour le nouveau propriétaire Avant d'entrer dans le détail de la régularisation lors d'une mutation, un détour par le mécanisme général des charges s'impose. Ce que vous payez chaque trimestre n'est pas une facture définitive. C'est une avance. Le syndicat des copropriétaires vote chaque année un budget prévisionnel en assemblée générale. Ce budget couvre les dépenses courantes : entretien des parties communes, assurance de l'immeuble, honoraires du syndic, contrats de maintenance, fluides collectifs. Il est réparti entre chaque lot selon sa quote-part de tantièmes, un ratio inscrit dans le [règlement de copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). Sur cette base, le syndic émet des appels de fonds provisionnels, le plus souvent trimestriels. Vous recevez un avis de paiement correspondant à votre quote-part du quart du budget annuel. Ce système garantit une trésorerie constante au syndicat tout au long de l'exercice. Mais il est par nature approximatif : les dépenses réelles ne coïncident jamais exactement avec les prévisions. D'où la régularisation. ### Provisions sur charges : ce que vous payez chaque trimestre L'appel de fonds provisionnel que vous recevez correspond au quart du budget prévisionnel annuel, multiplié par vos tantièmes. Un lot de 50/1000 dans une copropriété au budget de 40 000 € se voit ainsi appeler 5 000 € sur l'année (50/1000 × 40 000 €), soit environ 1 250 € par trimestre. Ces sommes sont versées sur le compte bancaire séparé du syndicat. Le syndic les utilise pour régler les dépenses au fil de l'eau. À ce stade, il s'agit uniquement de provisions : vous avancez de l'argent au syndicat, sans savoir encore si ce montant couvrira exactement les charges réelles de votre lot. ### L'arrêté annuel des comptes : quand et comment la régularisation intervient Une fois l'exercice comptable clos, le syndic établit l'arrêté des comptes. Ce document compare, poste par poste, les dépenses réelles aux provisions appelées. Il est soumis au vote de l'assemblée générale annuelle, généralement convoquée dans les six mois suivant la clôture. Deux situations se présentent alors. Si les provisions ont excédé les dépenses, votre compte individuel présente un solde créditeur : le syndicat vous doit la différence. Si les dépenses ont dépassé les provisions, un solde débiteur apparaît : vous devez un complément. Ce solde est soit remboursé, soit appelé dans les semaines qui suivent l'approbation des comptes. C'est cette régularisation qui cristallise les difficultés lorsque le lot a changé de propriétaire entre-temps. ## Qui doit payer les charges dues avant la vente : vendeur ou acheteur ? La réponse tient en un principe simple, ancré dans la pratique notariale : le vendeur supporte les charges afférentes à la période antérieure à la date de jouissance, l'acheteur celles postérieures. La date de jouissance est librement négociée entre les parties. Dans l'immense majorité des ventes, elle coïncide avec la signature de l'acte authentique. À lire aussi : [régularisation charges copropriété vente : guide complet](/charges/regularisation-charges-copropriete-vente/). Concrètement, les provisions déjà appelées par le syndic avant cette date sont dues par le vendeur. Les appels de fonds émis après la vente, même s'ils concernent en partie la période antérieure, sont à la charge de l'acheteur. Ce point est crucial. L'acheteur paie au syndic les appels post-signature, quitte à se faire rembourser la part du vendeur via une clause de l'acte. Cette mécanique est indépendante de ce que le syndic sait ou ne sait pas de la vente. Le syndic n'est pas lié par les conventions entre vendeur et acheteur. Il réclame les sommes au propriétaire inscrit sur le fichier de la copropriété au moment de l'appel de fonds. Si le notaire tarde à notifier la mutation, l'ancien propriétaire peut recevoir des appels correspondant à la période post-vente. La coordination entre notaire, syndic et parties est donc déterminante. ### La date de jouissance, pivot de la répartition La date de jouissance marque le transfert de la propriété entre vendeur et acheteur. Elle est stipulée dans l'acte authentique. À compter de cette date, l'acheteur a la jouissance du bien : il peut l'occuper, le louer, en percevoir les fruits. Il en supporte aussi les charges. Toute provision appelée avant cette date reste à la charge du vendeur. Toute provision appelée après incombe à l'acheteur. Le raisonnement vaut également pour la régularisation : la quote-part de solde créditeur ou débiteur afférente à la période pré-jouissance relève, dans les rapports entre vendeur et acheteur, du vendeur. ### Ce que prévoit (ou devrait prévoir) l'acte authentique L'acte de vente comporte obligatoirement une clause de répartition des charges. Cette clause précise comment seront ventilés entre les parties les appels de fonds et la régularisation à venir. Deux approches coexistent dans la pratique notariale. La première, la plus protectrice pour l'acheteur, prévoit un remboursement au prorata temporis : le vendeur s'engage à rembourser à l'acheteur la part de la régularisation correspondant à la période antérieure à la jouissance. La seconde, plus fruste, stipule que le vendeur conserve les provisions qu'il a versées et que l'acheteur assumera seul la régularisation future. Cette seconde option fait peser sur l'acheteur un aléa financier non négligeable si les comptes révèlent un important solde débiteur. ### Scénario illustratif : calcul au prorata entre vendeur et acheteur Prenons un cas concret. Un appartement est vendu le 1er avril 2026, date de jouissance. L'exercice comptable de la copropriété court du 1er janvier au 31 décembre. Le budget prévisionnel annuel pour ce lot est de 2 400 €, soit 200 € par mois. Le syndic a appelé le premier trimestre (600 €) en janvier, avant la vente. Ce montant est payé par le vendeur. Les deuxième, troisième et quatrième trimestres (1 800 € au total) sont appelés après la vente et payés par l'acheteur. En juin 2027, l'AG approuve les comptes 2026. Les dépenses réelles pour ce lot s'élèvent à 3 000 €, soit 600 € de plus que le budget. La régularisation débitrice est de 600 €. Le syndic la réclame à l'acheteur, propriétaire inscrit. Avec une clause au prorata dans l'acte, le vendeur doit rembourser à l'acheteur 150 € (3 mois sur 12 × 600 €). Sans cette clause, l'acheteur supporte seul les 600 €. ## La régularisation des charges après la vente : ce que le nouveau propriétaire reçoit L'approbation des comptes par l'assemblée générale déclenche l'envoi des décomptes individuels. Le syndic adresse à chaque copropriétaire un relevé mentionnant le solde de son compte : créditeur si les provisions versées excèdent les charges réelles du lot, débiteur dans le cas inverse. Ce décompte est adressé au propriétaire figurant au fichier de la copropriété à la date de l'AG. Dans la majorité des cas, il s'agit du nouveau propriétaire, la vente ayant été notifiée au syndic dans les semaines suivant la signature. Le nouveau propriétaire reçoit donc une régularisation qui concerne, pour partie, une période où il n'était pas encore copropriétaire. Ce décalage temporel est structurel. L'exercice comptable se clôture le 31 décembre, l'AG se tient au printemps ou à l'été suivant, et la régularisation intervient plusieurs mois après la fin de l'exercice concerné. Une vente signée en mars 2026 débouchera sur une régularisation des comptes 2025 reçue vers juin 2026 par l'acheteur, alors que les charges de 2025 incombaient au vendeur. ### Régularisation créditrice : le trop-perçu vous revient-il vraiment ? Le syndic verse le solde créditeur au copropriétaire inscrit, c'est-à-dire à l'acheteur si la mutation a été notifiée. L'acheteur encaisse donc une somme correspondant aux provisions excédentaires versées par le vendeur avant la vente. Dans les rapports entre vendeur et acheteur, ce trop-perçu appartient au vendeur pour la part afférente à la période antérieure à la jouissance. L'acte authentique prévoit généralement que l'acheteur reverse cette quote-part au vendeur. Une clause de garantie d'actif-passif bien rédigée sécurise cette restitution. Sans elle, le vendeur doit se retourner contre l'acheteur sur le fondement de l'enrichissement sans cause, une voie plus incertaine. ### Régularisation débitrice : vous pouvez vous retrouver à payer pour l'ancien propriétaire Pour mieux comprendre les obligations du locataire en matière de frais, il peut être utile de consulter une liste détaillée des [charges du locataire : liste complète et récupérables 2026](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/). Le cas le plus délicat. Le syndic réclame à l'acheteur un complément de charges correspondant à un dépassement du budget. Ce dépassement peut concerner une période où l'acheteur n'était pas propriétaire. L'acheteur doit régler le syndic sans délai. Le syndicat des copropriétaires dispose d'une créance certaine, liquide et exigible à l'encontre du propriétaire actuel. Refuser de payer expose l'acheteur à des frais de recouvrement et à une inscription d'hypothèque légale sur son lot. La seule parade : actionner la clause de l'acte authentique pour obtenir le remboursement du vendeur. Si l'acte est muet ou si la clause est mal calibrée, l'acheteur supporte définitivement la charge. D'où l'importance cruciale d'une relecture attentive de l'acte avant signature. ## Les charges spéciales : travaux votés avant la vente, fonds travaux et charges exceptionnelles Au-delà des charges courantes de fonctionnement, trois catégories de dépenses méritent une attention particulière lors de l'achat d'un lot en copropriété. Leur traitement diffère sensiblement de celui des provisions de fonctionnement, et les mauvaises surprises sont fréquentes. Les travaux votés en assemblée générale avant la vente constituent un engagement du syndicat. Le principe posé par l'article 6-2 du décret du 17 mars 1967 est limpide : l'acheteur est tenu des appels de fonds correspondant aux travaux votés avant la vente, même si ces appels sont émis après la signature. La raison est juridique : les décisions d'assemblée générale s'imposent à tous les copropriétaires, y compris futurs. L'acheteur acquiert le lot avec ses droits mais aussi avec ses dettes. Une exception existe toutefois. Si l'acte authentique comporte une clause expresse mettant ces appels à la charge du vendeur, cette clause produit effet entre les parties. Elle n'est pas opposable au syndicat, qui pourra toujours réclamer le paiement à l'acheteur, mais ce dernier disposera d'un recours contre le vendeur. La jurisprudence constante valide ces clauses de transfert de charge dès lors qu'elles sont formulées sans ambiguïté. ### Travaux votés avant la vente : qui paie les appels après la signature ? Une AG vote en février 2026 des travaux de ravalement pour 80 000 €, avec un premier appel de 25 % exigible en septembre 2026. Vous achetez le lot en mai 2026. L'appel de septembre vous est adressé. Vous devez le payer, car le syndicat ne connaît que le propriétaire actuel. La seule protection efficace consiste à inclure dans l'acte authentique une clause de prise en charge par le vendeur des appels de fonds relatifs aux travaux votés avant la date de jouissance. Cette négociation doit intervenir avant la signature du compromis. Le notaire peut également prévoir une retenue sur le prix de vente, séquestrée jusqu'à l'apurement de ces appels. ### Le fonds de travaux (loi ALUR) : reste-t-il acquis à l'acheteur ? Le fonds de travaux, institué par la loi ALUR du 24 mars 2014 et rendu obligatoire par la loi ELAN du 23 novembre 2018 pour la plupart des copropriétés, constitue une épargne collective affectée aux travaux futurs. Chaque copropriétaire y contribue annuellement, à hauteur d'au moins 5 % du budget prévisionnel. Lors de la vente, le fonds de travaux ne donne lieu à aucun remboursement au vendeur. Les sommes versées sont définitivement acquises au syndicat des copropriétaires. L'acheteur bénéficie du fonds constitué sans contrepartie financière directe envers le vendeur. Ce point est parfois mal compris des vendeurs, qui s'estiment spoliés des cotisations versées. Il est pourtant constant : l'article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965 dispose que les sommes déposées sur le compte du fonds de travaux restent la propriété du syndicat. Le vendeur ne peut en exiger la restitution. Une clause contraire dans l'acte de vente serait inopposable au syndicat. Dans ce contexte de gestion des charges, il est également pertinent de se renseigner sur la [régularisation charges locataire 2026 : délais et procédure](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) pour anticiper les ajustements annuels. ## L'erreur courante à ne pas commettre : négliger le pré-état daté Le pré-état daté est le document que le syndic remet au vendeur en vue de la vente. Prévu par l'article 5 du décret du 17 mars 1967, il récapitule la situation financière du lot et du syndicat. Trop d'acheteurs le survolent, pressés par le calendrier de la transaction. Cette négligence expose à des déconvenues parfois lourdes. Le pré-état daté doit être demandé par le vendeur au syndic, qui dispose d'un délai d'un mois pour le fournir. Le notaire l'annexe à l'acte authentique. Il comporte trois volets : la situation comptable du lot (provisions appelées et payées, solde éventuel), les charges à venir déjà votées, et les procédures judiciaires en cours impliquant le syndicat. Le coût de ce document, facturé par le syndic, varie selon les contrats mais oscille généralement entre 200 et 500 € selon la complexité de la copropriété. ### Que contient le pré-état daté et pourquoi l'exiger systématiquement Le pré-état daté détaille quatre informations clés. D'abord, le montant des provisions exigibles et leur état de paiement : il révèle si le vendeur est à jour de ses charges. Ensuite, les sommes restant à appeler au titre de l'exercice en cours et des deux exercices suivants : l'acheteur visualise ses futures obligations. Puis, les dettes éventuelles du vendeur envers le syndicat. Enfin, la mention des procédures judiciaires en cours. Un pré-état daté mentionnant une procédure contre le syndicat pour vice de construction ou un litige avec un voisin n'empêche pas la vente. Mais il alerte l'acheteur sur un risque qui, une fois la vente signée, devient le sien. Sans ce document, l'acheteur découvrirait ces procédures après coup, sans recours contre le vendeur. ### Charges impayées du vendeur : risque de solidarité pour l'acheteur Les charges restant dues par le vendeur au jour de la vente constituent un passif qui peut, dans certaines conditions, être réclamé à l'acheteur. Ce risque est souvent méconnu. Le syndicat des copropriétaires bénéficie d'une hypothèque légale sur le lot, inscrite sans formalité judiciaire pour les charges de l'exercice courant et des deux derniers exercices échus. Si le vendeur laisse des impayés, le syndicat peut poursuivre le nouveau propriétaire sur le fondement de cette hypothèque. L'acheteur, même de bonne foi, peut se voir contraint de régler les dettes du vendeur pour éviter la saisie de son bien. Le pré-état daté est le seul document permettant d'identifier ce risque avant la vente. S'il révèle des impayés, le notaire doit bloquer la transaction ou exiger l'apurement préalable des comptes. ## Démarches pratiques du nouveau propriétaire auprès du syndic Une fois la vente signée, le nouveau propriétaire doit accomplir plusieurs formalités auprès du syndic. Ces démarches, simples mais impératives, conditionnent la bonne gestion de son lot et la réception des informations essentielles. Le notaire transmet au syndic une copie de l'acte authentique dans les jours suivant la signature. Cette notification déclenche la mise à jour du fichier des copropriétaires. Le syndic procède alors à l'ouverture d'un compte individuel au nom de l'acheteur pour les appels de fonds à venir. Le compte du vendeur est clôturé une fois les éventuels impayés régularisés. Dans la pratique, ce processus prend entre deux et quatre semaines. Pendant cet intervalle, l'acheteur peut ne recevoir aucun appel de fonds. Qu'il ne s'en inquiète pas : les provisions continuent de courir et seront appelées rétroactivement une fois le compte ouvert. Aucune pénalité de retard n'est due pour cette période transitoire. ### Notifier la mutation au syndic : délai et document à fournir Le notaire adresse au syndic, par lettre recommandée ou par voie dématérialisée, une attestation de mutation. Ce document mentionne l'identité du nouveau propriétaire, la date de jouissance et la désignation précise du lot. Le syndic dispose alors d'un délai raisonnable : une quinzaine de jours en pratique : pour créer le compte de l'acheteur dans sa comptabilité. L'acheteur peut accélérer le processus en contactant directement le syndic. Un simple courriel accompagné de la copie de l'acte authentique suffit souvent à déclencher l'ouverture du compte. Les coordonnées du syndic figurent sur le pré-état daté et dans les procès-verbaux d'assemblée générale remis par le vendeur. ### Accéder aux documents de copropriété en tant que nouveau copropriétaire Comprendre les bases du fonctionnement d'une copropriété est essentiel, et pour cela, consulter le [règlement de copropriété 2026 : contenu, modification](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/) peut fournir des informations précieuses. Dès son inscription au fichier des copropriétaires, l'acheteur a accès à l'extranet du syndic. La plupart des syndics professionnels proposent un espace en ligne où sont consultables les appels de fonds, les procès-verbaux d'AG, les contrats en cours et l'état des comptes. Les identifiants de connexion sont communiqués sous quinzaine après la notification de la mutation. L'acheteur doit également recevoir le règlement de copropriété, l'état descriptif de division et le carnet d'entretien de l'immeuble, documents que le vendeur est tenu de lui remettre. Le syndic conserve les originaux et peut en délivrer copie sur demande. L'accès à ces documents permet au nouveau propriétaire de [comprendre la répartition des charges entre lots](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) et de préparer la prochaine assemblée générale. > **Points clés** > > - La date de jouissance inscrite dans l'acte authentique détermine qui, du vendeur ou de l'acheteur, supporte les charges : le vendeur pour les provisions appelées avant cette date, l'acheteur pour les appels postérieurs. > - La régularisation annuelle (créditrice ou débitrice) est adressée au propriétaire figurant au fichier de la copropriété au jour de l'approbation des comptes en assemblée générale, même si elle porte sur une période antérieure à l'achat. > - Une clause de prorata temporis dans l'acte protège l'acheteur : elle oblige le vendeur à rembourser sa quote-part de régularisation. Sans elle, l'acheteur supporte seul le solde débiteur. > - Les appels de fonds relatifs aux travaux votés avant la vente incombent à l'acheteur (art. 6-2 du décret du 17 mars 1967), sauf clause contraire opposable au seul vendeur. > - Le fonds de travaux (loi ALUR, art. 14-2 de la loi de 1965) reste acquis au syndicat : aucun remboursement au vendeur, l'acheteur en bénéficie sans contrepartie. > - Le pré-état daté est le seul document révélant impayés et procédures en cours : à exiger et à lire systématiquement avant signature, sous peine d'hériter des dettes du vendeur via l'hypothèque légale. ## Sources - [service-public.fr — Charges de copropriété](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2604) - [legifrance.gouv.fr — Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [legifrance.gouv.fr — Décret n° 67-223 du 17 mars 1967](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061419/) - [anil.org — Agence nationale pour l'information sur le logement](https://www.anil.org/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Transfert de charges : la suppression des comptes 79 du PCG URL: https://copro-guide.fr/charges/transfert-de-charges-nouveau-plan-comptable/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-02 Mot-clé ciblé: transfert de charges nouveau plan comptable Le nouveau plan comptable général supprime les comptes 79 de transfert de charges. Découvrez ce qui change concrètement, pourquoi, et comment adapter **Le nouveau plan comptable général (PCG) supprime les comptes 79 de transfert de charges, incluant le 791 (transfert de charges de fonctionnement) et le 796 (transferts de charges financières). Cette suppression est confirmée par le formulaire CVAE 2026 de l'administration fiscale, qui précise que « les comptes de transfert de charges ont ainsi été retirés du PCG ». Les charges refacturées doivent désormais être imputées directement dans le compte de charge approprié, sans passer par un compte-pivot.** Le transfert de charges nouveau plan comptable n'existe plus. Le règlement réformant le PCG a purement et simplement retiré les comptes 79, supprimant les comptes 791 (transfert de charges de fonctionnement) et 796 (transferts de charges financières) du plan de comptes commun. Une disparition confirmée noir sur blanc par le formulaire CVAE 2026 de l'administration fiscale. Ce changement, qui s'inscrit dans une refonte plus large de la présentation du résultat exceptionnel, oblige les entreprises comme les syndicats de copropriétaires à repenser leurs écritures de charges refacturées. Voici ce qui change concrètement. > **En bref** > > - Les comptes 79 (791 et 796) sont supprimés du PCG : le formulaire CVAE 2026 (impots.gouv.fr) le confirme explicitement. > - Les charges refacturées doivent désormais être imputées directement au compte de charge approprié, sans passer par un compte-pivot. > - La suppression est liée à la nouvelle présentation du résultat exceptionnel (notice 2032-not-sd 2026 et RNCE mai 2026). > - Le plan comptable de la copropriété (décret du 14 mars 2005) reste distinct du PCG général mais les logiciels doivent être mis à jour. > - Le traitement CVAE des transferts de charges déductibles (BOFiP 19 novembre 2025) reste applicable, mais leur identification change. ## Qu'est-ce que le transfert de charges dans l'ancien plan comptable ? Avant d'expliquer la suppression, posons les bases. Dans l'ancien plan comptable général, les comptes 79 formaient une classe dédiée aux transferts de charges. Leur fonction était strictement technique : opérer un reclassement entre comptes sans affecter le montant total des charges de l'exercice. Le plan de comptes commun publié par l'administration fiscale (applicable au 1er janvier 2016) structurait cette classe de la manière suivante : le **compte 79 « Transferts de charges »** coiffait deux sous-comptes principaux. Le **compte 791 « Transfert de charges de fonctionnement »** couvrait les charges d'exploitation refacturées ou réaffectées, tandis que le **compte 796 « Transferts de charges financières »** traitait les charges financières du même ordre. Concrètement, ces comptes agissaient comme un sas de déversement. Une charge était d'abord enregistrée dans un compte de classe 6 (achats, services extérieurs, impôts…), puis « transférée » par le crédit du compte 79 correspondant. Cela permettait de neutraliser son impact sur le résultat d'exploitation tout en conservant une trace de l'écriture initiale. > 📌 Important : ces comptes 79 ne créaient ni ne supprimaient de charge. Ils la déplaçaient d'une rubrique à une autre du compte de résultat, sans jamais altérer le total des charges de l'exercice. ### Le compte 79 : une technique de reclassement comptable Le mécanisme du transfert de charges reposait sur un principe simple : créditer un compte 79 pour annuler une charge déjà comptabilisée en classe 6. Cette opération de reclassement trouvait son utilité dans deux situations types. D'abord, la refacturation à un tiers : une entreprise payait une prime d'assurance pour le compte d'une filiale, puis lui refacturait cette somme. Plutôt que de laisser la charge dans le compte 616 (primes d'assurance), le comptable créditait le 791 du montant refacturé. Ensuite, l'affectation analytique : une dépense classée par erreur dans les charges d'exploitation était transférée vers les charges financières via le 796, sans réécrire l'écriture d'origine. Ce système avait l'avantage de la traçabilité. L'administration fiscale pouvait suivre le cheminement complet de la charge, de son enregistrement initial à son affectation finale, via les comptes de transfert. ### Exemples concrets d'utilisation du compte 791 et 796 Prenons deux illustrations parlantes de l'usage des comptes 79 dans l'ancien PCG. **Cas n°1 : Refacturation d'assurance** : un syndicat de copropriétaires paie 5 000 € d'assurance multirisque pour l'immeuble. L'un des copropriétaires exerce une activité professionnelle dans son lot et doit rembourser 800 € de surprime. Le syndic enregistre 5 000 € au débit du compte 616, puis crédite le compte 791 de 800 € pour neutraliser la part refacturée. Le solde net dans les charges d'exploitation s'établit à 4 200 €. **Cas n°2 : Intérêts d'emprunt refacturés** : une société holding paie 12 000 € d'intérêts sur un emprunt contracté pour le compte d'une filiale. Elle débite le compte 661 (charges d'intérêts) de 12 000 €, puis crédite le compte 796 de 12 000 €. La charge est ainsi transférée hors du résultat financier de la holding. Dans les deux cas, le compte 79 ne modifiait pas le résultat net global. Il réorganisait la présentation des charges pour refléter la réalité économique sous-jacente. Le compte 79 est un élément clé de la comptabilité générale, en particulier pour comprendre des sujets comme la [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ## Ce que le nouveau règlement PCG change : la suppression des comptes 79 La réforme du plan comptable général supprime purement et simplement la classe 79 du plan de comptes. Le formulaire **1330-CVAE-SD 2026** (impots.gouv.fr) l'énonce sans ambiguïté : *« Les comptes de transfert de charges ont ainsi été retirés du PCG. »* Une phrase définitive qui clôt plusieurs décennies de pratique comptable. Cette suppression n'est pas un ajustement isolé. Elle s'inscrit dans une refonte coordonnée par l'Autorité des normes comptables (ANC), dont la philosophie est détaillée dans le Recueil des normes comptables de l'État (RNCE) de mai 2026 (economie.gouv.fr) : *« Le Plan comptable général prévoit que les charges et produits exceptionnels sont présentés »* selon une architecture entièrement repensée. La **notice 2032-not-sd 2026** (impots.gouv.fr) précise quant à elle que *« les nouvelles dispositions introduisent des modifications concernant notamment une nouvelle présentation du résultat exceptionnel, la suppression des… »* : la phrase s'interrompt ainsi dans le document officiel, mais le contexte ne laisse aucun doute : les comptes 79 sont visés par cette suppression. En pratique, les entreprises qui utilisent le plan de comptes commun de l'administration fiscale ne peuvent plus employer les comptes 791, 796, ni aucun autre compte de la classe 79. La charge refacturée doit désormais être traitée différemment, comme nous le verrons dans le cas pratique. ### Pourquoi supprimer le compte 79 ? La logique de la réforme tient en un mot : simplification. Le transfert de charges ajoutait une couche d'écritures intermédiaires qui obscurcissait la lecture des comptes. Une même opération : refacturer une charge à un tiers : mobilisait trois comptes distincts (la charge en classe 6, le transfert en 79, le compte de tiers en 4) là où deux suffisent. La nouvelle présentation du résultat exceptionnel, pilier de la réforme, vise à rendre le compte de résultat plus lisible. Les charges et produits exceptionnels ne sont plus noyés dans une rubrique fourre-tout, mais ventilés selon leur nature réelle. Dans cette architecture, le compte 79 devient redondant : si une charge est refacturée, il est plus transparent de l'imputer directement au bon compte que de la faire transiter par un compte-pivot. Le RNCE de mai 2026 souligne d'ailleurs *« l'absence de charges exceptionnelles de l'État »* comme un corollaire de cette refonte. Le principe est clair : une charge est ce qu'elle est, point final. Pas de déguisement comptable. ### Ce que dit le nouveau règlement sur les charges exceptionnelles La refonte du résultat exceptionnel constitue le pendant logique de la suppression des comptes 79. Selon la notice 2032-not-sd 2026, la nouvelle présentation du résultat exceptionnel redistribue les charges et produits qui y étaient logés selon leur nature réelle. Ce qui était autrefois traité comme un transfert de charges d'exploitation (compte 791) doit désormais être analysé sous l'angle de sa substance économique. Une charge refacturée à un tiers n'est pas une charge de l'entité : c'est une créance sur ce tiers. Une charge à caractère inhabituel n'est pas nécessairement exceptionnelle : elle peut relever de l'exploitation courante si elle survient de manière récurrente. Cette approche par la substance plutôt que par la technique comptable est au cœur de la réforme. Elle oblige les praticiens à s'interroger sur la nature réelle de chaque flux avant de décider de son imputation, et non à appliquer mécaniquement un schéma de transfert. La suppression des comptes 79 est l'instrument de cette discipline nouvelle. ## CAS PRATIQUE CHIFFRÉ : comment enregistrer une charge refacturée sans le compte 79 Rien ne vaut un exemple concret pour mesurer le changement. Prenons le cas d'un syndicat de copropriétaires qui paie une prime d'assurance annuelle de **8 000 €** pour l'ensemble de l'immeuble. L'un des lots est occupé par un professionnel libéral, dont l'activité génère une surprime de **1 200 €** que le copropriétaire concerné doit rembourser. Dans l'ancien système, le syndic débitait le compte 616 (primes d'assurance) de 8 000 €, puis créditait le compte 791 de 1 200 € pour neutraliser la part refacturée. Le solde net en charges d'exploitation ressortait à **6 800 €**. Cette écriture en deux temps laissait une trace explicite du transfert. Avec la suppression des comptes 79, la logique change. Le BOFiP (BOI-CVAE-BASE-20-10, 22 avril 2026) confirme le nouveau principe : *« lorsque la charge n'a pas été inscrite directement dans le compte adéquat, le montant concerné est transféré en créditant le compte de… »* la charge elle-même, et non un compte-pivot. > 💡 À noter : l'imputation directe supprime une étape, mais exige une discipline accrue dans la qualification initiale de la charge. Une erreur d'affectation ne peut plus être corrigée par un simple transfert en 79. ### Avant la réforme : écriture avec compte 791 Voici l'écriture comptable telle qu'elle était pratiquée sous l'ancien PCG, pour notre exemple de 8 000 € d'assurance dont 1 200 € refacturés : - **Débit compte 616** « Primes d'assurance » : 8 000 € (paiement total de la prime) - **Crédit compte 791** « Transfert de charges de fonctionnement » : 1 200 € (neutralisation de la part refacturée) - **Débit compte 467** « Autres comptes débiteurs ou créditeurs » : 1 200 € (créance sur le copropriétaire) Résultat : le compte 616 affiche un solde net de **6 800 €** dans les charges d'exploitation, et le compte 791 enregistre **1 200 €** en produits, venant compenser la charge. La créance de 1 200 € figure au bilan dans le compte 467. Trois comptes mobilisés, mais une traçabilité parfaite du transfert. ### Après la réforme : imputation directe au compte de charge approprié Avec le nouveau PCG, l'écriture devient plus directe. Elle ne mobilise que deux comptes : - **Débit compte 616** « Primes d'assurance » : 6 800 € (charge nette supportée par le syndicat) - **Débit compte 467** « Autres comptes débiteurs ou créditeurs » : 1 200 € (créance immédiate sur le copropriétaire) - **Crédit compte 512** « Banque » : 8 000 € (décaissement total) La différence est immédiatement visible : le compte 616 ne reçoit que la charge nette de **6 800 €**, sans transiter par un compte de transfert. Le compte 467 enregistre directement la créance de 1 200 €. Le compte 791 a disparu de l'écriture. Cette simplification a un coût : la refacturation n'apparaît plus de manière isolée dans les comptes. Elle est « noyée » dans l'imputation initiale, ce qui exige une documentation rigoureuse pour justifier le traitement retenu en cas de contrôle fiscal. ## Impact sur le calcul de la valeur ajoutée (CVAE) : ce que précise le BOFiP La suppression des comptes 79 ne se limite pas à un ajustement technique de la comptabilité générale. Elle a des implications directes sur le calcul de la valeur ajoutée servant de base à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Le BOFiP **BOI-CVAE-BASE-20-20** du 19 novembre 2025 liste explicitement les *« transferts de charges déductibles de la valeur ajoutée, autres que ceux déjà pris en compte dans le chiffre d'affaires »* parmi les éléments venant minorer la base imposable. Ce traitement fiscal favorable était directement lié à l'existence des comptes 79 : le transfert de charges, identifiable en tant que tel dans la comptabilité, pouvait être retraité dans le calcul de la valeur ajoutée. La suppression de la classe 79 ne supprime pas le droit à déduction. Elle en modifie la mécanique probatoire. Une charge refacturée imputée directement au compte de charge (selon la nouvelle méthode) devra être documentée de manière à prouver qu'elle ne constitue pas une charge d'exploitation ordinaire de l'entreprise, mais bien un flux neutre pour la valeur ajoutée. En pratique, cela signifie que les entreprises concernées par la CVAE doivent adapter leur documentation interne pour isoler ces flux et justifier leur déductibilité. La liasse fiscale 2032 réformée devrait, à terme, intégrer des lignes spécifiques pour ce type de retraitement. ### Transferts de charges et valeur ajoutée : l'ancienne règle BOFiP Sous l'ancien PCG, l'identification des transferts de charges dans le calcul de la valeur ajoutée était mécanique. Le BOFiP (BOI-CVAE-BASE-20-20, 19 novembre 2025) prévoyait une ligne dédiée : *« f. Transferts de charges déductibles de la valeur ajoutée, autres que ceux déjà pris en compte dans le chiffre d'affaires. »* Cette déduction concernait les transferts de charges de fonctionnement (compte 791) qui n'avaient pas déjà été intégrés dans le chiffre d'affaires par ailleurs. Typiquement, une charge d'exploitation refacturée à un tiers sans marge : l'assurance payée pour le compte d'une filiale, la taxe foncière refacturée à un locataire : était retranchée de la valeur ajoutée car elle ne représentait pas une consommation de ressources par l'entreprise elle-même. Le point clé : l'administration fiscale s'appuyait sur la présence explicite du compte 791 dans la comptabilité pour identifier ces flux déductibles. La lisibilité du transfert dans les écritures servait de justification à la déduction fiscale. ### Conséquences de la suppression sur la base d'imposition CVAE Avec la disparition des comptes 79, la charge refacturée ne se distingue plus automatiquement dans les écritures comptables. Une entreprise qui impute directement 6 800 € au compte 616 (pour reprendre notre exemple) verra ses charges d'exploitation afficher ce montant, sans que la part refacturée de 1 200 € n'apparaisse distinctement. Pour le calcul de la CVAE, cela crée une difficulté nouvelle : comment prouver que 1 200 € de charges d'assurance ne doivent pas être intégrés dans la valeur ajoutée, alors que rien dans la comptabilité ne les isole ? Deux approches sont envisageables. D'abord, une documentation extra-comptable détaillée, identifiant précisément les flux refacturés et leur justification. Ensuite, l'utilisation de subdivisions analytiques au sein des comptes de charge (par exemple un sous-compte 6161 pour les charges nettes et 6162 pour les charges refacturées), bien que le PCG réformé n'en impose pas le format. Les praticiens devront faire preuve de rigueur pour sécuriser leurs déductions CVAE. ## ERREUR COURANTE À ÉVITER : continuer à utiliser le compte 79 par habitude Le piège le plus fréquent dans les cabinets comptables et chez les syndics de copropriété ? Continuer à utiliser les comptes 791 et 796 par réflexe professionnel. L'automatisme est humain : des décennies de pratique ne s'effacent pas en quelques mois. Le risque n'est pas théorique. La notice 2032-not-sd 2026 (impots.gouv.fr) introduit une *« nouvelle présentation du résultat exceptionnel »* qui rend les anciens comptes de transfert de charges incompatibles avec la liasse fiscale. Une entreprise qui déposerait une déclaration fiscale 2026 avec des écritures passées en compte 791 s'exposerait à un rejet de sa liasse pour incohérence avec le plan de comptes en vigueur. Au-delà du rejet formel, un contrôle fiscal pourrait pointer l'anomalie et requalifier les écritures concernées. L'administration dispose désormais d'un fondement clair : le formulaire CVAE 2026 : pour exiger la conformité au nouveau PCG. Le contribuable qui persiste à utiliser un compte supprimé se place en situation de fragilité. > ⚠️ Attention : le risque est démultiplié lorsque le logiciel comptable n'a pas été mis à jour et génère automatiquement des écritures sur des comptes 79. Un paramétrage obsolète peut produire des erreurs en série sans que l'utilisateur en ait conscience. ### Pourquoi les logiciels comptables peuvent induire en erreur Beaucoup de logiciels comptables intègrent des plans de comptes préparamétrés, parfois fondés sur des versions antérieures du PCG. Si l'éditeur n'a pas déployé une mise à jour intégrant la suppression des comptes 79, le plan de comptes proposé par défaut peut encore contenir les comptes 791 et 796. L'utilisateur qui sélectionne ces comptes dans un menu déroulant ne commet pas une erreur délibérée. Il utilise l'outil tel qu'il lui est présenté. Mais l'administration fiscale ne fait pas de distinction entre l'erreur du logiciel et celle du contribuable : c'est ce dernier qui reste responsable de la conformité de ses déclarations. Une vérification simple consiste à ouvrir le paramétrage du plan de comptes dans le logiciel et à contrôler la présence ou l'absence de la classe 79. Si les comptes 791 ou 796 apparaissent encore, il est impératif de contacter l'éditeur pour obtenir une mise à jour conforme au PCG réformé. ### Comment vérifier que votre plan de comptes est conforme au nouveau PCG La conformité au nouveau PCG se vérifie en trois points de contrôle simples. D'abord, le plan de comptes ne doit plus contenir de comptes commençant par 79. Toute référence aux comptes 791, 796 ou à la classe 79 dans son ensemble doit avoir disparu. Ensuite, les écritures antérieures utilisant des comptes 79 doivent être analysées pour identifier les flux qu'elles traitaient, de manière à définir la nouvelle imputation applicable. Enfin, la documentation des charges refacturées doit être renforcée, car l'imputation directe ne laisse plus de trace explicite du transfert dans les comptes. Ces vérifications ne relèvent pas du conseil personnalisé mais du bon sens professionnel. Un syndic de copropriété, dont [les obligations comptables du syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) sont strictement encadrées, doit pouvoir justifier la conformité de sa comptabilité au référentiel applicable. ## Transfert de charges en copropriété : un cas particulier à connaître La copropriété occupe une place à part dans le paysage comptable français. Contrairement aux sociétés commerciales, les syndicats de copropriétaires ne sont pas soumis au plan comptable général mais à un référentiel spécifique : le plan comptable des syndicats de copropriété, instauré par le décret du 14 mars 2005. Ce plan comptable particulier organise les comptes selon une logique adaptée à la gestion d'immeubles : comptes de charges par nature (eau, électricité, assurance, entretien…), comptes de copropriétaires, comptes de fonds travaux. Il ne comporte pas, en tant que tel, de comptes 79 de transfert de charges. La réforme du PCG général ne modifie donc pas directement le plan comptable de la copropriété. Mais elle soulève une question pratique : de nombreux syndics utilisent le plan de comptes commun de l'administration fiscale comme référentiel de fait pour certaines écritures, notamment lorsqu'ils préparent la déclaration CVAE ou la liasse fiscale du syndicat. Ces écritures « passerelles » ne peuvent plus mobiliser les comptes 79. > 📌 Important : le décret du 14 mars 2005 reste le texte de référence pour la comptabilité des syndicats de copropriétaires. La réforme du PCG général ne le modifie pas. Mais tout syndic qui utilise le plan de comptes commun pour ses déclarations fiscales doit en appliquer la version à jour, c'est-à-dire sans les comptes 79. ### Le plan comptable de la copropriété est-il affecté par la réforme ? Juridiquement, la réponse est non. Le plan comptable des syndicats de copropriétaires, fixé par le décret du 14 mars 2005, constitue un corpus autonome. L'Autorité des normes comptables (ANC) n'a pas, à ce jour, publié de règlement modifiant ce plan comptable spécifique pour y supprimer une éventuelle classe 79 qui, de toute façon, n'y figurait pas sous la forme qu'elle avait dans le PCG général. En pratique, le syndicat de copropriétaires qui tient sa comptabilité conformément au seul décret de 2005 ne rencontre pas de difficulté : il n'utilisait pas les comptes 791 ou 796, il continue de ne pas les utiliser. La suppression est sans objet pour lui. La vigilance s'impose en revanche pour les syndicats qui externalisent leur comptabilité auprès d'un cabinet utilisant le plan de comptes commun de l'administration fiscale. Dans ce cas, le prestataire doit avoir basculé vers la version réformée du PCG, et les écritures qu'il passe pour le compte du syndicat ne doivent plus comporter de comptes 79. ### Ce que le syndic doit vérifier dans ses écritures Le syndic de copropriété, professionnel ou bénévole, n'a pas à devenir expert-comptable. Mais il doit porter une attention particulière à trois points dans le contexte de la réforme. Premièrement, vérifier que son logiciel de gestion de copropriété n'intègre pas, par défaut, des comptes 79 issus du plan de comptes commun. Certains logiciels hybrides mêlent le plan comptable copropriété et le PCG général : c'est là que le risque de contamination existe. Deuxièmement, pour les charges refacturées à des copropriétaires (consommations individuelles d'eau, de chauffage, appel de fonds travaux spécifiques), s'assurer que l'écriture est passée directement en compte de charge et de tiers, sans transiter par un compte de transfert. Troisièmement, conserver une documentation précise de chaque refacturation : l'imputation directe ne laisse plus de trace comptable explicite du transfert, ce qui pourrait compliquer la justification des comptes en assemblée générale. Le rôle du syndic dans la tenue des comptes est précisément défini par [les obligations comptables du syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) : la régularité des écritures engage sa responsabilité. La mise en conformité avec le PCG réformé, même si elle ne bouleverse pas la copropriété, fait partie de cette mission.

Fiche pratique

Comptes supprimés791 (transfert de charges de fonctionnement), 796 (transferts de charges financières), et l'ensemble de la classe 79
Source officielleFormulaire 1330-CVAE-SD 2026, impots.gouv.fr
Règle BOFiP à jour (CVAE)BOI-CVAE-BASE-20-10 du 22 avril 2026
Transferts déductibles (valeur ajoutée)BOI-CVAE-BASE-20-20 du 19 novembre 2025
Nouvelle présentation fiscaleNotice 2032-not-sd 2026, impots.gouv.fr
Référentiel copropriétéDécret du 14 mars 2005 (plan comptable distinct du PCG général)
Principe clé post-réformeImputation directe au compte de charge approprié, sans transit par un compte-pivot 79
## Sources - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/formulaires/1330-cvae-sd/2026/1330-cvae-sd_5410.pdf) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/formulaires/2032-not-sd/2026/2032-not-sd_5323.pdf) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/plan-de-comptes-commun) - [bofip.impots.gouv.fr](https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/13222-PGP.html/identifiant%3DBOI-CVAE-BASE-20-10-20260422) - [bofip.impots.gouv.fr](https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/13223-PGP.html/identifiant%3DBOI-CVAE-BASE-20-20-20251119) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cnocp/RNCE/RNCE%20-%20MAI%202026.pdf) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Aide ravalement façade 2026 : MaPrimeRénov', TVA, éco-PTZ URL: https://copro-guide.fr/charges/aide-ravalement-facade-subventions-dispositifs/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-08-01 Mot-clé ciblé: aide pour ravalement de façade Découvrez toutes les aides pour ravalement de façade en 2026 : MaPrimeRénov', TVA à 10 %, Anah, éco-prêt... Conditions, cumul et démarches expliqués simplement. **Un ravalement de façade peut être financé par plusieurs dispositifs en 2026 : MaPrimeRénov' si les travaux incluent une isolation par l'extérieur, la TVA à taux réduit (10 % ou 5,5 %), l'éco-prêt à taux zéro jusqu'à 50 000 €, et les certificats d'économie d'énergie. Le ravalement simple sans gain énergétique n'ouvre droit qu'à la TVA réduite et aux éventuelles aides locales.** Chercher une aide pour ravalement de façade avant de signer un devis peut réduire la facture de plusieurs milliers d'euros. Tous les dispositifs ne couvrent pas un ravalement simple, et les conditions diffèrent selon que vous êtes propriétaire d'une maison ou copropriétaire d'un immeuble collectif. Ce guide fait le tri entre subventions, avantages fiscaux et prêts à taux zéro mobilisables en 2026. Pour en savoir plus sur les différentes subventions et prêts à taux zéro disponibles, consultez notre article détaillé sur les [aides pour ravalement de façade](/travaux/aides-ravalement-facade-guide/). ## Pourquoi chercher des aides avant de lancer un ravalement de façade ? Un ravalement de façade représente une dépense lourde. Selon la surface et l'état du bâti, la facture peut aisément atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros pour un immeuble collectif. Pourtant, de nombreux propriétaires ignorent qu'une partie de ce coût peut être absorbée par des dispositifs publics. Solliciter les aides disponibles n'est pas un luxe : c'est un réflexe financier qui peut alléger le reste à charge de 30 à 70 % dans les cas les plus favorables, particulièrement lorsque le ravalement s'accompagne d'une isolation thermique par l'extérieur (ITE). En pratique, deux profils doivent être distingués. Le propriétaire d'une maison individuelle dépose ses propres demandes. Le copropriétaire, lui, dépend en partie des décisions collectives du syndicat, mais peut aussi actionner des leviers individuels. Dans les deux cas, anticiper les démarches avant le vote des travaux ou la signature du devis est déterminant. ### Un ravalement : obligatoire ou facultatif ? Dans certaines communes, un arrêté municipal peut imposer un ravalement périodique. À Paris, le règlement sanitaire départemental exige un ravalement tous les 10 ans. De nombreuses villes du littoral ou de montagne prévoient des obligations similaires pour préserver le bâti face aux intempéries. En copropriété, l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 soumet le ravalement au vote de l'assemblée générale à la majorité absolue. Contrairement à une idée répandue, le syndic n'a pas le pouvoir de décider seul d'engager ces travaux. Pour approfondir ce cadre juridique, consultez notre guide sur les [obligations de ravalement de façade en copropriété](/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/). ### Le réflexe « aides d'abord » pour ne pas payer le plein tarif L'erreur la plus coûteuse consiste à voter le ravalement en assemblée générale puis à chercher des financements une fois les devis signés. Certaines aides, notamment MaPrimeRénov' Copropriété, imposent de déposer le dossier avant le début des travaux. Autre piège fréquent : se limiter aux dispositifs nationaux en occultant les subventions locales. Des régions, départements et intercommunalités proposent des enveloppes complémentaires, parfois plus généreuses que les aides de l'État. Le réseau France Rénov' gratuit permet d'en obtenir la liste exhaustive pour votre territoire. ## MaPrimeRénov' et le ravalement de façade : conditions et plafonds MaPrimeRénov' constitue l'aide phare de l'État pour la rénovation énergétique, distribuée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah). Mais son application au ravalement de façade répond à une règle essentielle : le ravalement seul, sans amélioration thermique, n'est pas éligible. Seuls les travaux couplant le ravalement à une isolation par l'extérieur (ITE) entrent dans le périmètre de MaPrimeRénov'. Dans ce cadre, l'aide représente entre **50 % et 70 %** du montant des travaux, dans la limite d'un plafond de travaux subventionnables (source : economie.gouv.fr). Le taux exact dépend du niveau de ressources du ménage et du type de parcours emprunté. Pour les copropriétés, un dispositif spécifique existe : MaPrimeRénov' Copropriété. Son montant s'élève à **600 € HT par logement** pour les copropriétés de plus de 20 logements, avec un plancher de **3 000 €**, ou **1 000 € HT par logement** pour les copropriétés de 20 logements ou moins (source : economie.gouv.fr). Le syndicat doit compter au moins 75 % de lots d'habitation pour être éligible. Le guichet MaPrimeRénov' a rouvert le 23 février 2026 pour l'ensemble des parcours (source : economie.gouv.fr). ### Ravalement seul vs ravalement avec isolation par l'extérieur (ITE) Un ravalement strictement esthétique (nettoyage, rebouchage de fissures, peinture) ne déclenche aucune aide MaPrimeRénov'. Pour débloquer cette subvention, le projet doit intégrer une ITE : pose d'un isolant sur la façade extérieure, puis application d'un enduit de finition. Dans les faits, coupler ravalement et ITE présente un double avantage. L'isolation améliore la performance énergétique du logement tout en finançant une partie du ravalement via les aides publiques. Les économies de chauffage réalisées ensuite renforcent encore la rentabilité de l'opération sur la durée. ### Profils éligibles : conditions de ressources et de logement MaPrimeRénov' distingue quatre profils de ménages selon les revenus : les ménages aux revenus très modestes (bleu), modestes (jaune), intermédiaires (violet) et aisés (rose). Les taux de prise en charge varient selon ce classement, les profils bleu et jaune bénéficiant du taux maximal. Le logement doit être occupé à titre de résidence principale et achevé depuis au moins 15 ans. Pour MaPrimeRénov' Copropriété, la condition d'ancienneté est identique. L'Anah vérifie ces critères lors de l'instruction du dossier. ### Comment faire la demande sur le portail France Rénov' La demande s'effectue exclusivement en ligne sur le site france-renov.gouv.fr. Le parcours se décompose en quatre étapes : création d'un compte personnel, description du projet et des travaux envisagés, téléversement des devis d'artisans RGE, puis validation du dossier. Une fois l'accord de subvention reçu, les travaux peuvent débuter. Le versement intervient après achèvement, sur présentation des factures acquittées. Un point de vigilance : l'entreprise retenue doit impérativement détenir la qualification RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). Sans ce label, MaPrimeRénov' est refusée. ## TVA à taux réduit : l'aide fiscale automatique souvent oubliée La TVA réduite constitue l'un des leviers fiscaux les plus accessibles pour un ravalement de façade. Contrairement à MaPrimeRénov', elle ne dépend ni des ressources du ménage ni d'un gain énergétique mesurable. Deux taux s'appliquent selon la nature des travaux. Le taux de **10 %** concerne les travaux d'amélioration, de transformation ou d'aménagement d'un logement achevé depuis plus de deux ans. Le ravalement de façade entre dans cette catégorie. Le taux normal aurait été de 20 % : l'économie est immédiate, sans dossier de subvention à constituer. Le taux réduit s'applique directement sur la facture de l'artisan, qui facture la TVA au taux correspondant. Le propriétaire n'a aucune démarche administrative à effectuer auprès de l'administration fiscale, hormis la remise d'une attestation à l'entreprise. ### TVA à 10 % sur les travaux de ravalement Ce taux s'applique à tout ravalement de façade exécuté sur un local d'habitation achevé depuis plus de deux ans. Il couvre l'intégralité de la prestation : main-d'œuvre et fournitures. Son fondement juridique se trouve dans l'article 279-0 bis du code général des impôts. L'architecte ou l'entreprise qui facture applique ce taux de plein droit, à condition que le client lui ait remis l'attestation requise. À défaut, le taux normal de 20 % s'applique, avec un risque de régularisation ultérieure. ### TVA à 5,5 % si le ravalement inclut une isolation thermique Lorsque le ravalement s'accompagne de travaux d'isolation thermique répondant à des critères de performance définis par la réglementation, le taux de TVA descend à **5,5 %**. Ce taux super-réduit vise spécifiquement les travaux d'économie d'énergie. Pour en bénéficier, les matériaux isolants posés doivent respecter les performances minimales exigées par la réglementation thermique. L'entreprise en atteste sur la facture. Ce taux de 5,5 % se cumule avec MaPrimeRénov' et les CEE pour une même opération, ce qui réduit considérablement le reste à charge. ### L'erreur à éviter : l'attestation obligatoire à remettre à l'artisan Concrètement, beaucoup de propriétaires pensent que la TVA réduite s'applique automatiquement. Erreur classique : en l'absence d'attestation, l'entreprise applique le taux normal de 20 %. Pire, si un contrôle fiscal intervient et révèle l'absence d'attestation conforme, un rappel de TVA peut être exigé. L'attestation, dont le modèle figure au Bulletin officiel des finances publiques, doit mentionner la nature des travaux, l'adresse du logement et sa date d'achèvement. Elle engage la responsabilité du propriétaire : toute fausse déclaration expose à des pénalités fiscales. ## L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour financer le reste à charge L'éco-PTZ permet d'emprunter sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique. Distribué par les banques partenaires, il ne comporte aucune condition de ressources. Son remboursement s'étale sur une durée maximale de 20 ans pour une rénovation globale. Le montant maximum varie selon l'ampleur des travaux entrepris. Pour une action isolée sur les parois vitrées, le plafond atteint **7 000 €**. Pour une action de travaux d'isolation thermique (dont l'ITE), il monte à **15 000 €**. Dans le cadre d'une rénovation globale visant un gain énergétique d'au moins 35 %, le prêt peut grimper jusqu'à **50 000 €** (source : economie.gouv.fr, 2024). L'éco-PTZ présente l'avantage de couvrir le reste à charge une fois les subventions déduites. Couplé à MaPrimeRénov', il permet d'engager des travaux sans apport personnel dans de nombreuses situations. ### Conditions d'éligibilité de l'éco-PTZ en 2026 Le logement doit être une résidence principale achevée depuis plus de deux ans. Les travaux doivent impérativement être réalisés par un professionnel RGE, comme pour MaPrimeRénov'. L'éco-PTZ peut financer un bouquet de travaux (au moins deux actions d'amélioration énergétique) ou une rénovation globale. La demande s'effectue directement auprès d'une banque ayant conventionné avec l'État. Un formulaire type, téléchargeable sur service-public.fr, doit être complété avec les devis. L'établissement prêteur vérifie l'éligibilité des travaux avant le déblocage des fonds. ### Cumul éco-PTZ et MaPrimeRénov' : est-ce possible ? Oui, le cumul est autorisé et même encouragé. MaPrimeRénov' couvre une partie du coût sous forme de subvention, l'éco-PTZ finance le solde sans intérêts. Cette combinaison permet de neutraliser une large part du reste à charge. Un propriétaire éligible à MaPrimeRénov' au taux de 70 % peut ainsi voir le montant des travaux subventionnés à hauteur de 70 %, puis emprunter les 30 % restants à taux zéro via l'éco-PTZ. Le coût net mensuel se limite alors au remboursement du capital, sans aucun frais financier. ## Aides locales et aides des collectivités : le bonus méconnu Au-delà des dispositifs nationaux, de nombreuses collectivités territoriales octroient des subventions pour la rénovation de l'habitat. Ces aides locales restent largement sous-exploitées alors qu'elles se cumulent souvent avec MaPrimeRénov' et l'éco-PTZ. Régions, départements, communes et intercommunalités (métropoles, communautés d'agglomération) disposent de leurs propres enveloppes budgétaires. Certaines ciblent spécifiquement le ravalement de façade dans les centres-villes historiques, d'autres subventionnent l'ITE sur le bâti ancien. Les critères, les montants et les procédures varient considérablement d'un territoire à l'autre. Pour identifier ces aides, France Rénov' déploie un réseau de conseillers sur l'ensemble du territoire. Le service est gratuit. Le conseiller analyse le projet, vérifie l'éligibilité aux différents dispositifs et aide à constituer les dossiers de demande. ### Aides régionales et départementales Plusieurs régions proposent des compléments à MaPrimeRénov' pour les ménages modestes. Le département peut également intervenir via son programme d'intérêt général (PIG) ou une opération programmée d'amélioration de l'habitat (OPAH). Ces dispositifs territoriaux sont gérés par les services habitat des collectivités. Un exemple concret : certaines régions subventionnent le ravalement de façade à hauteur de 20 à 30 % du montant HT, sous réserve d'utiliser des matériaux traditionnels ou des couleurs conformes au plan local d'urbanisme. Ces aides sont instruites par la direction régionale de l'habitat ou la délégation locale de l'Anah. ### Aides des communes et intercommunalités Les communes touristiques ou classées disposent fréquemment de fonds dédiés à la préservation du patrimoine architectural. Une subvention municipale pour ravalement de façade peut couvrir jusqu'à 50 % du coût des travaux dans certains secteurs sauvegardés. Les intercommunalités (communautés de communes, métropoles) lancent aussi des campagnes de subvention au ravalement, parfois limitées dans le temps. L'information circule mal : ces dispositifs sont souvent publiés au bulletin municipal sans grande visibilité. Le réflexe consiste à contacter le service urbanisme de sa mairie avant tout projet. ### Où trouver les aides locales : le réseau France Rénov' France Rénov' (france-renov.gouv.fr) centralise l'information sur l'ensemble des aides disponibles. Son réseau de conseillers indépendants, répartis dans toute la France, propose un accompagnement personnalisé, de l'identification des subventions jusqu'au montage du plan de financement. Le site agrège également les aides des collectivités dans une base de données régulièrement mise à jour. Un simulateur en ligne permet d'estimer ses droits en quelques clics, sur la base de la localisation du logement, des revenus du ménage et de la nature des travaux projetés. ## Cas pratique : ravalement avec isolation en copropriété, qui paie quoi ? Prenons une copropriété de 15 lots à Lyon qui vote un ravalement avec isolation par l'extérieur. Le devis global s'établit autour de 120 000 € TTC. Le syndic, mandaté par l'assemblée générale, dépose une demande de MaPrimeRénov' Copropriété. Le montant accordé atteint **1 000 € HT par logement**, soit 15 000 € pour l'ensemble de la copropriété. La TVA s'applique au taux de **5,5 %** puisque l'ITE est incluse, au lieu de 20 %. Sur une facture de 120 000 € TTC, cette différence de TVA représente une économie de plus de 17 000 € par rapport au taux normal. Le syndic peut également solliciter les CEE (certificats d'économie d'énergie) auprès d'un obligé (fournisseur d'énergie). La prime CEE, variable selon la surface isolée, vient en déduction du montant TTC. Le prix final est à répartir entre copropriétaires selon leurs tantièmes. Pour estimer ce coût, notre article sur le [prix pour un ravalement de façade](/travaux/prix-ravalement-facade-guide-copropriete/) fournit des ordres de grandeur au mètre carré. ### Le rôle du syndic dans les demandes d'aides collectives Le syndic agit comme mandataire du syndicat des copropriétaires. Il prépare le dossier de demande de MaPrimeRénov' Copropriété, rassemble les devis d'entreprises RGE et transmet les pièces justificatives à l'Anah. La décision de solliciter ces aides doit avoir été inscrite à l'ordre du jour et votée en assemblée générale. Une fois la subvention notifiée, le syndic en informe les copropriétaires et ajuste les appels de fonds en conséquence. Il veille à ce que les travaux soient réceptionnés conformément au descriptif ayant fondé l'octroi des aides : tout écart peut entraîner un reversement. ### Ce que chaque copropriétaire peut faire en plus, à titre individuel Un copropriétaire occupant aux revenus modestes peut solliciter une aide individuelle complémentaire de **1 500 €**, ou jusqu'à **3 000 €** dans les cas les plus favorables, au titre de MaPrimeRénov' individuelle (source : economie.gouv.fr). Cette demande s'ajoute à l'aide collective perçue par le syndicat. Par ailleurs, le copropriétaire peut mobiliser un éco-PTZ individuel pour financer sa quote-part personnelle des travaux, sous réserve que l'opération globale constitue un bouquet de travaux éligible. Le choix d'un [artisan RGE qualifié](/travaux/entreprise-ravalement-facade-guide-copropriete/) conditionne l'ensemble de ces dispositifs. ## Comment cumuler les aides pour ravalement de façade : récapitulatif La combinaison des dispositifs obéit à des règles précises. Certains cumuls sont autorisés et encouragés, d'autres sont exclus. Voici la synthèse des compatibilités à connaître avant de monter le plan de financement. L'architecture globale est simple : les subventions (MaPrimeRénov', aides locales, CEE) réduisent le coût initial, la TVA réduite allège la facture, et l'éco-PTZ finance le solde sans intérêts. Cette mécanique en trois étages permet, dans les configurations les plus favorables, de ramener le reste à charge à quelques milliers d'euros. ### Les combinaisons autorisées - **MaPrimeRénov' + éco-PTZ** : cumul intégral, expressément prévu par les textes. - **MaPrimeRénov' + CEE** : cumul autorisé, la prime CEE venant en complément de la subvention Anah. - **MaPrimeRénov' + TVA réduite** : cumul de droit, les deux dispositifs relevant de législations distinctes. - **Éco-PTZ + TVA réduite** : cumul possible sans restriction. - **Aides locales + dispositifs nationaux** : en principe cumulables, sauf stipulation contraire dans le règlement local d'attribution. - **MaPrimeRénov' Copropriété + MaPrimeRénov' individuelle** : cumul partiel, dans la limite des plafonds réglementaires. ### Les incompatibilités à connaître MaPrimeRénov' ne se cumule pas avec une autre subvention de l'Anah pour les mêmes travaux. Un même poste de dépense ne peut être financé deux fois par le même organisme. Les CEE ne peuvent pas porter sur des travaux déjà intégralement subventionnés par un autre dispositif donnant lieu à valorisation des mêmes économies d'énergie. Cette règle vise à éviter le double comptage des kWh économisés. L'éco-PTZ et le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) ne sont plus cumulables depuis la transformation du CITE en MaPrimeRénov'. ### Checklist : les étapes pour monter son dossier d'aides 1. Faire réaliser au moins trois devis par des entreprises RGE. 2. Contacter un conseiller France Rénov' pour identifier l'ensemble des aides nationales et locales mobilisables. 3. Déposer le dossier MaPrimeRénov' sur france-renov.gouv.fr avant le début des travaux. 4. Remettre l'attestation TVA à l'entreprise retenue. 5. Solliciter l'éco-PTZ auprès de sa banque, devis RGE à l'appui. 6. Conserver l'ensemble des factures acquittées pour justifier les versements. Respecter cet ordre chronologique est capital. Une demande MaPrimeRénov' postérieure au démarrage du chantier est irrecevable, et l'attestation TVA ne peut être régularisée rétroactivement. *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Prix ravalement de façade 2026 tarifs m² devis et aides URL: https://copro-guide.fr/travaux/prix-ravalement-facade-guide-copropriete/ Catégorie: travaux · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-07-31 Mot-clé ciblé: prix pour un ravalement de façade Découvrez les vrais prix d'un ravalement de façade en 2026 : tarifs au m² par technique, facteurs de variation, aides financières et conseils pour comparer **Le prix d'un ravalement de façade dépend de la technique choisie, de la surface, de la hauteur et de l'état du support. Les fourchettes observées sur le marché vont d'environ 20 € par m² pour une simple application de peinture à plus de 150 € par m² pour un ravalement avec isolation thermique par l'extérieur. En copropriété, la dépense est votée en assemblée générale selon les majorités prévues par la loi du 10 juillet 1965.** Le prix pour un ravalement de façade s'établit rarement à partir d'un tarif unique au m² : la fourchette varie du simple au triple selon la technique retenue, la hauteur du bâtiment et l'état du support. En copropriété, la décision revient à l'assemblée générale, ce qui ajoute une dimension collective au choix du prestataire et des travaux. Avant de voter ou de demander un devis, comprendre la décomposition des coûts et les aides mobilisables permet d'éviter les mauvaises surprises. Les simulateurs officiels (service-public.fr, maprimerenov.gouv.fr) constituent le premier réflexe pour estimer son éligibilité aux dispositifs publics. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le prix au m² d'un ravalement varie de 20 € (peinture) à plus de 150 € (avec ITE), échafaudage inclus. > - Un devis incomplet omettant l'échafaudage ou les réparations peut générer 20 à 40 % de surcoût en cours de chantier. > - En copropriété, le ravalement est voté en AG à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965. > - MaPrimeRénov' Copropriété, les CEE et l'éco-PTZ peuvent réduire la facture, sous conditions d'éligibilité et avec une entreprise RGE. > - Comparer deux devis exige une lecture poste par poste : nettoyage, réparation, finition, échafaudage, protection et évacuation des déchets. ## Ce que recouvre réellement un ravalement de façade Un ravalement de façade ne se limite pas à appliquer une couche de peinture ou d'enduit sur un mur. La réglementation française définit le ravalement comme un ensemble d'opérations d'entretien et de remise en état des façades extérieures d'un bâtiment. Selon le site officiel service-public.fr, le ravalement est obligatoire au moins tous les dix ans dans les communes qui l'imposent par arrêté municipal. Le périmètre des travaux conditionne directement le prix pour un ravalement de façade, car chaque étape mobilise du temps, de la main-d'œuvre et du matériel spécifique. Trois grandes catégories d'opérations composent un ravalement complet. Le nettoyage prépare le support, la réparation corrige les désordres structurels et la finition protège le mur dans la durée. Une quatrième étape, transversale, concerne l'installation du chantier lui-même. Omettre l'une de ces étapes dans un devis fausse la comparaison entre plusieurs offres. ### Nettoyage et traitement de surface Avant toute finition, la façade doit être débarrassée des salissures, mousses et pollutions accumulées. Le nettoyage peut se faire par sablage, hydrogommage, nettoyage haute pression ou traitement chimique selon la nature du support. Cette phase influence le coût au m² car un mur très encrassé ou exposé à l'humidité nécessite plus de temps de préparation. Le traitement anti-mousse ou la réparation de microfissures intervient souvent à ce stade. ### Réparation des supports et finitions Une fois le support nettoyé, l'entreprise rejoint les fissures, remplace les éléments endommagés et applique la finition choisie : peinture, enduit, lasure ou mise en valeur de la pierre. L'étendue des réparations varie beaucoup d'un bâtiment à l'autre. Une façade en bon état demandera peu de reprise, tandis qu'un mur présentant des désordres structurels (fissures profondes, décollement d'enduit) multipliera les postes de coût. ### Échafaudage et installations de chantier L'échafaudage représente un poste de coût distinct, souvent sous-traité à une entreprise spécialisée. Sa complexité dépend de la hauteur du bâtiment, de la configuration de la voie publique et des contraintes d'accès. En copropriété, la pose d'échafaudages peut nécessiter une autorisation de voirie. Ce poste pèse lourd dans le devis total et explique pourquoi deux offres apparemment comparables au m² affichent des prix finaux très différents. ## Les facteurs qui font varier le coût ravalement de façade au m2 Cinq variables principales expliquent les écarts de prix constatés entre les devis. Comprendre ces leviers permet de lire une proposition tarifaire avec un œil critique et de pondérer les arguments commerciaux. Aucun tarif au m² n'est universel : un même immeuble peut recevoir des offres dont l'écart dépasse 50 % selon les entreprises sollicitées et le niveau de détail du devis. Voir aussi notre article [aide ravalement façade 2026 : maprimerénov', tva, éco-ptz](/charges/aide-ravalement-facade-subventions-dispositifs/). Voir aussi notre article [aides ravalement de façade 2026 : maprimerénov, cee, éco-ptz](/travaux/aides-ravalement-facade-guide/). La surface totale ne suffit pas à déterminer le prix. La géométrie du bâtiment, la hauteur des façades, la technique de ravalement retenue, l'état du support et la localisation du chantier interviennent chacune pour modifier la facture. En copropriété, ces paramètres sont partagés : tous les copropriétaires subissent les mêmes contraintes, ce qui rend la mise en concurrence d'autant plus stratégique. ### Surface et géométrie du bâtiment Plus la surface à traiter est importante, plus le prix au m² a tendance à diminuer grâce aux économies d'échelle (échafaudage, déplacement des équipes, achat de matériaux en volume). À l'inverse, un bâtiment à géométrie complexe (façades avec retraits, balcons, ornements) génère des surcoûts car les temps de préparation et d'application augmentent. Une façade plate de 200 m² sera plus rapide à traiter qu'une façade de même surface comportant multiples décrochements. ### Technique de ravalement : peinture, enduit, pierre La technique retenue constitue le premier facteur de variation du prix ravalement façade maison comme copropriété. Une peinture de façade coûte moins cher au m² qu'un enduit projeté, lui-même moins onéreux qu'un ravalement de pierre naturelle. Le choix dépend du type de support existant, de l'esthétique recherchée et de la durée de protection souhaitée. Chaque technique mobilise des compétences et des matériaux différents. ### Hauteur et type d'échafaudage Un pavillon d'un seul niveau se traite souvent depuis une nacelle ou des échafaudages légers. Un immeuble de plusieurs étages impose un échafaudage complet, avec des coûts de pose et de location qui augmentent avec la hauteur. En copropriété, l'échafaudage peut recouvrir plusieurs façades simultanément, ce qui réduit le coût marginal par façade mais augmente la durée d'immobilisation de la voirie. ### État du support et travaux préparatoires Un support sain et homogène demande peu de préparation. À l'inverse, un mur présentant des fissures, un enduit décollé ou des traces d'humidité nécessite des reprises structurelles avant toute finition. Le coût de ces travaux préparatoires peut représenter 30 % du devis total. Le diagnostic préalable réalisé par l'entreprise détermine la part des réparations dans le budget global. ## Grille de prix indicatifs pour un ravalement de façade Les fourchettes ci-dessous représentent des ordres de grandeur constatés sur le marché français pour des travaux réalisés par des entreprises qualifiées. Elles n'intègrent pas les aides financières et doivent impérativement être validées par plusieurs devis détaillés. Le prix final dépend des facteurs exposés précédemment et peut s'écarter sensiblement de ces estimations. Prenons un cas concret : un immeuble de copropriété de quatre étages avec 400 m² de façade en enduit projeté. Sur la base d'une fourchette de 40 à 80 € par m², le budget se situerait entre 16 000 € et 32 000 €, échafaudage inclus, à confirmer par devis. Ces fourchettes sont exprimées en euros par m² de façade traitée, hors aides : - **Peinture de façade ou lasure** : environ 20 à 50 € par m², pose comprise. Solution la plus économique, adaptée aux supports en bon état. - **Enduit projeté ou talochage** : environ 40 à 80 € par m². Le plus courant en copropriété, offre une bonne durabilité. - **Pierre naturelle ou brique apparente** : environ 60 à 120 € par m². Nécessite un savoir-faire spécifique pour la jointoière et le nettoyage. - **Ravalement avec isolation thermique par l'extérieur (ITE)** : environ 100 à 180 € par m². Coût plus élevé mais améliore la performance énergétique du bâtiment. Le ravalement façade isolation thermique par l'extérieur prix est plus élevé car il combine deux opérations : la remise en état de la façade et la pose d'un isolant. La surchauffe du budget peut être partiellement compensée par les aides dédiées à la rénovation énergétique. ### Ravalement peinture ou lasure La peinture de façade représente l'option la plus rapide et la moins coûteuse. Elle convient aux façades en bon état, sans fissures structurelles. La lasure s'applique plutôt sur du bois ou des supports poreux. Le coût au m² reste dans la fourchette basse du marché, mais la durée de vie d'une peinture de façade est plus courte qu'un enduit : environ 10 ans contre 15 à 20 ans pour un enduit de qualité. ### Ravalement enduit projeté ou talochage L'enduit projeté constitue la technique la plus répandue en France. Le procédé consiste à projeter un mortier sur la façade, puis à lisser (talocher) la surface. Cette technique protège efficacement le mur contre l'humidité et offre un large choix de teintes et de textures. En copropriété, c'est souvent l'option retenue pour son rapport coût/durabilité. ### Ravalement pierre naturelle ou brique Le ravalement de pierre naturelle ou de brique demande des compétences spécialisées. Le nettoyage, le rejointoiement et le traitement de la pierre mobilisent des techniques douces pour ne pas endommager le support. Le coût reflète cette exigence technique. Pour un immeuble ancien en pierre de taille, le prix au m² se situe dans le haut de la fourchette. ### Ravalement avec isolation thermique par l'extérieur (ITE) L'ITE combine un ravalement de façade avec la pose d'un isolant thermique sur le mur extérieur. Le coût au m² est nettement supérieur, mais l'opération améliore le confort et réduit les consommations de chauffage. En copropriété, ce type de ravalement peut s'inscrire dans un plan de travaux énergétiques et ouvrir droit à des aides majorées. Le surcoût par rapport à un ravalement simple doit être mis en regard des économies d'énergie attendues. ## Aide ravalement de façade : les dispositifs mobilisables Plusieurs dispositifs publics peuvent réduire la facture d'un ravalement de façade, sous conditions d'éligibilité. Aucune aide n'est attribuée automatiquement : chaque dossier fait l'objet d'une instruction et les montants dépendent du profil du demandeur, des revenus et de la nature des travaux. Avant de s'engager, consulter les simulateurs officiels disponibles sur service-public.fr et maprimerenov.gouv.fr permet d'estimer les aides envisageables. > 💡 À noter : les aides sont réservées aux travaux réalisés par des entreprises certifiées RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). Vérifiez la certification de l'entreprise avant de signer le devis. En copropriété, certaines aides sont spécifiquement conçues pour les travaux votés en assemblée générale. Le [choisir une entreprise de ravalement de façade](/travaux/entreprise-ravalement-facade-guide-copropriete/) certifiée RGE conditionne l'accès à la plupart des dispositifs. ### MaPrimeRénov' et copropriétés MaPrimeRénov', gérée par l'ANAH, propose une voie spécifique aux copropriétés : MaPrimeRénov' Copropriété. Ce dispositif soutient les travaux d'amélioration énergétique votés en AG, incluant le ravalement avec isolation thermique par l'extérieur. Le montant dépend des revenus du foyer et de la performance énergétique visée. Les conditions et les barèmes sont publiés sur maprimerenov.gouv.fr. ### Certificats d'économies d'énergie (CEE) Les CEE sont des aides versées par les fournisseurs d'énergie dans le cadre de leurs obligations réglementaires. Pour un ravalement incluant une isolation thermique par l'extérieur, les CEE peuvent représenter un complément significatif. Le montant varie selon le geste d'isolation et la zone climatique. La demande se fait auprès de l'entreprise réalisant les travaux ou directement auprès du fournisseur d'énergie. ### Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) L'éco-PTZ permet de financer des travaux de rénovation énergétique sans intérêts, jusqu'à un certain plafond. En copropriété, un éco-PTZ spécifique peut financer des travaux votés en assemblée générale. Le prêt est remboursable sur une durée pouvant atteindre 15 ans. Les conditions d'éligibilité et les plafonds sont fixés par la réglementation en vigueur, vérifiables sur service-public.fr. ### Aides des collectivités locales et de l'ANAH Les collectivités locales (communes, départements, régions) peuvent proposer des subventions pour les travaux de ravalement, notamment dans les secteurs protégés ou les quartiers prioritaires. L'ANAH (Agence nationale de l'habitat) propose également des aides pour les propriétaires occupants sous conditions de ressources. Les critères varient d'un territoire à l'autre. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou sur anah.gouv.fr. ## Erreur courante : devis incomplets et faux prix bas Le piège le plus fréquent lors d'un ravalement consiste à retenir l'offre la moins chère sans vérifier qu'elle couvre l'intégralité des travaux. Un devis à 25 € par m² peut sembler attractif face à une proposition concurrente à 45 €, mais s'il omet l'échafaudage, la protection des abords ou les travaux de reprise du support, le coût réel explose en cours de chantier. Les avenants signés en urgence pour combler les postes manquants entraînent des surcoûts de l'ordre de 20 à 40 % par rapport au devis initial. L'erreur classique : se focaliser sur le prix au m² affiché en tête du devis sans parcourir le détail des postes. La conséquence directe est un dépassement de budget qui peut bloquer le chantier en copropriété, faute d'avoir prévu une réserve suffisante en appel de fonds. Pour comparer deux devis à périmètre égal, il faut lister méthodiquement chaque poste et vérifier sa présence dans les deux propositions. ### Les postes souvent absents d'un devis low-cost Certains postes sont régulièrement omis dans les devis agressifs : - **Échafaudage** : parfois mentionné en "location à régler en sus", ce qui reporte le coût hors devis. - **Protection des abords** : bâches, protection des véhicules, signalisation de chantier. - **Reprise des fissures** : un mur fissuré nécessite un traitement spécifique avant finition. - **Traitement anti-mousse** : omis si le nettoyage est inscrit sans préciser le type de traitement. - **Évacuation des déchets** : gravats, emballages, nettoyage de fin de chantier. ### Comment lire et comparer deux devis à périmètre égal Pour comparer efficacement, imprimez chaque devis et cochez poste par poste. Vérifiez que les deux propositions couvrent les mêmes étapes : nettoyage, réparations, finition, échafaudage, protection et nettoyage de fin de chantier. Comparez aussi les matériaux proposés (marque de peinture ou d'enduit, certification) et la garantie offerte. Un devis détaillé mentionne les surfaces par façade, la technique employée et les matériaux avec leur référence commerciale. ## Ravalement en copropriété : qui décide et qui paie ? En copropriété, le ravalement de façade relève des parties communes. Sa décision appartient à l'assemblée générale des copropriétaires, qui vote les travaux et autorise le syndic à lancer la procédure d'appel d'offres. Le cadre légal est fixé par la loi du 10 juillet 1965, consultable sur legifrance.gouv.fr. Le processus comporte trois étapes : le vote en AG, la répartition des charges et la mise en concurrence par le syndic. Pour aller plus loin sur les [obligations de ravalement en copropriété](/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/), un guide dédié détaille le calendrier et les cas de figure. > 📌 Important : la décision de ravalement ne peut pas être prise par le syndic seul, ni par le conseil syndical. Seul le vote de l'assemblée générale engage la copropriété. ### Le vote en assemblée générale Les travaux de ravalement sont soumis à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 (majorité des voix de tous les copropriétaires représentant au moins deux tiers des millièmes). Si cette majorité n'est pas atteinte, une seconde consultation peut être organisée à la majorité de l'article 24 (majorité des voix exprimées). Les copropriétaires disposent d'un droit de vote proportionnel à leurs tantièmes dans les parties communes. ### Répartition des charges et appel de fonds Le coût du ravalement est réparti entre tous les copropriétaires selon les quotes-parts définies par le règlement de copropriété, généralement proportionnelles à la valeur relative des lots. Le syndic procède à l'appel de fonds selon un calendrier voté en AG. Selon l'importance des travaux, un plan pluriannuel peut étalement les appels de fonds sur plusieurs exercices. Chaque copropriétaire paie sa part, qu'il occupe ou loue son lot. ### Le rôle du syndic dans la mise en concurrence Le syndic est chargé de lancer l'appel d'offres, de réunir les devis et de les présenter au conseil syndical puis à l'assemblée générale. Il négocie les prix et vérifie les garanties des entreprises (assurance décennale, certification RGE si des aides sont mobilisées). Le conseil syndical joue un rôle de contrôle : il examine les devis et peut demander des précisions ou des devis complémentaires avant que l'AG ne se prononce. La transparence du processus conditionne la confiance des copropriétaires dans le choix final.

