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Assemblée générale

Compte rendu d'assemblée générale en copropriété : ce que tout copropriétaire

Que contient un compte rendu d'assemblée générale de copropriété ? Mentions obligatoires, délais légaux, conservation et pièges à éviter : le guide complet

Caroline BoyerCaroline Boyer 11 min de lecture

Le compte rendu d'assemblée générale de copropriété est officiellement un procès-verbal des décisions, document juridique obligatoire régi par la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967. Le syndic doit le notifier à chaque copropriétaire dans un délai de deux mois après l'AG. Les copropriétaires opposants ou défaillants disposent ensuite d'un délai de deux mois à compter de cette notification pour contester une résolution devant le tribunal judiciaire.

Le compte rendu d'assemblée générale de copropriété – officiellement appelé procès-verbal des décisions – est le document qui officialise l'ensemble des résolutions adoptées par les copropriétaires. Contrairement à une association loi 1901, ce PV n'a pas besoin d'être approuvé lors d'une assemblée ultérieure pour produire ses effets. Il engage immédiatement la copropriété, sous réserve de contestation dans les deux mois. Voici les règles à connaître pour le lire, le vérifier et le conserver.

En bref

  • Le PV d'AG de copropriété est un document officiel qui engage la copropriété dès sa signature.
  • Les mentions obligatoires (quorum, résultats de vote, ouverture/clôture) conditionnent la validité des résolutions.
  • Le délai de notification est de deux mois, et le délai de contestation de deux mois à compter de la notification.
  • Le PV n'a pas besoin d'être approuvé lors d'une AG suivante, contrairement aux associations.
  • Conservez vos PV pendant toute la durée d'effet des décisions, et contestez sans attendre si une irrégularité est constatée.

Compte rendu ou procès-verbal : quelle différence en copropriété ?

Le terme « compte rendu » est d'usage courant, mais en copropriété, le document officiel s'appelle procès-verbal des décisions. Cette distinction est juridiquement importante : le PV est un acte obligatoire qui fait foi des résolutions adoptées, tandis que le compte rendu peut être une simple synthèse informelle sans valeur légale. La loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967 imposent au syndic de rédiger un PV pour chaque assemblée et de le consigner dans un registre spécial.

Le PV n'est pas un simple résumé des discussions : il doit refléter fidèlement l'ordre du jour, les résultats des votes et les décisions prises. Une résolution non retranscrite ou mal formulée peut être contestée devant le tribunal judiciaire. À l'inverse, une résolution correctement enregistrée dans le PV produit ses effets dès la clôture de l'assemblée.

Le PV : document légalement obligatoire

Le syndic a l'obligation de rédiger un procès-verbal pour chaque assemblée générale, qu'elle soit ordinaire ou extraordinaire. Ce PV doit être établi séance tenante ou dans les jours qui suivent, puis signé par le président de séance et le secrétaire. Il est ensuite reporté dans le registre des procès-verbaux, un registre coté et paraphé qui peut être consulté par tout copropriétaire sur demande. Le défaut de PV ou une inscription incomplète peut entraîner l'annulation de l'assemblée.

Compte rendu vs procès-verbal : ce que dit la loi 1965

Le droit de la copropriété ne connaît pas la notion de « compte rendu » au sens juridique. Le document officiel est le procès-verbal des décisions, régi par l'article 17 du décret du 17 mars 1967. Il ne s'agit pas d'un compte rendu de réunion détaillant les échanges, mais d'un relevé des délibérations et des résultats de vote. Cette précision évite la confusion avec les associations loi 1901, où le compte rendu est souvent soumis à approbation lors de l'assemblée suivante. En copropriété, le PV est définitif dès sa signature.

Les mentions obligatoires d'un compte rendu d'AG de copropriété

Le contenu du PV est strictement encadré. L'absence de certaines mentions peut entraîner la nullité d'une ou plusieurs résolutions. Voici les éléments que le syndic doit impérativement faire figurer.

  • Date, heure et lieu de la réunion : ces informations permettent de vérifier la régularité de la convocation et la tenue de l'assemblée. Une erreur sur la date peut justifier un recours si elle empêche de vérifier le respect du délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire.
  • Nom et qualité du président de séance et du secrétaire : ils sont désignés en début de séance. Leur identité doit figurer au PV.
  • Feuille de présence : elle mentionne tous les copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance, avec le nombre de voix correspondant. C'est la base du calcul du quorum.

Informations générales : date, lieu, participants

Le PV doit aussi indiquer la liste des copropriétaires absents ou non représentés, et le cas échéant, les mandats de représentation. Cette liste est annexée au PV. Le syndic doit joindre la feuille de présence émargée, qui constitue une pièce justificative essentielle en cas de contestation.

