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Régularisation des charges locatives : mode d'emploi pour 2026

Tout savoir sur la régularisation annuelle des charges locatives en 2026 : délais légaux, charges récupérables, justificatifs, prescription et recours en cas

Par Caroline Boyer 8 min de lecture
Régularisation charges locataire 2026 : délais et procédure

Tous les ans, les charges locatives doivent être régularisées. Le principe : comparer les provisions versées par le locataire avec les dépenses réelles du propriétaire. Pour le locataire, le droit à un décompte détaillé et à des justificatifs est prévu par la loi. Pour le bailleur, des délais précis s'imposent : les dépasser, c'est risquer de perdre son droit à réclamer un complément. Voici les règles applicables en 2026, les montants à connaître et les recours possibles.

Ce qu'il faut retenir

  • La régularisation des charges locatives est obligatoire une fois par an : le propriétaire compare les provisions versées aux charges réelles et rembourse ou réclame la différence.
  • Le propriétaire doit envoyer un décompte détaillé au moins un mois avant la régularisation et tenir les justificatifs à disposition du locataire.
  • Le délai de prescription est de 3 ans pour réclamer un solde de charges ou demander un remboursement, passé ce délai la créance est perdue.
  • Seules les charges listées par le décret n° 87-713 sont récupérables : eau, chauffage, entretien parties communes, ordures ménagères. Les grosses réparations et la taxe foncière restent dues par le propriétaire.
  • En cas de litige, le locataire peut d'abord saisir la commission départementale de conciliation (gratuite), puis le juge des contentieux de la protection.

Qu'est-ce que la régularisation des charges locatives ?

La régularisation des charges locatives, c'est quoi au juste ? Une fois par an, on compare les provisions versées chaque mois par le locataire avec le montant réel des charges récupérables que le propriétaire a supportées.

Le mécanisme tient en peu de mots. Chaque mois, le locataire verse une somme au titre des charges (forfaitaire ou estimative). En fin d'exercice, le bailleur fait les comptes :

  • Provisions > charges réelles → il rembourse la différence.
  • Provisions < charges réelles → le locataire paie le complément.

Tout ça, c'est la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (art. 23) et le décret n° 87-713 du 26 août 1987 qui l'encadrent. Ce dernier fixe la liste des charges récupérables. Locations vides comme meublées, résidence principale uniquement. Pour savoir qui paie quoi en copropriété, notre guide sur qui paie les charges de copropriété entre locataire et propriétaire vous éclaire.

Quel est le délai légal pour la régularisation des charges ?

Deux délais à ne pas rater pour le propriétaire. Le premier, c'est l'envoi du décompte : l'état récapitulatif annuel doit parvenir au locataire au moins un mois avant la date de régularisation. C'est ce que précise le site economie.gouv.fr (août 2025). Un mois de battement pour que le locataire vérifie les montants et demande ses justificatifs avant de payer.

Second délai : la prescription. Le bailleur a 3 ans pour réclamer des charges impayées. Passé ce délai, sa créance tombe (service-public.gouv.fr). Même chose pour le locataire : 3 ans pour demander un remboursement de provisions trop versées. La Cour de cassation l'a rappelé dans un arrêt du 29 janvier 2026 (legifrance.gouv.fr), en rejetant la demande d'une locataire qui réclamait des provisions de 2016 : trop tard, le délai de 3 ans était dépassé.

Quelles charges sont récupérables auprès du locataire ?

Toutes les dépenses du propriétaire ne passent pas chez le locataire. Seules les charges récupérables listées dans le décret n° 87-713 du 26 août 1987 sont régularisables. Trois grandes catégories.

  • Services individuels liés au logement : eau froide et eau chaude, électricité des parties communes, chauffage collectif, entretien des compteurs.
  • Entretien courant des parties communes : nettoyage, éclairage, ascenseur, espaces verts, maintenance légère.
  • Taxes et redevances : TEOM (enlèvement des ordures ménagères), redevance d'assainissement.

Ce que le locataire ne paie pas : les grosses réparations (toiture, ravalement, mise aux normes), la taxe foncière, les honoraires de gestion locative, les frais de contentieux. On détaille ces exceptions dans notre article sur les 5 dépenses que le locataire ne doit pas payer. La part du locataire dans les charges varie selon l'immeuble et ses équipements ; notre fiche sur la part du locataire dans les charges de copropriété vous aide à y voir clair.

Comment se déroule la régularisation annuelle des charges ?

La régularisation, ça se fait en plusieurs étapes. Le propriétaire doit les respecter à la lettre.

1. L'état récapitulatif annuel. Le bailleur prépare un document : toutes les charges réelles de l'année, moins les provisions déjà versées, ça donne le solde. Assez de détails pour que le locataire puisse vérifier chaque poste.

2. Les justificatifs à disposition. Le locataire peut exiger de voir les factures, contrats d'entretien, appels de fonds du syndic. Le propriétaire n'a pas le droit de refuser, rappelle Boursorama le 16 février 2026. Doute persistant ? Saisine possible de la commission départementale de conciliation.

3. Le paiement du solde. Décompte transmis et vérifié, le locataire paie le complément sous 30 jours en général. Si c'est le propriétaire qui doit rembourser, il le fait sans attendre.

Des rappels de charges de plusieurs milliers d'euros, ça arrive. Boursorama le 21 avril 2026 en parle : des locataires en Essonne ont subi des régularisations massives. La cause ? Des provisions sous-estimées ou des travaux non anticipés. Pour éviter ça, le propriétaire gagnerait à caler ses provisions sur les exercices précédents.