Fiche pratique

Fourchette peinture de façade20 à 50 € / m²
Fourchette enduit projeté40 à 80 € / m²
Fourchette pierre naturelle60 à 120 € / m²
Fourchette ITE (avec isolation)100 à 180 € / m²
Cadre légal copropriétéLoi du 10 juillet 1965, art. 25 puis art. 24
Fréquence obligatoireTous les 10 ans si arrêté municipal
Certification entrepriseRGE obligatoire pour les aides
Simulateurs officielsservice-public.fr, maprimerenov.gouv.fr
## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2613) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000692453) - [maprimerenov.gouv.fr](https://www.maprimerenov.gouv.fr) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Ravalement de façade en copropriété 2026 : obligations URL: https://copro-guide.fr/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/ Catégorie: travaux · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-31 Mot-clé ciblé: façade ravalement Ravalement de façade en copropriété : qui décide, qui paie, quelles aides ? Guide pratique 2026 pour comprendre vos droits et obligations avant de voter **Le ravalement de façade en copropriété est obligatoire lorsqu'un arrêté municipal le prescrit. La décision appartient au syndicat des copropriétaires, votée en assemblée générale à la majorité de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965 pour l'entretien. Les charges sont réparties selon les tantièmes du règlement de copropriété.** Le ravalement de façade en copropriété obéit à un cadre juridique précis : obligation légale d'entretien, vote en assemblée générale, répartition des charges selon les tantièmes. Comprendre ces mécanismes permet d'éviter les surcoûts et les litiges entre copropriétaires. Ce guide décrypte chaque étape, du déclenchement des travaux jusqu'aux aides financières disponibles, pour aborder sereinement une opération souvent lourde financièrement. ## Qu'est-ce que le ravalement de façade et pourquoi est-il obligatoire ? Le ravalement de façade désigne l'ensemble des travaux d'entretien et de rénovation de l'enveloppe extérieure d'un bâtiment. Il comprend le nettoyage, la réparation des fissures, le traitement des mousses, la réfection des enduits et parfois la peinture ou le bardage. L'objectif est double : préserver l'état du bâti et assurer la sécurité des personnes (chutes de matériaux, infiltrations d'eau). L'obligation incombe au syndicat des copropriétaires, car la façade relève des parties communes. Le ravalement devient obligatoire lorsqu'un arrêté municipal de ravalement est pris par le maire, qui peut contraindre les propriétaires à effectuer les travaux dans un délai fixé. Certaines communes, dont Paris, appliquent une obligation périodique décennale : les propriétaires doivent ravalement tous les dix ans environ. À défaut d'arrêté municipal, l'entretien de la façade reste une obligation de bon père de famille. Le syndic doit veiller à la conservation de l'immeuble et proposer les travaux nécessaires en assemblée générale lorsque l'état de la façade le justifie. ### Définition et périmètre des travaux Le ravalement couvre les interventions sur les murs extérieurs, les enduits, les crépis et les revêtements de façade. Selon l'ampleur, il peut s'agir d'un simple entretien (nettoyage, rebouchage des fissures) ou de travaux lourds (réfection complète des enduits, isolation thermique par l'extérieur). Le diagnostic préalable, souvent réalisé par un maître d'œuvre ou un bureau d'études, détermine l'étendue des travaux nécessaires. ### L'obligation réglementaire : arrêté de ravalement et délais légaux Le maire peut, par arrêté municipal, prescrire le ravalement d'un immeuble dont la façade présente un danger ou un manque d'entretien manifeste. Le délai d'exécution est fixé par l'arrêté et varie selon la commune. Dans les villes à obligation périodique, comme Paris, le ravalement doit être réalisé à intervalles réguliers sans attendre une mise en demeure. Le non-respect expose la copropriété à des astreintes journalières et à une exécution d'office aux frais des propriétaires. ## Façade ravalement en copropriété : une partie commune La façade extérieure d'un immeuble en copropriété constitue une partie commune par nature. Selon l'article 2 de la loi du 10 juillet 1965, les murs et murs mitoyens servant d'enceinte à la copropriété sont indivis entre tous les copropriétaires. La décision de ravalement ne appartient donc pas à un copropriétaire individuel mais au syndicat des copropriétaires réuni en assemblée générale. Sur le même sujet, notre article [loi boutin honoraires syndic travaux 2026 : la règle](/syndic/loi-boutin-honoraires-syndic-travaux/) complète cette analyse. À lire aussi : [travaux urgents copropriété : syndic sans vote ag, délais](/syndic/copropriete-travaux-urgents-syndic-procedure/). Nous détaillons ce point dans [aide ravalement façade 2026 : maprimerénov', tva, éco-ptz](/charges/aide-ravalement-facade-subventions-dispositifs/). Nous détaillons ce point dans [aides ravalement de façade 2026 : maprimerénov, cee, éco-ptz](/travaux/aides-ravalement-facade-guide/). Nous détaillons ce point dans [prix ravalement de façade 2026 tarifs m² devis et aides](/travaux/prix-ravalement-facade-guide-copropriete/). Le règlement de copropriété, établi conformément au décret du 17 mars 1967, précise la répartition des parties communes et privatives. En général, les murs extérieurs, les enduits et la structure du bâtiment relèvent des parties communes. Les éléments attachés à la façade (fenêtres, volets, garde-corps) peuvent être privatifs selon le règlement. Avant tout vote, il est indispensable de consulter le règlement de copropriété pour déterminer avec précision ce qui relève de la charge commune et ce qui reste à la charge du copropriétaire. ### Façade = partie commune : ce que dit la loi de 1965 L'article 2 de la loi du 10 juillet 1965 définit les parties communes comme incluant « les murs et murs mitoyens servant d'enceinte à la copropriété ». La façade extérieure entre donc dans ce périmètre. Le syndicat des copropriétaires a l'obligation d'assurer la conservation et l'entretien de ces parties. Le syndic, mandaté par l'assemblée générale, organise les travaux et en assure le suivi technique et financier. ### Ce qui peut rester à la charge du copropriétaire (balcons, fenêtres) Selon le règlement de copropriété, certains éléments de la façade peuvent être privatifs : fenêtres, volets, portes-fenêtres, balcons et loggias. Dans ce cas, leur remplacement ou réparation pendant le ravalement reste à la charge du copropriétaire concerné. Le syndic doit clarifier ce périmètre avant le lancement des travaux pour éviter tout litige sur la répartition des coûts entre parties communes et privatives. ## Comment voter le ravalement en assemblée générale ? Le vote du ravalement de façade suit le parcours classique des travaux en copropriété. Le syndic inscrit la question à l'ordre du jour de l'assemblée générale, accompagne la convocation de devis détaillés et d'un projet de décision. Les copropriétaires se prononcent ensuite à la majorité requise selon la nature des travaux. La majorité applicable dépend de la qualification des travaux. Pour un ravalement d'entretien pur (nettoyage, réparation des enduits existants sans modification de l'aspect extérieur), l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965 s'applique : majorité des voix de tous les copropriétaires présents ou représentés. Si les travaux impliquent une amélioration ou une modification de l'aspect extérieur (isolation thermique par l'extérieur, changement de couleur, bardage), l'article 25 exige la majorité simple de tous les copropriétaires, soit plus de la moitié des tantièmes de la copropriété. La notification du procès-verbal d'assemblée générale doit être envoyée aux copropriétaires dans le délai légal. Les opposants ou défaillants disposent d'un délai de recours pour contester la décision devant le tribunal judiciaire. Comprendre les spécificités de l'article 25 de la copropriété est essentiel pour bien maîtriser les règles de vote. À ce titre, il est essentiel de maîtriser les conditions de vote, notamment les spécificités liées à l'Article 25 de la copropriété pour une meilleure compréhension des majorités requises. Pour comprendre les subtilités des prises de décision, notamment en ce qui concerne la [majorité de vote pour les travaux en copropriété](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/), une lecture approfondie est conseillée. ### Inscription à l'ordre du jour : le rôle du syndic Tout copropriétaire peut demander l'inscription d'une question à l'ordre du jour en envoyant un courrier recommandé au syndic au moins soixante jours avant la date de l'assemblée générale. Le syndic a l'obligation d'inscrire cette demande. Il joint aux convocations les devis des entreprises consultées, un devis comparatif et un projet de décision. La qualité de la préparation conditionne largement l'acceptation du projet par les copropriétaires. ### Quelle majorité s'applique au ravalement ? La distinction entre entretien et amélioration est décisive. Un ravalement d'entretien (article 24) requiert la majorité des suffrages exprimés parmi les présents et représentés. Un ravalement avec amélioration (article 25) requiert la majorité de tous les copropriétaires de l'immeuble. En cas d'échec à l'article 25, une seconde assemblée peut voter à la majorité de l'article 24 dans les conditions prévues par la loi. L'isolation thermique par l'extérieur relève généralement de l'article 25 car elle modifie l'aspect extérieur. Ainsi, l' [Article 25 de la copropriété : majorité absolue et vote](/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/) est fréquemment utilisé pour les décisions d'amélioration. Pour en savoir plus sur les différentes majorités de vote en copropriété, consultez notre guide sur les travaux en copropriété et la majorité de vote. Pour approfondir la question des modes de décision, notre guide dédié aux travaux en copropriété et la majorité de vote éclaire les différentes situations. ### CAS PRATIQUE : simulation de vote et répartition des coûts dans un immeuble de 10 lots Prenons un cas concret : une copropriété fictive de 10 lots, totalisant 1 000 millièmes. Le ravalement d'entretien est inscrit à l'ordre du jour. À l'assemblée générale, 7 copropriétaires sont présents ou représentés, totalisant 520 millièmes. Trois sont absents (480 millièmes). Selon l'article 24, la majorité se calcule sur les suffrages exprimés parmi les présents et représentés. Si 5 copropriétaires votent pour (totalisant 400 millièmes) et 2 contre (120 millièmes), la décision est adoptée car 400 millièmes dépassent la moitié des 520 millièmes présents. Le coût total du ravalement est ensuite réparti selon les tantièmes. Un copropriétaire détenant 100 millièmes paie 10 % du coût total. Si le devis s'élève à 80 000 €, ce copropriétaire supporte 8 000 € de charges. Le [choix de l'entreprise de ravalement de façade](/travaux/entreprise-ravalement-facade-guide-copropriete/) conditionne directement ce montant. ## Répartition des charges ravalement copropriété entre copropriétaires Les charges de ravalement sont réparties entre tous les copropriétaires proportionnellement à leurs tantièmes de parties communes, tels que définis dans le règlement de copropriété. L'article 10 de la loi du 10 juillet 1965 pose ce principe : chaque copropriétaire contribue aux dépenses relatives aux parties communes selon sa quote-part. La clé de répartition figure dans l'état descriptif de division annexé au règlement. Pour les immeubles comportant plusieurs bâtiments, une répartition par bâtiment peut être prévue, afin que les copropriétaires d'un bâtiment ne supportent pas les charges de ravalement d'un autre bâtiment. Cette clause de individualisation des bâtiments doit expressément figurer au règlement. La répartition peut faire l'objet d'une contestation si elle paraît inéquitable. Une action en justice peut être engagée pour faire modifier la clé de répartition, mais cette démarche reste exceptionnelle et difficile à mettre en œuvre. ### La clé de répartition : tantièmes et millièmes Le règlement de copropriété attribue à chaque lot un nombre de tantièmes (ou millièmes) de parties communes. Cette répartition est généralement proportionnelle à la valeur relative du lot au moment de la création de la copropriété. Plus un lot est vaste ou situé en étage élevé, plus ses tantièmes sont élevés. Le paiement se fait selon cette quote-part, sans possibilité de négociation individuelle après le vote en assemblée générale. ### Le fonds travaux (loi ALUR) : anticiper le financement Depuis la loi ALUR de 2014, l'article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965 impose à toute copropriété de constituer un fonds travaux, alimenté par une cotisation annuelle obligatoire. Ce fonds permet d'anticiper le financement des gros travaux, dont le ravalement de façade. Le montant de la cotisation est voté en assemblée générale et ne peut être inférieur à un seuil minimum fixé par décret. Le fonds travaux complète l'appel de fonds décidé lors du vote du ravalement, réduisant le reste à charge des copropriétaires. ## Quelles aides financières pour financer le ravalement ? Plusieurs dispositifs peuvent alléger le coût d'un ravalement de façade en copropriété, à condition de respecter les critères d'éligibilité de chaque programme. Les aides ne sont jamais automatiques : un dossier doit être monté par le syndic ou un mandataire, souvent avant le démarrage des travaux. Les principales sources de financement sont MaPrimeRénov' Copropriétés gérée par l'ANAH, l'éco-prêt à taux zéro collectif, la TVA à taux réduit applicable aux travaux de rénovation et les aides des collectivités locales. Chaque dispositif impose ses propres conditions techniques et financières, qu'il est indispensable de vérifier auprès des organismes concernés avant tout engagement. > 💡 À noter : le montage d'un dossier d'aide peut prendre plusieurs mois. Il est recommandé de lancer les démarches dès la décision de vote en assemblée générale, voire en amont lors de la phase de consultation des devis. ### MaPrimeRénov' Copropriétés (ANAH) L'ANAH propose MaPrimeRénov' Copropriétés, une aide financière destinée aux copropriétés engageant des travaux de rénovation énergétique. Le ravalement peut être éligible s'il est couplé à une isolation thermique par l'extérieur (ITE). Le montant de l'aide dépend des revenus des copropriétaires et du gain énergétique obtenu. Le syndic ou un opérateur mandaté monte le dossier. Les informations et conditions sont disponibles sur le site de l'ANAH. ### L'éco-prêt à taux zéro collectif L'éco-PTZ collectif permet à une copropriété d'emprunter sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique, sous conditions d'éligibilité technique. Le prêt est contracté par le syndicat des copropriétaires et remboursé via les appels de charges. Le ravalement seul n'est pas éligible, mais combiné à une isolation thermique par l'extérieur, il peut entrer dans le périmètre financé. Les conditions sont détaillées sur le site du ministère chargé de l'écologie. ### TVA à taux réduit et aides des collectivités Les travaux de ravalement de façade peuvent bénéficier d'un taux réduit de TVA (5,5 %) lorsqu'ils entrent dans le cadre d'une rénovation énergétique incluant une isolation. Pour un ravalement d'entretien pur sans amélioration énergétique, le taux normal s'applique. Par ailleurs, certaines régions, départements ou communes proposent des subventions complémentaires, dont les conditions varient fortement selon le territoire. ## L'erreur courante : le devis unique et le vote mal préparé L'erreur classique en copropriété consiste à soumettre un seul devis en assemblée générale sans mise en concurrence suffisante. Conséquence directe : les copropriétaires votent sans pouvoir comparer les prix, les techniques et les délais. Le risque de surcoût est réel, et un copropriétaire mécontent peut contester la décision en invoquant un défaut d'information. En pratique, la consultation d'au moins trois entreprises est recommandée. Le syndic doit transmettre un tableau comparatif des devis avec le projet de convocation. Chaque devis doit détailler les prestations, les matériaux, le délai d'exécution et le coût par poste. Un maître d'œuvre peut être mandaté pour piloter la consultation technique et vérifier la conformité des propositions. Un autre piège fréquent : ne pas vérifier les garanties obligatoires de l'entreprise retenue avant le vote. L'absence d'assurance décennale ou de garantie de parfait achèvement peut entraîner des litiges majeurs en cas de malfaçons. > ⚠️ Attention : un vote fondé sur un devis unique et insuffisamment documenté peut être contesté pour défaut d'information des copropriétaires. La nullité de la décision entraîne un nouveau vote et un retard important des travaux. ### Pourquoi un seul devis expose la copropriété à un surcoût Sans concurrence, aucun repère de prix n'existe pour évaluer la pertinence du devis soumis. Les écarts entre entreprises pour un même ravalement peuvent être importants selon les techniques proposées et les marges appliquées. Un tableau comparatif de plusieurs devis permet aux copropriétaires de comprendre les choix techniques et financiers, et de voter en connaissance de cause. ### Vérifier les garanties obligatoires de l'entreprise Avant tout vote, le syndic doit s'assurer que l'entreprise retenie dispose d'une assurance décennale en cours et d'une garantie de parfait achèvement. Ces garanties protègent la copropriété en cas de dommages ou de malfaçons. Leurs attestations doivent être jointes au dossier de consultation. En pratique, une entreprise non assurée ne doit jamais être retenue, même si son devis est le moins cher. > **Points clés** > > - La façade est une partie commune : la décision de ravalement appartient au syndicat des copropriétaires en assemblée générale. > - Le ravalement d'entretien se vote à la majorité de l'article 24 ; avec amélioration, à celle de l'article 25 de la loi de 1965. > - Les charges sont réparties selon les tantièmes du règlement de copropriété, sans possibilité de négociation individuelle. > - Le fonds travaux (loi ALUR) doit être alimenté pour anticiper le financement des gros travaux de ravalement. > - Au moins trois devis doivent être consultés et comparés avant le vote pour éviter les surcoûts et les recours. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2102) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508609)

Fiche pratique

TitreFiche pratique : ravalement de façade en copropriété
Chiffres clésCadre juridique : loi du 10 juillet 1965 et décret du 17 mars 1967, Majorité entretien : article 24 (majorité des présents ou représentés), Majorité amélioration : article 25 (majorité de tous les copropriétaires), Fonds travaux : article 14-2 (loi ALUR, 2014), Aides : MaPrimeRénov' Copropriétés (ANAH), éco-PTZ collectif, TVA 5,5 % si isolation, Garanties obligatoires entreprise : assurance décennale, garantie de parfait achèvement, Consultation devis recommandée : minimum 3 entreprises
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Compte rendu AG copropriété : obligations, délais et modèle URL: https://copro-guide.fr/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-31 Mot-clé ciblé: compte rendu assemblée générale Que contient un compte rendu d'assemblée générale de copropriété ? Mentions obligatoires, délais légaux, conservation et pièges à éviter : le guide complet **Le compte rendu d'assemblée générale de copropriété est officiellement un procès-verbal des décisions, document juridique obligatoire régi par la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967. Le syndic doit le notifier à chaque copropriétaire dans un délai de deux mois après l'AG. Les copropriétaires opposants ou défaillants disposent ensuite d'un délai de deux mois à compter de cette notification pour contester une résolution devant le tribunal judiciaire.** Le compte rendu d'assemblée générale de copropriété – officiellement appelé procès-verbal des décisions – est le document qui officialise l'ensemble des résolutions adoptées par les copropriétaires. Contrairement à une association loi 1901, ce PV n'a pas besoin d'être approuvé lors d'une assemblée ultérieure pour produire ses effets. Il engage immédiatement la copropriété, sous réserve de contestation dans les deux mois. Voici les règles à connaître pour le lire, le vérifier et le conserver. > **En bref** > > - Le PV d'AG de copropriété est un document officiel qui engage la copropriété dès sa signature. > - Les mentions obligatoires (quorum, résultats de vote, ouverture/clôture) conditionnent la validité des résolutions. > - Le délai de notification est de deux mois, et le délai de contestation de deux mois à compter de la notification. > - Le PV n'a pas besoin d'être approuvé lors d'une AG suivante, contrairement aux associations. > - Conservez vos PV pendant toute la durée d'effet des décisions, et contestez sans attendre si une irrégularité est constatée. ## Compte rendu ou procès-verbal : quelle différence en copropriété ? Le terme « compte rendu » est d'usage courant, mais en copropriété, le document officiel s'appelle **procès-verbal des décisions**. Cette distinction est juridiquement importante : le PV est un acte obligatoire qui fait foi des résolutions adoptées, tandis que le compte rendu peut être une simple synthèse informelle sans valeur légale. La loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967 imposent au syndic de rédiger un PV pour chaque assemblée et de le consigner dans un registre spécial. Le PV n'est pas un simple résumé des discussions : il doit refléter fidèlement l'ordre du jour, les résultats des votes et les décisions prises. Une résolution non retranscrite ou mal formulée peut être contestée devant le tribunal judiciaire. À l'inverse, une résolution correctement enregistrée dans le PV produit ses effets dès la clôture de l'assemblée. ### Le PV : document légalement obligatoire Le syndic a l'obligation de rédiger un procès-verbal pour chaque assemblée générale, qu'elle soit ordinaire ou extraordinaire. Ce PV doit être établi séance tenante ou dans les jours qui suivent, puis signé par le président de séance et le secrétaire. Il est ensuite reporté dans le registre des procès-verbaux, un registre coté et paraphé qui peut être consulté par tout copropriétaire sur demande. Le défaut de PV ou une inscription incomplète peut entraîner l'annulation de l'assemblée. ### Compte rendu vs procès-verbal : ce que dit la loi 1965 Le droit de la copropriété ne connaît pas la notion de « compte rendu » au sens juridique. Le document officiel est le procès-verbal des décisions, régi par l'article 17 du décret du 17 mars 1967. Il ne s'agit pas d'un compte rendu de réunion détaillant les échanges, mais d'un relevé des délibérations et des résultats de vote. Cette précision évite la confusion avec les associations loi 1901, où le compte rendu est souvent soumis à approbation lors de l'assemblée suivante. En copropriété, le PV est définitif dès sa signature. ## Les mentions obligatoires d'un compte rendu d'AG de copropriété Le contenu du PV est strictement encadré. L'absence de certaines mentions peut entraîner la nullité d'une ou plusieurs résolutions. Voici les éléments que le syndic doit impérativement faire figurer. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [procès-verbal d'ag copropriété : mentions, délais](/charges/proces-verbal-ag-copropriete-guide/). Sur le même sujet, notre article [modèle convocation assemblée générale copropriété 2026](/assemblee/modele-convocation-assemblee-generale-copropriete/) complète cette analyse. Nous détaillons ce point dans [pv d'ag copropriété : contenu, délai de notification](/assemblee/pv-ag-copropriete-guide-complet/). - **Date, heure et lieu de la réunion** : ces informations permettent de vérifier la régularité de la convocation et la tenue de l'assemblée. Une erreur sur la date peut justifier un recours si elle empêche de vérifier le respect du [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/). - **Nom et qualité du président de séance et du secrétaire** : ils sont désignés en début de séance. Leur identité doit figurer au PV. - **Feuille de présence** : elle mentionne tous les copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance, avec le nombre de voix correspondant. C'est la base du calcul du quorum. ### Informations générales : date, lieu, participants Le PV doit aussi indiquer la liste des copropriétaires absents ou non représentés, et le cas échéant, les mandats de représentation. Cette liste est annexée au PV. Le syndic doit joindre la feuille de présence émargée, qui constitue une pièce justificative essentielle en cas de contestation. ### Le quorum et les résultats de vote résolution par résolution Pour chaque résolution, le PV doit mentionner le nombre de voix exprimées pour, contre et les abstentions, ainsi que les majorités requises et atteintes. Le décompte des abstentions obéit à des règles précises : selon la jurisprudence, les abstentions ne sont pas comptabilisées dans les voix exprimées, mais elles peuvent affecter le quorum (voir [comment comptabiliser les abstentions dans un vote de copropriété](/assemblee/comment-compter-abstentions-vote-copropriete/)). Un PV qui ne détaille pas le résultat de chaque vote est irrégulier. ### Ouverture et clôture de séance : mentions souvent oubliées L'heure d'ouverture et de clôture de la séance est une mention obligatoire, souvent négligée. Elle permet de vérifier que l'assemblée s'est tenue dans les conditions prévues et que les débats ont été suffisants. L'absence de ces mentions peut être un motif d'annulation, notamment si un copropriétaire démontre que la durée de la séance n'a pas permis un débat loyal sur les résolutions. ## Quel délai pour recevoir le compte rendu d'assemblée générale ? Le syndic dispose d'un délai de **deux mois** à compter de la tenue de l'assemblée pour notifier le procès-verbal à chaque copropriétaire (décret du 17 mars 1967). Ce délai est impératif. La notification peut être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise contre émargement. Depuis l'ordonnance du 30 octobre 2019, la notification dématérialisée est également possible, à condition que le copropriétaire ait donné son accord exprès. Un envoi tardif ne rend pas le PV nul, mais il retarde le point de départ du délai de contestation. Le copropriétaire qui reçoit le PV après le délai de deux mois conserve le droit de contester pendant deux mois à compter de la réception effective. En pratique, un syndic qui ne respecte pas ce délai s'expose à une action en responsabilité. ### Le délai réglementaire d'envoi du PV Le point de départ du délai de contestation est la notification du PV, et non la date de l'assemblée. Si le syndic tarde à envoyer le document, le copropriétaire bénéficie d'un délai de recours allongé. Cette règle est cruciale pour les copropriétaires absents ou non représentés, qui n'ont pas eu connaissance immédiate des décisions. ### Envoi papier ou dématérialisé : ce que la loi autorise La notification par voie électronique est admise si le copropriétaire a expressément accepté ce mode de communication. L'accord doit être écrit et peut être révoqué à tout moment. En l'absence d'accord, l'envoi postal reste obligatoire. Le syndic doit conserver la preuve de l'envoi (avis de réception ou accusé de lecture électronique) pendant toute la durée du délai de recours. ## CAS PRATIQUE : lire et vérifier son PV d'AG étape par étape Prenons un cas concret : Mme Durand, copropriétaire dans une résidence de 20 lots, reçoit le PV de l'assemblée générale du 15 mars 2026. Elle veut s'assurer de sa régularité. Voici les trois étapes qu'elle suit. 1. **Vérifier la feuille de présence et le quorum** : Mme Durand contrôle que la feuille de présence annexée mentionne bien les 15 copropriétaires présents ou représentés, totalisant 750 voix sur 1 000. Le quorum de l'article 25 de la loi de 1965 (majorité des voix de tous les copropriétaires) est donc atteint. Elle relève que son propre nom figure bien. 2. **Contrôler les résultats de vote résolution par résolution** : elle examine la résolution n° 4 sur le ravalement de façade. Le PV indique 600 voix pour, 100 contre et 50 abstentions. La majorité requise (majorité de l'article 25) est obtenue. Elle vérifie que les abstentions n'ont pas été comptabilisées dans les voix pour (ce qui fausserait le résultat). 3. **Repérer une erreur et réagir dans les délais** : Mme Durand constate que la résolution n° 7, portant sur l'installation de panneaux solaires, a été adoptée avec 400 voix pour, alors que la majorité absolue des voix de tous les copropriétaires (article 25) n'était pas atteinte. Elle décide de contester dans les deux mois suivant la notification. ## Combien de temps conserver le compte rendu d'assemblée générale ? Le syndic doit conserver le registre des PV pendant toute la durée de son mandat, puis le transmettre à son successeur. Ce registre est un document permanent de la copropriété. Aucune durée légale de conservation n'est imposée au copropriétaire, mais il est prudent de garder les PV tant que les décisions produisent des effets (par exemple, un emprunt sur 15 ans). En pratique, conservez les PV dans un dossier dédié, sous format papier ou numérique. En cas de litige, ces documents servent de preuve. Le registre tenu par le syndic peut être consulté par tout copropriétaire sur demande écrite. Cette consultation est un droit, sans qu'il soit nécessaire de justifier d'un motif particulier. ## ERREUR COURANTE : confondre approbation du PV et validité des décisions Beaucoup de copropriétaires, habitués aux règles des associations, croient que le PV doit être « approuvé » par un vote lors de l'assemblée suivante pour être valide. Cette croyance est fausse en copropriété. Les décisions prennent effet dès la clôture de l'assemblée, sans attendre une quelconque validation ultérieure. Conséquence concrète : attendre l'approbation du PV pour contester une résolution peut faire perdre tout droit de recours. Le délai de contestation de **deux mois** court à partir de la notification du PV, et non d'une hypothétique approbation. Un copropriétaire qui laisse passer ce délai en croyant pouvoir contester plus tard verra son action déclarée irrecevable par le tribunal. ### Le mythe de l'approbation du PV en copropriété La confusion vient des associations loi 1901, où le compte rendu d'assemblée générale est effectivement soumis à l'approbation des membres lors de la réunion suivante. Or, la loi du 10 juillet 1965 ne prévoit aucune procédure d'approbation du PV. Le PV fait foi par lui-même. Une résolution qui serait « approuvée » en AG n'aurait aucune valeur juridique supplémentaire. ### Délai de contestation : 2 mois pour agir Le délai de deux mois pour contester une décision d'assemblée générale est prévu par l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Il s'agit d'un délai de forclusion, c'est-à-dire qu'il ne peut être prorogé. Passé ce délai, la décision devient définitive. Le copropriétaire qui souhaite contester doit saisir le tribunal judiciaire par assignation. Le simple envoi d'une lettre recommandée au syndic n'interrompt pas le délai. Pour des retours d'expérience et des analyses plus approfondies sur ce type de procédure, découvrez ce qui a été appris du [PV d'AG en copropriété](https://www.exemple.fr/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/) en 2025. Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez découvrir les enseignements tirés de l'expérience du [procès-verbal d'assemblée générale en copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/) en 2025. ## Compte rendu d'AG de copropriété : modèle et ressources pratiques Il n'existe pas de modèle officiel de PV imposé par la loi, mais le document doit respecter un formalisme précis. Vous pouvez vous inspirer d'un [modèle de PV d'assemblée générale](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/) en veillant à ne pas reprendre les mentions spécifiques aux associations (comme l'approbation du PV). Le PV doit être structuré en parties distinctes : informations générales, ordre du jour, résolutions avec résultats des votes, et signatures. Pour les copropriétaires, l'essentiel est de vérifier trois points : la régularité de la convocation (voir les conséquences d'une [convocation hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/)), la complétude des mentions du PV, et le respect des règles de majorité. En cas de doute, le recours à un avocat spécialisé est recommandé. ### Ce que doit contenir un modèle de PV de copropriété Un modèle complet doit inclure : l'identification de la copropriété, la date et le lieu de l'assemblée, la liste des copropriétaires avec leur nombre de voix, la feuille de présence, le quorum, l'ordre du jour, chaque résolution avec son résultat (voix pour, contre, abstentions), et les signatures du président, du secrétaire et du syndic. Le modèle doit aussi prévoir un emplacement pour le tampon du syndic. ### Où trouver un modèle conforme à la loi 1965 Des modèles sont disponibles sur les sites des associations de copropriétaires, des syndics professionnels, ou sur service-public.fr. Le site de l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement) propose également des guides pratiques. Avant d'utiliser un modèle, assurez-vous qu'il est à jour des dernières modifications législatives, notamment l'ordonnance de 2019 sur la dématérialisation.

Fiche pratique

Document légalProcès-verbal des décisions (art. 17 du décret du 17 mars 1967)
Délai d'envoi par le syndic2 mois après la tenue de l'AG (art. 42 du décret de 1967)
Délai de contestation2 mois à compter de la notification du PV (art. 42 al. 2 de la loi du 10 juillet 1965)
Mentions obligatoiresDate, lieu, liste des présents/représentés, tantièmes, quorum, ordre du jour, résultat vote par résolution, heures ouverture/clôture
Registre des PVObligatoire, tenu par le syndic, consultable par tout copropriétaire sur demande
Qui peut contester ?Copropriétaires opposants (ayant voté contre) et défaillants (absents non représentés)
Juridiction compétenteTribunal judiciaire du lieu de l'immeuble
## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2123) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000684256) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/saef/compagnie-des-agents-change-service-juridique) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Aides ravalement de façade 2026 : MaPrimeRénov, CEE, éco-PTZ URL: https://copro-guide.fr/travaux/aides-ravalement-facade-guide/ Catégorie: travaux · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-31 Mot-clé ciblé: aides pour ravalement de façade Découvrez toutes les aides pour ravalement de façade en 2026 : MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ, aides locales. Conditions, cumul et démarches expliqués simplement. **Les aides pour ravalement de façade financent principalement les travaux couplés à une isolation thermique par l'extérieur (ITE). MaPrimeRénov', les CEE et l'éco-PTZ sont accessibles sous condition de ressources et avec un artisan RGE. Un ravalement sans isolation reste éligible à la TVA réduite et à certaines aides locales. La quasi-totalité des dispositifs exige un accord préalable avant le début des travaux.** Les aides pour ravalement de façade existent, mais elles ne financent quasiment jamais le ravalement seul : c'est l'isolation thermique par l'extérieur (ITE) qui débloque la majorité des dispositifs nationaux. Un ravalement purement esthétique reste éligible à moins d'aides, principalement la TVA à taux réduit et certaines subventions locales. Ce guide distingue le cas de la maison individuelle et celui de la copropriété, où le vote en assemblée générale conditionne tout. France Rénov' constitue le guichet unique officiel pour vérifier votre éligibilité. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Un ravalement couplé à une isolation thermique par l'extérieur (ITE) débloque MaPrimeRénov', les CEE et l'éco-PTZ ; un ravalement seul ne donne droit qu'à la TVA réduite et aux aides locales. > - MaPrimeRénov', les CEE et l'éco-PTZ exigent le recours à un artisan certifié RGE et un accord préalable signé avant le début des travaux. > - En copropriété, le vote en AG à la majorité requise et le syndic mandaté sont obligatoires pour déposer les dossiers d'aides ; un bonus copropriété majore l'aide si 50 % des façades sont traitées. > - Le cumul MaPrimeRénov' + CEE + éco-PTZ est autorisé dans la limite du coût total des travaux, l'éco-PTZ couvrant le reste à charge. > - France Rénov' est le guichet unique officiel pour vérifier son éligibilité et identifier les aides locales disponibles dans sa commune. ## Pourquoi le ravalement de façade peut être partiellement financé Un ravalement de façade ouvre droit à des aides financières lorsqu'il s'accompagne d'une isolation thermique par l'extérieur. Le ravalement seul, considéré comme un travail esthétique, ne déclenche quasiment aucun dispositif d'aide à la rénovation énergétique. Cette distinction conditionne toute la stratégie de financement. Pour connaître les détails et conditions d'éligibilité pour un ravalement de façade en 2026, lisez notre guide sur l'aide pour ravalement de façade, incluant MaPrimeRénov', la TVA et l'éco-PTZ. Pour en savoir plus sur l'ensemble des dispositifs en vigueur, nous avons un article détaillé sur l'ensemble des [aides pour ravalement de façade](/charges/aide-ravalement-facade-subventions-dispositifs/). Le mécanisme repose sur un principe simple : les aides visent la performance énergétique du logement, pas son apparence. Dès lors que vous isolez la façade par l'extérieur, vous améliorez la consommation énergétique du bâtiment et devenez éligible à plusieurs dispositifs nationaux. Selon France Rénov' (2026), l'ITE peut réduire les déperditions thermiques liées aux murs jusqu'à 25 %, ce qui justifie l'intervention publique. Le parcours est différent selon que vous êtes propriétaire d'une maison individuelle ou copropriétaire. Dans une maison, vous décidez seul et déposez directement vos dossiers. En copropriété, le vote en assemblée générale est préalable à toute démarche, et le syndic joue un rôle central dans la coordination des demandes. Pour comprendre le [prix d'un ravalement de façade](/travaux/prix-ravalement-facade-guide-copropriete/), il faut intégrer ces aides dès la phase de devis. ### Ravalement simple vs ravalement avec isolation (ITE) : deux situations très différentes Le ravalement simple consiste à remettre en état l'enduit, la peinture ou le revêtement de la façade sans intervention sur l'isolation. Il répond à une obligation d'entretien ou à un problème d'ordre esthétique. Dans ce cas, seules la TVA à taux réduit et certaines aides locales peuvent s'appliquer. Le ravalement avec ITE ajoute une couche isolante sur la façade extérieure avant la finition. Ce type de projet transforme le ravalement en opération de rénovation énergétique. C'est ce qui déclenche l'éligibilité à MaPrimeRénov', aux CEE et à l'éco-PTZ. Le coût global est plus élevé, mais le reste à charge après aides peut devenir comparable à celui d'un ravalement simple, selon les profils. ### Quels travaux sont réellement pris en charge ? Les aides à la rénovation énergétique couvrent les travaux d'isolation thermique par l'extérieur des murs donnant sur l'extérieur. Cela inclut l'isolant, le système de fixation, le parement ou l'enduit de finition, et la main d'œuvre de pose. En revanche, les éléments suivants ne sont pas pris en charge par les aides énergie : - **Le nettoyage et le traitement de la façade** : considérés comme de l'entretien courant. - **La réparation de fissures sans ITE** : relève du ravalement esthétique seul. - **Les échafaudages si aucun travail isolant n'est réalisé** : intégrés au ravalement simple non éligible. Si vous combinez ravalement et ITE, la fraction du coût correspondant à l'isolation est éligible aux aides, tandis que la fraction purement esthétique reste à votre charge. La facturation doit distinguer ces deux parties pour que les organismes évaluent correctement le dossier. ## MaPrimeRénov' : conditions et plafonds pour un ravalement avec isolation MaPrimeRénov' est l'aide principale pour financer une isolation thermique par l'extérieur lors d'un ravalement. Versée par l'ANAH, elle ne couvre pas le ravalement esthétique seul. Son montant dépend des revenus du foyer et de la performance des travaux réalisés. Les barèmes sont susceptibles d'évoluer, il faut consulter le site officiel pour les montants en vigueur (service-public.fr, 2026). Le dispositif s'adresse aux propriétaires occupants, aux bailleurs et aux copropriétés, sous conditions de ressources. Le recours à un artisan certifié RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) est obligatoire pour toute demande. Sans cette certification, le dossier est automatiquement rejeté, quelle que soit la qualité du travail réalisé. Pour un projet de ravalement avec ITE, MaPrimeRénov' intervient sur la part isolation du devis. La demande se fait en ligne sur le site officiel de MaPrimeRénov', avec un devis signé par l'artisan RGE. En copropriété, le dispositif fonctionne différemment : la demande est portée par le syndic pour le compte des copropriétaires, avec des conditions de vote spécifiques. ### Qui peut demander MaPrimeRénov' pour sa façade ? Trois profils principaux peuvent solliciter MaPrimeRénov' pour une ITE : - **Propriétaires occupants** : ils doivent occuper le logement à titre de résidence principale, construit depuis plus de 15 ans. Le montant de l'aide varie selon les revenus (barème en quatre catégories). - **Propriétaires bailleurs** : ils doivent s'engager à louer le logement pendant une durée minimale, et respecter des plafonds de loyer. Le logement doit être classé en étiquette énergétique F ou G pour prétendre aux aides parcours. - **Copropriétés** : l'aide est demandée par le syndic après vote en assemblée générale. Un bonus copropriété peut majorer le montant de base. La condition RGE s'applique dans tous les cas. Le devis doit être signé et déposé avant le début des travaux, sous peine de perdre l'éligibilité. ### Le bonus copropriété : une majoration à connaître MaPrimeRénov' prévoit une majoration spécifique pour les copropriétés réalisant des travaux d'isolation sur les façades. Ce bonus copropriété vise à compenser la complexité organisationnelle des projets en immeuble collectif, où la coordination entre lots et le vote en AG allongent les délais. Concrètement, chaque copropriétaire éligible perçoit sa part d'aide calculée au prorata des tantièmes, augmentée du bonus. La demande est unique pour l'ensemble de la copropriété, déposée par le syndic après décision de l'assemblée générale à la majorité requise. > 📌 Important : le bonus copropriété n'est accordé que si les travaux portent sur au moins 50 % des façades de l'immeuble. Un ravalement partiel portant sur une seule façade ne déclenche pas la majoration. Les montants exacts du bonus et les barèmes de MaPrimeRénov' évoluent régulièrement. Vérifiez les seuils en vigueur sur le site de France Rénov' avant tout dépôt de dossier. ## Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) : une aide souvent oubliée Les CEE sont une prime versée par les fournisseurs d'énergie dans le cadre de leurs obligations réglementaires d'économies d'énergie. Pour un ravalement couplé à une ITE, la prime CEE peut représenter un complément significatif, cumulable avec MaPrimeRénov'. Beaucoup de propriétaires ignorent ce dispositif ou pensent qu'il concerne uniquement le changement de chauffage. Le mécanisme est simple : les fournisseurs d'énergie (EDF, Engie, TotalEnergies, etc.) sont tenus de financer des travaux d'économies d'énergie. Ils versent une prime au particulier qui réalise des travaux éligibles, dont l'ITE des façades. La prime est versée après réalisation des travaux, mais l'accord préalable doit être obtenu avant leur début. Selon les informations publiées par Légifrance (2026), les CEE sont encadrés par un arrêté ministériel qui définit les opérations standardisées éligibles. L'ITE des murs donne droit à la prime « BAR-EN-101 » ou une opération équivalente, sous condition de performance de l'isolant et de recours à un artisan RGE. ### Comment obtenir la prime CEE pour un ravalement isolant ? La démarche pour obtenir la prime CEE suit un chemin précis. D'abord, vous demandez un devis à un artisan RGE pour les travaux d'isolation de façade. Ensuite, vous transmettez ce devis à un ou plusieurs fournisseurs d'énergie pour obtenir une offre de prime CEE. Vous comparez les offres, puis signez l'accord avec le fournisseur choisi. L'accord signé doit dater d'avant le début des travaux. Une fois les travaux terminés, vous transmettez les factures et l'attestation RGE au fournisseur, qui verse la prime. Le versement se fait par virement ou par déduction sur la facture, selon les modalités convenues. > ⚠️ Attention : signer l'accord CEE après le début des travaux entraîne la perte totale de la prime. Aucune régularisation a posteriori n'est possible. Plusieurs fournisseurs proposent des primes CEE. La concurrence peut faire varier les montants proposés, il est donc recommandé de comparer au moins deux offres avant de s'engager. ### Cumul MaPrimeRénov' + CEE : ce que dit la réglementation Le cumul entre MaPrimeRénov' et la prime CEE est autorisé pour les mêmes travaux d'isolation de façade. Les deux dispositifs ont des logiques différentes : MaPrimeRénov' est une subvention publique gérée par l'ANAH, tandis que les CEE sont une obligation privée des fournisseurs d'énergie. Le cumul permet de réduire significativement le reste à charge. Selon France Rénov' (2026), les deux aides peuvent couvrir une part importante du coût de l'ITE, le reste étant finançable par l'éco-PTZ. Le total des aides ne doit pas excéder le coût total des travaux, ce qui est vérifié lors de l'instruction des dossiers. La condition artisan RGE est commune aux deux dispositifs. Un seul devis RGE suffit pour les deux demandes, mais les démarches sont indépendantes : vous déposez un dossier MaPrimeRénov' sur le site dédié, et un dossier CEE auprès du fournisseur d'énergie choisi. ## Éco-PTZ et TVA réduite : financer le reste à charge L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et la TVA à taux réduit complètent le dispositif d'aides pour un ravalement avec isolation. L'éco-PTZ permet de financer le reste à charge après subventions, sans intérêts. La TVA réduite s'applique sur la facture de l'artisan, réduisant mécaniquement le coût des travaux. Ces deux outils ne sont pas des subventions : l'éco-PTZ est un prêt à rembourser, et la TVA réduite est une diminution de la taxe appliquée sur la facture. Ils s'adressent à tous les profils, sans condition de ressources pour la TVA, et avec des conditions spécifiques pour l'éco-PTZ. ### L'éco-PTZ pour un ravalement : montant et durée de remboursement L'éco-PTZ est un prêt à taux zéro accordé par les banques partenaires, avec une garantie de l'État. Pour une isolation thermique par l'extérieur, le montant maximum dépend du type de projet et du nombre de travaux réalisés. Selon service-public.fr (2026), l'éco-PTZ finance jusqu'à 50 000 € pour un bouquet de travaux, avec une durée de remboursement pouvant atteindre 20 ans. L'éco-PTZ n'est pas attribué pour un ravalement sans isolation. Le prêt finance les travaux d'amélioration énergétique, ce qui exclut les travaux purement esthétiques. En copropriété, un éco-PTZ spécifique permet de financer les travaux votés en assemblée générale, avec un plafond adapté au nombre de lots. > 💡 À noter : l'éco-PTZ est cumulable avec MaPrimeRénov' et les CEE. Il intervient après le versement des subventions pour couvrir le reste à charge restant. ### TVA à 5,5 % ou 10 % : laquelle s'applique à votre façade ? La TVA à taux réduit s'applique sur les travaux de rénovation dans les logements achevés depuis plus de deux ans. Deux taux sont possibles selon la nature des travaux : - **TVA à 5,5 %** : applicable aux travaux d'amélioration de la performance énergétique, dont l'isolation thermique par l'extérieur. Les conditions d'application sont encadrées par le Code général des impôts (Légifrance, 2026). - **TVA à 10 %** : applicable aux travaux de ravalement simple, rénovation, aménagement et entretien dans les logements anciens. Pour un ravalement avec ITE, c'est le taux de 5,5 % qui s'applique sur l'ensemble de la facture si les travaux d'isolation représentent la majorité du coût. En cas de facturation séparée entre la part ravalement et la part isolation, le taux de 5,5 % s'applique à la part isolation et le taux de 10 % à la part ravalement esthétique. Demandez à votre artisan de détailler la facture en conséquence. ## Aides locales : communes, départements et régions Au-delà des dispositifs nationaux, des aides locales peuvent compléter le financement d'un ravalement de façade. Ces subventions proviennent des communes, départements, régions ou de l'ANAH via des opérations programmées. Leurs montants et conditions varient selon le territoire, il n'existe pas de barème national. France Rénov' constitue le guichet unique pour identifier les aides disponibles dans votre commune. Les conseillers France Rénov' (présents dans chaque département) peuvent établir un diagnostic personnalisé et orienter vers les dispositifs locaux mobilisables. Ce service est gratuit et ne remplace pas le conseil d'un professionnel pour les aspects techniques. ### Où trouver les aides de sa collectivité ? Plusieurs canaux permettent d'identifier les aides locales. Le site France Rénov' propose un moteur de recherche par commune qui recense les subventions disponibles. Les mairies et les conseils départementaux publient également des fiches d'information sur leurs aides à l'habitat. Certaines régions proposent des aides spécifiques pour la rénovation des façades dans les secteurs protégés (centres-villes historiques, périmètres de monuments historiques). Ces subventions peuvent être conditionnées à l'utilisation de matériaux ou de couleurs spécifiques, et nécessitent l'accord préalable de l'architecte des Bâtiments de France. L'ANAH (2026) relaie également des programmes nationaux délégués aux collectivités, comme les OPAH (Opérations Programmées d'Amélioration de l'Habitat), qui mobilisent des fonds publics sur un territoire et une durée donnés. ### L'ANAH et les opérations OPAH : ce qu'elles couvrent Les OPAH sont des programmes d'aide à la rénovation de l'habitat, portés par une collectivité en partenariat avec l'ANAH. Elles durent généralement plusieurs années et ciblent un territoire défini. Dans le cadre d'une OPAH, un propriétaire peut bénéficier d'une subvention de l'ANAH pour des travaux de rénovation, dont le ravalement de façade avec isolation. Les montants dépendent des revenus du foyer et de la nature des travaux. Les OPAH peuvent financer des travaux d'amélioration énergétique, de mise aux normes sanitaires, ou d'adaptation du logement à la perte d'autonomie. Pour savoir si votre commune est couverte par une OPAH, contactez l'espace conseil France Rénov' de votre département. > 💡 À noter : les subventions OPAH sont cumulables avec MaPrimeRénov' dans la limite du coût total des travaux. Le total des aides publiques ne peut pas dépasser 100 % du coût TTC. ## Cas pratique : ravalement avec ITE en copropriété, qui touche quoi ? Prenons un cas concret : une copropriété de 10 lots résidentiels vote en assemblée générale le ravalement des façades avec isolation thermique par l'extérieur. Le bâtiment date des années 1980, les façades sont dégradées, et l'isolation actuelle est insuffisante. Le projet touche 100 % des façades, ce qui ouvre droit au bonus copropriété de MaPrimeRénov'. Le syndic notifie l'ordre du jour à tous les copropriétaires au moins 21 jours avant la date de l'AG. Le projet de ravalement avec ITE figure à la rubrique travaux, avec le devis estimatif, le calendrier prévisionnel et le plan de financement détaillant les aides sollicitées. Les copropriétaires peuvent consulter ces documents au siège du syndic. Pour aller plus loin sur les [obligations de ravalement en copropriété](/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/), consultez notre guide dédié. ### Étape 1 : le vote en assemblée générale Le ravalement avec ITE est un travail soumis à une majorité spécifique. Selon la loi du 10 juillet 1965, les travaux d'isolation thermique relevant de l'article 25 nécessitent la majorité des voix de tous les copropriétaires. Si cette majorité n'est pas atteinte, une seconde assemblée peut voter à la majorité de l'article 25-3 (majorité des présents et représentés). Chaque copropriétaire vote au prorata de ses tantièmes. Le résultat du vote détermine la répartition des coûts entre les lots, mais aussi la répartition des aides : chaque copropriétaire éligible percevra sa part d'aide proportionnelle à sa quote-part dans les charges de travaux. ### Étape 2 : désignation d'un maître d'œuvre et d'artisans RGE Après le vote, la copropriété mandate un maître d'œuvre ou une société d'architecture pour piloter le chantier. Le choix de l'artisan RGE est crucial : sans certification RGE valide au moment des travaux, toutes les aides sont perdues. Le syndic vérifie la certification sur le site officiel France Rénov', qui recense les professionnels habilités. Le maître d'œuvre coordonne les intervenants, établit le planning et s'assure de la conformité des travaux. Pour bien [choisir une entreprise de ravalement](/travaux/entreprise-ravalement-facade-guide-copropriete/), comparez au moins trois devis et vérifiez systématiquement la certification RGE de chaque candidat. ### Étape 3 : dépôt des dossiers d'aides et calendrier Le syndic dépose les dossiers d'aides au nom de la copropriété. Pour MaPrimeRénov', un dossier unique est constitué avec le devis signé, l'attestation RGE de l'artisan et les éléments financiers. Pour les CEE, le syndic contacte un fournisseur d'énergie et signe l'accord avant le début des travaux. Le calendrier type : 1. **Vote en AG** : décision de réaliser les travaux. 2. **Consultation des entreprises** : devis et vérification RGE. 3. **Dépôt des dossiers d'aides** : MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ. 4. **Accord de principe** : réception des notifications d'éligibilité. 5. **Démarrage des travaux** : uniquement après les accords. 6. **Versement des aides** : après facturation et transmission des justificatifs. Le délai entre le vote et le démarrage des travaux peut atteindre 6 à 12 mois, selon la complexité du projet et la rapidité d'instruction des dossiers. ## Erreur courante : commencer les travaux avant de déposer les dossiers L'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse consiste à démarrer les travaux avant d'obtenir les accords d'aide. La quasi-totalité des dispositifs exige une date de début postérieure au dépôt du dossier. Les copropriétaires pressés ou mal informés par leur syndic se retrouvent sans aucune subvention, avec le coût total à leur charge. Cette règle s'applique à MaPrimeRénov', aux CEE et à l'éco-PTZ. La logique est simple : les aides financent un projet futur, pas un chantier en cours ou terminé. Les organismes vérifient la date de début des travaux grâce au devis signé et à la facture finale. > ⚠️ Attention : aucune régularisation a posteriori n'est possible. Si les travaux ont commencé avant l'accord, l'éligibilité est définitivement perdue. Le syndic doit impérativement informer l'assemblée générale de cette contrainte lors du vote. ### Pourquoi l'ordre des démarches est non négociable Les organismes d'aide demandent un devis signé et une attestation RGE datés avant le début des travaux pour s'assurer que l'aide a été sollicitée en amont. La facture finale, émise après les travaux, doit correspondre au devis initial. Un écart trop important entre devis et facture peut entraîner un rejet. En copropriété, le risque est accru car le délai entre le vote et le démarrage des travaux est long. Certains copropriétaires peuvent souhaiter accélérer le chantier pour des raisons de confort ou de sécurité. Le syndic doit maintenir le calendrier strict et communiquer clairement sur les conséquences d'un démarrage anticipé. ### Vérifier le statut RGE : une vigilance à maintenir jusqu'au chantier Une seconde erreur consiste à choisir un artisan RGE lors de l'appel d'offres, puis à ne pas vérifier sa certification au moment du démarrage des travaux. La certification RGE est valable une durée limitée et peut expirer entre la signature du devis et le début du chantier, surtout si le délai de vote en copropriété a allongé le calendrier. Le site France Rénov' permet de vérifier en temps réel la validité de la certification RGE d'un professionnel. Cette vérification doit être faite à deux moments : lors de la sélection des entreprises, et juste avant le démarrage des travaux. Si l'artisan perd sa certification RGE en cours de chantier, l'éligibilité aux aides peut être remise en cause. Le contrat avec l'entreprise devrait prévoir une clause d'engagement à maintenir la certification RGE tout au long des travaux.

Fiche pratique

Aides nationales (ravalement + ITE)MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ
Aides nationales (ravalement seul)TVA réduite (5,5 % ou 10 %)
Condition communeArtisan certifié RGE obligatoire
Accord préalableExigé avant le début des travaux (MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ)
Guichet uniqueFrance Rénov' (france-renov.gouv.fr)
CopropriétéVote en AG obligatoire, dossier déposé par le syndic, bonus copropriété si ≥ 50 % des façades traitées
TVA 5,5 %Travaux d'isolation thermique par l'extérieur (CGI, Légifrance 2026)
TVA 10 %Ravalement simple dans logement de plus de 2 ans
## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F19905) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F10871) - [anah.gouv.fr](https://www.anah.gouv.fr/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Pouvoir pour assemblée générale plafonds et modèle 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/pouvoir-pour-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-27 Mot-clé ciblé: pouvoir pour assemblée générale Pouvoir pour assemblée générale : qui peut le recevoir, comment le rédiger, combien de mandats par personne. Règles légales, modèle et pièges à éviter. Donner un pouvoir pour assemblée générale de copropriété est la solution la plus simple pour participer aux votes sans se déplacer. Ce mandat écrit, encadré par la loi du 10 juillet 1965, désigne un mandataire chargé de représenter le copropriétaire absent lors des votes. Notre guide détaille les règles de rédaction, les plafonds de cumul de pouvoirs, les mentions obligatoires du document et les pièges à éviter, notamment le pouvoir en blanc sans instructions de vote. > **En bref** > > - Un pouvoir pour assemblée générale permet à un copropriétaire absent de mandater une autre personne pour voter en son nom, encadré par la loi du 10 juillet 1965. > - Le document doit contenir l'identité du mandant et du mandataire, la date de l'AG, l'objet et la signature du mandant pour être recevable. > - Le cumul de pouvoirs par un même mandataire est limité par le règlement de copropriété, exprimé en pourcentage des tantièmes. > - Un pouvoir en blanc (sans instructions de vote) est légal mais expose le mandant à des votes contraires à ses intérêts. ## Pouvoir pour assemblée générale : de quoi parle-t-on exactement ? Un pouvoir pour assemblée générale est un document écrit par lequel un copropriétaire absent autorise une autre personne à le représenter et à voter en son nom lors d'une assemblée générale de copropriété. Ce dispositif, encadré par la loi du 10 juillet 1965, permet aux copropriétaires empêchés de participer aux votes qui engagent leur immeuble. La participation à l'assemblée et au vote est un droit pour chaque copropriétaire, et non une obligation (service-public.fr). La présence n'est donc pas obligatoire, mais le pouvoir est l'outil qui garantit que votre voix compte malgré votre absence. Pour plus d'informations sur les [règles de vote en AG de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/), consultez notre guide dédié. ### Pouvoir, mandat, procuration : trois termes pour une même réalité Pouvoir, mandat et procuration désignent en pratique la même chose : un document par lequel une personne (le mandant) donne à une autre (le mandataire) l'autorisation de la représenter à un vote. Le mandataire votera en son nom sur les résolutions inscrites à l'ordre du jour. Le terme "pouvoir" est le plus courant en copropriété. "Procuration" s'emploie indifféremment dans le langage courant. "Mandat" est le terme juridique du droit civil. Aucune différence de nature juridique entre ces trois mots : le mécanisme reste identique. Le mandataire peut être un autre copropriétaire, un tiers extérieur à la copropriété ou un membre du conseil syndical. La loi de 1965 autorise le copropriétaire à désigner le mandataire de son choix, sous réserve des limites fixées par le règlement de copropriété. Le conseil syndical joue un rôle important pour le bon fonctionnement de la copropriété, et son intervention est encadrée par le [rôle du conseil syndical](/syndic/role-du-conseil-syndical-regles-limites-2026/) et ses règles à venir en 2026. ### Cadre légal : loi du 10 juillet 1965 et règlement de copropriété L'article 22 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 dispose que le règlement de copropriété détermine les règles de fonctionnement et les pouvoirs des assemblées générales (Légifrance). Ce texte constitue le socle légal applicable aux procurations en copropriété. Le règlement de copropriété peut prévoir des modalités spécifiques : désignation du mandataire, délai de transmission du pouvoir, conditions de validité du document. Chaque immeuble a son propre règlement, et les règles peuvent varier d'une copropriété à l'autre. > 📌 Important : Vérifiez toujours votre règlement de copropriété avant de donner ou de recevoir un pouvoir, car il peut prévoir des restrictions spécifiques sur le cumul de mandats. ## Comment donner son pouvoir pour une assemblée générale ? Donner son pouvoir pour une assemblée générale de copropriété suit un processus simple mais encadré. Le choix du mandataire, la rédaction du document et sa transmission au syndic structurent la démarche. Chaque étape doit respecter les règles fixées par la loi de 1965 et le règlement de copropriété. Le copropriétaire qui ne peut assister à l'AG dispose de plusieurs options : désigner un mandataire de confiance, donner son pouvoir au président de séance ou recourir au vote par correspondance si le règment de copropriété l'autorise. La solution du mandat à un tiers reste la plus flexible. ### Étape 1 : choisir son mandataire Le choix du mandataire est libre. Vous pouvez désigner un autre copropriétaire, un membre de votre famille, un ami ou un tiers. Certaines copropriétés imposent toutefois des restrictions dans leur règlement : le mandataire doit parfois être lui-même copropriétaire de l'immeuble. Le mandataire vote comme s'il était le copropriétaire absent, selon les instructions données dans le pouvoir ou, à défaut, selon sa propre appréciation. Choisir une personne de confiance est donc déterminant. ### Étape 2 : rédiger et signer le document Le pouvoir doit être rédigé par écrit et signé par le mandant. La forme du document varie : courrier simple, formulaire fourni par le syndic ou modèle téléchargeable. La procuration donnée par un actionnaire est signée par celui-ci, le cas échéant par un procédé de signature électronique (Légifrance, Articles R225-61 à R225-112, 2026). Cette disposition, bien qu'issue du droit des sociétés, inspire la pratique des copropriétés modernes qui acceptent progressivement les signatures dématérialisées. ### Étape 3 : transmettre au syndic avant l'AG Le pouvoir doit être transmis au syndic avant la tenue de l'assemblée générale. Le délai exact dépend du règlement de copropriété, mais en pratique, il est recommandé de l'envoyer au moins quelques jours avant la date de la séance. Le syndic vérifie la validité du document et l'enregistre avant l'ouverture des votes. Un pouvoir transmis tardivement peut être refusé, privant le copropriétaire absent de toute représentation. ## Comment écrire un pouvoir pour une assemblée générale : mentions obligatoires Un pouvoir pour assemblée générale doit contenir un ensemble d'informations obligatoires pour être valide. L'absence d'une seule de ces mentions peut rendre le document irrecevable, annulant la représentation du copropriétaire absent. La rédaction ne nécessite pas de formalisme particulier : un courrier simple suffit, à condition de respecter les mentions essentielles. De nombreux syndics proposent un formulaire type, souvent disponible en format PDF ou Word, qui simplifie la démarche. ### Les mentions qui rendent le pouvoir valide TODO ### Ce qui rend un pouvoir irrecevable Plusieurs erreurs fréquentes rendent un pouvoir irrecevable : - **Absence de signature** : sans signature, le document est juridiquement nul - **Mandataire non identifié** : un pouvoir au profit d'une personne non nommée est irrecevable - **Transmission hors délai** : un pouvoir reçu après le début de l'assemblée est systématiquement écarté - **Pouvoir portant sur une autre assemblée** : un pouvoir pour une AG datée du 15 mars ne vaut pas pour une AG du 20 mars La prudence est de mise : un pouvoir irrecevable équivaut à une absence totale de représentation. Le copropriétaire absent est alors réputé absent sans possibilité de vote, ce qui peut affecter les résultats de l'assemblée. ## Combien de procurations peut-on avoir pour une AG de copropriété ? Le cumul de pouvoirs par un même mandataire est encadré pour éviter qu'une personne ne concentre trop de voix et influence artificiellement les votes. En copropriété, des limites existent et s'expriment en tantièmes de la copropriété. Ces plafonds varient selon le règlement de copropriété de chaque immeuble. Certains règlements fixent un pourcentage maximum de tantièmes qu'un mandataire ne peut dépasser, d'autres plafonnent le nombre de pouvoirs par personne. Les [plafonds légaux de cumul de pouvoirs en assemblée générale de copropriété](/charges/nombre-maximum-pouvoirs-assemblee-generale-copropriete/) méritent d'être consultés au cas par cas. ### Le plafond en copropriété : ce que dit le règlement En copropriété, la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 prévoit qu'un copropriétaire peut se faire représenter par un autre copropriétaire ou par un tiers. Le règlement de copropriété fixe les limites au cumul de pouvoirs par un même mandataire (Légifrance). Ces limites s'expriment en pourcentage des tantièmes de la copropriété. Un mandataire qui détiendrait trop de pouvoirs pourrait fausser les votes. Le plafond exact varie selon le règlement de copropriété de chaque immeuble : il n'existe pas de seuil national uniforme. ### Cas pratique : que se passe-t-il si un mandataire détient trop de pouvoirs ? Prenons un cas concret. Dans une copropriété de 100 lots, le règlement de copropriété fixe un plafond de cumul de pouvoirs représentant **10 % des tantièmes totaux**. Un copropriétaire, M. Dubois, reçoit des pouvoirs de plusieurs voisins absents. - **Lot de M. Dubois** : 5 tantièmes sur 100 (soit 5 % des tantièmes) - **Pouvoir 1 reçu** : 3 tantièmes (3 %) - **Pouvoir 2 reçu** : 2 tantièmes (2 %) - **Pouvoir 3 reçu** : 1 tantième (1 %) Total détenu par M. Dubois : 5 + 3 + 2 + 1 = **11 tantièmes**, soit 11 % des tantièmes. Le plafond de 10 % est dépassé. Le pouvoir 3 (le dernier reçu) est neutralisé : M. Dubois ne peut voter qu'avec 10 tantièmes au maximum. Conséquence : la résolution sur laquelle M. Dubois votait avec le pouvoir 3 est recalculée sans sa voix. Si le vote était serré (par exemple 51 % pour et 49 % contre), la neutralisation du pouvoir excédentaire peut inverser le résultat. > 💡 À noter : Le dépassement de seuil n'invalide pas l'ensemble des pouvoirs, mais uniquement le pouvoir qui fait basculer le total au-delà du plafond. ### Le cas particulier des associations loi 1901 Pour une association loi 1901, les règles de cumul de pouvoirs sont fixées par les statuts de l'association, et non par la loi de 1965. Certains statuts plafonnent le nombre de pouvoirs par membre, d'autres ne fixent aucune limite. Le nombre maximum de pouvoirs en assemblée générale d'association dépend donc entièrement des statuts de chaque structure. Il est recommandé de consulter les statuts avant de donner ou de recevoir un pouvoir dans le cadre d'une association. ## Modèle de pouvoir pour une assemblée générale de copropriété Un modèle de pouvoir pour assemblée générale de copropriété peut être rédigé par le copropriétaire lui-même, téléchargé depuis le site du syndic ou demandé directement à ce dernier. De nombreux syndics proposent un formulaire type, disponible en format PDF ou Word. Le modèle ci-dessous est un exemple générique, adaptable selon les spécificités de votre copropriété. Le syndic peut exiger un formulaire particulier ou des mentions complémentaires. ### Les éléments du modèle à compléter Voici un modèle-type de pouvoir pour une AG de copropriété : > **[Nom et prénom du mandant]** > [Adresse du lot] > [N° de lot : ___] > > Donne par la présente pouvoir à : > > **[Nom et prénom du mandataire]** > [Adresse du mandataire] > > De me représenter lors de l'assemblée générale de copropriété de l'immeuble situé à [adresse de l'immeuble], qui se tiendra le **[date de l'AG]** à **[lieu de l'AG]**. > > Le mandataire est habilité à voter en mon nom sur l'ensemble des résolutions inscrites à l'ordre du jour, selon les instructions suivantes : > - **Résolution n°1** : [Pour / Contre / Abstention / Selon appréciation] > - **Résolution n°2** : [Pour / Contre / Abstention / Selon appréciation] > > Fait pour valoir ce que de droit. > À [ville], le [date] > [Signature] Une fois l'AG terminée, les décisions votées sont retranscrites dans le [procès-verbal d'assemblée](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/), qui trace les votes et les résolutions adoptées. ### Modèle pour une association loi 1901 : différences à connaître Le modèle de pouvoir pour une assemblée générale d'association loi 1901 est similaire dans sa structure. Les différences portent sur : - **Référence aux statuts** : mention de l'association et référence aux statuts (et non à un règlement de copropriété) - **Qualité du mandataire** : les statuts peuvent imposer que le mandataire soit membre de l'association - **Limites de cumul** : les statuts fixent eux-mêmes le nombre maximum de pouvoirs par membre, sans cadre légal national Le modèle-type d'un pouvoir pour assemblée générale d'association reste dans la même forme que celui présenté ci-dessus. La référence au statut de copropriétaire est remplacée par la qualité de membre de l'association. ## ERREUR COURANTE : donner un pouvoir en blanc, le piège à éviter absolument Un pouvoir en blanc est un mandat donné sans instructions de vote. Le mandataire reçoit l'autorisation de voter comme il le souhaite, y compris contre les intérêts du mandant. Cette pratique est légale mais comporte des risques réels. L'erreur classique consiste à rédiger un pouvoir sans préciser le sens de vote pour chaque résolution, en pensant que le mandataire "saura quoi faire". En réalité, le mandataire vote librement et peut adopter des positions opposées à celles du mandant. ### Pouvoir en blanc : définition et risques concrets Le pouvoir en blanc consiste à rédiger un mandat sans préciser le sens de vote pour chaque résolution. Le mandataire est alors libre de voter comme il l'entend. Cette pratique est légale : un pouvoir en blanc n'est pas irrégulier de plein droit. Les risques sont néanmoins réels. Le mandataire peut voter dans un sens opposé aux intérêts du mandant. Par exemple, si le mandant est opposé à des travaux de ravalement coûteux, mais que son mandataire vote en faveur de ces travaux, le mandant est engagé par ce vote. Donner pouvoir au Président de l'assemblée générale revient à voter dans le même sens que le Président, c'est-à-dire POUR, exceptées les résolutions pour lesquelles il s'abstient (Boursorama, forum AG Air Liquide, avril 2026). Cette pratique, courante en assemblée d'actionnaires, transpose aux copropriétés le même risque. En cas de litige sur les votes, des recours existent. Le [recours en cas d'abus lors d'une assemblée générale](/litiges/abus-de-pouvoir-conseil-syndical-recours/) peut être mobilisé si le mandataire a agi contre l'intérêt de la copropriété. ### Comment encadrer les instructions de vote dans votre mandat Pour éviter les dérives du pouvoir en blanc, plusieurs précautions sont recommandées : - **Instructions écrites détaillées** : indiquer pour chaque résolution le sens du vote souhaité (Pour / Contre / Abstention). Le mandataire est alors obligé de respecter ces instructions. - **Pouvoir limité à certaines résolutions** : restreindre le mandat à un nombre précis de résolutions plutôt qu'à l'ensemble de l'ordre du jour. - **Mandataire de confiance** : choisir une personne dont vous connaissez les positions sur les sujets sensibles de la copropriété. - **Date de validité** : préciser que le pouvoir ne vaut que pour l'assemblée du jour indiqué, et non pour une éventuelle seconde convocation. > ⚠️ Attention : Un pouvoir en blanc reste légal, mais il prive le copropriétaire absent de tout contrôle sur le sens de son vote. Préférez toujours un mandat avec instructions détaillées. Le pouvoir en blanc reste une option, mais un mandat encadré par des instructions écrites protège le copropriétaire absent et garantit que son vote reflète ses intentions. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807551/2016-10-09) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000053489818/2026-02-16) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/bourse/forum/1rPAI/detail/467928626/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Pouvoirs assemblée générale copropriété limite des 3 et 10 % URL: https://copro-guide.fr/charges/nombre-maximum-pouvoirs-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-26 Mot-clé ciblé: nombre maximum de pouvoirs assemblée générale copropriété Combien de pouvoirs peut-on détenir en AG de copropriété ? La règle légale : 3 délégations maximum OU 10 % des voix. Cas pratiques, pièges et modèle expliqués. Le nombre maximum de pouvoirs en assemblée générale de copropriété dépend d'une double règle fixée par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965 : trois délégations de vote par mandataire, sauf si le total des voix représentées reste sous 10 % des voix du syndicat. L'exception des 10 % s'applique automatiquement, sans démarche du mandataire. Comprendre cette articulation évite de voir ses votes contestés et le procès-verbal de l'AG annulé. ## La règle de base : 3 délégations de vote maximum par mandataire Trois. C'est le nombre maximum de délégations de vote qu'un mandataire peut recevoir lors d'une assemblée générale de copropriété. Cette limite est posée par l'article 22 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (Legifrance), qui dispose : « Chaque mandataire ne peut, à quelque titre que ce soit, recevoir plus de trois délégations de vote. » Un pouvoir en AG de copropriété est un mandat écrit par lequel un copropriétaire absent confie son vote à une autre personne. Le mandataire se présente à l'assemblée, participe aux débats et vote au nom du copropriétaire absent. Chaque pouvoir porte les voix attachées au lot du mandant, exprimées en millièmes du règlement de copropriété. La règle des trois délégations s'applique quel que soit le profil du mandataire : - **Un autre copropriétaire de l'immeuble** : solution la plus fréquente, un voisin absent mandate un voisin présent - **Le conjoint ou partenaire de PACS** du copropriétaire absent - **Un tiers extérieur à la copropriété** : légalement possible mais rare en pratique - **Le syndic** : uniquement si le règlement de copropriété l'autorise explicitement > 📌 Important : la formule « à quelque titre que ce soit » signifie qu'aucune qualité ne permet de contourner la limite. Un mandataire ne peut pas recevoir 4 pouvoirs en arguant qu'il agit sous deux statuts différents. ### Qu'est-ce qu'un pouvoir en AG de copropriété ? Un pouvoir, parfois appelé procuration, est un document par lequel un copropriétaire donne mandat à une personne de le représenter et de voter à sa place lors de l'assemblée générale. Le copropriétaire absent (le mandant) rédige un écrit désignant son représentant (le mandataire). Le mandataire se rend à l'AG avec ce document. Il participe au vote au lieu du copropriétaire absent, et ses votes sont comptabilisés avec les millièmes du lot du mandant. Le copropriétaire peut laisser le mandataire libre de sa décision, ou lui donner des consignes précises : voter « pour » ou « contre » une résolution particulière. Le pouvoir se distingue de la présence en personne : un copropriétaire présent ne vote pas par procuration pour lui-même. Le pouvoir est un mécanisme de représentation d'un absent. ### Qui peut recevoir un pouvoir ? Aucune restriction légale n'encadre l'identité du mandataire. Le copropriétaire absent choisit librement la personne qui portera son vote. En pratique, le profil le plus courant est un autre copropriétaire de l'immeuble, déjà convoqué à l'AG. Le conjoint ou partenaire de PACS du copropriétaire absent est également un choix fréquent. La loi ne l'interdit pas. Un tiers extérieur à la copropriété peut aussi être désigné, même s'il n'habite pas l'immeuble et ne possède aucun lot. Le syndic, en revanche, ne peut pas cumuler son rôle avec celui de mandataire d'un copropriétaire, sauf disposition contraire du règlement de copropriété. Le président de séance, quant à lui, peut recevoir des pouvoirs sans que cela ne modifie ses prérogatives de direction des débats. ## L'exception légale : au-delà de 3 pouvoirs si le total ne dépasse pas 10 % des voix La loi prévoit une tolérance : un mandataire peut recevoir plus de trois pouvoirs si l'ensemble des voix qu'il représente ne dépasse pas **10 % des voix du syndicat**. Cette exception figure au même article 22 de la loi du 10 juillet 1965 (Legifrance), qui poursuit : « Toutefois, un mandataire peut recevoir plus de trois délégations lorsque le total des voix dont il dispose [...] ne dépasse pas 10 % du total des voix du syndicat. » > 📌 Important : cette tolérance est automatique. Le mandataire ne choisit pas entre la règle des trois et celle des 10 %. C'est le calcul des voix qui déclenche l'application de l'une ou l'autre. L'exemple donné par Service-public.fr (F2137) prend une copropriété de 10 copropriétaires représentant au total **1 000 millièmes**. Dans cette configuration, 10 % des voix correspondent à **100 millièmes**. Un mandataire détenant 4 pouvoirs ne violera la règle que si la somme des millièmes qu'il porte dépasse ce seuil. La logique légale vise à empêcher la concentration excessive du pouvoir de décision. La règle des trois plafonne le nombre de délégations. La tolérance des 10 % assouplit ce plafond lorsque le poids des voix reste négligeable. Les deux mécanismes se complètent sans se substituer l'un à l'autre. ### Comment calculer les 10 % de voix du syndicat ? Le calcul se fait en millièmes, l'unité de référence du règlement de copropriété. Chaque lot dispose d'un nombre de millièmes proportionnel à sa quote-part des parties communes. La somme totale des millièmes constitue le total des voix du syndicat. Le total des voix du syndicat correspond à la somme des millièmes de tous les lots. Le seuil de 10 % représente 10 % de ce total, par exemple 100 millièmes sur 1 000. Les voix du mandataire regroupent ses propres millièmes et ceux de chaque mandant dont il détient le pouvoir. Si la somme des voix portées par le mandataire reste sous le seuil de 10 %, la limite des trois délégations ne s'applique pas. Au-dessus de 10 %, le mandataire doit revenir à la règle des trois pouvoirs maximum. La vérification se fait avant l'assemblée, à partir des millièmes indiqués dans le règlement de copropriété. ### Cas des époux ou partenaires copropriétaires du même lot Les époux ou partenaires de PACS copropriétaires d'un même lot constituent un cas spécifique prévu par la loi. Lorsqu'un seul des deux peut assister à l'AG, l'autre lui donne un pouvoir. La question est de savoir si ce pouvoir compte dans la limite des trois délégations. Selon les informations de Service-public.fr, les époux copropriétaires d'un même lot qui donnent pouvoir à l'un d'entre eux ne sont pas soumis à la règle des trois délégations. Le conjoint présent ne voit pas son nombre de délégations disponibles réduit. > 💡 À noter : cette exception ne concerne que les copropriétaires du même lot. Deux époux propriétaires de lots différents dans le même immeuble ne bénéficient pas de ce traitement, même s'ils sont mariés. En pratique, cette disposition reconnaît que les deux époux forment une unité de copropriété sur un même lot et que la représentation entre conjoints ne relève pas du cumul de mandats externes. ## Cumul de pouvoirs en AG : cas pratique chiffré pas à pas Prenons un cas concret pour illustrer l'articulation des deux règles. Une copropriété compte 10 copropriétaires et **1 000 millièmes** au total, comme dans l'exemple cité par Service-public.fr (F2137). Le seuil de 10 % représente **100 millièmes**. Un copropriétaire, M. Dubois, détient 50 millièmes. Il souhaite recevoir des pouvoirs de voisins absents. Examinons deux configurations pour comprendre où se joue la frontière de la légalité. Concrètement, le mandataire doit additionner ses propres millièmes et ceux de chaque mandant avant l'AG. Si le total reste sous 100 millièmes (10 %), la limite des trois délégations ne s'applique pas. Au-dessus, il doit revenir à trois pouvoirs maximum. ### Scénario 1 : 4 pouvoirs représentant 8 % des voix (tolérance applicable) M. Dubois reçoit 4 pouvoirs. Voici la répartition : | Lots | Millièmes | Statut | |------|-----------|--------| | M. Dubois (lot 1) | 50 | Propre voix | | Mandant A (lot 2) | 20 | Pouvoir | | Mandant B (lot 3) | 5 | Pouvoir | | Mandant C (lot 4) | 5 | Pouvoir | | Mandant D (lot 5) | 5 | Pouvoir | | **Total** | **85** | **8,5 %** | M. Dubois dépasse la limite de trois délégations avec 4 pouvoirs. Mais le total des voix représentées s'élève à 85 millièmes, soit **8,5 %** des 1 000 millièmes. Ce montant reste sous le seuil de **10 %** (100 millièmes). La tolérance légale s'applique automatiquement : M. Dubois peut valablement voter avec ces 4 pouvoirs. Ce scénario montre que le nombre de pouvoirs n'est pas le seul critère. Le poids des voix portées conditionne la régularité du mandat. ### Scénario 2 : 2 pouvoirs à 40 % des voix, une situation contre-intuitive M. Dubois reçoit seulement 2 pouvoirs, mais ceux-ci portent des millièmes élevés : | Lots | Millièmes | Statut | |------|-----------|--------| | M. Dubois (lot 1) | 50 | Propre voix | | Mandant E (lot 6) | 200 | Pouvoir | | Mandant F (lot 7) | 150 | Pouvoir | | **Total** | **400** | **40 %** | M. Dubois ne détient que 2 pouvoirs, donc moins que la limite de trois. Le total des voix représente **400 millièmes sur 1 000**, soit **40 %** des voix du syndicat. Ce chiffre dépasse largement le seuil de 10 %. Pourtant, la situation est légale : la tolérance des 10 % ne sert qu'à autoriser le dépassement des trois délégations. Avec 2 pouvoirs, le mandataire est sous la limite de trois, et le seuil de 10 % n'a pas vocation à s'appliquer. Comme le souligne coproconseils.fr, « un copropriétaire peut très bien avoir 2 pouvoirs représentant 40 % des millièmes ». La règle des 10 % n'est pas un plafond de voix en toutes circonstances : c'est une condition d'exception au plafond des trois délégations. ## Pouvoir AG copropriété : l'erreur courante qui invalide votre mandat L'erreur la plus fréquente consiste à croire que la règle « 3 OU 10 % » autorise le mandataire à choisir l'option la plus favorable. Cette interprétation est juridiquement fausse. La logique « OU » n'est pas un choix discrétionnaire : c'est une tolérance légale automatique, déclenchée par le calcul des voix. > ⚠️ Attention : un mandataire qui reçoit 4 pouvoirs représentant 15 % des voix ne peut invoquer ni la règle des trois (il la dépasse) ni l'exception des 10 % (il la dépasse aussi). Ses votes sont irréguliers. Cette situation peut parfois être vue comme un abus de pouvoir du conseil syndical, susceptible de recours judiciaires. Dans ce cas, cela peut être considéré comme un [abus de pouvoir du conseil syndical](/litiges/abus-de-pouvoir-conseil-syndical-recours/) et ouvrir la voie à des recours. La conséquence est directe : un mandataire dont les pouvoirs sont irréguliers expose l'ensemble de ses votes à la contestation. Le procès-verbal de l'AG peut être attaqué en justice, et les décisions adoptées grâce à ces voix peuvent être annulées. Le risque pèse sur l'ensemble de la copropriété, pas seulement sur le mandataire. Pour éviter ce piège, le mandataire doit calculer sa situation avant l'assemblée. Il additionne ses propres millièmes et ceux de chaque mandant, compare le total au seuil de 10 %, et vérifie qu'il ne dépasse pas trois délégations si le total excède 10 %. Pour approfondir, consultez [toutes les règles de vote en AG de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). ### Que risque-t-on si la règle n'est pas respectée ? Si la règle des pouvoirs n'est pas respectée, les conséquences sont lourdes. Tout copropriétaire peut contester les décisions adoptées grâce à des votes irréguliers, dans un délai de deux mois suivant la notification du procès-verbal. Le tribunal judiciaire peut annuler les décisions concernées. Le mandataire n'encourt pas de sanction pécuniaire personnelle, mais les votes qu'il a émis sont frappés de nullité. Si ces votes étaient décisifs pour l'adoption d'une résolution, la résolution entière peut être annulée. En pratique, les copropriétés qui prennent le risque d'un mandataire surchargé en pouvoirs s'exposent à des procédures longues et coûteuses. ### Le rôle du président de séance dans la vérification des pouvoirs Le président de séance joue un rôle central dans le contrôle des pouvoirs à l'ouverture de l'AG. Il vérifie les procurations présentées par les mandataires et s'assure que la limite des trois délégations est respectée, ou que la tolérance de 10 % s'applique. Le président dispose des millièmes de chaque lot, communiqués par le syndic. Il peut calculer le total des voix représentées par chaque mandataire et détecter un dépassement. En pratique, ce contrôle se fait à l'appel de présence en début de séance. Si le président constate une irrégularité, il doit signaler le dépassement au mandataire concerné. Les pouvoirs excédentaires sont rejetés, et les votes correspondants ne sont pas comptabilisés. ## Modèle et formalités : comment rédiger un pouvoir pour l'AG de copropriété Pour faciliter l'établissement de ce document essentiel, n'hésitez pas à consulter un modèle de [pouvoir pour assemblée générale plafonds et modèle 2026](/charges/pouvoir-pour-assemblee-generale-copropriete/). La loi n'impose aucun formulaire officiel pour rédiger un pouvoir en AG de copropriété. Un document manuscrit ou dactylographié suffit, à condition de contenir les mentions essentielles. Le pouvoir doit être transmis au syndic avant l'assemblée, ou remis au président de séance le jour même. Les mentions indispensables sont les suivantes : - **Nom, prénom et adresse du copropriétaire absent** (le mandant) - **Nom et prénom de la personne désignée** (le mandataire) - **Date et lieu de l'assemblée générale** concernée - **Identité du lot** (numéro, bâtiment, étage) rattaché au copropriétaire - **Signature du copropriétaire absent** et date du mandat - **Consignes de vote éventuelles** : « pour », « contre » ou libre appréciation Le copropriétaire peut joindre des consignes de vote ou laisser le mandataire libre de sa décision. Pour en savoir plus sur les délais et la [convocation de l'assemblée générale hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/), consultez notre guide dédié. ### Les mentions indispensables d'un pouvoir écrit Un pouvoir valide repose sur quelques mentions minimales. Le document doit identifier sans ambiguïté le copropriétaire absent et son représentant. Il doit aussi désigner précisément l'assemblée concernée par sa date et le lieu. L'absence d'une de ces mentions peut suffire à invalider le pouvoir. Un document sans signature du mandant n'a aucune valeur juridique. Un pouvoir daté du 10 janvier pour une AG convoquée le 15 mars n'est pas valable si la date de l'AG n'est pas précisée. > 💡 À noter : un pouvoir peut être rédigé pour une AG déterminée, ou pour toutes les AG de l'année si le mandat le précise explicitement. ### Transmission du pouvoir au syndic avant l'AG La transmission du pouvoir au syndic se fait idéalement avant l'assemblée, par courrier ou remise en main propre. Le syndic enregistre le pouvoir et le mentionne dans la feuille de présence établie en début de séance. Le mandataire peut aussi apporter le pouvoir le jour de l'AG et le remettre au président de séance. Cette solution est moins sécurisante : en cas de refus du président (par exemple, dépassement de la limite des trois délégations), le mandataire ne peut plus transmettre le pouvoir à une autre personne. Pour les questions de calendrier, le [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) dépend du type d'AG prévue. ## Règle des pouvoirs en copropriété : récapitulatif et points de vigilance Le tableau suivant récapitule les deux règles et leurs conditions d'application : | Critère | Règle de base | Exception | |---------|---------------|-----------| | Nombre de pouvoirs | 3 maximum | Plus de 3 si ≤ 10 % des voix | | Calcul | Nombre de délégations | Somme des millièmes (mandataire + mandants) | | Époux même lot | Non compté dans les 3 | Idem | | Conséquence de violation | Contestation du PV, annulation possible | Idem | Avant l'AG, voici la checklist à suivre pour le mandataire : - **Vérifier le nombre de pouvoirs reçus** : si ≤ 3, la règle est respectée - **Si > 3, calculer le total des millièmes** (les siens + ceux des mandants) - **Comparer au seuil de 10 %** des voix totales du syndicat - **En cas de dépassement, refuser un ou plusieurs pouvoirs** pour revenir à 3 - **S'assurer que chaque pouvoir est écrit et signé**, avec l'identité des parties Le [modèle de procès-verbal d'assemblée générale](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/) permet de visualiser comment les pouvoirs sont mentionnés dans le compte-rendu de l'AG. La vérification en amont reste la meilleure protection contre une contestation postérieure. > **Points clés** > > - La limite de 3 délégations de vote par mandataire est fixée par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965. > - La tolérance des 10 % des voix s'applique automatiquement, sans demande du mandataire. > - Un mandataire respectant la règle des 3 pouvoirs n'a pas à vérifier le seuil de 10 %. > - Les pouvoirs irréguliers exposent le procès-verbal de l'AG à une annulation en justice. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807551/2016-10-09) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Charges récupérables sur locataire : la liste officielle URL: https://copro-guide.fr/charges/charges-recuperables-sur-locataire/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-19 Mot-clé ciblé: charges récupérables sur locataire Quelles charges récupérables peut-on répercuter sur le locataire ? Liste issue du décret du 26 août 1987, exemples chiffrés, délais de régularisation Les charges récupérables sur locataire désignent les dépenses que le propriétaire bailleur avance, puis refacture à son locataire selon une liste strictement encadrée par la loi. Publié le 26 août 1987, le décret n°87-713 en fixe le périmètre exact : toute dépense qui n'y figure pas reste à la charge exclusive du bailleur. Ce cadre — couplé à la loi du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs — protège le locataire contre une facturation arbitraire et fournit au propriétaire un référentiel opposable pour ses décomptes annuels. > **Ce qu'il faut retenir** > > - La liste des charges récupérables est fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987 : aucun autre poste ne peut être refacturé au locataire > - Seuls le salaire brut et les charges sociales du gardien sont récupérables, et uniquement pour la quote-part correspondant aux tâches effectuées au bénéfice des locataires > - La régularisation annuelle doit être accompagnée de l'ensemble des justificatifs ; le délai de prescription est de 3 ans dans les deux sens > - Les honoraires de syndic, les grosses réparations et le ravalement restent à la charge exclusive du propriétaire, quelle que soit la clause du bail ## Ce que la loi entend par « charges récupérables » Une charge récupérable est une dépense que le propriétaire règle en premier, directement ou via le syndic de copropriété, et dont il obtient ensuite le remboursement par le locataire. Ce mécanisme ne repose pas sur un accord entre les parties. Il est encadré par la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 et précisé par le décret n°87-713 du 26 août 1987 (source : Legifrance). Cette logique est simple. D'un côté, le locataire paie les dépenses liées à l'usage courant du logement et des parties communes. De l'autre, le propriétaire assume les dépenses liées à la structure et à la conservation de l'immeuble. Cette distinction est au cœur du régime des [charges du locataire](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/), et elle détermine chaque année le montant que le bailleur peut légalement répercuter. Concrètement, les sommes sont appelées sous forme de provisions mensuelles, puis régularisées une fois par an sur justificatifs. Le locataire reçoit alors un décompte détaillé — provisions versées d'un côté, dépenses réelles de l'autre. Ce solde est soit remboursé, soit réclamé dans la limite du délai de prescription. ### Principe de la liste limitative Publié le 26 août 1987, ce décret dresse une liste fermée. Toute dépense absente de cette liste ne peut être facturée, même si elle profite indirectement au locataire. Ce caractère limitatif, pilier protecteur du locataire, interdit toute clause du bail qui élargirait les charges récupérables au-delà du décret. Une clause contraire serait réputée non écrite (service-public.fr, F947). Cette liste s'applique aux baux d'habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989. Les baux commerciaux, les locations meublées touristiques ou les logements de fonction obéissent à des règles distinctes, que cet article n'aborde pas. ### Différence entre charges locatives et charges de copropriété Ces deux notions sont souvent confondues. Les charges de copropriété englobent l'ensemble des dépenses votées en assemblée générale : entretien, administration, gros travaux, honoraires de syndic. Elles n'en sont qu'un sous-ensemble. Elles correspondent uniquement aux postes que le décret de 1987 autorise à refacturer au locataire. Un exemple parlant : le propriétaire reçoit un appel de fonds de 2 500 € de son syndic. Sur cette somme, 1 800 € concernent des dépenses listées par le décret (eau, chauffage collectif, entretien des parties communes). Quant aux 700 € restants, ils financent un ravalement de façade et les honoraires de syndic pour l'assemblée générale. Seuls les 1 800 € sont récupérables sur le locataire. Cette distinction est essentielle pour comprendre la différence entre les charges locatives et les charges de copropriété, ainsi que pour déterminer [qui doit payer les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). ## Liste des charges récupérables : les 3 catégories du décret du 26 août 1987 Selon le décret n°87-713, les charges récupérables se répartissent en trois grandes familles (source : economie.gouv.fr, 2025). Chaque catégorie couvre un type de dépense distinct, et leur addition forme le montant total que le bailleur portera au décompte annuel. La [liste des charges locatives incombant au locataire](/charges/liste-charges-locatives-incombant-au-locataire/) détaille chacun de ces postes. Nous détaillons ce point dans [charges locataire 2026 : la liste exacte de ce que vous](/charges/charges-a-la-charge-du-locataire/). Ventiler précisément évite les approximations. Un propriétaire qui facture en bloc « charges de copropriété » sans distinguer ce qui relève du décret s'expose à une contestation fondée. Le locataire peut exiger le détail poste par poste, appuyé par les justificatifs du syndic. ### Services liés au logement et aux équipements collectifs Cette première catégorie regroupe les dépenses directement liées à l'usage du logement et des équipements collectifs. - **Eau froide et eau chaude** : la consommation d'eau, l'abonnement, les taxes et redevances d'assainissement, la location, l'entretien des compteurs (décret n°87-713). - **Chauffage collectif et eau chaude sanitaire** : combustible, électricité, entretien de la chaudière collective. - **Ascenseur** : électricité et entretien courant (y compris les petites réparations). Les grosses réparations ou le remplacement restent exclus. - **Espaces verts** : tonte, taille, arrosage lorsqu'ils bénéficient collectivement aux occupants. L'électricité des parties communes (hall, cage d'escalier, parking) et l'entretien du système de vidéosurveillance ou du digicode entrent aussi dans cette catégorie. ### Entretien courant des parties communes Sont listés précisément par le décret les frais d'entretien courant et de petites réparations dans les parties communes. Cela inclut le nettoyage (hall, escaliers, couloirs, parkings), la désinfection, le remplacement des ampoules, l'entretien des vide-ordures, le ramonage des conduits collectifs ou encore la maintenance de la VMC. Sont également visés les frais de personnel affecté à l'entretien des parties communes, sous réserve de la règle spécifique applicable au gardien (voir section dédiée). Aucune réparation relevant de l'article 606 du Code civil (gros murs, voûtes, poutres, couverture, toiture) n'est récupérable, quelle que soit sa fréquence. ### Taxes et redevances récupérables Principale taxe récupérable, la TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) est payée par le propriétaire avec sa taxe foncière, puis remboursée par le locataire au prorata de la période d'occupation. S'y ajoute la redevance d'assainissement, de même que les droits de bail ou de location (dans les communes où ils subsistent). En pratique, la TEOM concentre l'essentiel des questions. Son montant dépend de la commune et peut représenter plusieurs centaines d'euros par an. ## Charges non récupérables : ce que le propriétaire ne peut pas refacturer Toute dépense absente de la liste du décret de 1987 demeure à la charge exclusive du bailleur. Aucune clause du bail ne peut contourner cette règle. Le locataire qui constate une facturation indue peut en obtenir la restitution dans un délai de 3 ans (source : service-public.fr, F479). Ce sujet donne lieu à un contentieux nourri, souvent par méconnaissance des propriétaires bailleurs. La page dédiée aux [charges que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/) recense les principaux litiges observés en pratique. ### Grosses réparations et ravalement : à la charge du propriétaire L'article 606 du Code civil définit les grosses réparations : murs porteurs, voûtes, poutres, toiture, couverture entière. Ces travaux restent exclusivement à la charge du propriétaire. Même imposé par la commune, le ravalement de façade entre dans cette catégorie et ne peut pas être refacturé au locataire. Aucun travail d'amélioration ou de mise aux normes (isolation thermique, accessibilité PMR, installation d'un ascenseur là où il n'existait pas) n'est davantage récupérable. Seule leur maintenance courante, une fois réalisés, pourra l'être. ### Erreur courante : refacturer les honoraires de syndic ou de gestion locative L'erreur la plus fréquente concerne les honoraires de syndic. Un propriétaire peut spontanément intégrer dans son décompte les frais de gestion du syndic, au motif que son locataire bénéficie de l'entretien de l'immeuble. Cette pratique est illégale. Ces honoraires liés à la gestion courante et à la tenue des assemblées générales ne figurent pas dans la liste du décret de 1987. Ils restent à la charge exclusive du bailleur. Un locataire qui les a payés peut en demander le remboursement dans le délai de prescription de 3 ans. La Cour de cassation a confirmé ce principe à plusieurs reprises, et les actions en répétition de l'indu aboutissent quasi systématiquement lorsque le décompte n'isole pas les dépenses autorisées. ## Le cas du gardien ou concierge : règle de répartition En matière de personnel d'immeuble, les dépenses obéissent à une règle spécifique. Seuls **le salaire brut et les charges sociales** du gardien ou concierge sont récupérables sur le locataire (source : service-public.fr, F2122). Les autres composantes du coût employeur — avantages en nature, logement de fonction, indemnités de départ, cotisations patronales complémentaires — ne le sont pas. Une seconde condition s'ajoute. La récupération est limitée à la fraction correspondant au travail effectivement réalisé pour les besoins des locataires. Si le gardien assure aussi des tâches bénéficiant au seul propriétaire (surveillance de parties privatives, gestion administrative pour le compte du bailleur), une ventilation doit être opérée. En pratique, le syndic fournit généralement une clé de répartition dans l'annexe comptable. Il s'y réfère pour ne répercuter que la quote-part locative du salaire. À défaut de répartition explicite, c'est au propriétaire de justifier la fraction qu'il refacture : sous le contrôle du locataire, qui peut exiger les pièces justificatives. ## Provisions pour charges et régularisation annuelle : comment ça marche Le locataire verse chaque mois une provision pour charges en même temps que son loyer. Ce montant, fixé dans le bail, est une estimation des dépenses récupérables annuelles. Au moins une fois par an, le propriétaire procède à une régularisation sur la base des dépenses réelles constatées (source : service-public.fr, F947). Son mécanisme est simple. D'un côté, les provisions versées par le locataire sur l'année écoulée. De l'autre, le total des charges récupérables justifiées. La différence donne lieu soit à un remboursement (si le locataire a trop versé), soit à un complément à payer. Le détail complet de la procédure est présenté dans notre guide sur la [régularisation des charges locataires](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/). Un point essentiel : le délai de prescription est de **3 ans**. Une dette de charges datant de mars 2026 peut être réclamée jusqu'en mars 2029 (service-public.fr, F479). Ce délai joue dans les deux sens : le locataire peut aussi réclamer un trop-versé sur les 3 dernières années. ### Comment calculer le montant des provisions C'est le bail qui fixe le montant mensuel des provisions. Il se base généralement sur les charges constatées l'année précédente, ou sur une estimation prudente pour un logement neuf. Il peut proposer une provision forfaitaire, à condition que le bail prévoie une régularisation annuelle sur justificatifs. Une pratique courante consiste à prendre le total annuel des charges récupérables de l'exercice précédent et à le diviser par 12. Pour un logement en copropriété, cela suppose d'avoir accès au décompte du syndic. En l'absence d'historique, mieux vaut sous-estimer légèrement la provision : une régularisation modérée en faveur du bailleur est mieux acceptée qu'un remboursement massif qui peut tendre la relation locative. Pour un logement en copropriété, cela suppose d'avoir accès au décompte du syndic et de savoir comment [calculer la répartition des charges en copropriété](https://www.gelan.fr/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ### Régularisation : solde en faveur du propriétaire ou du locataire Ce décompte annuel détaille poste par poste les dépenses récupérables et les provisions encaissées. Si les provisions dépassent les charges réelles, le propriétaire doit rembourser la différence dans un délai raisonnable. La loi ne fixe pas de date butoir, mais un mois après l'envoi du décompte est une pratique courante. Si les charges réelles excèdent les provisions, le locataire doit s'acquitter du solde. En pratique, le bailleur peut lisser ce rattrapage sur les mois suivants en augmentant temporairement la provision mensuelle, avec l'accord du locataire. Sans accord, le solde est dû en une fois à réception du décompte. ## Cas pratique chiffré : régularisation pour un appartement en copropriété Prenons un cas concret, celui d'un propriétaire bailleur qui loue un appartement de 65 m² en copropriété. Signé en janvier, le bail prévoit une provision mensuelle pour charges de 110 €, fondée sur l'exercice précédent. Au total, il verse **1 320 €** de provisions sur l'année (12 × 110 €). En fin d'exercice, le syndic transmet son décompte annuel. Les charges récupérables totales s'élèvent à **1 180 €**, ventilées comme suit : eau froide 280 €, chauffage collectif 510 €, entretien ascenseur 120 €, espaces verts 95 €, TEOM 175 €. Le propriétaire établit le décompte de régularisation : provisions 1 320 € − charges réelles 1 180 € = **142 € à rembourser au locataire**. Pour approfondir la méthode de calcul, notre article sur [comment calculer les charges locatives](/charges/comment-calculer-charges-locatives/) détaille chaque étape et les pièces à réunir. ### Scénario : provisions, dépenses réelles et solde de régularisation Imaginons une variante où le chauffage collectif a fortement augmenté en raison d'un hiver rigoureux. Les charges récupérables passent à 1 510 € pour la même année, alors que la provision est restée à 110 € par mois, soit 1 320 €. Le solde de régularisation est alors de **190 € en faveur du propriétaire**. Muni des justificatifs du syndic, le bailleur adresse le décompte au locataire. Trente jours sont accordés au locataire pour consulter les pièces sur place. Une fois le décompte accepté, les 190 € sont réglés avec le loyer du mois suivant. Ce cas illustre pourquoi la régularisation doit être documentée. Sans les factures du syndic, le locataire peut légitimement contester le montant réclamé. ### Impact fiscal pour le bailleur : déduction des charges récupérables Côté fiscal, les sommes remboursées par le locataire au titre des charges récupérables viennent en déduction des revenus fonciers imposables. Le BOFiP (12 septembre 2012) illustre ce mécanisme avec un cas concret — un locataire tenu de rembourser **400 €** de charges récupérables à la date de souscription du bail. Cette somme est déduite des revenus fonciers déclarés par le bailleur. En effet, les charges récupérables constituent une dépense pour le propriétaire, immédiatement compensée par le remboursement du locataire. Fiscalement, la neutralité est complète — la dépense est déduite du revenu foncier et le remboursement est imposé, les deux s'annulant. Au régime réel d'imposition, le bailleur doit noter que seules les provisions effectivement dépensées dans l'année sont déductibles (source : impots.gouv.fr, 2016). Les provisions non consommées au 31 décembre ne le sont pas. ## Tableau récapitulatif : charges récupérables vs non récupérables Le tableau ci-dessous synthétise les principaux postes selon qu'ils sont récupérables ou non sur le locataire. | Charge récupérable (décret n°87-713) | Charge non récupérable (propriétaire) | |---|---| | Eau froide, abonnement et assainissement | Impôt sur le revenu du bailleur | | Eau chaude sanitaire collective | Taxe foncière (hors TEOM) | | Chauffage collectif | Gros travaux (art. 606 Code civil) | | Électricité des parties communes | Ravalement de façade | | Entretien et petites réparations de l'ascenseur | Remplacement de l'ascenseur | | Nettoyage et désinfection des parties communes | Honoraires de syndic (gestion et AG) | | Entretien des espaces verts | Assurance propriétaire non occupant (PNO) | | TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) | Travaux d'amélioration ou de mise aux normes | | Salaire brut + charges sociales du gardien (quote-part locative) | Logement de fonction et avantages en nature du gardien | | Location et entretien des compteurs d'eau | Frais de gestion locative (agence immobilière) | Ce tableau constitue un référentiel rapide, mais ne remplace pas la consultation du décret complet. En cas de doute sur un poste spécifique, le texte du décret n°87-713 publié sur Legifrance fait foi.