Le quorum et les résultats de vote résolution par résolution

Pour chaque résolution, le PV doit mentionner le nombre de voix exprimées pour, contre et les abstentions, ainsi que les majorités requises et atteintes. Le décompte des abstentions obéit à des règles précises : selon la jurisprudence, les abstentions ne sont pas comptabilisées dans les voix exprimées, mais elles peuvent affecter le quorum (voir comment comptabiliser les abstentions dans un vote de copropriété). Un PV qui ne détaille pas le résultat de chaque vote est irrégulier.

Ouverture et clôture de séance : mentions souvent oubliées

L'heure d'ouverture et de clôture de la séance est une mention obligatoire, souvent négligée. Elle permet de vérifier que l'assemblée s'est tenue dans les conditions prévues et que les débats ont été suffisants. L'absence de ces mentions peut être un motif d'annulation, notamment si un copropriétaire démontre que la durée de la séance n'a pas permis un débat loyal sur les résolutions.

Quel délai pour recevoir le compte rendu d'assemblée générale ?

Le syndic dispose d'un délai de deux mois à compter de la tenue de l'assemblée pour notifier le procès-verbal à chaque copropriétaire (décret du 17 mars 1967). Ce délai est impératif. La notification peut être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise contre émargement. Depuis l'ordonnance du 30 octobre 2019, la notification dématérialisée est également possible, à condition que le copropriétaire ait donné son accord exprès.

Un envoi tardif ne rend pas le PV nul, mais il retarde le point de départ du délai de contestation. Le copropriétaire qui reçoit le PV après le délai de deux mois conserve le droit de contester pendant deux mois à compter de la réception effective. En pratique, un syndic qui ne respecte pas ce délai s'expose à une action en responsabilité.

Le délai réglementaire d'envoi du PV

Le point de départ du délai de contestation est la notification du PV, et non la date de l'assemblée. Si le syndic tarde à envoyer le document, le copropriétaire bénéficie d'un délai de recours allongé. Cette règle est cruciale pour les copropriétaires absents ou non représentés, qui n'ont pas eu connaissance immédiate des décisions.

Envoi papier ou dématérialisé : ce que la loi autorise

La notification par voie électronique est admise si le copropriétaire a expressément accepté ce mode de communication. L'accord doit être écrit et peut être révoqué à tout moment. En l'absence d'accord, l'envoi postal reste obligatoire. Le syndic doit conserver la preuve de l'envoi (avis de réception ou accusé de lecture électronique) pendant toute la durée du délai de recours.

CAS PRATIQUE : lire et vérifier son PV d'AG étape par étape

Prenons un cas concret : Mme Durand, copropriétaire dans une résidence de 20 lots, reçoit le PV de l'assemblée générale du 15 mars 2026. Elle veut s'assurer de sa régularité. Voici les trois étapes qu'elle suit.

  1. Vérifier la feuille de présence et le quorum : Mme Durand contrôle que la feuille de présence annexée mentionne bien les 15 copropriétaires présents ou représentés, totalisant 750 voix sur 1 000. Le quorum de l'article 25 de la loi de 1965 (majorité des voix de tous les copropriétaires) est donc atteint. Elle relève que son propre nom figure bien.

  2. Contrôler les résultats de vote résolution par résolution : elle examine la résolution n° 4 sur le ravalement de façade. Le PV indique 600 voix pour, 100 contre et 50 abstentions. La majorité requise (majorité de l'article 25) est obtenue. Elle vérifie que les abstentions n'ont pas été comptabilisées dans les voix pour (ce qui fausserait le résultat).

  3. Repérer une erreur et réagir dans les délais : Mme Durand constate que la résolution n° 7, portant sur l'installation de panneaux solaires, a été adoptée avec 400 voix pour, alors que la majorité absolue des voix de tous les copropriétaires (article 25) n'était pas atteinte. Elle décide de contester dans les deux mois suivant la notification.

Combien de temps conserver le compte rendu d'assemblée générale ?

Le syndic doit conserver le registre des PV pendant toute la durée de son mandat, puis le transmettre à son successeur. Ce registre est un document permanent de la copropriété. Aucune durée légale de conservation n'est imposée au copropriétaire, mais il est prudent de garder les PV tant que les décisions produisent des effets (par exemple, un emprunt sur 15 ans).

En pratique, conservez les PV dans un dossier dédié, sous format papier ou numérique. En cas de litige, ces documents servent de preuve. Le registre tenu par le syndic peut être consulté par tout copropriétaire sur demande écrite. Cette consultation est un droit, sans qu'il soit nécessaire de justifier d'un motif particulier.

ERREUR COURANTE : confondre approbation du PV et validité des décisions

Beaucoup de copropriétaires, habitués aux règles des associations, croient que le PV doit être « approuvé » par un vote lors de l'assemblée suivante pour être valide. Cette croyance est fausse en copropriété. Les décisions prennent effet dès la clôture de l'assemblée, sans attendre une quelconque validation ultérieure.

