Revenir sur une décision d'assemblée générale de copropriété : droits, délais
Peut-on revenir sur une décision prise en assemblée générale de copropriété ? Délai de 2 mois, qui peut agir, quel tribunal saisir : le guide complet 2026.


Oui, il est possible de contester une décision d'AG, mais dans des conditions strictes. Seuls les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent agir en justice, dans un délai de 2 mois après la notification du procès-verbal, en saisissant le tribunal judiciaire pour un motif valable (vice de forme ou de fond).
Revenir sur une décision prise en assemblée générale de copropriété est possible, mais encadré par des règles très strictes. Une fois votée, une résolution s'applique à tous, y compris aux absents et aux opposants. Il n'existe pas de droit de "repentir" simple ; les deux seules voies pour annuler ou modifier une décision sont la contestation judiciaire, réservée à certains copropriétaires dans un délai bref, ou le vote d'une nouvelle décision contraire lors d'une assemblée ultérieure. Connaître les conditions et les délais est crucial pour ne pas perdre ses droits.
Ce qu'il faut retenir
- Une décision d'AG ne peut être contestée que par les copropriétaires opposants ou défaillants.
- Le délai de recours est de 2 mois stricts après la notification du procès-verbal.
- L'absence de notification du PV par le syndic porte le délai de contestation à 5 ans.
- La saisine du tribunal judiciaire est la seule voie de recours contentieuse.
- Voter une nouvelle décision en AG est une alternative amiable pour annuler la précédente.
Ce que signifie vraiment « revenir sur » une décision d'AG
Une décision régulièrement adoptée en assemblée générale (AG) des copropriétaires acquiert une force obligatoire. Elle devient exécutoire et s'impose à l'ensemble des membres du syndicat des copropriétaires, y compris ceux qui ont voté contre ou qui étaient absents. Le syndic de copropriété est alors tenu de la mettre en œuvre. Il est donc impossible de simplement "révoquer" une décision comme on annulerait une commande. Le principe est la stabilité des décisions collectives pour assurer la bonne gestion de l'immeuble.
Cette force exécutoire signifie que les appels de fonds pour des travaux votés, par exemple, peuvent être immédiatement émis. De même, un changement de syndic ou l'approbation des comptes deviennent effectifs sans délai. Ignorer une décision en espérant qu'elle soit oubliée n'est pas une option viable et peut entraîner des poursuites pour recouvrement de charges, par exemple. La seule exception concerne les décisions qui seraient manifestement illicites ou contraires au règlement de copropriété, mais même dans ce cas, leur annulation nécessite une action formalisée.
Décision votée = décision exécutoire
Une fois le procès-verbal de l'assemblée générale rédigé et notifié, la décision est considérée comme définitive et engage le syndicat des copropriétaires. Elle produit ses effets juridiques sans attendre l'expiration du délai de contestation de deux mois. Le syndic doit donc l'exécuter. Si des travaux ont été votés, il doit signer les devis et lancer le chantier. Si les comptes ont été approuvés, il doit procéder à la régularisation des charges.
Cette exécution immédiate est un pilier de la gestion de la copropriété. Attendre la fin du délai de recours pour chaque décision paralyserait le fonctionnement de l'immeuble. C'est pourquoi un copropriétaire qui souhaite stopper les effets d'une décision qu'il conteste doit agir vite, et souvent par une procédure d'urgence spécifique, comme nous le verrons plus loin.
Deux voies possibles : judiciaire ou nouvelle AG
Face à une décision jugée insatisfaisante ou irrégulière, un copropriétaire n'a que deux options pour espérer la voir modifiée ou annulée.
- La voie judiciaire : C'est la contestation formelle de la décision devant le tribunal judiciaire. Cette action vise à obtenir l'annulation de la résolution pour un motif de forme ou de fond. Elle est soumise à des conditions strictes de recevabilité, notamment sur la qualité du demandeur et le respect d'un délai impératif.
- Le vote d'une nouvelle décision en AG : Cette voie, plus souple et moins conflictuelle, consiste à inscrire à l'ordre du jour d'une future assemblée générale (ordinaire ou extraordinaire) une nouvelle résolution ayant pour objet d'annuler, de modifier ou de remplacer la précédente. Cette méthode requiert de convaincre une majorité de copropriétaires du bien-fondé de la démarche.