Fiche pratique

Texte de référenceDécret n°87-713 du 26 août 1987 (Legifrance)
Loi applicableLoi n°89-462 du 6 juillet 1989 (baux d'habitation)
Délai de prescription3 ans (service-public.fr, F479)
Provision mensuelleFixée dans le bail, régularisée au moins une fois par an sur justificatifs
Gardien/conciergeSalaire brut + charges sociales uniquement, quote-part locative (service-public.fr, F2122)
Pièces à conserver (bailleur)Décomptes du syndic, factures d'énergie, justificatifs de TEOM, contrat d'entretien ascenseur
Pièces consultables (locataire)Décompte détaillé poste par poste, justificatifs complets (dans le mois suivant l'envoi)
Contact officielservice-public.fr (particuliers/vosdroits/F947)
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F947) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006066149/) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [bofip.impots.gouv.fr](https://bofip.impots.gouv.fr/export/pdf/13332) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2122) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F479) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Entreprise ravalement de façade : prix, aides et choix 2026 URL: https://copro-guide.fr/travaux/entreprise-ravalement-facade-guide-copropriete/ Catégorie: travaux · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-14 Mot-clé ciblé: entreprise ravalement de façade Comment choisir une entreprise de ravalement de façade en copropriété ? Prix au m², critères de sélection, obligations légales et aides financières Choisir une entreprise de ravalement de façade en copropriété ne se résume pas à comparer trois devis. Le cadre juridique impose des obligations spécifiques, notamment l'arrêté préfectoral et le vote en assemblée générale, et les aides financières (MaPrimeRénov', éco-PTZ, TVA à 5,5 %) dépendent étroitement des qualifications de l'entreprise retenue. Ce guide détaille les prix au m² observés, les critères de sélection qui protègent le syndicat des copropriétaires et les pièges contractuels à éviter avant de signer. ## Pourquoi le ravalement de façade est-il souvent obligatoire en copropriété ? Un ravalement de façade n'est pas qu'une question d'esthétique. Dans de nombreuses communes françaises, il s'agit d'une obligation légale encadrée par le Code de la construction et de l'habitation. Cette obligation vise autant la sécurité des passants que la salubrité et la performance énergétique du bâti. En copropriété, la décision ne relève pas d'un propriétaire isolé. Représentant le syndicat des copropriétaires, le syndic doit inscrire le projet à l'ordre du jour de l'assemblée générale et obtenir un vote favorable. Ignorer une obligation de ravalement expose la copropriété à des sanctions administratives, dont une mise en demeure par la mairie, l'exécution d'office aux frais des copropriétaires, voire une astreinte journalière. Deux mécanismes distincts peuvent rendre les travaux obligatoires, à savoir l'arrêté préfectoral et l'obligation décennale inscrite dans le règlement de copropriété. Les deux ne se cumulent pas nécessairement, mais chacun impose des délais et des modalités de mise en œuvre à connaître avant même de contacter une entreprise de ravalement de façade. ### L'arrêté préfectoral : quand l'État impose les travaux Par arrêté, le préfet de département peut imposer aux propriétaires d'immeubles situés dans certaines communes ou zones délimitées de procéder au ravalement de leurs façades à intervalles réguliers. La périodicité la plus courante est de 10 ans. Elle varie selon les départements et les secteurs : centre-ville historique, axe passant, etc. L'arrêté préfectoral fixe également les modalités techniques applicables, comme le type de nettoyage autorisé, les teintes de finition admissibles dans un périmètre protégé, ainsi que les obligations en matière d'isolation thermique par l'extérieur lorsque les travaux de ravalement sont engagés (article L. 111-18-1 du Code de la construction et de l'habitation). Le syndic reçoit notification de l'arrêté et doit le porter à la connaissance du syndicat des copropriétaires dans les meilleurs délais. Passé le délai imparti, la commune peut se substituer à la copropriété défaillante et faire exécuter les travaux d'office à ses frais. ### Le vote en assemblée générale : quelle majorité faut-il ? Travaux d'entretien et de conservation de l'immeuble, le ravalement de façade relève d'un cadre juridique précis. Sa nature détermine la majorité de vote applicable. Lorsque le ravalement est rendu obligatoire par un arrêté préfectoral ou par une mise en demeure de l'autorité administrative, il constitue un travail imposé au sens de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Dans ce cas, la majorité absolue (majorité des voix de tous les copropriétaires) suffit. Si cette majorité n'est pas atteinte, un second vote à la majorité simple de l'article 24 peut être organisé, à condition que le projet ait recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires. En l'absence d'obligation administrative, le ravalement reste un travail d'entretien courant. Il relève alors de la majorité simple (article 24). Mais attention : si le projet inclut une isolation thermique par l'extérieur (ITE), il devient un travail d'amélioration de la performance énergétique. La majorité requise peut alors basculer vers la majorité absolue (article 25), voire la double majorité (article 26) si les travaux affectent l'aspect extérieur de façon substantielle. Le syndic doit qualifier juridiquement le projet avec précision avant l'envoi des convocations. Le syndic doit qualifier juridiquement le projet avec précision avant l'envoi des convocations, un aspect fondamental des [travaux en copropriété et leurs majorités de vote](https://www.homunity.fr/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/). ## Quel est le prix moyen d'un ravalement de façade au m² ? Du simple au double voire au triple, le prix d'un ravalement de façade varie selon que l'on se limite à un nettoyage et à une remise en peinture ou que l'on engage une isolation thermique par l'extérieur (ITE). Les données disponibles permettent de dresser des fourchettes indicatives, mais chaque immeuble présente des spécificités qui pèsent lourd dans le devis final : accessibilité, état du support, présence d'éléments décoratifs, contraintes d'échafaudage en milieu urbain dense. À lire aussi : [aide ravalement façade 2026 : maprimerénov', tva, éco-ptz](/charges/aide-ravalement-facade-subventions-dispositifs/). À lire aussi : [aides ravalement de façade 2026 : maprimerénov, cee, éco-ptz](/travaux/aides-ravalement-facade-guide/). À lire aussi : [prix ravalement de façade 2026 tarifs m² devis et aides](/travaux/prix-ravalement-facade-guide-copropriete/). Retrouvez tous les détails dans [ravalement de façade en copropriété 2026 : obligations](/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/). Premier facteur de coût, la superficie de façade à traiter n'est pas la surface au sol du bâtiment, mais la surface développée des murs extérieurs (linéaire × hauteur, déduction faite des ouvertures selon les usages). Pour un immeuble de copropriété classique de type haussmannien ou années 1970, une surface de 300 m² de façade est un ordre de grandeur courant. ### Ravalement simple : enduit projeté et finition Un ravalement sans isolation comprend le nettoyage (eau haute pression, sablage doux ou procédé chimique selon le support), le traitement des fissures et des joints, l'application d'un enduit de façade (généralement un enduit projeté, technique rapide et économique pour les surfaces planes) et une finition (peinture, enduit taloché, gratté ou écrasé). Autour de **80 €/m²**, le prix indicatif (Boursorama, novembre 2023) couvre l'échafaudage, la protection des ouvrants, le nettoyage, le traitement des fissures, l'application d'un enduit monocouche projeté et une finition lisse ou talochée. Pour notre immeuble-type de 300 m² de façade, le budget prévisionnel s'établit donc à environ **24 000 €** hors taxes. Les entreprises d'enduit projeté facturent généralement un forfait qui inclut la fourniture et la pose, mais il est prudent de faire préciser dans le devis si l'évacuation des gravats et le nettoyage de fin de chantier sont compris. ### Ravalement avec isolation thermique par l'extérieur (ITE) : entre 80 et 180 €/m² Associer le ravalement à une isolation thermique par l'extérieur change radicalement le budget. L'ITE consiste à fixer un isolant (polystyrène expansé, laine de roche, fibre de bois) sur les murs extérieurs. On le recouvre ensuite d'un enduit ou d'un bardage. Pour une ITE sous enduit, solution la plus répandue en milieu urbain, la fourchette de prix s'établit **entre 120 et 180 €/m²** (Crédit Agricole J'éco-rénove, janvier 2026). Sur notre immeuble de 300 m², le budget grimpe ainsi à un montant compris entre **36 000 et 54 000 €**. L'écart avec le ravalement simple est considérable, mais l'ITE apporte un gain thermique permanent, notamment la réduction des déperditions par les murs (qui représentent 20 à 25 % des pertes de chaleur d'un bâtiment), la suppression de nombreux ponts thermiques et l'amélioration du confort d'été. En copropriété, c'est souvent l'argument décisif pour emporter le vote en assemblée générale. ### Ce qui fait varier le devis : isolant, finition et accès Plusieurs postes expliquent les écarts de prix entre deux devis pour un même immeuble. L'état du support arrive en tête des facteurs de coût. Une façade très dégradée nécessite un piquage de l'ancien enduit, un reprofilage et parfois un traitement anti-salpêtre ou anti-humidité. Ces travaux préparatoires peuvent alourdir la facture de 15 à 30 %. Le type de finition joue aussi un rôle important. Un enduit gratté ou un enduit à la chaux sur briques apparentes coûte plus cher qu'un enduit projeté standard. La couleur et le nuancier retenus influent sur le prix : les teintes foncées exigent des pigments spécifiques, et certaines communes imposent des palettes chromatiques restreintes (secteurs sauvegardés, abords de monuments historiques). Enfin, les contraintes d'accès (rue piétonne, échafaudage sur voie publique avec autorisation de voirie, protection renforcée des commerces en rez-de-chaussée) génèrent des surcoûts qui peuvent atteindre 10 à 20 % du montant total. Un dessin ravalement de façade joint au devis permet de visualiser l'aspect final et d'éviter les malentendus sur la teinte ou la texture. ## Comment choisir une entreprise de ravalement autour de vous : les critères qui comptent vraiment Signer avec la première entreprise qui se présente est tentant, surtout quand le syndic presse le syndicat des copropriétaires de respecter un arrêté préfectoral. C'est l'erreur classique. Une sélection hâtive expose à deux risques majeurs, notamment l'impossibilité de mobiliser les aides publiques (MaPrimeRénov', éco-PTZ) si l'entreprise n'est pas certifiée RGE, et l'absence de recours effectif en cas de malfaçon si les garanties obligatoires ne sont pas vérifiées. Taper « entreprise de ravalement autour de moi » sur un moteur de recherche ou un annuaire donne des centaines de résultats. Ce tri ne se fait pas au feeling, il repose sur trois critères objectifs que tout syndic ou conseil syndical devrait exiger avant la signature du marché. ### Certification RGE : indispensable pour toucher les aides Obligatoire pour accéder à MaPrimeRénov' et à l'éco-prêt à taux zéro, la certification RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) doit être vérifiée avant tout engagement. Une entreprise non certifiée peut parfaitement réaliser un ravalement de qualité, mais le syndicat des copropriétaires perdra toute possibilité de bénéficier des aides publiques pour la part isolation thermique des travaux. Vérifier la certification RGE ne prend que quelques minutes sur le site officiel france-renov.gouv.fr ou sur l'annuaire des professionnels RGE de Qualit'EnR. Le certificat mentionne le ou les domaines de travaux couverts (isolation des murs par l'extérieur, notamment) et sa date de validité. Une entreprise RGE pour le chauffage ou la toiture ne l'est pas automatiquement pour l'ITE : il faut vérifier la qualification précise. ### Garantie décennale et assurance responsabilité civile Toute entreprise de ravalement de façade doit justifier d'une assurance responsabilité civile professionnelle et d'une garantie décennale en cours de validité. La garantie décennale couvre les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination pendant 10 ans à compter de la réception des travaux. Le syndic doit exiger les attestations d'assurance avant la signature du contrat et vérifier que le numéro de police, la période de validité et l'activité couverte correspondent bien aux travaux envisagés. Une attestation périmée ou dont l'activité ne mentionne pas explicitement le ravalement de façade ou l'ITE expose la copropriété à un défaut de couverture en cas de sinistre. La responsabilité du syndic peut être engagée s'il n'a pas procédé à ces vérifications élémentaires. ### Lire un devis de ravalement : les postes à vérifier Un devis de ravalement de façade en copropriété doit a minima inclure un descriptif détaillé des travaux par corps d'état, la surface traitée en m², la nature et la marque des matériaux employés (type d'isolant, épaisseur, type d'enduit), la teinte retenue avec référence au nuancier couleur du fabricant, le délai d'exécution, les modalités de paiement et les conditions de réception. Trois postes sont souvent sous-estimés ou absents des devis de premier niveau. En particulier l'évacuation et le traitement des déchets (les enduits anciens peuvent contenir des substances dangereuses, notamment le plomb), la protection des parties communes et des ouvrants (bâchage, filets), et la remise en état des réseaux (descentes d'eaux pluviales, grilles de ventilation). Un dessin ravalement de façade ou un plan de calepinage peut être demandé pour valider l'aspect de finition avant le début du chantier. Comparer au moins trois devis reste la règle d'or : les écarts peuvent dépasser 25 % pour des prestations équivalentes selon la charge de travail de l'entreprise et son positionnement géographique. ## Quelles aides financières pour financer le ravalement de façade en copropriété ? Financer un ravalement de façade avec isolation thermique par l'extérieur peut être facilité par plusieurs dispositifs publics. Ces aides ne sont jamais automatiques : elles dépendent de critères techniques (nature des travaux, performance de l'isolant), administratifs (certification RGE de l'entreprise, ancienneté du bâtiment) et parfois sociaux (ressources des occupants pour MaPrimeRénov'). En copropriété, le syndicat peut solliciter ces aides en tant que personne morale. Les subventions obtenues viennent en déduction des appels de fonds, réduisant d'autant la quote-part de chaque copropriétaire. Le montage demande de la rigueur, car toute erreur dans le dossier peut retarder le versement de plusieurs mois, voire le compromettre. ### MaPrimeRénov' et isolation des murs extérieurs MaPrimeRénov' parcours par geste finance l'isolation thermique des murs par l'extérieur dans le cadre de travaux de rénovation énergétique. Le montant de l'aide dépend des ressources du foyer et du gain thermique apporté par l'isolation. L'entreprise doit impérativement être certifiée RGE. Un point d'attention concerne le parcours rénovation d'ampleur de MaPrimeRénov'. À partir du **1er septembre 2026**, cette aide ne pourra plus être attribuée si un chauffage au gaz est conservé dans le logement (service-public.gouv.fr, 2026). Pour une copropriété équipée d'une chaudière collective au gaz, cette évolution réglementaire peut compromettre l'éligibilité au parcours rénovation d'ampleur si les travaux n'incluent pas le remplacement du système de chauffage. Le syndic doit anticiper cette contrainte dans le calendrier du projet. ### L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : jusqu'à 30 000 € pour un lot de travaux L'éco-PTZ permet de financer des travaux de rénovation énergétique sans intérêt d'emprunt. Pour un bouquet d'au moins trois travaux, le plafond est de **30 000 €** par logement (service-public.gouv.fr, fiche F19905). C'est le cas par exemple d'un projet combinant ITE, isolation de toiture et remplacement des menuiseries. Dans le cadre d'une rénovation globale visant un niveau de performance énergétique minimal, le plafond peut atteindre **50 000 €**, sans frais de dossier et à taux zéro (Crédit Agricole, Caisse d'Épargne). La durée de remboursement peut s'étendre jusqu'à 20 ans, ce qui allège considérablement la quote-part annuelle de chaque copropriétaire. L'éco-PTZ est cumulable avec MaPrimeRénov', sous réserve que les travaux soient réalisés par des professionnels RGE. ### TVA à 5,5 % : conditions à remplir Les travaux d'amélioration de la performance énergétique bénéficient du taux réduit de TVA à **5,5 %** au lieu de 20 %, soit une économie substantielle sur le montant total de la facture. Pour en bénéficier, trois conditions sont cumulatives. Le logement doit être achevé depuis plus de deux ans, les travaux doivent porter sur des équipements et matériaux visant à améliorer la performance énergétique (isolation des murs, toiture, planchers bas, etc.), et l'entreprise doit fournir une attestation mentionnant la nature des travaux et leur conformité aux exigences réglementaires. Le ravalement simple (sans isolation) ne bénéficie pas de la TVA à 5,5 %. Seule la partie isolation thermique du chantier y est éligible. Le devis doit donc distinguer clairement les deux volets pour permettre l'application du taux réduit sur la seule fraction éligible. Une attestation de TVA à 5,5 % conforme au modèle Cerfa doit être remise par l'entreprise et conservée par le syndic. Il est également important de comprendre [comment calculer la répartition des charges en copropriété](https://www.homunity.fr/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) pour s'assurer que les coûts sont équitablement partagés. ## Les étapes concrètes pour lancer le ravalement en copropriété Lancer un ravalement de façade en copropriété prend du temps. Entre le diagnostic initial et la réception des travaux, un délai de 12 à 18 mois n'a rien d'anormal. La coordination entre le syndic, le conseil syndical et les copropriétaires est déterminante pour éviter les blocages. Chaque phase comporte des points de vigilance spécifiques. Une copropriété bien conseillée ne signe jamais un marché sans avoir validé successivement le diagnostic, le cahier des charges, les devis comparatifs, le plan de financement incluant les aides publiques, et le vote en assemblée générale. ### Étape 1 : faire établir un diagnostic et des devis comparatifs Le syndic mandate un bureau d'études ou un architecte pour établir un diagnostic couvrant l'état de la façade : dégradations, fissures structurelles, ferronneries, menuiseries extérieures. Ce diagnostic sert de base au cahier des charges transmis aux entreprises consultées. L'appel d'offres doit porter sur au moins trois entreprises de ravalement de façade. Chaque candidat reçoit le même cahier des charges et visite l'immeuble dans les mêmes conditions. Les devis sont comparés ligne à ligne, en examinant la surface traitée, l'épaisseur d'isolant prévue, le type d'enduit, le délai et les conditions de paiement. Le conseil syndical examine les offres avec le syndic et retient la mieux-disante, pas nécessairement la moins chère. Comprendre [quel est le rôle, les obligations et les limites du syndic de copropriété](https://www.homunity.fr/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) est essentiel pour accompagner efficacement les copropriétaires dans ce processus complexe. ### Étape 2 : soumettre le projet au vote de l'assemblée générale La résolution soumise au vote doit inclure l'objet précis des travaux, le montant du marché, le plan de financement (fonds propres de la copropriété, aides sollicitées, éco-PTZ le cas échéant, quote-part par tantième), le nom de l'entreprise retenue, le calendrier prévisionnel, et l'autorisation donnée au syndic de signer le marché et de solliciter les aides. La majorité requise dépend de la qualification juridique des travaux, qu'il s'agisse d'un entretien simple (article 24), de travaux imposés par l'administration (article 25), ou de travaux d'amélioration avec ITE (article 25, voire 26 si modification substantielle de l'aspect extérieur). Le syndic doit joindre à la convocation les devis comparatifs, l'attestation RGE de l'entreprise retenue et une note explicative sur les aides mobilisables. ### Étape 3 : suivi de chantier et réception des travaux Confié au syndic ou à un maître d'œuvre désigné par l'assemblée générale, le suivi de chantier s'organise autour de réunions régulières, au moins une par mois, permettant de contrôler l'avancement, la conformité des matériaux posés et le respect du planning. Tout écart doit être consigné par écrit. Acte juridique essentiel, la réception des travaux déclenche les garanties légales (parfait achèvement pendant un an, garantie décennale pendant dix ans). Le syndic, assisté du conseil syndical, dresse un procès-verbal de réception. Les réserves éventuelles (fissures d'enduit, teinte non conforme au nuancier couleur validé, défauts de finition) sont inscrites sur ce PV avec un délai de reprise imparti à l'entreprise. Aucun solde ne doit être versé tant que les réserves ne sont pas levées. > **Points clés** > > - Un ravalement sans isolation coûte environ 80 €/m² ; avec ITE, la fourchette grimpe entre 120 et 180 €/m² selon les données disponibles en 2026. > - La certification RGE de l'entreprise conditionne l'accès à MaPrimeRénov' et à l'éco-PTZ : la vérifier avant la signature du marché est impératif. > - En copropriété, la majorité de vote dépend de la nature des travaux : article 24 pour l'entretien courant, article 25 si l'ITE modifie l'aspect extérieur. > - L'éco-PTZ peut financer jusqu'à 30 000 € par logement pour un lot de trois travaux, et jusqu'à 50 000 € pour une rénovation globale, à taux zéro. > - À partir du 1er septembre 2026, MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur exclut les logements conservant un chauffage au gaz. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F640) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F19905) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18332) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-parcours-par-geste-la-prime-pour-la-renovation-energetique) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-renovation-dampleur-tout-savoir-sur-cette-aide) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074096/LEGISCTA000043819419/2026-02-10/) - [j-ecorenove.credit-agricole.fr](https://j-ecorenove.credit-agricole.fr/c/isolation-logement/prix-de-l-isolation-exterieure-combien-coute-vraiment-une-ite-et-de-quoi-depend-l) - [caisse-epargne.fr](https://www.caisse-epargne.fr/emprunter/eco-pret-a-taux-zero/) - [credit-agricole.fr](https://www.credit-agricole.fr/particulier/credit/travaux/eco-pret-a-taux-zero.html)

Fiche pratique

Prix ravalement simple (enduit projeté)Environ 80 €/m² (Boursorama, nov. 2023)
Prix ITE sous enduitEntre 120 et 180 €/m² (Crédit Agricole J'éco-rénove, janv. 2026)
Éco-PTZ (lot ≥ 3 travaux)Jusqu'à 30 000 € par logement (service-public.gouv.fr)
Éco-PTZ (rénovation globale)Jusqu'à 50 000 €, taux zéro, sans frais (Crédit Agricole, Caisse d'Épargne)
TVA applicable (part isolation)5,5 % au lieu de 20 %
Garantie décennale10 ans à compter de la réception des travaux
Délai typique du projet12 à 18 mois (diagnostic → réception)
Vérification certification RGEfrance-renov.gouv.fr / annuaire Qualit'EnR
Référence légale ravalement obligatoireCode de la construction et de l'habitation, article L. 111-18-1
Majorité AG (entretien)Article 24 de la loi du 10 juillet 1965
Majorité AG (travaux imposés / ITE)Article 25 de la loi du 10 juillet 1965
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Comment calculer la contribution aux charges du mariage URL: https://copro-guide.fr/charges/calcul-contribution-charges-mariage/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-13 Mot-clé ciblé: calcul contribution aux charges du mariage Calcul contribution aux charges du mariage : formule au prorata des revenus, article 214 du Code civil, déductibilité fiscale, régimes matrimoniaux Ce calcul repose sur un principe simple inscrit à l'article 214 du Code civil, chaque époux participe à proportion de ses facultés respectives. Aucun montant forfaitaire n'est fixé par la loi. Ce sont les revenus de chacun, rapportés aux dépenses communes du foyer, qui déterminent la quote-part due. Ce guide détaille la formule de calcul, les spécificités selon le régime matrimonial choisi ainsi que les incidences fiscales, angle pratique encore trop rare dans les pages consacrées au sujet. > **En bref** > > - L'article 214 du Code civil oblige chaque époux à contribuer aux charges du mariage à proportion de ses facultés respectives, quel que soit le régime matrimonial choisi. > - Le calcul s'effectue au prorata des revenus : part de chacun = (revenu individuel ÷ revenu total du foyer) × montant des charges communes. > - La contribution aux charges du mariage est déductible du revenu global uniquement en cas de cessation de la vie commune et d'imposition distincte des époux (brochure IR 2026, impots.gouv.fr). > - L'année du mariage, les époux peuvent opter pour une imposition distincte de leurs revenus pour l'ensemble de l'année (dépliant GP190, impots.gouv.fr). > - Ne confondez pas contribution aux charges du mariage (art. 214) et pension alimentaire post-divorce : leurs régimes juridiques et fiscaux sont distincts, avec des conditions de déductibilité non interchangeables. ## Ce que dit l'article 214 du Code civil sur la contribution aux charges du mariage L'article 214 du Code civil pose une obligation légale pour les deux époux, quel que soit leur régime matrimonial. Voici le texte exact, dans sa formulation lapidaire, « Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives. » Cette disposition constitue un socle d'ordre public. Aucun contrat de mariage ne peut y déroger totalement. Même en cas de séparation de biens, l'obligation demeure. Elle n'impose pas un partage à parts égales, elle commande un effort proportionnel aux moyens de chacun. Concrètement, un époux qui gagne deux fois plus que l'autre devra contribuer deux fois plus aux dépenses communes. Sans revenu, le conjoint n'est pas pour autant exonéré, sa contribution peut prendre une forme non monétaire (éducation des enfants, entretien du foyer, tâches domestiques…), selon la fiche F966 du service-public.gouv.fr. ### L'obligation légale : tous les époux sont concernés L'obligation de contribuer aux charges du mariage naît dès la célébration, indépendamment de toute convention particulière. Elle s'impose aux couples mariés sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts comme à ceux ayant opté pour la séparation de biens ou la participation aux acquêts. Sur ce point, le service-public.gouv.fr (fiche F966) rappelle sans ambiguïté, « En l'absence d'un autre choix, vous devez contribuer en fonction de vos revenus respectifs. » Cette obligation ne cesse pas automatiquement en cas de séparation de fait. Elle perdure tant que le mariage n'est pas dissous, sauf décision judiciaire contraire. L'époux qui ne remplit pas son obligation s'expose à des poursuites. Le juge aux affaires familiales peut être saisi pour fixer le montant ou contraindre le conjoint défaillant. Le défaut de contribution constitue en outre une faute susceptible de fonder un divorce pour faute. ### Quelles dépenses entrent dans les « charges du mariage » ? La notion de charges du mariage couvre l'ensemble des dépenses nécessaires à la vie commune. La jurisprudence en donne une acception large. Entrent dans cette catégorie : - **Le logement** : loyer ou remboursement d'emprunt immobilier, charges de copropriété, taxes foncières et d'habitation, assurance habitation, dépenses d'entretien courant. - **L'alimentation** et les dépenses quotidiennes du ménage. - **L'éducation des enfants** : frais de scolarité, cantine, activités extrascolaires, études supérieures, santé. - **Les transports** : achat ou crédit automobile, assurance, carburant, abonnements de transport en commun. - **Les loisirs et vacances** du couple et des enfants. - **Les frais de santé** non remboursés, les mutuelles. Il est important de bien comprendre la répartition des charges en copropriété afin d'éviter tout désagrément. À ce propos, la [régularisation charges locataire](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) est une procédure annuelle essentielle. Parmi les dépenses courantes, on retrouve fréquemment les charges de copropriété, ainsi que d'autres dépenses d'entretien courant, qui sont des éléments à ne pas négliger dans une analyse complète des dépenses du ménage, comme celles que l'on retrouve dans une [liste des charges locatives](/charges/liste-charges-locatives-incombant-au-locataire/). Les dettes contractées pour l'entretien du ménage ou l'éducation des enfants engagent solidairement les deux époux, quel que soit le régime matrimonial (article 220 du Code civil). En revanche, les dépenses personnelles (vêtements de luxe, hobbies individuels coûteux…) n'entrent pas dans les charges du mariage, sauf si le train de vie du couple les intègre de fait. Les dépenses d'entretien courant et la [gestion des charges de copropriété entre propriétaires](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/) sont des aspects à considérer attentivement. ### Contribution en nature aux charges du mariage : de quoi s'agit-il ? La contribution en nature est expressément reconnue par la loi et la jurisprudence. Pour l'époux sans revenus monétaires, ou dont les revenus sont très inférieurs, cette disposition ouvre la possibilité de remplir son obligation par une participation non financière. Cette contribution peut couvrir la garde et l'éducation des enfants, l'entretien du domicile, les tâches ménagères, l'assistance à l'autre conjoint ainsi que toute activité non rémunérée profitant au foyer. La Cour de cassation a rappelé à plusieurs reprises que cette contribution en nature a une valeur juridique équivalente à la contribution financière. Concrètement, un conjoint qui reste au foyer pour élever les enfants et gérer le quotidien n'est pas en infraction avec l'article 214. Sa contribution est réputée remplie par son activité domestique. En cas de litige, le juge apprécie souverainement l'effectivité de cette contribution non monétaire au regard des facultés respectives des époux et des besoins du ménage. ## Comment calculer la contribution aux charges du mariage : la formule proportionnelle Ce calcul repose sur une règle de proportionnalité aux revenus, résumée ci-après. **Part de l'époux = (revenu de l'époux ÷ revenu total du foyer) × montant total des charges communes.** Cette mécanique, simple dans son principe, suppose de déterminer au préalable deux éléments, les revenus nets de chaque époux (salaires, revenus fonciers, BIC, BNC, pensions, etc.) et l'enveloppe des charges communes du ménage. Le service-public.gouv.fr (fiche F966) fournit un exemple pédagogique que nous reprenons ci-dessous avant de l'étendre à un cas de revenus déséquilibrés. Cette même logique de répartition proportionnelle se retrouve dans d'autres branches du droit civil. Par exemple, la [répartition des charges selon les revenus de chacun](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) obéit à un principe voisin dans le cadre des copropriétés, où les tantièmes déterminent la quote-part de chaque lot. Il est important de noter que la répartition des charges en copropriété est également régie par des règles spécifiques. Cette même logique de répartition proportionnelle se retrouve dans d'autres branches du droit civil. Par exemple, la répartition des charges en copropriété obéit à un principe voisin dans le cadre des copropriétés, où les tantièmes déterminent la quote-part de chaque lot. Cela permet de s'assurer de l'équité de la répartition des charges en copropriété. ### La règle du prorata des revenus respectifs Chacun contribue à hauteur de sa part dans le revenu global du couple, ni plus ni moins. Le calcul s'effectue en quatre étapes : 1. Additionner les revenus nets mensuels des deux époux pour obtenir le revenu total du foyer. 2. Déterminer la part de chaque époux dans ce total : (revenu individuel ÷ revenu total). 3. Appliquer cette proportion au montant des charges communes. 4. Vérifier la cohérence avec le contrat de mariage ou l'accord convenu entre époux. Prenons un couple avec des charges mensuelles de **2 500 €** (logement, alimentation, éducation, transports, etc.). L'époux A gagne **2 000 €** nets par mois, l'époux B gagne **1 000 €**. Le revenu total est de **3 000 €**. La part de A est de 2 000 ÷ 3 000 = **66,7 %**, celle de B de **33,3 %**. A doit donc contribuer à hauteur de 2 500 × 66,7 % = **1 667 €**, et B à hauteur de **833 €**. Si les époux préfèrent une autre répartition, ils peuvent en convenir librement. Mais en l'absence d'accord, la règle proportionnelle s'applique. ### Exemple chiffré : un salaire de 3 000 € et un revenu inégal Le service-public.gouv.fr (fiche F966) illustre le mécanisme avec un salaire mensuel de **3 000 €**. Nous reprenons cette base et l'étendons à un scénario de revenus déséquilibrés. Prenons ce cas concret, Madame perçoit un salaire net mensuel de **3 000 €**. Monsieur, travailleur indépendant, déclare un revenu net mensuel moyen de **1 200 €**. Les charges communes du ménage (loyer, énergie, alimentation, éducation de deux enfants, assurance, transport) s'élèvent à **2 800 €** par mois. Calcul : - Revenu total du foyer : 3 000 + 1 200 = **4 200 €**. - Part de Madame : 3 000 ÷ 4 200 = **71,4 %**. - Part de Monsieur : 1 200 ÷ 4 200 = **28,6 %**. - Contribution de Madame : 2 800 × 71,4 % = **2 000 €** par mois. - Contribution de Monsieur : 2 800 × 28,6 % = **800 €** par mois. Madame contribue à hauteur de **2,5 fois** celle de Monsieur. Ce résultat, bien que déséquilibré en valeur absolue, est parfaitement conforme à l'article 214, l'effort demandé à chacun reste proportionnel à ses moyens. Un [exemple concret de calcul proportionnel](/charges/exemple-calcul-charges-copropriete/) illustre ce même raisonnement dans le domaine de la copropriété, où la quote-part de chaque copropriétaire est déterminée par ses tantièmes. Cette logique est similaire à celle des [régularisations de charges locatives 2026](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/), où un décompte précis est souvent nécessaire. Comprendre [comment calculer les charges locatives](/charges/comment-calculer-charges-locatives/) est essentiel pour les propriétaires bailleurs soucieux de la transparence financière. Un calcul des charges locatives 2026 pourra être fait en ligne pour les propriétaires de biens mis en location. Un calcul des charges locatives pourra être fait en ligne pour les propriétaires de biens mis en location. ### Contribution aux charges du mariage et séparation de biens : les règles changent-elles ? Non, les règles ne changent pas. L'obligation de l'article 214 est indépendante du régime matrimonial. En séparation de biens, chaque époux garde l'entière maîtrise, propriété, administration, jouissance, de ses biens personnels. Aucune masse commune n'est constituée. Pour autant, les deux conjoints restent tenus de contribuer aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives. La différence pratique tient à la preuve de la contribution. Dans le régime légal de communauté, les dépenses réglées par prélèvement sur un compte joint présument une contribution commune. Avec des patrimoines étanches en séparation de biens, conserver la preuve de chaque versement s'impose, virement référencé, quittance ainsi que convention écrite entre époux. En cas de litige, ces éléments faciliteront la démonstration du respect de l'obligation légale. Le contrat de mariage peut prévoir des modalités particulières de contribution, par exemple une répartition forfaitaire différente du prorata légal. Cette clause reste toutefois sous le contrôle du juge, qui vérifiera qu'elle ne vide pas l'obligation de sa substance. ## Contribution aux charges du mariage et régimes matrimoniaux L'obligation de contribuer aux charges du mariage traverse tous les régimes matrimoniaux sans exception. Ce qui diffère, ce sont les modalités pratiques de mise en œuvre et les interactions avec les règles de gestion des patrimoines. Le choix du régime matrimonial n'est pas neutre. Il détermine la propriété des biens, la répartition des dettes et, en creux, la manière dont la contribution sera exécutée. Un couple marié sous le régime de la communauté légale ne rencontrera pas les mêmes problématiques qu'un couple en séparation de biens, notamment pour la preuve des dépenses communes ou le financement de l'immobilier familial. Chacun de ces trois régimes principaux mérite un examen distinct, leurs modalités pratiques divergent sensiblement. Pour déterminer le montant de la contribution de chaque époux, il est utile de savoir comment calculer les charges locatives si cela s'applique à votre situation. ### Communauté légale réduite aux acquêts C'est le régime applicable par défaut, en l'absence de contrat de mariage. Il distingue trois masses, les biens propres de chaque époux (acquis avant le mariage ou reçus par succession ou donation) et les biens communs (acquis pendant le mariage à titre onéreux). Dans ce régime, la contribution aux charges du mariage est largement facilitée par l'existence d'une masse commune. Les revenus professionnels des deux époux, qui tombent en communauté, financent naturellement les dépenses du ménage. Un compte joint alimenté par les deux salaires constitue le vecteur le plus simple, chaque époux y verse tout ainsi que partie de ses revenus, ainsi que les charges communes y sont prélevées. En effet, la gestion des [charges récupérables sur le locataire](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) si applicable, doit également être prise en compte. Cela n'exonère pas du respect du principe de proportionnalité, un époux qui gagne significativement moins peut légitimement demander un rééquilibrage, par exemple en conservant une part plus importante de ses revenus propres pour ses dépenses personnelles, notamment les [charges du locataire](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) si applicable. La présomption de contribution est forte. Si les dépenses sont réglées depuis des fonds communs, il est difficile pour un époux de prétendre avoir supporté une charge excessive. Cela n'exonère pas du respect du principe de proportionnalité, un époux qui gagne significativement moins peut légitimement demander un rééquilibrage, par exemple en conservant une part plus importante de ses revenus propres pour ses dépenses personnelles. Cette situation peut même s'étendre aux [charges récupérables sur le locataire](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) si l'époux est propriétaire bailleur. ### Séparation de biens : contribution obligatoire mais modalités libres Le régime de séparation de biens, choisi par contrat de mariage, maintient une stricte indépendance patrimoniale. Chaque époux reste propriétaire de ses biens, de ses revenus et de ses dettes personnelles. L'obligation de l'article 214 n'en est pas moins contraignante. Les époux doivent s'acquitter des charges communes à proportion de leurs facultés. Faute de masse commune, une organisation explicite s'impose. Plusieurs modalités pratiques sont disponibles. - **Convention écrite** : un document signé des deux époux précisant la répartition des charges (loyer, crédit, éducation, etc.) offre une sécurité juridique et une preuve en cas de désaccord ultérieur. - **Compte joint alimenté au prorata** : chaque époux y verse mensuellement sa quote-part, et les dépenses communes sont prélevées sur ce compte. - **Remboursement entre époux** : si l'un avance une dépense commune, l'autre lui rembourse sa part. - **Archivage des justificatifs** : conserver les factures et relevés de chaque dépense commune facilite la preuve en cas de contestation. Ce régime impose une rigueur de gestion que la communauté légale ne requiert pas. Les époux qui la négligent s'exposent à des contestations difficiles à trancher, faute de preuves écrites. ### Participation aux acquêts (articles 1569 à 1581 du Code civil) Régime hybride régi par les articles 1569 à 1581 du Code civil (Legifrance), la participation aux acquêts fonctionne comme une séparation de biens pendant le mariage et comme une communauté différée à sa dissolution. Chaque époux gère librement son patrimoine durant l'union. Au moment de la dissolution, divorce ainsi que décès, on compare les enrichissements respectifs. L'époux qui s'est le moins enrichi reçoit une créance de participation correspondant à la moitié de la différence entre les deux acquêts nets. La contribution aux charges du mariage obéit ici aux mêmes règles qu'en séparation de biens, proportionnalité aux facultés respectives, liberté d'organisation des modalités pratiques. L'originalité du régime tient à son dénouement, si un époux a moins contribué aux charges communes parce qu'il gagnait moins, ce déséquilibre se reflète mécaniquement dans la créance de participation puisqu'il aura davantage préservé sa capacité d'épargne. ## Contribution aux charges du mariage et impôt sur le revenu Ce traitement fiscal varie selon la situation du couple, vie commune, séparation de fait, instance de divorce, divorce prononcé. Les règles ne sont pas les mêmes selon que les époux sont encore ensemble ou déjà séparés. En période de vie commune, la contribution aux charges du mariage ne donne lieu à aucun avantage fiscal spécifique. Les époux sont imposés en commun (deux parts pour un couple sans enfant). Les dépenses du ménage sont financées par les revenus du foyer fiscal unique. La situation change radicalement lorsque la vie commune cesse. La brochure officielle de l'administration fiscale (impots.gouv.fr, brochure IR 2026, section charges déductibles art. 225 à 236) mentionne explicitement la contribution aux charges du mariage parmi les charges déductibles du revenu global. ### Déductibilité de la contribution aux charges du mariage La contribution aux charges du mariage est déductible du revenu global de l'époux qui la verse, sous réserve de conditions précises (impots.gouv.fr, brochure IR 2026). La régularisation des charges locatives est une étape importante dans certains cas de contentieux, où les montants engagés peuvent être conséquents. Il est important de noter que la [régularisation charges locataire 2026](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) est une échéance clé à ne pas manquer pour les propriétaires. Ces conditions cumulatives sont : - La **cessation de la vie commune** entre les époux. - Une **imposition distincte** des deux conjoints. - Le versement effectif de la contribution, justifiable par des preuves (virements bancaires, quittances). - Une **déclaration correcte** de la somme dans la case dédiée, et non comme pension alimentaire ordinaire. Ces conditions cumulatives sont, pour les cas les plus difficiles et pour lesquels il faudra [régulariser les charges locatives](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) : La déduction est plafonnée. Le montant déductible ne peut excéder le montant réellement versé ni le plafond calculé pour la déduction du revenu global (brochure IR 2026). L'époux débiteur doit pouvoir produire les justificatifs en cas de contrôle fiscal. À l'inverse, la pension alimentaire versée après divorce obéit à un régime distinct. Pour bénéficier de cette déduction spécifique, le service des impôts (impots.gouv.fr) impose une double condition, l'imposition distincte, associée à une situation de rupture formelle (corps séparés, divorce prononcé, instance en cours). La contribution aux charges du mariage et la pension alimentaire ne se confondent ni juridiquement ni fiscalement. ### L'année du mariage : option pour l'imposition distincte Durant l'année de la célébration du mariage ou du PACS, les époux disposent d'une option peu connue, l'imposition distincte de leurs revenus pour l'ensemble de l'année (impots.gouv.fr, dépliant GP190). Cette faculté peut se révéler avantageuse lorsque les revenus des deux conjoints sont très déséquilibrés. En effet, l'imposition commune peut faire basculer le couple dans une tranche marginale supérieure, alors que l'imposition séparée maintiendrait chacun dans une tranche plus basse. Le dépliant GP190 de la DGFiP précise que cette option est irrévocable une fois exercée. Elle doit être formulée dans le délai de déclaration des revenus de l'année du mariage. Les époux déposent alors deux déclarations séparées. À partir de l'année suivante, l'imposition commune redevient la règle, sauf séparation de fait ainsi que instance de divorce. La contribution aux charges du mariage versée durant l'année du mariage ne sera fiscalement neutre en imposition commune qu'à condition que les époux n'aient pas opté pour la déclaration séparée. ### Contribution aux charges du mariage imposable pour le bénéficiaire ? Reste une question légitime, si la contribution est déductible pour celui qui la verse, est-elle imposable pour celui qui la reçoit ? La réponse dépend de la situation fiscale du couple. En période de vie commune avec imposition commune, la question ne se pose pas, les flux financiers entre époux sont neutres fiscalement puisque le foyer constitue une seule entité au regard de l'impôt. En cas d'imposition distincte, séparation de fait ou instance de divorce, la contribution perçue est effectivement imposable entre les mains du bénéficiaire. Elle doit être déclarée dans la catégorie des pensions alimentaires, sur la déclaration de revenus. La fiche F446 du service-public.gouv.fr confirme ce traitement symétrique, la déduction chez le débiteur a pour corollaire l'imposition chez le créancier. Les sommes à déclarer sont celles effectivement perçues au cours de l'année civile, hors prestation compensatoire qui obéit à des règles spécifiques. Là encore, conserver les justificatifs de versement est indispensable, d'autant que la [part des charges récupérables sur le locataire](/charges/part-locataire-charges-copropriete/) peut parfois soulever des questions. La fiche F446 du service-public.gouv.fr confirme ce traitement symétrique, la déduction chez le débiteur a pour corollaire l'imposition chez le créancier. Les sommes à déclarer sont celles effectivement perçues au cours de l'année civile, hors prestation compensatoire qui obéit à des règles spécifiques. Là encore, conserver les justificatifs de versement est indispensable. ## Erreur courante : confondre contribution aux charges du mariage et pension alimentaire Cette confusion est fréquente et lourde de conséquences. La contribution aux charges du mariage (article 214 du Code civil) et la pension alimentaire post-divorce (article 270 et suivants) relèvent de deux régimes juridiques et fiscaux distincts. En pratique, l'erreur classique consiste à déclarer une contribution aux charges du mariage comme une pension alimentaire, ou inversement, en pensant bénéficier du même traitement fiscal. Les conditions de déductibilité ne sont pas interchangeables. Une contribution versée pendant la vie commune n'est pas déductible, contrairement à une pension alimentaire versée après divorce. L'administration fiscale opère un contrôle strict de la qualification. Un contribuable qui déduit une somme en la présentant comme une contribution aux charges du mariage alors que la vie commune n'a pas cessé s'expose à un redressement. Même logique côté bénéficiaire, une somme non déclarée peut être réintégrée dans le revenu imposable. Comme pour les charges de copropriété, où il faut déterminer qui paie quoi, chaque situation impose une analyse précise. Comprendre les règles des charges en copropriété est aussi crucial pour savoir quelle est la règle de répartition des charges dans une copropriété. ### Contribution vs pension alimentaire : deux régimes distincts Le tableau ci-dessous résume les principales différences opérationnelles. - **Fondement juridique** : Contribution aux charges du mariage = article 214 du Code civil. Pension alimentaire = articles 270 et suivants (devoir de secours post-divorce). - **Période** : Contribution = pendant le mariage, jusqu'au divorce (ou séparation de corps). Pension = après le prononcé du divorce. - **Déductibilité fiscale** : Contribution = oui si cessation de la vie commune et imposition distincte. Pension = oui si divorce prononcé, imposition distincte. - **Calcul** : Contribution = au prorata des facultés respectives (pas de barème). Pension = appréciation souveraine du juge selon les besoins du créancier et les ressources du débiteur. - **Fin** : Contribution = divorce prononcé. Pension = décès du débiteur ou du créancier, remariage du créancier, concubinage notoire, retour à meilleure fortune, ou décision judiciaire de suppression. Cette distinction n'est pas théorique. Une qualification erronée devant le juge ou l'administration peut entraîner le rejet d'une demande ou un rappel d'impôt. ### Rétroactivité et arriérés : une jurisprudence à connaître La contribution aux charges du mariage peut-elle être réclamée rétroactivement ? La jurisprudence répond par l'affirmative, dans certaines limites. Selon la jurisprudence constante de la Cour de cassation, l'obligation de contribution naît dès le mariage et court jusqu'à sa dissolution. Un époux qui n'a pas contribué pendant plusieurs années peut se voir réclamer des arriérés. Le point de départ du délai de prescription est le jour où le créancier a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir. La prescription quinquennale de droit commun (article 2224 du Code civil) s'applique. Concrètement, un époux peut réclamer jusqu'à cinq années d'arriérés de contribution à compter de sa demande en justice. Au-delà, la créance est prescrite. En cas de divorce, le juge aux affaires familiales peut fixer une contribution rétroactive couvrant la période de séparation de fait antérieure à la demande. Cette rétroactivité ne se confond pas avec la prestation compensatoire, qui indemnise la disparité de niveau de vie créée par la rupture du mariage et non le défaut de contribution pendant l'union. ## Comment faire respecter la contribution aux charges du mariage Lorsqu'un époux ne remplit pas son obligation, l'autre dispose de voies de recours judiciaires. Le défaut de contribution n'est pas une fatalité que le conjoint créancier devrait subir sans réaction. Saisir le juge aux affaires familiales (JAF) constitue le premier levier. Il peut fixer le montant de la contribution, en ordonner le versement et condamner si nécessaire l'époux défaillant à des dommages et intérêts. En référé, une décision provisoire rapide est accessible quand l'urgence le commande, par exemple lorsque les charges de logement ne sont plus honorées et que l'expulsion menace. Par ailleurs, la non-contribution aux charges du mariage constitue une violation grave des devoirs du mariage. Elle peut fonder une demande en divorce pour faute (articles 242 et suivants du Code civil). Le conjoint victime doit alors rapporter la preuve du défaut de contribution, de son caractère durable et de l'absence de justification légitime. ### Saisir le juge aux affaires familiales Le juge aux affaires familiales est le tribunal compétent pour connaître des litiges relatifs à la contribution aux charges du mariage. La procédure peut être engagée à tout moment, y compris durant la vie commune. Une assignation en justice est déposée au greffe du tribunal judiciaire du lieu de résidence de la famille. L'assistance d'un avocat est obligatoire. Le juge apprécie souverainement les pièces produites, bulletins de salaire, avis d'imposition, relevés bancaires, justificatifs des charges communes. Sa décision fixe le montant de la contribution, ses modalités de versement et, le cas échéant, une indexation. En cas d'inexécution, le créancier peut recourir aux voies d'exécution forcée, saisie sur salaire ou saisie sur compte bancaire. Le non-paiement de la contribution fixée judiciairement constitue le délit d'abandon de famille (article 227-3 du Code pénal), puni de deux ans d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Cette procédure relève du contentieux familial et requiert l'accompagnement d'un avocat spécialisé. Les enjeux financiers (contribution, prestation compensatoire, liquidation du régime matrimonial…) justifient pleinement cet investissement, de même que se prémunir d'une mauvaise surprise en sachant [comment calculer les charges locatives](/charges/comment-calculer-charges-locatives/). ### Divorce pour faute et non-contribution aux charges du mariage Le défaut de contribution aux charges du mariage constitue une faute au sens des articles 242 et suivants du Code civil. Il peut justifier le prononcé du divorce aux torts exclusifs de l'époux défaillant. La jurisprudence exige toutefois que cette faute présente un caractère de gravité suffisant et rende intolérable le maintien de la vie commune. Un retard ponctuel ou une insuffisance modeste de contribution ne suffit pas. Le juge apprécie la durée, l'ampleur du défaut de participation et ses conséquences sur le train de vie du ménage. L'époux qui invoque cette faute doit en rapporter la preuve. Les relevés de compte, les factures impayées, les mises en demeure restées sans réponse constituent autant d'éléments de preuve recevables. Le divorce pour faute prononcé sur ce fondement peut avoir des conséquences sur la prestation compensatoire, l'époux fautif peut en être privé ou la voir réduite. Cette procédure relève du contentieux familial et requiert l'accompagnement d'un avocat spécialisé. Les enjeux financiers (contribution, prestation compensatoire, liquidation du régime matrimonial…) justifient pleinement cet investissement.

Fiche pratique

Textes de référenceArticle 214 du Code civil ; articles 1569 à 1581 (participation aux acquêts) ; article 220 (solidarité des dettes ménagères)
Principe de calculContribution proportionnelle aux facultés respectives = (revenu de l'époux ÷ revenu total du foyer) × charges communes
Régimes concernésCommunauté légale réduite aux acquêts, séparation de biens, participation aux acquêts
Déductibilité fiscaleOui, sous conditions : cessation de la vie commune + imposition distincte (brochure IR 2026, impots.gouv.fr)
Imposition distincte année du mariageOption possible pour l'ensemble de l'année (dépliant GP190, impots.gouv.fr)
Recours en cas de défautSaisine du Juge aux affaires familiales (JAF) ; divorce pour faute possible (art. 242 C. civ.)
Source officielleservice-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F966
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F966) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F948) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/depliant-evenements-de-vie-gp190pdf) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/www2/fichiers/documentation/brochure/ir_2026/pdf_som/12-charges_ded_rev_225a236.pdf) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/puis-je-deduire-la-pension-alimentaire-que-je-verse-mon-ex-conjoint) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006136376/) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/pacs-et-separation-comment-se-calcule-la-contribution-aux-charges-apres-la-rupture-46327a6562dd78e54fc8b23f711f4252) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Exemple PV assemblée générale association 2026 modèle URL: https://copro-guide.fr/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-12 Mot-clé ciblé: exemple pv assemblée générale association Téléchargez un exemple de PV d'assemblée générale d'association loi 1901 et suivez notre guide pour rédiger un procès-verbal conforme, valide et opposable. Un exemple de PV d'assemblée générale d'association loi 1901 doit contenir au minimum la date, le lieu, les membres présents, l'ordre du jour ainsi que le résultat de chaque vote. La loi de 1901 n'impose pas de contenu type, mais les statuts et le règlement intérieur peuvent encadrer le format. Ce guide distingue les mentions obligatoires des mentions facultatives, fournit un modèle annoté rubrique par rubrique et signale les cas où une déclaration en préfecture est réellement requise après votre AG. ## Qu'est-ce qu'un procès-verbal d'assemblée générale d'association ? Le procès-verbal d'assemblée générale est le document écrit qui materialise les décisions prises collectivement par les membres d'une association loi 1901. Il retrace le déroulé de la réunion, les délibérations ainsi que les votes et les résolutions adoptées. Son rôle juridique est central, car il sert de preuve opposable en cas de litige interne ou de contrôle administratif. Pour un aperçu concret et basé sur l'expérience, il est intéressant de se pencher sur un [procès-verbal assemblée générale copropriété](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/) pour comprendre les subtilités. Pour des exemples concrets, nous avons abordé un cas de [procès-verbal assemblée générale copropriété](https://www.coprocoach.fr/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/) basé sur une année d'expérience. Aucun texte de la loi du 1er juillet 1901 n'impose de contenu exact pour ce document. En revanche, les statuts ou le règlement intérieur de votre association peuvent prévoir des rubriques obligatoires ainsi qu'un format précis ou des modalités de signature. Vérifiez systématiquement ces sources internes avant de rédiger. Un modèle d'association proposé par service-public.fr (fiche R2631, 2026) illustre la manière dont les statuts peuvent organiser la gouvernance et les assemblées. Ce document officiel sert de base pour comprendre la structure recommandée, sans pour autant figer un format unique. ### PV d'AG ordinaire vs PV d'AG extraordinaire : quelle différence ? L'assemblée générale ordinaire (AGO) se réunit en général une fois par an pour approuver le rapport moral, le rapport financier et voter le budget prévisionnel. Le PV qui en résulte retrace ces délibérations courantes. Selon service-public.fr (fiche F21573, 2026), l'ordre du jour type d'une AGO comprend l'approbation des comptes, le rapport d'activités ainsi que le vote du budget. L'assemblée générale extraordinaire (AGE), elle, est convoquée pour des décisions structurelles : modification des statuts, dissolution, fusion avec une autre association. Le PV d'AGE doit mentionner explicitement les conditions de quorum et de majorité qualifiée prévues par les statuts, car ces décisions engagent l'association sur le long terme. ### Le PV est-il obligatoire pour une association loi 1901 ? La loi 1901 ne rend pas le PV explicitement obligatoire dans son texte. Toutefois, selon entreprendre.service-public.fr (fiche F37373, 2026), « un procès-verbal doit être établi après chaque assemblée générale et être signé par les membres du bureau ». En pratique, l'absence de PV expose l'association à des risques concrets, impossibilité de prouver une décision, contestation d'un membre évincé, refus de la préfecture d'enregistrer une modification. Même si vos statuts sont silencieux sur ce point, rédiger un PV reste la règle de prudence minimale. Consultez un juriste associatif si vos statuts ne prévoient aucune formalité de traçabilité. ## Les mentions indispensables d'un PV d'assemblée générale d'association Un PV d'assemblée générale d'association doit contenir un socle d'informations pour être opposable et utilisable comme preuve. Selon service-public.fr (fiche F2636, 2026), le procès-verbal doit obligatoirement mentionner « l'intitulé de chaque question inscrite à l'ordre du jour » et « le résultat de chaque vote ». Ce principe, énoncé pour les copropriétés, s'applique par analogie aux associations qui y gagnent en rigueur juridique. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [registre d'assemblée générale en copropriété : obligations](/assemblee/registre-assemblee-generale-copropriete/). Notre analyse [modèle pv d'ag copropriété 2026 : mentions obligatoires](/assemblee/modele-pv-ag-copropriete/) éclaire ce point. Voir aussi notre article [pv d'ag copropriété : contenu, délai de notification](/assemblee/pv-ag-copropriete-guide-complet/). Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [pv d'assemblée générale de copropriété : modèle pdf gratuit](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/). À ce titre, il est essentiel de maîtriser les spécificités du [compte rendu d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/) qui partage de nombreuses similitudes en termes de rigueur et d'obligations. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [pouvoir pour assemblée générale plafonds et modèle 2026](/charges/pouvoir-pour-assemblee-generale-copropriete/). Les mentions se répartissent en deux niveaux, les éléments obligatoires sans lesquels le PV perd sa valeur probante, ainsi que les éléments recommandés qui renforcent la traçabilité. Les statuts de votre association peuvent ajouter des exigences spécifiques. En pratique, voici les rubriques que l'on retrouve dans tout procès-verbal assemblée générale exemple fonctionnel. Les mentions se répartissent en deux niveaux, les éléments obligatoires sans lesquels le PV perd sa valeur probante, ainsi que les éléments recommandés qui renforcent la traçabilité. Les statuts de votre association peuvent ajouter des exigences spécifiques. En pratique, voici les rubriques que l'on retrouve dans tout [procès-verbal assemblée générale copropriété](https://www.coprocoach.fr/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/) fonctionnel. ### En-tête et informations d'identification L'en-tête du PV doit contenir le nom exact de l'association tel qu'il figure à la préfecture, son adresse sociale, le numéro SIRET si l'association en possède un ainsi que la mention « Association loi 1901 » ou « Association déclarée ». Ces informations situent juridiquement le document. Précisez ensuite la nature de l'assemblée, ordinaire ou extraordinaire, la date et l'heure de la séance, ainsi que le lieu complet (salle, adresse, ville). Indiquez également le nom du président de séance et du secrétaire chargé de la rédaction du PV. Ces éléments figurent en haut de la première page, avant toute retranscription de délibération. ### Feuille de présence et quorum La feuille de présence est un document distinct du PV mais doit y être annexée ou mentionnée. Elle recense les membres présents, les représentants (mandataires) et les absents excusés. Chaque membre présent signe ou est identifié nominativement. Le quorum correspond au nombre minimum de membres requis pour que l'assemblée puisse délibérer valablement. Il est défini par les statuts. Si vos statuts sont muquets sur ce point, toutes les décisions sont prises à la majorité des membres présents ou représentés. Mentionnez dans le PV le nombre de présents, le total des membres à jour de cotisation ainsi que la conformité ou non au quorum statutaire. Le quorum correspond au nombre minimum de membres requis pour que l'assemblée puisse délibérer valablement. Il est défini par les statuts. Si vos statuts sont muquets sur ce point, toutes les décisions sont prises à la majorité des membres présents ou représentés. Mentionnez dans le PV le nombre de présents, le total des membres à jour de cotisation ainsi que la conformité ou non au quorum statutaire. Pour mieux comprendre les majorités, vous pouvez consulter les règles de [vote en assemblée générale de copropriété](https://www.coprocoach.fr/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) qui fournissent des exemples de majorités simples et qualifiées. ### Retranscription des délibérations et résultats des votes Chaque point à l'ordre du jour donne lieu à une retranscription structurée. Indiquez l'intitulé de la question, un résumé de la discussion, la formulation exacte de la résolution soumise au vote, et le résultat : nombre de voix pour, contre, abstentions. Exemple de formulation : « Résolution n°3 : approbation du budget prévisionnel 2026. Adoptée à 18 voix pour, 2 contre, 1 abstention. » Ce niveau de précision permet à tout membre absent de comprendre ce qui a été décidé et comment. Pour les questions diverses, retranscrivez chaque intervention de manière synthétique. Si votre association souhaite approfondir la règle de vote en assemblée générale, les principes de majorité applicables en copropriété offrent un cadre de comparaison utile, même si le régime juridique diffère. ### Signatures et conservation du registre Le PV doit être signé par les membres du bureau, en général le président ainsi que le secrétaire de séance, parfois le trésorier. La signature formalise l'engagement du bureau sur l'exactitude du contenu. Un PV non signé peut être contesté plus facilement. La conservation se fait dans un registre spécial des procès-verbaux, tenu au siège de l'association. Ce registre peut être au format papier ou numérique. L'ensemble des PV d'AG doit y être consigné de manière chronologique, sans blanc ni rature. Les membres peuvent consulter ce registre sur demande, selon les modalités prévues par les statuts. ## Exemple complet de PV d'assemblée générale ordinaire (modèle loi 1901) Voici un modèle annoté construit autour d'un exemple concret, l'association fictive « Les Amis du Quartier », déclarée en préfecture sous le numéro W693001234, tenant son AGO annuelle le 15 novembre 2025 à Lyon. Cette association compte 25 membres à jour de cotisation. Le bureau en exercice réunit Éric Martin (président), Sophie Leclerc (secrétaire) et Julien Bernard (trésorier). Chaque rubrique du modèle est accompagnée d'annotations entre crochets pour guider votre propre rédaction. Ce modèle peut être adapté en format Word ou PDF selon vos préférences. L'essentiel réside dans la cohérence des informations et la présence de toutes les mentions structurantes décrites dans la section précédente. ### Modèle PV assemblée générale ordinaire association : bloc complet **PROCÈS-VERBAL DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE** *Association « Les Amis du Quartier » : association loi 1901, n° W693001234* *Adresse sociale : 12 rue des Lilas, 69003 Lyon* **Date et lieu** : samedi 15 novembre 2025 à 10h00, salle des fêtes, 12 rue des Lilas, 69003 Lyon. [Indiquez la date réelle de votre AG, pas la date de rédaction du PV] **Bureau de séance** : Éric Martin, président ; Sophie Leclerc, secrétaire de séance ; Julien Bernard, scrutateur. **Présents et représentés** : 22 membres présents sur 25 à jour de cotisation, soit 88 %. 3 pouvoirs ont été donnés. [Adaptez selon votre feuille de présence. Mentionnez le quorum statutaire et sa atteinte] **Ordre du jour** : 1. Approbation du PV de l'AG du 18 janvier 2025 [Reportez l'intitulé exact de chaque question] 2. Rapport moral du président 3. Rapport financier et approbation des comptes 4. Vote du budget prévisionnel 2026 5. Questions diverses **Délibérations** : *Résolution n°1* : Approbation du PV du 18 janvier 2025. Adoptée à l'unanimité (22 voix pour, 0 contre, 0 abstention). *Résolution n°2* : Rapport moral présenté par Éric Martin. L'assemblée approuve le rapport moral à 21 voix pour, 1 abstention. *Résolution n°3* : Rapport financier présenté par Julien Bernard. Solde de trésorerie au 31 octobre 2025 : 3 840 €. Les comptes sont approuvés à 20 voix pour, 2 contre, 0 abstention. *Résolution n°4* : Budget prévisionnel 2026. Budget en équilibre, dépenses estimées à 4 200 €. Adopté à 19 voix pour, 3 contre, 0 abstention. *Questions diverses* : Un membre propose l'organisation d'un vide-grenier au printemps 2026. Le bureau prend acte et inscrira la question à l'ordre du jour d'une prochaine réunion du conseil d'administration. **Clôture de la séance** à 11h45. *Signatures :* Éric Martin, président : Sophie Leclerc, secrétaire [Faites signer tous les membres du bureau de séance] [Note : ce modèle est fictif et fourni à titre illustratif. Adaptez chaque champ aux données réelles de votre association. Vérifiez vos statuts pour toute exigence spécifique de format ou de contenu.] Pour préparer votre prochaine AG, consultez également notre guide sur le [délai pour inscrire une question à l'ordre du jour](/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/) d'une assemblée générale. ### Comment adapter ce modèle à votre association Trois points demandent une vigilance particulière lors de l'adaptation. Premièrement, le quorum, si vos statuts exigent un quart ainsi que la moitié des membres pour ouvrir la séance, indiquez explicitement si ce seuil est atteint. Deuxièmement, les majorités, certains statuts prévoient des majorités renforcées pour certaines décisions (budget, cotisations). Le PV doit refléter la majorité applicable. Troisièmement, les signatures, vérifiez que tous les signataires prévus par les statuts ont effectivement signé. Un PV signé par une seule personne alors que les statuts en exigent deux peut être contesté. En cas de doute sur un point de procédure, rapprochez-vous d'une fédération d'associations ou d'un juriste spécialisé en droit associatif. ## Modèle PV assemblée générale association changement de bureau Le renouvellement du bureau ou la modification de sa composition constitue un événement structurant pour l'association. Le PV doit alors contenir des rubriques supplémentaires par rapport à une AGO classique, afin de tracer précisément l'identité des nouveaux dirigeants et les conditions de leur élection. Prenons un cas concret : l'association « Les Amis du Quartier » procède au renouvellement partiel de son bureau lors de l'AGO du 15 novembre 2025. Le trésorier Julien Bernard démissionne pour raisons professionnelles. L'assemblée élit un remplaçant. Voici les rubriques à ajouter au modèle standard. Prenons un cas concret : l'association « Les Amis du Quartier » procède au renouvellement partiel de son bureau lors de l'AGO du 15 novembre 2025. Le trésorier Julien Bernard démissionne pour raisons professionnelles. L'assemblée élit un remplaçant. Les changements de dirigeants tels que le [rôle et les obligations d'un syndic de copropriété](https://www.coprocoach.fr/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) nécessitent une attention particulière pour le PV. ### Rubriques spécifiques au changement de bureau Le PV doit comporter une section dédiée au renouvellement, distincte des autres résolutions. Voici les éléments à inclure : - **Démission ou fin de mandat** : nom du membre sortant, motif (fin de mandat, démission), date d'effet. - **Candidatures** : liste nominative des candidats présentés à l'assemblée. - **Vote** : pour chaque candidat ou pour le bureau dans son ensemble, indiquer le résultat détaillé (pour, contre, abstentions). - **Élus** : nom, prénom, fonction attribuée (président, trésorier, secrétaire), adresse postale. L'adresse des nouveaux dirigeants doit figurer dans le PV car elle sera nécessaire pour la déclaration en préfecture. Mentionnez également la date de prise d'effet des nouvelles fonctions. Exemple de formulation : « Résolution n°5 : élection du nouveau trésorier. Candidate : Marie Durand, 8 rue Victor Hugo, 69007 Lyon. Élue à 20 voix pour, 2 contre, 0 abstention. Mandat effectif à compter du 15 novembre 2025. » ### Déclaration en préfecture : quand est-elle obligatoire ? Selon service-public.fr (fiche F34728, 2026), « il n'y a pas de déclaration systématique après chaque assemblée générale. Seules les décisions entraînant des modifications importantes doivent être déclarées ». Le changement des dirigeants (président, trésorier, secrétaire) figure parmi les modifications importantes qui doivent obligatoirement être déclarées en préfecture ou sous-préfecture dans un délai de trois mois. La déclaration se fait via le formulaire Cerfa n° 13971*03, accompagné du PV certifiant la décision. En revanche, une AGO ordinaire approuvant le rapport moral et le budget ne nécessite aucune déclaration. L'erreur classique consiste à croire qu'aucune déclaration n'est jamais nécessaire après une AG. C'est inexact, tout changement de bureau ou modification des statuts doit être déclaré. À l'inverse, déclarer systématiquement chaque PV en préfecture est inutile et sature les services administratifs. ## Modèle PV assemblée générale extraordinaire association (AGE) L'assemblée générale extraordinaire couvre les décisions qui modifient la structure même de l'association. Selon legifrance.gouv.fr (section LEGISCTA000006161273, 2026), « l'assemblée générale extraordinaire est seule habilitée à modifier les statuts dans toutes leurs dispositions. Toute clause contraire est réputée non écrite ». Ce principe, issu du droit des sociétés, est largement repris dans les statuts d'associations loi 1901. Le PV d'AGE suit la même structure que celui d'une AGO, avec des exigences renforcées concernant le quorum et la majorité. Le modèle de PV assemblée générale extraordinaire association gratuit doit intégrer ces mentions supplémentaires pour être juridiquement solide. Par ailleurs, il faut noter que le délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire est un facteur crucial pour la validité de l'Assemblée, et une [convocation d'assemblée générale hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) peut avoir des conséquences importantes. Le respect du délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire copropriété est un élément clé pour assurer la validité des décisions, et une [convocation assemblée générale copropriété hors délai](https://www.coprocoach.fr/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) peut entraîner l'annulation de l'AG. ### Quand convoquer une assemblée générale extraordinaire ? Trois cas principaux déclenchent une AGE : la modification des statuts (changement d'objet social, de siège, de durée), la dissolution de l'association, et la fusion avec une autre structure. Le [délai de convocation pour une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) est en général fixé par les statuts, avec un préavis minimum de 15 jours. Le délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire en copropriété est en général fixé par les statuts, avec un préavis minimum de 15 jours. Il est crucial de respecter ce délai, car une [convocation assemblée générale copropriété hors délai](https://www.coprocoach.fr/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) peut entraîner l'annulation des résolutions prises. Le PV d'AGE doit mentionner explicitement que l'assemblée a été convoquée selon les modalités prévues par les statuts. Reproduisez la teneur de la lettre de convocation envoyée aux membres, en indiquant la date d'envoi ainsi que le mode de transmission (postal, courriel). Exemple de rubrique spécifique : « L'assemblée générale extraordinaire du 15 novembre 2025 a été convoquée par courrier postal daté du 28 octobre 2025, soit 18 jours avant la date de la séance, conformément à l'article 12 des statuts. » ### Piège à éviter : l'omission du quorum et de la majorité qualifiée L'erreur la plus fréquente lors de la rédaction d'un PV d'AGE consiste à omettre de mentionner le quorum et la majorité qualifiée exigés par les statuts. La conséquence directe est que la décision peut être contestée par n'importe quel membre absent, voire annulée par un tribunal. Concrètement, votre PV d'AGE doit contenir une mention du type : « Le quorum requis par l'article 14 des statuts est fixé à la moitié des membres plus un. Sur 25 membres à jour de cotisation, 22 participent à la séance, présents ainsi que représentés, soit 88 %. Le quorum est atteint. La majorité qualifiée requise pour modifier les statuts est des deux tiers des voix exprimées. La résolution a recueilli 20 voix sur 22, soit 91 %. Elle est adoptée. » Sans cette mention, un membre absent pourrait invoquer l'absence de vérification du quorum pour faire annuler la modification statutaire. En cas de doute sur les seuils applicables, relisez vos statuts avant la séance et préparez les formulations à l'avance. ## Comment rédiger et conserver un PV d'assemblée générale d'association La rédaction et la conservation du PV obéissent à des règles pratiques simples mais essentielles. Selon entreprendre.service-public.fr (fiche F37373, 2026), « un procès-verbal doit être établi après chaque assemblée générale et être signé par les membres du bureau ». Le secrétaire de séance en assure la rédaction, sous la responsabilité du président. Le format du PV, qu'il soit Word ainsi que PDF, importe moins que son contenu ainsi que ses signatures. La conservation dans un registre dédié garantit la traçabilité sur la durée de vie de l'association. ### Qui rédige le PV et dans quel délai ? Le secrétaire de séance rédige le PV. Cette fonction est généralement assurée par le secrétaire de l'association, mais les statuts peuvent désigner un autre membre. Le président valide le contenu avant signature. Aucun délai légal n'est imposé pour la rédaction. En pratique, un PV rédigé dans les 15 jours suivant l'AG garantit une retranscription fidèle, les détails étant encore frais en mémoire. Un délai trop long expose l'association à des contestations sur l'exactitude du contenu. Une fois rédigé, le PV est présenté au bureau pour signature, puis transmis aux membres. Les statuts peuvent prévoir un délai de communication aux membres (souvent 1 mois). Si votre association publie un compte-rendu sur son site, le PV complet et signé doit rester disponible au siège pour consultation. ### Registre des procès-verbaux : format Word, PDF ou papier ? Le registre des procès-verbaux peut être tenu au format papier, Word ou PDF. Aucune obligation légale ne privilégie un format. Le critère déterminant reste la continuité, chaque PV doit s'inscrire dans une suite chronologique sans interruption. En pratique, un format PDF signé numériquement offre l'avantage de l'horodatage et de l'intégrité du document. Un registre papier reste pertinent pour les petites associations qui tiennent leurs réunions en présentiel. Le mélange des deux formats est possible, à condition de numéroter chaque PV et de tenir un sommaire à jour. Quelle que soit l'option retenue, le registre doit être conservé au siège de l'association et accessible à tout membre qui en fait la demande. Une copie du PV signé peut également être archivée dans un dossier numérique sécurisé, en complément du registre principal. > **Points clés** > > - Le PV d'AG doit obligatoirement mentionner l'intitulé de chaque question à l'ordre du jour et le résultat de chaque vote (service-public.fr, 2026). > - La loi 1901 n'impose pas de contenu type pour le PV, mais les statuts peuvent prévoir des rubriques et formats spécifiques. > - Un changement de bureau nécessite une déclaration en préfecture dans les 3 mois, via le formulaire Cerfa adapté (service-public.fr, 2026). > - Le PV d'assemblée générale extraordinaire doit explicitement mentionner le quorum et la majorité qualifiée requis par les statuts, sous peine d'annulation de la décision. > - Le registre des procès-verbaux, au format papier ou numérique, doit être conservé au siège et tenu de manière chronologique. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34728) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F21573) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2636) - [entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F37373) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006161273/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R2631)