Régularisation des charges après le départ du locataire

Le locataire qui déménage ? Pas de dispense de régularisation. Le propriétaire doit produire un décompte définitif au prorata du temps d'occupation réel.

Le calcul se fait en deux temps. D'abord, le bailleur additionne les charges réellement dues entre le 1er janvier (ou le début du bail) et la date de remise des clés. Ensuite, il compare avec les provisions versées sur la même période. La régularisation au prorata est obligatoire, même pour un bail de quelques mois.

Le délai de 3 ans pour réclamer court à partir de la fin du bail. Pour sécuriser sa créance, le propriétaire envoie le décompte en recommandé avec AR. La Cour de cassation, le 12 février 2026 (legifrance.gouv.fr), a rappelé que tout impayé de charges doit reposer sur un décompte précis. Sans ça, le locataire peut refuser de payer.

Et si le propriétaire traîne trop (plusieurs mois après le départ) ? Le locataire peut contester. Les tribunaux considèrent qu'un envoi sous 3 à 6 mois est raisonnable.

Que faire en cas d'erreur ou de litige sur les charges ?

Les litiges sur les charges, c'est fréquent. Le locataire peut contester s'il estime que des charges non récupérables lui ont été facturées, que le décompte manque de détails, ou que la prescription est dépassée.

D'abord : demander les justificatifs. Le propriétaire doit les fournir (factures, contrats, appel de charges du syndic). S'il refuse, la commission départementale de conciliation (gratuite) peut être saisie avant d'aller au tribunal.

Ensuite : le juge des contentieux de la protection. Conciliation en échec ? Le locataire assigne le propriétaire. Un arrêt de la Cour de cassation du 29 janvier 2026 (legifrance.gouv.fr) précise que l'état récapitulatif annuel doit inclure la liquidation et la régularisation des comptes pour être valable.

Cas particulier : le forfait de charges. Certains baux prévoient un montant fixe, sans régularisation. Le propriétaire ne peut alors pas réclamer de complément, même si les charges réelles explosent. Il peut réviser ce forfait une fois par an, mais seulement selon l'IRL, comme le rapporte Boursorama le 12 janvier 2026. À l'inverse, si le forfait est trop élevé, le locataire peut demander une baisse.

Un propriétaire qui ne respecte pas ses obligations ? Sa demande peut être rejetée. Boursorama rapportait le 10 octobre 2025 l'histoire d'une locataire menacée d'expulsion pour impayés de charges et qui a fait annuler la dette : aucun décompte régulier n'avait été transmis.

Les erreurs à éviter pour les propriétaires bailleurs

Propriétaires, certaines erreurs peuvent coûter cher dans la régularisation annuelle. Les plus fréquentes :

  • Pas de décompte dans les temps. Il faut le transmettre au moins un mois avant de demander le paiement. Sinon, le locataire peut refuser de payer.
  • Des charges non récupérables facturées. Grosses réparations, taxe foncière, frais de gestion : tout ça reste à la charge du propriétaire. Les inclure, c'est s'exposer à une contestation et à des dommages-intérêts.
  • Des provisions trop justes. Résultat : des rappels élevés qui tendent la relation locative et génèrent des impayés. Mieux vaut provisionner un peu plus et rembourser le surplus en fin d'année.
  • Pas de régularisation après un départ. Le délai de 3 ans court toujours. Trop attendre pour envoyer le décompte définitif peut faire perdre la créance.

Pour calculer la répartition entre propriétaire et locataire, notre guide pratique sur le calcul de la répartition des charges en copropriété peut aider. En cas de doute, un gestionnaire de biens ou un avocat spécialisé est toujours une bonne idée.

Fiche pratique

Cadre légalLoi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (art. 23) + Décret n° 87-713 du 26 août 1987
Délai d'envoi du décompteAu moins 1 mois avant la régularisation (economie.gouv.fr, 2025)
Délai de prescription3 ans pour réclamer un solde ou un remboursement
Plafond frais de dossier (ALUR)200 € maximum (e-immobilier.credit-agricole.fr, 2026)
Révision du forfait de charges1 fois par an, selon l'IRL uniquement
Recours gratuitCommission départementale de conciliation
Référenceservice-public.gouv.fr, legifrance.gouv.fr, economie.gouv.fr

Sources

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions de copropriétaires

Quand se fait la régularisation des charges locatives ?

En général une fois par an, en fin d'année civile ou à la date anniversaire du bail. Le propriétaire doit envoyer un décompte détaillé au moins un mois avant de réclamer un complément. Aucune date fixe dans la loi, mais le délai de prescription de 3 ans s'applique.

Comment faire la régularisation des charges locatives ?

Le propriétaire prépare un état récapitulatif annuel : provisions versées d'un côté, charges réelles de l'autre. Il calcule le solde et l'envoie au locataire, qui peut consulter les justificatifs (factures, contrats). Si les provisions dépassent les charges, le propriétaire rembourse. Sinon, le locataire paie le complément.

Quel est le délai pour réclamer les charges locatives ?

3 ans pour réclamer un solde de charges impayées. Le délai court à partir du moment où la créance est exigible. Passé ce délai, le propriétaire ne peut plus exiger le paiement. Le locataire a aussi 3 ans pour demander un remboursement.

Quelle est la régularisation des charges locatives par la loi ?

La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (art. 23) oblige le propriétaire à une régularisation annuelle. Il doit communiquer un décompte par nature de charges avec le mode de répartition. Le locataire peut exiger les justificatifs. Pas de régularisation dans les 3 ans ? La créance est prescrite. Ces règles valent pour les locations vides et meublées à usage de résidence principale.