Le choix entre ces deux voies dépend de l'urgence, de la nature du litige et des chances de succès de chaque démarche.
Qui peut contester une décision d'assemblée générale de copropriété ?
La loi est très claire et restrictive sur ce point. Pour pouvoir contester une décision d'assemblée générale en justice, il faut avoir un intérêt à agir. Seuls deux types de copropriétaires remplissent cette condition, comme le précise l'article 42, alinéa 2, de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. Cette règle est d'application stricte et régulièrement confirmée par la jurisprudence, comme dans un arrêt de la Cour de cassation du 16 avril 2026.
Notre dossier non-respect décision ag copropriété 2026 : tous les recours approfondit cette question.
Les deux catégories de copropriétaires habilités sont :
- Les copropriétaires opposants : Ce sont ceux qui ont expressément voté "contre" la résolution contestée. Leur opposition doit être clairement mentionnée sur la feuille de présence ou dans le procès-verbal.
- Les copropriétaires défaillants : Il s'agit des copropriétaires qui n'étaient ni présents ni représentés lors du vote de la résolution. Leur absence leur ouvre le droit de contester une décision à laquelle ils n'ont pas consenti.
Le cas des abstentionnistes est différent : la jurisprudence constante considère que s'abstenir n'est pas s'opposer. Un copropriétaire qui s'est abstenu ne peut donc pas contester la décision en justice. Son geste est interprété comme une neutralité qui ne lui confère pas la qualité d'opposant. C'est une nuance fondamentale à comprendre pour ne pas engager une procédure vouée à l'échec.
Opposants et défaillants : les seuls habilités
Selon l'article 42, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1965, l'action en contestation est ouverte aux seuls copropriétaires opposants ou défaillants. La Cour de cassation, dans un arrêt de sa troisième chambre civile du 16 avril 2026, a rappelé que cette condition est d'ordre public. Cela signifie que le juge doit la vérifier d'office et qu'on ne peut y déroger.
Un copropriétaire qui était présent et qui n'a pas voté "contre" (soit parce qu'il a voté "pour", soit parce qu'il s'est abstenu) est irrecevable à agir. Il est donc primordial, pour tout copropriétaire en désaccord avec une résolution, de s'assurer que son vote "contre" est bien enregistré et retranscrit dans le procès-verbal. C'est ce document qui constituera la preuve de sa qualité d'opposant devant le tribunal.
ERREUR COURANTE : voter pour puis contester : l'irrecevabilité garantie
⚠️ Attention : L'erreur la plus fréquente, et la plus fatale, est de voter "pour" une résolution en pensant pouvoir changer d'avis et la contester plus tard. C'est juridiquement impossible.
Le vote favorable purge définitivement le droit de critique. Un copropriétaire ayant approuvé une décision ne peut plus la remettre en cause judiciairement, quels que soient ses regrets ou les informations nouvelles dont il disposerait. Tenter une telle action aboutira systématiquement à une décision d'irrecevabilité de la part du tribunal, souvent accompagnée d'une condamnation à payer les frais de justice de la partie adverse (le syndicat des copropriétaires). Cette règle vise à garantir la sécurité juridique des décisions prises collectivement. Avant de voter, il faut donc mesurer pleinement la portée de son engagement.
Le cas du mandataire : la voix du copropriétaire absent vaut-elle opposition ?
Lorsqu'un copropriétaire donne un mandat (un "pouvoir") à une autre personne pour le représenter à l'AG, les votes émis par le mandataire engagent le copropriétaire mandant comme s'il avait voté lui-même. Si le mandataire vote "pour" une résolution, le copropriétaire absent ne sera pas considéré comme "défaillant" mais comme "ayant voté pour". Il perdra donc son droit de contestation.
Pour préserver ce droit, le copropriétaire absent doit donner des instructions claires à son mandataire, en lui demandant de voter "contre" la ou les résolutions litigieuses. Si le mandat est donné sans consignes de vote précises, le mandataire est libre de voter comme il l'entend, et ses choix lieront le copropriétaire qu'il représente. La plus grande prudence est donc de mise lors de la rédaction du mandat.