Fiche pratique

Mentions obligatoires du PV (service-public.fr F2636)Intitulé de chaque question à l'ordre du jour + résultat de chaque vote
Signature du PV (entreprendre.service-public.fr F37373)Établi après chaque AG, signé par les membres du bureau
Déclaration en préfecture (service-public.fr F34728)Pas de déclaration systématique après chaque AG ; seules les modifications importantes doivent être déclarées (changement de dirigeants, modification des statuts)
Compétence exclusive de l'AGE (Légifrance LEGISCTA000006161273)L'assemblée générale extraordinaire est seule habilitée à modifier les statuts ; toute clause contraire est réputée non écrite
Délai de déclaration en préfectureDans les 3 mois suivant la modification
Format du registreAucun format imposé (papier, Word ou PDF) ; numérotation continue et classement chronologique recommandés
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Liste des charges locatives : ce que paie le locataire URL: https://copro-guide.fr/charges/liste-charges-locatives-incombant-au-locataire/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-11 Mot-clé ciblé: liste des charges locatives incombant au locataire Liste officielle des charges locatives incombant au locataire selon le décret n°87-713 du 26 août 1987 : eau, ascenseur, entretien, régularisation annuelle. Aussi appelées charges récupérables, les charges locatives désignent l'ensemble des dépenses que le propriétaire engage pour le fonctionnement de l'immeuble et qu'il peut refacturer au locataire. Leur liste est strictement encadrée par le décret n°87-713 du 26 août 1987, pris en application de la loi du 23 décembre 1986. Ce texte dresse un catalogue limitatif : toute dépense qui n'y figure pas reste à la charge du bailleur. Un locataire paie chaque mois une provision sur charges, puis reçoit un décompte annuel de régularisation. Comprendre cette mécanique et savoir lire la liste officielle permet d'éviter de payer des sommes indues. ## Charges locatives : définition et cadre légal Les charges locatives correspondent aux dépenses liées à l'usage et au fonctionnement de l'immeuble que le propriétaire peut légalement refacturer à son locataire. Leur existence repose sur un principe simple inscrit dans la loi du 23 décembre 1986, à savoir que le bailleur avance les frais puis en récupère une partie auprès de l'occupant, proportionnellement à son usage du logement et des parties communes. Leur existence repose sur un principe simple inscrit dans la loi du 23 décembre 1986, à savoir que le bailleur avance les frais puis en récupère une partie auprès de l'occupant, proportionnellement à son usage du logement et des parties communes, comme expliqué dans notre article sur [qui paie les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). Le texte central est le décret n°87-713 du 26 août 1987. Il fixe une liste exhaustive des dépenses récupérables, poste par poste. Cette liste est limitative : le propriétaire ne peut pas y ajouter des frais qui n'y figurent pas, quels que soient les termes du contrat de location. Un bail qui imposerait au locataire des charges non prévues par le décret serait réputé non écrit sur ce point. En parallèle, le décret n°87-712 du même jour définit les réparations locatives, c'est-à-dire les travaux d'entretien courant qui incombent directement au locataire. Ces deux textes sont souvent confondus, alors qu'ils obéissent à des logiques distinctes, le premier organisant le remboursement de dépenses avancées par le propriétaire, le second imposant au locataire d'entretenir certains éléments du logement à ses frais. Pour aller plus loin sur l'articulation entre ces deux régimes, consultez notre guide sur les [charges récupérables du locataire](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/). ### Charges récupérables vs charges non récupérables Une charge récupérable est une dépense que le propriétaire règle d'abord, puis se fait rembourser par le locataire via les provisions mensuelles et la régularisation annuelle. On peut citer à titre d'exemple la facture d'eau froide de l'immeuble, le contrat d'entretien de l'ascenseur, voire les produits d'entretien des parties communes. À l'inverse, les charges non récupérables restent définitivement à la charge du bailleur. Elles comprennent notamment les gros travaux de l'article 606 du Code civil (réfection de la toiture, ravalement, remplacement de la chaudière collective), les honoraires de syndic pour les assemblées générales, ou encore les primes d'assurance de l'immeuble. La distinction est simple dans son principe, ce qui relève de la conservation de l'immeuble appartient au propriétaire, ce qui relève de son usage quotidien peut être refacturé au locataire. ### Bail vide, bail meublé : quelles différences ? Le décret n°87-713 s'applique de plein droit aux baux d'habitation vides soumis à la loi du 6 juillet 1989. Pour les locations meublées, le régime est différent : depuis la loi ALUR de 2014, le bail meublé est encadré par les mêmes dispositions de la loi de 1989, mais la pratique du forfait de charges y reste très répandue. Dans ce cas, la liste du décret 87-713 ne s'impose pas de la même manière. Un propriétaire peut proposer un montant forfaitaire mensuel, sans obligation de régularisation annuelle, ce qui change radicalement la donne pour le locataire. Nous y revenons dans la dernière section de cet article. ## La liste officielle des charges récupérables au locataire (décret n°87-713) Le décret n°87-713 du 26 août 1987 dresse, dans son annexe, la liste exhaustive des charges qu'un propriétaire peut refacturer à son locataire. Cette annexe est organisée par grandes catégories de dépenses, des fluides aux espaces communs en passant par les équipements collectifs. Chaque catégorie précise ce qui entre dans le champ des charges récupérables et, parfois, ce qui en est exclu. Notre dossier [charges locataire 2026 : la liste exacte de ce que vous](/charges/charges-a-la-charge-du-locataire/) approfondit cette question. En pratique, le syndic de copropriété ventile chaque année les dépenses de l'immeuble selon cette grille pour établir le décompte individuel de chaque lot. Le propriétaire-bailleur reprend ensuite cette ventilation pour la transmettre à son locataire, en ne retenant que les postes autorisés par le décret. Pour comprendre comment s'opère cette transmission entre le syndic et le bailleur, voyez notre article sur les [charges de copropriété payées par le locataire](/charges/charges-copropriete-paye-par-le-locataire/). ### Eau froide, eau chaude, chauffage collectif L'eau froide consommée dans le logement et dans les parties communes (nettoyage, arrosage) est intégralement récupérable, que l'immeuble dispose d'un compteur individuel ou non. L'eau chaude collective l'est également, de même que les frais de combustible ou d'énergie nécessaires à sa production. Le chauffage collectif, incluant l'achat de combustible (gaz, fioul, électricité) et l'entretien des installations communes, figure aussi dans la liste. En revanche, le remplacement d'une chaudière collective défaillante reste à la charge exclusive du propriétaire. Il s'agit d'une dépense de conservation, pas de fonctionnement. ### Ascenseurs et monte-charge : frais couverts Pour les ascenseurs et monte-charges, le décret autorise la refacturation de l'électricité consommée, des frais d'entretien courant (graissage, petites réparations, visite périodique), ainsi que des dépenses de nettoyage de la cabine. Les frais liés au contrat de maintenance préventive sont récupérables. En revanche, les travaux de modernisation voire de mise en conformité (changement du moteur, rénovation complète de la cabine) ne le sont pas. La distinction entre entretien courant et gros travaux est parfois ténue. En cas de doute, le caractère récupérable ou non dépend de la qualification comptable retenue par le syndic. ### Parties communes intérieures et espaces extérieurs L'entretien des parties communes intérieures couvre un large spectre : nettoyage des couloirs, halls, escaliers et paliers, achat de produits d'entretien, maintenance des portes automatiques et de l'interphone, petites réparations dans les circulations. L'électricité des espaces communs intérieurs est aussi récupérable. Pour les espaces extérieurs, la liste inclut l'entretien des voies de circulation privées, des parkings, des espaces verts (tonte, taille, arrosage), des aires de jeux et des bacs à ordures. Les frais d'enlèvement des ordures ménagères et le nettoyage des locaux poubelles sont également refacturables. Les travaux de réfection complète d'une voie de circulation ou le remplacement d'un portail automatique restent, eux, à la charge du propriétaire. ### Gardiens, concierges, taxes récupérables Les dépenses liées au personnel employé par l'immeuble sont partiellement récupérables : salaire du gardien ou du concierge (y compris les charges sociales patronales), fourniture de l'uniforme, logement de fonction mis à disposition par la copropriété. Cette quote-part correspond à la rémunération des tâches effectuées pour le compte des locataires. L'entretien des parties communes, la sortie des poubelles ainsi que la distribution du courrier en constituent le cœur. Côté taxes, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) figure en bonne place dans la liste des charges récupérables. Elle apparaît généralement sur l'avis de taxe foncière du propriétaire, qui en refacture le montant au locataire au prorata de la période d'occupation. La taxe de balayage, quand elle existe, est également concernée. En revanche, la taxe foncière elle-même n'est jamais récupérable : elle reste intégralement à la charge du bailleur. ## Tableau récapitulatif : répartition charges locataire / propriétaire Le principe fondamental à retenir est que la liste du décret n°87-713 est limitative. Si une dépense n'y figure pas, le propriétaire ne peut pas la facturer au locataire, quelle que soit la rédaction du bail. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux postes de dépenses et leur imputation. | Poste de dépense | À la charge du locataire | À la charge du propriétaire | |---|---|---| | Eau froide (logement + parties communes) | Intégralement | : | | Eau chaude collective (énergie + entretien) | Intégralement | Remplacement chaudière | | Chauffage collectif (combustible + entretien courant) | Intégralement | Remplacement installation | | Ascenseur (électricité + entretien courant + nettoyage) | Oui | Modernisation, mise en conformité | | Parties communes intérieures (nettoyage, électricité, petites réparations) | Oui | Gros travaux de rénovation | | Espaces verts et extérieurs (tonte, taille, nettoyage) | Oui | Création, réfection complète | | Gardien/concierge (salaire + charges pour tâches collectives) | Oui | Logement de fonction (gros travaux) | | TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) | Intégralement | : | | Taxe foncière | : | Intégralement | | Assurance immeuble (prime annuelle) | : | Intégralement | | Honoraires de syndic (assemblée générale, gestion courante) | : | Intégralement | | Gros travaux (art. 606 Code civil) | : | Intégralement | Pour approfondir les dépenses que le bailleur ne peut en aucun cas vous imputer, lisez notre article dédié aux [charges que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/). ### Ce que le propriétaire ne peut pas refacturer au locataire Parmi les erreurs de répartition les plus fréquentes, on trouve la refacturation des honoraires de syndic liés à la tenue de l'assemblée générale annuelle. Ces frais ne figurent pas dans la liste du décret 87-713 et incombent exclusivement au propriétaire. Autre piège courant : les travaux de mise en conformité d'un ascenseur ou le ravalement de façade. Le bailleur peut être tenté de les présenter comme des charges récupérables, mais il s'agit de dépenses de conservation de l'immeuble qui lui reviennent intégralement. Les primes d'assurance multirisque immeuble souscrite par le copropriétaire ne sont pas non plus récupérables. Le locataire doit seulement justifier de sa propre assurance habitation (responsabilité civile). Enfin, les frais de relance, pénalités de retard voire intérêts de retard ne peuvent jamais être mis à la charge du locataire, même si une clause du bail le prévoit. ### Réparations locatives vs grosses réparations (article 606 du Code civil) L'article 606 du Code civil, dans son interprétation classique, définit les grosses réparations comme celles qui concernent « les gros murs et les voûtes, le rétablissement des poutres et des couvertures entières, celui des digues et des murs de soutènement et de clôture aussi en entier ». En pratique, cela couvre la toiture, la façade, la structure porteuse, les fondations. Ces travaux incombent toujours au bailleur. À l'autre extrémité du spectre, les réparations locatives listées par le décret n°87-712 concernent l'entretien courant du logement : joints, robinets, interrupteurs, grilles de ventilation. Ces réparations sont assumées directement par le locataire, sans passer par le mécanisme des provisions sur charges. Cette frontière est parfois source de conflit. Un robinet qui fuit relève du locataire, une colonne d'eau montante percée relève du propriétaire. ## Cas pratique chiffré : comment fonctionne la régularisation annuelle des charges La régularisation annuelle des charges est le moment où l'on confronte les provisions versées par le locataire aux dépenses réelles engagées par le propriétaire. Ce mécanisme est obligatoire pour les baux d'habitation vides, le bailleur devant remettre au locataire un décompte détaillé, poste par poste, dans le mois qui suit l'arrêté des comptes de l'immeuble. Le locataire dispose ensuite d'un mois pour consulter les justificatifs sur place. Ce décompte doit distinguer clairement les charges récupérables des charges non récupérables. Un propriétaire qui présenterait un relevé global sans ventilation s'expose à une contestation. Pour maîtriser les détails de cette procédure, consultez notre guide sur la [régularisation annuelle des charges locatives](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/). ### Provision sur charges : fonctionnement et régularisation Chaque mois, le locataire paie une provision sur charges en plus de son loyer. Cette provision est une estimation, souvent basée sur les dépenses de l'année précédente ou sur un budget prévisionnel voté en assemblée générale. Elle figure sur la quittance sous un libellé distinct du loyer. Au minimum une fois par an, le propriétaire arrête le compte définitif puis procède à la régularisation. Si les provisions versées dépassent les dépenses réelles, il rembourse le trop-perçu ; si elles sont insuffisantes, il réclame le complément. Tout locataire peut exiger de consulter les factures et contrats correspondants. ### Exemple chiffré : calcul de la régularisation Prenons un cas concret. Sur l'année écoulée, un propriétaire a fixé une provision annuelle totale de **170 €** pour les charges récupérables de son locataire (service-public.gouv.fr). Après arrêté des comptes, les dépenses réelles justifiées s'élèvent à **85 €**. Le locataire ayant déjà versé 170 € par provisions, il devrait en théorie recevoir un remboursement. Mais le calcul n'est pas aussi direct. Dans cet exemple, le locataire doit effectivement payer **75,75 €**, montant inférieur aux 85 € de dépenses réelles (service-public.gouv.fr). Le propriétaire assume les **94,25 €** restants, correspondant à la part des dépenses non récupérables sur ce poste. Le locataire reçoit donc un remboursement de 94,25 € (170 € provisionnés - 75,75 € dus). Ce cas illustre pourquoi il est essentiel de vérifier le décompte : la dépense réelle (85 €) ne coïncide pas avec ce que le locataire doit au final (75,75 €), car une fraction correspond à des frais non récupérables que le propriétaire conserve à sa charge. ## Erreur courante : confondre charges récupérables et réparations locatives Beaucoup de locataires pensent qu'un joint de robinet qui fuit ou une poignée de fenêtre cassée sont des charges récupérables à intégrer dans la régularisation annuelle. C'est une erreur. Il s'agit de réparations locatives régies par le décret n°87-712 du 26 août 1987, qui impose au locataire d'entretenir certains éléments du logement à ses frais et sans attendre la régularisation. La confusion est compréhensible : les deux décrets datent du même jour et portent des numéros presque identiques. Mais leurs mécanismes sont radicalement différents. Les charges récupérables transitent par le propriétaire, qui avance les frais puis se fait rembourser via les provisions et la régularisation. Les réparations locatives sont exécutées et payées directement par le locataire, sans intermédiaire. Conséquence pratique : si vous attendez la régularisation annuelle pour changer un joint défectueux, vous êtes en tort et risquez une retenue sur votre dépôt de garantie lors de l'état des lieux de sortie. Pour savoir précisément comment sont établies ces provisions, voyez notre article sur le [calcul des charges locatives](/charges/comment-calculer-charges-locatives/). ### Réparations locatives : ce que dit le décret n°87-712 Le décret n°87-712 énumère les travaux d'entretien courant qui incombent au locataire. On y trouve notamment le graissage et le remplacement des joints des robinets, le nettoyage des grilles de ventilation, le débouchage des canalisations, l'entretien des joints et mastics autour des sanitaires, le remplacement des ampoules et fusibles, l'entretien des revêtements de sol (cire, vitrification), et le ramonage des conduits de cheminée. La liste est longue et couvre la plupart des menus travaux qu'un occupant rencontre au quotidien. Elle est également limitative : un propriétaire ne peut pas imposer au locataire des réparations qui n'y figurent pas. ### Prescription des impayés de charges : 3 ans Le propriétaire peut réclamer tout impayé de charges ou de loyers pendant **3 ans** à compter de la date d'exigibilité de la somme (service-public.gouv.fr). Par exemple, un décompte de régularisation datant de juin 2024 qui fait apparaître un solde en faveur du bailleur peut être réclamé jusqu'en juin 2027. Passé ce délai, la créance est prescrite et le locataire peut légitimement refuser de payer. Ce délai de prescription triennale s'applique également aux loyers impayés. En pratique, le propriétaire dispose donc d'une fenêtre relativement courte pour agir. Un locataire qui reçoit une demande de paiement pour des charges vieilles de plus de 3 ans doit vérifier la date d'exigibilité avant de régler. ## Charges locatives en location meublée et bail commercial : cas particuliers En location meublée, deux régimes coexistent. Le plus courant est le forfait de charges : le bail fixe un montant mensuel fixe, sans obligation de régularisation annuelle. Le locataire paie la même somme chaque mois, quelles que soient les dépenses réelles. Ce système simplifie la gestion, mais peut être défavorable au locataire si le forfait est surestimé. L'autre option est le régime des provisions sur charges avec régularisation, identique à celui du bail vide. Le choix entre ces deux modalités doit être explicite dans le contrat. Pour approfondir, consultez notre dossier sur les [charges en location meublée](/charges/charges-locataire-location-meublee/). En bail commercial, la logique est différente : la liberté contractuelle prévaut. Les parties négocient librement la répartition des charges dans le bail, sous réserve des dispositions d'ordre public. Certaines dépenses incombent toujours au locataire commercial : l'entretien courant des locaux, les menues réparations, les taxes locatives (taxe foncière incluse, contrairement au bail d'habitation), et les charges liées à l'exploitation du fonds de commerce. Le bailleur assume les grosses réparations de l'article 606 du Code civil, sauf clause contraire expresse. ### Meublé : forfait ou provision, quelle option choisir ? Le forfait de charges présente l'avantage de la simplicité : un montant unique, pas de surprise en fin d'année, pas de justificatifs à fournir. Mais il peut cacher un surcoût si le propriétaire a fixé un forfait largement supérieur aux dépenses réelles. À l'inverse, le régime des provisions avec régularisation est plus transparent, puisqu'il oblige le bailleur à produire un décompte annuel. Pour un locataire en meublé, négocier le passage d'un forfait à un régime de provisions est possible lors du renouvellement du bail voire à l'occasion d'un avenant, mais le propriétaire n'est pas tenu d'accepter. ### Bail commercial : charges négociées dans le bail Dans un bail commercial, le locataire supporte généralement l'intégralité des charges locatives ainsi que des impôts fonciers, y compris la taxe foncière qui est totalement exclue des charges récupérables en bail d'habitation. La taxe sur les bureaux en Île-de-France, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et les cotisations de copropriété figurent aussi parmi les dépenses habituellement mises à la charge du preneur. Le bail commercial peut même transférer au locataire certaines grosses réparations de l'article 606, par une stipulation expresse. Cette liberté contractuelle justifie de se faire assister par un professionnel avant de signer. > **Points clés** > > - La liste des charges récupérables est fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987 : elle est limitative, tout ce qui n'y figure pas reste à la charge du propriétaire. > - Le locataire paie des provisions mensuelles estimatives ; une régularisation annuelle obligatoire confronte ces provisions aux dépenses réelles justifiées par le bailleur. > - Les grosses réparations (toiture, façade, structure : article 606 du Code civil) ne sont jamais récupérables sur le locataire. > - Le propriétaire peut réclamer un impayé de charges pendant 3 ans à compter de son exigibilité (service-public.gouv.fr). > - En location meublée, le forfait de charges reste fréquent : pas de régularisation obligatoire, contrairement au bail vide. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F947) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006066149/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006066148) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1214) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F375)

Fiche pratique

Texte de référenceDécret n°87-713 du 26 août 1987 (liste limitative des charges récupérables)
Texte complémentaireDécret n°87-712 du 26 août 1987 (réparations locatives à la charge directe du locataire)
Loi fondatriceLoi du 23 décembre 1986, article 18 (habilitation à fixer la liste par décret)
Prescription des impayés3 ans à compter de la date d'exigibilité (service-public.gouv.fr)
Exemple de régularisationProvision 170 € → dépense réelle 85 € → locataire doit 75,75 € → propriétaire assume 94,25 €
Source officielleservice-public.gouv.fr – fiche F947 « Charges à payer par le locataire »
Catégories clésEau (froide + chaude), chauffage collectif, ascenseur, parties communes, espaces verts, gardien, TEOM
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Comment calculer les charges locatives en 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/comment-calculer-charges-locatives/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-10 Mot-clé ciblé: comment calculer les charges locatives Comment calculer les charges locatives ? Méthode pas à pas : provisions, régularisation annuelle, prorata. Guide 2026 avec exemples chiffrés. Calculer les charges locatives consiste à additionner l'ensemble des dépenses récupérables de l'immeuble sur une année, à en extraire la quote-part correspondant au logement selon la clé de répartition (tantièmes ou surface), puis à diviser ce montant par 12 pour obtenir la provision mensuelle. Cette mécanique encadrée par la loi du 6 juillet 1989 ainsi que le décret du 26 août 1987, fait l'objet d'une régularisation annuelle obligatoire entre le propriétaire et son locataire. Voici la méthode complète, illustrée par un exemple chiffré. ## Qu'est-ce que les charges locatives récupérables ? Ces charges locatives (aussi appelées charges récupérables) sont les dépenses que le propriétaire bailleur avance pour le compte du locataire et qu'il peut ensuite lui réclamer. Leur régime est défini par l'article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Leur liste exhaustive figure dans le décret n° 87-713 du 26 août 1987. En location vide, le paiement s'effectue quasiment toujours sous forme de provision mensuelle, avec une régularisation annuelle sur justificatifs. Chaque mois, le locataire verse un montant estimé ; en fin d'exercice, le bailleur compare les provisions versées ainsi que les dépenses réelles, puis rembourse le trop-perçu sinon réclame le complément. Un autre mode de paiement, plus rare en location vide, est le forfait de charges. Son montant est fixé à l'avance dans le bail, sans faire l'objet d'aucune régularisation. Ce système est en revanche fréquent en location meublée, où il constitue même le régime par défaut. La distinction entre provision et forfait a des conséquences juridiques majeures, détaillées plus bas. Pour une analyse détaillée des différentes dépenses, n'hésitez pas à consulter notre guide sur [les charges de copropriété](/charges/les-charges-de-copropriete-guide/). ### Charges récupérables : ce que le locataire doit payer Ce décret du 26 août 1987 dresse la liste limitative des dépenses que le propriétaire peut refacturer au locataire. On y trouve l'entretien des parties communes et des espaces verts, l'eau froide et l'eau chaude collective, l'électricité des communs, les produits d'entretien, les menues réparations des équipements collectifs (ascenseur, interphone, chaudière collective), ainsi que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Quant au gardiennage, il est récupérable à hauteur de 75 % lorsqu'il inclut l'entretien des parties communes et l'élimination des ordures. La [liste complète des charges récupérables](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) détaille chaque poste autorisé. ### Charges non récupérables : ce qui reste à la charge du propriétaire Toute dépense absente du décret de 1987 reste définitivement à la charge du bailleur. Les gros travaux (ravalement de façade, réfection de toiture, mise aux normes de l'ascenseur), les honoraires de syndic pour la gestion courante, la taxe foncière, les primes d'assurance de l'immeuble ou encore les frais de contentieux engagés par le syndicat des copropriétaires ne peuvent pas être refacturés au locataire. En pratique, un propriétaire qui ajouterait ces postes au décompte de régularisation s'exposerait à une contestation ainsi qu'à un remboursement, majoré des intérêts au taux légal. Le juge de proximité annule régulièrement ce type de réclamations indues. ### Provision sur charges ou forfait : quelle différence ? La provision sur charges est un acompte mensuel versé par le locataire, calculé sur la base du budget prévisionnel ou des charges de l'exercice précédent. Elle est obligatoirement suivie d'une régularisation annuelle. Un décompte détaillé et des justificatifs doivent être fournis. Si le total des provisions excède les dépenses réelles, la différence est remboursée au locataire dans le mois qui suit la régularisation. Le forfait de charges, à l'inverse, est un montant fixe inscrit au bail, indépendant des dépenses réelles. Aucune régularisation, dans un sens comme dans l'autre, n'est possible : le bailleur ne peut rien réclamer de plus, le locataire ne peut rien se faire rembourser. La loi ALUR de 2014 a toutefois imposé que le forfait soit révisé annuellement selon l'indice de référence des loyers (IRL). ## Quelles sont les charges locatives à payer par le locataire ? Le locataire prend en charge les dépenses liées aux services collectifs et aux équipements dont il a l'usage dans l'immeuble. Selon le ministère de l'Économie (economie.gouv.fr, 2025), ces charges couvrent principalement l'entretien des parties communes, les consommations d'eau et d'énergie des espaces collectifs, le chauffage et l'eau chaude sanitaires lorsqu'ils sont mutualisés, ainsi que l'entretien des équipements communs. Sur le même sujet, notre article [liste des charges locatives : ce que paie le locataire](/charges/liste-charges-locatives-incombant-au-locataire/) complète cette analyse. Concrètement, le montant varie fortement d'un immeuble à l'autre. Un appartement dans une copropriété avec ascenseur, gardien, chauffage collectif ainsi qu'espaces verts générera des charges nettement supérieures à celles d'un petit immeuble sans aucun équipement commun. L'arrêté du 6 janvier 2026 pris en application de l'article 2 de la loi du 6 juillet 1989 cite une estimation indicative de **1,3 euro par m²** de charges locatives (Legifrance, JORFTEXT000053423293). Ce chiffre constitue un ordre de grandeur. Dans les faits, il peut être deux fois moindre dans un immeuble simple, voire deux fois supérieur dans une résidence avec services. ### Parties communes : eau, électricité ainsi qu'entretien L'eau froide utilisée pour le nettoyage des halls, des escaliers et des locaux techniques est intégralement récupérable. L'électricité qui alimente l'éclairage des couloirs, des caves et du parking souterrain l'est également. Les produits d'entretien (détergents, sacs-poubelle des parties communes) et les petits travaux de maintenance (changement d'une ampoule, réparation d'un digicode) sont refacturés au locataire. Les honoraires du syndic, en revanche, ne sont récupérables que pour la fraction correspondant à la gestion courante (appels de fonds, tenue de comptabilité). La [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) obéit à une clé spécifique (tantièmes généraux ou tantièmes de charges spéciales selon la nature de la dépense). ### Chauffage et eau chaude collectifs Dans un immeuble équipé d'un chauffage central ou urbain, le coût du combustible (gaz, fioul, réseau de chaleur) et l'entretien de la chaufferie sont intégralement récupérables. Il en va de même pour la production d'eau chaude sanitaire collective. La consommation est généralement mesurée par des compteurs individuels (répartiteurs de frais de chauffage, compteurs d'eau chaude divisionnaires). Lorsque le logement est dépourvu de compteur individuel, la répartition s'effectue au prorata des tantièmes de chauffage ou de la surface habitable. Les dépenses d'énergie représentent souvent le poste le plus lourd : entre 40 % et 60 % du total des charges récupérables, selon les caractéristiques thermiques de l'immeuble. ### Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) La TEOM est une taxe additionnelle à la taxe foncière, collectée par la commune ou l'intercommunalité. Le propriétaire la règle chaque année avec sa taxe foncière, puis la refacture au locataire dans le cadre de la régularisation des charges. Elle est intégralement récupérable, sans condition de service rendu : même si le locataire n'utilise pas le service de collecte, la TEOM reste due. Son taux, voté par la collectivité, s'applique à la valeur locative cadastrale du bien. Le montant figure sur l'avis de taxe foncière, que le bailleur peut communiquer au locataire sur simple demande. En pratique, la TEOM oscille entre **5 % et 15 %** du total annuel des charges locatives, mais ce ratio peut grimper dans les communes où le taux est élevé. > **L'essentiel** > > - Les charges récupérables sont limitativement listées par le décret du 26 août 1987 : toute dépense non mentionnée reste à la charge exclusive du propriétaire. > - Le calcul suit trois étapes : identifier les dépenses récupérables de l'immeuble, appliquer la clé de répartition (tantièmes ou surface), puis diviser par 12 pour obtenir la provision mensuelle. > - La régularisation annuelle est obligatoire en régime de provision : le bailleur doit fournir un décompte détaillé et tenir les justificatifs à disposition un mois avant et six mois après. > - Confondre forfait et provision expose le bailleur à l'impossibilité légale de réclamer un complément : le forfait exclut par nature toute régularisation. > - En cas d'entrée ou de sortie en cours d'année, le prorata temporis s'applique : le locataire ne paie que les charges correspondant à sa période d'occupation effective. ## Comment calculer le montant des charges locatives : méthode étape par étape Le calcul suit une logique comptable en trois étapes, de l'immeuble jusqu'au locataire. L'objectif consiste à aboutir à la provision mensuelle qui figurera sur l'avis d'échéance. Prenons un cas concret pour illustrer chaque étape. Imaginons une copropriété de **12 lots**, située en périphérie lyonnaise. Le syndic a clôturé les comptes de l'exercice précédent. Le total des charges récupérables de l'immeuble s'élève à **8 640 €** sur l'année, répartis entre eau des parties communes, électricité des communs, entretien de l'ascenseur, chauffage collectif, espaces verts et TEOM. L'appartement loué fait **65 m²** et représente **92/1 000e** des tantièmes de charges générales. Voici comment passer de ce chiffre global à la provision mensuelle. ### Étape 1 : identifier les dépenses de l'immeuble récupérables Le point de départ est le décompte annuel transmis par le syndic de copropriété. Il faut en extraire uniquement les postes de dépenses mentionnés dans le décret du 26 août 1987. Dans notre exemple, le syndic a ventilé **8 640 €** de charges récupérables : chauffage collectif (3 900 €), eau froide et électricité des communs (1 200 €), entretien ascenseur (980 €), espaces verts (560 €), TEOM (1 200 €) et produits d'entretien (800 €). Les honoraires de syndic (1 400 €), le ravalement prévu (4 200 €) et l'assurance immeuble (650 €) sont exclus car non récupérables. Cette étape de filtrage est déterminante. Toute erreur expose le bailleur à un litige lors de la régularisation annuelle. ### Étape 2 : appliquer la clé de répartition (prorata de surface ou tantièmes) Chaque lot de copropriété détient des tantièmes, exprimés en millièmes, qui déterminent sa quote-part dans les charges générales. Pour l'appartement de 65 m², le règlement de copropriété fixe **92/1 000e** de tantièmes généraux. On obtient ainsi **8 640 € × 92 / 1 000 = 794,88 €**. C'est la quote-part annuelle de charges récupérables imputable à ce logement. Dans une copropriété sans tantièmes (petit immeuble en monopropriété), on utilise le prorata de surface habitable : la dépense totale est divisée par la surface totale des logements, puis multipliée par la surface du logement concerné. Pour 65 m² sur 500 m² totaux : 8 640 € × 65 / 500 = 1 123,20 €. La différence illustre que les tantièmes ne suivent pas strictement la surface : ils intègrent l'étage, l'exposition, la présence d'un balcon. Cette règle de [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) est encadrée par l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965. ### Étape 3 : calculer la provision mensuelle à appeler La quote-part annuelle obtenue est divisée par 12 pour établir la provision mensuelle. Dans notre exemple, on obtient **794,88 € / 12 = 66,24 €**. C'est le montant qui sera appelé chaque mois sur l'avis d'échéance, en complément du loyer hors charges. Rapporté à la surface, cela correspond à environ **1,02 €/m²/mois** (66,24 € / 65 m²), un ordre de grandeur cohérent avec l'estimation indicative de 1,3 €/m² mentionnée par l'arrêté du 6 janvier 2026 (Legifrance). Pour fixer la provision, le bailleur peut également se baser sur le budget prévisionnel voté en assemblée générale, plutôt que sur l'exercice clos. Cette approche a l'avantage de mieux anticiper les hausses, notamment de l'énergie, mais elle exige une régularisation d'autant plus rigoureuse. L'écart entre budget prévisionnel et dépenses réelles peut être significatif : un rattrapage de plusieurs centaines d'euros n'est pas rare en période d'inflation énergétique. ## Calcul des charges locatives au prorata : cas particuliers Le calcul standard décrit ci-dessus suppose que le locataire occupe le logement pendant l'intégralité de l'exercice comptable. En pratique, la réalité est souvent plus nuancée. Un locataire entre ou sort en cours d'année, plusieurs colocataires se partagent le bail, tandis que le logement est loué en meublé avec un forfait de charges. Chacune de ces situations appelle une méthode de calcul adaptée. Pour le bailleur, l'enjeu est de ne réclamer à chaque locataire que la part correspondant strictement à sa période d'occupation. Un trop-perçu serait illégal ; une sous-facturation constituerait une perte sèche. Parmi les outils de correction, le prorata temporis est le plus utilisé. ### Prorata temporis : locataire entrant ou sortant en cours d'année Quand un locataire quitte le logement le 31 mars, il ne doit supporter que 3/12e des charges annuelles. Ce calcul consiste à appliquer le ratio jours occupés / 365 jours à la quote-part annuelle. Reprenons notre exemple de 794,88 € de charges annuelles. Un locataire présent du 1er janvier au 31 mars (90 jours) doit : 794,88 € × 90 / 365 = **196,00 €**. Les provisions déjà versées (3 × 66,24 € = 198,72 €) sont comparées à ce dû théorique. La régularisation de sortie suit le même formalisme que la régularisation annuelle : décompte détaillé, justificatifs à l'appui, solde remboursé dans un délai raisonnable. Si le bailleur ne dispose pas encore des comptes définitifs de l'exercice, il retient une provision sur le dépôt de garantie, plafonnée à 20 % du montant de ce dernier, et régularise dès réception du décompte du syndic. ### Charges locatives en location meublée : le forfait En location meublée, le régime par défaut est le forfait de charges et non la provision. Le montant est fixé librement dans le bail, sans obligation de correspondre aux dépenses réelles. Selon l'article de Boursorama.com (janvier 2026), le forfait ne peut être révisé qu'une fois par an, et uniquement selon l'indice de référence des loyers (IRL). Jamais le bailleur ne peut exiger de régularisation, même si les charges réelles dépassent largement le forfait convenu. À l'inverse, le locataire ne peut prétendre à aucun remboursement si les charges réelles sont inférieures. Cette rigidité explique que certains bailleurs en meublé optent pour une provision sur charges, mais cela doit être explicitement stipulé au bail. La [régularisation des charges en location meublée](/charges/charges-locataire-location-meublee/) obéit alors aux mêmes règles qu'en location vide. ## La régularisation des charges locatives : comment procéder ? La régularisation annuelle des charges est une obligation légale pour le bailleur qui a opté pour le régime de la provision. Elle consiste à comparer le total des provisions versées par le locataire avec les dépenses réelles constatées, puis à établir un solde. Cette opération doit intervenir dans un délai raisonnable après la clôture de l'exercice comptable de la copropriété. Selon le ministère de l'Économie (economie.gouv.fr, 2025), le décompte doit être détaillé par nature de charges, la régularisation doit couvrir l'exercice complet, et le solde doit être réglé dans le mois suivant l'envoi du décompte, qu'il soit en faveur du bailleur ou du locataire. Le bailleur qui tarde à régulariser s'expose à ce que le locataire exige le remboursement des provisions non justifiées. ### Décompte annuel : les documents à fournir au locataire Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, le bailleur doit tenir à disposition du locataire les justificatifs des charges pendant **un mois** avant la régularisation et **six mois** après l'envoi du décompte. Concrètement, le propriétaire transmet un tableau récapitulatif indiquant, pour chaque poste, le montant total imputé à l'immeuble, la clé de répartition utilisée et la quote-part résultant pour le logement. Les pièces justificatives (factures du syndic, avis de taxe foncière pour la TEOM, contrats d'entretien) doivent pouvoir être consultées par le locataire, sur demande, au domicile du bailleur ou par voie dématérialisée. Le [processus complet de régularisation](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) est détaillé dans notre guide dédié, avec les délais précis et les recours. ### Erreur courante : confondre forfait et provision sur charges (et ses conséquences) L'erreur classique : un propriétaire signe un bail en location meublée avec un forfait de charges de 80 € par mois, puis tente, un an plus tard, d'envoyer un décompte de régularisation de 240 € au motif que les charges réelles s'élevaient à 100 € mensuels. Juridiquement, cette régularisation est nulle. Le forfait, par définition, exclut toute régularisation. Le locataire peut refuser de payer le complément, et le juge de proximité lui donnera raison. La seule option pour le bailleur est d'attendre la révision annuelle du forfait selon l'IRL, ou de modifier le contrat au prochain renouvellement en basculant sur un régime de provision. En location vide, le forfait est exceptionnel. Son usage nécessite un accord exprès et justifié des parties, car la loi du 6 juillet 1989 impose par défaut le régime de la provision. Un propriétaire qui appliquerait un forfait en location vide sans clause contractuelle explicite s'exposerait à une requalification en provision par le juge, avec régularisation rétroactive. ## Tableau récapitulatif : charges récupérables vs non récupérables Ce tableau synthétise les principaux postes de charges, selon qu'ils incombent au locataire (récupérables) ou au seul propriétaire (non récupérables). La liste exhaustive figure dans le décret du 26 août 1987. Pour un inventaire complet, poste par poste, consultez notre [liste des charges récupérables](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/). | Charges récupérables (locataire) | Charges non récupérables (propriétaire) | |---|---| | Eau froide des parties communes | Taxe foncière | | Électricité des parties communes | Assurance de l'immeuble | | Chauffage et eau chaude collectifs | Gros travaux (ravalement, toiture, ravalement) | | Entretien de l'ascenseur et des équipements collectifs | Honoraires de syndic (hors gestion courante) | | Produits d'entretien des communs | Frais de contentieux du syndicat | | Entretien des espaces verts | Travaux de mise aux normes (amiante, DPE, sécurité) | | Gardiennage (75 % si nettoyage + ordures) | Rémunération du syndic pour convocations AG | | Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) | Frais de relocation (agence, état des lieux) | Le gardiennage illustre la nécessité de nuancer : il n'est récupérable qu'à 75 % lorsque le gardien assure l'entretien des parties communes et l'élimination des ordures ménagères. Si le gardien n'effectue que de la surveillance, la part récupérable tombe à 0 %. ## Sources - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F375) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053423293) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/comment-sont-calcules-mes-impots-locaux) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/votre-proprietaire-a-augmente-les-charges-locatives-voici-dans-quels-cas-vous-pouvez-refuser-cette-hausse-487e0698e635deaedbcc62341bdcdc02)

Fiche pratique

Estimation indicative des charges locatives (2026)1,3 €/m² (arrêté du 6 janvier 2026, Legifrance)
Texte de référence (charges récupérables)Décret n° 87-713 du 26 août 1987
Texte de référence (rapports locatifs)Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989
Délai de conservation des justificatifs (loi ALUR)1 mois avant et 6 mois après la régularisation
Provision sur dépôt de garantie (sortie en cours d'année)Plafonnée à 20 % du dépôt de garantie
Site officiel de référenceeconomie.gouv.fr et service-public.gouv.fr
Contact en cas de litigeCommission départementale de conciliation (CDC) ou juge des contentieux de la protection
> Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # PV d'AG en copropriété : ce que j'ai appris URL: https://copro-guide.fr/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-experience/ Catégorie: assemblee · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-07-09 Mot-clé ciblé: procès-verbal assemblée générale copropriété J'ai contesté un PV d'AG en copropriété : délai de 2 mois, erreurs de vote, recours. Retour d'expérience complet avec les étapes clés. Quand j'ai reçu le procès-verbal de notre assemblée générale en mars 2025, j'ai failli le ranger sans le lire. Comme la plupart des années. C'est une erreur que je ne referai pas. En parcourant le document ce soir-là, j'ai découvert que le vote sur le ravalement de façade, pourtant rejeté à l'AG, figurait dans le PV comme "approuvé". Vingt-trois mois de démarches plus tard, voici ce que j'aurais voulu savoir dès le premier jour. [INTERNAL-LINK: procès-verbal assemblée générale → guide vote en assemblée générale de copropriété] ## Le contexte : une AG ordinaire, un PV extraordinairement flou Notre copropriété de 24 lots dans le 11e arrondissement de Paris tient son assemblée générale chaque mars. Celle de 2025 portait sur plusieurs sujets. Approbation des comptes, renouvellement du contrat du syndic, ainsi que surtout le vote d'un ravalement de façade estimé à 187 000 euros, soit environ 7 800 euros par lot en moyenne. Le ravalement a cristallisé toutes les tensions. Certains copropriétaires voulaient reporter, d'autres lancer les travaux immédiatement. Le vote, à main levée, s'est conclu par un rejet à 9 voix contre 8, avec 3 abstentions. Selon la loi du 10 juillet 1965, les travaux de cette nature requièrent la majorité de l'article 26 dans certains cas, voire la majorité absolue de l'article 25 selon leur nature exacte. Le syndic n'avait pas précisé quelle majorité s'appliquait. Le syndic n'avait pas précisé quelle majorité s'appliquait, notamment l'importance de bien connaître les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Résultat. Le PV, envoyé cinq semaines plus tard, mentionnait la résolution comme adoptée. [IMAGE: Mains tenant un document officiel - procès-verbal assemblée copropriété - close-up papier administratif] ## Ce que j'ai fait : les étapes concrètes **Étape 1 : relire le PV ligne par ligne, immédiatement** À lire aussi : [assemblée générale ordinaire en copropriété : mode d'emploi](/assemblee/assemblee-generale-ordinaire-copropriete/). Nous détaillons ce point dans [ag copropriété obligatoire : fréquence, délais et règles](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-obligatoire/). Nous détaillons ce point dans [pv d'assemblée générale de copropriété : modèle pdf gratuit](/assemblee/pv-assemblee-generale-copropriete-pdf/). Sur le même sujet, notre article [compte rendu ag copropriété : obligations, délais et modèle](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/) complète cette analyse. C'est fastidieux, mais indispensable. Un procès-verbal d'AG doit mentionner, pour chaque résolution. L'intitulé exact, le résultat du vote, le décompte des voix, des abstentions ainsi que des tantièmes correspondants. J'ai comparé le document avec mes propres notes prises pendant l'assemblée. L'écart était flagrant. 9 votes contre, 8 pour, 3 abstentions dans mes notes. Le PV indiquait 11 pour, 8 contre, 1 abstention. Un renversement complet du résultat. **Étape 2, contacter d'autres copropriétaires présents** En 48 heures, j'avais recueilli les confirmations écrites de quatre copropriétaires ayant voté contre le ravalement. Leurs notes concordaient avec les miennes. L'un d'eux avait même photographié le tableau de vote affiché en séance, ce qui s'est révélé décisif. **Étape 3, adresser un courrier recommandé au syndic dans les 10 jours** Cette démarche est essentielle pour contester un PV, surtout si le délai de [convocation d'assemblée générale de copropriété est hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/). J'ai envoyé une lettre recommandée avec accusé de réception au syndic, en détaillant point par point les écarts constatés, en joignant ma feuille de notes ainsi qu'en demandant la correction du PV sous 15 jours. Je me suis appuyé sur l'article 17-1 du décret du 17 mars 1967 ([Legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006489083)), qui impose au syndic de notifier le PV dans les 2 mois suivant l'assemblée et d'en respecter l'exactitude. **Étape 4, saisir le tribunal judiciaire avant l'expiration du délai** Le syndic a refusé de corriger le PV, arguant que le vote avait bien été favorable. L'article 42 de la loi de 1965 ([Legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000020625220)) fixe un délai impératif de 2 mois à compter de la notification du PV pour contester une décision irrégulière. J'ai saisi le tribunal judiciaire de Paris 15 jours avant l'expiration de ce délai, en demandant l'annulation de la résolution litigieuse. Il est crucial de respecter ce [délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) si une décision doit être reprise. [INTERNAL-LINK: délai contestation AG → article sur les délais de convocation et de recours en assemblée générale] La procédure a duré sept mois. En novembre 2025, le tribunal a annulé la résolution sur le ravalement, en relevant que le décompte des voix ne correspondait pas aux tantièmes mentionnés dans la feuille de présence jointe au dossier. Le syndic a dû organiser une nouvelle assemblée sur ce seul point. ## Les résultats obtenus L'annulation a eu trois effets concrets. D'abord, les travaux de ravalement ont été reportés à 2026, le temps d'organiser une nouvelle AG. Ensuite, le syndic a modifié sa procédure interne. Le PV est maintenant co-signé par le président de séance dès la clôture de l'assemblée, ce qui limite les erreurs de retranscription. Enfin, j'ai récupéré les frais d'huissier engagés pour la signification de l'assignation (environ 150 euros), le tribunal ayant condamné le syndic aux dépens. En comparant avec d'autres copropriétaires de mon réseau, j'ai constaté que la principale cause d'erreur dans les PV n'est pas la mauvaise foi, mais la retranscription différée. Beaucoup de syndics rédigent le PV plusieurs semaines après l'AG, à partir de notes lacunaires. La co-signature immédiate par le président de séance, prévue par le règlement de copropriété type, reste très rarement appliquée. Selon l'ADIL (Agence nationale pour l'information sur le logement), les litiges liés aux assemblées générales et à leurs procès-verbaux représentent près de 30 % des contentieux en copropriété portés devant les tribunaux ([ADIL, rapport 2024](https://www.anil.org/publications-enquetes-et-rapports/)). C'est le premier motif de saisine judiciaire dans ce domaine. [CHART: Camembert - Principaux motifs de litiges en copropriété - source ADIL 2024 - catégories : PV et AG 30%, charges 25%, travaux 20%, syndic 15%, autres 10%] ## Ce que j'aurais fait différemment Je me suis trop reposé sur mes notes personnelles pendant l'assemblée. Photographier le tableau de vote dès l'annonce du résultat, demander au syndic de confirmer oralement le décompte avant la clôture de la résolution, ainsi que solliciter immédiatement la feuille de présence signée. Ces trois réflexes auraient accéléré la procédure de plusieurs semaines. J'aurais aussi dû réagir plus vite après réception du PV. J'ai attendu trois semaines avant d'envoyer mon courrier recommandé. Avec un délai légal de 2 mois, cela laisse peu de marge pour engager une action judiciaire si le syndic tarde à répondre. [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2606) recommande d'agir dès réception du document. Enfin, j'aurais consulté un conciliateur de justice dès le départ. La conciliation est gratuite devant le tribunal judiciaire et peut suffire à obtenir une correction amiable du PV, sans passer par la case assignation. C'est un outil sous-utilisé dans les copropriétés, alors qu'il peut régler ce type de litige en quatre à six semaines. Il existe une subtilité que beaucoup de copropriétaires ignorent. Seuls les copropriétaires "opposants ou défaillants" reçoivent la notification officielle du PV et peuvent contester dans le délai de 2 mois. Si vous étiez présent et que vous avez voté pour la résolution, vous n'êtes pas dans cette catégorie et votre délai court différemment. Vérifiez votre statut dans la feuille de présence avant toute démarche. ## Ce qu'il faut retenir Relire son PV d'AG le jour de sa réception n'est pas une option, c'est la seule façon de préserver ses droits dans le délai légal. Un procès-verbal erroné ne se corrige pas spontanément, et le syndic n'a aucun intérêt à rouvrir le sujet si personne ne l'y oblige. Les points de vigilance pratiques. - Prenez des notes structurées pendant l'AG : résolution par résolution, résultat et décompte des voix - Photographiez tout document affiché en séance (tableau de vote, feuille de présence) - Dès réception du PV, comparez point par point avec vos notes - En cas d'écart, adressez un recommandé au syndic dans les 10 jours - Le délai de contestation judiciaire est de 2 mois à compter de la notification : ne le laissez pas expirer La copropriété fonctionne sur des décisions collectives. Quand ces décisions sont mal retranscrites, c'est l'ensemble des copropriétaires qui en paye le prix, parfois pendant des années. [INTERNAL-LINK: contestation AG → article sur les recours contre une décision d'assemblée générale de copropriété] ## Sources - [Legifrance.gouv.fr - Loi du 10 juillet 1965, article 42](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000020625220) - [Legifrance.gouv.fr - Décret du 17 mars 1967, article 17-1](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006489083) - [service-public.fr - Contester une décision d'assemblée générale de copropriété](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2606) - [ADIL - Rapport annuel sur les litiges en copropriété 2024](https://www.anil.org/publications-enquetes-et-rapports/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation juridique. Consultez un avocat spécialisé en droit de la copropriété pour toute situation contentieuse.* --- # Charges locataire meublé 2026 : forfait, provision et barème URL: https://copro-guide.fr/charges/charges-locataire-location-meublee/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-03 Mot-clé ciblé: charges locataire meublé Charges locataire meublé : forfait ou provision, liste des dépenses récupérables, règles légales 2026. Guide complet pour savoir qui paie quoi En location meublée, le locataire paie ses charges locatives selon deux modes exclusifs : la provision sur charges avec régularisation annuelle, ou le forfait de charges. Ce choix, propre au bail meublé, engage différemment le propriétaire ainsi que le locataire. La loi Alur de 2014 a précisé l'encadrement de ces deux options, mais de nombreux baux continuent de comporter des clauses imprécises, source fréquente de litiges. Voici ce que dit la loi, poste par poste. Comment éviter les pièges les plus coûteux. ## Charges locatives en location meublée : deux modes de paiement possibles La location meublée se distingue de la location vide sur un point essentiel : le mode de règlement des charges locatives. Deux formules coexistent : la provision sur charges (avec obligation de régularisation annuelle) ou le forfait de charges, qui dispense de justificatifs mais fige le montant pour toute la durée du bail. Ces deux mécanismes sont exclusifs l'un de l'autre. Un bail meublé ne peut pas prévoir à la fois une provision et un forfait sur les mêmes postes de charges. La jurisprudence rappelle régulièrement cette incompatibilité. Selon le site economie.gouv.fr (août 2025), le locataire d'un meublé paie « soit une provision sur charges (comme pour les logements loués vides), soit des charges forfaitaires ». Le choix appartient au propriétaire lors de la rédaction du bail, mais il produit des effets très différents sur les droits et obligations de chacun. Fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987, la liste des charges récupérables reste identique quel que soit le mode de paiement retenu. Ce qui change, c'est uniquement la manière de les facturer au locataire. Dans les faits, le forfait est très répandu en meublé, notamment pour les locations étudiantes ainsi que les baux de courte durée, car il simplifie la gestion. La provision s'impose dès que les charges réelles sont significatives ou variables d'une année sur l'autre. ### Provision sur charges : fonctionnement et régularisation annuelle Calqué sur celui de la location vide, le mécanisme de la provision sur charges est simple à appréhender. Chaque mois, le locataire verse, en plus du loyer, une avance calculée sur le budget prévisionnel des charges. Au moins une fois par an, le propriétaire doit produire un décompte détaillé (pièces justificatives à l'appui) et régulariser : rembourser le trop-perçu ou demander le complément. Ce système présente un avantage de transparence pour le locataire. Il ne paie que ce qui a été réellement dépensé. La contrepartie : le propriétaire doit conserver tous les justificatifs et respecter un délai strict de régularisation. L'[obligation de rendre des comptes](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) pèse entièrement sur le bailleur. ### Forfait charges location meublée : avantages et limites légales Propre au bail meublé, le forfait de charges permet au locataire de verser un montant fixe, mensuel voire trimestriel, sans que le bailleur ait à justifier les dépenses réelles. Aucune régularisation n'est prévue en fin d'exercice : si les charges réelles sont inférieures, le propriétaire conserve la différence ; si elles sont supérieures, il en supporte la perte. Ce dispositif séduit par sa simplicité. Mais il comporte un risque majeur pour le bailleur, un forfait sous-évalué ne peut pas être révisé en cours de bail. La loi Alur (loi n°2014-366 du 24 mars 2014) a verrouillé ce point. Son montant doit donc être estimé avec prudence, en se basant sur les charges réelles des exercices antérieurs. ## Liste des charges récupérables : ce que le locataire paie réellement Dressée par le décret n°87-713 du 26 août 1987, la liste exhaustive des charges qu'un propriétaire peut récupérer sur son locataire est identique en location vide comme en location meublée. En revanche, le mode de facturation (provision ou forfait) change selon le type de bail. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [charges locataire 2026 : la liste exacte de ce que vous](/charges/charges-a-la-charge-du-locataire/). Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [liste des charges locatives : ce que paie le locataire](/charges/liste-charges-locatives-incombant-au-locataire/). Sur le même sujet, notre article [comment calculer les charges locatives en 2026](/charges/comment-calculer-charges-locatives/) complète cette analyse. Concrètement, les charges récupérables couvrent les dépenses liées au fonctionnement et à l'entretien courant de l'immeuble. Elles excluent tout ce qui relève de l'investissement, des grosses réparations ou des honoraires de syndic liés à la gestion administrative de la copropriété. La [liste complète des charges récupérables](/charges/charges-locataire-liste-recuperables/) détaille chaque poste autorisé. Les principaux concernent l'eau, le chauffage, l'entretien des parties communes ainsi que les équipements collectifs comme l'ascenseur. Un propriétaire ne peut pas facturer au locataire une dépense qui ne figure pas dans ce décret, même si le bail le prévoit. ### Eau, chauffage et parties communes : les postes principaux L'eau froide et l'eau chaude représentent souvent le premier poste de charges récupérables. Le propriétaire peut refacturer la consommation d'eau du logement, ainsi que la part locative de l'abonnement et de l'entretien du compteur. Pour le chauffage collectif, les frais de combustible, de gaz ainsi que d'électricité sont récupérables, de même que l'entretien des chaudières ainsi que des compteurs individuels. Troisième grand bloc : l'entretien des parties communes recouvre le nettoyage des halls, couloirs, escaliers, l'éclairage des circulations ainsi que la maintenance des espaces verts. Les frais de personnel affecté à ces tâches (gardien, concierge) sont également récupérables, au prorata de l'utilité pour le locataire. ### Dépenses d'entretien courant à la charge du locataire Au-delà des charges de copropriété, le locataire supporte les menues réparations ainsi que l'entretien courant du logement. La liste est fixée par le décret n°87-712 du 26 août 1987 (distinct du décret sur les charges récupérables). Robinetterie, joints, ampoules, entretien des appareils de chauffage individuels, ramonage, ces dépenses incombent au locataire. En location meublée, le locataire doit aussi entretenir le mobilier ainsi que les équipements mis à disposition, mais pas les remplacer. L'usure normale reste à la charge du propriétaire. Cette distinction est une source fréquente de désaccords lors de l'état des lieux de sortie. > **L'essentiel** > > - En location meublée, le locataire paie ses charges soit par provision avec régularisation annuelle, soit par forfait sans régularisation. > - La liste des charges récupérables (eau, chauffage, entretien des parties communes, ascenseur) est fixée par le décret du 26 août 1987 et s'impose dans tous les cas. > - Le forfait de charges, instauré par la loi Alur de 2014, n'est pas révisable en cours de bail : un forfait sous-évalué représente une perte sèche pour le propriétaire jusqu'au renouvellement. > - Le propriétaire ne peut pas refacturer la taxe foncière, les grosses réparations ni les honoraires de syndic liés à l'administration générale. > - En provision sur charges, le propriétaire doit fournir un décompte détaillé avec justificatifs dans un délai raisonnable après l'arrêté des comptes, sous peine de devoir restituer les provisions. ## Forfait de charges en location meublée : règles issues de la loi Alur La loi Alur du 24 mars 2014 a modifié l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 pour autoriser explicitement le forfait de charges dans les baux meublés. Avant cette réforme, la pratique existait mais sans base légale claire, ce qui alimentait le contentieux. Son texte précise que le forfait doit être « fixé en fonction du montant des charges récupérables constaté lors des exercices précédents ou, à défaut, du budget prévisionnel ». Il ne peut pas servir à contourner l'encadrement des loyers ni à déguiser un complément de loyer abusif. Un forfait manifestement disproportionné par rapport aux charges réelles peut être contesté devant le juge. Autre point fondamental : le montant du forfait n'est pas révisable en cours de bail, sauf clause de révision expresse fondée sur l'indice de référence des loyers (IRL). Cette rigidité est souvent mal anticipée par les propriétaires. La [liste des charges que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/) rappelle que certaines dépenses ne peuvent en aucun cas être intégrées dans le forfait. ### Ce que la loi Alur a changé pour le forfait charges Avant la loi Alur, le forfait de charges en meublé relevait d'une tolérance jurisprudentielle fragile. La loi de 2014 a créé un cadre : le forfait doit être expressément prévu au bail, son montant doit être justifié par référence aux charges antérieures. Le locataire peut en demander la justification une fois par an (même si le bailleur n'a pas à produire de décompte). Selon e-immobilier.credit-agricole.fr (source consultée en mai 2026), cette réforme a « sécurisé la pratique tout en protégeant le locataire contre les abus ». Le bailleur qui ne peut justifier le montant du forfait s'expose à un remboursement partiel et à des dommages-intérêts. ### Montant du forfait : comment le fixer sans risque juridique ? Fixer le forfait trop bas, c'est perdre de l'argent pendant toute la durée du bail. Le fixer trop haut, c'est risquer une requalification en complément de loyer dissimulé. La prudence commande de se baser sur la moyenne des charges récupérables des deux ou trois derniers exercices, en y ajoutant une marge raisonnable (5 à 10 %) pour absorber les hausses prévisibles. Même en forfait, les justificatifs des charges réelles doivent être conservés par le propriétaire. Le locataire peut les consulter sur demande. Cette transparence minimale distingue le forfait légal de la clause abusive qui consisterait à facturer un montant sans aucun lien avec la réalité des charges. ## Répartition charges locataire / propriétaire : qui paie quoi en meublé ? Simple à retenir : le locataire paie les charges récupérables liées au fonctionnement et à l'entretien courant, et le propriétaire assume tout le reste. Cette répartition découle directement du décret de 1987 et s'applique à l'identique en location vide et en meublé. Intégralement à la charge du propriétaire, la taxe foncière est non récupérable. Les gros travaux (ravalement de façade, réfection de toiture, mise aux normes de l'ascenseur, isolation par l'extérieur) ne le sont pas non plus. Les honoraires de syndic, dans leur composante « administration générale », sont également exclus : seule la part correspondant à des prestations récupérables (entretien, gardiennage) peut être refacturée. Cette distinction est au cœur de nombreux litiges. Le locataire qui reçoit un appel de fonds travaux de la copropriété doit vérifier, poste par poste, si la dépense est bien récupérable. La [répartition des charges entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) obéit à une logique précise que le décret détaille en annexe. ### Ce que le propriétaire ne peut pas refacturer au locataire Certaines dépenses sont exclues des charges récupérables par nature. Attention à ne pas confondre : la taxe foncière n'est jamais récupérable, mais la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui figure pourtant sur le même avis d'imposition, est bien récupérable sur le locataire (décret n°87-713). Les frais de mise en conformité, les diagnostics techniques obligatoires (DPE, amiante, plomb) ainsi que les honoraires d'avocat ou d'huissier engagés par le propriétaire ne peuvent pas être refacturés. En meublé, le renouvellement du mobilier et des équipements incombe exclusivement au propriétaire. Le locataire n'a pas à financer le remplacement d'un lave-linge ou d'un canapé usagé. Seules les menues réparations, changer un flexible, remplacer une ampoule, restent à sa charge. ### Exemple chiffré de répartition sur un appartement meublé type Prenons un cas concret, à titre illustratif. Un appartement meublé de 35 m² situé dans une copropriété de 20 lots. Les charges de copropriété annuelles s'élèvent à 2 400 €. Sur cette somme, environ 1 500 € correspondent à des dépenses récupérables (eau froide, eau chaude, chauffage collectif, entretien ménager des parties communes, ascenseur, espaces verts). Ces 1 500 € reviendront au locataire, soit 125 € par mois, que ce soit en provision voire intégrés dans un forfait. Les 900 € restants (honoraires de syndic administration, assurance immeuble, provision gros travaux) restent à la charge du propriétaire. Quant à la taxe foncière, elle n'apparaît même pas dans ce calcul, elle est due par le propriétaire, point final. ## Régularisation des charges en meublé : délais et procédure à respecter Seul le régime de la provision sur charges implique une régularisation. En forfait, par définition, il n'y a rien à régulariser. Celui qui a opté pour la provision doit adresser au locataire un décompte par nature de charges, accompagné des justificatifs, dans un délai raisonnable après l'arrêté des comptes de la copropriété. Aucun délai précis en mois n'est fixé par la loi. La jurisprudence considère toutefois qu'un décompte envoyé plus de six mois après la clôture de l'exercice comptable est tardif. Dans ce cas, le locataire peut exiger la restitution immédiate des provisions versées, sans attendre le décompte. Cette [procédure de régularisation des charges](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) doit être respectée à la lettre pour éviter tout litige. ### Délai légal de régularisation et pièces justificatives Un décompte détaillé doit être transmis par le propriétaire : charges récupérables poste par poste, montant total des provisions appelées, solde débiteur voire créditeur. Il s'accompagne des pièces justificatives : relevés de charges de copropriété, factures d'entretien, contrats de maintenance. Un mois est ensuite accordé au locataire pour contester le décompte. Passé ce délai, il est réputé l'avoir accepté, sans pour autant perdre la possibilité d'agir en justice ultérieurement, dans la limite du délai de prescription de trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). ### Piège du forfait sous-évalué : conséquences réelles C'est l'erreur la plus fréquente en location meublée. Un propriétaire fixe un forfait de 80 € par mois pour un appartement dont les charges récupérables atteignent en réalité 120 €. Résultat : il perd 40 € par mois, soit 480 € par an, pendant toute la durée du bail, sans pouvoir ajuster le forfait en cours de route. Toute révision unilatérale du forfait est interdite par la loi Alur, sauf clause indexée sur l'IRL. Cette clause ne couvre que l'inflation, pas l'écart entre le forfait et les charges réelles. Au renouvellement du bail seulement, le propriétaire peut rectifier le tir. Pour un bail de trois ans, l'erreur de calibrage peut coûter plus de 1 400 €. ## Charges locatives meublé vs location vide : tableau comparatif Location vide et location meublée partagent la même liste de charges récupérables. Mais le mode de paiement, la révision et les obligations de justification diffèrent sensiblement. Le tableau ci-dessous synthétise ces écarts. | Critère | Location vide | Location meublée | |---|---|---| | Mode de paiement | Provision sur charges (obligatoire) | Provision sur charges OU forfait (au choix) | | Régularisation annuelle | Obligatoire | Obligatoire en provision ; inexistante en forfait | | Justificatifs à fournir | Obligatoires chaque année | Obligatoires en provision ; consultables sur demande en forfait | | Révision en cours de bail | Oui, si charges réelles > provisions | Non pour le forfait (sauf clause IRL) ; oui pour la provision | | Risque pour le locataire | Régularisation potentiellement élevée | Forfait trop élevé sans recours possible | | Risque pour le propriétaire | Contentieux sur justificatifs | Forfait sous-évalué = perte sèche jusqu'au renouvellement | La question de [qui paie quoi entre locataire et propriétaire](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) reçoit la même réponse dans les deux régimes, les charges récupérables sont identiques. Ce sont les modalités de facturation qui créent les différences pratiques. ## Sources - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32744) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/dois-je-declarer-les-loyers-de-ma-location-meublee-en-incluant-les-charges) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/la-location-meublee-depuis-la-loi-alur) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508492/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772804/)

Fiche pratique

Décret applicableDécret n°87-713 du 26 août 1987 (charges récupérables)
Modes de paiement en meubléProvision sur charges OU forfait (exclusifs l'un de l'autre)
Forfait : révision en cours de bailNon, sauf clause expresse indexée sur l'IRL
Délai de régularisation (provision)Pas de délai légal en mois ; la jurisprudence retient ~6 mois après clôture de l'exercice
Prescription action en régularisation3 ans (article 7-1 loi du 6 juillet 1989)
Dépenses NON récupérablesTaxe foncière (hors TEOM, elle récupérable), gros travaux (art. 606 Code civil), honoraires syndic administration
Texte fondateur forfait meubléLoi Alur n°2014-366 du 24 mars 2014 (article 6 modifié de la loi de 1989)
> Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Charges du locataire : liste complète et récupérables 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/charges-locataire-liste-recuperables/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-07-02 Mot-clé ciblé: charges du locataire Charges du locataire : quelles dépenses sont récupérables, comment se fait la régularisation et qui paie quoi ? Guide complet 2026 avec liste officielle. Les charges du locataire sont exclusivement celles inscrites dans une liste fixée par décret : le décret n°87-713 du 26 août 1987. Toute dépense absente de cette liste reste à la charge du propriétaire. Ce guide détaille précisément quelles charges sont récupérables, comment fonctionne le système des provisions mensuelles et selon quelles règles s'opère la régularisation annuelle. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Les charges du locataire sont exclusivement celles inscrites dans le décret n°87-713 du 26 août 1987 : toute dépense hors liste reste à la charge du propriétaire. > - Les provisions mensuelles sont des avances sur charges, régularisées une fois par an par comparaison entre le total provisionné et les dépenses réelles récupérables. > - Le bailleur dispose d'un délai de six mois après approbation des comptes de copropriété pour adresser le décompte de régularisation au locataire. > - Les gros travaux, le ravalement, le remplacement d'équipements et les honoraires de syndic pour AG ne sont jamais récupérables sur le locataire. > - En cas de trop-perçu constaté lors de la régularisation, le bailleur doit rembourser le locataire ; ce dernier ne peut pas unilatéralement déduire la somme du loyer. ## Qu'est-ce qu'une charge récupérable sur le locataire ? Une charge récupérable, aussi appelée charge locative, est une dépense que le propriétaire bailleur peut légalement répercuter sur son locataire. Ce mécanisme est strictement encadré par la loi du 6 juillet 1989 régissant les rapports locatifs. Seules les dépenses expressément listées dans le décret n°87-713 du 26 août 1987 peuvent être refacturées au locataire : tel est le principe fondamental. Toute autre charge, même votée en assemblée générale de copropriété, demeure à la charge exclusive du propriétaire. Exhaustive et limitative, cette liste ne souffre aucune exception de la part du bailleur. Il ne s'agit pas d'une simple recommandation : le bailleur ne peut pas ajouter de sa propre initiative des postes de dépenses qui n'y figurent pas. Cette protection légale évite que le locataire ne supporte des frais qui relèvent de l'entretien du patrimoine du propriétaire ou de l'amélioration de l'immeuble. Deux natures de dépenses se distinguent dans ce mécanisme. D'un côté, les dépenses liées à la jouissance du logement ainsi qu'à l'usage de l'immeuble (eau, chauffage collectif, entretien courant des parties communes). De l'autre, les dépenses d'investissement ou de conservation du bâti (ravalement, mise aux normes, grosses réparations), qui incombent au propriétaire. Cette distinction, posée par le décret ainsi que confortée par la jurisprudence, constitue la clé de lecture de l'ensemble du système. Pour vérifier si une charge est récupérable, le locataire peut consulter le décret directement sur Legifrance ou la fiche pratique du site economie.gouv.fr mise à jour en août 2025. Ces sources officielles offrent la liste intégrale des postes refacturables. ### Le principe posé par la loi du 6 juillet 1989 L'article 23 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que les charges récupérables sont exigibles sur justification, en contrepartie des services rendus liés à l'usage des différents éléments de la chose louée et des dépenses d'entretien courant. Son texte renvoie expressément au décret du 26 août 1987 pour la définition de ces charges. Ce cadre légal impose au bailleur de justifier chaque dépense refacturée par des pièces comptables. Pendant un mois à compter de l'envoi du décompte annuel, le locataire peut exiger la communication de ces justificatifs. Un double verrou est ainsi instauré par la loi : une liste limitative des charges récupérables et une obligation de transparence dans leur justification. ### Les trois grandes catégories de dépenses récupérables Le décret n°87-713 du 26 août 1987 structure les charges récupérables en trois grandes catégories. - **Les dépenses liées aux services du logement et à l'usage de l'immeuble** : elles couvrent l'eau froide, l'eau chaude, le chauffage collectif, l'électricité des parties communes, et l'énergie nécessaire au fonctionnement des équipements communs. - **Les frais d'entretien courant et de petites réparations** : cette catégorie englobe l'entretien des parties communes (nettoyage, sortie des poubelles), la maintenance des équipements collectifs (ascenseur, interphone, chaudière collective), et l'entretien des espaces verts. la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et la redevance d'assainissement figurent parmi les prélèvements refacturables au locataire. Ces trois catégories forment le socle de toutes les charges locatives. Chaque dépense facturée au locataire doit pouvoir être rattachée à l'une d'entre elles. Comprendre les spécificités de chaque catégorie est essentiel pour savoir exactement qui paie quoi en matière de charges, que vous soyez locataire ou propriétaire. Pour plus de détails, n'hésitez pas à consulter notre article complet pour savoir clairement [qui doit payer les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). ## Liste des charges locatives incombant au locataire La liste des charges locatives incombant au locataire est intégralement définie par le décret n°87-713 du 26 août 1987, annexé à la loi du 6 juillet 1989. Ce décret énumère de manière exhaustive les postes de dépenses que le bailleur peut récupérer. La fiche du site economie.gouv.fr, actualisée le 7 août 2025, en propose une synthèse accessible. La liste des charges locatives incombant au locataire est intégralement définie par le décret n°87-713 du 26 août 1987, annexé à la loi du 6 juillet 1989. Ce décret énumère de manière exhaustive les postes de dépenses que le bailleur peut récupérer. La fiche du site economie.gouv.fr, actualisée le 7 août 2025, en propose une synthèse accessible. Les charges récupérables couvrent l'ensemble des frais exposés pour assurer la jouissance normale du logement et des parties communes. Elles se décomposent en plusieurs grands blocs : les fluides ainsi que l'énergie, l'entretien ainsi que la maintenance des équipements collectifs, les menues réparations, ainsi que certaines taxes. Pour faciliter la lecture, voici un tableau récapitulatif des principales charges récupérables et non récupérables. | Poste de dépense | Récupérable sur le locataire | |---|---| | Eau froide (consommation) | Oui | | Eau chaude collective | Oui | | Chauffage collectif | Oui | | Électricité des parties communes | Oui | | Nettoyage des parties communes | Oui | | Entretien de l'ascenseur | Oui | | Entretien des espaces verts | Oui | | Gardiennage (salaire et charges) | Oui | | TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) | Oui | | Redevance d'assainissement | Oui | | Entretien de la chaudière individuelle | Oui (entretien annuel) | | Petites réparations (robinets, joints) | Oui | | Ravalement de façade | Non | | Remplacement de la chaudière | Non | | Honoraires de syndic pour AG | Non | | Travaux de mise aux normes | Non | Ce tableau, sans être exhaustif, reflète la logique du décret : les dépenses de fonctionnement ainsi que d'entretien courant sont récupérables, les dépenses d'investissement ainsi que de gros entretien restent au propriétaire. ### Eau, chauffage collectif et énergie Les fluides représentent souvent le poste de charges locatives le plus important. L'eau froide et l'eau chaude sanitaire, lorsqu'elles sont produites collectivement, sont intégralement récupérables sur la base de la consommation réelle du logement ou, à défaut de compteur individuel, selon les tantièmes définis dans le règlement de copropriété. Même logique pour le chauffage collectif. Refacturé au locataire : le coût de l'énergie (gaz, électricité, réseau de chaleur urbain) ainsi que les frais de conduite et d'entretien courant de l'installation de chauffage. L'électricité nécessaire à l'éclairage et au fonctionnement des équipements des parties communes (minuteries, portes automatiques, VMC collective) est également récupérable. ### Entretien des parties communes et des équipements L'entretien des parties communes constitue le deuxième grand bloc de charges récupérables. Il inclut le nettoyage des halls, escaliers ainsi que couloirs, la sortie des poubelles ainsi que le nettoiement des locaux dédiés aux conteneurs. L'ascenseur mobilise des frais d'entretien courant et de petit dépannage qui sont refacturables. Entrent dans ce cadre les contrats de maintenance préventive et les visites périodiques obligatoires. En revanche, le remplacement complet de la cabine ou la mise en conformité constituent des gros travaux non récupérables. Gardiennage et surveillance de l'immeuble (salaire du gardien, charges sociales afférentes, logement de fonction quand il existe) sont intégralement récupérables dès lors que ces prestations bénéficient à l'ensemble des occupants. ### Taxes et redevances refacturables au locataire Deux prélèvements fiscaux sont systématiquement refacturables au locataire. Adossée à la taxe foncière, la TEOM est payée par le propriétaire puis récupérée sur le locataire pour la période d'occupation. Son montant figure sur l'avis de taxe foncière du bailleur. Perçue par la collectivité ou le délégataire du service public, la redevance d'assainissement est également refacturable. Elle apparaît généralement sur la facture d'eau lorsque l'abonnement est au nom du propriétaire. Si le locataire dispose d'un abonnement direct auprès du service des eaux, cette redevance est directement intégrée à sa facture et ne transite pas par le décompte de charges. ## Charges que le locataire ne doit jamais payer Certaines dépenses, bien qu'elles apparaissent dans les appels de fonds de la copropriété voire dans les factures transmises au bailleur, ne peuvent jamais être répercutées sur le locataire. Le décret de 1987 fixe une liste limitative des charges récupérables ; par définition, tout ce qui n'y figure pas demeure à la charge du propriétaire. Premier poste source d'erreurs dans les décomptes : les gros travaux. En jurisprudence, les dépenses d'amélioration, de mise aux normes voire de conservation du bâti relèvent exclusivement du propriétaire. Ainsi, le ravalement de façade, la réfection de la toiture, le remplacement de la chaudière collective ou la mise en conformité de l'ascenseur ne peuvent pas être facturés au locataire, même partiellement. Autre poste non récupérable : les honoraires du syndic liés aux assemblées générales extraordinaires ou aux missions de maîtrise d'œuvre. Seuls les honoraires correspondant à la gestion courante des équipements collectifs (tenue du carnet d'entretien de l'ascenseur, par exemple) peuvent être refacturés, et uniquement dans la stricte limite prévue par le décret. Pour un inventaire plus complet des dépenses abusivement refacturées et les moyens de les contester, consultez notre guide dédié aux [charges que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/). ### Travaux et grosses réparations : affaire du propriétaire L'article 606 du Code civil définit les grosses réparations comme celles qui concernent les gros murs, les voûtes, le rétablissement des poutres ainsi que couvertures entières, ainsi que les digues ainsi que murs de soutènement. Ces travaux incombent au propriétaire et ne peuvent en aucun cas être refacturés. Dans une copropriété, la distinction s'opère entre les travaux d'entretien courant (nettoyage, petites réparations des équipements communs) et les travaux de conservation ou d'amélioration (ravalement, réfection d'étanchéité, rénovation des parties communes). Cette frontière est parfois délicate à tracer. À titre de référence, le guide du Crédit Agricole (mars 2026) aide à distinguer ce qui relève du locataire et du propriétaire. En cas de doute sur la qualification d'un travaux, un avis juridique professionnel est recommandé. ### Honoraires de gestion : une ligne que le bailleur ne peut pas refacturer Les honoraires de syndic forment une masse complexe. Certains sont récupérables (gestion courante des équipements collectifs dans la limite fixée par le décret), d'autres non (convocation et tenue des assemblées générales, frais de recouvrement, honoraires de contentieux). En pratique, de nombreux décomptes incluent abusivement des honoraires de syndic non ventilés. Il doit pouvoir identifier la nature exacte des frais de syndic refacturés. Une ligne intitulée « honoraires de syndic » sans détail est contestable. Une ventilation précise s'impose : seuls ceux expressément visés par le décret peuvent être répercutés. ## Provisions sur charges : comment fonctionne l'avance mensuelle ? Un mécanisme de provisions mensuelles organise le paiement des charges locatives. Chaque mois, le locataire verse au propriétaire, en plus du loyer, une somme forfaitaire destinée à couvrir les charges récupérables. Cette provision est une avance sur charges : elle ne constitue pas le montant définitif dû par le locataire. Son montant est fixé dans le contrat de location. Il l'estime en fonction des charges constatées lors des exercices précédents ou, pour une première location, d'après les budgets prévisionnels de la copropriété. Tout au long de l'année, le locataire continue de verser cette provision, indépendamment des fluctuations réelles des dépenses. Cette provision mensuelle n'est pas définitive. Une fois par an, le bailleur procède à une régularisation annuelle qui consiste à comparer le total des provisions versées par le locataire avec le montant réel des charges récupérables de l'exercice écoulé. Cette régularisation débouche sur un solde : soit un complément à payer par le locataire si les provisions étaient insuffisantes, soit un remboursement si elles étaient excédentaires. Obligatoire pour les locations non meublées relevant de la loi de 1989, ce mécanisme ne s'applique pas identiquement aux meublés. Pour les locations meublées, le bailleur peut opter soit pour des provisions avec régularisation, soit pour un forfait de charges sans régularisation annuelle. Dans ce second cas, le montant reste fixe et n'est pas ajusté en fonction des dépenses réelles. Obligatoire pour les locations non meublées relevant de la loi de 1989, ce mécanisme ne s'applique pas identiquement aux meublés. Pour les locations meublées, le bailleur peut opter soit pour des provisions avec régularisation, soit pour un forfait de charges sans régularisation annuelle. Dans ce second cas, le montant reste fixe et n'est pas ajusté en fonction des dépenses réelles. Pour en savoir plus, consultez notre article sur les [charges locataires meublé 2026](/charges/charges-locataire-location-meublee/). ### Le calcul de la provision mensuelle Le montant de la provision mensuelle n'est pas encadré par un barème légal. Fixé librement par le bailleur, il doit correspondre à une estimation réaliste des charges prévisionnelles. Une provision manifestement surévaluée pourrait être contestée par le locataire au motif qu'elle s'apparente à un loyer déguisé. Dans les immeubles en copropriété, le budget prévisionnel voté chaque année en assemblée générale fournit une base de référence pour estimer les charges récupérables. En début d'exercice, le bailleur peut s'appuyer sur ce budget pour ajuster le montant de la provision. En fin d'exercice, la régularisation corrigera les éventuels écarts entre le prévisionnel et le réel. Pour aller plus loin, découvrez également comment calculer les charges locatives pour une gestion optimisée de votre budget. Pour en savoir plus sur la méthode de calcul des montants à imputer au locataire, découvrez [comment calculer les charges locatives](/charges/comment-calculer-charges-locatives/) en détail. De la même manière, le calcul de la contribution aux charges du mariage entre époux peut s'appuyer sur des principes similaires d'estimation et de régularisation, bien que le cadre légal soit différent. ### Ce que doit contenir le décompte annuel du bailleur Le décompte annuel transmis par le bailleur au locataire doit présenter un détail suffisant pour permettre au locataire de vérifier les sommes qui lui sont réclamées. Le document mentionne le total des provisions versées, la nature ainsi que le montant de chaque charge récupérable, ainsi que le solde après régularisation. Le bailleur doit joindre à ce décompte les justificatifs des dépenses (factures, contrats d'entretien, relevés de compteurs). Cette obligation de transparence, prévue par l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989, permet au locataire d'exercer son droit de contrôle. Si le décompte est insuffisamment détaillé, le locataire peut en demander la rectification par lettre recommandée avec accusé de réception. ## Régularisation des charges : délais, solde et droits du locataire La régularisation des charges locataire constitue l'étape annuelle de vérité comptable entre bailleur et locataire. Elle intervient une fois l'an, après clôture de l'exercice de la copropriété. Le bailleur dispose d'un délai de six mois à compter de l'approbation des comptes par l'assemblée générale pour adresser le décompte de régularisation au locataire. Le décompte compare deux montants : d'une part, le total des provisions sur charges versées par le locataire durant l'exercice ; d'autre part, le montant réel des charges récupérables imputables au logement. Trois situations peuvent se présenter : les provisions égalent les charges réelles (équilibre, aucun mouvement), les provisions sont inférieures aux charges réelles (le locataire doit un complément), ou les provisions sont supérieures aux charges réelles (le locataire bénéficie d'un remboursement). La régularisation ne peut porter que sur les cinq dernières années. Au-delà, toute réclamation est prescrite, conformément à l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989. Ce délai de prescription s'applique aussi bien aux demandes du bailleur qu'à celles du locataire. Pour une analyse complète des délais et de la procédure, consultez notre article sur la [régularisation des charges locataires en 2026](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/). ### Quand et comment le bailleur doit régulariser ? Dans les six mois suivant l'approbation des comptes par l'assemblée générale, le bailleur doit adresser le décompte de régularisation. Pour un exercice clos le 31 décembre et des comptes approuvés en juin, le décompte doit parvenir au locataire avant la fin décembre. Ce délai de six mois n'est pas une simple recommandation. Si le bailleur ne le respecte pas, le locataire peut légitimement s'interroger sur le sérieux de la gestion. Ce décompte doit être envoyé par courrier ou par tout moyen permettant d'en prouver la réception. Y sont joints l'ensemble des justificatifs correspondant aux dépenses refacturées. ### Régularisation en faveur du locataire : remboursement ou déduction ? Lorsque les provisions versées excèdent les charges réelles, le locataire se trouve en situation créditrice. Il doit alors rembourser le trop-perçu au locataire. Aucun texte n'impose de délai spécifique pour ce remboursement, mais la pratique veut qu'il intervienne dans un délai raisonnable après l'envoi du décompte. Généralement, ce remboursement prend la forme d'un virement ou d'un chèque. Sans accord exprès du bailleur, le locataire ne peut pas unilatéralement déduire le trop-perçu du loyer suivant. Une déduction non autorisée pourrait être qualifiée de retenue sur loyer et exposer le locataire à des poursuites. En revanche, bailleur et locataire peuvent convenir d'un commun accord d'une imputation sur les prochaines échéances de loyer ou de provisions. ### Exemple chiffré officiel Le site service-public.fr fournit un exemple chiffré qui illustre parfaitement le mécanisme de régularisation. Les données sont les suivantes : - **Charges réelles totales de l'exercice** : 170 € - **Provision mensuelle versée par le locataire** : 85 € - **Part imputable au locataire après calcul** : 75,75 € - **Part restant à la charge du propriétaire** : 94,25 € Le calcul s'opère ainsi : la part locataire (75,75 €) est inférieure au total des provisions versées (85 €). Résultat : le locataire a trop payé. Il doit seulement 75,75 € et le propriétaire lui doit un remboursement de 9,25 € (85 € − 75,75 €). De son côté, le propriétaire assume la part non récupérable, soit 94,25 €. Cet exemple montre que la provision mensuelle n'est qu'une avance et que la régularisation peut jouer dans les deux sens. Il illustre aussi que le propriétaire supporte toujours une part des charges, même dans un logement loué. ## Répartition charges locataire / propriétaire : qui paie quoi en copropriété ? Régie par une règle simple mais parfois mal comprise, la répartition distingue : le locataire supporte les charges de fonctionnement et d'entretien courant listées par le décret de 1987, le propriétaire assume toutes les autres. Dans un immeuble en copropriété, cette distinction prend une importance particulière car le bailleur reçoit des appels de fonds qui mélangent charges récupérables et non récupérables. Dans une copropriété, le syndic ne connaît que le copropriétaire bailleur. Il lui adresse des appels de fonds globaux incluant aussi bien le budget prévisionnel de fonctionnement que les provisions pour travaux ou les honoraires de syndic. Pour refacturer les charges locatives, il doit extraire de ces appels de fonds les seules dépenses récupérables. Pour les propriétaires bailleurs, il peut être utile de se renseigner également sur la question de [comment déclarer les charges de copropriété aux impôts](/charges/declarer-charges-copropriete-impots/) afin d'optimiser leur fiscalité. Il est crucial de bien comprendre cette distinction pour maîtriser la part du locataire dans les charges de copropriété. Comprendre quelle est la [part du locataire dans les charges de copropriété](/charges/part-locataire-charges-copropriete/) est fondamental pour éviter les contentieux. Il n'existe pas de pourcentage fixe de répartition entre locataire et propriétaire applicable universellement. Elle varie selon l'immeuble, son âge, ses équipements et l'importance des travaux votés. Affirmer un ratio comme « 70 % locataire / 30 % propriétaire » serait trompeur. Chaque immeuble présente une structure de charges différente. Pour approfondir la logique de ventilation, consultez notre guide complet sur la [répartition des charges entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) ainsi que l'article dédié aux règles de [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ### Les charges de copropriété récupérables sur le locataire Sont récupérables les charges de copropriété correspondant aux postes listés par le décret de 1987, même si l'appel de fonds du syndic les regroupe sous une rubrique unique « budget prévisionnel ». Seule la part correspondant aux dépenses récupérables peut être refacturée, après décomposition de l'appel de fonds par le bailleur. Cette ventilation mobilise généralement les annexes au procès-verbal d'assemblée générale qui détaillent la composition du budget. Afin de vérifier l'exactitude du décompte, le locataire est en droit d'obtenir ce détail. Sa valeur dépend donc du poids relatif des postes de fonctionnement (nettoyage, fluides, maintenance) par rapport aux postes d'investissement (travaux, gros entretien) dans le budget de l'immeuble. ### Les charges définitivement à la charge du propriétaire Le propriétaire assume seul plusieurs catégories de dépenses de copropriété. Non récupérables, les provisions pour travaux (fonds travaux ALUR, fonds de réserve) financent des opérations qui relèvent de la conservation ou de l'amélioration du bâti. Les honoraires de syndic liés aux missions autres que la gestion courante des équipements collectifs restent également à sa charge. Exclues des charges récupérables, les primes d'assurance de l'immeuble (assurance multirisque de la copropriété) restent à la charge du propriétaire. Quant au locataire, il doit souscrire sa propre assurance habitation, distincte de celle du copropriétaire. Enfin, les frais de contentieux engagés par le syndicat des copropriétaires ou les pénalités de retard de paiement ne peuvent en aucun cas être refacturés au locataire.