Conséquence concrète : attendre l'approbation du PV pour contester une résolution peut faire perdre tout droit de recours. Le délai de contestation de deux mois court à partir de la notification du PV, et non d'une hypothétique approbation. Un copropriétaire qui laisse passer ce délai en croyant pouvoir contester plus tard verra son action déclarée irrecevable par le tribunal.

Le mythe de l'approbation du PV en copropriété

La confusion vient des associations loi 1901, où le compte rendu d'assemblée générale est effectivement soumis à l'approbation des membres lors de la réunion suivante. Or, la loi du 10 juillet 1965 ne prévoit aucune procédure d'approbation du PV. Le PV fait foi par lui-même. Une résolution qui serait « approuvée » en AG n'aurait aucune valeur juridique supplémentaire.

Délai de contestation : 2 mois pour agir

Le délai de deux mois pour contester une décision d'assemblée générale est prévu par l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Il s'agit d'un délai de forclusion, c'est-à-dire qu'il ne peut être prorogé. Passé ce délai, la décision devient définitive. Le copropriétaire qui souhaite contester doit saisir le tribunal judiciaire par assignation. Le simple envoi d'une lettre recommandée au syndic n'interrompt pas le délai.

Pour des retours d'expérience et des analyses plus approfondies sur ce type de procédure, découvrez ce qui a été appris du PV d'AG en copropriété en 2025.

Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez découvrir les enseignements tirés de l'expérience du procès-verbal d'assemblée générale en copropriété en 2025.

Compte rendu d'AG de copropriété : modèle et ressources pratiques

Il n'existe pas de modèle officiel de PV imposé par la loi, mais le document doit respecter un formalisme précis. Vous pouvez vous inspirer d'un modèle de PV d'assemblée générale en veillant à ne pas reprendre les mentions spécifiques aux associations (comme l'approbation du PV). Le PV doit être structuré en parties distinctes : informations générales, ordre du jour, résolutions avec résultats des votes, et signatures.

Pour les copropriétaires, l'essentiel est de vérifier trois points : la régularité de la convocation (voir les conséquences d'une convocation hors délai), la complétude des mentions du PV, et le respect des règles de majorité. En cas de doute, le recours à un avocat spécialisé est recommandé.

Ce que doit contenir un modèle de PV de copropriété

Un modèle complet doit inclure : l'identification de la copropriété, la date et le lieu de l'assemblée, la liste des copropriétaires avec leur nombre de voix, la feuille de présence, le quorum, l'ordre du jour, chaque résolution avec son résultat (voix pour, contre, abstentions), et les signatures du président, du secrétaire et du syndic. Le modèle doit aussi prévoir un emplacement pour le tampon du syndic.

Où trouver un modèle conforme à la loi 1965

Des modèles sont disponibles sur les sites des associations de copropriétaires, des syndics professionnels, ou sur service-public.fr. Le site de l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement) propose également des guides pratiques. Avant d'utiliser un modèle, assurez-vous qu'il est à jour des dernières modifications législatives, notamment l'ordonnance de 2019 sur la dématérialisation.

Fiche pratique

Document légalProcès-verbal des décisions (art. 17 du décret du 17 mars 1967)
Délai d'envoi par le syndic2 mois après la tenue de l'AG (art. 42 du décret de 1967)
Délai de contestation2 mois à compter de la notification du PV (art. 42 al. 2 de la loi du 10 juillet 1965)
Mentions obligatoiresDate, lieu, liste des présents/représentés, tantièmes, quorum, ordre du jour, résultat vote par résolution, heures ouverture/clôture
Registre des PVObligatoire, tenu par le syndic, consultable par tout copropriétaire sur demande
Qui peut contester ?Copropriétaires opposants (ayant voté contre) et défaillants (absents non représentés)
Juridiction compétenteTribunal judiciaire du lieu de l'immeuble

Sources

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions de copropriétaires

Quel délai pour un PV d'AG ?

Le syndic doit notifier le PV aux copropriétaires dans un délai de deux mois après l'assemblée (décret du 17 mars 1967). Ce délai est impératif. Le copropriétaire dispose ensuite de deux mois pour contester, à compter de la notification.

Comment appelle-t-on le compte rendu d'une assemblée générale ?

En copropriété, le document officiel est le procès-verbal des décisions. Le terme « compte rendu » est un usage courant, mais juridiquement, c'est le PV qui fait foi et qui est exigé par la loi du 10 juillet 1965.

Comment rédiger un compte rendu exemplaire ?

Un PV exemplaire doit être clair, structuré, et reprendre toutes les mentions obligatoires : date, lieu, feuille de présence, quorum, ordre du jour, résultat de chaque vote (pour, contre, abstentions), et les signatures. Il doit être rédigé sans délai et conservé dans le registre des PV.

Combien de temps garder les compte rendu d'assemblée générale ?

Le syndic conserve le registre des PV sans limite de durée. Pour le copropriétaire, il est conseillé de conserver les PV tant que les décisions produisent des effets (ex. : emprunt en cours, travaux non achevés). En cas de litige, ils servent de preuve.