Le délai de contestation : 2 mois, et pas un jour de plus
Le délai pour agir en justice contre une décision d'assemblée générale est particulièrement court et strict. Selon la loi, cette action doit être introduite dans un délai de deux mois. Le non-respect de ce délai entraîne la forclusion, c'est-à-dire l'extinction définitive du droit d'agir. Le juge n'aura d'autre choix que de déclarer la demande irrecevable, sans même examiner le fond du dossier. Il est donc absolument essentiel de connaître le point de départ précis de ce délai et de le calculer avec soin.
Ce délai de deux mois est un délai de procédure civile qui se calcule de quantième à quantième. Il n'est ni suspendu ni interrompu par les vacances judiciaires ou les jours fériés, sauf si le dernier jour du délai est un samedi, un dimanche ou un jour férié, auquel cas il est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. Pour les copropriétaires résidant à l'étranger, le délai de procédure est augmenté de deux mois. Vous pouvez consulter un avocat spécialisé pour sécuriser le calcul de votre propre échéance.
Point de départ : la notification du procès-verbal
Le point de départ du délai de deux mois est la notification du procès-verbal (PV) de l'assemblée générale. Plus précisément, le délai commence à courir le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception notifiant le PV à votre domicile, que vous l'ayez retirée ou non. Selon le site officiel Service-public.fr (fiche F35288, 2026), c'est bien la date de première présentation qui compte, et non la date de retrait effectif du courrier à La Poste.
Cette notification est une obligation légale pour le syndic. Il doit l'envoyer aux copropriétaires opposants et défaillants. Pour les copropriétaires qui ont voté "pour", une notification par lettre simple ou par voie électronique (si le copropriétaire a donné son accord) est suffisante. Le syndic dispose d'un délai d'un mois après la tenue de l'AG pour effectuer ces notifications.
CAS PRATIQUE : calculer sa date limite pas à pas
Prenons un cas concret pour illustrer le calcul du délai et éviter toute erreur.
- Date de l'AG : mardi 15 mars 2026.
- Envoi du PV par le syndic : vendredi 18 mars 2026 en lettre recommandée avec accusé de réception.
- Première présentation par le facteur : samedi 19 mars 2026. Vous êtes absent, un avis de passage est déposé.
- Point de départ du délai de 2 mois : le lendemain de la première présentation, soit le dimanche 20 mars 2026.
- Calcul du délai : Le délai de 2 mois expire le 20 mai 2026 à minuit.
L'assignation en justice doit donc être délivrée au syndicat des copropriétaires au plus tard le 20 mai 2026. Peu importe que vous ayez retiré le recommandé le 25 mars ; c'est la date du 19 mars qui fige le point de départ. Ce calcul rigoureux est la première étape de toute contestation réussie.
PV jamais reçu : le délai exceptionnel de 5 ans
📌 Important : Que se passe-t-il si le syndic ne respecte pas son obligation et n'envoie jamais le procès-verbal aux copropriétaires opposants ou défaillants ?
Dans cette situation, le délai de deux mois ne commence jamais à courir. Cependant, l'action en justice n'est pas ouverte indéfiniment. La loi prévoit un délai de prescription général. Comme le confirme Service-public.fr (fiche F35288, 2026), le délai de contestation est alors de cinq ans à compter de la date de tenue de l'assemblée générale. C'est une protection pour les copropriétaires face à un syndic négligent. Toutefois, il est fortement déconseillé d'attendre aussi longtemps. Si vous n'avez pas reçu le PV dans le mois suivant l'AG, il faut immédiatement mettre en demeure le syndic de vous le notifier par lettre recommandée, afin de faire courir le délai de deux mois et de clarifier la situation juridique.
Les motifs valables pour contester : irrégularité de forme ou de fond ?
Pour obtenir l'annulation d'une décision d'AG, il ne suffit pas d'être en désaccord avec elle. Il faut invoquer un motif juridique valable, qui relève généralement de deux grandes catégories : les vices de forme, qui concernent les irrégularités dans le processus de convocation et de tenue de l'AG, et les vices de fond, qui touchent au contenu même de la décision. Le juge analysera la gravité de l'irrégularité soulevée pour décider d'annuler ou non la résolution.