Fiche pratique

Encadrement légalLoi du 6 juillet 1989 (article 23) et décret n°87-713 du 26 août 1987
Charges récupérablesEau, chauffage collectif, électricité des parties communes, entretien courant, ascenseur (maintenance), espaces verts, gardiennage, TEOM, redevance d'assainissement
Charges NON récupérablesGros travaux (ravalement, toiture, chaudière neuve), honoraires de syndic pour AG, fonds travaux, assurance de l'immeuble, mise aux normes
Délai de régularisation6 mois après approbation des comptes de copropriété par l'AG
Prescription5 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989)
Exemple officiel 2026Charges réelles : 170 € / Part locataire : 75,75 € / Provision : 85 € / Remboursement dû : 9,25 €
Source de référenceservice-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F375
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F375) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000035315236) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/travaux/immobilier-un-guide-pour-savoir-quels-travaux-sont-la-charge-du-locataire-ou-du) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Délai d'ordre du jour d'AG de copropriété : règles 2026 URL: https://copro-guide.fr/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-24 Mot-clé ciblé: délai question ordre du jour assemblée générale copropriété Quel est le délai pour ajouter une question à l'ordre du jour d'une assemblée générale de copropriété ? Guide juridique complet de l'envoi au vote. Pour ajouter une question à l'ordre du jour, votre demande doit parvenir au syndic avant l'envoi de la convocation, adressée aux copropriétaires au moins 21 jours calendaires avant l'assemblée. La notification se fait par lettre recommandée avec avis de réception. Une question non inscrite ne peut pas être votée. Influencer les décisions futures de votre copropriété suppose de maîtriser le calendrier de transmission de vos requêtes. Le délai question ordre du jour assemblée générale copropriété est encadré par des règles strictes qui régissent la vie démocratique au sein d'un immeuble en France. Manquer cette échéance légale peut retarder votre projet d'une année financière entière, à moins de contraindre la tenue d'une séance exceptionnelle à vos frais exclusifs. > **En bref** > > - La demande d'inscription d'une résolution doit obligatoirement être reçue par le syndic avant l'expédition des convocations officielles. > - Le délai minimal de convocation d'une assemblée générale est fixé à 21 jours calendaires (jours francs), sous peine de nullité de la séance. > - Toute notification formelle doit emprunter la voie de la lettre recommandée (LRAR) ou de la lettre recommandée électronique (LRE). > - Les décisions de l'assemblée ne peuvent légalement porter que sur des résolutions portées explicitement à l'ordre du jour. ## Quel est le délai question ordre du jour assemblée générale copropriété ? Le délai question ordre du jour assemblée générale copropriété n'est pas exprimé en nombre de jours absolu par la loi du 10 juillet 1965, mais s'articule directement autour de la date d'expédition de la convocation. En pratique, un copropriétaire ou le conseil syndical doit transmettre l'ensemble de ses questions avant que le syndic de copropriété ne procède à l'envoi postal ou électronique des convocations. Cet envoi réglementaire devant s'effectuer au minimum **21 jours** francs avant la réunion de la copropriété, l'anticipation rigoureuse demeure l'unique garantie de succès. Afin d'écarter tout risque de forclusion, les banques d'affaires et réseaux spécialisés, tels que le Crédit Agricole en janvier 2026, recommandent d'envoyer toute demande inscription ordre du jour copropriété par mail ou de manière classique environ **deux mois** avant la date prévisionnelle de la tenue de l'assemblée générale annuelle. Cette anticipation évite que les questions ne soient déclarées hors délai par le gestionnaire. - **Le point limite réglementaire** : la demande compte à sa date de réception par le syndic, et non à sa date d'envoi par le copropriétaire. - **La marge de sécurité conseillée** : un dépôt formalisé au moins un mois avant la date prévisionnelle de l'assemblée annuelle. Une demande reçue trop tard est reportée à l'examen de la séance suivante. Si la date limite est manquée, le projet de résolution ne pourra pas faire l'objet d'un vote valide de la part de l'assemblée, à moins de subir d'importantes contraintes d'organisation pour une réunion complémentaire. ## Comment faire une demande de mise à l'ordre du jour de l'AG ? Réussir une demande de mise à l'ordre du jour AG copropriété tient avant tout au formalisme administratif choisi pour notifier le syndic de copropriété. L'article 10 du décret de 1967 précise qu'aucune désignation de question complémentaire ne peut être prise en considération si elle n'a pas été formellement signifiée par un écrit opposable devant les tribunaux judiciaires français. Une simple discussion informelle avec un membre du conseil syndical ou un appel téléphonique n'a aucune force juridique. Notre dossier [modèle convocation assemblée générale copropriété 2026](/assemblee/modele-convocation-assemblee-generale-copropriete/) approfondit cette question. Retrouvez tous les détails dans [irrégularité convocation ag copropriété : vos recours](/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/). L'auteur d'une demande doit être un copropriétaire détenant des tantièmes de copropriété en son nom ou être le conseil syndical agissant de concert pour la gestion de l'immeuble. Rédiger le courrier nécessite un soin particulier : il ne s'agit pas de proposer un thème vague comme "réfléchir au ravalement", mais de faire figurer un véritable projet d'ordre du jour assemblée générale copropriété modèle avec le texte précis de la résolution pour approbation lors de l'assemblée de l'immeuble. La démarche se déroule en cinq étapes : 1. **Identifier le bon moment.** Adressez votre demande dès que la date de l'assemblée est connue, ou en cours d'année, du moment qu'elle parvient au syndic avant l'expédition des convocations. 2. **Rédiger la question et le projet de résolution.** Formulez un intitulé clair et une résolution permettant un vote pour ou contre, sans tournure vague. 3. **Réunir les pièces justificatives.** Joignez devis, diagnostics ou tout document nécessaire à la compréhension du projet. 4. **Notifier le syndic.** Envoyez le tout par lettre recommandée avec avis de réception, ou par lettre recommandée électronique si vous avez donné votre accord préalable à ce mode d'envoi. 5. **Vérifier l'inscription.** À réception de la convocation, contrôlez que votre question figure bien à l'ordre du jour et qu'elle est accompagnée des pièces transmises. ### Les délais clés à retenir | Étape | Délai | Point de départ | |---|---|---| | Notifier une question au syndic | Avant l'envoi de la convocation | À tout moment de l'année | | Marge de sécurité conseillée | Au moins 1 mois avant l'assemblée | Date annoncée de la réunion | | Envoi de la convocation par le syndic | Au moins 21 jours calendaires avant l'assemblée | Première présentation du courrier | | Report d'une demande reçue tard | Assemblée suivante | Convocation déjà expédiée | | Contestation d'une décision | 2 mois | Réception du procès-verbal | ### Le formalisme obligatoire de la notification écrite Sous peine d'irrecevabilité, la demande de mise à l'ordre du jour AG copropriété doit être transmise par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou par mise en demeure équivalente d'un commissaire de justice. Adressée au syndic, cette lettre doit exposer de manière neutre la délibération demandée et contenir tous les documents justificatifs nécessaires, comme l'approbation d'un devis de travaux d'amélioration énergétique daté ou d'un rapport de diagnostic technique. S'équiper d'un ordre du jour assemblée générale copropriété modèle validé par une association de propriétaires sécurise les chances de recevabilité légale. ### La validité d'une demande par voie électronique Une idée reçue persistante concerne la recevabilité d'une demande inscription ordre du jour copropriété par mail aux équipes administratives du syndic professionnel. Le courriel simple n'ayant pas de valeur probante claire, il ne peut obliger le gestionnaire à inscrire la demande. Seule alternative numérique autorisée, la Lettre Recommandée Électronique (LRE) reste subordonnée à la condition expresse et préalable que le copropriétaire à l'origine de l’envoi ait déjà donné son assentiment officiel auprès du syndic pour l'envoi dématérialisé d'avis administratifs et de convocations lors d’une assemblée passée. ## Rôle et obligations du syndic face aux questions reçues Le syndic ne dispose d'aucune autorité pour apprécier l'opportunité d'une question sollicitée par un copropriétaire ou par le conseil syndical de l'immeuble. Dès lors que la question est notifiée dans le délai question ordre du jour assemblée générale copropriété requis, la gestion du syndic se borne à vérifier que la demande est techniquement exploitable avant de l'insérer parmi l'ordre jour de la convocation. L'assemblée générale des copropriétaires reste le seul organe souverain de décision. Si d'aventure le syndic commet l'erreur d'ignorer la demande transmise conformément à la loi, la validité générale de l'assemblée annuelle peut se voir lourdement impactée. Le copropriétaire évincé se dote d'un droit de recours légitime pour vice de forme devant la juridiction civile compétente. - **Absence de filtrage** : impossibilité légale pour le syndic de refuser l'inscription pour des motifs de désaccord financier ou technique. - **Accompagnement obligatoire** : le gestionnaire de copropriété peut simplement amender les projets de résolutions incohérents techniquement, sans en dénaturer le sens d'origine. le syndic doit veiller à joindre l'ensemble des pièces envoyées par les copropriétaires à la convocation générale des copropriétaires. ## Peut-on modifier ou compléter l'ordre du jour envoyé ? Après l'envoi effectif des lettres d’invitation pour les assemblées, toute modification ordre du jour assemblée générale copropriété est strictement prohibée. Ce principe d’intangibilité vise à garantir les droits d’information équitable de l’ensemble des copropriétaires de l'immeuble, notamment ceux qui choisissent de voter par correspondance ou de mandater un tiers pour la séance. Il s'agit d'une règle incontournable en droit de la copropriété. Toute modification unilatérale appliquée après l'expédition de l'ordre jour d'une assemblée générale des copropriétaires amène un risque systématique d'annulation juridique des votes pris au cours de la réunion. L’annulation de l’ordre du jour d’une assemblée générale extraordinaire copropriété ou classique s’obtient par saisine formelle du tribunal d'instance sous deux mois par les propriétaires lésés, opposants ou absents non représentés. - **Non-recevabilité des motions surprises** : une question absente de l'ordre du jour peut être évoquée pendant les débats, mais elle ne peut donner lieu à aucun vote. Seules les résolutions inscrites peuvent être soumises à l'assemblée. - **Limitation d’action** : toute thématique financière soulevée en dehors de la convocation ne peut donner cours à l'approbation d’un compte ou à des travaux. les points informels débattus n’engagent aucunement le budget ou l'approbation de l'assemblée de manière contraignante. Il s'avère donc essentiel d'anticiper chaque projet d'envergure pour s'assurer que ses termes se trouvent gravés dans le marbre de l'enveloppe dès le premier pli expédié. ## Procédure de traitement des convocations hors délai Lorsque le délai légal minimal de préparation n'est pas observé, la validité des résolutions se retrouve en situation de fragilité juridique totale. Par ailleurs, la convocation d'une assemblée générale doit être expédiée à tous les résidents ou mandataires légaux selon les modalités des 21 jours. Un non-respect du délai légal permet à un propriétaire mécontent de lancer une contestation pour vice de forme majeur. Si la procédure met en évidence une [convocation assemblée générale copropriété hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/), le litige peut se régler soit par un accord amiable de report de séance, soit par requêtes d'annulation auprès du tribunal judiciaire. Le délai de contestation d'une assemblée défaillante court sur **deux mois** au départ de la réception du procès-verbal selon l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Estimer la régularité d'un envoi suppose de ne pas confondre jour civil, ouvré ou franc. Selon la règle nationale, une convocation AG 21 jours ouvrables ou ouvrés doit être formulée en jours francs : chaque tranche de 24 heures complète est décomptée dès le lendemain de la première présentation par les services de la Poste. En cas d'invalidation prononcée par le juge, le coût financier et l'obligation de reconvoquer une nouvelle fois la réunion incombent juridiquement au syndic défaillant. ## Délais applicables aux assemblées extraordinaires (AGE) Toutes les assemblées qui ne correspondent pas à la séance de validation annuelle obligatoire sont désignées comme des assemblées générales extraordinaires. Le délai de mise en œuvre de ces réunions requiert également une préparation rigoureuse face à la réglementation. Bien que parfois convoquées pour des prises de décision urgentes nécessitant de mobiliser l'ensemble des propriétaires, elles se heurtent aux mêmes barrières administratives s'agissant des délais de prévenance indispensables. - **Application par défaut** : le délai de notification générale d'un ordre du jour d'une assemblée générale extraordinaire copropriété reste fixé à un minimum de **21 jours**. - **La notion d'urgence absolue** : seule une menace physique immédiate sur l'immeuble (incendie, toiture effondrée ou canalisation rompue) donne la possibilité légale au syndic par ses fonctions de convoquer l'assemblée en raccourcissant drastiquement ce délai. une demande pour décider d'un budget extraordinaire ou lancer un programme de rénovation énergétique respecte ce canevas classique. Afin de mener au mieux cette démarche, la copropriété doit utiliser à dessein le [délai convocation assemblée générale extraordinaire](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/) légal, assurant à chacun le temps de comparer les devis de travaux d'amélioration soumis au vote. Si l'urgence n'est pas qualifiée au sens jurisprudentiel par les juges civils français, une notification précipitée d' assemblées extraordinaires de copropriétaires expose l'immeuble à d'importants risques d'annulation. ### La mise en demeure par les copropriétaires en cas d'urgence En situation de carence manifeste du syndic en poste, la loi du 10 juillet 1965 offre un droit de suppléance au conseil syndical ou à un groupe de propriétaires disposant d'au moins **un quart** des voix totales de l'immeuble. Cette mise en demeure doit exiger formellement la tenue d'une réunion. Si le syndic demeure impuissant à agir sous un délai de **8 jours**, le président du conseil syndical peut lui-même lancer la procédure sans nouvelle astreinte. ### Saisine du tribunal et désignation d'un tiers mandataire Face à la défaillance d'administration, et pour gérer une situation critique sans l'assentiment du syndic débordé, les demandeurs doivent s'appuyer sur le délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire copropriété applicable. Désigner un mandataire de justice indépendant par le tribunal civil compétent permet de réunir à nouveau les conditions d'un dialogue technique sain, en éditant un ordre du jour irréprochable et en rétablissant les comptes clés de la copropriété. ## Validation par le vote des questions à l’ordre du jour L'inscription de résolutions complémentaires à l'ordre du jour d'une assemblée générale de copropriété n'est que la première étape pour qu'un projet aboutisse. Pour que chaque nouvelle résolution déposée produise des effets, l'assemblée doit procéder au [vote assemblée générale copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) sous le pavillon des règles de majorités applicables aux thématiques concernées. La loi de la copropriété distingue plusieurs processus selon les charges financières d'un immeuble et le niveau de transformation envisagé pour les parties communes. L'approbation de travaux au sein des équipements d'un immeuble requiert une attention minutieuse quant à la nature de la décision. Les opérations portant sur la transition énergétique ou l'adoption d'un système de sécurité commun sollicitent le déploiement de règles strictes comme l' [Article 25 copropriété](/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/), qui pose le principe de la majorité des voix de tous les propriétaires votant ou non à la réunion. Une parfaite maîtrise sémantique des quotas évite l'annulation pour vice lors d'un vote. Une transition administrative sans encombre juridique impose d'analyser, avant la séance, comment les voix se ventilent sur les charges générales. Le calcul rigoureux permettant d'apprendre [comment calculer la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) doit obligatoirement figurer dans les annexes présentées aux votants afin d'en valider l'assise budgétaire. À ce titre, réviser scrupuleusement l' assemblée générale copropriété règles vote limite le risque d'un recours conflictuel de la part d'un opposant qui contesterait l'approbation financière du projet lors du dépouillement. ## Conseils méthodologiques pour formuler votre demande Pour qu'une motion proposée passe le cap d'une validation technique par votre syndic sans essuyer de rejet administratif, la structuration globale du dossier envoyé requiert une expertise méthodologique fine. Assurez-vous d'éditer une résolution complète "clé en main" évitant les approximations sur l'usage des budgets ou la destination future de l'immeuble commun. - **Clarté du libellé** : bannir les tournures vagues pour adopter la neutralité juridique d'une véritable motion légale prête au vote. - **Accompagnement de devis contradictoires** : pour un projet travaux, le décret du 17 mars 1967 impose d'intégrer au moins deux options d’entreprises différentes avec leurs diagnostics financiers respectifs. rédiger un article et un vote bien individualisés pour chaque décision distincte afin d'éviter la censure légale en instance d'appel. En s'appuyant sur des standards et modèles reconnus de lettres administratives, le demandeur garantit la qualité de ses relations avec le conseil syndical et s'assure d'une insertion directe en tête de liste à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale ordinaire ou extraordinaire. Une démarche claire et légale assure une meilleure réceptivité de la part de l'ensemble des autres copropriétaires lors des débats. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093853/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F21573) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/1er-achat/5-conseils-pour-bien-choisir-son-syndic-de-copropriete) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Charges de copropriété payées par le locataire : barème 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/charges-copropriete-paye-par-le-locataire/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-23 Mot-clé ciblé: Est-ce que les charges de copropriété sont à payer par le locataire ? Est-ce que les charges de copropriété sont à payer par le locataire ? Découvrez la liste officielle des frais récupérables et les obligations en 2026. Le propriétaire-bailleur reçoit directement les appels de fonds du syndic, mais une partie de ces dépenses est réglementairement à la charge de l'occupant. Pour savoir si le montant des charges de copropriété est à payer par le locataire, il faut distinguer les dépenses liées à l'entretien courant ainsi que celles qui touchent à la valorisation du patrimoine. L'administration encadre cette répartition de manière stricte afin d'éviter tout conflit de paiement entre les parties au contrat de bail. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le locataire ne paie jamais directement le syndic de copropriété, le seul responsable légal du paiement étant le copropriétaire bailleur. > - Une liste officielle et limitative fixée par décret détaille les dépenses récupérables auprès du locataire, également appelées charges locatives. > - Les coûts liés aux gros travaux de l'immeuble, au remplacement des équipements lourds et aux honoraires du syndic incombent uniquement au propriétaire. > - La régularisation annuelle des charges est obligatoire et impose au bailleur de fournir tous les justificatifs de dépenses sur simple demande. ## Qui doit payer les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire ? La répartition financière d'un logement en location repose sur une règle simple mais stricte en droit immobilier français. Face au syndic, le locataire n'a pas d'existence juridique directe concernant les finances de la copropriété. C'est le [copropriétaire bailleur](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) qui reçoit et règle l'intégralité des acomptes trimestriels pour le budget prévisionnel de l'immeuble. Le propriétaire possède cependant le droit légal de récupérer une quote-part de ses dépenses auprès de l'occupant. On parle alors de charges locatives ou de charges récupérables. Le cadre législatif de cette opération est fixé par la loi du 6 juillet 1989 et complétée par le décret du 26 août 1987. Ce décret détaille de manière limitative les frais assimilables. Tout accord contractuel qui dérogerait à ce décret en imputant des frais interdits au locataire est jugé nul de plein droit. Selon la [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/), le décret détaille de manière limitative les frais assimilables. Pour organiser ce remboursement de façon fluide, deux mécanismes de paiement cohabitent dans les baux d'habitation de la vie courante. - **Les provisions pour charges en cours d'année** : le locataire verse tous les mois une somme estimée à l'avance, ajustée une fois par an via une régularisation basée sur les dépenses réelles et les justificatifs comptables du syndic. - **Le forfait de charges** : l'occupant s'acquitte d'une somme mensuelle fixe ainsi que définitive, définie dès la signature du bail, sans qu'aucune régularisation ultérieure ne soit possible, une méthode principalement réservée aux contrats de location meublée et aux colocations. ## Quelles sont les charges à la charge du locataire ? L'esprit de la loi cherche à faire participer financièrement le locataire aux dépenses dont il tire un bénéfice direct au quotidien. L’administration de l’économie résume d'ailleurs ce principe en expliquant que le locataire doit rembourser les services rendus, les consommations individuelles et l'entretien des équipements collectifs. La liste des dépenses à la charge du locataire comprend principalement. - **Les consommations d'eau et de chauffage** : cela couvre la fourniture d'eau froide et d'eau chaude, ainsi que l'énergie nécessaire au chauffage collectif des logements et des parties communes de la résidence. - **L'entretien des parties communes** : l'électricité pour l'éclairage des espaces partagés, les produits de nettoyage, ainsi que l'entretien courant des espaces verts entrent dans cette catégorie de frais. - **L'utilisation de l'ascenseur** : les dépenses d'électricité pour le fonctionnement de la cabine ainsi que les coûts de maintenance périodique (contrôle de sécurité, petites réparations de pièces d'usure) sont récupérables, sauf pour les appartements en rez-de-chaussée n'ayant pas d'accès aux parkings voire caves en sous-sol. - **Les taxes liées aux services d'hygiène** : la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) ainsi que la redevance d'assainissement de l'eau sont facturées au locataire. Le personnel d'entretien ainsi que les concierges font l'objet d'un barème spécifique selon les tâches accomplies. Si le gardien effectue à la fois l'entretien ménager des parties communes ainsi que l'élimination des poubelles, son salaire est répercuté à hauteur de **75 %** sur le locataire. En revanche, s'il n'accomplit qu'une seule de ces deux missions, la quote-part récupérable tombe à **40 %** de sa rémunération globale comme l'indique [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2122) dans ses fiches actualisées en 2026. ## Quelles sont les charges que le locataire ne doit pas payer ? Toutes les dépenses qui valorisent la structure de l'immeuble ou relèvent de la pure administration de la copropriété ne peuvent pas être facturées à l'occupant. Ces postes relèvent de l'obligation de conservation du bien qui incombe au bailleur. Vous pouvez consulter à ce sujet notre guide dédié sur les [charges que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/). Voici les frais qui restent à la charge exclusive du propriétaire. - **Les honoraires de gestion du syndic** : le coût de l'administration générale de l'immeuble et les frais postaux ou d'assemblée générale initiés par le syndic de copropriété. - **Les gros travaux de rénovation ainsi que de transformation** : par exemple, le ravalement de la façade, la réfection complète de la toiture, le remplacement de la chaudière collective de l'immeuble, voire la mise aux normes de sécurité d'un ascenseur. - **Le fonds de travaux obligatoire** : instauré par la loi ALUR pour anticiper les chantiers de demain, ce fonds d'épargne collectif est alimenté par les seuls copropriétaires et ne peut jamais être réclamé au locataire. - **Les primes d'assurance de l'immeuble** : l'assurance de responsabilité civile de la copropriété ou l'assurance dommages-ouvrage souscrite pour de grands chantiers de rénovation. - **Les frais d'état des lieux d'entrée sous conditions** : bien que partagés, ces frais de mise en location sont plafonnés à hauteur de **3 €** TTC par mètre carré de surface habitable pour le locataire, le surplus restant dû par le seul bailleur conformément aux textes relatifs aux baux d'habitation. ## Comment calculer les charges de copropriété pour un locataire ? Le coût des charges locatives varie fortement sur le territoire national en fonction des prestations de la résidence, de l'ancienneté du bâtiment et de la présence d'équipements énergivores. Les études immobilières indiquent que le prix moyen des charges de copropriété s'établit généralement entre **25 €** et **45 €** par mètre carré et par an. Pour estimer au plus juste la part d'un locataire dans un logement de **50 m2** avec chauffage collectif et ascenseur, le budget prévisionnel annuel se décompose comme suit. - **Budget annuel global de copropriété** : environ **1 800 €** (soit **36 €** par mètre carré par an). - **Part indicative des charges récupérables** : de l'ordre de **70 %** du montant total appelé, soit environ **1 260 €** par an (environ **105 €** par mois). - **Part exclusive du copropriétaire bailleur** : **30 %** restant correspondant aux honoraires de syndic, fonds de travaux Alur ainsi que réparations structurelles de l'immeuble, soit **540 €** par an. Le calcul exact se base sur les tantièmes ou millièmes de copropriété affectés au lot de l'appartement. Lors du bilan de fin d'exercice, le syndic de copropriété fournit au propriétaire bailleur un décompte de charges annuel individuel. Ce document officiel isole de manière très nette la colonne des charges récupérables de celle des charges non récupérables. C'est cet outil de calcul transparent qui fait foi pour justifier les montants auprès du locataire de façon impartiale. Lisez notre analyse d'expert sur la [répartition des charges en copropriété](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) pour comprendre la mécanique des tantièmes. ## Régularisation des charges de copropriété locataire : obligations et délais Le versement périodique de provisions impose un ajustement comptable obligatoire de la part du propriétaire. Cette [régularisation des charges locatives en 2026](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) s'effectue un mois après la tenue de l'assemblée générale qui approuve les comptes de la copropriété. Le bailleur doit envoyer un relevé détaillé de chaque poste de dépense, ainsi que les justificatifs d'achat d'eau voire de carburant, au moins **1 mois** avant la date de la régularisation. La jurisprudence rappelle qu'en cas de doutes sur la légitimité des montants présentés, le locataire est en droit d'exiger les pièces justificatives des dépenses de copropriété. Le bailleur doit tenir ces factures ainsi que le décompte de répartition à la disposition du locataire pendant une durée de **6 mois** à compter de l'envoi du courrier de régularisation annuelle. Si l'un des deux partis détecte une erreur de versement, le délai de prescription pour réclamer un trop-perçu voire réclamer un complément sur un loyer voire une charge s'élève à **3 ans** maximum selon l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989. Sur le plan fiscal, le bailleur soumis au régime réel d'imposition bénéficie d’un encadrement avantageux. Les dépenses non récupérables voire le déficit lié à de gros travaux de réhabilitation s'avèrent déductibles de ses revenus fonciers. Ce mécanisme de déficit foncier permet d’imputer jusqu'à **10 700 €** par an sur le revenu global, un montant qui grimpe à **21 400 €** sous conditions de rénovation énergétique performante. Une arme fiscale précieuse pour l'investisseur dont le taux marginal d’imposition d'activité professionnelle (TMI) peut atteindre **45 %** d'imposition de base sans compter les contributions sociales. Les modalités de ce savant calcul fiscal sont explicitées sur le site officiel de l'[administration des impôts](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers). ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2122) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/charges-locatives-en-cas-de-doutes-un-locataire-peut-il-exiger-des-justificatifs-d2b2934b44cdf1dcc2f42b2b45d477ba) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Délai convocation assemblée générale extraordinaire : 21 URL: https://copro-guide.fr/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-21 Mot-clé ciblé: délai convocation assemblée générale extraordinaire Respectez le délai de convocation d'une assemblée générale extraordinaire de 21 jours en 2026 pour éviter la nullité de vos votes de copropriété. Le délai convocation assemblée générale extraordinaire en copropriété est strictement encadré par la loi pour garantir l'exercice démocratique du vote des copropriétaires. En 2026, la réglementation impose un délai minimal de 21 jours entre l'envoi de la convocation et la tenue effective de la réunion. Le non-respect de ce formalisme expose l'ensemble des décisions prises à une annulation devant le tribunal judiciaire. Mieux vaut anticiper, un examen rigoureux des règles de calcul et des dérogations légales prévient tout risque de nullité des délibérations. ## Le principe du délai légal de 21 jours pour la convocation d'une assemblée générale extraordinaire L'organisation d'une assemblée générale de copropriété obéit à des règles de forme et de calendrier très strictes. Pour une réunion classique comme pour une assemblée générale extraordinaire, l'article 9 du décret du 17 mars 1967 fixe une règle claire, l'avis de convocation doit parvenir aux membres du syndicat au moins **21 jours** avant la date de la réunion. Ce délai n'a rien d'arbitraire. Il permet à chaque copropriétaire d'étudier l'ordre du jour et de prendre connaissance des documents financiers joints. Le respect de cette obligation d'information préalable incombe au représentant légal de l'immeuble. Dans la majorité des cas, le [syndic de copropriété rôle obligations](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) l'impose aux services de gestion pour éviter des contestations juridiques lourdes de conséquences financières. - **Délai légal de base** : Un minimum réglementaire de **21 jours** s'applique à toute assemblée générale, qu'elle soit ordinaire ou extraordinaire. - **Nature des jours** : Ce décompte s'effectue selon la méthode des jours francs, garantissant un espacement parfait entre l'envoi et la réunion. - **Règlement de copropriété** : Le document contractuel de l'immeuble peut valablement prévoir un délai supérieur, par exemple **30 jours**, qui s'impose alors au syndic. - **Absence de délai réduit** : Hors situations d'urgence majeure, aucune décision courante ne permet de déroger à cette protection minimale des copropriétaires. ## Comment calculer précisément le délai de convocation en jours francs Le calcul du délai convocation assemblée générale extraordinaire nécessite l'application de la théorie des jours francs, codifiée par l'article 641 du Code de procédure civile. Cette méthode protège les destinataires de la convocation en prévenant les approximations d'acheminement postal. La règle est simple à appliquer, pour s'assurer de la régularité de la démarche, le syndic doit s'en tenir aux dates officielles fournies par la Poste ainsi que par le prestataire de notification électronique. Voir aussi notre article [irrégularité convocation ag copropriété : vos recours](/assemblee/irregularite-convocation-assemblee-generale-copropriete/). Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [conservation convocation ag copropriété 2026 : durée](/assemblee/faut-il-conserver-convocation-assemblee-generale-copropriete/). Sur le même sujet, notre article [exemple pv assemblée générale association 2026 modèle](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/) complète cette analyse. Sur le même sujet, notre article [délai d'ordre du jour d'ag de copropriété : règles 2026](/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/) complète cette analyse. Sur le même sujet, notre article délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire complète cette analyse. Le point de départ du délai est fixé au lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) au domicile du copropriétaire. En cas de recours à une lettre recommandée électronique (LRE), c'est le lendemain de la transmission de la notification de mise à disposition qui marque le début des **21 jours**. - **Jour de présentation** : Le jour où le facteur présente le courrier s'appelle le *dies a quo* et ne compte pas dans le calcul. - **Jour de la réunion** : Le jour de l'assemblée générale extraordinaire constitue le *dies ad quem* et est également exclu des **21 jours**. - **Jours calendaires** : Le décompte comprend tous les jours de la semaine, y compris les samedis, dimanches ainsi que les jours fériés. - **Sécurité d'envoi** : Les syndics de copropriété choisissent généralement d'envoyer les plis **30 jours** à l'avance pour parer aux dysfonctionnements postaux. Si la lettre est distribuée tardivement ou s'il y a un décalage d'acheminement, le dossier flirte avec la faute professionnelle. Les juges du fond sanctionnent systématiquement les approximations. Ils rappellent que la [convocation assemblée générale copropriété hors délai](/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/) entraîne la nullité des votes dès qu'un copropriétaire l'exige. ## Convocation assemblée générale extraordinaire copropriété urgence : les exceptions au délai légal La législation reconnaît que certaines circonstances ne s'accommodent pas d'une attente de trois semaines. En matière de copropriété, une exception majeure existe quant au respect de ce calendrier, l'assemblée générale extraordinaire copropriété urgence permet de déroger au délai habituel uniquement lorsque la sauvegarde immédiate de l'immeuble ainsi que la sécurité physique de ses occupants est en jeu. Cette procédure dérogatoire trouve sa base légale dans l'article 37 du décret du 17 mars 1967. Le syndic prend alors l'initiative de convoquer l'ensemble des copropriétaires dans un délai restreint, parfois inférieur à **5 jours**, en se limitant exclusivement aux questions liées au sinistre ou au péril constaté. - **Travaux de sauvegarde** : La réhabilitation d'une toiture dévastée par une tempête ou d'un mur menaçant ruine justifie l'urgence. - **Péril imminent** : Une injonction de sécurité émise par les services municipaux impose un vote en assemblée générale extraordinaire dans des délais records. - **Limitation de l'ordre du jour** : L'assemblée réunie en urgence ne peut traiter d'autres sujets que l'adoption des travaux d'urgence et leur financement prévisionnel. - **Notification simplifiée** : Même abrégée, la convocation doit être notifiée par lettre recommandée ou par voie électronique avec accusé de réception. Attention à ne pas confondre l'opportunité commerciale et l'urgence matérielle réelle. Le simple besoin de valider rapidement un devis de peinture ou une décision d'entretien classique ne constitue pas une cause d'urgence au sens de la jurisprudence de la Cour de cassation. Dans ces cas, le délai de **21 jours** doit être maintenu sous peine de contestation. ## Les étapes de la démarche de convocation à la demande des copropriétaires Une assemblée extraordinaire n'a pas d'existence juridique autonome par sa forme, mais se caractérise par son objet spécifique, déconnecté de l'approbation annuelle des comptes. Elle peut être convoquée par le syndic à sa propre initiative ou suite à une sollicitation externe. L'initiative ne lui revient d'ailleurs pas en exclusivité, d'après l'article 8 du décret du 17 mars 1967, le conseil syndical ou un groupe d'habitants peut exiger la tenue de cette réunion. Lorsque la demande émane des copropriétaires, ces derniers doivent réunir au moins **25 %** des voix (ou tantièmes) de la copropriété. Cette démarche prend la forme d'un courrier recommandé détaillant l'ordre du jour souhaité et les projets de résolutions à soumettre au vote de l'assemblée. - **Demande officielle** : Le demandeur adresse une lettre recommandée avec accusé de réception au syndic en précisant les questions à inscrire. - **Mise en demeure** : Si le syndic refuse ou reste inactif pendant **21 jours** après réception, le président du conseil syndical peut valablement convoquer l'assemblée. - **Notification par le syndic** : S'il répond favorablement, le syndic assure l'envoi de la convocation à l'ensemble des copropriétaires, avec un ordre du jour figé. - **Vote des propositions** : Les règles pour chaque résolution doivent suivre les dispositions de l'élaboration de la majorité légale, notamment l'article 24 ou l'article 25 de la loi de 1965. Les règles pour chaque résolution doivent suivre les dispositions de l'élaboration de la majorité légale, notamment l'[Article 25 copropriété](/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/) qui encadre les votes spécifiques. Lors de la séance, les débats s'organisent uniquement autour des points présents sur la convocation officielle. Pour garantir la pleine validité de ces décisions ponctuelles souvent coûteuses, le syndicat se réfère à la réglementation générale de l'immeuble. La conformité des votes s'apprécie par rapport aux règles de vote de la copropriété, détaillées sur les fiches de l'assemblée, afin d'assurer l'opposabilité des décisions aux tiers. Pour en savoir plus sur les majorités requises lors de ces scrutins spécifiques, n'hésitez pas à consulter les guides relatifs à l'assemblée générale copropriété règles vote. ## La spécificité associative : le délai convocation assemblée générale extraordinaire association loi 1901 L'appellation d'assemblée générale extraordinaire n'appartient pas au seul droit de la copropriété, les structures régies par la loi du 1er juillet 1901 y ont également recours pour modifier leurs statuts, décider d'une fusion ainsi que prononcer une dissolution. Le délai convocation assemblée générale extraordinaire association loi 1901 diffère pourtant fondamentalement de celui des copropriétés. Il n'existe ici aucun délai légal minimal par défaut fixé par l'État. En effet, le principe en matière d'association reste la liberté contractuelle. Ce sont les statuts ou le règlement intérieur de l'association qui définissent souverainement les modalités et les délais d'envoi de la convocation pour ces scrutins spécifiques. - **Silence des statuts** : Si les textes de l'association sont muets, la jurisprudence impose d'observer un délai raisonnable, généralement de **15 jours**, pour permettre aux adhérents de s'organiser. - **Forme de l'envoi** : Contrairement aux copropriétés, la convocation peut être envoyée par simple courriel, mise en ligne sur le site de l'association ou publication dans le bulletin interne. - **Cas de l'urgence associative** : Les statuts prévoient parfois qu'une assemblée générale extraordinaire puisse se tenir sous un délai restreint de **8 jours** en cas de crise majeure. - **Ordre du jour précis** : Comme en copropriété, les dirigeants d'association ne peuvent pas soumettre au vote des questions non mentionnées dans la lettre de convocation. Les associations cherchant un repère s'appuient souvent sur un modèle lettre convocation assemblée générale extraordinaire association standardisé. Ces outils d'aide à la gestion reprennent les informations fondamentales, date, lieu, heure et détail précis des résolutions qui impacteront la structure associative. ## Les conséquences lourdes d'une convocation hors délai en copropriété L'irrespect de la notification préalable dans les temps requis expose le syndicat des copropriétaires à une grande précarité juridique. S'il s'avère qu'un copropriétaire n'a pas reçu le document dans le délai réglementaire de **21 jours**, les conséquences sont immédiates, ce dernier acquiert le pouvoir d'exercer un recours en justice afin de faire annuler l'intégralité de l'assemblée générale extraordinaire. Cette contestation doit être portée devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. Selon les dispositions de la loi de 1965, l'action doit être introduite dans un délai de **2 mois** qui court à compter de la notification du procès-verbal de l'assemblée par le syndic de copropriété. - **Qualité pour agir** : Seul un copropriétaire opposant (ayant voté contre) ou défaillant (absent et non représenté) détient le droit de contester l'assemblée. - **Nullité automatique** : Le juge constate le non-respect du délai légal et prononce indubitablement la nullité de l'assemblée, sans avoir à analyser le préjudice réel subi par le plaignant. - **Frais de procédure** : Les honoraires d'avocat ainsi que les frais de justice engagés par le demandeur et le syndicat peuvent être mis à la charge du syndic fautif sous forme de dommages et intérêts. - **Nouveau scrutin** : Le syndicat doit convoquer une nouvelle fois l'assemblée extraordinaire, reprenant la procédure complète depuis le début, ce qui retarde les projets votés. Afin de sécuriser les résolutions stratégiques votées, il importe d'appliquer de manière irréprochable les dispositions du [Vote assemblée générale copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Ce cadre légal protège les deniers communs contre les vices de forme et garantit que les efforts de financement consentis par les familles ne soient pas réduits à néant par un simple retard de courrier recommandé. ## Synthèse comparative des délais de convocation et modèle de document Pour éviter les contentieux, la rédaction de la lettre de convocation doit faire l'objet d'une grande attention. Ce document doit contenir des mentions matérielles obligatoires dont l'omission est également source de nullité devant le tribunal. Un dossier de convocation complet comprend l'indication claire du lieu de réunion, de la date, de l'heure précise, ainsi que l'ordre des questions soumises à la délibération collective. Il est recommandé de joindre les documents complémentaires au moins **21 jours** avant l'événement, notamment les pièces techniques décrivant la prestation recherchée ou les devis chiffrés rédigés par les entreprises candidates. | Type d'assemblée | Délai légal minimal (jours francs) | Tempérament / Exceptions | Source légale principale | | :--- | :--- | :--- | :--- | | **Copropriété (AGE classique)** | **21 jours** | Aucun délai réduit autorisé | Décret du 17 mars 1967 (Art. 9) | | **Copropriété (Urgence absolue)** | Aucun délai minimal | Travaux de sauvegarde immédiate | Décret du 17 mars 1967 (Art. 37) | | **Association loi 1901** | Selon statuts (souvent **15 jours**) | Liberté contractuelle | Loi du 1er juillet 1901 | | **Société par actions (SA)** | **15 jours** | **6 jours** sur deuxième convocation | Code de commerce (Art. L. 225-96) | Un modèle convocation assemblée générale extraordinaire copropriété efficace s'articule toujours autour de rubriques claires pour faciliter la lecture des copropriétaires. Il commence par l'identification de l'immeuble et du syndic, se poursuit par le détail millimétré de l'ordre du jour et précise les modalités de consultation des dossiers techniques au cabinet de gestion. L'anticipation constante et l'usage accru de la notification électronique via lettre recommandée électronique permettent à la fois de réduire les délais de traitement des dossiers et d'éteindre tout grief relatif au calendrier d'envoi. > **Points clés** > > - Le délai légal minimal de convocation d'une assemblée générale extraordinaire est fixé à 21 jours francs en copropriété. > - Le calcul s'effectue en jours francs, excluant le jour de la première présentation de la lettre et celui de la réunion. > - L'urgence absolue liée à la sauvegarde immédiate de l'immeuble autorise seule le non-respect du délai des 21 jours. > - Toute décision prise lors d'une convocation hors délai peut être contestée devant les tribunaux par un copropriétaire opposant. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006093853/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006161273/) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Convocation assemblée générale copropriété hors délai : 21 URL: https://copro-guide.fr/assemblee/convocation-assemblee-generale-copropriete-hors-delai/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-20 Mot-clé ciblé: convocation assemblée générale copropriété hors délai Une convocation d'assemblée générale de copropriété hors délai peut annuler l'AG de 2026. Règles, sanctions et recours pour les copropriétaires. La réception d'une convocation assemblée générale copropriété hors délai constitue un motif sérieux de nullité pour l'ensemble des décisions votées lors de la réunion. En droit français de la copropriété, le syndic est tenu de respecter un délai d'envoi de 21 jours au moins avant la tenue de la réunion. Tout manquement à cette règle de forme fragilise la gestion de l'immeuble et offre à chaque copropriétaire lésé le droit de contester la validité de l'assemblée devant les tribunaux. > **En bref** > > - Le délai légal d'envoi d'une convocation d'assemblée générale est fixé à 21 jours calendaires au minimum avant la réunion. > - Tout envoi hors délai constitue un motif d'annulation de l'intégralité des résolutions adoptées lors de la réunion de copropriété. > - Seuls les copropriétaires opposants ou défaillants ont le droit de contester l'assemblée dans un délai maximal de deux mois après réception du PV. > - La preuve de la réception tardive repose sur la date de première présentation du recommandé postal ou le lendemain de l'envoi de l'e-mail. ## Quel est le délai légal pour la convocation d'une assemblée générale ? Le délai d'envoi de la convocation de l'assemblée générale est de **21 jours** calendaires au minimum avant la réunion de copropriété. Cette règle de formalisme strict est fixée par le décret n° 67-223 du 17 mars 1967, qui a fait l'objet d'actualisations récentes, notamment applicables en **2026**. Le point de départ du calcul du délai de convocation de l'assemblée générale de copropriété diffère selon le mode d'envoi choisi par le syndic. - **Pour une convocation postale** : Le délai commence à courir le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) au domicile du destinataire. - **Pour une convocation par courrier électronique** : Le décompte débute le lendemain de l'envoi de l'e-mail de notification par le syndic, simplifiant la gestion d'envoi des documents. **Pour une remise en main propre** : Le délai démarre le lendemain de la remise de la convocation contre émargement ou récépissé de réception. Le calcul s'effectue en jours calendaires, ce qui signifie que tous les jours de la semaine (samedis, dimanches et jours fériés compris) sont comptabilisés. Un retard, même d'une seule journée, fait entrer de fait l'envoi dans la catégorie de l'envoi hors délai. Le respect rigoureux de ce calendrier fait partie intégrante du [syndic copropriete role obligations](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/), garantissant la validité juridique de toutes les décisions futures. ## Que risque la copropriété si une convocation assemblée générale copropriété hors délai est envoyée ? Une convocation assemblée générale copropriété hors délai expose la copropriété à une sanction radicale. La nullité de l'assemblée générale ou des résolutions votées. Si un seul copropriétaire constate que l'envoi est hors délai, il peut intenter une action en justice. Les conséquences de cette nullité risquent de paralyser la gestion financière et administrative de l'immeuble pour cause de décisions invalides impactant la collectivité. À lire aussi : [contester une décision d'ag de copropriété : délais](/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/). Nous détaillons ce point dans [exemple pv assemblée générale association 2026 modèle](/assemblee/exemple-pv-assemblee-generale-association/). Nous détaillons ce point dans [délai d'ordre du jour d'ag de copropriété : règles 2026](/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/). Nous détaillons ce point dans délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire. Nous détaillons ce point dans [délai convocation assemblée générale extraordinaire : 21](/assemblee/delai-convocation-assemblee-generale-extraordinaire/). Seuls les copropriétaires dits "opposants ou défaillants" (ceux ayant voté contre les résolutions lors du vote ou absents non représentés) disposent du droit de demander l'annulation de l'assemblée sous un délai précis. L'article 42 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 encadre cette procédure réglementaire. - **Un délai de contestation de deux mois** : Ce délai démarre à compter de la notification officielle du procès-verbal de l'assemblée générale par le syndic de copropriété. - **Une action devant le tribunal judiciaire** : Le propriétaire voulant contester doit obligatoirement faire appel à un avocat pour engager la procédure contre le syndicat des copropriétaires. **L'absence d'effet rétroactif immédiat** : Les décisions prises restent applicables tant que le tribunal n'a pas prononcé formellement la nullité des délibérations. L'annulation de l'assemblée générale entraîne l'effondrement juridique des décisions prises, comme le vote du budget, la réalisation de gros travaux ou l'approbation des comptes. Pour éviter cette situation, les copropriétaires doivent veiller à l'application stricte des règles lors du [Vote assemblee generale copropriete](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). ## Quelles sont les exceptions au délai d'envoi de 21 jours ? Il existe des exceptions légales très limitées où le délai de **21 jours** de la convocation peut être réduit ou modifié. La situation la plus fréquente est le cas d'urgence absolue, qui permet de convoquer une assemblée générale extraordinaire sans observer le délai habituel de convocation. La législation française encadre strictement ces dérogations pour éviter les dérives de gestion et sécuriser les finances. - **L'urgence caractérisée** : Elle concerne des événements graves menaçant la sécurité de l'immeuble ou des occupants, comme l'effondrement partiel d'un bâtiment ou la rupture d'une canalisation principale de chauffage. - **La convocation par le président du conseil syndical** : En cas de carence du syndic après une mise en demeure restée infructueuse pendant **deux mois**, le président peut convoquer l'AG lui-même. **La réduction contractuelle impossible** : Le règlement de copropriété peut tout à fait allonger le délai légal (par exemple à **30 jours**), mais il ne peut en aucun cas le réduire en dessous des **21 jours** de base. En ce qui concerne la transmission par voie électronique, elle accélère le processus de réception mais n'autorise pas le syndic à réduire le délai légal minimum d'envoi. Le destinataire doit avoir préalablement donné son accord écrit pour recevoir la convocation par ce moyen rapide. Si le syndic choisit de passer outre ces principes, les copropriétaires peuvent s'appuyer sur l' assemblee generale copropriete regles vote pour veiller à la conformité des procédures menées. ## Exemple de calcul de délai et comparaison des modes de réception en 2026 Prenons un exemple concret mis en place pour l'année **2026**. Le syndic de copropriété programme une assemblée générale pour le jeudi **18 juin 2026**. Pour respecter le délai légal de **21 jours**, le point de départ du décompte doit impérativement intervenir au plus tard le mercredi **27 mai 2026**. Voici un tableau comparatif montrant les impacts de la date de présentation sur la validité de la convocation selon la méthode d'envoi choisie par le syndic : | Mode d'envoi | Date limite d'envoi réel | Date de première présentation ou réception | Statut juridique de l'assemblée générale | |---|---|---|---| | Notification électronique | Mardi 26 mai 2026 | Mercredi 27 mai 2026 (le lendemain de l'envoi) | Conforme (délai de 21 jours respecté) | | Lettre recommandée (LRAR) | Lundi 25 mai 2026 | Jeudi 28 mai 2026 (première présentation manquée) | Non conforme (seulement 20 jours restants) | | Lettre recommandée (LRAR) | Vendredi 22 mai 2026 | Lundi 25 mai 2026 (première présentation réussie) | Conforme (délai de 23 jours respecté) | Si, dans le deuxième cas du tableau, le syndic maintient la réunion malgré la présentation tardive au **28 mai 2026**, l'assemblée générale est considérée comme irrégulière. Si un copropriétaire opposant engage un recours devant le tribunal judiciaire en juillet **2026**, le juge constatera le non-respect du formalisme strict et prononcera la nullité des délibérations. Cela montre qu'un retard d'un seul jour détruit la validité de l'ensemble du processus de décision. Il en va de même pour le délai question ordre du jour assemblée générale copropriété qui doit être anticipé par les copropriétaires. ## Comment réagir si la convocation arrive hors délai ? Lorsqu'un copropriétaire reçoit sa convocation d'AG après le délai légal ou que l'envoi hors délai est manifeste, plusieurs étapes de contestation doivent être suivies de manière claire. L'inaction peut valider implicitement des décisions contraires aux intérêts des résidents de l'immeuble. Pour réagir efficacement, les copropriétaires disposent de moyens amiables et judiciaires : - **Le signalement immédiat au syndic** : Adresser une lettre recommandée ou un e-mail officiel pour notifier l'irrégularité et demander le report volontaire de la réunion par le syndic. - **Le refus de participer ou le vote contre** : Participer à la réunion permet de voter contre les résolutions litigieuses pour conserver la qualité d'opposant, indispensable pour contester ensuite en justice. **L'action collective avec le conseil syndical** : Coordonner les démarches avec les autres membres pour peser sur le syndic et exiger une nouvelle convocation respectant les règles légales de tenue. Une assemblée générale copropriété non tenue ou annulée oblige le syndic à réorganiser l'envoi des documents à ses propres frais si sa responsabilité professionnelle est engagée. Lorsque des questions financières urgentes comme la répartition des dépenses communes sont en jeu, connaître [Quelle est la regle de repartition des charges dans une copropriete ?](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) permet d'évaluer le préjudice financier d'un éventuel report ou d'une annulation de la séance. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000305770/2026-01-22). [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35288) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Abus de pouvoir du conseil syndical : recours 2026 URL: https://copro-guide.fr/litiges/abus-de-pouvoir-conseil-syndical-recours/ Catégorie: litiges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-19 Mot-clé ciblé: abus de pouvoir du conseil syndical Abus de pouvoir du conseil syndical : comment les identifier, les prouver et les contester en 2026 ? Recours légaux, délais et démarches expliqués. L'abus de pouvoir du conseil syndical désigne tout dépassement des attributions légales de cet organe, au détriment des copropriétaires ou du bon fonctionnement de la copropriété. Ces débordements vont du harcèlement moral envers un copropriétaire à la signature de contrats sans mandat de l'assemblée générale. Comprendre les limites exactes du rôle du conseil syndical est la première étape pour savoir si vous êtes confronté à un véritable abus et quels recours vous pouvez activer. ## Ce que le conseil syndical peut et ne peut pas faire Le conseil syndical est un organe **consultatif ainsi que de contrôle**, défini par la loi du 10 juillet 1965 ainsi que le décret du 17 mars 1967. Il assiste le syndic, contrôle sa gestion ainsi que peut émettre des avis sur les décisions soumises à l'assemblée générale. Mais il **n'est pas doté de personnalité juridique** propre, il ne peut pas contracter, ester en justice ni dépenser au nom du syndicat sans autorisation expresse de l'assemblée. Concrètement, certaines actions lui sont interdites sans vote préalable. - **Signer des contrats** au nom du syndicat sans délégation votée en assemblée générale - **Résilier un contrat** du syndic ou d'un prestataire de sa propre initiative - **Accéder librement aux parties privatives** sans l'accord du copropriétaire concerné - **Garder des documents** comptables ou administratifs sans les mettre à disposition de l'ensemble des copropriétaires - **Interdire la présence** d'un copropriétaire aux réunions ou aux assemblées générales Le [rôle du conseil syndical](/syndic/role-du-conseil-syndical-regles-limites-2026/) est donc strictement encadré. Toute action qui dépasse ces frontières entre dans le champ de l'abus de pouvoir. Selon l'article 22 à 27 du décret de 1967 ([Legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093854/)), le mandat de chaque membre ne peut excéder **3 ans renouvelables**, ainsi que la composition du conseil est elle-même soumise au vote de l'assemblée. ## Les formes d'abus de pouvoir les plus fréquentes L'abus de pouvoir du conseil syndical peut prendre des formes très diverses. Les situations les plus souvent signalées par les copropriétaires concernent. Notre analyse [pouvoir pour assemblée générale plafonds et modèle 2026](/charges/pouvoir-pour-assemblee-generale-copropriete/) éclaire ce point. Pour approfondir, voir [pouvoirs assemblée générale copropriété limite des 3 et 10 %](/charges/nombre-maximum-pouvoirs-assemblee-generale-copropriete/). - **Le président autoritaire** : un président du conseil syndical qui prend des décisions unilatérales, refuse d'inscrire des points à l'ordre du jour de l'assemblée générale ou interdit la présence de certains copropriétaires aux réunions du conseil. - **Le harcèlement moral** : pressions répétées, courriers intimidants, mise à l'écart systématique d'un copropriétaire lors des échanges collectifs. Les juridictions ont déjà condamné ce type de comportement. - **La gestion opaque** : refus de communiquer les pièces comptables, absence de transparence sur les décisions prises, voire rétention d'informations concernant des travaux engagés. - **Le conflit d'intérêts** : un membre du conseil qui oriente le choix d'un prestataire vers une entreprise dont il est proche, sans en informer l'assemblée. - **Les conflits entre membres** : des désaccords internes qui paralysent le conseil et nuisent à l'ensemble de la copropriété. Le [conflit entre membres du conseil syndical](/litiges/conflit-membres-conseil-syndical-solutions/) mérite une attention particulière, car il peut bloquer durablement la prise de décision et entraîner des surcoûts pour tous les copropriétaires. Un conseil paralysé par des querelles internes constitue lui-même une forme de faute grave envers le syndicat. ## Pouvoirs du président du conseil syndical : où se situent les abus Le président du conseil syndical dispose de prérogatives spécifiques qui vont au-delà de celles des simples membres. La loi de 1965 lui permet notamment, en cas d'empêchement du syndic, de **convoquer une assemblée générale** pour désigner un nouveau syndic (article 18, [Legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000045082788)). L'assemblée peut également lui déléguer le pouvoir d'**introduire une action judiciaire contre le syndic** en réparation d'un préjudice subi par le syndicat (article 25-i, [Legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039313590)). Ces pouvoirs élargis sont source d'abus lorsqu'un président les utilise sans mandat de l'assemblée générale seule compétente pour les attribuer. Parmi les abus caractéristiques. - **Agir en justice** au nom du syndicat sans délégation votée - **Signer des avenants** ou engager des dépenses sans autorisation - **Refuser de réunir** le conseil syndical alors que des copropriétaires en font la demande - **Exercer une influence** sur le syndic pour écarter un copropriétaire des décisions collectives Le conseil syndical peut également, dans certains cas, **résilier le contrat d'un syndic** défaillant, mais uniquement sur décision de l'assemblée générale ([service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31671)). Toute rupture anticipée hors de ce cadre constitue un dépassement de compétence. ## Responsabilité des membres du conseil syndical en cas de faute grave Le conseil syndical n'étant pas doté de personnalité juridique, c'est la **responsabilité personnelle** de chaque membre fautif qui peut être engagée. Cette responsabilité est civile, elle oblige le membre à réparer le préjudice causé au syndicat des copropriétaires ou à un copropriétaire individuel. La faute grave est caractérisée lorsque le membre a agi en dehors de ses attributions légales, en toute connaissance de cause, voire a fait preuve d'une négligence manifeste. Les tribunaux ont déjà retenu la responsabilité de conseillers syndicaux pour. - Engagement de dépenses non autorisées par l'assemblée - Divulgation d'informations confidentielles portant préjudice à un copropriétaire - Comportements constitutifs de harcèlement moral Le [conseil syndical de copropriété](/syndic/conseil-syndical-copropriete-composition-election-2026/) doit exercer ses fonctions dans le seul intérêt collectif. Dès lors qu'un membre agit dans son intérêt personnel ou pour nuire à autrui, la faute est qualifiable. La juridiction compétente est le **tribunal judiciaire** du lieu de situation de l'immeuble. Il est conseillé de consulter un avocat spécialisé en droit de la copropriété avant toute action contentieuse. ## Démarches concrètes pour contester un abus Face à un abus de pouvoir du conseil syndical, les recours sont progressifs. Voici les étapes à suivre dans l'ordre. **1. Constituer un dossier probant** Rassemblez tous les éléments, courriers, e-mails, procès-verbaux d'assemblée, témoignages écrits d'autres copropriétaires, photos si nécessaire. La preuve écrite est déterminante. **2. Adresser une mise en demeure** Envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception au président du conseil syndical et au syndic, en précisant les faits reprochés et le délai accordé pour y remédier. Cette étape est souvent suffisante pour mettre fin aux comportements problématiques. **3. Inscrire le sujet à l'ordre du jour de l'assemblée générale** Tout copropriétaire peut demander au syndic d'inscrire une question à l'ordre du jour. C'est l'assemblée générale seule qui peut révoquer un membre du conseil syndical ou modifier sa composition. **4. Saisir le tribunal judiciaire** Si les voies amiables échouent, une action en responsabilité civile est possible. Selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35288), la contestation d'une décision irrégulière prise en assemblée générale doit intervenir dans un **délai de 2 mois** suivant la notification du procès-verbal aux copropriétaires opposants voire défaillants. **5. Demander la désignation d'un administrateur provisoire** En cas de dysfonctionnement grave empêchant le fonctionnement normal de la copropriété, un juge peut désigner un administrateur provisoire ([service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2643)). Cette mesure exceptionnelle vise à rétablir l'équilibre de la gestion. ## Comment attaquer le conseil syndical en justice Attaquer le conseil syndical en justice suppose de cibler les **membres fautifs à titre personnel**, puisque le conseil n'a pas de personnalité juridique propre. L'action se fonde sur l'article 1240 du Code civil (responsabilité pour faute) ou sur les dispositions spécifiques de la loi de 1965. Deux situations sont possibles. - **Action individuelle** : un copropriétaire lésé agit pour obtenir réparation d'un préjudice personnel (harcèlement, refus d'accès à l'information, etc.). - **Action collective** : le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, agit contre un voire plusieurs membres du conseil. Si le syndic est lui-même impliqué, le président du conseil peut, sur délégation de l'assemblée, **agir en justice contre le syndic** en réparation du préjudice subi par le syndicat ([service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2610)). Le [syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) reste l'intermédiaire obligatoire pour toute action du syndicat, sauf délégation expresse à son président. Avant de saisir le tribunal, le recours à un médiateur voire à un conciliateur de justice est souvent moins coûteux ainsi que plus rapide, comptez de **0 à 50 €** pour une séance de conciliation devant le tribunal judiciaire. ## Nouveaux pouvoirs du conseil syndical depuis la loi ELAN La loi ELAN de 2018 ainsi que ses décrets d'application ont élargi les attributions du conseil syndical dans certains cas. Ces nouveaux pouvoirs, s'ils renforcent l'autonomie du conseil, créent également de nouvelles zones d'abus potentiels à surveiller. Principaux changements. - **Délégation de pouvoir élargie** : l'assemblée générale peut déléguer au conseil syndical la capacité de prendre certaines décisions sans vote préalable, dans une limite fixée par l'assemblée elle-même. Ce mécanisme est encadré par l'article 21-1 de la loi de 1965. - **Contrat de syndic** : le conseil syndical peut être mandaté pour négocier les conditions du contrat du syndic avant soumission à l'assemblée. - **Mise en concurrence** : le conseil syndical doit désormais procéder à une mise en concurrence des syndics, sous peine d'irrégularité de la décision. Ces pouvoirs élargis imposent une **obligation de transparence** renforcée. Un conseil qui use de ces délégations sans en informer l'ensemble des copropriétaires, voire qui dépasse les limites fixées par l'assemblée, commet un abus de pouvoir caractérisé. La traçabilité des décisions (procès-verbaux de réunions du conseil, comptes rendus écrits) devient un outil de contrôle indispensable pour chaque copropriétaire. > **Points clés** > > - Le conseil syndical est un organe consultatif et de contrôle : il n'a pas de personnalité juridique propre et ne peut pas décider à la place de l'assemblée générale. > - Tout mandat des membres du conseil syndical est limité à 3 ans renouvelables (décret du 17 mars 1967, art. 22 à 27). > - Un abus de pouvoir du président du conseil syndical ou de ses membres peut engager leur responsabilité civile personnelle devant le tribunal judiciaire. > - La contestation d'une décision irrégulière prise en assemblée générale doit être formée dans un délai de 2 mois à compter de la notification du procès-verbal. > - En cas de blocage grave, un administrateur provisoire peut être désigné par un juge pour rétablir le fonctionnement normal de la copropriété. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2610) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093854/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000045082788) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039313590) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35288) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31671) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2643) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2606) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Rôle du conseil syndical : les règles et limites en 2026 URL: https://copro-guide.fr/syndic/role-du-conseil-syndical-regles-limites-2026/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-18 Mot-clé ciblé: role du conseil syndical Quel est le rôle du conseil syndical en copropriété en 2026 ? Missions de contrôle, limites de pouvoirs, assistance au syndic et gestion des litiges. Le rôle du conseil syndical permet d'assurer le bon fonctionnement d'une copropriété et le contrôle efficace du syndic professionnel. Cet organe bénévole assure une liaison constante entre l'ensemble des copropriétaires et l'administration de l'immeuble. Trois axes structurent ses missions en 2026 : l'assistance technique, le contrôle comptable et la préparation rigoureuse des décisions d'assemblée générale, selon les textes législatifs applicables. ## Le contrôle rigoureux de la gestion financière et comptable Tout au long de l'exercice annuel de l'immeuble, le conseil syndical effectue une vérification méticuleuse des finances. Cette mission indispensable de contrôle s'exerce de manière directe sur les pièces justificatives de dépenses, les factures de prestations, les contrats d'entretien technique et les mouvements bancaires de la résidence. Une étude publiée par le réseau e-immobilier du Crédit Agricole en mai 2026 précise que l'activité principale de cette instance consiste à surveiller l'action globale du syndic de copropriété. Résultat : cet examen rigoureux évite les dérives de facturation et certifie la clarté des bilans comptables transmis aux résidents. La loi en donne les moyens. Pour accomplir cette vérification, elle accorde aux conseillers élus un accès direct et permanent aux documents comptables du gestionnaire professionnel. - **Accès physique** : Possibilité de consulter et réaliser des copies de toutes les factures ou relevés bancaires originaux de la copropriété. - **Analyse du compte** : Surveillance renforcée de l'utilisation du compte bancaire séparé ouvert obligatoirement pour la gestion financière de l'immeuble. **Suivi des contrats** : Garantie de la bonne application des conditions négociées avec les plombiers, ascensoristes ou prestataires d'entretien courant. Le maintien de cette rigueur administrative facilite les rapports quotidiens et sécurise la relation de confiance avec le [syndic de copropriété : rôle et obligations](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) précis pour éviter les malentendus de gestion. ## L'assistance technique au syndic et la concertation réglementaire Résoudre les incidents et planifier les interventions techniques : l'assistance journalière au syndic de copropriété reste une facette essentielle. Plus qu'un simple censeur des écritures comptables, cet organe collégial apporte une expertise du terrain qui favorise l'entretien durable du patrimoine immobilier de la résidence. Les membres transmettent les dysfonctionnements locaux et guident le gestionnaire dans la recherche de professionnels ou d'artisans. Ce travail commun accélère le traitement des fuites d'eau ou des pannes d'éclairage constatées par les copropriétaires. À lire aussi : [abus de pouvoir du conseil syndical : recours 2026](/litiges/abus-de-pouvoir-conseil-syndical-recours/). Rien n'est laissé au hasard. Le législateur encadre précisément les modalités d'assistance à travers plusieurs règles légales obligatoires. - **Seuil de consultation** : L'assemblée fixe une limite financière en euros au-delà de laquelle l'avis écrit du conseil syndical est obligatoire avant de valider un devis. - **Mise en concurrence** : Obligation de lancer plusieurs appels d'offres pour des projets d'ampleur selon les seuils financiers fixés par le règlement intérieur de l'immeuble. **Conseil technique** : Recommandations régulières pour arbitrer entre une réparation partielle immédiate et une réfection à long terme des installations. Un [conseil syndical](/syndic/conseil-syndical-copropriete-composition-election-2026/) correctement composé s'approprie ces mécanismes d'assistance pour pérenniser l'immeuble tout en modérant l'inflation naturelle des charges collectives. ## La préparation conjointe de l'assemblée générale de copropriété Préparer ensemble la réunion annuelle des copropriétaires conditionne la légitimité des décisions futures et la bonne ambiance de l'immeuble. Conseillers et gestionnaire conçoivent l'ordre du jour à deux et structurent les projets de résolutions financières ou techniques complexes. L'arrêté du 22 novembre 2023 publié au Journal officiel régit d'ailleurs les devoirs de l'instance dans la présentation des règles de rédaction des résolutions pour garantir la transparence des votes. Cette anticipation désamorce les tensions de séance et évite les annulations de décisions pour vice de forme. Les représentants rédigent aussi un bilan interne. Ce document fait le point sur les victoires de l'année. - **Ajustement de l'ordre du jour** : Intégration des demandes de résolutions rédigées par des propriétaires isolés ou par le conseil lui-même. - **Construction du prévisionnel** : Co-écriture du budget annuel des dépenses de la résidence afin de maintenir l'équilibre financier à l'avenir. **Rédiger le compte-rendu** : Notice descriptive globale détaillant les dossiers étudiés et l'argent économisé grâce aux négociations du conseil. Cette démarche préalable garantit que chaque [vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) de l'immeuble dispose de l'information exhaustive nécessaire pour se dérouler de manière fluide. ## Nouveaux pouvoirs du conseil syndical et limites de la délégation Élargies par le cadre légal, les nouvelles compétences offrent une plus grande flexibilité décisionnelle sans recourir aux réunions extraordinaires régulières. Les propriétaires ont la possibilité de déléguer temporairement une partie de leurs choix de gestion directement aux conseillers volontaires lors de la séance plénière. Cette faculté d'arbitrage de proximité évite des lenteurs pour la réparation d'installations usées ou de toitures fuyantes lors des intempéries d'hiver. Tout n'est pas permis pour autant : le budget alloué par la collectivité à ces décisions déléguées subit un strict encadrement pour prémunir les résidents des dérives. La traçabilité reste impérative. Les délibérations prises dans ce cadre exigent la tenue de registres précis et une communication sans faille vers les autres propriétaires. - **Plafond budgétaire** : La somme maximale allouée à cette marge de manœuvre est fixée de manière précise au cours de l'assemblée annuelle. - **Limites d'application** : Exclusion explicite des modifications structurelles majeures et des ravalements complets de l'immeuble qui exigent toujours un vote classique. **Registre de compte-rendu** : Consignation des actes dans un dossier consultable à tout moment par les propriétaires qui souhaiteraient auditer les dépenses courantes. Cet assouplissement ne dispense pas de la rigueur inhérente au rôle du conseil syndical pour conserver la confiance et l'adhésion de tous. ## Les limites légales et la prévention des abus de pouvoir Faute de personnalité morale autonome, cet organe bénévole ne peut ni signer de vrais contrats commerciaux ni poursuivre un tiers en justice. La législation protège ainsi les droits individuels en prévenant efficacement l'abus de pouvoir du conseil syndical sur les décisions collectives fondamentales. Un membre ne peut donc jamais imposer seul ses préférences esthétiques ou interdire un aménagement autorisé par la réglementation d'urbanisme. Même logique si le président du conseil syndical s'avère autoritaire ou tente de faire la police de manière désordonnée dans les couloirs du bâtiment. Où s'arrête le pouvoir ? Les règles légales fixent la limite exacte des actions recevables de la part des membres actifs élus. - **Pas d'action commerciale** : Le représentant bénévole n'a aucun droit de commande de travaux sans l'accord de la collectivité ou la signature officielle du syndic. - **Neutralité de voisinage** : Les différends personnels ou les bruits domestiques ne relèvent pas des missions officielles de contrôle du conseil. **Aucune action judiciaire autonome** : L'initiative des procès ou recours contre un artisan incombent à la copropriété tout entière par l'action du syndic. Une délimitation solide des prérogatives de chacun apaise la vie quotidienne au sein des parties communes et écarte les procès d'intention. ## Le traitement des conflits internes et des blocages décisionnels Tout n'est pas toujours rose. Mésententes et divergences de vues internes bloquent parfois l'élaboration des budgets ou le choix des artisans pour l'immeuble, et lorsque survient un conflit entre membres du conseil syndical, le blocage général menace directement d'étouffer les initiatives vitales d'entretien ou de rénovation énergétique indispensables. Ces litiges internes nécessitent une approche diplomatique rapide en vue d'éviter des démissions collectives préjudiciables à la vie générale de la copropriété. Heureusement, des règles de majorité claire et de médiation peuvent guérir ces situations explosives avant le recours aux résolutions extrêmes. Le bon sens collectif reprend alors le dessus. Il rétablit l'action saine de la copropriété face aux enjeux de rénovation. - **Médiation interne** : Organisation d'une réunion informelle sans la présence du syndic pour formaliser les griefs de chacun et converger vers des solutions de compromis. - **Le recours aux règles du règlement d'immeuble** : Rappel des critères légaux d'échantillonnage de devis pour écarter tout procès en favoritisme. **L'arbitrage de l'assemblée générale** : Renouvellement ou révocation de l'organe de contrôle par un vote si les dissensions bloquent irrémédiablement la structure de contrôle. La connaissance des solutions à mettre en place face à un [conflit entre membres du conseil syndical](/litiges/conflit-membres-conseil-syndical-solutions/) permet de ramener la concorde et de poursuivre efficacement la sauvegarde de la copropriété. ## L'intervention d'urgence face aux carences constatées du syndic La vigilance constante de l'équipe prend tout son sens lorsque le professionnel désigné commet des erreurs financières ou fait preuve d'inaction technique prolongée. Chaudières collectives laissées sans entretien, résolutions votées l'année passée jamais exécutées : autant de carences qui justifient des interventions proactives de la part des membres élus. La légalité française offre au président du conseil des moyens coercitifs puissants pour remettre le syndic au travail sans bloquer le fonctionnement de l'immeuble. Il peut notamment exiger des mises en demeure de réaliser les travaux ou de payer les factures d'entretien en attente. L'urgence ne dispense pas de rigueur. Ces situations nécessitent un suivi juridique précis en vue de protéger les finances de l'immeuble. - **Mise en demeure officielle** : Rédaction d'un courrier recommandé exigeant l'exécution des travaux votés sous un délai strict de quelques jours. - **Convocation de l'AG de remplacement** : Possibilité de convoquer lui-même les propriétaires si le gestionnaire en place garde le silence durant huit jours après mise en demeure. **Avertissement aux assureurs** : Déclaration directe des incidents techniques aux assurances pour empêcher la déchéance des garanties pour cause de retard administratif. Cette posture de surveillance garantit la continuité de vie et la valeur patrimoniale de l'immeuble face aux mauvaises prestations d'un professionnel défaillant. ## L'optimisation durable de la gestion collective immobilière Une vie collective sereine et sereinement encadrée dépend du dévouement de ces représentants investis de manière bénévole dans la copropriété. Pour rationaliser l'action quotidienne de l'équipe, il convient de répartir les dossiers techniques et comptables selon les appétences spécifiques de chaque membre élu. Un équilibre durable s'appuie également sur la vérification régulière de la répartition équitable des dépenses entre propriétaires : c'est l'un des premiers chantiers d'analyse logique pour s'assurer du respect des règles fondamentales de participation aux travaux de l'immeuble. Reste la question de l'équité. Son contrôle passe par un audit des clés de répartition votées de manière historique au sein du règlement de copropriété. - **Utilisation des ressources techniques** : L'étude de la [clé de répartition des charges de copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) garantit un partage fidèle à la loi et aux tantièmes détenus par chaque propriétaire de l'immeuble. - **Information transparente** : Partage régulier de comptes-rendus simplifiés par courriel pour rassurer la communauté de résidents sur les dépenses courantes. **Formation des candidats** : Suivi des publications de l'Association des Responsables de Copropriété pour maintenir des conseils à la pointe des lois applicables. L'investissement de chacun des conseillers permet d'optimiser le budget collectif tout en s'assurant du respect scrupuleux du cadre réglementaire du secteur de l'immobilier. > **Points clés** > > - Le contrôle permanent de la comptabilité et des dépenses du syndic constitue la mission principale des membres du conseil de copropriété. > - Le conseil syndical n'a pas la personnalité juridique et ne peut pas se substituer aux fonctions de gestionnaire exécutif du syndic. > - Les arbitrages en cours d'année peuvent être accélérés par des délégations budgétaires votées et encadrées en assemblée générale. > - La composition et le renouvellement s'opèrent par un vote des copropriétaires à la majorité absolue lors de la réunion annuelle. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2610) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000048530487/2026-01-11) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000048532963/2026-01-11) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/habiter/copropriete-quoi-sert-le-conseil-syndical) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Régularisation charges locataire 2026 : délais et procédure URL: https://copro-guide.fr/charges/regularisation-charges-locataire-2026/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-17 Mot-clé ciblé: régularisation charges locataire Tout savoir sur la régularisation annuelle des charges locatives en 2026 : délais légaux, charges récupérables, justificatifs, prescription et recours en cas Tous les ans, les charges locatives doivent être régularisées. Le principe consiste à comparer les provisions versées par le locataire avec les dépenses réelles du propriétaire. Pour le locataire, le droit à un décompte détaillé et à des justificatifs est prévu par la loi. Pour le bailleur, des délais précis s'imposent, et les dépasser, c'est risquer de perdre son droit à réclamer un complément. Voici les règles applicables en 2026, les montants à connaître et les recours possibles. > **Ce qu'il faut retenir** > > - La régularisation des charges locatives est obligatoire une fois par an : le propriétaire compare les provisions versées aux charges réelles et rembourse ou réclame la différence. > - Le propriétaire doit envoyer un décompte détaillé au moins un mois avant la régularisation et tenir les justificatifs à disposition du locataire. > - Le délai de prescription est de 3 ans pour réclamer un solde de charges ou demander un remboursement, passé ce délai la créance est perdue. > - Seules les charges listées par le décret n° 87-713 sont récupérables : eau, chauffage, entretien parties communes, ordures ménagères. Les grosses réparations et la taxe foncière restent dues par le propriétaire. > - En cas de litige, le locataire peut d'abord saisir la commission départementale de conciliation (gratuite), puis le juge des contentieux de la protection. ## Qu'est-ce que la régularisation des charges locatives ? La régularisation des charges locatives, c'est quoi au juste ? Une fois par an, on compare les provisions versées chaque mois par le locataire avec le montant réel des **charges récupérables** que le propriétaire a supportées. Tout tient en peu de mots. Chaque mois, le locataire verse une somme au titre des charges (forfaitaire ou estimative). En fin d'exercice, le bailleur fait les comptes : - **Provisions > charges réelles** → il rembourse la différence. - **Provisions < charges réelles** → le locataire paie le complément. Tout ça, c'est la **loi n° 89-462 du 6 juillet 1989** (art. 23) et le **décret n° 87-713 du 26 août 1987** qui l'encadrent. Ce dernier fixe la liste des charges récupérables. Locations vides comme meublées, résidence principale uniquement. Pour savoir qui paie quoi en copropriété, notre guide sur [qui paie les charges de copropriété entre locataire et propriétaire](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) vous éclaire. ## Quel est le délai légal pour la régularisation des charges ? Deux délais à ne pas rater pour le propriétaire. D'abord, l'envoi du décompte. L'état récapitulatif annuel doit parvenir au locataire **au moins un mois avant** la date de régularisation. C'est ce que précise le site [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) (août 2025). Un mois de battement pour que le locataire vérifie les montants et demande ses justificatifs avant de payer. Le second délai est la **prescription**. Côté bailleur, le compte à rebours est de **3 ans** pour réclamer des charges impayées. Passé ce délai, sa créance tombe ([service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F479)). Même règle pour le locataire. Il dispose de 3 ans pour demander un remboursement de provisions trop versées. La Cour de cassation l'a rappelé dans un arrêt du **29 janvier 2026** ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053430203)), en rejetant la demande d'une locataire qui réclamait des provisions de 2016, trop tard, le délai de 3 ans était dépassé. ## Quelles charges sont récupérables auprès du locataire ? Toutes les dépenses du propriétaire ne passent pas chez le locataire. Seules les **charges récupérables** listées dans le **décret n° 87-713 du 26 août 1987** sont régularisables. Trois grandes catégories. - **Services individuels liés au logement** : eau froide et eau chaude, électricité des parties communes, chauffage collectif, entretien des compteurs. - **Entretien courant des parties communes** : nettoyage, éclairage, maintenance légère. - **Équipements collectifs** : ascenseur, espaces verts. - **Taxes et redevances** : TEOM (enlèvement des ordures ménagères), redevance d'assainissement. Ce que le locataire ne paie pas, les grosses réparations (toiture, ravalement, mise aux normes), la taxe foncière, les honoraires de gestion locative, les frais de contentieux. On détaille ces exceptions dans notre article sur [les 5 dépenses que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/). La **part du locataire** dans les charges varie selon l'immeuble et ses équipements ; notre fiche sur [la part du locataire dans les charges de copropriété](/charges/part-locataire-charges-copropriete/) vous aide à y voir clair. ## Comment se déroule la régularisation annuelle des charges ? La régularisation, ça se fait en plusieurs étapes. Le propriétaire doit les respecter à la lettre. **1. L'état récapitulatif annuel.** Le bailleur prépare un document, toutes les charges réelles de l'année, moins les provisions déjà versées, ça donne le solde. Assez de détails pour que le locataire puisse vérifier chaque poste. **2. Les justificatifs à disposition.** Le locataire peut exiger de voir les factures, contrats d'entretien, appels de fonds du syndic. Le propriétaire n'a pas le droit de refuser, rappelle [Boursorama le 16 février 2026](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/charges-locatives-en-cas-de-doutes-un-locataire-peut-il-exiger-des-justificatifs-d2b2934b44cdf1dcc2f42b2b45d477ba). Doute persistant ? Saisine possible de la commission départementale de conciliation. **3. Le paiement du solde.** Décompte transmis et vérifié, le locataire paie le complément sous 30 jours en général. Si c'est le propriétaire qui doit rembourser, il le fait sans attendre. Des **rappels de charges de plusieurs milliers d'euros**, ça arrive. [Boursorama le 21 avril 2026](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/c-est-invivable-ces-locataires-subissent-des-rappels-de-charges-de-plusieurs-milliers-d-euros-05467c656de206659febc58d41d4bc66) en parle, des locataires en Essonne ont subi des régularisations massives. La cause ? Des provisions sous-estimées ou des travaux non anticipés. Pour éviter ça, le propriétaire gagnerait à caler ses provisions sur les exercices précédents. ## Régularisation des charges après le départ du locataire Le locataire qui déménage ? Pas de dispense de régularisation. Le propriétaire doit produire un **décompte définitif** au prorata du temps d'occupation réel. Tout se calcule en deux temps. D'abord, le bailleur additionne les charges réellement dues entre le 1er janvier (ou le début du bail) et la date de remise des clés. Ensuite, il compare avec les provisions versées sur la même période. La **régularisation au prorata** est obligatoire, même pour un bail de quelques mois. Ce délai de **3 ans** pour réclamer court à partir de la fin du bail. Pour sécuriser sa créance, le propriétaire envoie le décompte en recommandé avec AR. La Cour de cassation, le **12 février 2026** ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053538542)), a rappelé que tout impayé de charges doit reposer sur un décompte précis. Sans ça, le locataire peut refuser de payer. Et si le propriétaire traîne trop (plusieurs mois après le départ) ? Le locataire peut contester. Les tribunaux considèrent qu'un envoi sous **3 à 6 mois** est raisonnable. ## Que faire en cas d'erreur ou de litige sur les charges ? Les litiges sur les charges, c'est fréquent. Le locataire peut contester s'il estime que des charges non récupérables lui ont été facturées, que le décompte manque de détails, ou que la prescription est dépassée. **D'abord, demander les justificatifs.** Le propriétaire doit les fournir (factures, contrats, appel de charges du syndic). S'il refuse, la **commission départementale de conciliation** (gratuite) peut être saisie avant d'aller au tribunal. **Ensuite, le juge des contentieux de la protection.** Conciliation en échec ? Le locataire assigne le propriétaire. Un arrêt de la Cour de cassation du **29 janvier 2026** ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053430199)) précise que l'état récapitulatif annuel doit inclure la liquidation et la régularisation des comptes pour être valable. **Cas particulier, le forfait de charges.** Certains baux prévoient un montant fixe, sans régularisation. Le propriétaire ne peut alors pas réclamer de complément, même si les charges réelles explosent. Il peut réviser ce forfait une fois par an, mais seulement selon l'IRL, comme le rapporte [Boursorama le 12 janvier 2026](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/votre-proprietaire-a-augmente-les-charges-locatives-voici-dans-quels-cas-vous-pouvez-refuser-cette-hausse-487e0698e635deaedbcc62341bdcdc02). À l'inverse, si le forfait est trop élevé, le locataire peut demander une baisse. Un propriétaire qui ne respecte pas ses obligations ? Sa demande peut être rejetée. [Boursorama rapportait le 10 octobre 2025](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/menacee-d-expulsion-pour-des-impayes-elle-fait-annuler-la-decision-et-condamner-son-proprietaire-b626599b7ffe3838a477158519428ae7) l'histoire d'une locataire menacée d'expulsion pour impayés de charges et qui a fait annuler la dette, aucun décompte régulier n'avait été transmis. ## Les erreurs à éviter pour les propriétaires bailleurs Propriétaires, certaines erreurs peuvent coûter cher dans la régularisation annuelle. Les plus fréquentes : - **Pas de décompte dans les temps.** Il faut le transmettre au moins un mois avant de demander le paiement. Sinon, le locataire peut refuser de payer. - **Des charges non récupérables facturées.** Grosses réparations, taxe foncière, frais de gestion : tout ça reste à la charge du propriétaire. Les inclure, c'est s'exposer à une contestation et à des dommages-intérêts. - **Des provisions trop justes.** Résultat : des rappels élevés qui tendent la relation locative et génèrent des impayés. Mieux vaut provisionner un peu plus et rembourser le surplus en fin d'année. - **Pas de régularisation après un départ.** Le délai de 3 ans court toujours. Trop attendre pour envoyer le décompte définitif peut faire perdre la créance. Pour calculer la répartition entre propriétaire et locataire, notre guide pratique sur [le calcul de la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) peut aider. En cas de doute, un gestionnaire de biens ou un avocat spécialisé est toujours une bonne idée.