Tous les arguments ne se valent pas. Une simple erreur matérielle dans le PV qui ne porte pas préjudice aux copropriétaires a peu de chances d'aboutir à une annulation. En revanche, l'absence d'un document essentiel à la compréhension d'une résolution peut justifier son annulation. Le rôle de l'avocat est d'identifier les motifs les plus solides et de les présenter de manière argumentée au tribunal. Il est aussi important de savoir que la participation d'un copropriétaire à l'AG sans émettre de réserves sur une irrégularité de forme peut parfois être interprétée comme une renonciation à s'en prévaloir par la suite.
Vices de forme : convocation, documents, délais
Les vices de forme sont les plus fréquents. Ils peuvent affecter la validité de l'ensemble de l'AG ou d'une seule décision. Parmi les plus courants, on trouve :
- Le non-respect du délai de convocation : La loi impose un délai minimal (généralement 21 jours) entre la date de réception de la convocation et la date de l'AG. Une convocation d'assemblée générale hors délai peut être une cause d'annulation.
- Un ordre du jour imprécis : Les questions soumises au vote doivent être formulées de manière claire et non équivoque.
- L'absence de documents obligatoires : Certains votes nécessitent la communication préalable de documents (devis, contrats, état financier...). Leur absence, confirmée par des sources comme Service-public.fr (fiche F2615), peut vicier la décision.
- Les irrégularités sur le formulaire de vote par correspondance : Ce formulaire doit être réceptionné par le syndic au plus tard 3 jours francs avant l'AG pour être valable (Service-public.fr, fiche F2619, 2026).
Vices de fond : majorité incorrecte, décision illicite
Les vices de fond sont plus graves car ils touchent à la légalité même de la décision. Voici quelques exemples :
- Le non-respect des règles de majorité : Chaque type de décision requiert une majorité spécifique (simple, absolue, double majorité, unanimité). L'application d'une mauvaise majorité applicable lors d'un vote en AG est une cause certaine d'annulation.
- Une décision contraire à la loi ou au règlement de copropriété : L'AG ne peut pas autoriser des travaux qui porteraient atteinte aux droits des autres copropriétaires ou qui violeraient les dispositions du règlement de l'immeuble.
- Un abus de majorité : C'est le cas lorsqu'une décision est prise dans l'unique but de favoriser les intérêts de certains copropriétaires au détriment de la minorité, sans que cela soit justifié par l'intérêt collectif de la copropriété.
- Une décision sur une question non inscrite à l'ordre du jour : L'assemblée ne peut délibérer que sur les points qui ont été préalablement communiqués à tous.
Ce que le juge examine en priorité
Face à une contestation, le juge va procéder à une analyse méthodique. Il vérifiera d'abord la recevabilité de l'action : le demandeur est-il bien un copropriétaire opposant ou défaillant ? Le délai de deux mois a-t-il été respecté ? Si ces conditions ne sont pas remplies, le débat est clos.
Si l'action est recevable, le juge examine ensuite le motif invoqué. Il apprécie la gravité du vice. Une irrégularité mineure qui n'a eu aucune incidence sur le sens du vote sera probablement écartée. En revanche, un vice qui a empêché les copropriétaires de voter en toute connaissance de cause (comme l'absence d'un devis pour des travaux importants) ou qui a violé une règle de majorité impérative entraînera quasi systématiquement l'annulation de la résolution. L'objectif du juge est de s'assurer que le processus démocratique de la copropriété a été respecté.
La procédure judiciaire : saisir le bon tribunal
La contestation d'une décision d'assemblée générale est une action judiciaire qui doit suivre un formalisme précis. Il ne s'agit pas d'une simple lettre de réclamation au syndic, mais bien de l'introduction d'une instance devant un tribunal. Cette démarche a des coûts (frais d'avocat, frais d'huissier) et son issue n'est jamais garantie.