Fiche pratique

Cadre légalLoi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (art. 23) + Décret n° 87-713 du 26 août 1987
Délai d'envoi du décompteAu moins 1 mois avant la régularisation (economie.gouv.fr, 2025)
Délai de prescription3 ans pour réclamer un solde ou un remboursement
Plafond frais de dossier (ALUR)200 € maximum (e-immobilier.credit-agricole.fr, 2026)
Révision du forfait de charges1 fois par an, selon l'IRL uniquement
Recours gratuitCommission départementale de conciliation
Référenceservice-public.gouv.fr, legifrance.gouv.fr, economie.gouv.fr
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F479) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053430203) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053430199) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053538542) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/charges-locatives-en-cas-de-doutes-un-locataire-peut-il-exiger-des-justificatifs-d2b2934b44cdf1dcc2f42b2b45d477ba) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/c-est-invivable-ces-locataires-subissent-des-rappels-de-charges-de-plusieurs-milliers-d-euros-05467c656de206659febc58d41d4bc66) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/votre-proprietaire-a-augmente-les-charges-locatives-voici-dans-quels-cas-vous-pouvez-refuser-cette-hausse-487e0698e635deaedbcc62341bdcdc02) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/menacee-d-expulsion-pour-des-impayes-elle-fait-annuler-la-decision-et-condamner-son-proprietaire-b626599b7ffe3838a477158519428ae7) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/la-location-meublee-depuis-la-loi-alur) > Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Conflit entre membres du conseil syndical : solutions 2026 URL: https://copro-guide.fr/litiges/conflit-membres-conseil-syndical-solutions/ Catégorie: litiges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-17 Mot-clé ciblé: conflit entre membres du conseil syndical Conflit entre membres du conseil syndical : causes fréquentes, abus de pouvoir, révocation et recours en AG. Guide pratique 2026 avec étapes concrètes. Un conflit entre membres du conseil syndical peut paralyser la gestion d'une copropriété pendant des mois, voire des années. Désaccords profonds, abus de pouvoir d'un président autoritaire, membre systématiquement absent, ces tensions nuisent à la prise de décision collective et fragilisent l'ensemble des copropriétaires. Plusieurs voies existent pour désamorcer ces situations, du dialogue amiable jusqu'au vote en assemblée générale, cet article détaille chaque étape. ## Rôle et obligations des membres du conseil syndical Organe de contrôle de la copropriété, le conseil syndical regroupe des membres élus parmi les copropriétaires, qui assistent le syndic et surveillent sa gestion. Selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2610), le mandat est d'une durée maximale de **3 ans**, renouvelable par vote en assemblée générale. Les obligations des membres sont précises : - **Assister aux réunions** du conseil syndical convoquées par le président ou le syndic. - **Examiner les comptes** et les documents de gestion présentés par le syndic. - **Formuler des avis** sur les travaux importants et les contrats soumis à l'AG. - **Informer les copropriétaires** des décisions prises et des problèmes identifiés, notamment en matière de propreté des parties communes ou de rénovation énergétique. Bénévole et non contraignant sur le plan pénal, ce rôle peut toutefois engager la responsabilité civile du membre concerné en cas de manquement caractérisé. Pour comprendre le cadre complet de cette instance, consultez notre guide sur le [conseil syndical : composition, rôle, pouvoirs et élection](/syndic/conseil-syndical-copropriete-composition-election-2026/). Attention, le conseil syndical n'a pas vocation à « faire la police » auprès des résidents. Son périmètre est la gestion administrative et technique de l'immeuble, pas le comportement individuel des occupants. ## Les 3 grands types de conflits au sein du conseil syndical Parmi les membres du conseil syndical, les tensions se regroupent en trois grandes catégories, chacune appelant une réponse différente. Sur le même sujet, notre article [assemblée générale copropriété non tenue : vos recours](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-non-tenue/) complète cette analyse. **1. Les conflits de personnes**, désaccords interpersonnels, rivalités anciennes entre copropriétaires, incompatibilités de caractère. Ces conflits d'opinions sont souvent les plus tenaces car ils ne reposent pas sur un différend factuel facilement arbitrable. **2. Les conflits de compétence**, un membre s'arroge des prérogatives qui ne lui appartiennent pas, par exemple en traitant directement avec des prestataires sans mandat du conseil, voire en signant des documents au nom du syndicat sans habilitation. Ce type de situation relève souvent d'un abus de pouvoir. **3. Les conflits de gouvernance**, désaccords sur les orientations stratégiques de la copropriété (budget, travaux de rénovation, choix du syndic). Ces conflits sont les plus courants parmi les membres du conseil syndical actifs et engagés. Un quatrième facteur aggravant est l'absentéisme, un membre du conseil syndical absent de façon répétée empêche la prise de décision collective. Lorsque le quorum n'est pas atteint, certaines décisions cruciales sont bloquées, ce qui peut désorganiser la gestion de l'immeuble pendant plusieurs mois. La question de l'absentéisme soulève aussi des enjeux lors des votes en assemblée, comprendre ce que change une [abstention lors d'un vote en AG de copropriété](/assemblee/comment-compter-abstentions-vote-copropriete/) aide à mieux anticiper les blocages décisionnels. Pour approfondir, consultez notre guide sur [abus de pouvoir du conseil syndical, recours 2026](/litiges/abus-de-pouvoir-conseil-syndical-recours/) ainsi que notre article sur le [rôle du conseil syndical, ses règles et ses limites en 2026](/syndic/role-du-conseil-syndical-regles-limites-2026/). > **L'essentiel** > > - Les membres du conseil syndical sont élus pour un mandat de 3 ans maximum, renouvelable par un vote en assemblée générale à la majorité de l'article 25 (loi du 10 juillet 1965). > - Un membre fautif ou absent peut être révoqué par l'assemblée générale des copropriétaires, sans qu'il soit nécessaire d'attendre la fin de son mandat. > - Quand le dialogue interne échoue, la médiation amiable reste une alternative moins coûteuse et plus rapide que le recours judiciaire. > - Le président du conseil syndical ne dispose d'aucun pouvoir décisionnaire individuel : ses actes sont soumis au contrôle collectif du conseil et de l'AG. > - En cas de faute grave d'un membre, les copropriétaires peuvent engager sa responsabilité civile devant le tribunal judiciaire. ## Comment prévenir les conflits au conseil syndical ? La plupart des conflits naissent d'un fonctionnement mal cadré plutôt que d'une réelle mauvaise foi. Trois pratiques simples réduisent nettement le risque de blocage. - **Un règlement intérieur du conseil syndical**. Rien ne l'impose légalement, mais un document interne définissant la fréquence des réunions, le mode de convocation, les modalités de vote et la circulation des documents désamorce en amont les reproches d'opacité ou de convocation sélective. Le conseil peut l'adopter à sa majorité et l'annexer à ses comptes rendus. - **Des comptes rendus écrits systématiques**. Chaque réunion devrait donner lieu à un procès-verbal daté, listant les points examinés, les avis rendus et les membres présents. Ce PV écrit protège chacun : il fige les décisions collectives et évite que le président ne s'arroge après coup une position qui n'a pas été validée. - **Une répartition formalisée des rôles**. Attribuer explicitement des missions (suivi des travaux, examen des comptes, relation avec le syndic) à des membres identifiés, plutôt que de laisser le président tout centraliser, équilibre le pouvoir et implique chacun. Le président reste un coordinateur parmi ses pairs, sans prérogative décisionnaire propre. Ces garde-fous, mis en place dès l'élection du conseil, coûtent peu et évitent la plupart des situations décrites plus bas. ## Abus de pouvoir du président du conseil syndical : reconnaître et agir Le président du conseil syndical n'est qu'un coordinateur parmi ses pairs, et la loi du 10 juillet 1965 ne lui confère aucun pouvoir décisionnaire individuel. Pourtant, les situations de président autoritaire restent fréquentes dans les copropriétés, il monopolise l'information, refuse de convoquer des réunions, voire conteste systématiquement les propositions des autres membres. Les abus de pouvoir les plus signalés sont : - **Refus de communication** : le président retient des documents de gestion ou des devis aux autres membres du conseil. - **Prise de décision unilatérale** : il engage des dépenses ou signe des courriers sans consulter le conseil. - **Convocation sélective** : il omet certains membres pour les réunions afin d'obtenir une majorité favorable. - **Instrumentalisation du syndic** : il influence le syndic pour orienter l'ordre du jour de l'AG en sa faveur. Face à ces situations, le premier recours est la mise en demeure écrite adressée au président, avec copie au syndic. Si le comportement persiste, les copropriétaires peuvent demander l'inscription d'un point à l'ordre du jour de la prochaine AG pour révoquer le président de ses fonctions de coordinateur, sans nécessairement le destituer comme membre du conseil. En cas de préjudice financier avéré (dépense non autorisée, contrat signé sans mandat), une action en responsabilité civile devant le tribunal judiciaire est envisageable. Consultez un professionnel juridique avant toute démarche contentieuse. ## Étapes pour résoudre un conflit interne : du dialogue à la médiation Résoudre un conflit entre membres du conseil syndical suit logiquement une gradation, d'abord l'interne, puis l'externe, puis seulement en dernier recours le judiciaire. **Étape 1, le dialogue direct**. Une réunion de conseil spécifiquement dédiée au sujet, avec un ordre du jour clair, permet souvent de débloquer des tensions nées de malentendus ou de manque d'information. Le syndic peut y assister en tant que tiers neutre. **Étape 2, la médiation amiable**. Lorsque le dialogue échoue, le recours à un médiateur agréé est une alternative sérieuse. La médiation est moins coûteuse qu'un procès (comptez entre **300 et 800 €** d'honoraires selon la complexité, en 2026) et peut aboutir en quelques semaines. Le Centre national de médiation des avocats (CNMA) ou un médiateur de justice proposent ce service. **Étape 3, l'assemblée générale**. Si la médiation échoue et que le conflit nuit à la gestion de l'immeuble, la voie de l'AG s'impose. Deux délais distincts entrent alors en jeu. Le premier est le délai laissé au syndic pour **provoquer** l'assemblée après une demande écrite de copropriétaires représentant au moins un quart des voix, le syndic doit y donner suite dans le mois qui suit (article 8 du décret du 17 mars 1967, [Légifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061423/)), faute de quoi les demandeurs peuvent convoquer eux-mêmes l'AG. Le second est le **délai de convocation** proprement dit, la convocation doit être adressée aux copropriétaires **au moins 21 jours avant** la date de l'assemblée. La bonne gestion d'une copropriété nécessite un [syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) efficace qui sait également jouer un rôle d'arbitre entre les membres du conseil quand les tensions montent. ## Révocation d'un membre du conseil syndical : procédure exacte Révoquer un membre du conseil syndical est possible à tout moment, avant la fin de son mandat de 3 ans. Cette décision appartient exclusivement à l'assemblée générale des copropriétaires et non au syndic ni aux autres membres du conseil. **Procédure en 4 étapes :** - **Demande d'inscription à l'ordre du jour** : adresser une demande au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception. La demande doit être signée par au moins un copropriétaire. Le syndic est légalement tenu d'inscrire cette résolution à l'ordre du jour de la prochaine AG. - **Convocation de l'AG** : le syndic envoie la convocation dans les délais légaux (**21 jours minimum** avant la tenue de l'assemblée). - **Vote en AG** : la révocation est votée à la majorité de l'article 25 de la loi de 1965 (majorité absolue des voix de tous les copropriétaires). Si cette majorité n'est pas atteinte mais que le vote obtient au moins le tiers des voix, une deuxième mise aux voix à la majorité de l'article 24 peut être organisée immédiatement. - **Notification** : le syndic notifie la décision au membre révoqué. Une nouvelle élection peut être organisée lors de la même assemblée pour pourvoir le siège vacant. La majorité requise varie selon les décisions, et il est utile de comprendre comment fonctionne la [clé de répartition des charges en copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) pour apprécier le poids réel de chaque copropriétaire dans les votes. Si l'AG échoue à atteindre la majorité requise, le membre reste en fonction jusqu'à la fin de son mandat. Dans ce cas, le règlement du conflit doit passer par d'autres voies (médiation, action judiciaire si faute caractérisée). ## Vote contre un membre du conseil syndical : droits des copropriétaires Chaque copropriétaire dispose d'un droit de vote proportionnel à ses tantièmes. Pour voter contre un membre lors d'une AG, plusieurs mécanismes sont disponibles. **Le vote direct en assemblée** est la voie classique. Lors d'un vote de renouvellement ou d'une résolution de révocation, chaque copropriétaire vote selon sa quote-part. La loi du 10 juillet 1965 prévoit qu'un copropriétaire peut déléguer son droit de vote à un mandataire, membre ou non du syndicat ([Légifrance, article 22](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807551/2016-10-09)). Cette disposition est utile pour les copropriétaires absents. **Le vote par correspondance** est possible depuis la loi ELAN de 2018, les copropriétaires peuvent adresser leur formulaire de vote avant l'AG, ce qui élargit la participation réelle. Un point souvent mal connu, un copropriétaire ne peut pas voter sur une résolution qui le concerne directement, par exemple s'il est lui-même le membre dont on demande la révocation. Cette règle d'impartialité est fondamentale pour garantir des prises de décision collectives équilibrées. Pour être efficace, le vote contre un membre suppose d'avoir constitué en amont une coalition de copropriétaires représentant au moins **un quart des voix** pour forcer la mise à l'ordre du jour (décret de 1967), et idéalement une majorité absolue pour garantir l'issue du vote. ## Faute grave et responsabilité juridique d'un membre du conseil syndical Si la loi ne définit pas précisément la faute grave d'un membre du conseil syndical, la jurisprudence en a tracé des contours clairs. Constituent généralement une faute grave : - Signer des contrats sans mandat, en engageant financièrement le syndicat. - Divulguer des informations confidentielles sur les copropriétaires. - Percevoir des avantages financiers liés à sa position (rémunération occulte d'un prestataire). - Refuser de façon délibérée et réitérée d'assister aux réunions, au point de bloquer tout fonctionnement du conseil. En cas de préjudice avéré pour le syndicat des copropriétaires, la mise en cause de la responsabilité civile du membre fautif est possible. L'action est introduite devant le **tribunal judiciaire** du ressort de l'immeuble. Le syndicat agit représenté par son syndic, ou par le président du conseil syndical si le syndic est lui-même en cause ([service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2606)). Certains contrats d'assurance copropriété incluent une garantie « responsabilité des membres du conseil syndical », qui peut couvrir les membres et le président dans l'exercice de leurs fonctions. L'étendue de cette protection varie sensiblement d'un assureur à l'autre, vérifier les garanties et les exclusions de votre contrat avant toute action reste une étape judicieuse. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2610) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006061423/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2606) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000045082788) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807551/2016-10-09) - [legifrance.gouv.fr — loi n°65-557 du 10 juillet 1965, article 21 (conseil syndical)](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000038843544)

Fiche pratique

Mandat3 ans maximum, renouvelable en AG
Majorité de révocationarticle 25 (majorité absolue des voix de tous les copropriétaires)
Délai de convocation de l'AG21 jours minimum entre l'envoi de la convocation et la tenue de l'AG
Action en responsabilité (membre fautif)prescription de 5 ans devant le tribunal judiciaire
Contestation d'une décision d'AG2 mois à compter de la notification du PV (art. 42 loi 1965)
Coût médiation professionnelle300 € à 800 € selon la complexité
Sourceservice-public.gouv.fr, legifrance.gouv.fr (loi 65-557)
> Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil. --- # Conseil syndical 2026 : composition, rôle et élection URL: https://copro-guide.fr/syndic/conseil-syndical-copropriete-composition-election-2026/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-14 Mot-clé ciblé: conseil syndical Le conseil syndical contrôle le syndic et assiste les copropriétaires. Composition, élection, pouvoirs et obligations en 2026. Le conseil syndical, c'est l'instance qui contrôle ainsi que conseille toute copropriété. Élu par l'assemblée générale des copropriétaires, il fait le lien entre le syndic et les copropriétaires tout en vérifiant que l'immeuble est bien géré. > **En bref** > > - Le conseil syndical est obligatoire dans toute copropriété et se compose de copropriétaires bénévoles élus pour 3 ans maximum. > - Son rôle principal est le contrôle du syndic : vérification des comptes, suivi des travaux, préparation de l'assemblée générale. > - Depuis le décret du 7 octobre 2020, l'assemblée générale peut déléguer des pouvoirs étendus au conseil syndical. > - Les membres sont désignés à la majorité simple, mais l'assemblée peut renoncer à la désignation d'un conseil syndical. > - Le conseil syndical ne peut pas agir en justice directement mais peut alerter les copropriétaires sur des situations litigieuses. ## Composition du conseil syndical : qui peut être membre et pour combien de temps Dès qu'une copropriété est soumise à la loi du 10 juillet 1965, elle doit désigner un conseil syndical. C'est l'article 22 de cette loi qui le prévoit (source, Legifrance, version en vigueur au 2 mai 2026). Le conseil syndical ne peut être composé que de **copropriétaires**, voire d'associés dans le cas visé à l'article 23 de la même loi. Le nombre de membres change selon la taille de la copropriété. Aucun minimum légal strict pour les petites, mais le règlement de copropriété peut en imposer un. Pour les immeubles de **plus de 16 lots**, un conseil syndical d'au moins **3 membres** est généralement exigé. Le mandat des membres dure **trois ans maximum**, renouvelable (article 22 du décret n°67-223 du 17 mars 1967, en vigueur au 2 mai 2026). Cette limite dans le temps garantit un renouvellement régulier ainsi que évite qu'on concentre trop les pouvoirs. Sauf que dans la réalité, beaucoup de copropriétés galèrent à trouver des candidats. Résultat, le conseil syndical tourne avec un groupe réduit, voire avec personne dans les cas les plus graves. ## Élection des membres du conseil syndical : mode de scrutin et règles de désignation L'élection des membres du conseil syndical a lieu chaque année, pendant l'assemblée générale. Le vote se fait à la **majorité simple** des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés voire ayant voté par correspondance (article 22 de la loi du 10 juillet 1965). À lire aussi : [assemblée générale copropriété non tenue : vos recours](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-non-tenue/). Nous détaillons ce point dans [abus de pouvoir du conseil syndical : recours 2026](/litiges/abus-de-pouvoir-conseil-syndical-recours/). À lire aussi, [rôle du conseil syndical : les règles et limites en 2026](/syndic/role-du-conseil-syndical-regles-limites-2026/). Nous détaillons ce point dans [conflit entre membres du conseil syndical : solutions 2026](/litiges/conflit-membres-conseil-syndical-solutions/). Les règles de désignation des membres suivent la même logique que celles encadrant le [Vote assemblée générale copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/), avec des majorités définies selon la nature des décisions à prendre. Tout copropriétaire peut se porter candidat. On peut présenter sa candidature avant l'assemblée voire directement pendant la séance. Personne ne peut être forcé d'accepter cette mission bénévole, c'est librement consenti. Si un copropriétaire dit non, l'assemblée peut voter une **renonciation à la désignation** du conseil syndical. Dans ce cas, la copropriété fonctionne sans instance de contrôle, ce qui laisse la porte ouverte à des dérives de gestion. Les **conflits entre membres** ou les **abus de pouvoir** peuvent arriver si certains veulent imposer leurs décisions au-delà de ce que leur mandat autorise. Ces situations sont encadrées, le conseil syndical doit se réunir et tout copropriétaire peut saisir l'assemblée générale en cas de dysfonctionnement grave. ## Rôle et pouvoirs du conseil syndical : contrôle, conseil et délégations La mission principale du conseil syndical, **contrôler la gestion du syndic**. Concrètement : - **Vérification des comptes** : il examine les comptes annuels avant qu'ils soient présentés en assemblée générale. Le conseil peut demander des justificatifs au syndic et doit remettre un rapport écrit aux copropriétaires. - **Suivi des travaux** : il aide le syndic à préparer les appels d'offres, consulter les entreprises et suivre les chantiers. - **Préparation des décisions** : il étudie les projets de résolution qui seront soumis à l'assemblée générale et donne son avis motivé. - **Lien avec les copropriétaires** : il transmet les infos entre le syndic et les occupants, et recueille les réclamations. - **Délégation de pouvoirs** : depuis le décret n°2020-1229 du 7 octobre 2020 (en vigueur au 2 mai 2026), l'assemblée générale peut déléguer certains pouvoirs au conseil syndical : suivre des travaux spécifiques, consulter des entreprises, voire signer certains contrats dans la limite du budget voté. Cette délégation doit être **votée en assemblée générale** ainsi que précisément définie. Petite précision, le conseil syndical ne peut pas agir en justice directement au nom de la copropriété. Comme le rappelle e-immobilier Crédit Agricole (mai 2026), « le conseil syndical d'un immeuble ne peut pas agir directement en justice, mais il peut alerter les copropriétaires voire le syndic si une situation le justifie ». En cas de litige, seule l'assemblée générale peut décider d'engager une action, voire à défaut le syndic sur mandat exprès. ## Fonctionnement du conseil syndical : réunions, obligations et relation avec le syndic Quelques règles simples régissent le fonctionnement du conseil syndical. Il doit se réunir **au moins une fois par an**, avant l'assemblée générale, pour examiner les comptes. En vrai, les réunions sont souvent plus fréquentes, tous les trimestres par exemple, dans les copropriétés qui fonctionnent bien. **L'obligation de réunion** n'est pas encadrée de façon très stricte par la loi, mais les membres doivent se réunir dès que nécessaire pour assurer leurs missions. Le syndic n'est pas obligé d'assister aux réunions du conseil syndical, même si sa présence est courante ainsi que utile. Si le syndic reste inactif, le conseil peut demander la convocation d'une assemblée générale extraordinaire (article 8 du décret n°67-223 du 17 mars 1967). **Séparation des rôles**, la différence entre un syndic et un conseil syndical est essentielle. Le syndic exécute les décisions de l'assemblée générale et gère le quotidien. Le conseil syndical contrôle et conseille. Il ne peut en aucun cas remplacer le syndic. Sans cette répartition, pas de gestion saine de la copropriété. ## Cas particuliers : absence de conseil syndical, conflits et abus Plusieurs situations particulières peuvent impacter le conseil syndical : - **Renonciation et absence de conseil syndical** : si personne ne veut se présenter, l'assemblée générale peut voter une renonciation. C'est déconseillé car la copropriété se retrouve sans contre-pouvoir face au syndic. Résultat : les copropriétaires perdent un accès direct aux comptes et aux infos de gestion. - **Conflits entre membres** : des tensions peuvent éclater au sein du conseil syndical, surtout sur les questions de travaux ou de répartition des charges. L'assemblée générale reste l'instance de recours : elle peut démettre un membre à la majorité simple. Les litiges liés à la répartition des charges entre copropriétaires sont également une source fréquente de tension, et il est utile de bien comprendre la [Clé de répartition des charges copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) pour objectiver ces désaccords. - **Abus de pouvoir** : si le conseil syndical dépasse ses prérogatives (par exemple en décidant à la place du syndic voire en engageant des dépenses non autorisées), ses membres peuvent voir leur responsabilité engagée. Dans ce cas, tout copropriétaire peut saisir l'assemblée générale ou, en dernier recours, le tribunal judiciaire. - **Absence de réunion** : si le conseil syndical ne se réunit jamais, le contrôle du syndic n'est pas fait. Le syndicat des copropriétaires devient vulnérable. La solution : élire de nouveaux membres ou activer les droits de convocation d'assemblée par un ou plusieurs copropriétaires. ## Pourquoi le conseil syndical est essentiel à votre copropriété Le conseil syndical est une pièce centrale dans la gouvernance d'une copropriété. Son contrôle du syndic, son expertise bénévole ainsi que son rôle de lien entre copropriétaires en font un outil indispensable pour une gestion saine ainsi que transparente. Si vous êtes copropriétaire, pourquoi ne pas vous porter candidat ? C'est une mission qui permet de vraiment comprendre, ainsi que influencer, la gestion de votre immeuble. Pour aller plus loin, lisez notre guide complet sur le [syndic de copropriété : rôle et obligations](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/). ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093854/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006488493/2026-05-02) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000042410218/2026-05-02) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/laction-de-la-dgccrf/les-enquetes/syndics-de-coproprietes-le-contrat-type-pas-toujours) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/habiter/copropriete-quoi-sert-le-conseil-syndical) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/reglementation/copropriete-comment-contester-une-decision-dassemblee-generale) *Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Charges : 5 dépenses que le locataire ne doit pas payer URL: https://copro-guide.fr/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-13 Mot-clé ciblé: Quelles sont les charges que le locataire ne doit pas payer ? Quelles charges le locataire ne doit pas payer ? Grosses réparations, taxe foncière, frais de syndic : la liste pour ne plus payer à tort en 2026. Toutes les charges demandées au locataire ne sont pas légitimes. Loin de là. Si certaines dépenses liées au logement lui incombent (entretien courant, consommations individuelles), d'autres restent impérativement à la charge du propriétaire. La distinction repose sur la notion de charges récupérables, définie par le décret n°87-713 du 26 août 1987. Méconnaître cette règle ? Le bailleur s'expose à des sanctions pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique. ## Quelles sont les charges locatives non récupérables par le locataire ? La loi distingue deux catégories bien nettes de dépenses dans un immeuble. Côté locataire, les charges dites "récupérables", celles-ci, oui, peuvent être refacturées. Tout le reste relève exclusivement du propriétaire bailleur. Le décret n°87-713 du 26 août 1987 fixe la liste des charges récupérables. Point final. Tout ce qui n'y figure pas est interdit de refacturation. Y figurent les services liés au logement (eau, chauffage, ascenseur), l'entretien courant et les menues réparations. En 2026, la frontière entre ce qui est dû par le locataire et ce qui incombe au propriétaire reste source de nombreux litiges. Selon l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL), environ 15 % des contentieux locatifs portent sur des charges contestées. Principales dépenses que le bailleur ne peut pas réclamer au locataire : - **Les grosses réparations** : toiture, ravalement de façade, remplacement de chaudière - **La taxe foncière** : impôt local dû par le propriétaire - **Les frais de syndic** : honoraires de gestion courante de la copropriété - **Les travaux d'amélioration** : mise aux normes, rénovation énergétique - **Les honoraires de gestion locative** : frais d'agence pour la recherche de locataire - **Les primes d'assurance du propriétaire** : assurance propriétaire non occupant (PNO) ## Les grosses réparations : un périmètre strictement défini Tenu de délivrer un logement décent, le propriétaire doit aussi en assurer la pérennité. Les grosses réparations, qui concernent la structure et les équipements lourds de l'immeuble, lui reviennent intégralement. Liste des travaux exclus des charges récupérables : - **La réparation ou le remplacement de la toiture** - **Le ravalement des façades** - **Le remplacement d'une chaudière collective** - **La réfection des canalisations principales** - **La mise en conformité électrique des parties communes** - **Les travaux d'étanchéité des terrasses et balcons** Ces dépenses sont qualifiées de "grosses réparations" par l'article 606 du Code civil. Ce qui tient le bâtiment, murs porteurs, charpente, toit. Depuis la loi ALUR de 2014, le propriétaire peut déduire de ses revenus fonciers jusqu'à **12 000 € par an** de ces dépenses, à condition qu'elles représentent au moins 50 % de ses revenus locatifs (service-public.gouv.fr, février 2026). Si le montant des travaux dépasse les loyers perçus, le propriétaire génère un déficit foncier déductible de son revenu global dans la limite de **10 700 € par an**. Exemple, un propriétaire refait la toiture pour 15 000 € et perçoit 8 000 € de loyers annuels. Cela crée un déficit foncier de 7 000 €, déductible de ses autres revenus. ## La taxe foncière et les impôts liés à la propriété Au 1er janvier de l'année d'imposition, la taxe foncière constitue un impôt local dû par le propriétaire du bien. Impossible de la répercuter sur le locataire. Certains bailleurs incluent pourtant une clause dans le bail qui prévoit le remboursement de la taxe foncière par le locataire. Une telle clause est **nulle et non avenue** selon la jurisprudence constante de la Cour de cassation (Civ. III, 8 décembre 2010, n°09-70.482). Depuis 2025, le plafond du régime micro-foncier est fixé à **15 000 €** de revenus fonciers bruts par an (impots.gouv.fr). Au-delà, le propriétaire passe au régime réel, il peut alors déduire la taxe foncière de ses revenus locatifs. Le locataire doit en revanche payer la **taxe d'enlèvement des ordures ménagères** (TEOM), qui figure sur le même avis que la taxe foncière. Récupérable, cette part correspond en effet à un service rendu au locataire. Le propriétaire doit fournir le détail du calcul pour justifier cette réfaction. En mai 2026, les revenus locatifs sont imposés au taux marginal d'imposition du bailleur, qui peut atteindre **45 %**, majoré des prélèvements sociaux de 17,2 % (source, e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). La taxe foncière, bien que non récupérable sur le locataire, reste déductible fiscalement pour le propriétaire au régime réel. ## Les frais de syndic et d'administration de la copropriété Les honoraires du syndic de copropriété, une source fréquente de confusion entre locataires et propriétaires. Seule une partie limitée de ces frais peut être refacturée au locataire. Sont exclus des charges récupérables : - **Les honoraires de gestion courante** du syndic (convocations AG, tenue de comptes) - **Les frais de procédure** pour le recouvrement d'impayés - **Les honoraires de mise en copropriété** ou de modification du règlement - **Les frais de diagnostics** techniques (DPE, amiante, plomb) En revanche, les charges de copropriété correspondant à des services individualisables sont récupérables, eau froide et chaude, chauffage collectif, entretien des parties communes. Pour le détail, notre guide sur [la répartition des charges entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). Le salaire du gardien ou concierge est récupérable, mais uniquement la part liée à son activité d'entretien courant (service-public.gouv.fr). En revanche, la fraction liée à la gestion de l'immeuble (surveillance, réception des colis) reste à la charge du propriétaire. Depuis la loi ALUR, le syndic doit fournir un compte séparé par lot, ce qui permet d'identifier précisément les charges du propriétaire et celles refacturables au locataire. Une transparence qui facilite le contrôle par le locataire. Pour comprendre comment ces charges sont réparties entre copropriétaires, consultez notre article sur la [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). En pratique, le propriétaire reçoit un appel de charges de la copropriété qui mélange charges récupérables et non récupérables. C'est à lui d'opérer la ventilation avant de demander le remboursement au locataire. Pour en savoir plus, [quelle est la part du locataire dans les charges de copropriété](/charges/part-locataire-charges-copropriete/). ## Quels travaux restent à la charge du propriétaire ? Tous les travaux ne se valent pas. Entre travaux du locataire et travaux du propriétaire, la classification obéit à des règles précises. **Travaux toujours à la charge du propriétaire :** - **Mise aux normes** de l'installation électrique ou de gaz - **Remplacement** de la chaudière défectueuse - **Travaux d'isolation** thermique ou phonique - **Réparation des fissures** structurelles - **Remplacement des menuiseries** extérieures (fenêtres, portes) **Travaux à la charge du locataire :** - **Petites réparations** : joints de fenêtre, poignées, interrupteurs - **Entretien courant** : vidange chaudière, détartrage ballon d'eau - **Remplacement** des ampoules, vitres cassées (sauf vétusté) - **Réfection** de la peinture en cours de bail (sauf vétusté anormale) Un exemple concret, le propriétaire doit remplacer une chaudière qui tombe en panne après 15 ans (vétusté normale). Le locataire paie l'entretien annuel et les petites réparations. Pour un guide détaillé des travaux, [Qui paie les charges de copropriété, locataire ou propriétaire ?](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). ## Sanctions en cas de facturation abusive au locataire Un propriétaire qui refacture des charges non récupérables s'expose à des sanctions financières et judiciaires. **Amende civile**, jusqu'à **3 000 €** pour une personne physique et **15 000 €** pour une personne morale (article 4 de la loi du 6 juillet 1989). **Remboursement**, le locataire peut récupérer l'intégralité des sommes indûment versées, avec intérêts légaux à compter de chaque versement. **Prescription**, pour contester des charges abusives, le délai est de **3 ans** à compter du paiement. Une charge payée en mars 2025 peut être contestée jusqu'en mars 2028 (service-public.gouv.fr). **Procédure**, le locataire adresse d'abord un courrier recommandé au propriétaire avec le détail des charges contestées. Refus ? Il peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection. Depuis mars 2026, un nouveau décret reconnaît un impayé de charges dès que la dette dépasse **450 €** ou après deux mensualités impayées (source, Boursorama, mars 2026). Ce seuil facilite la procédure pour les locataires dont le propriétaire ne rembourse pas les charges indues. **Conseil pratique**, conservez tous les appels de charges et les quittances. Le propriétaire doit fournir un décompte annuel détaillé des charges, avec un solde à régulariser dans le mois qui suit. > **Points clés** > > - Le locataire ne paie que les charges locatives récupérables définies par le décret n°87-713 du 26 août 1987 ; toute autre dépense est à la charge du propriétaire. > - Les grosses réparations (toiture, façade, chaudière), la taxe foncière et les frais de syndic sont exclus des charges récupérables. > - Un bailleur qui facture des charges non récupérables encourt une amende de 3 000 € (personne physique) ou 15 000 € (personne morale). > - Le locataire dispose d'un délai de 3 ans pour contester des charges indues, à compter de chaque paiement. > - Depuis mars 2026, un impayé de charges est reconnu dès 450 € de dette, ce qui protège le locataire face à un propriétaire indélicat. ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1214) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2889) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18832) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18817) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2122) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/charge-investissement-locatif) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/gestion-locative-5-conseils-pour-lutter-contre-les-loyers-impayes) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/international-particulier/questions/je-loue-un-bien-non-meuble-puis-je-beneficier-du-regime-micro)

Fiche pratique

Amende pour facturation abusive3 000 € (personne physique) / 15 000 € (personne morale)
Prescription pour contester3 ans à compter du paiement
Seuil d'impayé reconnu (2026)450 €
Plafond déficit foncier déductible10 700 €/an
Plafond micro-foncier 2025-202615 000 € de revenus bruts
*Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.* --- # Part des charges récupérables sur le locataire 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/part-locataire-charges-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-12 Mot-clé ciblé: Quelle est la part du locataire dans les charges de copropriété ? Quelle est la part du locataire dans les charges de copropriété ? Charges récupérables ou non, calcul précis et règles 2026 pour payer le juste montant. Dans une copropriété, le locataire ne paie que certaines charges de copropriété - les fameuses charges récupérables. Celles qui correspondent aux services individuels et à l'entretien courant des parties communes. Tout le reste - gros travaux, fonds de travaux - reste à la charge du propriétaire bailleur. C'est le décret n°87-713 du 26 août 1987 qui fixe cette répartition. Et quand chacun sait précisément ce qu'il doit, les litiges se font plus rares. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le locataire paie uniquement les charges récupérables définies par le décret n°87-713 du 26 août 1987 : eau, chauffage, entretien courant, ascenseur. > - Le propriétaire supporte seul les charges non récupérables : gros travaux, fonds de travaux (minimum 5 % du budget prévisionnel), frais de syndic et assurances. > - Le bailleur doit fournir un décompte annuel avec justificatifs pour réclamer des charges ; la créance est prescrite après 3 ans. > - En 2026, le prix moyen des charges locatives en copropriété se situe entre 2,50 € et 4,50 € par m² et par mois. > - Près de 23 % des litiges ADIL en 2025 concernaient les charges locatives, principalement pour absence de justificatifs. ## Qu'est-ce qu'une charge récupérable pour le locataire ? Une charge récupérable, c'est une dépense que le proprio peut refacturer à son locataire. La liste ? Elle est fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987 (article L. 442-6-1 du Code de la construction). Elle est révisable en théorie, mais elle n'a pas bougé en 2026. Ces charges couvrent plusieurs catégories : - **Services individuels** : eau froide et chaude, chauffage collectif, ascenseur, électricité des parties communes. - **Entretien courant** : nettoyage, enlèvement des ordures, petits travaux de maintenance (changer une ampoule, par exemple). - **Petites réparations** : serrures, vitres cassées, joints de fenêtres, robinetterie commune. - **Personnel d'immeuble** : salaire du gardien ou concierge, à condition qu'il passe l'essentiel de son temps sur des tâches d'entretien courant (source : [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2122), consulté en 2026). À titre indicatif, environ **5 %** du budget prévisionnel annuel de la copropriété correspond à la cotisation minimale obligatoire pour le fonds de travaux. Cette part, elle n'est jamais récupérable auprès du locataire (source, [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026), 2026). Pour le détail précis de ce que votre locataire doit payer, jetez un œil au guide complet sur la [répartition des charges en copropriété entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). ## Quelles charges restent à la charge exclusive du propriétaire ? Les charges dites "non récupérables", c'est pour le propriétaire seul. Des dépenses liées à la conservation de l'immeuble, aux améliorations, aux travaux de structure. - **Gros travaux** : ravalement de façade, réfection de toiture, mise aux normes électriques, remplacement de chaudière collective. - **Fonds de travaux** : depuis la loi ALUR (2014), toute copropriété de plus de 10 lots doit en constituer un. La cotisation annuelle minimale est de **5 %** du budget prévisionnel (source : [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026), 2026). Le propriétaire paie ça sur ses deniers, point. - **Frais de gestion et d'administration** : honoraires du syndic, frais de tenue de compte, assurance de l'immeuble, frais d'assemblée générale. - **Travaux d'amélioration** : installation d'un ascenseur, isolation thermique, création d'espaces verts. Côté fiscal, le propriétaire déduit ces charges non récupérables de ses revenus fonciers. En 2026, le déficit foncier est déductible du revenu global à hauteur de **10 700 €** par an (source, [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/imposition/quelles-sont-les-charges-deductibles-des-revenus-fonciers), 20 mai 2026). Pour un couple marié, ce plafond monte à **21 400 €**. Pour une vision plus large, direction notre article [charge copropriété propriétaire, guide complet 2026](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/). ## Comment le propriétaire justifie et réclame les charges au locataire ? Le propriétaire ne peut pas réclamer un forfait au locataire. Il doit fournir un décompte précis, la "régularisation annuelle des charges", avec les justificatifs qui vont avec. - **Provisions mensuelles** : le bailleur peut demander une provision sur charges, versée chaque mois avec le loyer. Mais attention : ça doit être écrit noir sur blanc dans le bail. - **Régularisation annuelle** : dans les **3 mois** qui suivent l'arrêté des comptes de la copropriété (généralement juin ou juillet), le propriétaire réclame le solde ou rembourse le trop-perçu. - **Justificatifs obligatoires** : le bailleur doit fournir le récapitulatif des charges approuvé en AG, le détail de la quote-part du logement, et les factures (eau, chauffage, entretien). - **Délai de prescription** : le proprio peut réclamer les charges pendant **3 ans** à compter de la date d'exigibilité. Après, la créance est morte. Sans justificatifs, le locataire a le droit de refuser de payer. La Cour de cassation (Civ. 3e, 12 janvier 2026) a rappelé que le bailleur ne peut pas exiger le paiement sans produire les pièces comptables. Cette question génère pas mal de conflits. L'article [charges de copropriété, locataire ou propriétaire qui paie ?](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) détaille les droits de chaque partie. ## Cas particuliers : vente, logement vacant et fonds de travaux Certaines situations viennent bousculer la répartition habituelle entre locataire et propriétaire. - **Vente du logement** : l'année de la vente, vendeur et acquéreur répartissent les charges au prorata des jours. Le locataire, lui, continue de payer ses charges récupérables au nouveau propriétaire. Source : [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32920), 2026. - **Logement vacant** : si le bien est vide entre deux locataires, le propriétaire assume seul l'intégralité des charges (récupérables et non récupérables). Impossible de les reporter sur le futur locataire. - **Travaux en cours** : si l'AG vote des travaux d'amélioration (pose d'ascenseur par exemple), le propriétaire paie tout. En revanche, les menues réparations d'entretien courant restent récupérables. - **Fonds de travaux** : jamais, au grand jamais, un locataire ne peut être mis à contribution. Même la cotisation minimale de **5 %** du budget prévisionnel, c'est pour le proprio. - **Quote-part des charges locatives au m²** : en 2026, le prix moyen tourne entre **2,50 € et 4,50 € par m² et par mois**, selon la taille de l'immeuble, les équipements (ascenseur, chauffage collectif) et la zone géographique. Ce repère aide à fixer la provision sur charges dans le bail. Pour comprendre comment tout ça s'intègre dans le calcul global, lisez notre guide sur les [charges de copropriété, règles de répartition 2026](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ## Litiges fréquents sur les charges locatives et recours possibles Les conflits entre locataire et propriétaire sur les charges, c'est fréquent. Voici les principaux motifs et les recours possibles. - **Absence de justificatifs** : le propriétaire réclame un montant sans fournir le décompte annuel ni les pièces comptables. Le locataire peut refuser de payer et saisir la commission départementale de conciliation ou le tribunal judiciaire. - **Charges non récupérables incluses abusivement** : certains bailleurs glissent les frais de syndic, l'assurance de l'immeuble ou le fonds de travaux dans les charges du locataire. C'est illégal. Le locataire peut demander le remboursement des sommes indues sur **3 ans** (prescription). - **Provisions excessives** : la provision mensuelle doit être proportionnelle aux charges réelles. Si l'écart entre provisions et charges réelles dépasse **20 %**, le locataire peut exiger un ajustement. - **Régularisation tardive** : si le propriétaire réclame un solde plus de **3 ans** après l'arrêté des comptes, la créance est prescrite. Le locataire peut opposer la prescription. - **Recours amiables** : avant le tribunal, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation (gratuite). L'ADIL propose aussi une médiation gratuite. En 2025, près de **23 %** des litiges enregistrés par les ADIL concernaient les charges locatives (rapport annuel 2025 de l'ANIL, source, anil.org, consulté en 2026). La transparence du bailleur et la connaissance des textes par le locataire restent les meilleures protections. Pour une approche concrète du calcul des quotes-parts, consultez [comment calculer la quote-part des charges de copropriété](/charges/calculer-quote-part-charges-copropriete/).

Fiche pratique

Décret de référencen°87-713 du 26 août 1987 (Legifrance)
Seuil micro-foncier 202683 600 € de loyers/an
Abattement micro-foncier30 % forfaitaire
Déficit foncier max10 700 €/an (21 400 € couple)
Frais de gestion locative3 à 10 % du loyer
Fonds de travaux minimal5 % du budget prévisionnel
Prescription contestation3 ans
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006066149/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32920) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2122) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/charge-investissement-locatif) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/imposition/quelles-sont-les-charges-deductibles-des-revenus-fonciers) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/votre-proprietaire-a-augmente-les-charges-locatives-voici-dans-quels-cas-vous-pouvez-refuser-cette-hausse-487e0698e635deaedbcc62341bdcdc02) - [entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32336) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Charges de copropriété : calcul et contestation 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/repartition-charges-copropriete-guide/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-11 Mot-clé ciblé: Comment sont répartitions les charges ? Comment le syndic calcule vos charges de copropriété et comment contester une répartition injuste ? Méthode de calcul, ascenseur et recours expliqués. La répartition des charges en copropriété fonctionne selon un système de quotes-parts encadré par la loi du 10 juillet 1965, que chaque règlement de copropriété vient ensuite préciser immeuble par immeuble. Chaque copropriétaire finance les dépenses collectives à hauteur de sa quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes. Deux catégories coexistent. Les charges générales, dues par tous sans exception, et les charges spéciales, calculées selon l'usage effectif de certains équipements comme l'ascenseur. Saisir cette logique permet d'anticiper les appels de fonds du syndic, et de contester une répartition qui semblerait injuste. ## Deux grandes catégories de charges en copropriété La répartition des charges s'organise autour de deux catégories définies à l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965. **Les charges générales** couvrent la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes. Tous les copropriétaires y contribuent, sans exception, au prorata de leur quote-part dans les parties communes : nettoyage des couloirs, éclairage des halls, honoraires du syndic, assurance de l'immeuble. **Les charges spéciales** portent sur les services collectifs et éléments d'équipement commun : ascenseur, chauffage collectif, eau chaude sanitaire, gardiennage. Leur répartition ne suit pas les tantièmes généraux. Elle dépend de **l'utilité objective** que le service représente pour chaque lot. Un copropriétaire du rez-de-chaussée peut ainsi ne pas contribuer aux charges d'ascenseur si son lot n'est desservi par aucun équipement de ce type. Cette distinction évite qu'un copropriétaire règle un service dont il ne peut jamais bénéficier. Pour aller plus loin sur la logique juridique, voir la [règle de répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). | Catégorie | Base de répartition | Exemples | |---|---|---| | Charges générales | Tantièmes de copropriété | Entretien halls, syndic, assurance | | Charges spéciales | Utilité pour le lot | Ascenseur, chauffage collectif | ## Les tantièmes : la clé de répartition des dépenses collectives Les tantièmes expriment la quote-part de chaque lot dans l'ensemble de la copropriété. Ils sont fixés lors de la mise en copropriété de l'immeuble, en tenant compte de la superficie, de la situation (étage, exposition) et de la consistance de chaque lot. Un appartement de **80 m²** au cinquième étage avec vue dégagée aura davantage de tantièmes qu'un studio de **20 m²** en rez-de-chaussée côté cour. Ce sont ces tantièmes qui servent de base au calcul de la quote-part de charges générales. La [clé de répartition des charges en copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) est inscrite dans le règlement de copropriété, document obligatoire pour tout immeuble soumis à ce statut. Ce document précise également les tantièmes propres aux charges spéciales (ascenseur, chauffage…), lesquels peuvent différer des tantièmes généraux. Modifier une clé de répartition reste possible, mais strictement encadré. Cela exige un **vote à l'unanimité** de tous les copropriétaires en assemblée générale, conformément à l'article 11 de la loi de 1965. C'est ce qui explique pourquoi des clés héritées de plusieurs décennies demeurent souvent en place, même quand elles paraissent dépassées. > **L'essentiel** > > - La répartition des charges en copropriété est fixée par le règlement de copropriété, conformément à la loi du 10 juillet 1965. > - Les charges générales (entretien des parties communes, administration) sont réparties selon les tantièmes de copropriété. > - Les charges spéciales (ascenseur, chauffage collectif) sont réparties selon l'utilité objective que le service présente pour chaque lot. > - Un copropriétaire du rez-de-chaussée peut être exonéré des charges d'ascenseur si le règlement le prévoit expressément. > - Toute modification de la clé de répartition requiert un vote à l'unanimité en assemblée générale. ## Comment le syndic calcule le montant dû par chaque copropriétaire Chaque année, le syndic établit un budget prévisionnel soumis au vote de l'assemblée générale. Ce budget recense les dépenses collectives attendues pour l'exercice. Entretien courant, contrats de maintenance, assurances, honoraires de gestion. Pour chaque poste, le syndic applique la clé de répartition correspondante. Si les charges générales totales atteignent **20 000 €** pour l'année et qu'un copropriétaire détient **150 tantièmes sur 10 000**, sa quote-part s'élève à **300 €**. Ce montant est appelé par provisions trimestrielles. En fin d'exercice, le syndic présente les comptes réels et régularise. Si les dépenses ont dépassé les provisions, chaque copropriétaire règle le solde au prorata de ses tantièmes. - **Provision trimestrielle** : versement anticipé sur la base du budget prévisionnel voté. - **Appel de fonds exceptionnel** : utilisé pour les dépenses imprévues ou les travaux votés en cours d'exercice. ajustement entre provisions versées et dépenses réelles constatées. Les modalités concrètes de paiement sont détaillées dans le guide sur le [mode de paiement des charges de copropriété](/charges/mode-paiement-charges-copropriete/). ## Charges d'ascenseur et équipements collectifs : la règle de l'utilité L'ascenseur concentre la majorité des contentieux liés aux charges spéciales. La règle est claire : seuls les copropriétaires pour lesquels l'ascenseur présente une **utilité objective** participent à ses charges de fonctionnement et d'entretien. Selon la jurisprudence de la Cour de cassation, les copropriétaires de lots situés uniquement en rez-de-chaussée, sans accès possible à l'ascenseur, peuvent légitimement être exonérés. À l'inverse, les lots situés en étage y contribuent toujours, même si le copropriétaire affirme ne jamais utiliser l'équipement. L'utilité s'apprécie **objectivement**, non subjectivement. Pour le chauffage collectif, la répartition intègre la surface thermique de chaque lot et parfois son exposition. Depuis le décret du 23 juillet 2019, modifié en 2021, les immeubles dotés d'un chauffage collectif doivent installer des **appareils de mesure individuelle** (répartiteurs ou compteurs) dès lors que c'est techniquement possible, afin de facturer chaque lot selon sa consommation réelle. Cette évolution réglementaire transforme progressivement les pratiques : la répartition forfaitaire recule au profit d'une facturation individualisée. ## Répartition des charges entre locataire et propriétaire bailleur Quand un lot est loué, la question de la répartition entre locataire et propriétaire s'ajoute à la logique interne de la copropriété. La loi du 6 juillet 1989 (pour les locations nues) et le décret du 26 août 1987 définissent quelles charges sont récupérables auprès du locataire. Schématiquement : - **Le locataire** supporte les charges locatives récupérables : eau froide, eau chaude collective, entretien des parties communes, ascenseur, ordures ménagères. - **Le propriétaire** conserve à sa charge les dépenses de conservation de l'immeuble, les gros travaux (ravalement, toiture, canalisations) et les honoraires de syndic liés à la gestion de la copropriété. En pratique, le syndic appelle la totalité des charges au propriétaire. C'est ensuite au bailleur de récupérer la part locative auprès de son locataire, soit par provisions mensuelles avec régularisation annuelle, soit par versement direct. Le guide [charges de copropriété : locataire ou propriétaire qui paie ?](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) détaille chaque catégorie de dépense. Un propriétaire bailleur qui oublie de récupérer ses charges locatives pendant plus d'un an ne peut en réclamer le remboursement qu'au moment du départ du locataire, dans la limite du solde de la régularisation annuelle. ## Cas particuliers : immeubles à plusieurs bâtiments et syndicats secondaires Dans les copropriétés composées de plusieurs bâtiments, la répartition devient plus complexe. Certaines dépenses concernent l'ensemble de la copropriété (assurance, honoraires du syndic, entretien des allées communes), d'autres sont propres à un bâtiment précis (ascenseur d'un seul bâtiment, chaufferie spécifique). La loi autorise dans ce cas la création de **syndicats secondaires**, qui gèrent de façon autonome les parties communes propres à leur bâtiment. Chaque syndicat secondaire vote son budget, appelle ses charges et tient sa comptabilité séparément. Les copropriétaires ne contribuent aux charges du syndicat secondaire qu'en proportion de leur quote-part dans ce bâtiment. Cette organisation s'impose quand les bâtiments présentent des niveaux d'équipement très différents : l'un avec piscine et gardien, l'autre sans. Sans syndicat secondaire, une répartition homogène serait injuste. La [répartition des charges en copropriété avec plusieurs bâtiments](/charges/repartition-charges-copropriete-plusieurs-batiments/) approfondit ce point et présente les conditions de création d'un syndicat secondaire. Le règlement de copropriété doit prévoir explicitement cette organisation. À défaut, toutes les charges restent réparties sur l'ensemble des lots selon les tantièmes généraux, ce qui peut générer des tensions durables entre copropriétaires de bâtiments inégalement dotés. ## Contester une répartition de charges : recours possibles Un copropriétaire qui juge la répartition des charges injuste ou non conforme au règlement dispose de plusieurs voies de recours. Première étape : **demander au syndic la justification écrite** du calcul appliqué, en citant les articles du règlement de copropriété concernés. Le syndic est tenu de fournir ces informations. Si la répartition résulte d'une erreur d'application du règlement, le copropriétaire peut saisir le **tribunal judiciaire** compétent (article 42 de la loi de 1965). L'action se prescrit par **5 ans** à compter de la notification de l'appel de fonds litigieux. Si c'est la clé de répartition elle-même qui semble déséquilibrée (parce que des travaux ont profondément modifié l'immeuble, par exemple), la révision passe nécessairement par un **vote à l'unanimité** en assemblée générale. À défaut d'accord, une action judiciaire reste possible, mais les tribunaux sont réticents à modifier des clés régulièrement établies sans motif sérieux. - **Délai de prescription** : 5 ans pour contester un appel de fonds (art. 42 loi 1965). - **Médiation** : le recours à un médiateur de la consommation agréé est possible avant toute action judiciaire. c'est lui qui tranche les litiges entre copropriétaires et syndicat. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000695570) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2608). [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31272)

Fiche pratique

Texte de référenceLoi du 10 juillet 1965, art. 10 et 11
Prescription pour contester5 ans à compter de la notification (art. 42 loi 1965)
Vote pour modifier la clé de répartitionUnanimité en assemblée générale
Charges récupérables sur le locataireDéfinies par le décret du 26 août 1987
Mesure individuelle chauffage collectifObligatoire si techniquement possible (décret 23 juillet 2019)
Contact officielservice-public.fr – rubrique Logement / Copropriété
> Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Charges : locataire ou propriétaire, qui paie quoi ? URL: https://copro-guide.fr/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-11 Mot-clé ciblé: Qui doit payer les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire ? Charges de copropriété : locataire ou propriétaire, qui paie quoi ? Charges récupérables, régularisation et règles légales pour éviter les litiges en 2026. Qui paie les charges de copropriété, le locataire ou le propriétaire ? Sur le plan légal, la réponse ne souffre pas d'ambiguïté, le copropriétaire reste le seul débiteur vis-à-vis du syndic. La loi lui ouvre néanmoins la possibilité de refacturer une partie de ces charges à son locataire. C'est cette frontière entre charges récupérables et non récupérables qui alimente l'essentiel des conflits entre bailleurs et locataires. Voici ce que prévoit le droit français et comment appliquer la répartition en pratique. ## Le principe légal : le propriétaire paie, puis peut récupérer D'après [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590), c'est le copropriétaire qui règle les charges au syndic. Sans exception, même quand le logement est loué, le syndic ne peut pas se retourner directement contre le locataire pour en réclamer le paiement. La loi du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs permet au bailleur de répercuter une partie de ces charges sur le locataire. On les appelle **charges récupérables** ou **charges locatives**. Ce sont des dépenses dont le locataire tire un bénéfice direct, entretien des parties communes, eau froide, ascenseur, espaces verts... La liste de ces charges est fixée par le **décret n° 87-713 du 26 août 1987**. Ce texte est limitatif. Seuls les postes qu'il mentionne expressément peuvent être facturés au locataire. Tout ce qui n'y figure pas reste à la charge du bailleur, point. Pour saisir dans le détail la [répartition des charges de copropriété entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/), il faut croiser ce décret avec le relevé de charges transmis par le syndic. ## Charges récupérables auprès du locataire : ce que couvre la liste légale Les charges récupérables couvrent les dépenses liées à l'usage quotidien du logement et des parties communes. Selon [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) (mis à jour en août 2025), le bailleur peut en récupérer une partie auprès de son locataire. Sur le même sujet, notre article [régularisation charges locataire 2026, délais et procédure](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) complète cette analyse. Principaux postes concernés. - **Eau froide et eau chaude** : fourniture collective, frais de production et de distribution - **Chauffage collectif** : combustible, exploitation et entretien - **Ascenseur** : électricité, entretien, menues réparations et petites fournitures - **Parties communes intérieures** : électricité, produits d'entretien, rémunération du personnel de nettoyage - **Espaces extérieurs** : voies, aires de stationnement, espaces verts - **Hygiène et ordures ménagères** : taxe d'enlèvement des ordures ménagères, désinsectisation - **Personnel d'entretien** : fraction du salaire du gardien ou concierge, selon les tâches assurées pour les parties communes (voir [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2122)) Pour le gardien, la règle est précise. S'il assure à la fois l'entretien des parties communes et le traitement des ordures ménagères, **75 %** de son salaire et des charges patronales sont récupérables. Si une seule de ces deux missions est remplie, le taux descend à **40 %**. ## Charges non récupérables : ce que le propriétaire garde à sa charge Certaines charges ne peuvent jamais être répercutées sur le locataire. Ce sont des dépenses qui tiennent à la propriété elle-même, pas à l'usage du logement. Les postes qui restent à la charge exclusive du propriétaire. - **Gros travaux** : ravalement de façade, réfection de toiture, remplacement d'une chaudière collective hors entretien courant - **Fonds de travaux (fonds Alur)** : cotisation annuelle obligatoire versée par chaque copropriétaire pour financer les futurs travaux, selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026). Son utilisation est votée en assemblée générale à la majorité de tous les copropriétaires. - **Honoraires de syndic** : gestion courante de la copropriété, organisation des assemblées générales - **Assurance de l'immeuble** : la police collective couvre la structure, pas les biens du locataire - **Travaux d'amélioration** : installation d'un interphone neuf, création d'un local vélos, digicode Ces dépenses sont intégralement déductibles des revenus fonciers en régime réel, selon [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers). Les provisions pour charges versées dans l'année sont déductibles, sous réserve de la régularisation annuelle. Pour aller plus loin sur l'ensemble des obligations financières du bailleur, consultez notre guide sur les [charges copropriété du propriétaire](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/). ## Comment calculer les charges de copropriété pour un locataire En location nue, le locataire verse chaque mois des **provisions sur charges**, fixées par le bailleur à partir du relevé de l'exercice précédent. Ces provisions sont distinctes du loyer. Le relevé du syndic présente deux colonnes, comme le rappelle [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/charge-investissement-locatif) (mai 2026). 1. **Charges récupérables** : montants que le propriétaire peut refacturer au locataire 2. **Charges non récupérables** : montants que le propriétaire supporte seul Pour [calculer la quote-part du locataire](/charges/exemple-calcul-charges-copropriete/), le bailleur applique la clé de répartition du règlement de copropriété à chaque poste récupérable, puis compare le résultat aux provisions déjà versées lors de la **régularisation annuelle**. Si les provisions excèdent les charges réelles, le bailleur rembourse le trop-perçu. Dans le cas inverse, le locataire doit un complément. D'après [Boursorama](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/charges-locatives-en-cas-de-doutes-un-locataire-peut-il-exiger-des-justificatifs-d2b2934b44cdf1dcc2f42b2b45d477ba) (février 2026), cette régularisation est obligatoire **une fois par an**, et le locataire peut demander les justificatifs à l'appui. ## Régularisation des charges de copropriété avec le locataire La régularisation annuelle est une obligation légale. Elle doit intervenir dans l'année qui suit la clôture de l'exercice de copropriété. Le propriétaire remet au locataire un décompte détaillé, pièces justificatives comprises. Le locataire a le droit d'exiger ces documents. D'après [Boursorama](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/charges-locatives-en-cas-de-doutes-un-locataire-peut-il-exiger-des-justificatifs-d2b2934b44cdf1dcc2f42b2b45d477ba) (février 2026), en cas de doute, il peut demander au propriétaire de produire les relevés du syndic pour vérifier les montants facturés. En location meublée, deux modalités coexistent. - **Provisions avec régularisation annuelle** : même mécanique qu'en location nue - **Forfait de charges** : montant fixe, sans régularisation. Si les charges réelles dépassent le forfait, le propriétaire ne peut pas réclamer de complément. Une hausse des provisions en cours de bail doit être justifiée par les nouvelles charges réelles. Selon [Boursorama](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/votre-proprietaire-a-augmente-les-charges-locatives-voici-dans-quels-cas-vous-pouvez-refuser-cette-hausse-487e0698e635deaedbcc62341bdcdc02) (janvier 2026), le locataire peut contester toute augmentation qui ne s'appuie pas sur le relevé de charges de la copropriété. Une décision unilatérale du bailleur ne suffit pas. Les règles de provisionnement sont directement liées à la [clé de répartition des charges en copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/). ## Qui paie les charges de copropriété en cas de vente Lors d'une vente en copropriété, la répartition des charges entre acquéreur et vendeur suit des règles spécifiques. Selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32920), les deux parties se partagent le paiement des charges communes et des travaux. Concrètement, le notaire calcule au moment de l'acte authentique. - **Les charges courantes** : réparties au prorata du nombre de jours de possession sur l'exercice en cours - **Les travaux votés avant la vente** : c'est en principe celui qui était copropriétaire au moment du vote en assemblée générale qui en supporte le coût, sauf accord contraire entre les parties - **Le fonds de travaux** : les sommes déjà versées par le vendeur restent acquises à la copropriété et sont transférées à l'acquéreur Ces règles ne concernent que vendeur et acquéreur. Si le logement est loué, le locataire en place continue de verser ses provisions au nouveau propriétaire sans interruption. Le changement de propriétaire ne modifie ni ses obligations ni ses droits à régularisation. ## Usufruitier ou nu-propriétaire : qui paie les charges de copropriété ? Quand la propriété d'un bien est démembrée, la répartition des charges obéit à des règles distinctes de la location classique. Le droit commun (articles 605 et 606 du Code civil) pose le partage suivant. - **L'usufruitier** prend en charge les dépenses d'entretien courant et les charges ordinaires liées à l'usage : charges récupérables, entretien des parties communes, charges de fonctionnement - **Le nu-propriétaire** supporte les grosses réparations au sens de l'article 606 du Code civil : gros murs, voûtes, poutres, toitures, murs de soutènement, clôtures Dans une copropriété, l'usufruitier participe aux assemblées générales pour les décisions courantes ; le nu-propriétaire vote sur les travaux importants. Les parties peuvent aménager cette répartition dans l'acte de démembrement. Pour les charges non récupérables (fonds de travaux, travaux structurels), c'est en principe le nu-propriétaire qui intervient. Une situation de démembrement complexe mérite l'avis d'un notaire ou d'un professionnel juridique. > **Points clés** > > - Le propriétaire est l'unique débiteur des charges de copropriété envers le syndic, quelle que soit la situation locative (source : service-public.fr). > - Le bailleur peut répercuter sur le locataire uniquement les charges dites « récupérables », listées par le décret du 26 août 1987. > - Les charges non récupérables (gros travaux, fonds de travaux, honoraires de syndic liés à la gestion de la copropriété) restent toujours à la charge exclusive du propriétaire. > - En location nue, le locataire verse des provisions mensuelles sur charges, régularisées une fois par an par le propriétaire sur justificatifs. > - En cas de vente du logement, acquéreur et vendeur se répartissent les charges de copropriété de l'année selon la date de signature de l'acte authentique. ## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32920) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2603) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2122) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34026) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/charge-investissement-locatif) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/votre-proprietaire-a-augmente-les-charges-locatives-voici-dans-quels-cas-vous-pouvez-refuser-cette-hausse-487e0698e635deaedbcc62341bdcdc02) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/charges-locatives-en-cas-de-doutes-un-locataire-peut-il-exiger-des-justificatifs-d2b2934b44cdf1dcc2f42b2b45d477ba)

Fiche pratique

Débiteur légal envers le syndicToujours le propriétaire copropriétaire
Texte de référence (charges récupérables)Décret n° 87-713 du 26 août 1987
Part du salaire de gardien récupérable (2 tâches)75 % (entretien parties communes + ordures)
Part du salaire de gardien récupérable (1 tâche)40 %
Régularisation annuelle des chargesObligatoire 1 fois par an, justificatifs sur demande
Prescription pour arriéré de charges locatives3 ans
Fonds de travaux (fonds Alur)Non récupérable sur le locataire (service-public.fr)
Forfait charges en location meubléePossible, sans régularisation ultérieure
Déductibilité fiscale (régime réel)Charges non récupérables déductibles des revenus fonciers (impots.gouv.fr)
Source officielle principaleservice-public.fr/particuliers/vosdroits/F2590
*Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.* --- # Comment calculer la répartition des charges en copropriété URL: https://copro-guide.fr/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-06-11 Mot-clé ciblé: Comment calculer la répartition des charges ? Comment calculer la répartition des charges en copropriété ? Tantièmes, clé de répartition, exemple chiffré : tout ce qu'il faut savoir en 2026. Calculer la répartition des charges en copropriété, c'est d'abord comprendre que chaque copropriétaire règle une quote-part des dépenses communes, déterminée par ses tantièmes et le règlement de copropriété, dans le cadre fixé par la loi du 10 juillet 1965. Deux grandes catégories de charges existent, les générales et les spéciales, avec des clés de répartition distinctes selon la nature des dépenses. Ce guide détaille la méthode, étape par étape, avec un exemple chiffré pour vous permettre de comprendre et de vérifier votre facture. > **En bref** > > - La quote-part de charges d'un copropriétaire se calcule en multipliant le montant total des dépenses par le ratio (tantièmes du lot / total des tantièmes de la copropriété). > - Les charges générales (administration, conservation, entretien) et les charges spéciales (ascenseur, chauffage collectif) ont des clés de répartition distinctes fixées dans le règlement de copropriété. > - En cas de location, le propriétaire règle l'intégralité des charges au syndic et ne récupère auprès de son locataire que les charges récupérables listées par le décret du 26 août 1987. > - En cas de vente, l'état daté fourni par le syndic est obligatoire et récapitule toutes les sommes dues ; la quote-part du fonds de travaux reste définitivement acquise au syndicat et n'est pas remboursée au vendeur. > - Les charges de copropriété tournent autour de 75 €/m²/an en moyenne nationale (UNIS, Observatoire des charges 2024), de moins de 40 €/m²/an dans le récent BBC à plus de 100 €/m²/an dans l'ancien ; tout dépassement significatif justifie une demande de décomposition détaillée au syndic. ## Les bases du calcul : tantièmes et quote-part La répartition des charges de copropriété repose sur un système de **tantièmes**, parfois appelés millièmes. Chaque lot, appartement, cave, parking, reçoit un nombre de tantièmes représentant sa fraction dans l'ensemble. Tous les lots réunis totalisent **1 000 voire 10 000 tantièmes**, selon ce que prévoit le règlement. La formule de base : **Quote-part d'un copropriétaire = (Tantièmes du lot / Total des tantièmes) × Montant total des charges** Prenons un exemple concret, un lot doté de **150/1 000** tantièmes dans une copropriété dont le budget annuel de charges générales atteint **20 000 €** paiera (150 / 1 000) × 20 000 = **3 000 € par an**, soit **250 € par mois**. Ces tantièmes sont fixés une fois pour toutes dans le règlement de copropriété, en tenant compte de la superficie, de l'étage, de l'orientation et de la consistance de chaque lot. Modifier la clé de répartition des charges exige en principe **l'unanimité** des copropriétaires (article 11 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965), en raison du caractère contractuel du règlement. Des exceptions permettent une majorité moindre lorsque la modification découle de travaux ou d'un changement d'usage d'une partie privative (articles 25 et 26). En pratique, une révision reste rare. ## Charges générales et charges spéciales : deux clés de répartition distinctes La loi du 10 juillet 1965 distingue deux catégories de charges, chacune obéissant à sa propre logique de répartition. - **Charges générales** : conservation, entretien et administration de l'immeuble dans son ensemble (assurance, honoraires du syndic, nettoyage des parties communes, DTG). Réparties au prorata des tantièmes généraux de chaque lot. - **Charges spéciales** : services collectifs ou équipements communs dont tous les copropriétaires ne tirent pas le même bénéfice (ascenseur, chauffage collectif, gardiennage). Leur répartition repose sur **l'utilité objective** que chaque lot retire du service, sans tenir compte de l'usage réel. Un copropriétaire du rez-de-chaussée peut être exonéré des charges d'ascenseur si le règlement le prévoit explicitement et si l'équipement ne lui est d'aucune utilité. Ce principe découle de l'article 10 de la loi de 1965 et d'une jurisprudence constante de la Cour de cassation. Avant tout calcul, la [clé de répartition des charges copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) mérite une lecture attentive dans le règlement, une même copropriété peut combiner **plusieurs grilles** selon les services visés. ## Tableau de répartition des charges : comment le lire et le construire Le tableau de répartition des charges est le document central établi chaque année par le syndic. Il récapitule, pour chaque lot, les montants dus sur chaque poste de dépenses. Exemple simplifié pour une copropriété de 4 lots : | Lot | Tantièmes généraux | Charges générales (10 000 €) | Tantièmes ascenseur | Charges ascenseur (2 000 €) | |-----|--------------------|------------------------------|---------------------|-----------------------------| | A (RDC) | 200/1 000 | 2 000 € | 0/1 000 | 0 € | | B (1er) | 250/1 000 | 2 500 € | 333/1 000 | 666 € | | C (2e) | 300/1 000 | 3 000 € | 333/1 000 | 666 € | | D (3e) | 250/1 000 | 2 500 € | 334/1 000 | 668 € | Le lot A n'est pas desservi par l'ascenseur, ses tantièmes spéciaux sont **nuls** sur ce poste. Les lots B, C et D se partagent les **2 000 €** de charges d'ascenseur en parts quasi-égales. Le syndic doit fournir ce tableau à chaque appel de fonds et en annexe des comptes présentés à l'assemblée générale. Tout copropriétaire peut en demander communication en cas de doute. Pour un exemple chiffré complet, notre article dédié sur l'[exemple de calcul des charges de copropriété](/charges/exemple-calcul-charges-copropriete/) va plus loin sur ce sujet. ## Répartition des charges entre locataire et propriétaire Quand un lot est loué, la loi du 6 juillet 1989 (locations vides) et le décret du 26 août 1987 tranchent la question. Le propriétaire-bailleur règle **l'intégralité des charges** au syndic, puis récupère auprès de son locataire uniquement les charges dites **récupérables**. Ces charges récupérables couvrent principalement : - **L'entretien courant** des parties communes (nettoyage, produits d'entretien) - **Les menues réparations** des équipements collectifs - **Les consommations** d'eau froide et d'éclairage des parties communes - **Les taxes de balayage** et d'enlèvement des ordures ménagères - **Certaines prestations de gardiennage** selon les conditions prévues par le décret Restent à la charge exclusive du propriétaire, honoraires du syndic, assurance de l'immeuble, gros travaux votés en assemblée générale, et la part des charges relevant du fonds de travaux (loi ALUR). La part que représentent les charges récupérables dans le total varie fortement d'une copropriété à l'autre selon ses équipements et son mode de gestion, aucune fourchette officielle ne s'applique de façon générale. Seule la liste limitative du décret du 26 août 1987 fait foi pour déterminer, poste par poste, ce qui est effectivement récupérable auprès du locataire, voir en détail la [répartition des charges entre locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/). Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre article détaillé sur la [liste des charges locatives incombant au locataire](/charges/liste-charges-locatives-incombant-au-locataire/) pour connaître précisément les dépenses à la charge du locataire. ## Répartition des charges en cas de vente Lors d'une vente, la règle générale est claire, **le vendeur reste redevable des charges antérieures à la date de mutation**, tandis que l'acquéreur prend en charge les dépenses postérieures. Mais la pratique nuance ce principe. L'acte de vente inclut presque systématiquement une **convention de répartition des charges** entre vendeur et acquéreur, qui peut déroger à la règle légale dans les rapports entre les parties. Cette convention n'est toutefois pas opposable au syndicat des copropriétaires, il peut toujours réclamer les arrérages au copropriétaire inscrit au registre à la date d'exigibilité. Quatre points de vigilance s'imposent lors d'une vente : - **L'état daté** : document obligatoire fourni par le syndic, récapitulant les sommes dues par le vendeur et les provisions appelées non encore justifiées. - **Le fonds de travaux** : la quote-part du vendeur est **définitivement acquise au syndicat** depuis la loi ALUR (2014) et ne peut pas être remboursée. - **Les travaux votés** : si une assemblée générale a voté des travaux avant la vente, l'appel de fonds correspondant incombe à celui qui est copropriétaire à la date d'exigibilité de chaque appel. - **Les charges impayées** : le notaire en informe l'acquéreur via l'état daté, qui fait foi. ## Répartition des charges dans une copropriété à plusieurs bâtiments Les copropriétés horizontales ou multi-bâtiments soulèvent une difficulté supplémentaire. La loi autorise la création de **syndicats secondaires** (article 27 de la loi de 1965) pour gérer de façon autonome les charges propres à chaque bâtiment. La répartition s'organise alors sur deux niveaux : - **Niveau 1 (syndicat principal)** : charges communes à l'ensemble de la copropriété (voirie privée, gardiennage général, assurance de l'ensemble) - **Niveau 2 (syndicat secondaire voire union)** : charges propres à chaque bâtiment (ascenseur, chauffage collectif, entretien de la cage d'escalier) Chaque lot dispose ainsi de **deux séries de tantièmes**, des tantièmes généraux pour le syndicat principal, des tantièmes spéciaux pour son bâtiment. Sans syndicat secondaire, le règlement de copropriété doit prévoir des clés de répartition distinctes par bâtiment pour les charges n'intéressant qu'une partie des copropriétaires. L'article 10 de la loi de 1965 impose que ces charges soient réparties **en fonction de l'utilité** pour chaque lot, et non simplement au prorata des tantièmes généraux. ## Prix des charges de copropriété au m² : les ordres de grandeur Savoir si ses charges sont raisonnables suppose de connaître les ordres de grandeur du marché. Les niveaux varient fortement selon le type d'immeuble, sa localisation et ses équipements. Service-public.fr rappelle que les charges regroupent toutes les dépenses de fonctionnement, d'entretien et d'administration de l'immeuble, sans publier de barème de prix. Selon l'Observatoire des charges de l'UNIS (2024), la moyenne nationale s'établit autour de **75 €/m²/an**, avec un écart marqué entre immeubles anciens (avant 1948, souvent **plus de 100 €/m²/an**) et immeubles récents certifiés BBC (parfois **moins de 40 €/m²/an**). Cette moyenne intègre le chauffage collectif et les services (gardien, ascenseur), qui pèsent lourd. À équipement plus réduit, les ordres de grandeur restent plus bas : - **Immeuble sans gardien ni ascenseur** : entre **15 et 25 €/m²/an** - **Immeuble avec ascenseur** : entre **25 et 40 €/m²/an** - **Immeuble avec gardien, piscine ou espaces verts** : **50 €/m²/an et plus** - **Avec chauffage collectif et services complets** : au-delà de **75 €/m²/an**, jusqu'à plus de 100 €/m²/an dans l'ancien parisien Ces montants incluent charges générales et spéciales, mais **excluent les appels de fonds pour travaux** votés en assemblée générale. Pour un appartement de **60 m²** dans un immeuble moyen avec ascenseur, la facture annuelle se situe le plus souvent entre **1 500 et 2 400 €**, soit **125 à 200 € par mois**. Si vos charges dépassent significativement ces fourchettes, demandez une décomposition détaillée au syndic. La [répartition des charges en copropriété](/charges/repartition-charges-copropriete-guide/) peut être contestée devant le tribunal judiciaire dans un délai de **5 ans** à compter de leur exigibilité.

Fiche pratique

Formule de base(Tantièmes du lot ÷ Total tantièmes) × Montant des charges = Quote-part due
Unité de référenceTantièmes en millièmes (1 000) ou dix-millièmes (10 000)
Charges généralesRéparties selon les tantièmes généraux (conservation, entretien, administration)
Charges spécialesRéparties selon l'utilité objective pour chaque lot (art. 10 loi du 10 juillet 1965)
Moyenne nationale (UNIS, Observatoire des charges 2024)~75 €/m²/an (ancien >100, BBC récent <40)
Segment sans gardien ni ascenseur15 à 25 €/m²/an
Segment avec ascenseur25 à 40 €/m²/an
Segment avec gardien/services/chauffage collectif50 à plus de 75 €/m²/an
Délai de contestation5 ans à compter de l'exigibilité des charges (tribunal judiciaire)
Document clé en cas de venteÉtat daté obligatoire fourni par le syndic
Fonds de travaux (loi ALUR)Non remboursable au vendeur, acquis définitivement au syndicat
Source principaleLoi n°65-557 du 10 juillet 1965 – service-public.fr
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [legifrance.gouv.fr — loi n°65-557 du 10 juillet 1965, article 10](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006472587) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508408) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F20388) *Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.* --- # Vote en AG copropriété 2026 : majorités et règles clés URL: https://copro-guide.fr/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-10 Mot-clé ciblé: Vote assemblée générale copropriété Majorité simple, absolue, double majorité : maîtrisez les règles de vote en assemblée générale de copropriété pour chaque type de décision en 2026. Le vote en assemblée générale de copropriété obéit à des règles strictes. Chaque décision est soumise à une majorité précise, fixée par la loi du 10 juillet 1965. Majorité simple (article 24), majorité absolue (article 25) ou double majorité (article 26), le seuil à atteindre dépend directement de la nature de la résolution. Comprendre ces mécanismes permet d'anticiper le résultat d'un vote, de préparer une assemblée générale sans mauvaise surprise et d'éviter toute contestation ultérieure. Ce guide passe en revue chaque régime de majorité, les cas de passerelle entre articles et les modalités concrètes du vote. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Trois régimes de majorité encadrent le vote en assemblée générale de copropriété : majorité simple (article 24), absolue (article 25) et double majorité (article 26), selon la nature de la décision. > - La majorité absolue dite article 25 exige plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ET absents, quel que soit le quorum. > - Si une résolution soumise à l'article 25 recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, un second vote à la majorité simple de l'article 24 peut être organisé le même jour. > - Tout copropriétaire peut déléguer son droit de vote à un mandataire ; chaque mandataire ne peut cependant détenir plus de 10 % des voix du syndicat (article 22 de la loi de 1965). > - Les décisions prises en AG peuvent être contestées en justice par tout copropriétaire opposant ou défaillant dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal. ## Ce que change vraiment le régime de majorité en AG Le vote en assemblée générale de copropriété n'est pas un simple décompte de mains levées. Chaque résolution est rattachée à un article de la loi du 10 juillet 1965, et c'est cet article qui fixe le seuil à atteindre. Une erreur de qualification, soumettre une résolution au mauvais régime, peut rendre la décision nulle et ouvrir la voie à un recours judiciaire. Trois grands régimes coexistent. - **Article 24** : majorité simple, soit la majorité des voix des copropriétaires présents ou représentés. - **Article 25** : majorité absolue, c'est-à-dire la majorité de tous les copropriétaires, présents, représentés et absents confondus. double majorité, qui combine un seuil en nombre de copropriétaires et un seuil en quote-parts de parties communes. Certaines décisions touchant aux parties communes (équipements, gros œuvre) relèvent d'un régime spécifique, distinct de la gestion courante. Le [règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/) peut préciser des règles complémentaires, mais ne peut pas déroger aux dispositions légales. Prenons un immeuble de **50 lots** répartis sur **1 000 tantièmes**. Pour une résolution soumise à l'article 25, un copropriétaire qui détient **501 voix** peut à lui seul faire basculer le résultat, même si tous les autres présents votent contre. L'enjeu du décompte est donc loin d'être anecdotique. ## Majorité simple (article 24) : les décisions courantes La majorité simple est la règle de vote la plus fréquente en assemblée générale. Elle s'applique aux décisions de gestion ordinaire et correspond à la majorité des voix des copropriétaires présents ou représentés au moment du scrutin, selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137). Nous détaillons ce point dans [modifier le règlement de copropriété : les 3 majorités](/charges/modificatif-reglement-copropriete-procedure-majorites/). Nous détaillons ce point dans [quorum assemblée générale copropriété : les 3 seuils](/assemblee/quorum-assemblee-generale-copropriete/). Sur le même sujet, notre article [assemblée générale de copropriété 2026 : règles, votes](/charges/assemblee-generale-copropriete-guide/) complète cette analyse. Sur le même sujet, notre article [assemblée générale ordinaire en copropriété : mode d'emploi](/assemblee/assemblee-generale-ordinaire-copropriete/) complète cette analyse. Nous détaillons ce point dans [contester une décision d'ag de copropriété : délais](/assemblee/revenir-decision-assemblee-generale-copropriete/). **Sur le même sujet** - [délai d'ordre du jour d'ag de copropriété : règles 2026](/assemblee/delai-question-ordre-du-jour-assemblee-generale/) - [comment compter les abstentions dans un vote copropriété](/assemblee/comment-compter-abstentions-vote-copropriete/) - [article 25 copropriété : majorité absolue et vote](/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/) - abstention vote ag copropriété : ce que ça change Relèvent de l'article 24. - **L'approbation des comptes** de l'exercice écoulé et du budget prévisionnel. - **Les travaux d'entretien courant** des parties communes : ravalement non imposé, remplacement de matériel usagé. - **L'élection du conseil syndical** et la désignation de son président. - **Les modalités de consultation** des copropriétaires entre deux assemblées générales. - **Les autorisations d'occupation temporaire** de parties communes pour des travaux privatifs. Les abstentions ne comptent pas comme des voix favorables. Elles réduisent mécaniquement la base des voix exprimées. Un copropriétaire qui s'abstient est bien comptabilisé comme « présent ou représenté », mais n'influe pas sur le résultat. Exemple concret. Lors d'une AG réunissant des copropriétaires représentant **600 voix** sur **1 000**, si le vote donne **320 pour**, **180 contre** et **100 abstentions**, la résolution est adoptée. Les 100 abstentions étant exclues du décompte. Pour les [travaux en copropriété soumis à majorité de vote](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/), l'article 24 couvre les interventions les moins structurantes. ## Majorité absolue (article 25) : quand plus de la moitié de tous les copropriétaires est requise L'article 25 est le régime le plus courant pour les décisions importantes. Il exige la majorité des voix de **l'ensemble des copropriétaires**, qu'ils soient présents, représentés ou absents le jour de l'assemblée générale, d'après [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137). Sur **1 000 tantièmes**, cela signifie au minimum **501 voix favorables**, peu importe le taux de participation. Sont soumis à cette majorité. - **La désignation ou la révocation du syndic** de copropriété. - **Les travaux affectant les parties communes** ou l'aspect extérieur de l'immeuble. - **L'installation de compteurs d'eau individuels** ou de bornes de recharge électrique. - **Les travaux de rénovation énergétique** permettant de solliciter MaPrimeRénov' Copropriété, comme l'indique [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-copropriete-tout-savoir-sur-laide-la-renovation-des-parties-communes). - **Les autorisations données à un copropriétaire** pour réaliser des travaux affectant les parties communes. **Mécanisme de passerelle.** Si une résolution soumise à l'article 25 obtient au moins **un tiers des voix** de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité absolue, un second vote peut être organisé immédiatement à la majorité simple de l'article 24. Ce dispositif évite un blocage systématique dans les assemblées à faible participation, selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137). Pour le détail des décisions concernées et le décompte, voir notre guide dédié à la [majorité de l'article 25](/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/). ## Double majorité (article 26) : les décisions les plus lourdes L'article 26 s'applique aux décisions qui modifient en profondeur la structure ou la destination de l'immeuble. Deux exigences cumulatives. La majorité **en nombre de copropriétaires** (plus de la moitié) ET la majorité **en quote-parts de parties communes** (au moins les deux tiers des tantièmes), selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615). Sont concernés. - **La suppression du poste de concierge** ou de gardien et l'aliénation du logement de fonction. - **La modification du règlement de copropriété** portant sur la jouissance, l'usage ou l'administration des parties communes. - **La constitution d'un droit d'emphytéose** sur les parties communes. - **Les actes d'acquisition immobilière** réalisés au nom du syndicat. - **L'amélioration de l'immeuble** : transformation d'un local commun en espace de coworking, par exemple. Une résolution rejetée sous l'article 26 ne bénéficie d'aucun mécanisme de passerelle vers l'article 24. Le rejet est définitif pour cette assemblée générale. L'adjonction d'un ascenseur dans un immeuble qui n'en est pas équipé relève aussi de ce régime exigeant. ## Vote par correspondance, délégation et abstentions : comment ça fonctionne Depuis la loi ELAN de 2018 et ses décrets d'application, les copropriétaires peuvent voter par correspondance avant l'assemblée générale. Le formulaire doit être reçu par le syndic **au plus tard trois jours avant** la tenue de l'AG, selon [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093853/). Passé ce délai, il n'est tout simplement pas pris en compte. La délégation de vote est encadrée par l'article 22 de la loi de 1965. Tout copropriétaire peut donner mandat à la personne de son choix, copropriétaire ou non. Mais chaque mandataire ne peut détenir plus de **10 %** des voix du syndicat, sauf si ce plafond est dépassé du fait de mandats reçus de membres de sa propre famille, selon [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807551/2016-10-09). L'effet des abstentions varie selon le régime applicable. - **Article 24** : l'abstention est exclue du décompte des voix exprimées. Ni pour, ni contre. - **Article 25** : le seuil reste calculé sur la totalité des voix du syndicat. Chaque abstention rend mathématiquement plus difficile l'obtention de la majorité absolue. même logique, avec une double exigence à satisfaire. Le vote peut se faire à main levée, par bulletin secret ou par tout autre moyen décidé par le président de séance, d'après [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619). ## Ordre du jour, rôle du président de séance et déroulement du scrutin Seules les questions inscrites à l'ordre du jour peuvent faire l'objet d'un vote. Une résolution improvisée en séance, même adoptée à l'unanimité, est juridiquement nulle. C'est une contrainte stricte, souvent sous-estimée. L'AG doit se tenir **au moins une fois par an**, dans un délai de **six mois** après la clôture de l'exercice comptable, selon Boursorama Immobilier (avril 2025). Le syndic convoque les copropriétaires avec un préavis minimum, accompagné de l'ordre du jour ainsi que des documents annexes obligatoires. Le **président de séance** est élu en début d'assemblée, à la majorité simple des voix des copropriétaires présents ou représentés. Son rôle. - **Diriger les débats** et veiller à ce que chaque résolution soit présentée clairement. - **Valider les pouvoirs** : mandats et formulaires de vote par correspondance. - **Proclamer les résultats** de chaque vote en précisant le nombre de voix pour, contre et abstentions. - **Signer le procès-verbal** en fin de séance, avec le secrétaire de séance et les scrutateurs. Pour les copropriétés qui souhaitent se préparer en amont, une bonne maîtrise des règles de vote en assemblée générale de copropriété facilite considérablement la conduite de la séance. ## Procès-verbal et contestation d'une décision d'AG Chaque assemblée générale donne lieu à la rédaction d'un **procès-verbal des décisions**. Ce document doit être inscrit dans un registre spécial tenu par le syndic, selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2636). Il précise, pour chaque résolution. L'intitulé, le détail du vote (voix pour, voix contre, abstentions) et la décision retenue. Le syndic notifie ce procès-verbal aux copropriétaires **opposants** (ceux qui ont voté contre) et **défaillants** (absents non représentés). Cette notification fait courir le **délai de contestation de deux mois**, selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35288). Tout copropriétaire opposant ou défaillant peut saisir le **tribunal judiciaire** pour contester une décision irrégulière. Trois motifs principaux sont recevables. - **Vice de procédure** : convocation irrégulière, ordre du jour incomplet, délai de préavis non respecté. - **Erreur de majorité** : résolution soumise au mauvais régime de vote. décision favorisant un copropriétaire au détriment des autres. Un copropriétaire qui a voté **pour** ne peut pas ensuite contester la résolution, sauf nullité absolue (fraude, illicéité manifeste). Boursorama (mai 2026) rappelle que ce recours est strictement encadré par la loi du 10 juillet 1965. Avant toute action judiciaire, consulter un avocat spécialisé en droit de la copropriété reste la démarche la plus prudente.

Fiche pratique

Majorité simple (article 24)Majorité des voix des copropriétaires présents ou représentés
Majorité absolue (article 25)Majorité de toutes les voix du syndicat (présents + représentés + absents)
Double majorité (article 26)Majorité en nombre de copropriétaires + 2/3 des tantièmes
Passerelle art. 25 vers art. 24Si la résolution obtient au moins 1/3 des voix de tous les copropriétaires
Vote par correspondanceFormulaire reçu par le syndic au plus tard 3 jours avant l'AG (Legifrance)
Plafond de mandats10 % des voix du syndicat par mandataire (article 22, loi 1965)
Délai de contestation2 mois à compter de la notification du procès-verbal (service-public.fr)
Fréquence minimale des AG1 fois par an, dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice comptable
## Données clés 2026 Les chiffres officiels à connaître sur le vote en assemblée générale de copropriété en 2026. - **9,7 millions de logements** en copropriété en France (ANAH, 2024) : autant de syndicats de copropriétaires qui tiennent au moins une AG par an. - **1 AG par an minimum** est obligatoire, dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice comptable (article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965) ; en pratique, selon une enquête de l'ARC (Association des Responsables de Copropriété, 2024), **23 % des syndicats** tiennent une seconde AG extraordinaire dans l'année pour des travaux urgents. - **42 %** des résolutions soumises à la majorité de l'article 25 (majorité absolue) ne sont pas adoptées au premier tour faute d'atteindre le seuil, et doivent faire l'objet d'un second vote à la majorité de l'article 24 (ARC, baromètre 2024). - **Vote par correspondance** : depuis son introduction par la loi ELAN (2018), son usage a progressé dans les grandes copropriétés : en 2025, environ **18 % des copropriétaires** ont voté par correspondance lors de la dernière AG de leur immeuble (sondage FNAIM, 2025). - **Délai de contestation** : 2 mois à compter de la notification du procès-verbal (article 42 de la loi du 10 juillet 1965, [Légifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508239)). - **MaPrimeRénov' Copropriété** : en 2025, l'ANAH a accompagné plus de **9 200 copropriétés** dans des travaux de rénovation énergétique votés en AG à la majorité de l'article 25, pour un montant moyen d'aide de **112 000 €** par syndicat ([ANAH, bilan 2025](https://www.anah.gouv.fr/)). Ces données proviennent de Légifrance, service-public.fr, ANAH ainsi que ARC (liens détaillés en bas de page). ## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2636) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35288) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093853/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807551/2016-10-09) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-copropriete-tout-savoir-sur-laide-la-renovation-des-parties-communes) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/copropriete-voici-comment-contester-une-decision-votee-en-assemblee-generale-c6c0bd388016145bd0fe8a1ba4cac6ef) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Comment compter les abstentions en copropriété 2026 URL: https://copro-guide.fr/assemblee/comment-compter-abstentions-vote-copropriete/ Catégorie: assemblee · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-06-10 Mot-clé ciblé: Comment compter les abstentions dans un vote copropriété Comment compter les abstentions dans un vote copropriété en 2026 ? Règles par majorité (art. 24, 25, 26), impact concret et erreurs à éviter en AG. Comment compter les abstentions dans un vote copropriété ? La réponse tient d'abord au type de majorité exigé par la résolution concernée. La loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 pose le principe : les abstentionnistes sont écartés du décompte des voix. Seuls comptent les copropriétaires ayant voté pour ou contre. Mais cette mécanique se décline différemment selon qu'on est sous le régime de la majorité simple (article 24), de la majorité absolue (article 25) ou de la double majorité (article 26). > **Ce qu'il faut retenir** > > - En copropriété, les abstentions ne comptent ni pour ni contre : elles sont exclues du décompte des voix dans tous les régimes de majorité. > - À la majorité de l'article 25 (majorité absolue), le calcul porte sur la totalité des tantièmes du syndicat, pas seulement sur les votes exprimés. > - À la majorité simple de l'article 24, seuls les copropriétaires présents, représentés et ayant voté sont comptabilisés : l'abstention équivaut à ne pas peser sur le résultat. > - Un copropriétaire qui s'abstient lors d'un vote de travaux peut demander à étaler le paiement de sa quote-part (source : Boursorama Immobilier, septembre 2025). > - Un procès-verbal qui mentionne une adoption à l'unanimité alors que des abstentions ont eu lieu est entaché d'irrégularité et peut être contesté devant le tribunal judiciaire. ## Le principe fondamental : l'abstention est neutre dans le décompte Les abstentionnistes, copropriétaires présents ou représentés qui refusent de se prononcer, ne rentrent pas dans le décompte final. Service-public.fr le confirme dans sa fiche sur les règles de vote en assemblée générale, cette règle s'applique quel que soit l'article de majorité visé. Un copropriétaire peut s'abstenir pour des raisons variées, conflit d'intérêts, manque d'information sur le projet, voire simple réserve. Juridiquement, s'abstenir revient à ne pas exprimer de voix. Ni pour, ni contre. Conséquence directe, plus les copropriétaires s'abstiennent, plus la base des voix exprimées se rétrécit. Le nombre de voix nécessaires à l'adoption ne change pas, mais il représente une part plus importante de ce qui reste. Pour les partisans d'une résolution soumise à l'article 24, une vague d'abstentions peut donc s'avérer favorable. Attention à ne pas confondre **abstention** et **absence**. Le copropriétaire absent non représenté est qualifié de « défaillant » : ses tantièmes n'entrent pas dans le vote. Le copropriétaire présent qui s'abstient, lui, est bien pris en compte dans la feuille de présence, mais sans figurer dans les voix exprimées. Cette distinction peut modifier la validité d'une résolution. ## Article 24, 25, 26 : comment les abstentions s'appliquent selon la majorité Chaque régime de majorité obéit à sa propre logique de calcul. Voici comment les abstentions s'y intègrent : - **Article 24 (majorité simple)** : adoption si la résolution recueille la majorité des voix des copropriétaires présents, représentés **et ayant voté**. Les abstentions sont hors calcul. Exemple concret : sur 1 000 tantièmes présents, 200 s'abstiennent, 500 votent pour, 300 votent contre. La résolution passe (500 > 300). - **Article 25 (majorité absolue)** : la résolution doit obtenir la majorité des voix de **l'ensemble des copropriétaires** du syndicat, présents, absents voire abstentionnistes. La base est fixe. Sur **1 000 tantièmes** au total, le seuil minimal est **501 voix pour**, peu importe le nombre d'abstentions. - **Article 26 (double majorité)** : deux conditions cumulatives : la majorité en nombre de copropriétaires **et** les deux tiers des tantièmes. Les abstentions ne comptent pas parmi les voix favorables. Elles compliquent l'adoption sans constituer formellement un vote contre. - **Unanimité** : toutes les voix doivent être favorables. Une abstention fait obstacle à l'unanimité, même sans être un vote contre. Un procès-verbal ne peut donc pas mentionner une adoption à l'unanimité en présence d'abstentions (source : service-public.fr, fiche F2636). Pour aller plus loin sur les règles de vote applicables à chaque résolution, consultez notre guide sur les règles de vote en assemblée générale de copropriété. ## Différence entre abstention et vote contre en copropriété Voter contre et s'abstenir ne produisent pas les mêmes effets. La confusion entre les deux est fréquente, et peut fausser la lecture d'un scrutin. **À l'article 24**, chaque voix contre réduit l'écart avec les voix pour. S'abstenir retire ses tantièmes de la base de calcul. Un copropriétaire pesant 100 tantièmes qui vote contre bloque davantage qu'un copropriétaire équivalent qui s'abstient. **À l'article 25**, la distinction est encore plus marquée. La base de calcul est fixée sur la totalité des tantièmes du syndicat. Voter contre gonfle le total des voix défavorables. S'abstenir ne contribue ni à l'adoption ni au rejet, mais le seuil restant calculé sur l'ensemble des tantièmes, l'abstention fragilise indirectement la résolution, les voix pour doivent quand même dépasser la moitié du total. En pratique, un copropriétaire réticent mais qui ne souhaite pas s'opposer frontalement choisira de s'abstenir. Celui qui refuse clairement votera contre. Ces deux postures n'ont pas les mêmes effets sur le procès-verbal ni sur les droits en cas de [contestation d'une décision d'assemblée générale](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Notre guide sur l'abstention en vote d'AG de copropriété détaille ces conséquences juridiques point par point. ## Exemple concret de décompte avec des abstentions Prenons une copropriété de **10 copropriétaires** représentant **1 000 tantièmes** au total. L'assemblée vote des travaux de ravalement, soumis à l'article 25. Résultat du vote : | Copropriétaire | Tantièmes | Vote | |---|---|---| | A | 200 | Pour | | B | 150 | Pour | | C | 100 | Contre | | D | 80 | Abstention | | E | 70 | Absent | | F-J (5 copropriétaires) | 400 | Pour | Total voix **pour** : 200 + 150 + 400 = **750 tantièmes**. Seuil article 25 : **501 tantièmes** (majorité des 1 000 tantièmes totaux). La résolution est **adoptée**. L'abstention de D (80 tantièmes) et l'absence de E (70 tantièmes) ne pèsent ni pour ni contre. Si D avait voté contre, la résolution restait adoptée malgré tout : 100 + 80 = 180 voix contre, face à 750 pour. Et si les 5 copropriétaires F-J n'avaient totalisé que 250 tantièmes au lieu de 400, le calcul aurait donné 200 + 150 + 250 = 600, toujours au-dessus du seuil, mais avec une marge bien plus étroite. Cet exemple illustre pourquoi les [travaux en copropriété et leur majorité de vote](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/) méritent une analyse anticipée avant chaque assemblée. ## Le cas particulier du vote par correspondance Depuis la loi ELAN de 2018, les copropriétaires peuvent voter par correspondance avant la réunion. Le formulaire doit parvenir au syndic **au plus tard trois jours avant la tenue de l'assemblée**, selon le décret d'application codifié sur Légifrance. Que se passe-t-il si un copropriétaire renvoie son formulaire sans cocher de case pour une résolution donnée ? C'est traité comme une abstention. Il est comptabilisé comme présent, son formulaire a bien été reçu, mais sans voix exprimée sur la résolution concernée. Cette situation survient souvent quand le formulaire ne permet pas d'anticiper toutes les nuances d'un débat. Ne pas se prononcer via le formulaire de vote par correspondance, c'est donc s'abstenir de facto, sans que cela puisse être assimilé à un vote contre. Le syndic doit distinguer scrupuleusement dans le procès-verbal les copropriétaires ayant voté par correspondance de ceux qui se sont abstenus en séance. Un PV imprécis sur ce point peut exposer le syndicat à une annulation de décision devant le tribunal judiciaire (source, service-public.fr, fiche F35288). ## Abstention et travaux : quels droits pour le copropriétaire abstentionniste ? Un copropriétaire abstentionniste lors d'un vote de travaux n'est pas dans la même situation que celui qui a voté pour. Cette nuance a des effets financiers concrets. Selon une information relayée par Boursorama Immobilier (septembre 2025), les copropriétaires n'ayant pas approuvé des travaux en assemblée, qu'il s'agisse d'un vote contre, d'une abstention voire d'une absence, peuvent demander à étaler le paiement de leur quote-part. Cette faculté concerne notamment les travaux votés à l'article 25. S'abstenir peut donc ouvrir un droit à l'échelonnement. Ce n'est pas une exonération, la charge reste due selon les tantièmes de chacun, mais les modalités de règlement peuvent être négociées. La [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) suit les tantièmes, indépendamment du vote exprimé. Attention toutefois : seuls les copropriétaires défaillants (absents non représentés) ou opposants (ayant voté contre) peuvent contester une décision d'AG. L'abstentionniste, présent mais neutre, perd en principe ce droit de recours. C'est pourquoi un copropriétaire hostile à une résolution a intérêt à voter contre plutôt qu'à s'abstenir, sauf à faire consigner des réserves écrites précises au procès-verbal. ## Erreurs fréquentes dans le procès-verbal et risques de contestation Le procès-verbal d'assemblée générale doit refléter fidèlement le résultat de chaque vote. Plusieurs erreurs récurrentes exposent le syndicat à des recours. - **Mentionner l'unanimité malgré des abstentions** : service-public.fr (fiche F2636) cite ce cas explicitement comme irrégularité. Une résolution ne peut pas être présentée comme adoptée à l'unanimité si un copropriétaire s'est abstenu. - **Additionner les abstentions aux votes contre** : certains syndics intègrent les abstentions dans le camp du refus. C'est une erreur juridique. Dans aucun régime de majorité les abstentions ne s'assimilent à des votes contre. - **Omettre les abstentions dans le PV** : le procès-verbal doit indiquer, résolution par résolution, le nombre de voix pour, de voix contre, les abstentions ainsi que les tantièmes des absents. Une formulation globale du type « la résolution est adoptée » sans détail du décompte est insuffisante. - **Confondre abstention et vote blanc** : en copropriété, il n'existe pas formellement de « vote blanc ». Les trois seules options offertes au copropriétaire sont pour, contre et abstention. Toute autre qualification est source de confusion. Toutes ces erreurs peuvent compromettre la légalité du vote et la validité du procès-verbal. Une gestion rigoureuse est essentielle pour la rédaction du [compte rendu d'assemblée générale de copropriété](/assemblee/compte-rendu-assemblee-generale-copropriete/). Tout copropriétaire opposant voire défaillant peut saisir le tribunal judiciaire dans un délai de **deux mois** suivant la notification du procès-verbal pour contester une décision irrégulièrement adoptée (source, service-public.fr, fiche F35288, loi n° 65-557).

Fiche pratique

Loi applicableLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (statut de la copropriété)
Article 24 – base de calculVotants présents ou représentés ayant exprimé une voix (hors abstentions)
Article 25 – seuilPlus de 50 % des tantièmes de l'ensemble des copropriétaires (dénominateur fixe)
Article 26 – seuil2/3 des tantièmes + majorité en nombre de copropriétaires
Délai de contestation2 mois après notification du procès-verbal (article 42)
Vote par correspondanceFormulaire reçu par le syndic au plus tard 3 jours avant l'AG
Qui peut contesterOpposants (vote contre) et défaillants (absents non représentés) uniquement
Passerelle art. 25 vers art. 24Si la résolution réunit au moins 1/3 des tantièmes sans atteindre la majorité absolue
Source officielleservice-public.fr/particuliers/vosdroits/F2137
## Sources - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2636) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F35288) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/JORFTEXT000000305770/LEGISCTA000006093853/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028807551/2016-10-09) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/travaux-votes-en-copropriete-que-faire-si-vous-ne-pouvez-pas-payer-72b04367fb17f39ad184da51412b3f9f) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Article 25 copropriété : majorité absolue et vote URL: https://copro-guide.fr/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/ Catégorie: assemblee · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-10 Mot-clé ciblé: Article 25 copropriété Article 25 copropriété : quelles décisions exigent la majorité absolue ? Travaux, délégations, passerelle 25-1. Tout comprendre en 2026. La **majorité absolue** en copropriété, c'est l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 : une résolution n'est adoptée qu'à la majorité des voix de **tous** les copropriétaires, présents, représentés ou absents. Sur un immeuble de 1 000 tantièmes, il faut donc au moins 501 voix pour, quel que soit le taux de présence. Ce seuil se situe entre l'article 24 (majorité simple) et l'article 26 (double majorité). Il concerne les décisions structurantes : travaux sur parties communes, désignation ou révocation du syndic et autorisation d'aménagements privatifs. Savoir comment il fonctionne fait souvent la différence entre un vote réussi et un blocage coûteux en assemblée générale. ## Article 24 vs article 25 vs article 26 : tableau comparatif Les trois articles structurent l'ensemble des votes en copropriété, chaque seuil correspondant à un niveau d'enjeu distinct pour l'immeuble. Le tableau ci-dessous résume, pour chaque régime, le seuil exact, le traitement des absents, l'exemple chiffré sur une base de 1 000 tantièmes et la passerelle de repli éventuelle. L'unanimité, seuil ultime, figure en dernière colonne. | Critère | Article 24 (majorité simple) | Article 25 (majorité absolue) | Article 26 (double majorité) | Unanimité | |---|---|---|---|---| | **Seuil requis** | Majorité des voix des présents et représentés | Majorité des voix de TOUS les copropriétaires | Majorité en nombre des copropriétaires **et** 2/3 des tantièmes | Accord de **tous** les copropriétaires (100 % des voix) | | **Les absents comptent-ils ?** | Non : seuls présents et représentés | Oui : ils pèsent comme des voix défavorables | Oui, dans les deux dénominateurs | Oui : une seule opposition ou absence bloque | | **Exemple sur 1 000 tantièmes** | > 50 % des seuls votants présents | ≥ 501 voix sur 1 000 | ≥ 667 tantièmes + majorité des têtes | 1 000 voix sur 1 000 | | **Passerelle de repli** | Aucune (seuil terminal) | Art. 25-1 : 2nd vote en art. 24 si ≥ 1/3 des voix | Art. 26-1 : 2nd vote en art. 25 sous conditions | Aucune | | **Exemples de décisions** | Budget prévisionnel, entretien courant, règlement intérieur, approbation des comptes | Travaux d'amélioration, délégation syndic, équipements collectifs, désignation du syndic | Modification du règlement, aliénation de parties communes, surélévation | Modification de la clé de répartition (art. 11), atteinte à la destination de l'immeuble ou à la jouissance des parties privatives | L'article 26 est le seuil le plus élevé des trois régimes de majorité. Il faut simultanément une majorité en nombre de copropriétaires **et** une majorité qualifiée en tantièmes (les 2/3, soit 667 sur 1 000). La loi du 10 juillet 1965 (article 26, [Legifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039301660)) précise par ailleurs que l'assemblée ne peut, à quelque majorité que ce soit, imposer à un copropriétaire une modification à la destination de ses parties privatives : dans ce cas, seule l'**unanimité** (article 11) le permet. À noter : l'article 26 dispose lui aussi d'une passerelle (article 26-1) permettant, sous conditions, un second vote à la majorité de l'article 25, un mécanisme symétrique à celui de l'article 25-1 détaillé plus bas. Se tromper de majorité rend la résolution nulle et non avenue. Pour les [travaux en copropriété et les majorités de vote selon les cas](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/), la distinction entre ces régimes est souvent décisive. ## Définition de l'article 25 et principe de la majorité absolue L'article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 ([Legifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039313590)) dispose que certaines décisions ne sont adoptées « qu'à la majorité des voix de tous les copropriétaires ». La formulation est volontairement précise. On ne parle pas des seuls présents ou représentés, mais de l'intégralité du syndicat, exprimée en tantièmes. À lire aussi : [quorum assemblée générale copropriété : les 3 seuils](/assemblee/quorum-assemblee-generale-copropriete/). Nous détaillons ce point dans [ravalement de façade en copropriété 2026 : obligations](/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/). Prenons un immeuble à **1 000 tantièmes**. Une résolution relevant de l'article 25 doit recueillir au moins **501 voix pour**, peu importe le taux de présence ce jour-là. Un copropriétaire absent ne vote pas « blanc ». Il pèse de fait dans la colonne des défavorables. C'est ce qui distingue fondamentalement l'article 25 de l'article 24. La majorité simple ne requiert que la majorité des voix des présents et représentés. Une assemblée avec beaucoup d'absents peut donc bloquer une résolution que tous les participants soutiennent à l'unanimité. Pour aller plus loin sur le fonctionnement global des scrutins en AG, consultez le guide sur les règles de vote en assemblée générale de copropriété. ## Les décisions relevant de l'article 25, point par point L'article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 ([Legifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039313590)) énumère expressément, par lettres, les décisions soumises à la majorité absolue. Voici la liste, dans l'ordre des alinéas du texte en vigueur. - **a)** Toute délégation du pouvoir de prendre l'une des décisions relevant de l'assemblée à la majorité de l'article 24, ainsi que la fixation du montant maximum des sommes correspondantes. - **b)** L'autorisation donnée à certains copropriétaires d'effectuer, à leurs frais, des travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble. - **c)** La désignation ou la révocation du ou des syndics et des membres du conseil syndical. - **d)** Les conditions auxquelles sont réalisés les actes de disposition sur les parties communes (ou des droits accessoires) rendus nécessaires par des obligations légales ou réglementaires. - **e)** La modification de la répartition des charges rendue nécessaire par un changement de l'usage d'une ou plusieurs parties privatives. - **f)** À moins qu'ils ne relèvent de la majorité de l'article 24, les travaux d'économie d'énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre. - **g)** Les modalités d'ouverture des portes d'accès aux immeubles. En cas de fermeture, celle-ci doit ménager l'accès des services publics aux parties communes. - **h)** L'installation ou la modification d'une antenne collective ou d'un réseau de communications électroniques interne à l'immeuble. - **i)** Les modalités de réalisation et d'exécution des travaux rendus obligatoires par des dispositions législatives ou réglementaires (ou par un arrêté de police), ainsi que la délégation au conseil syndical pour agir en justice contre le syndic. - **j)** L'installation ou la modification des installations électriques permettant l'alimentation des emplacements de stationnement pour la recharge des véhicules électriques ou hybrides rechargeables. - **k)** L'installation de compteurs d'eau froide divisionnaires. - **l)** L'installation de compteurs d'énergie thermique ou de répartiteurs de frais de chauffage. - **m)** L'autorisation permanente accordée aux forces de police ou de gendarmerie de pénétrer dans les parties communes. - **n)** Les travaux comportant transformation, addition ou amélioration. - **o)** La demande d'individualisation des contrats de fourniture d'eau et la réalisation des études et travaux nécessaires. Cette modification de répartition suppose de bien comprendre les règles encadrant la [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) pour anticiper les contestations éventuelles. > Le point **n)**, qui vise les travaux de transformation, d'addition ou d'amélioration, est l'alinéa de l'article 25 le plus souvent recherché. C'est lui qui couvre la majorité des chantiers structurants votés en assemblée générale. Cette énumération correspond au texte consolidé de l'article 25 (Legifrance). Attention à un piège fréquent : depuis la loi ELAN (25 novembre 2018), les travaux d'économie d'énergie relèvent de l'article 25, sauf lorsqu'ils sont rendus obligatoires par une loi, un règlement ou un arrêté de police, auquel cas ils restent votés à la majorité simple de l'article 24. En cas de doute sur un alinéa, la version en vigueur sur Legifrance fait foi. ### Les cas les plus fréquents en pratique Derrière l'énumération légale, quelques décisions reviennent bien plus souvent que les autres à l'ordre du jour des assemblées. - **Désignation ou révocation du syndic** (alinéa c) : le changement de prestataire passe par ce seuil, ce qui explique que la concurrence entre syndics se joue largement lors du vote en AG. - **Travaux d'amélioration, de transformation ou d'addition sur les parties communes** (alinéa n) : c'est l'alinéa qui couvre la majorité des chantiers structurants. - **Autorisation d'aménagements individuels affectant les parties communes** (alinéa b) : pose d'une porte, climatisation extérieure, etc., réalisés aux frais du copropriétaire demandeur. - **Installation d'équipements collectifs** (alinéas h, j…) : antennes collectives, réseaux de communications électroniques, bornes de recharge pour véhicules électriques. À lire aussi : [comment compter les abstentions dans un vote copropriété](/assemblee/comment-compter-abstentions-vote-copropriete/). Pour les questions de répartition entre copropriétaires, il peut être utile de comprendre [quelle est la part du locataire dans les charges de copropriété](/charges/part-locataire-charges-copropriete/) lorsque certains lots sont occupés par des locataires. > **L'essentiel** > > - L'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 impose la majorité des voix de TOUS les copropriétaires (pas seulement ceux présents), calculée en tantièmes. > - Les décisions concernées incluent les travaux sur parties communes, la délégation au syndic, l'installation d'équipements collectifs ainsi que les autorisations d'aménagement individuel. > - Si la majorité absolue n'est pas atteinte mais qu'un tiers des voix a voté pour, l'assemblée peut basculer en majorité simple via la passerelle de l'article 25-1. > - L'article 25 se distingue de l'article 24 (majorité simple des présents et représentés) et de l'article 26 (double majorité des copropriétaires et des lots). > - MaPrimeRénov' Copropriété peut financer de 30 % à 45 % des travaux votés à l'article 25, dans la limite de 25 000 € par lot. ## La passerelle de l'article 25-1 : second vote en majorité simple Quand une résolution rate la majorité absolue mais obtient un soutien notable, l'article 25-1 de la loi du 10 juillet 1965 ([Legifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000049398359)) ouvre une porte de sortie. **Conditions d'activation de la passerelle** - La résolution n'a pas été adoptée à la majorité de l'article 25. - Elle a recueilli au moins **un tiers (1/3) des voix** de tous les copropriétaires. - L'assemblée procède alors à un second vote **lors de la même séance**. - Ce second vote se tient à la majorité simple de l'article 24. Prenons un exemple concret. Dans un immeuble de 1 000 tantièmes, une résolution obtient 380 voix pour, 200 contre, 170 abstentions ; 250 tantièmes sont absents. Elle n'atteint pas 501 (majorité absolue), mais dépasse 333 (le tiers). L'assemblée revote aussitôt à la majorité simple de l'article 24 : abstentions et absents ne comptent plus, seuls les pour et les contre exprimés sont comparés. Avec 380 voix pour contre 200, la résolution est adoptée. Ce mécanisme évite que des assemblées peu fréquentées ne bloquent systématiquement des décisions utiles. Si la résolution n'atteint pas le tiers des voix, aucun second vote n'est possible ce jour-là. La question devra être réinscrite à une prochaine assemblée. Depuis la loi ELAN de 2018, ce second vote se tient **lors de la même séance**, sans attendre une nouvelle convocation.

Passerelle article 25-1 en 3 questions

Quand s'active-t-elle ?La résolution échoue à l'article 25 mais recueille ≥ 1/3 des voix de tous les copropriétaires.
Que se passe-t-il alors ?Second vote immédiat, lors de la même séance, à la majorité simple de l'article 24.
Et si le tiers n'est pas atteint ?Aucun second vote possible ce jour-là : la question est réinscrite à une prochaine assemblée.
Exemple sur 1 000 tantièmes380 voix pour : échec de l'art. 25 (501 requises) mais > 333 (le tiers) → revote en art. 24, adopté.
Base légaleArticle 25-1, loi du 10 juillet 1965 (Legifrance) ; séance unique depuis la loi ELAN 2018.
## Article 25 et travaux : quels chantiers sont concernés Les travaux relevant de l'article 25 copropriété sont ceux qui affectent les parties communes ou modifient l'aspect de l'immeuble. La frontière avec les travaux d'entretien courant (article 24) peut parfois prêter à confusion. **Travaux soumis à l'article 25** - **Ravalement de façade** avec modification de l'aspect extérieur. - **Remplacement de la chaudière collective** ou installation d'un nouveau système de chauffage. - **Travaux d'isolation thermique** des parties communes (toiture, murs extérieurs). - **Installation de bornes de recharge** pour véhicules électriques dans les parkings communs. - **Travaux d'accessibilité** pour personnes handicapées ou à mobilité réduite dans les parties communes (article 25-2 de la loi, Legifrance). - **Création ou transformation** d'équipements collectifs. Ces travaux peuvent bénéficier de **MaPrimeRénov' Copropriété**, une aide de l'État couvrant **de 30 % à 45 %** du montant des travaux selon l'ambition de la rénovation énergétique, plafonnée à **25 000 € par lot**, selon economie.gouv.fr. L'aide cible les parties communes et les équipements communs, mais aussi les parties privatives quand elles produisent un effet mesurable sur la performance énergétique de l'immeuble. Le vote en assemblée à la majorité de l'article 25 est une condition préalable pour déposer un dossier collectif. Sans ce vote, aucune demande d'aide ne peut être constituée. ### PPT et DPE collectif : le calendrier 2026 (loi Climat et Résilience) Depuis la **loi Climat et Résilience du 22 août 2021**, deux obligations transforment la façon dont les copropriétés programment leurs travaux, et nourrissent directement l'ordre du jour des assemblées relevant de l'article 25. - **Le projet de plan pluriannuel de travaux (PPT)** est obligatoire pour les immeubles à usage partiel ou total d'habitation de **plus de 15 ans**. Le calendrier d'entrée en vigueur s'est échelonné selon la taille : copropriétés de plus de 200 lots depuis le **1er janvier 2023**, de 51 à 200 lots depuis le **1er janvier 2024**, et de **50 lots ou moins depuis le 1er janvier 2025**. Toutes les copropriétés concernées sont donc désormais soumises à l'obligation. Le PPT, établi sur 10 ans après un diagnostic technique, est présenté à l'assemblée ; les travaux qu'il liste sont ensuite votés selon leur nature (article 24 pour les travaux obligatoires, article 25 pour l'amélioration et la rénovation énergétique). - **Le DPE collectif** est obligatoire pour les copropriétés d'habitation dont le permis de construire date de plus de 15 ans, avec un échéancier par taille : plus de 200 lots depuis le **1er janvier 2024**, de 50 à 200 lots depuis le **1er janvier 2025**, et **50 lots ou moins depuis le 1er janvier 2026**. Il doit être renouvelé tous les 10 ans et sert de socle au PPT comme aux demandes de MaPrimeRénov' Copropriété. En pratique, un DPE collectif défavorable débouche presque toujours sur un PPT de rénovation énergétique, dont les postes d'amélioration se votent à la majorité de l'article 25, avec passerelle 25-1 possible. ## Comment se déroule le vote article 25 en assemblée générale Le vote à l'article 25 suit les règles générales de l'assemblée générale, avec quelques particularités liées au calcul du résultat. **Déroulé du vote** 1. **Inscription à l'ordre du jour** : la résolution doit figurer explicitement dans la convocation, avec tous les documents nécessaires (devis, plan, note technique). Un oubli à ce stade invalide le vote. 2. **Expression des voix** : chaque copropriétaire vote selon son nombre de tantièmes : en séance, par procuration ou par correspondance (depuis l'ordonnance du 30 octobre 2019). 3. **Décompte** : le président de séance additionne les voix favorables. Le seuil à atteindre est la moitié des tantièmes totaux, plus un. 4. **Résultat** : seuil atteint, la résolution est adoptée. En cas d'échec avec plus d'un tiers des voix, un second vote à l'article 24 peut s'organiser immédiatement (article 25-1). 5. **Procès-verbal** : la décision est consignée dans le PV d'assemblée, qui fait foi. Les absents non représentés grossissent le dénominateur sans apporter de voix favorables. Soigner le taux de participation (procurations bien collectées, vote par correspondance activé) est donc stratégique pour franchir ce seuil. Consulter les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) aide à préparer efficacement ces scrutins. ## Contester un vote article 25 : recours possibles Un copropriétaire qui s'estime lésé par une décision adoptée (ou rejetée) à la majorité de l'article 25 dispose de voies de recours, encadrées par des délais stricts. Le délai de contestation est de **deux mois** à compter de la notification du procès-verbal aux copropriétaires opposants ou défaillants. Ce délai est préfix. Passé ce terme, la décision devient définitive, même si elle est entachée d'irrégularités de forme. Le recours s'exerce devant le **tribunal judiciaire** du lieu de situation de l'immeuble. Les motifs peuvent être les suivants : - **Convocation irrégulière** : délai de convocation non respecté ou ordre du jour incomplet. - **Quorum ou décompte erroné** : quorum non atteint ou calcul des tantièmes fautif. - **Mauvaise majorité appliquée** : résolution soumise à un régime de vote inexact. - **Abus de majorité** : décision prise dans l'intérêt de certains copropriétaires au détriment des autres. Le juge peut annuler la résolution ou la modifier. Si des travaux ont déjà commencé, une annulation complique considérablement la situation. Faire appel à un avocat spécialisé en droit de la copropriété avant toute action reste fortement conseillé. La jurisprudence sur l'article 25 est abondante : les tribunaux vérifient systématiquement le respect des règles procédurales de la loi du 10 juillet 1965. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039313590) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000049398359) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039301660) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000050623612) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-copropriete-tout-savoir-sur-laide-la-renovation-des-parties-communes) - [anil.org — copropriété et travaux](https://www.anil.org/) - [service-public.gouv.fr — plan pluriannuel de travaux (PPT)](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35597)

Fiche pratique

Texte de référenceLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 25 (Legifrance)
Seuil de vote article 25Majorité des voix de TOUS les copropriétaires (> 50 % des tantièmes)
Passerelle article 25-1Activée si ≥ 1/3 des voix obtenues : second vote à la majorité simple (art. 24)
Majorité article 24 (simple)Majorité des voix des présents et représentés uniquement
Majorité article 26 (double)Majorité des copropriétaires ET majorité des 2/3 des tantièmes
Délai de contestation2 mois après notification du PV aux opposants/défaillants
MaPrimeRénov' Copropriété30 % à 45 % des coûts de travaux énergétiques (plafond : 25 000 €/lot)
Vote par correspondancePossible depuis l'ordonnance du 30 octobre 2019
Tribunal compétentTribunal judiciaire du lieu de l'immeuble
Information gratuite (ANIL / ADIL)https://www.anil.org/
> Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Charges copropriété : locataire ou propriétaire ? URL: https://copro-guide.fr/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/ Catégorie: charges · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-06-08 Mot-clé ciblé: Comment répartition les charges de copropriété entre locataire et propriétaire ? Qui paie quoi entre locataire et propriétaire ? Découvrez la répartition exacte des charges de copropriété, les charges récupérables et le calcul en 2026. La répartition des charges de copropriété entre locataire et propriétaire suit des règles précises, certaines dépenses sont dites "récupérables" et peuvent être refacturées au locataire, d'autres restent exclusivement à la charge du bailleur. Mal maîtrisée, cette distinction génère des conflits récurrents et des régularisations difficiles en fin d'exercice. Ce guide fait le point sur les règles en vigueur en 2026, avec les textes de référence et des exemples chiffrés. > **En bref** > > - Les charges récupérables sur le locataire sont définies par décret (décret n°87-713 du 26 août 1987) : eau, entretien des parties communes, ascenseur, chauffage collectif, etc. > - Le propriétaire supporte toutes les charges de copropriété non récupérables : gros travaux, honoraires de syndic, constitution du fonds de travaux obligatoire. > - Le bailleur verse des provisions mensuelles au syndicat des copropriétaires, puis rembourse ou déduit la part récupérable auprès du locataire lors de la régularisation annuelle. > - Le loyer mensuel charges comprises ne devrait pas dépasser 35 % des revenus du locataire, selon les bonnes pratiques de location (e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). > - En cas de litige sur la répartition, le locataire peut demander le décompte détaillé des charges dans un délai d'un mois avant et après régularisation. ## Types de charges : récupérables vs non récupérables ### Charges récupérables : ce que le locataire doit payer Seules les charges dites récupérables peuvent être refacturées par le propriétaire à son locataire. Elles figurent dans une liste exhaustive établie par le décret n°87-713 du 26 août 1987, consultable sur Légifrance. Aucune dépense absente de cette liste ne peut être imposée au locataire, même si le règlement de copropriété prévoit autre chose. Ces charges couvrent concrètement quatre catégories. - **Eau froide et chaude** : consommation des parties communes et du logement (eau froide, eau chaude, chauffage collectif). - **Entretien des parties communes** : nettoyage des couloirs, halls, cages d'escalier, espaces verts, aires de jeux. - **Ascenseur** : électricité, entretien courant, menues réparations, à l'exclusion du remplacement de la cabine. - **Personnel d'immeuble** : une fraction du salaire du gardien ou concierge, variable selon ses missions. Selon service-public.fr, **75 %** du salaire est récupérable si le gardien assure à la fois l'entretien et la surveillance, **40 %** s'il ne remplit qu'une seule de ces deux fonctions. Le locataire règle ces charges soit en **provisions mensuelles** (le régime le plus courant en copropriété), soit de façon forfaitaire si le bail le prévoit expressément. Dans un immeuble collectif, le décompte doit obligatoirement préciser le mode de répartition entre locataires, comme le rappelle economie.gouv.fr (août 2025). Pour approfondir les règles de base, consultez notre guide sur la [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ### Charges non récupérables : ce que le propriétaire conserve Tout ce qui échappe au décret de 1987 reste à la charge exclusive du propriétaire bailleur. C'est souvent la part la plus lourde de la facture globale du syndicat. À lire aussi, [régularisation charges locataire 2026, délais et procédure](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/). Voici les principales charges non récupérables. - **Honoraires de syndic** : frais de gestion courante, organisation des assemblées générales, honoraires spéciaux pour le suivi de travaux. - **Fonds de travaux (loi Alur)** : cotisation obligatoire d'au moins **5 %** du budget prévisionnel annuel, intégralement supportée par le copropriétaire. - **Gros travaux sur parties communes** : ravalement de façade, réfection de toiture, remplacement de la chaudière collective, mise aux normes de l'ascenseur. - **Frais d'administration** : assurance de l'immeuble, frais bancaires du syndicat, honoraires d'avocat en cas de litige collectif. - **Charges liées aux parties communes à usage exclusif** : jardin privatif d'un lot, terrasse attribuée à un seul copropriétaire, sauf disposition contraire du règlement (cf. boursorama.com, 2026). Un propriétaire qui tenterait de répercuter ces postes sur son locataire s'exposerait à une action en répétition de l'indu. Le locataire peut refuser le paiement et, si nécessaire, saisir la commission départementale de conciliation. Consultez notre guide sur les [charges de copropriété du propriétaire](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/) pour un panorama complet. ## Calcul et régularisation des charges ### Comment calculer la part des charges récupérables pour un locataire Le calcul s'appuie sur la quote-part du lot dans les charges de copropriété, croisée avec le décompte établi par le syndic. Le propriétaire ne peut répercuter que les dépenses effectivement engagées et relevant du décret de 1987, appliquer un pourcentage forfaitaire de son propre chef n'est pas permis. **Étape 1, récupérer le décompte du syndic.** Après l'assemblée générale annuelle, le syndic transmet au copropriétaire le relevé général des charges, ventilé par nature de dépenses. **Étape 2, identifier les postes récupérables.** Le propriétaire isole les lignes correspondant aux charges listées dans le décret (eau, ascenseur, parties communes, personnel, etc.). **Étape 3, appliquer le prorata si l'immeuble compte plusieurs locataires.** Chaque locataire paie en proportion de la surface de son logement ou selon la clé prévue par le règlement. **Étape 4, comparer avec les provisions versées.** Si le locataire a réglé **80 €/mois** de provisions et que le décompte annuel révèle **1 050 €** de charges récupérables réelles, il doit un **complément de 90 €**. Dans le cas inverse, le bailleur lui rembourse le trop-perçu. Le bailleur dispose d'**un mois** avant et après la communication du décompte pour fournir les justificatifs au locataire qui les réclame (economie.gouv.fr, 2025). ### La régularisation annuelle des charges : mode d'emploi La régularisation ajuste les provisions versées par le locataire aux dépenses réelles de l'année. Elle intervient une fois par an, après approbation des comptes en assemblée générale des copropriétaires. Le propriétaire doit transmettre au locataire un **décompte détaillé** des charges récupérables au moins un mois avant la date de régularisation prévue au bail. Ce décompte précise, pour chaque poste. - La nature de la dépense (eau froide, entretien ascenseur, nettoyage parties communes, etc.). - Le montant total engagé par le syndicat. - La clé de répartition appliquée entre locataires si l'immeuble en compte plusieurs. - La part imputable au locataire concerné. Si le bailleur omet cette formalité, le locataire peut contester la régularisation. En pratique, les provisions mensuelles sont souvent calées sur le budget prévisionnel du syndicat, ce qui génère régulièrement des écarts à corriger. Selon boursorama.com (janvier 2026), un propriétaire peut répercuter une hausse des charges locatives dès lors qu'elle correspond à des dépenses récupérables réelles et justifiées. Pour mieux maîtriser le calcul en amont, notre article sur la [clé de répartition des charges de copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) détaille le fonctionnement des tantièmes. ## Cas pratique : un appartement en copropriété chauffage collectif Prenons l'exemple d'un appartement de **55 m²** dans un immeuble parisien de 20 lots, équipé d'un chauffage collectif au gaz. Le budget annuel du syndicat se décompose ainsi. | Poste de dépense | Montant annuel | Récupérable ? | |---|---|---| | Eau froide parties communes | 1 200 € | Oui | | Chauffage collectif | 18 000 € | Oui | | Entretien ascenseur | 2 400 € | Oui (hors remplacement) | | Nettoyage parties communes | 3 600 € | Oui | | Salaire gardien (75 %) | 9 000 € | Oui | | Honoraires syndic | 4 800 € | Non | | Fonds de travaux | 1 500 € | Non | | Assurance immeuble | 2 200 € | Non | Le total récupérable atteint **34 200 €** pour l'ensemble de l'immeuble. Si le lot du locataire représente **5,2 %** des tantièmes de charges courantes, sa part annuelle ressort à **34 200 × 5,2 % = 1 778 €**, soit environ **148 €/mois** de provisions. Honoraires de syndic, fonds de travaux et assurance restent intégralement à la charge du propriétaire. Cet exemple illustre le poids du chauffage collectif dans la facture locative, il représente ici plus de **52 %** des charges récupérables. ## Tableau de répartition des charges : propriétaire ou locataire ? Pour synthétiser rapidement qui paie quoi, voici les principales dépenses classées par responsable. **À la charge du locataire (charges récupérables)** - **Eau froide et chaude** : consommation individuelle et parties communes. - **Chauffage collectif** : combustible, entretien courant de la chaudière. - **Ascenseur** : électricité, visites de contrôle, menues réparations. - **Parties communes** : produits d'entretien, éclairage des couloirs et espaces communs. - **Personnel** : fraction du salaire du gardien ou concierge selon ses missions. - **Espaces verts** : taille, arrosage, entretien courant. **À la charge du propriétaire (non récupérables)** - **Honoraires et frais de syndic** : gestion, convocations AG, suivi travaux. - **Fonds de travaux** : cotisation annuelle obligatoire (min. 5 % du budget). - **Gros travaux** : ravalement, toiture, remplacement d'équipements collectifs. - **Assurance de l'immeuble** : responsabilité civile du syndicat, dommages aux biens communs. - **Frais de contentieux** : recouvrement de charges impayées d'autres copropriétaires. Ce tableau constitue un repère pratique à conserver dans le dossier locatif. Les règles détaillées sont dans notre article sur les [charges de copropriété et leurs règles de répartition](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). ## Déduction fiscale des charges pour le propriétaire bailleur Le propriétaire qui loue sous le **régime réel d'imposition** peut déduire de ses revenus fonciers les charges de copropriété qu'il supporte effectivement. Cette déduction s'applique à l'année du paiement des provisions au syndic. Selon impots.gouv.fr, les **provisions pour charges** versées dans l'année sont déductibles des revenus fonciers. À l'occasion de la régularisation annuelle, deux ajustements s'imposent. - **Déduire** le supplément de charges payé si la régularisation est défavorable (appel de fonds complémentaire). - **Réintégrer** le trop-versé récupéré auprès du locataire, qui constitue une recette imposable. Les charges récupérées auprès du locataire ne sont pas déductibles, elles sont compensées par les loyers déclarés. Seule la part définitivement supportée par le bailleur ouvre droit à déduction. Sous le régime **micro-foncier** (revenus locatifs bruts inférieurs à **15 000 €/an**), pas de déduction des charges réelles, un abattement forfaitaire de **30 %** s'applique automatiquement. Dans ce cas, la distinction charges récupérables/non récupérables n'a pas d'incidence fiscale directe. ## Cas particuliers : forfait de charges, rénovation énergétique, frais d'agence Certaines situations dérogent aux règles générales de provision et de régularisation. Mieux vaut les connaître pour sécuriser le bail. **Forfait de charges** l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989 autorise un montant forfaitaire mensuel couvrant l'ensemble des charges locatives. Avantage, aucune régularisation. Inconvénient, si les charges réelles explosent (hausse du gaz, par exemple), le bailleur ne peut pas réclamer de rattrapage avant la révision annuelle, indexée sur l'indice de référence des loyers ([Boursorama, janvier 2026](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/votre-proprietaire-a-augmente-les-charges-locatives-voici-dans-quels-cas-vous-pouvez-refuser-cette-hausse-487e0698e635deaedbcc62341bdcdc02)). **Travaux d'économies d'énergie** depuis la loi de transition énergétique, le **locataire contribue** au partage des économies réalisées grâce aux travaux d'efficacité énergétique. Cette contribution est plafonnée et calculée sur la durée de vie de l'équipement installé (isolation, chaudière performante…). L'objectif, inciter les propriétaires à rénover sans alourdir indûment la facture du locataire ([Legifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074096/LEGISCTA000021330005/)). **Frais d'agence et de rédaction de bail** la rédaction du contrat et l'état des lieux sont partagés **par moitié** entre locataire et propriétaire ([service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F375)). En revanche, les honoraires de gestion locative (suivi des loyers, relances) restent à la charge exclusive du propriétaire. **Panne d'interphone, qui paie ?** L'entretien courant relève de la **menue réparation**, donc du locataire. Mais le remplacement complet de l'installation (hors vétusté anormale) revient au propriétaire ([Boursorama, janvier 2026](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/panne-d-interphone-locataire-ou-proprietaire-qui-paie-3648fc4c0e3145861f5b04d040f7f09d)). Pour aller plus loin, voir notre liste des [charges que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/) en 2026.

Fiche pratique

Texte de référence charges récupérablesDécret n°87-713 du 26 août 1987 (Légifrance)
Part récupérable salaire gardien (entretien + surveillance)75 %
Part récupérable salaire gardien (une seule mission)40 %
Fonds de travaux obligatoire (Loi Alur)Min. 5 % du budget prévisionnel annuel
Délai remise justificatifs au locataire1 mois avant et après régularisation
Abattement micro-foncier (revenus < 15 000 €/an)30 % forfaitaire (impots.gouv.fr)
Seuil loyer charges comprises recommandé≤ 35 % des revenus (e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026)
En cas de litige amiableCommission départementale de conciliation (CDC) : gratuit
Source officielle charges récupérableseconomie.gouv.fr (août 2025)
## Données clés 2026 Quelques chiffres officiels pour cadrer la répartition des charges de copropriété entre locataire et propriétaire en 2026 : - **9,7 millions de logements** en copropriété en France (source : ANAH, 2024), dont environ 4 millions occupés par des locataires. - **+6,8 %** : hausse moyenne des charges de chauffage collectif en copropriété sur l'exercice 2023-2024, selon l'Observatoire des Charges de l'UNIS (Union des Syndicats de l'Immobilier), sous l'effet de la crise énergétique. - **75 €/m²/an** : montant moyen des charges totales (récupérables + non récupérables) dans les copropriétés françaises selon l'UNIS (2024), avec de fortes disparités selon l'ancienneté de l'immeuble et la présence d'un chauffage collectif. - **30 %** des litiges locatifs traités par les ADIL (Agences Départementales d'Information sur le Logement) portent sur la régularisation des charges (ANIL, rapport d'activité 2024). - **Indice de référence des loyers (IRL)** : +2,47 % au 1er trimestre 2026 (INSEE), qui sert de référence pour la révision annuelle des provisions pour charges dans les baux à loyer variable. - **Décret n°87-713 du 26 août 1987** : texte de référence inchangé depuis 37 ans, qui liste exhaustivement les charges récupérables. Aucune modification n'est intervenue depuis la loi ALUR de 2014 pour ce périmètre. Sources : [ANAH](https://www.anah.gouv.fr/), [ANIL](https://www.anil.org/), [INSEE - IRL](https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/001515333), [UNIS](https://www.unis-immo.fr/), [Légifrance - décret 87-713](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/). ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2122) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/votre-proprietaire-a-augmente-les-charges-locatives-voici-dans-quels-cas-vous-pouvez-refuser-cette-hausse-487e0698e635deaedbcc62341bdcdc02) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/panne-d-interphone-locataire-ou-proprietaire-qui-paie-3648fc4c0e3145861f5b04d040f7f09d) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F375) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074096/LEGISCTA000021330005/) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/signer-le-contrat-de-location) *Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.* --- # Comment calculer sa quote-part de charges en copropriété ? URL: https://copro-guide.fr/charges/calculer-quote-part-charges-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-08 Mot-clé ciblé: Comment calculer la quote-part des charges de copropriété ? Comment calculer la quote-part des charges de copropriété ? Méthode pas à pas, tantièmes et clés de répartition, avec exemples chiffrés concrets en 2026. Calculer la quote-part des charges de copropriété, c'est appliquer une fraction. Exprimée en tantièmes. Au budget voté en assemblée générale. Chaque copropriétaire paie selon la quote-part des parties communes attachée à son lot, telle que le règlement de copropriété la définit. Ce calcul régit à la fois le montant des appels de fonds et le poids de chaque voix lors des votes. Maîtriser sa mécanique permet d'anticiper ses dépenses et de vérifier que les appels de charges sont bien établis. > **En bref** > > - La quote-part des charges de copropriété est exprimée en tantièmes définis dans le règlement de copropriété, en fonction de la superficie, de la situation et de la destination du lot. > - Il existe deux catégories légales de charges : les charges générales (entretien des parties communes) et les charges spéciales (services collectifs), réparties selon des clés différentes. > - Pour obtenir sa quote-part en euros, on multiplie le budget prévisionnel voté par sa fraction de tantièmes (tantièmes du lot / total des tantièmes). > - Un copropriétaire ne peut modifier unilatéralement ses tantièmes : toute révision de la clé de répartition nécessite un vote en assemblée générale à l'unanimité. > - En 2025, la dette de charges impayées en copropriété atteignait 2 milliards d'euros, soit 20 % du total des charges appelées annuellement. ## Qu'est-ce que la quote-part en copropriété : tantièmes et millièmes La quote-part des charges de copropriété désigne la fraction des dépenses communes qu'un copropriétaire doit supporter. Elle s'exprime en **tantièmes** (ou millièmes), définis dans le règlement de copropriété conformément à la loi du 10 juillet 1965. Selon [Service-Public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35451), les tantièmes représentent « la quote-part des parties communes rattachée à un lot selon, entre autres, sa superficie, sa situation et sa destination ». Trois critères qui font toute la différence. Un appartement en rez-de-chaussée n'aura pas les mêmes tantièmes qu'un duplex en attique de superficie identique. Le millième est l'unité la plus répandue. Dans un immeuble dont la base est fixée à **1 000 millièmes**, un lot qui en détient 80 supporte **8 %** des charges générales. Cette valeur est attribuée à la construction ou lors d'une division ultérieure du lot. Pour consulter ses tantièmes, le copropriétaire se reporte au règlement de copropriété. Document obligatoire consigné chez le notaire. L'état descriptif de division annexé précise les millièmes de chaque lot. Appartement, local commercial, parking, cave. C'est ce document qui détermine à la fois la capacité de vote et la quote-part de charges de chacun. Tantièmes et millièmes désignent la même notion. Le total de l'immeuble est toujours égal à la base retenue (1 000, 10 000…), et la somme de toutes les quotes-parts est nécessairement égale à **100 %**. ## Comment calculer sa quote-part en euros étape par étape Une fois le budget prévisionnel connu, le calcul de la quote-part en euros est direct. [Service-Public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20586) le rappelle. « une fois le budget prévisionnel voté, son montant est réparti entre tous les copropriétaires en fonction de leur quote-part des parties communes ». Retrouvez tous les détails dans [charges copropriété 2026 : prix au m², calcul et leviers](/charges/prix-charges-copropriete-m2-guide/). Pour approfondir, voir [tantièmes copropriété : barème, calcul et plafond 2026](/charges/tantiemes-copropriete-calcul-bareme/). **Formule :** > Quote-part (€) = Budget prévisionnel (€) × (Tantièmes du lot / Total des tantièmes de l'immeuble) **Exemple concret :** Un immeuble vote un budget prévisionnel annuel de **48 000 €** pour ses charges générales. Base. 1 000 millièmes. Un copropriétaire détient un lot de **75 millièmes**. - Quote-part = 48 000 × (75 / 1 000) = **3 600 € par an**, soit **900 € par trimestre**. Ce montant correspond aux appels de fonds trimestriels. Les charges spéciales. Ascenseur, chauffage collectif. Font l'objet d'un calcul distinct, sur la base d'une clé de répartition propre. Pour vérifier un appel de fonds reçu du syndic. 1. **Récupérer** le procès-verbal d'assemblée générale mentionnant le budget voté. 2. **Identifier** ses tantièmes dans le règlement de copropriété. 3. **Appliquer** la formule ci-dessus. 4. **Comparer** avec le montant inscrit sur l'appel de fonds. Un [exemple de calcul des charges de copropriété](/charges/exemple-calcul-charges-copropriete/) illustre cette méthode avec plusieurs lots de tailles différentes. Utile pour visualiser la répartition globale au sein d'un immeuble. ## Charges générales et charges spéciales : deux clés de répartition distinctes La loi du 10 juillet 1965 distingue deux catégories de charges auxquelles s'appliquent des clés de répartition différentes. Les confondre génère des erreurs dans le calcul de la quote-part. **Charges générales** (article 10 de la loi de 1965). - Conservation, entretien et administration des parties communes. - Réparties selon les tantièmes généraux. Tous les copropriétaires y contribuent, qu'ils bénéficient ou non de chaque service. **Charges spéciales** (article 10 alinéa 2). - Services collectifs ou équipements communs : ascenseur, chauffage collectif, eau chaude collective, interphone. - Réparties selon l'utilité que chaque lot en retire, indépendamment de l'usage effectif. Un copropriétaire du rez-de-chaussée ne paie pas : ou peu : les charges d'ascenseur si le règlement l'en exonère. Plusieurs clés de répartition peuvent coexister dans un même immeuble. Une pour les charges générales, une pour l'ascenseur, une pour le chauffage. La [clé de répartition des charges de copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) varie selon la typologie du lot (appartement, local commercial, parking) et selon l'étage. Cas concret. Un local commercial en rez-de-chaussée bénéficie des parties communes à égalité avec les logements situés aux étages, mais dispose de tantièmes distincts pour l'ascenseur, dont il ne tire aucun bénéfice direct. ## Cas particuliers : gardien, chauffage collectif et lots atypiques Certaines charges obéissent à des règles spécifiques qui modifient la quote-part de chaque copropriétaire. Mieux vaut les connaître avant de recevoir un appel de fonds inattendu. **Salaires du gardien ou de l'employé d'immeuble :** Selon [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) (mise à jour août 2025), **75 % du salaire** du gardien sont récupérables par le bailleur sur le locataire, à condition que le gardien assure le nettoyage des parties communes et sorte les poubelles. Cette règle concerne le calcul des charges locatives, dérivé de la quote-part totale supportée par le copropriétaire-bailleur. **Chauffage collectif :** Les charges de chauffage collectif suivent une clé propre, souvent liée aux volumes chauffés ou au nombre de radiateurs. L'installation de répartiteurs de frais de chauffage permet d'affiner la répartition lot par lot. **Lots atypiques (locaux commerciaux, parkings, caves) :** Leur destination influe sur leurs tantièmes généraux et spéciaux. Un local commercial en rez-de-chaussée peut afficher une quote-part de charges générales élevée du fait de sa superficie, tout en étant exonéré des charges d'ascenseur. **Copropriété avec plusieurs bâtiments :** Des tantièmes généraux (ensemble de l'immeuble) et des tantièmes particuliers (propres à chaque bâtiment) coexistent. La [répartition des charges en copropriété à plusieurs bâtiments](/charges/repartition-charges-copropriete-plusieurs-batiments/) suit une logique à deux niveaux. Chaque copropriétaire règle les charges de son bâtiment via ses tantièmes particuliers, et les charges communes à l'ensemble via les tantièmes généraux. ## Quote-part appelée vs quote-part réelle : quelle différence ? **La quote-part appelée correspond aux provisions versées d'avance sur le budget prévisionnel, tandis que la quote-part réelle est arrêtée après la clôture des comptes, sur la base des dépenses effectives.** L'écart entre les deux donne lieu à une régularisation. Remboursement d'un trop-perçu ou appel d'un complément. La **quote-part appelée** correspond aux provisions versées au syndic en cours d'exercice, calculées sur la base du budget prévisionnel voté. La **quote-part réelle**, elle, n'est connue qu'après arrêté des comptes, une fois les dépenses effectives constatées. L'écart entre les deux produit un solde annuel. - **Excédent** : le syndic rembourse ou impute le trop-perçu sur l'exercice suivant. - **Déficit** : un complément est appelé auprès de chaque copropriétaire au prorata de ses tantièmes. Cet écart apparaît sur le décompte individuel remis lors de l'approbation des comptes en assemblée générale. Le syndic doit présenter les comptes de façon à ce que chaque copropriétaire puisse vérifier sa quote-part réelle. En 2025, la dette de charges impayées en copropriété atteignait **2 milliards d'euros**, soit **20 % du total des charges appelées annuellement** (Boursorama, juin 2025). Ces impayés pèsent sur la trésorerie des syndicats et peuvent contraindre les copropriétaires solvables à avancer des fonds. Les [charges de copropriété impayées](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603) relèvent de procédures de recouvrement encadrées par la loi. Pour un bailleur, la quote-part réelle sert aussi de base au calcul des charges déductibles des revenus fonciers. [Impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers) le précise. Seules les dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d'administration des parties communes sont déductibles. ## Modification de la quote-part et recours possibles Un copropriétaire qui estime que ses tantièmes sont erronés peut en demander la révision. Mais la modification d'une clé de répartition est strictement encadrée. **Conditions pour modifier les tantièmes :** - La révision doit être votée à **l'unanimité** en assemblée générale : sauf cas particuliers prévus par la loi : division d'un lot, surélévation, adjonction de parties communes. - Elle implique la modification du règlement de copropriété et de l'état descriptif de division, acte notarié obligatoire. Le coût de cette procédure est en général supporté par le demandeur. **Motifs de contestation recevables :** - Erreur manifeste lors de l'établissement des tantièmes (superficie incorrecte, destination mal prise en compte). - Changement affectant la consistance ou la destination du lot depuis la rédaction du règlement. **Délai de recours :** Toute contestation relative à la répartition des charges doit être formulée dans les **5 ans** suivant la notification des appels de fonds. Passé ce délai, la prescription joue. En cas de désaccord sur sa quote-part dans les résolutions d'assemblée générale, le copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire. Consulter un avocat spécialisé en droit de la copropriété reste la voie la plus prudente avant toute action. Le guide sur la [répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) détaille les textes légaux en vigueur.

Fiche pratique

Formule de calculQuote-part (€) = Budget voté × (Tantièmes du lot / Total tantièmes)
Base de tantièmes habituelle1 000 millièmes (ou 10 000 selon l'immeuble)
Critères d'attribution des tantièmesSuperficie, situation, destination du lot (loi du 10 juillet 1965)
Charges généralesEntretien et administration des parties communes – clé générale
Charges spécialesAscenseur, chauffage collectif – clé basée sur l'utilité par lot
Salaire du gardien récupérable75 % si nettoyage + sortie des poubelles (economie.gouv.fr, août 2025)
Dette de charges impayées (2025)2 milliards d'euros, soit 20 % des charges appelées annuellement (Boursorama, juin 2025)
Délai de contestation des tantièmes5 ans à compter de la notification
Modification des tantièmesVote à l'unanimité en assemblée générale + acte notarié
Source officielleservice-public.fr/particuliers/vosdroits/F35451
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35451) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20586) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/prix-immobilier/actualites/charges-de-copropriete-peut-on-vous-forcer-a-payer-pour-les-autres-2d5022fcfddaa4ab4dc46ab56ad72409) *Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.* --- # Charges de copropriété : qui paie quoi en 2026 ? URL: https://copro-guide.fr/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-07 Mot-clé ciblé: Charge copropriété propriétaire Charges de copropriété : qui paie quoi en 2026 ? Charges générales, spéciales et récupérables sur le locataire, le guide complet du propriétaire. La charge copropriété propriétaire regroupe toutes les dépenses que chaque copropriétaire doit assumer pour faire tourner ainsi que entretenir l'immeuble. Obligatoires, encadrées par la loi du 10 juillet 1965, elles se répartissent selon les tantièmes inscrits dans le règlement de copropriété. En 2026, la facture continue de grimper, **+6,2 %** en un an selon l'Association des responsables de copropriété (source, Boursorama, janvier 2026). Savoir ce que comprennent ces charges, comment elles se calculent ainsi que ce qui revient au locataire plutôt qu'au propriétaire, c'est la base pour piloter son bien sans mauvaise surprise. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le propriétaire est le seul débiteur des charges de copropriété envers le syndicat ; il peut récupérer les charges locatives auprès de son locataire selon la liste fixée par le décret n° 87-713. > - Les charges de copropriété ont augmenté de 6,2 % en un an en moyenne nationale (Association des responsables de copropriété, janvier 2026), pesant davantage sur les budgets des propriétaires. > - La cotisation annuelle au fonds de travaux doit représenter au minimum 5 % du budget prévisionnel de la copropriété selon la réglementation française. > - Le déficit foncier généré par des charges supérieures aux loyers est déductible jusqu'à 10 700 € du revenu global, voire 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique. > - MaPrimeRénov' Copropriété permet d'obtenir jusqu'à 1 000 € HT par logement pour financer des travaux d'économies d'énergie sur les parties communes (source : economie.gouv.fr). ## Catégories de charges de copropriété ### Charges communes générales Deux grandes catégories structurent les charges de copropriété, définies à l'article 10 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (Legifrance). Les charges communes générales financent la conservation, l'entretien et l'administration de l'immeuble dans son ensemble. - **Entretien des parties communes** : nettoyage des halls, couloirs, cour - **Assurance de l'immeuble** : incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile - **Honoraires du syndic** : gestion administrative et comptable - **Éclairage et espaces verts** : consommation électrique des parties communes, jardinage Chaque copropriétaire contribue à proportion de la valeur relative de son lot, exprimée en tantièmes. ### Charges spéciales Les charges spéciales concernent les services collectifs dont tous les copropriétaires ne profitent pas de la même façon. L'ascenseur en est l'exemple classique, il pèse plus lourd pour les étages élevés que pour le rez-de-chaussée. Ce principe d'"utilité objective" par lot est posé par la loi de 1965. Le [règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/) fixe les clés de répartition pour chaque catégorie. Tout copropriétaire peut le consulter à tout moment auprès du syndic. ## Tableau de répartition des charges : comment fonctionne le calcul ? Le tableau de répartition des charges traduit en euros la quote-part de chaque lot. Il repose sur la [clé de répartition des charges copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/) inscrite dans le règlement de copropriété. **Sur le même sujet** - [calcul charges locatives 2026 : méthode, barème et montants](/charges/comment-calculer-charges-locatives/) - [régularisation charges locataire 2026 : délais et procédure](/charges/regularisation-charges-locataire-2026/) - [charges : 5 dépenses que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/) - [part des charges récupérables sur le locataire 2026](/charges/part-locataire-charges-copropriete/) **Comment le calcul fonctionne** 1. Le syndic établit un budget prévisionnel annuel, soumis au vote en assemblée générale. 2. Ce budget est découpé en trimestres : chaque propriétaire verse une **provision trimestrielle** (appel de fonds). 3. En fin d'exercice, le syndic présente les comptes réels. L'écart entre provisions versées et dépenses effectives génère soit un solde débiteur (à régler), soit un avoir. **Exemple concret** Un immeuble de 10 lots vote un budget prévisionnel de **40 000 €** par an. Un propriétaire qui détient **120/1 000e** de tantièmes règlera **4 800 €** annuels, soit **1 200 €** par trimestre. Pour aller plus loin, consultez notre article [exemple de calcul des charges de copropriété](/charges/exemple-calcul-charges-copropriete/). | Poste | Part du budget (estimation) | |---|---| | Entretien parties communes | 25-35 % | | Assurance immeuble | 10-15 % | | Honoraires syndic | 15-20 % | | Maintenance ascenseur | 10-15 % | | Chauffage collectif | 15-25 % | Ces proportions bougent selon la taille de la copropriété et ses équipements. Chauffage collectif oblige, ce poste peut vite devenir le premier du budget. ## Répartition et coûts des charges ### Charges de copropriété : locataire ou propriétaire, qui paye quoi ? Le **propriétaire** est l'interlocuteur unique du syndicat de copropriété. C'est lui qui paye. Mais une partie des charges peut être refacturée au locataire, ce sont les **charges récupérables** (ou charges locatives), dont la liste est fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Elle comprend notamment. - **L'entretien des parties communes** : eau, produits d'entretien, électricité des couloirs - **La maintenance de l'ascenseur** : contrat d'entretien courant (les grosses réparations restent au propriétaire) - **Les dépenses de chauffage collectif** : combustible et eau chaude sanitaire - **Les menues réparations** : ampoules, joints en parties communes À l'inverse, certaines charges restent exclusivement à la charge du propriétaire-bailleur, honoraires du syndic, assurance de l'immeuble, frais administratifs, gros travaux sur parties communes. Selon economie.gouv.fr (mis à jour août 2025), le propriétaire peut récupérer une partie significative des charges, mais doit justifier chaque poste si le locataire en fait la demande. La régularisation annuelle est obligatoire pour les baux soumis à la loi du 6 juillet 1989. ### Coût moyen annuel des charges de copropriété au m² Avant d'acheter ou de louer, estimer le niveau des charges change tout. Les données 2026 dessinent un tableau contrasté selon le type d'immeuble. Selon l'Association des responsables de copropriété, citée par Boursorama (janvier 2026), les charges ont progressé de **6,2 %** en un an en moyenne nationale. L'inflation sur les contrats d'entretien, le coût de l'énergie ainsi que les honoraires de prestataires expliquent l'essentiel de cette hausse. Quelques repères pour un appartement. - **Petit appartement (moins de 30 m²)** : entre **80 € et 100 € par mois** en charges totales (source : Crédit Agricole, décembre 2025) - **Immeuble sans ascenseur ni gardien** : charges souvent inférieures à **1,5 €/m²/mois** - **Immeuble avec ascenseur, gardien, chauffage collectif** : entre **2,5 € et 4 €/m²/mois** La taxe foncière, distincte des charges de copropriété, représentait en 2025 environ **20,18 % du loyer annuel**, soit près de 2,4 mois de loyer (source, e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). Elle reste à la charge exclusive du propriétaire, même en cas de location. Avant de signer, demandez les trois derniers appels de fonds et le dernier procès-verbal d'assemblée générale. Ces deux documents révèlent la tendance réelle des charges mieux que n'importe quelle estimation. ## Charges de copropriété et investissement locatif : fiscalité et déductions Les charges de copropriété pèsent directement sur la rentabilité d'un investissement locatif. Leur traitement fiscal dépend du régime d'imposition retenu. **Au régime réel (revenus fonciers)** les provisions pour charges versées dans l'année sont déductibles des revenus fonciers (source, impots.gouv.fr). Seules les charges effectivement supportées et justifiées sont admises. La régularisation annuelle (solde positif ou négatif) est réintégrée ou déduite l'année suivante. **Le déficit foncier** quand les charges dépassent les revenus locatifs, le déficit est imputable sur le revenu global jusqu'à **10 700 €** par an. La fraction au-delà est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Ce plafond monte à **21 400 €** pour les travaux de rénovation énergétique (source, e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). **Au régime micro-foncier** abattement forfaitaire de **30 %** sur les loyers bruts, sans déduction réelle possible. Ce régime n'est avantageux que si les charges réelles restent sous la barre des 30 % des loyers. Pour optimiser votre situation, un expert-comptable ou un conseiller fiscal reste la meilleure boussole (les règles évoluent à chaque loi de finances). Le [mode de paiement des charges de copropriété](/charges/mode-paiement-charges-copropriete/) et le calendrier des appels de fonds influencent aussi l'année de déduction. ## Charges impayées en copropriété : risques et recours pour les propriétaires Chaque propriétaire répond de ses propres charges. La loi n'organise aucune solidarité financière entre copropriétaires, si votre voisin ne paye pas, vous ne pouvez pas être contraint de régler à sa place (source, Boursorama, juin 2025). Mais les impayés fragilisent toute la copropriété. Quand le taux d'impayés franchit **15 %** du budget prévisionnel, le tribunal peut substituer un administrateur judiciaire au syndic (source, Boursorama, janvier 2026). Une procédure coûteuse, qui perturbe durablement la gestion de l'immeuble. **Recours disponibles pour le syndicat** - **Mise en demeure** : courrier recommandé au copropriétaire défaillant, première étape incontournable - **Injonction de payer** : procédure rapide devant le tribunal judiciaire, sans audience contradictoire - **Hypothèque légale** : inscrite automatiquement sur le lot du débiteur - **Saisie immobilière** : ultime recours face à une dette importante non réglée Le délai de prescription pour réclamer des charges impayées est de **5 ans** à compter de leur exigibilité (source, service-public.fr). Passé ce terme, la dette est prescrite. Pour le détail des obligations du [syndic copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) dans le suivi des impayés, consultez notre guide dédié. ## Vente, rénovation et acquisition en copropriété ### Charges lors de la vente d'un lot : qui paye quoi entre vendeur et acheteur ? Vendre un appartement en copropriété soulève des questions précises sur qui paie quoi. Le principe général, fixé par service-public.fr, vendeur et acquéreur se répartissent les charges communes en fonction de la date de vente. **Règles applicables** - **Charges courantes (budget prévisionnel)** : réparties au prorata temporis de la signature de l'acte authentique. Le vendeur règle jusqu'à cette date, l'acquéreur prend le relais le jour même. - **Travaux votés avant la vente** : si l'assemblée générale les a approuvés avant la signature du compromis, ils incombent en principe au vendeur, sauf accord contraire entre les parties. - **Travaux votés après la promesse** : ils reviennent à l'acquéreur si la promesse était déjà signée. L'**état daté** est le document remis à l'acquéreur avant la vente, il récapitule les sommes dues par le vendeur, les travaux votés, les procédures en cours ainsi que la situation financière du lot. Son coût est plafonné à **380 € TTC** par la loi (source, service-public.fr). Document obligatoire, il protège l'acheteur contre les mauvaises surprises post-acquisition. Au-delà du prix, vérifiez toujours l'existence d'un fonds de travaux et les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales. ### MaPrimeRénov' Copropriété : réduire les charges par la rénovation énergétique La rénovation énergétique est l'un des leviers les plus concrets pour alléger durablement les charges de copropriété propriétaire. L'État propose MaPrimeRénov' Copropriété, aide collective versée au syndicat pour financer les travaux sur les parties communes. **Montants de l'aide (source, economie.gouv.fr et service-public.fr)** - **600 € HT par logement** pour les copropriétés de plus de 20 logements, avec un plancher minimum de **3 000 €** - **1 000 € HT par logement** pour les copropriétés de 20 logements ou moins Ces montants sont modulés selon le gain énergétique atteint. Un DPE collectif est généralement requis en amont, son coût varie de **1 000 € à 5 000 €** selon la taille de la copropriété (source, Crédit Agricole, décembre 2025). Sont éligibles, isolation des toitures, des façades ainsi que des planchers bas, remplacement de systèmes de chauffage collectifs énergivores. Le vote en [assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) est obligatoire pour engager les travaux ainsi que solliciter l'aide. Un programme de rénovation bien conduit peut réduire les charges énergétiques collectives de 20 à 40 %, selon les travaux et le niveau de performance initiale de l'immeuble. Argument solide à avancer lors du vote. ### Ce que chaque propriétaire doit vérifier avant d'acheter en copropriété Anticiper le niveau des charges avant de signer, c'est s'éviter des mauvaises surprises plusieurs mois après l'achat. **Documents à demander sans faute** - **Les trois derniers appels de fonds** : ils donnent le montant réel des charges trimestrielles - **Les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales** : travaux votés, litiges en cours, décisions à venir - **Le carnet d'entretien de l'immeuble** : état des équipements, contrats de maintenance actifs - **L'état daté** : bilan financier du lot vendu (charges dues, avances versées, dettes éventuelles) - **Le plan pluriannuel de travaux (PPT)** : obligatoire pour les copropriétés de plus de 200 lots depuis 2023, progressivement étendu. Il projette les travaux nécessaires sur 10 ans. Sur le **fonds de travaux**, la loi impose une cotisation annuelle minimale de **5 % du budget prévisionnel** (source, service-public.fr). Un fonds insuffisant signale une gestion laxiste ou des travaux importants non provisionnés. Vérifiez aussi si la copropriété dispose d'un syndic professionnel ou bénévole, et consultez les [règles de répartition des charges copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) pour connaître votre quote-part exacte avant de finaliser.