La procédure commence par la rédaction d'une assignation par un avocat. Cet acte est ensuite signifié par un huissier de justice (désormais commissaire de justice) au syndicat des copropriétaires, qui est la partie défenderesse, représenté par son syndic. L'assignation expose les motifs de la contestation et demande au tribunal d'annuler la ou les résolutions litigieuses. Elle doit être "enrôlée", c'est-à-dire déposée au greffe du tribunal, pour que l'affaire soit officiellement lancée et qu'une date d'audience soit fixée. Le respect du délai de deux mois s'apprécie à la date de la délivrance de l'assignation.
Tribunal judiciaire : la seule juridiction compétente
La seule juridiction compétente pour statuer sur les litiges relatifs à la contestation des décisions d'assemblée générale de copropriété est le tribunal judiciaire, comme le précise la fiche F35288 de Service-public.fr (2026). Il s'agit du tribunal du lieu de situation de l'immeuble. Ni le tribunal de proximité, ni le tribunal de commerce ne peuvent être saisis pour ce type d'affaire.
L'action est dirigée contre le syndicat des copropriétaires et non contre le syndic personnellement, même si c'est ce dernier qui reçoit l'assignation en sa qualité de représentant légal du syndicat. C'est le syndicat qui sera condamné ou qui obtiendra gain de cause, et les frais de procédure seront supportés par l'ensemble des copropriétaires via les charges communes.
Faut-il un avocat ?
La représentation par un avocat est obligatoire devant le tribunal judiciaire pour ce type de contentieux. Il est impossible pour un copropriétaire de se défendre seul. Le choix d'un avocat spécialisé en droit de la copropriété est fortement recommandé. Il saura identifier les failles juridiques, rédiger l'assignation dans les règles, et défendre au mieux vos intérêts tout au long de la procédure, qui peut durer plusieurs mois, voire des années en cas d'appel.
Le coût de la procédure peut être partiellement ou totalement pris en charge par une assurance de protection juridique, si vous en avez souscrit une. Il est utile de vérifier les termes de votre contrat d'assurance habitation qui peut inclure cette garantie.
Peut-on suspendre l'exécution de la décision en urgence ?
Un point essentiel à comprendre est que l'assignation en justice n'a pas d'effet suspensif. La décision contestée reste applicable et le syndic doit l'exécuter tant que le tribunal n'a pas rendu son jugement d'annulation. Si des travaux ont été votés, ils peuvent commencer.
Pour bloquer en urgence les effets d'une décision, le copropriétaire doit engager, en parallèle de l'action au fond, une procédure de référé. Le juge des référés peut, s'il estime qu'il existe une contestation sérieuse et un risque de dommage imminent, ordonner la suspension de l'exécution de la décision jusqu'à ce que le juge du fond se prononce. Cette démarche est rapide mais nécessite de démontrer une urgence et un trouble manifestement illicite, ce qui n'est pas toujours aisé.
L'alternative amiable : voter une nouvelle décision contraire en AG
La voie judiciaire est longue, coûteuse et conflictuelle. Une alternative plus simple et souvent plus efficace existe : faire voter une nouvelle décision par l'assemblée générale qui vient annuler ou amender la précédente. Le syndicat des copropriétaires est souverain et peut toujours revenir sur ses propres décisions, à condition de respecter les mêmes règles de vote en assemblée générale de copropriété.
Cette approche a l'avantage de résoudre le problème en interne, sans passer par un tribunal. Elle nécessite cependant une capacité à convaincre et à rassembler une majorité de copropriétaires autour de votre proposition. C'est une démarche politique au sein de la copropriété, qui peut être menée avec l'aide du conseil syndical. Si la décision initiale était manifestement une erreur ou si de nouveaux éléments sont apparus, il est souvent possible de trouver un consensus pour la corriger. Cela préserve également les relations de voisinage, souvent mises à mal par les procédures judiciaires.
Quand une nouvelle AG peut-elle effacer la première décision ?
Une assemblée générale peut tout à fait adopter une résolution qui annule ou modifie explicitement une résolution votée lors d'une AG précédente. Par exemple, si des travaux coûteux ont été votés, une nouvelle AG peut décider de les annuler, de les reporter, ou d'opter pour un projet moins onéreux.
Pour que cela soit possible, la nouvelle résolution doit être inscrite à l'ordre du jour de la prochaine AG. Elle devra être adoptée à la même majorité que celle qui était requise pour la décision initiale. Par exemple, si la première décision a été prise à la majorité absolue de l'article 25, la décision qui l'annule devra également recueillir cette même majorité. C'est une solution pragmatique qui prouve que la vie d'une copropriété est dynamique et que les décisions peuvent évoluer avec le temps et les circonstances.
Demander une AG extraordinaire pour accélérer
L'assemblée générale ordinaire se tient une fois par an. Si la décision contestée a des effets immédiats et préjudiciables, attendre un an peut être trop long. Dans ce cas, il est possible de demander la convocation d'une assemblée générale extraordinaire (AGE).
Un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un quart des voix de tous les copropriétaires peuvent exiger du syndic qu'il convoque une AGE. Cette demande doit être faite par lettre recommandée et préciser les questions que vous souhaitez voir inscrites à l'ordre du jour. Le syndic sera alors tenu de la convoquer. C'est un outil puissant pour accélérer le processus et corriger rapidement une mauvaise décision, sans avoir à saisir la justice. Vous pouvez vous renseigner sur le délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire.
Tableau récapitulatif : votre situation en un coup d'œil
Pour y voir clair, voici un tableau qui résume les différentes situations et les actions possibles pour un copropriétaire souhaitant contester une décision.
| Situation du copropriétaire | Peut-il contester en justice ? | Délai pour agir | Voie recommandée |
|---|---|---|---|
| A voté POUR | Non | N/A | Proposer une nouvelle résolution à la prochaine AG. |
| A voté CONTRE (opposant) | Oui | 2 mois après notification du PV | Voie judiciaire si le motif est sérieux. |
| Était ABSENT (défaillant) | Oui | 2 mois après notification du PV | Voie judiciaire si le motif est sérieux. |
| S'est ABSTENU | Non | N/A | L'abstention ne donne pas le droit de contester. |
| N'a JAMAIS REÇU LE PV | Oui | 5 ans après la tenue de l'AG | Mettre en demeure le syndic, puis voie judiciaire. |
Sources
- service-public.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- e-immobilier.credit-agricole.fr
- boursorama.com
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Questions de copropriétaires
Qui peut contester une décision d'assemblée générale de copropriété ?
Seuls les copropriétaires qui ont voté contre une décision (les opposants) ou ceux qui étaient absents et non représentés (les défaillants) peuvent la contester en justice. Un copropriétaire ayant voté pour ou s'étant abstenu ne dispose pas de ce droit.
Quel est le délai pour contester une décision d'AG de copropriété ?
Le délai légal pour contester une décision d'assemblée générale est de deux mois. Ce délai court à compter du lendemain de la première présentation du procès-verbal par lettre recommandée au copropriétaire. Passé ce délai, l'action est irrecevable.
Que se passe-t-il si le syndic n'a pas envoyé le procès-verbal ?
Si le syndic n'a jamais notifié le procès-verbal de l'assemblée générale, le délai de contestation est exceptionnellement étendu à cinq ans à compter de la tenue de l'AG, selon Service-public.fr (2026). Il est toutefois conseillé d'agir bien avant pour éviter la prescription.
Peut-on annuler une décision d'AG sans aller en justice ?
Oui, il est possible d'éviter la voie judiciaire. Le syndicat des copropriétaires peut, lors d'une assemblée générale ultérieure, voter une nouvelle résolution qui annule ou modifie la décision précédente. Cette solution est souvent plus rapide et moins coûteuse qu'un procès.
La décision contestée est-elle suspendue pendant la procédure judiciaire ?
Non, le simple fait d'engager une procédure judiciaire ne suspend pas l'application de la décision. Elle reste exécutoire. Pour en suspendre les effets en urgence, il faut engager une procédure de référé et obtenir une ordonnance du juge en ce sens.
Un copropriétaire qui a voté pour peut-il revenir sur sa décision ?
Non, un copropriétaire qui a voté "pour" une résolution perd définitivement le droit de la contester en justice. Son vote est considéré comme une acceptation de la décision, le rendant irrecevable à agir, même s'il change d'avis par la suite.