Fiche pratique

Hausse des charges en 2026+6,2 % en un an (Association des responsables de copropriété, janv. 2026)
Coût moyen petit appartement (< 30 m²)80 à 100 €/mois
Fonds de travaux obligatoire (min.)5 % du budget prévisionnel annuel
Plafond état daté (vente)380 € TTC
MaPrimeRénov' Copropriété (> 20 logements)600 € HT/logement, plancher 3 000 €
MaPrimeRénov' Copropriété (≤ 20 logements)1 000 € HT/logement
Déficit foncier déductible (plafond standard)10 700 €/an
Déficit foncier (rénovation énergétique)21 400 €/an
Prescription des impayés de charges5 ans à compter de l'exigibilité
Seuil d'impayés déclenchant une procédure judiciaire15 % du budget prévisionnel
Taxe foncière (part du loyer annuel, 2025)~20,18 % soit 2,4 mois de loyer
Texte de référenceLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (Legifrance)
## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068256/) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32920) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37827) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/faire-des-economies-denergie/maprimerenov-copropriete-tout-savoir-sur-laide-la-renovation-des-parties-communes) - [economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelles-charges-pouvez-vous-recuperer) - [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-deduire-les-provisions-pour-charges-de-mes-revenus-fonciers) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/les-charges-de-copropriete-ne-cessent-d-augmenter-voici-quelques-astuces-pour-les-reduire-80937d46f87bd7b45228e1151e7c56e2) - [boursorama.com](https://www.boursorama.com/immobilier/actualites/charges-impayees-en-copropriete-quels-risques-pour-les-coproprietaires-et-l-immeuble-49241d0ef2937cfb148f9f78ffc87e8d) - [e-immobilier.credit-agricole.fr](https://e-immobilier.credit-agricole.fr/conseils/locatif/charge-investissement-locatif) - [j-ecorenove.credit-agricole.fr](https://j-ecorenove.credit-agricole.fr/c/demarrer-projet-renovation/renovation-energetique-en-copropriete-le-guide-complet-2026) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Paiement des charges : le syndic peut-il l'imposer ? URL: https://copro-guide.fr/charges/mode-paiement-charges-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-06 Mot-clé ciblé: Mode de paiement des charges de copropriété Mode de paiement des charges de copropriété : le syndic peut-il imposer un moyen ? Virement, prélèvement, délais et recours, l'essentiel en 2026. Le paiement des charges de copropriété est encadré par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application. Chaque copropriétaire règle ses charges sur la base des appels de fonds émis par le syndic, dans les délais fixés. Virement bancaire, prélèvement automatique, chèque, paiement en ligne. Plusieurs modalités coexistent. Mal connaître ces règles expose aux pénalités de retard et aux contentieux. ## Les appels de fonds : base légale du paiement des charges Tout commence par l'appel de fonds. C'est le syndic qui déclenche l'obligation de payer. Jamais le copropriétaire de sa propre initiative. L'article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose un budget prévisionnel voté chaque année en [assemblée générale](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Ce budget est découpé en quatre provisions égales, appelées trimestriellement. Le **1er janvier**, le **1er avril**, le **1er juillet** et le **1er octobre**. Ces provisions couvrent les dépenses courantes de l'immeuble : - **Entretien courant** : nettoyage, espaces verts, petites réparations - **Contrats de maintenance** : ascenseur, chauffage collectif, portes automatiques - **Honoraires du syndic** : rémunération répartie sur l'année - **Assurance multirisque** de l'immeuble, obligatoire Les travaux votés en assemblée générale, eux, font l'objet d'appels distincts. Leur calendrier est fixé par la résolution d'AG qui a approuvé les travaux. Quant au montant dû par chaque copropriétaire, il résulte de la [clé de répartition inscrite au règlement](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/). ## Délais de paiement et conséquences du retard Le délai légal de paiement est de **10 jours** à compter de la date d'exigibilité indiquée dans l'appel de fonds (décret du 17 mars 1967, article 35). Passé ce terme, le copropriétaire est en retard. Sans qu'une mise en demeure soit nécessaire. Sur le même sujet, notre article [charges de copropriété payées par le locataire : barème 2026](/charges/charges-copropriete-paye-par-le-locataire/) complète cette analyse. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [charges : 5 dépenses que le locataire ne doit pas payer](/charges/charges-locataire-ne-doit-pas-payer/). Dès le premier jour de retard, des intérêts peuvent être réclamés. Leur taux suit le taux légal en vigueur. **3,79 % en 2025** (arrêté du 27 janvier 2025). Le syndicat n'a pas besoin d'aller en justice pour les exiger. Si rien ne se règle, la procédure monte en puissance par étapes : - **Relance amiable** : courrier ou email du syndic rappelant la somme due - **Mise en demeure** : lettre recommandée avec accusé de réception, point de départ formel - **Injonction de payer** : requête au tribunal judiciaire, rapide et peu coûteuse - **Saisie** : exécution forcée sur les biens du copropriétaire défaillant La prescription de l'action en recouvrement est de **5 ans** à compter de la date d'exigibilité (article 2224 du Code civil). Mais le syndicat dispose par ailleurs d'une hypothèque légale sur le lot concerné, ce qui sécurise le recouvrement même si le bien est vendu entre-temps. ## Virement bancaire : le mode de paiement de référence Le virement bancaire reste le mode de paiement le plus sûr pour régler ses charges de copropriété. Il produit une preuve horodatée (relevé bancaire) directement opposable en cas de litige. Attention au RIB utilisé. Il doit être celui du **compte bancaire du syndicat des copropriétaires**, distinct du compte propre du syndic. Cette séparation est une obligation légale depuis la loi ALUR de 2014 pour les syndicats de plus de **15 lots** (article 18 de la loi de 1965, modifié). Les syndicats de moins de 15 lots peuvent en être dispensés par vote de l'assemblée générale. Quelques points à ne pas négliger lors du virement : - **Libellé** : indiquer le numéro de lot, le type d'appel et la période (ex. : « Lot 12 - Charges T3 2026 ») - **Montant** : reprendre exactement la somme figurant sur l'appel, sans arrondi - **Date de valeur** : anticiper d'un jour ouvré pour que les fonds arrivent avant l'échéance - **RIB** : le vérifier à chaque changement de syndic, le compte peut changer Un exemple concret. Un copropriétaire détenant **450 tantièmes** dans un immeuble de 1 000 tantièmes, avec un budget annuel de **24 000 €**, reçoit chaque trimestre un appel de **450 × (24 000 / 1 000) / 4 = 2 700 €**. ## Prélèvement automatique et autres modes de règlement Le prélèvement automatique évite les oublis. Il repose sur un mandat SEPA signé et remis au syndic. Une fois activé, les appels trimestriels partent automatiquement à la date d'exigibilité. Sans aucune action du copropriétaire. Revers de la médaille. Si le syndic se trompe de montant ou crée un doublon, le prélèvement part quand même. Dans ce cas, le copropriétaire a **8 semaines** pour contester auprès de sa banque un prélèvement SEPA autorisé (règlement UE n° 260/2012). Selon les syndics, d'autres modes de paiement sont acceptés : - **Chèque** : toujours légal, mais de moins en moins accepté par les grands syndics professionnels (contraintes de traitement administratif) - **Paiement en ligne** : certains syndics proposent un espace copropriétaire permettant le règlement par carte ou virement initié depuis leur plateforme. titre interbancaire de paiement joint à certains appels de fonds, à retourner signé à la banque Le règlement de copropriété peut mentionner des préférences, mais il ne peut pas imposer un mode unique qui priverait le copropriétaire de tout recours. Pour vérifier les clauses propres à votre immeuble, consultez les [droits et obligations issus du règlement de copropriété](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/). ## Un syndic peut-il imposer un moyen de paiement ? **Non, sauf décision d'assemblée générale ou clause du règlement de copropriété.** Aucun texte ne confère au syndic le pouvoir d'imposer de sa propre initiative un mode de paiement unique. Le copropriétaire conserve la liberté de régler ses charges par les moyens de paiement usuels, le virement bancaire restant toujours recevable. Le règlement de copropriété peut prévoir des modalités de paiement, et l'assemblée générale peut décider d'un mode privilégié (par exemple le prélèvement automatique) à la majorité de l'article 24. Mais ces dispositions ne peuvent pas priver un copropriétaire de tout recours ni le contraindre à supporter des frais bancaires injustifiés (source. Service-public.fr ; loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, Legifrance). En pratique : si le syndic réclame un mode de paiement précis sans base dans le règlement ni vote d'AG, le copropriétaire peut s'en tenir au virement bancaire sur le compte du syndicat des copropriétaires. La preuve horodatée du virement vaut quittance en cas de litige. ## Charges exceptionnelles et travaux : modalités spécifiques Les appels de fonds liés aux travaux votés en AG ne suivent pas le calendrier trimestriel classique. Leur échéancier est fixé librement par la résolution d'AG, souvent calé sur l'avancement du chantier. Depuis la loi ELAN de 2018, le fonds de travaux obligatoire (dit « fonds Alur ») vient s'y ajouter. Pour les immeubles concernés par le plan pluriannuel de travaux (PPT), obligatoire depuis **2023** pour les copropriétés de plus de 200 lots et depuis **2024** pour celles de 51 à 200 lots, les montants peuvent peser lourd. Concrètement, le paiement s'organise souvent ainsi : - **Versement en tranches** : 30 % à la commande, 40 % en cours de chantier, 30 % à la réception - **Délai raccourci** : certaines résolutions prévoient seulement **8 jours** entre l'appel et l'échéance. un copropriétaire peut régler par avance, sans que cela génère d'intérêts créditeurs, sauf accord explicite du syndicat En cas de difficulté financière passagère, un étalement peut être demandé au syndic. Voire à l'assemblée générale si le montant est conséquent. Aucun texte n'oblige le syndicat à l'accorder. Pour comprendre comment les montants sont calculés, les [règles de répartition des charges](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) s'appliquent de la même façon. ## Justificatifs, reçus et traçabilité des paiements Garder ses preuves de paiement n'est pas une précaution superflue. En cas de vente du lot ou de contestation par le syndic, ce sont ces documents qui tranchent. La durée de conservation recommandée est de **10 ans**, en cohérence avec la prescription décennale applicable à certaines créances immobilières. Sur demande, le syndic est tenu de remettre au copropriétaire un état détaillé de sa situation comptable. Sommes appelées, paiements reçus, arriérés éventuels. Aucun délai légal ne s'impose, mais la pratique professionnelle et les chartes de qualité syndic retiennent généralement **15 jours ouvrés**. Documents à conserver : - **Appels de fonds** reçus (courriers ou emails) avec montant et date d'exigibilité - **Relevés bancaires** justifiant chaque débit - **Accusés de réception** si paiement par chèque envoyé par courrier - **Mandats SEPA** en cas de prélèvement automatique - **Décompte annuel de charges** adressé après approbation des comptes en AG Devant le tribunal judiciaire, le relevé de compte bancaire fait foi. Un simple reçu émis par le syndic, sans trace bancaire correspondante, constitue une preuve nettement moins solide. > **Points clés** > > - Les charges courantes sont appelées par le syndic par quarts en début de trimestre, conformément à l'article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965. > - Le délai de paiement est de 10 jours après réception de l'appel de fonds, faute de quoi des intérêts de retard peuvent être appliqués. > - Le virement bancaire est le mode de paiement le plus sécurisé et le plus recommandé pour conserver une preuve de paiement opposable. > - Le règlement de copropriété peut prévoir des modalités spécifiques de paiement, mais ne peut pas interdire le virement bancaire. > - En cas de non-paiement persistant, le syndic peut engager une procédure judiciaire sous 2 ans à compter de la date d'exigibilité de la créance. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508793/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000874248/). [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449092/)

Fiche pratique

Délai légal de paiement10 jours après la date d'exigibilité (décret 17 mars 1967, art. 35)
Fréquence des appels trimestriels4 fois par an : 1er jan., 1er avr., 1er juil., 1er oct. (loi du 10 juillet 1965, art. 14-1)
Taux d'intérêts de retardTaux légal en vigueur (3,79 % en 2025, arrêté du 27/01/2025)
Prescription de l'action en recouvrement5 ans à compter de la date d'exigibilité (art. 2224 Code civil)
Délai de contestation prélèvement SEPA8 semaines pour un prélèvement autorisé (règlement UE n° 260/2012)
Obligation compte séparéSyndicats de plus de 15 lots (loi ALUR 2014, art. 18 loi 1965)
Durée de conservation des justificatifs10 ans recommandés
Contact officielservice-public.fr – Rubrique Logement / Copropriété
*Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.* --- # Exemple concret de calcul des charges de copropriété 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/exemple-calcul-charges-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-06-06 Mot-clé ciblé: Exemple de calcul des charges de copropriété Exemple de calcul des charges de copropriété : méthode pas à pas, tantièmes, charges générales et spéciales. Maîtrisez votre quote-part en 2026. Un exemple de calcul des charges de copropriété concret aide à saisir pourquoi chaque copropriétaire reçoit une facture différente. La règle de départ est simple. Votre quote-part suit vos tantièmes, exprimés sur un total de 1 000 ou 10 000. Ce guide détaille la méthode pas à pas, avec un cas pratique chiffré pour un immeuble de 10 lots. ## Les bases du calcul : tantièmes et budget prévisionnel Deux éléments sont au cœur du calcul des charges de copropriété. Le **budget prévisionnel** voté en assemblée générale et les **tantièmes** attribués à chaque lot dans le règlement de copropriété. Le budget prévisionnel recense toutes les dépenses courantes de l'année. Assurance de l'immeuble, honoraires du syndic, entretien des parties communes, eau, électricité des communs. Il est voté à la majorité simple des copropriétaires présents ou représentés. Les tantièmes traduisent la valeur relative de chaque lot par rapport à l'ensemble de l'immeuble. Fixés dans le règlement de copropriété, ils tiennent compte de la surface, de l'étage, de l'orientation et de la consistance du lot. Un appartement de **80 m²** au 5ᵉ étage aura logiquement plus de tantièmes qu'un studio de **20 m²** en rez-de-chaussée. Pour comprendre la logique de construction de ces tantièmes, consultez l'article sur la [clé de répartition des charges de copropriété](/charges/cle-repartition-charges-copropriete/). - **Tantièmes généraux** : répartissent les charges communes à tous les lots. - **Tantièmes spéciaux** : répartissent les charges liées à un équipement ou service particulier (ascenseur, chauffage collectif, gardien). ## Charges générales et charges spéciales : deux calculs distincts La loi du **10 juillet 1965** distingue deux grandes catégories de charges, chacune calculée séparément. Sur le même sujet, notre article [calcul charges locatives 2026 : méthode, barème et montants](/charges/comment-calculer-charges-locatives/) complète cette analyse. Nous détaillons ce point dans [calcul des tantièmes en copropriété : méthode et exemples](/charges/tantiemes-copropriete-calcul-bareme/). Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [comment calculer sa quote-part de charges en copropriété ?](/charges/calculer-quote-part-charges-copropriete/). **Les charges générales** couvrent la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes. Elles concernent tous les copropriétaires sans exception, rez-de-chaussée ou dernier étage compris. La répartition s'effectue proportionnellement aux tantièmes généraux. **Les charges spéciales** financent des services ou équipements collectifs dont tous les lots ne profitent pas de la même façon. L'ascenseur est l'exemple le plus évident : un copropriétaire du rez-de-chaussée en tire peu ou pas d'utilité. La répartition suit alors des tantièmes spéciaux, définis lot par lot pour chaque service. - **Charges générales (exemples)** : assurance multirisque immeuble, honoraires du syndic, nettoyage des parties communes, éclairage des couloirs. - **Charges spéciales (exemples)** : ascenseur, eau froide collective, chauffage collectif, gardiennage, interphone. Cette distinction a une portée juridique réelle. Un copropriétaire ne peut être contraint de payer des charges spéciales pour un service dont son lot ne bénéficie objectivement pas. ## Étape 1 : identifier le budget prévisionnel de l'immeuble On commence par le **budget prévisionnel annuel** voté en assemblée générale, transmis par le syndic avant chaque assemblée annuelle. Prenons un immeuble fictif de **10 lots** situé à Lyon, avec le budget prévisionnel suivant pour 2026 : | Poste de dépenses | Montant annuel | |---|---| | Assurance multirisque immeuble | 2 400 € | | Honoraires du syndic | 3 600 € | | Nettoyage et entretien parties communes | 1 800 € | | Électricité parties communes | 1 200 € | | Ascenseur (entretien + contrat) | 2 400 € | | Eau froide collective | 1 800 € | | **Total budget prévisionnel** | **13 200 €** | Sur ces **13 200 €**, les **9 000 €** couvrant l'assurance, les honoraires du syndic, le nettoyage et l'électricité constituent des charges générales. Les **4 200 €** restants (ascenseur + eau froide) sont des charges spéciales. Le [mode de paiement des charges de copropriété](/charges/mode-paiement-charges-copropriete/) prévoit des appels trimestriels, soit **3 300 €** par trimestre pour l'ensemble de l'immeuble. ## Étape 2 : relever les tantièmes de chaque lot Une fois le budget ventilé, on récupère le tableau des tantièmes figurant dans le règlement de copropriété ou dans l'état descriptif de division. Ce tableau distingue tantièmes généraux et tantièmes spéciaux par service. Voici le tableau simplifié pour notre immeuble de 10 lots (base **1 000 millièmes**) : | Lot | Type | Tantièmes généraux /1000 | Tantièmes ascenseur /1000 | Tantièmes eau froide /1000 | |---|---|---|---|---| | Lot 1 (rez-de-chaussée, 30 m²) | Studio | 60 | 0 | 80 | | Lot 2 (1er, 50 m²) | F2 | 100 | 120 | 130 | | Lot 3 (1er, 70 m²) | F3 | 140 | 160 | 180 | | Lot 4 (2e, 50 m²) | F2 | 100 | 130 | 130 | | Lot 5 (2e, 80 m²) | F4 | 160 | 200 | 200 | | Lot 6 (3e, 50 m²) | F2 | 100 | 140 | 130 | | Lot 7 (3e, 70 m²) | F3 | 140 | 180 | 180 | | Lot 8 (4e, 50 m²) | F2 | 100 | 145 | 130 | | Lot 9 (4e, 80 m²) | F4 | 160 | 195 | 200 | | Lot 10 (cave) | Cave | 40 | 0 | 0 | | **Total** | | **1 000** | **1 270** | **1 360** | Le lot 1 (rez-de-chaussée) affiche zéro tantième ascenseur. Le règlement de copropriété précise qu'il n'en bénéficie pas. La cave (lot 10) n'a ni ascenseur ni eau froide collective. ## Étape 3 : calculer la quote-part annuelle de chaque lot La quote-part annuelle se calcule en deux temps, catégorie par catégorie. **Charges générales (9 000 € annuels) :** Formule : `Quote-part = (Tantièmes généraux du lot / 1 000) × 9 000 €` - Lot 5 (160 millièmes) : **(160 / 1 000) × 9 000 = 1 440 €** - Lot 2 (100 millièmes) : **(100 / 1 000) × 9 000 = 900 €**. Lot 1 (60 millièmes) : **(60 / 1 000) × 9 000 = 540 €** **Charges ascenseur (2 400 € annuels) :** Formule : `Quote-part = (Tantièmes ascenseur du lot / 1 270) × 2 400 €` - Lot 5 (200 millièmes) : **(200 / 1 270) × 2 400 ≈ 378 €** - Lot 2 (120 millièmes) : **(120 / 1 270) × 2 400 ≈ 227 €**. Lot 1 et Lot 10 : **0 €** (pas de tantièmes ascenseur) **Charges eau froide (1 800 € annuels) :** Formule : `Quote-part = (Tantièmes eau froide du lot / 1 360) × 1 800 €` - Lot 5 (200 millièmes) : **(200 / 1 360) × 1 800 ≈ 265 €** - Lot 1 (80 millièmes) : **(80 / 1 360) × 1 800 ≈ 106 €** La **charge totale annuelle** du lot 5 atteint ainsi **1 440 + 378 + 265 = 2 083 €**, soit environ **521 € par trimestre**. ## Étape 4 : convertir en appels de fonds trimestriels L'appel de fonds trimestriel correspond au quart de la quote-part annuelle de chaque lot. C'est la somme réclamée par le syndic chaque trimestre (1er janvier, 1er avril, 1er juillet, 1er octobre), en application de l'article **14-1 de la loi du 10 juillet 1965**. | Lot | Charges générales /an | Charges ascenseur /an | Charges eau froide /an | **Total annuel** | **Appel trimestriel** | |---|---|---|---|---|---| | Lot 1 | 540 € | 0 € | 106 € | **646 €** | **161 €** | | Lot 2 | 900 € | 227 € | 172 € | **1 299 €** | **325 €** | | Lot 5 | 1 440 € | 378 € | 265 € | **2 083 €** | **521 €** | | Lot 10 | 360 € | 0 € | 0 € | **360 €** | **90 €** | Ces sommes sont des **provisions sur charges**. En fin d'exercice, le syndic établit un **arrêté des comptes**. Les dépenses réelles inférieures au budget donnent lieu à un avoir, celles qui dépassent entraînent un appel complémentaire. Pour le cadrage juridique de cette répartition, l'article sur les [charges copropriété répartition règles](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) offre un éclairage complet. ## Pièges à éviter dans le calcul Plusieurs erreurs récurrentes faussent le calcul ou débouchent sur des contentieux. - **Confondre millièmes généraux et millièmes spéciaux** : utiliser les mauvais tantièmes pour les charges spéciales est l'erreur la plus fréquente. Vérifiez toujours la colonne correspondante dans l'état descriptif de division. - **Oublier les charges de ravalement ou de travaux exceptionnels** : ces dépenses ne figurent pas dans le budget prévisionnel ordinaire. Elles font l'objet d'un appel de fonds spécifique voté en assemblée générale. Renseignez-vous sur la [majorité de vote requise pour les travaux](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/) avant toute décision. - **Négliger la régularisation annuelle** : certains copropriétaires croient l'appel trimestriel définitif. Ce n'est pas le cas. La régularisation de fin d'exercice peut générer un solde positif ou négatif. - **Appliquer un mauvais total de tantièmes** : si l'immeuble comporte des lots en indivision ou des caves séparées, le total des tantièmes spéciaux peut différer de 1 000. Vérifiez le dénominateur exact dans votre règlement. - **Ignorer les modifications de règlement** : une modification votée en assemblée générale à la majorité requise peut changer les tantièmes. La date d'effet doit être précisément identifiée. > **Points clés** > > - Les charges de copropriété sont réparties selon des tantièmes fixés dans le règlement de copropriété, sur une base de 1 000 ou 10 000. > - Les charges générales (entretien des parties communes, syndic) sont dues par tous les copropriétaires proportionnellement aux tantièmes généraux. > - Les charges spéciales (ascenseur, gardiennage, eau froide) ne concernent que les lots bénéficiaires, selon des tantièmes dédiés. > - Un appel de fonds trimestriel correspond en moyenne à un quart du budget prévisionnel annuel voté en assemblée générale. > - Toute erreur de répartition peut être contestée dans un délai de 5 ans après l'approbation des comptes. ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000693716/) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2659). [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2665)

Fiche pratique

Base de calcul des tantièmes1 000 ou 10 000 millièmes (selon règlement)
Fréquence des appels de fondsTrimestrielle (art. 14-1, loi 10 juil. 1965)
Charges généralesDues par tous les copropriétaires
Charges spécialesDues uniquement par les lots bénéficiaires
Délai de contestation5 ans après approbation des comptes (art. 42, loi 1965)
Document de référenceRèglement de copropriété + état descriptif de division
Budget prévisionnelVoté en assemblée générale à la majorité de l'art. 24
Régularisation annuelleEn fin d'exercice, après arrêté des comptes par le syndic
Source légaleLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (Légifrance)
*Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.* --- # Répartition des charges en copro multi-bâtiments 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/repartition-charges-copropriete-plusieurs-batiments/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-05 Mot-clé ciblé: Répartition charges copropriété plusieurs bâtiments Répartition charges copropriété plusieurs bâtiments : règles légales, tantièmes spéciaux et cas pratiques pour gérer équitablement chaque immeuble en 2026. La répartition des charges en copropriété comportant plusieurs bâtiments suit des règles que la loi du 10 juillet 1965 encadre avec précision. Un ascenseur, une toiture, un chauffage collectif propre à un seul immeuble. Autant de dépenses qui ne regardent que les occupants du bâtiment concerné. La loi oblige alors à créer des charges spéciales distinctes des charges générales communes à l'ensemble du syndicat. Saisir cette mécanique évite bien des conflits, et garantit que chaque copropriétaire ne paie que ce dont il profite. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Dans une copropriété multi-bâtiments, les charges liées à un seul bâtiment sont obligatoirement réparties entre les seuls copropriétaires de ce bâtiment, conformément à l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965. > - Le règlement de copropriété doit prévoir des grilles de tantièmes spéciaux par bâtiment, en plus des tantièmes généraux valables pour l'ensemble du syndicat. > - Depuis la réforme de 2019 (ordonnance du 30 octobre 2019), la création d'unions de syndicats ou de syndicats secondaires permet une gestion financière encore plus autonome par bâtiment. > - Un copropriétaire peut contester en justice une clé de répartition erronée dans un délai de 5 ans à compter de la première mise en application de cette clé. > - Le syndicat principal reste solidaire des dettes de chaque bâtiment envers les tiers, même si les charges sont individualisées. ## Cadre légal de la répartition dans une copropriété multi-bâtiments Tout part de l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965, complété par l'article 6-2 qu'a introduit l'ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019. Le principe. Les dépenses qui ne concernent qu'une partie des copropriétaires sont réparties entre eux seuls. Pas les autres. Concrètement, dans un immeuble de **3 bâtiments**, deux catégories de dépenses coexistent : - **Charges générales** : entretien des espaces verts communs, honoraires du syndic, assurance du syndicat global, frais de gestion administrative. Réparties entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes généraux. - **Charges spéciales par bâtiment** : ascenseur d'un seul bâtiment, ravalement d'une façade propre, chauffage collectif interne, nettoyage des parties communes internes. Elles n'incombent qu'aux copropriétaires du bâtiment concerné. C'est l'utilité réelle du service ou de l'équipement qui détermine qui contribue. Un copropriétaire du bâtiment A ne peut pas être mis à contribution pour financer la rénovation de l'ascenseur du bâtiment B, même si les deux appartiennent au même syndicat. La Cour de cassation l'a dit clairement et de façon constante. Une clé de répartition qui ferait supporter des charges à des copropriétaires n'en bénéficiant pas est illicite (Cass. 3e civ., 8 mars 2018, n° 17-11.328). Pour aller plus loin sur les principes généraux, consultez notre guide sur les charges copropriété et leurs règles de répartition. ## Tantièmes généraux et tantièmes spéciaux : deux grilles indispensables Dans un ensemble multi-bâtiments, le règlement de copropriété doit obligatoirement prévoir **au minimum deux types de grilles de tantièmes**. Une grille générale, plus autant de grilles spéciales que de bâtiments ou d'équipements collectifs distincts. Voir aussi notre article [tantièmes copropriété : barème, calcul et plafond 2026](/charges/tantiemes-copropriete-calcul-bareme/). **Sur le même sujet :** - calcul des tantièmes en copropriété : méthode et exemples - [comment calculer la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) - [charges de copropriété : calcul et contestation 2026](/charges/repartition-charges-copropriete-guide/) - [charges : locataire ou propriétaire, qui paie quoi ?](/charges/qui-paie-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) - [charges de copropriété : répartition locataire et propriétaire](/charges/repartition-charges-copropriete-locataire-proprietaire/) - [charges de copropriété : qui paie quoi en 2026 ?](/charges/charge-copropriete-proprietaire-guide/) **Les tantièmes généraux** expriment la quote-part de chaque lot dans la valeur totale de l'ensemble. Ils servent à répartir les charges communes générales et à peser les votes en assemblée générale sur tout ce qui touche au syndicat entier. **Les tantièmes spéciaux**, eux, sont propres à chaque bâtiment ou à chaque service. Ils reflètent l'utilité relative de chaque lot vis-à-vis de l'équipement ou de la partie commune visée. Quelques exemples : - **Ascenseur bâtiment A** : tantièmes calculés en tenant compte de l'étage (les étages élevés ont une utilité plus grande). - **Chauffage collectif bâtiment B** : tantièmes basés sur la surface chauffée de chaque appartement. tantièmes répartis uniquement entre les titulaires d'une place. Un règlement mal rédigé qui omettrait ces grilles spéciales expose le syndicat à des contestations coûteuses. Mettre à jour un règlement défaillant réclame un vote en assemblée générale à la **majorité de l'article 26** (double majorité. Majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix). Exception : si la modification consiste uniquement à mettre le règlement en conformité avec la loi, la majorité de l'article 25 suffit. ## Syndicats secondaires et unions de syndicats : quand les créer Quand la taille ou la complexité d'un ensemble le justifie, la loi prévoit deux structures permettant une gestion autonome par bâtiment. Le **syndicat secondaire** et l'**union de syndicats**. **Le syndicat secondaire** (art. 27 de la loi de 1965) peut être créé au sein d'un syndicat principal pour gérer un ou plusieurs bâtiments de façon distincte. Personnalité morale propre, budget propre, compte bancaire séparé. Sa création exige un vote à la double majorité de l'article 26. Il gère exclusivement les parties communes du bâtiment concerné, sans empiéter sur le syndicat principal. **L'union de syndicats** (art. 29 de la loi de 1965), elle, regroupe plusieurs syndicats de copropriétaires distincts pour gérer en commun des éléments partagés : une voirie, un réseau de chauffage urbain commun à plusieurs résidences. Outil typique des grands ensembles immobiliers des années 1960-1980. Selon les données publiées par l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) en 2025, on comptait **environ 600 000** syndicats de copropriétaires en France, avec une proportion croissante d'ensembles multi-bâtiments nécessitant ce type d'organisation. En pratique, créer un syndicat secondaire apporte une vraie lisibilité financière. Chaque bâtiment dispose de son propre budget prévisionnel, de son propre appel de fonds, de sa propre comptabilité. Les copropriétaires savent précisément à quoi correspondent leurs charges, et c'est franchement appréciable. ## Comment établir les clés de répartition par bâtiment Fixer des clés de répartition justes dans un ensemble multi-bâtiments demande de la méthode. Le géomètre-expert ou le notaire qui rédige le règlement de copropriété s'appuie sur plusieurs critères cumulables. **Méthode de calcul des tantièmes spéciaux :** - **Consistance du lot** : surface, nombre de pièces, volumétrie. - **Situation** : étage, orientation, proximité d'un équipement (ascenseur, parking). - **Utilité relative** : un lot en rez-de-chaussée sans accès à l'ascenseur ne contribue pas aux charges de cet ascenseur (Cass. 3e civ., 28 juin 1989). - **Valeur vénale relative** : pour les tantièmes généraux, la valeur de chaque lot par rapport à l'ensemble. **Exemple concret** : dans un ensemble de deux bâtiments, le bâtiment A dispose d'un ascenseur et d'un gardien à temps partiel, le bâtiment B n'a ni l'un ni l'autre. Le budget prévisionnel 2026 prévoit **12 000 € de charges d'ascenseur** et **18 000 € de charges de gardiennage** imputables au seul bâtiment A. Ces **30 000 €** sont répartis uniquement entre les copropriétaires du bâtiment A selon leurs tantièmes spéciaux ascenseur/gardien. Ceux du bâtiment B n'en paient pas un centime. Pour mieux visualiser ces calculs, un [exemple de calcul des charges de copropriété](/charges/exemple-calcul-charges-copropriete/) peut illustrer concrètement comment les tantièmes spéciaux s'appliquent poste par poste. Le syndic doit pouvoir produire, sur demande, un état détaillé des tantièmes appliqués à chaque poste de charge. C'est une obligation qui découle de l'article 18 de la loi de 1965 et du décret du 17 mars 1967. ## Assemblée générale dans une copropriété multi-bâtiments : qui vote quoi La structure multi-bâtiments complique les règles de vote en assemblée générale. Tous les copropriétaires n'ont pas vocation à se prononcer sur toutes les résolutions. Le principe est simple. **seuls les copropriétaires concernés par une dépense votent sur cette dépense**. Si l'ordre du jour porte sur la rénovation de la toiture du bâtiment B, seuls les copropriétaires du bâtiment B participent au vote et entrent dans le calcul de la majorité requise. Les copropriétaires des bâtiments A et C sont présents à la réunion, mais n'ont pas voix au chapitre sur ce point. Cette règle, posée par l'article 22 de la loi de 1965 et précisée par la jurisprudence, empêche la majorité numérique d'un bâtiment plus peuplé d'imposer des décisions à un bâtiment minoritaire pour des travaux qui ne le concernent pas. Les modalités précises de scrutin sont encadrées par des règles spécifiques que détaille notre article sur les [assemblée générale copropriété règles de vote](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). **Points de vigilance pour le syndic :** - Bien identifier dans la convocation les résolutions concernant l'ensemble du syndicat et celles propres à un bâtiment. - Mentionner explicitement dans le procès-verbal le périmètre des copropriétaires appelés à voter sur chaque résolution. Calculer les majorités requises en ne tenant compte que des tantièmes des copropriétaires concernés. Un vote pris en méconnaissance de ces règles peut être annulé dans un délai de **2 mois** suivant la notification du procès-verbal aux copropriétaires opposants ou défaillants (art. 42 de la loi de 1965). ## Contestation d'une clé de répartition : délais et procédure Un copropriétaire qui estime que la clé de répartition appliquée est injuste ou erronée peut saisir la justice. Le délai de prescription est de **5 ans** à compter de la première application de la clé contestée, conformément à l'article 2224 du Code civil. La procédure suit plusieurs étapes : 1. **Demande amiable au syndic** : lettre recommandée avec AR exposant le motif de contestation et demandant une révision du règlement en assemblée générale. 2. **Mise à l'ordre du jour de l'AG** : si le syndic refuse ou ne répond pas, le copropriétaire peut demander l'inscription de la question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée (art. 10 du décret du 17 mars 1967). **Saisine du tribunal judiciaire** : en cas d'échec de la voie amiable, le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble est compétent. Une expertise judiciaire peut être ordonnée pour recalculer les tantièmes. La modification des clés de répartition, qu'elle soit judiciaire ou amiable, ne vaut que pour l'avenir. Elle n'entraîne pas de remboursement automatique des charges passées, sauf décision expresse du juge. Si l'erreur remonte à une irrégularité dans l'acte de base (règlement initial ou état descriptif de division), le notaire rédacteur peut engager sa responsabilité professionnelle. Consulter un avocat spécialisé en droit immobilier avant toute action reste la démarche la plus sensée.

Fiche pratique

Loi de référenceLoi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (art. 10, 22, 27, 29)
Réforme récenteOrdonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019
Majorité pour modifier les clés de répartitionDouble majorité art. 26 (majorité des copropriétaires + 2/3 des voix)
Délai de contestation d'une clé5 ans à compter de la 1ère application (art. 2224 C. civ.)
Délai d'annulation d'un vote en AG2 mois après notification du PV aux opposants (art. 42 loi 1965)
Nombre de syndicats en France (ANAH, 2025)Environ 600 000
Part de copropriétés en difficulté avec anomalies de répartition (ANAH, 2025)Plus de 15 %
Juridiction compétenteTribunal judiciaire du lieu de l'immeuble
Contact officielservice-public.fr : Copropriété
## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508167/) - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039340939/) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2606) - [anah.fr](https://www.anah.fr/publications/rapports-annuels/) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Clé de répartition des charges copropriété : guide 2026 URL: https://copro-guide.fr/charges/cle-repartition-charges-copropriete/ Catégorie: charges · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-05 Mot-clé ciblé: Clé de répartition des charges copropriété 150 millièmes sur 1 000 = 15 % des charges. Calcul des tantièmes, modification à l'unanimité et contestation sous 5 ans : votre quote-part exacte en 2026. **En bref : votre quote-part = vos tantièmes ÷ total de l'immeuble.** Un lot de **150 millièmes** sur 1 000 paie 15 % des charges générales. La clé est fixée par le règlement de copropriété, calculée par un géomètre-expert (consistance, superficie, situation), modifiable seulement à l'unanimité et contestable en justice sous 5 ans. La clé de répartition des charges copropriété, c'est la formule qui décide combien chaque copropriétaire paie sur les dépenses collectives. Elle s'appuie sur des tantièmes (ou millièmes) attribués à chaque lot, en tenant compte de la consistance, de la superficie et de la situation des parties privatives. Simple en théorie. Mais mal comprise, cette mécanique alimente énormément de conflits. Selon l'ANIL (2025), les litiges liés aux charges représentent près de **30 %** des contentieux en copropriété. > **Ce qu'il faut retenir** > > - La clé de répartition des charges est fixée par le règlement de copropriété et exprimée en tantièmes ou millièmes attribués à chaque lot. > - Il existe deux types de charges : les charges générales (parties communes, entretien) et les charges spéciales (services ou équipements à usage restreint), chacune avec sa propre clé. > - Une clé de répartition erronée ou devenue inéquitable peut être contestée en justice ou révisée à l'unanimité en assemblée générale. > - Tout copropriétaire peut demander une vérification des tantièmes lors de l'achat d'un bien en copropriété, avant la signature de l'acte authentique. > - Le syndic est tenu de produire un appel de charges détaillé faisant apparaître la clé appliquée pour chaque poste de dépense. ## Définition et fondement juridique de la clé de répartition La clé de répartition des charges copropriété est le mécanisme légal qui ventile les dépenses collectives entre copropriétaires. Son fondement réside dans la **loi du 10 juillet 1965** (article 10) et le décret d'application du 17 mars 1967. Chaque lot reçoit un nombre de **tantièmes** (millièmes, centièmes, etc.) au moment de la mise en copropriété. Ce chiffre figure dans le règlement de copropriété, document contractuel qui s'impose à tous les copropriétaires comme aux futurs acquéreurs. Ces tantièmes ne tombent pas du ciel. L'article 10 de la loi de 1965 fixe **trois critères légaux** que le géomètre-expert combine. - **La consistance du lot** : nature des pièces, annexes éventuelles (cave, parking, terrasse) - **La superficie** : surface habitable au sens de la loi Carrez - **La situation** : étage, exposition, vue, accès La valeur vénale relative du lot n'est pas un critère légal en soi. Elle est la **conséquence** de ces trois paramètres, qu'elle traduit sur le plan économique. Un appartement de **80 m²** au dernier étage avec terrasse affiche donc plus de tantièmes qu'un **40 m²** en rez-de-chaussée sans annexe. Mais la comparaison n'est jamais strictement linéaire. C'est sur la base de ces tantièmes que le syndic émet chaque appel de fonds trimestriel ou mensuel. ## Charges générales et charges spéciales : deux clés distinctes La loi de 1965 distingue deux catégories de charges, chacune avec sa propre clé. Confondre les deux mène souvent à des contestations évitables. **Sur le même sujet :** - [calcul des tantièmes en copropriété : méthode et exemples](/charges/tantiemes-copropriete-calcul-bareme/) - [comment calculer la répartition des charges en copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). [charges de copropriété : calcul et contestation 2026](/charges/repartition-charges-copropriete-guide/) **Les charges générales** couvrent la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes : nettoyage, éclairage, assurance immeuble, honoraires du syndic. Elles se répartissent proportionnellement aux tantièmes généraux de chaque lot, sans distinction d'utilité. **Les charges spéciales**, elles, concernent les services ou équipements collectifs dont l'usage varie d'un copropriétaire à l'autre, comme l'ascenseur, le gardiennage, le chauffage collectif ou l'interphone. La répartition dépend ici de l'utilité que chaque lot retire du service, pas de sa valeur. Un copropriétaire en rez-de-chaussée **peut légalement être exonéré** de la charge ascenseur s'il n'y a aucun accès depuis son lot (Cour de cassation, 3e chambre civile). En pratique, le règlement de copropriété crée autant de "grilles" que nécessaire. Un immeuble peut ainsi en avoir plusieurs. - Une pour les charges générales - Une pour l'ascenseur - Une pour le chauffage collectif - Une pour le gardiennage Pour aller plus loin sur les règles encadrant ces deux catégories, voir les règles de répartition des charges en copropriété. ## Comment les tantièmes sont-ils calculés concrètement Le calcul des tantièmes intervient à la création de la copropriété, généralement confié à un **géomètre-expert** mandaté par le promoteur ou le notaire. La méthode la plus courante est celle de la "valeur relative". On attribue à l'immeuble une base globale (souvent **1 000 ou 10 000 millièmes**), puis chaque lot reçoit une fraction de cette base. Un exemple concret pour un immeuble de 4 lots : | Lot | Surface | Étage | Tantièmes généraux | Quote-part charges | |---|---|---|---|---| | Appartement A | 75 m² | RDC | 220/1000 | 22 % | | Appartement B | 75 m² | 2e | 245/1000 | 24,5 % | | Appartement C | 50 m² | 3e | 185/1000 | 18,5 % | | Commerce D | 120 m² | RDC | 350/1000 | 35 % | Le commerce règle la part la plus élevée malgré un usage souvent limité des parties communes, parce que sa superficie et sa valeur vénale pèsent lourd dans le calcul. L'appartement B paie davantage qu'A à surface égale. L'étage fait la différence. Une fois ces tantièmes inscrits dans le règlement de copropriété, ils s'imposent à tous. Le syndic les applique mécaniquement à chaque budget voté en assemblée générale, sans marge d'interprétation. ## Quand et comment modifier la clé de répartition Modifier la clé de répartition des charges copropriété, c'est possible. Mais c'est encadré strictement. Le principe retenu est celui de **l'unanimité** des copropriétaires en assemblée générale (article 11 de la loi de 1965). Ce seuil élevé tient au caractère contractuel du règlement. Deux exceptions permettent de descendre à une majorité plus simple : - **Travaux modifiant l'usage des lots** : si des travaux votés changent la consistance d'un lot (création d'une terrasse, division d'appartement), une mise à jour de grille peut être décidée à la majorité de l'article 26. Ces travaux eux-mêmes sont d'ailleurs souvent adoptés à la [majorité de l'article 25](/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/), seuil qui précède la révision de la clé. - **Inégalité manifeste** : si un copropriétaire démontre que sa clé est "manifestement inéquitable" au regard des critères légaux, le tribunal judiciaire peut ordonner une révision, sans passer par l'assemblée. La révision amiable suit quatre étapes : 1. Mandater un géomètre-expert pour recalculer les tantièmes 2. Inscrire la modification à l'ordre du jour de l'assemblée générale 3. Obtenir l'accord requis (unanimité ou seuil applicable selon le cas) 4. Publier l'acte modificatif au fichier immobilier via le notaire Côté délais : un recours judiciaire se prescrit dans un délai de **5 ans** à compter de la publication du règlement de copropriété ou de sa modification (article 42 de la loi de 1965). ## Contester une clé de répartition erronée ou inéquitable Un copropriétaire peut saisir le **tribunal judiciaire** s'il estime que les tantièmes ne respectent pas les critères légaux ou qu'une erreur matérielle a été commise lors du calcul initial. Deux motifs de contestation existent : - **Erreur de calcul** : les tantièmes n'ont pas été établis conformément aux critères de consistance, superficie et situation prévus par la loi. Une expertise contradictoire est généralement indispensable. - **Déséquilibre né d'un fait nouveau** : des travaux importants (surélévation, division, fusion de lots) ont changé la réalité de l'immeuble sans que le règlement soit mis à jour. La procédure est longue, souvent **18 à 36 mois** en première instance, et coûteuse. Passer d'abord par la médiation est généralement préférable. Un conciliateur de justice ou un médiateur de copropriété peut régler bien des différends sans en arriver au contentieux. L'ADIL (Agence Départementale d'Information sur le Logement) propose des consultations gratuites pour évaluer la solidité d'un recours avant de se lancer. Un point souvent mal compris. Le juge ne peut pas retoucher la clé pour de simples raisons économiques. Il contrôle uniquement la légalité au regard des critères de la loi de 1965, rien d'autre. ## Rôle du syndic dans l'application de la clé de répartition Le syndic est le seul habilité à appliquer la clé de répartition pour établir les appels de fonds et les comptes annuels. Son rôle est mécanique et se résume à appliquer les grilles du règlement, sans pouvoir les modifier seul. Ses obligations concrètes en matière de transparence : - **Produire un appel de charges détaillé** mentionnant la grille appliquée pour chaque poste - **Mettre le règlement de copropriété à disposition** de tout copropriétaire qui en fait la demande. **Signaler en assemblée** toute situation où la clé lui semble inadaptée à l'évolution de l'immeuble Un syndic qui appliquerait une clé différente de celle du règlement engage sa **responsabilité contractuelle**. Les copropriétaires lésés peuvent réclamer le remboursement des sommes indûment perçues, avec intérêts, dans un délai de 5 ans. Depuis la loi ELAN de 2018 et ses décrets d'application, les syndics professionnels doivent tenir un **extranet copropriété** accessible à chaque copropriétaire, où figurent notamment le règlement et les répartitions de charges. En 2025, selon l'UNIS (Union des Syndicats de l'Immobilier), environ **78 %** des syndics professionnels proposaient cet accès numérique. ## Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter en copropriété Acheter en copropriété sans regarder la clé de répartition, c'est prendre un risque inutile. Cette vérification protège contre de mauvaises surprises sur les charges futures. Les documents à demander au vendeur ou au notaire : - **Le règlement de copropriété** avec l'état descriptif de division (qui précise les tantièmes lot par lot) - **Les trois derniers relevés de charges** pour mesurer le montant réel des dépenses - **Le carnet d'entretien** de l'immeuble (travaux passés et programmés) - **Le pré-état daté** (obligatoire depuis 2017), récapitulatif des sommes dues par le vendeur Un point mérite attention. Si les tantièmes du lot visé paraissent élevés par rapport à des lots comparables dans le même immeuble, demandez une explication au notaire. Une anomalie peut signaler une erreur historique jamais corrigée, situation loin d'être exceptionnelle dans les copropriétés anciennes. Le notaire est tenu d'informer l'acquéreur de la teneur du règlement de copropriété avant la vente. Mais en cas de litige post-achat sur les tantièmes, la garantie des vices cachés ne s'applique pas aux charges de copropriété. Seul recours possible : l'action judiciaire en révision.

Fiche pratique

Base légaleLoi du 10 juillet 1965, art. 10 et 11 ; décret du 17 mars 1967
Majorité pour modifier la cléUnanimité (règle générale, art. 11 loi 1965)
Délai de prescription pour contestation5 ans à compter de la publication du règlement (art. 42 loi 1965)
Charges spéciales : critère de répartitionUtilité objective du service pour chaque lot
Charges générales : critère de répartitionTantièmes généraux (consistance + superficie + situation)
Document de référence à demander à l'achatRèglement de copropriété + état descriptif de division + pré-état daté
Contact officiel ADIL (consultations gratuites)https://www.anil.org/lanil-et-les-adil/votre-adil/
Extranet syndic obligatoire depuisLoi ELAN 2018 (décrets 2019)
## Données clés 2026 Les chiffres officiels à retenir sur la clé de répartition des charges de copropriété en 2026 : - **9,7 millions de logements** en copropriété en France (ANAH, 2024), représentant environ **28 %** du parc résidentiel total. - **30 %** des contentieux traités par les ADIL concernent les charges de copropriété, dont une part significative porte spécifiquement sur la contestation des tantièmes (ANIL, rapport d'activité 2024). - **78 % des syndics professionnels** proposaient un extranet numérique en 2025, permettant aux copropriétaires de consulter leur clé de répartition en ligne (UNIS, enquête 2025). - **5 ans** : délai de prescription pour contester une clé de répartition, à compter de la publication du règlement de copropriété (article 42 de la loi du 10 juillet 1965, [Légifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508239)). - **75 €/m²/an** : montant moyen des charges totales de copropriété en France, avec un écart important entre immeubles anciens (avant 1948 : souvent >100 €/m²/an) et immeubles récents certifiés BBC (parfois <40 €/m²/an), source UNIS, Observatoire des charges 2024. - **Loi du 10 juillet 1965, article 10** : texte fondateur qui impose que la clé soit proportionnelle à la consistance, la superficie et la situation des parties privatives. Aucune réforme de fond n'est intervenue depuis la loi ALUR (2014) sur ce point. Sources : [Légifrance - loi du 10 juillet 1965](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508239), [ANAH](https://www.anah.gouv.fr/), [ANIL](https://www.anil.org/), [UNIS](https://www.unis-immo.fr/), [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2612). ## Sources - [legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508239) - [service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2612). [anil.org](https://www.anil.org/votre-projet/vous-etes-proprietaire/copropriete/les-charges-de-copropriete/) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Travaux copropriété : majorité de vote selon les cas URL: https://copro-guide.fr/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/ Catégorie: travaux · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-06-02 Mot-clé ciblé: travaux copropriété majorité vote Majorité simple, absolue ou double : quel seuil de vote s'applique à vos travaux en copropriété ? Guide pratique 2026 avec les articles 24, 25 et 26. Pour les travaux en copropriété, la majorité de vote requise varie selon la nature et l'ampleur des travaux. Majorité simple (article 24), majorité absolue (article 25) ou double majorité (article 26). La loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixe ces seuils, qui déterminent si une décision prise en assemblée générale tient ou tombe. Mal anticiper le bon article, et c'est toute une résolution, voire des travaux déjà lancés, qui peut être annulée. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Les travaux d'entretien courant sur parties communes sont votés à la majorité simple (article 24) : voix des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. > - Les travaux plus importants (ravalement, rénovation thermique, plan pluriannuel de travaux) requièrent la majorité absolue (article 25) : voix de TOUS les copropriétaires, qu'ils soient présents ou non. > - Si un vote article 25 recueille au moins 1/3 des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité absolue, un second vote à la majorité simple (article 24) peut être organisé immédiatement. > - Les travaux affectant la destination de l'immeuble ou modifiant la répartition des charges exigent la double majorité de l'article 26 (majorité des copropriétaires représentant au moins 2/3 des voix). > - Les travaux sur parties privatives nécessitant une autorisation de l'assemblée sont soumis à la majorité absolue de l'article 25. ## Les trois niveaux de majorité pour voter des travaux La loi du 10 juillet 1965 (loi n°65-557) pose trois seuils de vote, chacun calibré sur le degré d'importance de la décision. Plus les travaux sont structurants pour l'immeuble, plus le consensus exigé est élevé. - **Majorité simple (article 24)** : voix des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. Seuil plancher, réservé aux décisions de gestion courante. - **Majorité absolue (article 25)** : voix de la totalité des copropriétaires, qu'ils aient fait le déplacement ou non. Un absent compte automatiquement comme vote contre. - **Double majorité (article 26)** : majorité des membres du syndicat représentant au moins **2/3 des voix**. Le niveau le plus exigeant, pour les décisions qui changent réellement la physionomie de l'immeuble. Ces seuils s'appliquent à toutes les décisions en assemblée générale de copropriété, pas uniquement aux travaux. Et le décompte se fait en tantièmes de parties communes. Pas en nombre de têtes. Pour bien comprendre comment s'articulent les règles de vote applicables à l'ensemble des décisions prises en assemblée générale, il est utile de consulter un guide sur les assemblée générale copropriété règles de vote. ## Majorité simple article 24 : travaux d'entretien et de conservation L'article 24 couvre les travaux d'entretien courant et de conservation des parties communes. Tout ce qui permet de maintenir l'immeuble en bon état sans toucher à son aspect ou à sa destination. Voir aussi notre article [modifier le règlement de copropriété : les 3 majorités](/charges/modificatif-reglement-copropriete-procedure-majorites/). Voir aussi notre article [quorum assemblée générale copropriété : les 3 seuils](/assemblee/quorum-assemblee-generale-copropriete/). Sur le même sujet, notre article [règlement de copropriété 2026 : contenu, modification](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/) complète cette analyse. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [travaux urgents copropriété : syndic sans vote ag, délais](/syndic/copropriete-travaux-urgents-syndic-procedure/). Voir aussi notre article [ravalement de façade en copropriété 2026 : obligations](/travaux/facade-ravalement-copropriete-guide/). **Sur le même sujet :** - [comment compter les abstentions dans un vote copropriété](/assemblee/comment-compter-abstentions-vote-copropriete/) - [article 25 copropriété : majorité absolue et vote](/assemblee/article-25-copropriete-majorite-absolue-vote/) - abstention vote ag copropriété : ce que ça change - [vote assemblée générale copropriété : règles et majorités](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) Quelques exemples concrets : - **Réparations urgentes** : réfection d'une toiture après sinistre, remplacement d'une chaudière collective en panne. - **Entretien régulier** : nettoyage des parties communes, entretien des espaces verts, peinture des couloirs. sécurisation d'un équipement collectif sans transformation lourde. Sur la question des abstentions, les règles diffèrent selon l'article appliqué. À l'article 24, une abstention n'entre pas dans le calcul. Seules les voix exprimées comptent. À l'article 25, en revanche, ne pas voter revient à voter contre, puisque le seuil porte sur la totalité des voix du syndicat. Le vote peut se tenir par bulletin nominatif, appel des noms ou à main levée, selon ce que l'assemblée décide (source. Service-public.fr). Le nombre de voix figure toujours au procès-verbal. ## Majorité absolue article 25 : travaux importants sur parties communes L'article 25, c'est le régime que les copropriétaires croisent le plus souvent dès que les travaux dépassent le simple entretien. Sont notamment concernés : - **Travaux de ravalement** de façade ou de rénovation thermique. - **Installation d'équipements collectifs** : ascenseur, ventilation, bornes de recharge pour véhicules électriques. - **Adoption du plan pluriannuel de travaux (PPT)** : obligatoire pour les copropriétés de plus de **15 ans**, voté à la majorité absolue (source : service-public.fr, 2026). - **Autorisation de travaux sur parties privatives** dès qu'ils touchent aux parties communes. Sont notamment concernés les travaux de ravalement de façade ou de rénovation thermique. Pour ces travaux d'envergure, n'hésitez pas à consulter notre guide complet sur la recherche d'une [entreprise ravalement de façade](https://www.homedeal.fr/travaux/entreprise-ravalement-facade-guide-copropriete/). Une passerelle existe si le vote obtient au moins **1/3 des voix** de tous les copropriétaires sans franchir la majorité absolue. Un second vote à la majorité simple de l'article 24 peut alors être organisé immédiatement, dans la même séance. Pratique pour débloquer des projets qui bénéficient d'un large soutien sans atteindre le seuil absolu (source : service-public.fr). Si le score tombe sous le tiers des voix, la résolution est rejetée. Pas de second tour possible. ## Travaux sur parties privatives : l'autorisation de l'assemblée générale Un copropriétaire peut aménager ses parties privatives librement. Jusqu'au moment où les travaux empiètent sur les parties communes ou modifient l'aspect extérieur de l'immeuble. Là, l'assemblée générale doit se prononcer. Les situations les plus fréquentes : - **Percement d'un mur porteur** ou d'une dalle (structure commune). - **Changement de fenêtres ou de volets** visibles depuis la rue. - **Création d'une terrasse** empiétant sur les parties communes. - **Raccordement à un réseau collectif** impliquant des modifications sur les canalisations communes. Cette autorisation est votée à la **majorité absolue** de l'article 25 (source. Service-public.fr). Des travaux réalisés sans ce feu vert peuvent être annulés par la justice, et le copropriétaire fautif condamné à remettre les lieux en état à ses propres frais. Le [syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) est tenu de faire respecter ces règles et peut mettre en demeure tout copropriétaire ayant fait des travaux non autorisés. ## Double majorité article 26 : travaux modifiant la destination de l'immeuble L'article 26, c'est le seuil que peu de copropriétés franchissent facilement. Il exige à la fois une majorité en nombre de membres du syndicat ET que ces membres représentent au moins **2/3 des voix** de l'ensemble des copropriétaires. Double critère, double difficulté. Ce régime s'applique à : - **Travaux d'amélioration** qui changent la destination ou la jouissance d'un élément commun (transformer une loge de gardien en local vélo, par exemple). - **Modification du règlement de copropriété** sur la répartition des charges découlant de ces travaux. **Suppression d'un équipement commun** devenu obsolète (désinstallation d'une chaudière collective au profit de systèmes individuels). Une confusion courante consiste à soumettre à l'article 26 des travaux qui relèvent de l'article 25. Erreur à ne pas commettre. Si un copropriétaire la conteste en justice dans les **2 mois** suivant la notification du procès-verbal, le vote peut être annulé. (L'unanimité existe aussi, pour les cas encore plus rares où tous les copropriétaires doivent être d'accord. Mais c'est une autre histoire.) ## Rénovation énergétique et vote : le cas MaPrimeRénov' Copropriété La rénovation thermique en copropriété relève de l'article 25, mais des aides publiques ciblées rendent ces projets nettement plus accessibles qu'on ne le croit parfois. MaPrimeRénov' Copropriété couvre **45 %** des travaux permettant un gain énergétique d'au moins **50 %**, avec un plafond fixé à **25 000 € par logement** (source. Service-public.fr). De quoi inciter les assemblées à voter des rénovations globales plutôt que des interventions au coup par coup. Pour financer le reste, plusieurs leviers existent. Emprunt bancaire collectif voté en assemblée, fonds de travaux obligatoire constitué par cotisation annuelle. Ce fonds, lui, est ouvert par un vote à la majorité simple de l'article 24 (source : service-public.fr). Le mode de paiement des charges de copropriété influe aussi sur la trésorerie du syndicat lors du lancement de travaux importants. Mieux vaut anticiper ces aspects avant le vote en assemblée, en se renseignant sur les [modes de paiement des charges de copropriété](/charges/mode-paiement-charges-copropriete/). La [répartition des charges liées aux travaux de rénovation](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/) suit les tantièmes de parties communes, sauf décision contraire adoptée en assemblée. Anticiper le volet financier en amont, c'est souvent la meilleure façon d'éviter les votes bloqués par des inquiétudes budgétaires. ## Comment se déroule concrètement un vote de travaux en assemblée Le vote de travaux en assemblée générale obéit à un protocole précis. Le moindre écart peut suffire à faire annuler la décision. **Avant l'assemblée :** - La résolution doit figurer à l'ordre du jour, avec les documents justificatifs joints à la convocation (devis, descriptif des travaux). - Les copropriétaires doivent recevoir la convocation au moins **21 jours** avant la date de l'assemblée. **Pendant le vote :** - Les voix s'expriment en tantièmes, pas en nombre de personnes présentes. - Chaque copropriétaire peut voter par correspondance avant la séance ou déléguer un pouvoir à un mandataire. Le dépouillement est immédiat, le résultat proclamé séance tenante. **Après le vote :** - Le procès-verbal est notifié à tous les copropriétaires, absents compris, dans un délai de **2 mois**. - Le délai de contestation commence à courir à partir de cette notification. Si la passerelle article 25 vers article 24 est utilisée, les deux votes doivent impérativement apparaître dans le même procès-verbal, à la même séance. C'est le syndic qui exécute la décision. Commande des travaux, suivi de chantier, relations avec les entreprises.

Fiche pratique

Loi de référenceLoi n°65-557 du 10 juillet 1965
Article 24 (majorité simple)Voix des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance
Article 25 (majorité absolue)Voix de la totalité des copropriétaires (présents ou non)
Passerelle art. 25 → art. 24Possible si le vote obtient au moins 1/3 des voix sans atteindre la majorité absolue
Article 26 (double majorité)Majorité des membres + au moins 2/3 des voix de tous les copropriétaires
Délai de contestation2 mois après notification du procès-verbal
Délai de convocation AG21 jours minimum avant la séance
MaPrimeRénov' Copropriété (2026)45 % des travaux avec gain énergétique ≥ 50 %, plafond 25 000 € par logement
Plan pluriannuel de travaux (PPT)Obligatoire pour les copropriétés > 15 ans, voté à la majorité absolue
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31513) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36760) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37827) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34026) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31418) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Syndic de copropriété 2026 : rôle, obligations et limites URL: https://copro-guide.fr/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/ Catégorie: syndic · Auteur: Caroline Boyer · Publié: 2026-06-02 Mot-clé ciblé: syndic copropriété rôle obligations Syndic copropriété rôle obligations : missions légales, gestion financière, travaux, relation avec les copropriétaires. Tout ce qu'il doit faire en 2026. Le syndic de copropriété occupe une place centrale dans la vie d'un immeuble. Il met en œuvre les décisions de l'assemblée générale, gère les parties communes et représente légalement le syndicat des copropriétaires. Ses obligations sont encadrées par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967. Professionnel ou bénévole, il est soumis aux mêmes exigences. Savoir précisément ce qu'on peut attendre de lui, c'est aussi se donner les moyens de réagir quand quelque chose cloche. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le syndic de copropriété est le mandataire légal du syndicat des copropriétaires, élu en assemblée générale pour une durée maximale de 3 ans. > - Il est obligé d'ouvrir un compte bancaire séparé au nom du syndicat, sauf dispense votée en AG pour les petites copropriétés. > - Le syndic doit convoquer au moins une assemblée générale par an et soumettre le budget prévisionnel au vote des copropriétaires. > - En cas de charges impayées, le syndic a l'obligation légale d'engager une procédure de recouvrement contre le copropriétaire défaillant. > - Depuis 2023, le syndic doit inscrire à l'ordre du jour de l'AG les modalités d'élaboration du plan pluriannuel de travaux (PPT) pour les immeubles concernés. ## Définition et rôle du syndic de copropriété Le syndic de copropriété est la personne physique ou morale chargée d'administrer l'immeuble au nom du syndicat des copropriétaires. Concrètement, il agit comme mandataire. Il n'est propriétaire de rien dans l'immeuble, mais il engage juridiquement le syndicat. Quelle que soit sa forme, le syndic est désigné par vote en assemblée générale et son mandat dure en principe **3 ans**, renouvelable par un nouveau vote en AG. ### Les formes du syndic On distingue deux modèles principaux. - **Syndic professionnel** : une société spécialisée, titulaire d'une carte professionnelle (carte G) délivrée par la chambre de commerce, soumise à la loi Hoguet du 2 janvier 1970. - **Syndic bénévole** : un copropriétaire élu par ses pairs, sans rémunération obligatoire. Cette formule est courante dans les petites copropriétés de moins de **10 lots**, où le conseil syndical gère lui-même la copropriété sans recourir à un syndic extérieur. ### Les missions légales envers les copropriétaires Le syndic exécute les décisions prises en assemblée générale et assure la gestion courante de l'immeuble. Ses missions légales couvrent trois domaines principaux. **Administration de l'immeuble** - Faire respecter le [règlement de copropriété](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589), qui définit droits, obligations et règles d'usage des parties communes. - Tenir à jour la liste des copropriétaires et les registres obligatoires : procès-verbaux d'assemblée, carnet d'entretien. Souscrire et gérer l'assurance de l'immeuble. **Gestion financière** - Élaborer le budget prévisionnel annuel et le soumettre au vote en AG. - Appeler les charges auprès des copropriétaires selon la répartition prévue : voir les [règles de répartition des charges de copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). Tenir une comptabilité séparée pour chaque immeuble géré. **Représentation juridique** - Représenter le syndicat des copropriétaires en justice, en demande comme en défense. - Conclure les contrats nécessaires à l'entretien de l'immeuble : gardiennage, nettoyage, ascenseur. Mettre en demeure les copropriétaires défaillants en cas de charges impayées. Toutes ces obligations découlent directement de la loi du **10 juillet 1965** et s'imposent à tout syndic, professionnel ou bénévole. Pour mieux comprendre, consultez nos articles [rôle du conseil syndical : les règles et limites en 2026](/syndic/role-du-conseil-syndical-regles-limites-2026/) et [conseil syndical 2026 : composition, rôle et élection](/syndic/conseil-syndical-copropriete-composition-election-2026/). ### Syndic bénévole versus syndic professionnel Le choix dépend surtout de la taille de la copropriété et des compétences disponibles parmi les copropriétaires. | Critère | Syndic professionnel | Syndic bénévole | |---|---|---| | Coût annuel moyen | **150 à 350 €/lot/an** | Faible (remboursement de frais) | | Disponibilité | Permanente (cabinet) | Limitée (bénévole) | | Expertise comptable/juridique | Élevée | Variable | | Obligation de compte séparé | Oui | Oui (sauf dérogation) | | Carte professionnelle requise | Oui (loi Hoguet) | Non | | Adapté à | Grandes copropriétés | Petites copropriétés | En réalité, le syndic bénévole doit assumer exactement les mêmes obligations légales qu'un professionnel. Convoquer l'AG, tenir la comptabilité, appeler les charges, recouvrer les impayés. La différence tient à l'absence d'exigence de carte professionnelle et à la possibilité de ne pas être rémunéré. Pour une petite copropriété de **moins de 10 lots**, passer en bénévole peut représenter une économie de **1 000 à 3 000 € par an**. ## Gestion comptable et financière du syndicat ### Obligations envers le conseil syndical Le conseil syndical est l'organe de contrôle élu par les copropriétaires. Le syndic doit lui remettre, sur demande, toutes les pièces comptables et documents liés à la gestion de l'immeuble. Ce droit d'accès est large et porte sur les contrats, factures, relevés bancaires, échanges avec les prestataires. Sur le même sujet, notre article [assemblée générale copropriété non tenue : vos recours](/assemblee/assemblee-generale-copropriete-non-tenue/) complète cette analyse. Sur le même sujet, notre article [registre d'assemblée générale en copropriété : obligations](/assemblee/registre-assemblee-generale-copropriete/) complète cette analyse. Sur le même sujet, notre article [pv d'ag copropriété : contenu, délai de notification](/assemblee/pv-ag-copropriete-guide-complet/) complète cette analyse. Sur le même sujet, notre article [conservation convocation ag copropriété 2026 : durée](/assemblee/faut-il-conserver-convocation-assemblee-generale-copropriete/) complète cette analyse. Sur le même sujet, notre article [travaux urgents copropriété : syndic sans vote ag, délais](/syndic/copropriete-travaux-urgents-syndic-procedure/) complète cette analyse. Chaque année, avant l'assemblée générale, il soumet les comptes de l'exercice écoulé à l'approbation du conseil syndical. Celui-ci rend un avis sur la gestion, qui est ensuite présenté en AG. Depuis la loi ELAN de **2018**, les copropriétés de plus de **200 lots** bénéficient d'un mécanisme intéressant. Le conseil syndical peut déléguer au syndic certaines décisions relevant normalement de l'AG, dans des limites fixées par un vote préalable. Ne pas respecter ces obligations peut engager la responsabilité civile du syndic. ### Compte bancaire séparé et gestion financière L'une des obligations financières les plus strictes du syndic. Ouvrir un compte bancaire séparé au nom du syndicat des copropriétaires. Cette règle, issue de la loi ALUR de **2014**, vise à éviter que les fonds de la copropriété soient mélangés avec ceux d'autres syndicats ou avec la trésorerie propre du cabinet. Ce compte doit être ouvert dans un établissement bancaire agréé en France, distinct du compte courant du syndic professionnel. Toutes les sommes encaissées au titre des charges et du fonds de travaux transitent par là. Les petites copropriétés de **moins de 15 lots** affichant un budget prévisionnel annuel inférieur à **15 000 €** peuvent voter, en AG et à la majorité absolue, une dispense de compte séparé. Cette dérogation doit être renouvelée chaque année par un vote explicite. Le syndic gère aussi le **fonds de travaux obligatoire**, alimenté chaque année à hauteur d'au moins **5 % du budget prévisionnel** (seuil fixé par la loi ALUR). Les copropriétés de moins de **10 lots** peuvent en être dispensées sous conditions. Ce fonds figure sur un compte bancaire propre au syndicat, séparé du compte courant. ## Plan pluriannuel de travaux et gestion des urgences La gestion des travaux est une mission centrale. Le syndic distingue les travaux courants d'entretien, relevant du budget prévisionnel, des travaux exceptionnels votés spécifiquement en AG. Depuis le **1er janvier 2023**, les copropriétés de plus de **15 ans** doivent élaborer un plan pluriannuel de travaux (PPT). Le syndic est tenu d'inscrire à l'ordre du jour de l'AG les modalités d'élaboration de ce projet, conformément à [l'article R.731-1 du Code de la construction](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36760). Ce plan liste les travaux nécessaires sur **10 ans**, avec une estimation des coûts. Pour les travaux de rénovation énergétique, le syndic accompagne le syndicat dans le dépôt des dossiers MaPrimeRénov' Copropriété. L'[Agence nationale de l'habitat (ANAH)](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37827) exige que le syndicat soit accompagné par un opérateur AMO, que le syndic contribue généralement à sélectionner. En pratique, le syndic. - Sollicite les devis auprès des prestataires et les soumet en AG. - Suit l'exécution des travaux votés et vérifie leur conformité. - Libère les paiements selon l'avancement du chantier. - Archive les documents utiles : garanties décennales, procès-verbaux de réception. Tout manquement dans le suivi peut engager la responsabilité civile du syndic envers le syndicat. Les modalités de vote selon la nature des travaux sont encadrées par la loi. Pour mieux comprendre quels seuils s'appliquent, il est utile de consulter les règles relatives aux [travaux copropriété majorité vote](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/). ## Assemblée générale : obligations de convocation et de tenue Organiser l'assemblée générale annuelle est l'une des obligations les plus structurantes du syndic. Au minimum **une AG par an**, selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615). C'est lui le responsable opérationnel. Les règles de convocation sont strictes. - La convocation doit parvenir aux copropriétaires au moins **21 jours avant** la date de l'AG, sauf urgence. - Elle doit comporter l'ordre du jour complet, les documents annexes : comptes, budget prévisionnel, contrats soumis au vote, projets de résolution. Depuis la loi ELAN, les copropriétaires peuvent participer à l'AG à distance par visioconférence. Les supports utilisés doivent permettre d'entendre les participants et de suivre les votes en direct, conformément aux [exigences de service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619). Pendant la séance, le syndic assiste le président, présente les comptes et les résolutions, et veille à ce que les votes soient correctement comptabilisés. Les règles de majorité varient selon la nature des décisions. Pour les détails, consultez notre guide sur les [règles de vote en assemblée générale de copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/). Après l'AG, le syndic dispose de **2 mois** pour adresser le procès-verbal signé à tous les copropriétaires. ## Recouvrement des charges impayées : obligation d'agir Face à des charges impayées, le syndic ne peut pas croiser les bras. La loi lui impose d'engager une procédure de recouvrement contre le copropriétaire défaillant, selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603). La procédure se déroule en plusieurs étapes. 1. **Mise en demeure** par lettre recommandée avec accusé de réception. 2. **Injonction de payer** devant le tribunal judiciaire si la mise en demeure reste sans effet après **30 jours**. **Saisie** des biens du copropriétaire défaillant, notamment de ses tantièmes dans l'immeuble, en dernier recours. Le syndic bénéficie d'un **privilège spécial immobilier** sur le lot du copropriétaire débiteur. Une garantie solide en cas de revente. Un syndic qui traînerait les pieds pour agir s'exposerait à voir sa responsabilité engagée par le syndicat pour manque à gagner. En pratique, les cabinets professionnels traitent les impayés dès le **deuxième appel de charges** non réglé, soit après **60 à 90 jours** de retard en moyenne. Les frais de procédure judiciaire sont avancés par la copropriété mais récupérables sur le débiteur condamné, y compris les honoraires d'avocat dans certains cas. Pour anticiper ces situations, il est conseillé aux copropriétaires de bien connaître les règles encadrées par le [règlement copropriété droits obligations](/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/), notamment en matière de recouvrement et de responsabilité. ## Responsabilité du syndic et recours des copropriétaires Le syndic engage sa responsabilité civile contractuelle quand il manque à ses obligations. Via le syndicat, les copropriétaires peuvent lui réclamer des dommages et intérêts devant le tribunal judiciaire. Les fautes les plus souvent invoquées sont les suivantes. - **Défaut de convocation** de l'AG ou non-respect du délai de **21 jours**. - **Mauvaise gestion financière** : absence de compte séparé, comptabilité erronée, appels de charges injustifiés. - **Inaction face aux travaux urgents** : le syndic peut prendre seul les mesures nécessaires en cas d'urgence (rupture de canalisation, mise en sécurité), mais doit en informer immédiatement le conseil syndical. - **Non-respect du règlement de copropriété** : tolérer des travaux privatifs non autorisés, par exemple. Avant d'aller en justice, les copropriétaires peuvent saisir le **médiateur de la consommation** référencé par le cabinet de syndic (obligation légale pour les syndics professionnels depuis 2016). C'est gratuit et ça peut aboutir en **90 jours** environ. Autre levier, plus direct. L'AG peut simplement refuser de renouveler le mandat du syndic et en désigner un nouveau à la majorité absolue de l'article 25 de la loi de 1965.

Fiche pratique

Durée maximale du mandat de syndic3 ans (renouvelable par vote en AG)
Délai de convocation AG21 jours minimum avant la tenue de l'assemblée
Fréquence AG obligatoireAu moins 1 fois par an
Compte bancaire séparéObligatoire (sauf dérogation pour < 15 lots et budget < 15 000 €/an)
Fonds de travaux obligatoire (minimum)5 % du budget prévisionnel annuel
Plan pluriannuel de travaux (PPT)Obligatoire pour les immeubles > 15 ans (depuis le 1er janvier 2023)
Délai envoi PV d'AG2 mois après la tenue de l'assemblée
Coût syndic professionnel (estimation)150 à 350 €/lot/an
Source principaleservice-public.fr : loi du 10 juillet 1965
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1548) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2615) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2619) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36760) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37827) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2606) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé. --- # Règlement de copropriété 2026 : droits et obligations URL: https://copro-guide.fr/charges/reglement-copropriete-droits-obligations/ Catégorie: charges · Auteur: Laurent David · Publié: 2026-06-01 Mot-clé ciblé: règlement copropriété droits obligations Règlement de copropriété : droits et obligations des copropriétaires expliqués simplement. Parties communes, charges, modifications, valeur juridique. Guide 2026. Le règlement de copropriété, c'est le texte qui fixe les droits et obligations de chacun dans un immeuble. Usage des parties privatives, accès aux espaces communs, répartition des charges, règles de vie. Il s'impose à tous. Propriétaire occupant, bailleur ou locataire. Bien le connaître permet d'éviter la majorité des frictions du quotidien et de voter en assemblée générale avec les idées claires. > **Ce qu'il faut retenir** > > - Le règlement de copropriété est obligatoire pour tout immeuble de plus de 2 lots ; il fixe les droits et obligations de chaque copropriétaire (source : service-public.fr). > - Sa valeur juridique est celle d'un contrat opposable à tous les copropriétaires, présents et futurs, ainsi qu'aux locataires. > - Modifier le règlement requiert le plus souvent un vote en assemblée générale à la majorité absolue, voire l'unanimité pour les clauses touchant la destination de l'immeuble. > - Tout copropriétaire a l'obligation de participer aux charges communes, réparties selon les tantièmes inscrits dans le règlement. > - Depuis 2023, les copropriétés de plus de 15 ans doivent élaborer un plan pluriannuel de travaux (PPT) sur 10 ans. ## Qu'est-ce que le règlement de copropriété Le règlement de copropriété organise la vie de l'immeuble depuis sa création. Selon [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589), il « définit les droits et obligations des copropriétaires, l'usage des parties communes et les règles de gestion de l'immeuble ». Dès que l'immeuble dépasse 2 lots, ce document est **obligatoire**. Il doit être établi par acte notarié et publié au fichier immobilier. Son absence ne dispense pas les copropriétaires de leurs obligations. La loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application s'appliquent alors automatiquement. Concrètement, le règlement comporte deux volets. - **Le règlement stricto sensu** : règles de vie collective, destination de l'immeuble, usage des parties communes et privatives. - **L'état descriptif de division** : répartition des tantièmes (millièmes) entre les lots, qui sert de base au calcul des [charges de copropriété](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). Certains immeubles anciens fonctionnent encore avec un règlement antérieur à 1965. Sa mise en conformité avec le droit actuel peut être demandée en assemblée générale à tout moment. ## Droits des copropriétaires : ce que le règlement garantit Sur ses **parties privatives**. Appartement, cave, parking. Chaque copropriétaire dispose d'un droit exclusif. Il occupe, loue, aménage. Dans les limites fixées par le règlement et la destination de l'immeuble, bien sûr. Pour approfondir, voir [règlement de copropriété gratuit : 4 démarches](/charges/reglement-copropriete-gratuit/). Pour approfondir, voir [petite copropriété sans règlement : 5 règles de la loi 2026](/litiges/petite-copropriete-sans-reglement/). Notre analyse [règlement de copropriété 2026 : contenu, modification](/charges/reglement-copropriete-guide-pratique/) éclaire ce point. Notre analyse [charges de copropriété payées par le locataire : barème 2026](/charges/charges-copropriete-paye-par-le-locataire/) éclaire ce point. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [répartition des charges en copropriété : règles 2026](/charges/comment-calculer-repartition-charges-copropriete/). Le règlement encadre aussi l'usage des **parties communes**. Hall, escaliers, toiture, façades, jardins. Certaines peuvent être attribuées en jouissance exclusive à un copropriétaire (le cas du balcon ou de la terrasse, classiquement). Attention. Jouissance exclusive ne signifie pas propriété. Les charges liées restent réparties selon les règles communes, sauf clause contraire. Les droits les plus fréquemment définis. - **Droit à la jouissance paisible** des parties privatives, sans trouble du voisinage. - **Droit de vote** en assemblée générale, proportionnel aux tantièmes détenus. - **Droit à l'information** : accès aux documents de gestion, aux comptes du syndicat, aux procès-verbaux d'assemblée. - **Droit d'opposition** aux décisions irrégulières, dans un délai de **2 mois** suivant la notification du procès-verbal. Un copropriétaire peut louer son lot en meublé ou vide. Mais il doit en informer le syndic et remettre au locataire un extrait du règlement. Si le locataire ne respecte pas les règles, c'est le bailleur qui en répond. ## Obligations des copropriétaires : les règles non négociables Les obligations sont aussi contraignantes que les droits. La principale. **participer aux charges communes**. Selon service-public.fr, « tout copropriétaire a l'obligation de participer aux charges communes de l'immeuble » ([source](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603)). En cas d'impayé, le syndic peut engager une procédure de recouvrement pouvant aller jusqu'à la saisie du lot. Deux catégories de charges coexistent. - **Charges générales** (entretien, administration) : réparties selon les tantièmes de chaque lot. - **Charges spéciales** (ascenseur, chauffage collectif) : réparties selon l'utilité que le service présente pour chaque lot. Le règlement impose aussi. - **Respecter la destination de l'immeuble** : dans un immeuble exclusivement bourgeois, pas d'activité commerciale sans vote en assemblée. - **Entretenir les parties privatives** pour ne pas nuire aux parties communes (fuites d'eau, notamment). - **Respecter les règles de vie collective** : horaires de travaux, gestion des déchets, occupation des espaces communs. - **Ne pas toucher aux parties communes** sans autorisation préalable de l'assemblée générale. Ignorer ces obligations expose à des injonctions judiciaires, voire à des dommages et intérêts. ## Valeur juridique du règlement de copropriété Le règlement de copropriété vaut **contrat opposable** à tous les copropriétaires, y compris les futurs acquéreurs, ainsi qu'à leurs locataires. Acheter un lot, c'est être réputé avoir pris connaissance du règlement. Qu'on l'ait lu ou non. C'est pourquoi notaires et agents immobiliers sont tenus de l'annexer à tout avant-contrat de vente. Les locataires sont concernés aussi. Le bailleur doit leur remettre un extrait des règles de vie collective. Si le locataire manque à ces règles, c'est le copropriétaire bailleur que le syndicat met en cause directement. La hiérarchie des normes est claire. 1. La loi du **10 juillet 1965** et son décret du 17 mars 1967 priment sur toute clause contraire. 2. Le règlement de copropriété s'applique ensuite. Les décisions d'assemblée générale s'inscrivent dans ce cadre. Une clause contraire à la loi est réputée non écrite. Elle reste dans le document mais ne peut pas être appliquée. Le juge peut être saisi pour en constater la nullité, sans délai de prescription particulier pour les clauses illicites dès l'origine. Pour les décisions d'assemblée, les [règles de vote en copropriété](/assemblee/vote-assemblee-generale-copropriete/) varient selon la nature de la résolution. Simple majorité, majorité absolue ou unanimité. ## Modifier le règlement de copropriété : majorités et unanimité Le règlement n'est pas gravé dans le marbre. Sa modification obéit à des règles de majorité strictes, fixées par la loi de 1965 et précisées sur service-public.fr ([source](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137)). **Selon la nature de la modification :** - **Majorité absolue (article 25)** : modifications touchant à l'usage ou à l'administration des parties communes : autorisation d'un local à vélos, installation d'une borne de recharge, révision des règles de répartition des charges. - **Double majorité (article 26)** : modifications affectant la consistance des parties communes (vente d'une partie commune, création d'un nouveau lot). pour tout ce qui touche à la **destination de l'immeuble** ou aux droits privatifs d'un copropriétaire, comme transformer un immeuble d'habitation en immeuble mixte habitation-commerce. L'unanimité exige le vote favorable de **100 % des tantièmes**, présents, représentés et absents. Le coût d'une modification par acte notarié tourne généralement entre **500 € et 1 500 €** selon la complexité, hors honoraires du notaire rédacteur. Un règlement antérieur à 1965 peut contenir des clauses anachroniques sur la destination ou la répartition des charges. Leur révision peut être demandée en assemblée sans unanimité si elles contredisent la loi actuelle. Après le vote, la modification doit être publiée au fichier immobilier par un notaire pour être opposable aux tiers. ## Nouvelles obligations réglementaires depuis 2023 La copropriété française a connu plusieurs évolutions réglementaires majeures ces dernières années. Elles s'intègrent directement dans les obligations des copropriétaires et du syndicat. **Plan pluriannuel de travaux (PPT).** Depuis 2023, toute copropriété de plus de **15 ans** doit élaborer un plan pluriannuel de travaux couvrant **10 ans** ([service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36760)). Ce document recense les travaux nécessaires à la conservation de l'immeuble et à l'amélioration de sa performance énergétique. Il est voté en assemblée et conditionne une partie des décisions de [travaux en copropriété](/travaux/travaux-copropriete-majorite-vote/). **DPE collectif obligatoire.** Les copropriétés de **50 lots et plus** dont le permis de construire est antérieur à 2013 devaient réaliser un diagnostic de performance énergétique collectif avant le 1er janvier 2025 ([service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37504)). Celles de 50 à 200 lots ont jusqu'au 1er janvier 2026, les plus petites jusqu'au 1er janvier 2027. **Sécurité incendie.** Selon le type d'immeuble, certains équipements sont obligatoires : colonnes sèches, extincteurs, désenfumage, détecteurs dans les parties communes ([service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32573)). Le non-respect engage la responsabilité collective du syndicat. Ces évolutions peuvent nécessiter des **mises à jour du règlement de copropriété** existant pour intégrer les nouvelles obligations légales. ## Règlement de copropriété et locataires : ce qui s'applique Le locataire n'est pas copropriétaire, mais le règlement lui est **partiellement opposable**. Le bailleur a l'obligation de lui remettre un extrait des règles relatives à la destination de l'immeuble, à la jouissance et à l'usage des parties privatives et communes. En pratique, le locataire doit : - Respecter les **règles de vie collective** : horaires de silence, gestion des ordures, stationnement dans les espaces prévus. - Ne pas modifier les parties privatives sans accord du propriétaire : et, si des parties communes sont impliquées, sans autorisation de l'assemblée générale. Se conformer à la **destination de l'immeuble** : exercer une activité professionnelle dans un lot résidentiel est interdit si le règlement le prévoit. Mais le locataire ne vote pas en assemblée générale (sauf délégation du bailleur pour certaines questions d'usage des parties communes). Les charges restent dues par le copropriétaire bailleur vis-à-vis du syndicat. Si le locataire ne respecte pas le règlement, le [syndic de copropriété](/syndic/syndic-copropriete-role-obligations/) peut mettre en demeure le copropriétaire bailleur de faire cesser les troubles. Ce dernier peut ensuite se retourner contre son locataire sur la base du contrat de bail.

Fiche pratique

Obligation du règlementObligatoire dès 3 lots (loi du 10 juillet 1965)
FormeActe notarié, publié au fichier immobilier
Délai d'opposition à une décision d'AG2 mois après notification du PV
Coût de modification (acte notarié)Environ 500 € à 1 500 € selon complexité
Plan pluriannuel de travaux (PPT)Obligatoire pour les copropriétés de + de 15 ans depuis 2023, horizon 10 ans
DPE collectif (+ de 200 lots)Obligatoire depuis le 1er janvier 2025
DPE collectif (50 à 200 lots)Obligatoire depuis le 1er janvier 2026
DPE collectif (moins de 50 lots)Obligatoire au 1er janvier 2027
Source principaleservice-public.fr : F2589, F2603, F36760, F37504
## Sources - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2589) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2603) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36760) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37504) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32573) - [service-public.gouv.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2590) > Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.