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Assemblée générale

Assemblée générale copropriété : règles de vote

Majorité simple, absolue, double majorité : maîtrisez les règles de vote en assemblée générale de copropriété pour prendre et contester les bonnes décisions en 2026.

Par La rédaction 9 min de lecture
Assemblée générale copropriété : règles de vote

Les règles de vote en assemblée générale de copropriété, c'est ce qui détermine si une décision tient ou tombe : travaux, budget, changement de syndic, modification du règlement. Trois régimes de majorité coexistent, chacun rattaché à un type de résolution bien précis. Appliquer le mauvais seuil, et la décision peut finir devant le tribunal judiciaire. Ce guide détaille chaque régime, les mécanismes de passerelle et les erreurs classiques à éviter.

Ce qu'il faut retenir

  • La majorité simple (article 24) s'applique aux décisions courantes : elle requiert la majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance.
  • La majorité absolue (article 25) exige la majorité des voix de tous les copropriétaires, qu'ils soient présents ou non à l'assemblée générale.
  • Si une résolution soumise à l'article 25 recueille au moins un tiers des voix de l'ensemble des copropriétaires, un second vote à la majorité simple peut être organisé immédiatement.
  • La double majorité (article 26) requiert à la fois la majorité des copropriétaires ET les deux tiers des voix ; elle concerne notamment la modification des parties communes ou du règlement de copropriété.
  • Une décision irrégulière peut être contestée dans un délai de 2 mois suivant la notification du procès-verbal, par tout copropriétaire opposant ou défaillant.

Pourquoi les règles de vote en assemblée générale copropriété sont si strictes

La loi du 10 juillet 1965 et son décret du 17 mars 1967 sont les deux textes qui organisent la vie des copropriétés en France. Chaque copropriétaire dispose d'un nombre de voix proportionnel à ses tantièmes, c'est-à-dire à sa quote-part des parties communes. Cette logique de proportionnalité explique pourquoi plusieurs seuils de majorité existent : une décision anodine n'exige pas le même niveau de consensus qu'une transformation lourde de l'immeuble.

Selon service-public.fr, les copropriétaires doivent se réunir au moins une fois par an pour statuer sur les travaux et les orientations de l'immeuble. Cette assemblée annuelle est obligatoire. Des assemblées extraordinaires peuvent s'y ajouter à tout moment si une décision urgente s'impose.

Trois régimes structurent les votes : la majorité simple (article 24), la majorité absolue (article 25), la double majorité (article 26). L'unanimité existe aussi, mais elle reste réservée à des cas vraiment exceptionnels. Savoir quel régime s'applique à quelle résolution, c'est la première chose à maîtriser quand on est copropriétaire actif.

Les charges de copropriété et leur répartition sont directement liées aux décisions prises en assemblée, notamment lors du vote du budget prévisionnel.

Majorité simple (article 24) : les décisions courantes

La majorité simple, celle de l'article 24, est la règle de droit commun. Elle s'applique à tout ce qui n'est pas expressément soumis à un régime plus contraignant. Une résolution est adoptée si elle obtient la majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance.

Les abstentions ne comptent pas comme des voix contre : elles sortent du calcul. Si 60 voix participent au vote et que 10 s'abstiennent, la majorité se calcule sur les 50 voix exprimées. Ce point crée souvent de la confusion en séance, franchement à tort, car le texte est clair.

Les décisions typiquement soumises à l'article 24 :

  • Vote du budget prévisionnel : approbation annuelle des dépenses courantes
  • Travaux d'entretien courant : réparations des parties communes sans caractère exceptionnel
  • Autorisation du conseil syndical : délégation de pouvoirs dans les limites fixées
  • Adaptation du règlement aux nouvelles dispositions légales (dans certains cas)
  • Élection du président de séance en ouverture d'assemblée

Le président de séance a un rôle central : il dirige les débats, veille à l'ordre des votes et cosigne le procès-verbal avec le secrétaire et les scrutateurs. Son élection en tout début de réunion conditionne la régularité formelle de toute la séance.

Majorité absolue (article 25) : travaux importants et gestion clé

La majorité absolue, celle de l'article 25, fonctionne autrement : elle exige la majorité des voix de l'ensemble des copropriétaires, pas seulement de ceux présents. Un copropriétaire absent et non représenté vote donc implicitement contre, puisque ses voix manquent au total nécessaire. Ça pousse à soigner la participation et à collecter des délégations.

Les décisions soumises à l'article 25 :

  • Désignation ou révocation du syndic et des membres du conseil syndical
  • Travaux affectant les parties communes non couverts par le budget courant
  • Travaux d'économies d'énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • Installation d'équipements nouveaux : interphones, digicode, bornes de recharge électrique
  • Délégation de pouvoirs étendue au conseil syndical au-delà des actes conservatoires

La règle dite de la passerelle est un mécanisme clé. Si la résolution n'atteint pas la majorité absolue mais recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, l'assemblée peut procéder immédiatement à un second vote à la majorité simple de l'article 24. Ce filet de sécurité évite les blocages dans les copropriétés où la participation est faible, comme le rappelle service-public.fr.

Exemple concret : une copropriété de 1 000 tantièmes vote la désignation d'un nouveau syndic. La résolution obtient 380 voix (38 %). La majorité absolue requise est 501 voix, non atteinte. Mais 380 > 333 (un tiers de 1 000), donc un second vote peut être organisé séance tenante, cette fois à la majorité simple.

Double majorité (article 26) : modifier les parties communes et le règlement

La double majorité, prévue à l'article 26, est la plus contraignante des majorités ordinaires. Elle impose de réunir simultanément deux conditions :

  • La majorité des copropriétaires en nombre de personnes (plus de la moitié)
  • Les deux tiers des voix de l'ensemble des copropriétaires

Les deux critères doivent être satisfaits en même temps. Avoir les deux tiers des voix sans la majorité en nombre de têtes ne suffit pas, et inversement.

Les décisions concernées :

  • Modification du règlement de copropriété portant sur la jouissance, l'usage ou l'administration des parties communes
  • Aliénation de parties communes dont la conservation n'est plus nécessaire à la destination de l'immeuble
  • Surélévation ou construction de nouveaux locaux à usage privatif
  • Suppression du poste de concierge et aliénation du logement correspondant

Selon service-public.fr, cette procédure reste lourde, ce qui explique, soyons honnêtes, que les règlements de copropriété restent souvent figés pendant des décennies dans de nombreux immeubles.

L'unanimité, enfin, est réservée à des cas encore plus rares : vente de parties communes indispensables à la destination de l'immeuble, ou modification des droits privatifs d'un copropriétaire sans son accord.

Délégations de vote et déroulement de l'assemblée générale

Un copropriétaire absent peut se faire représenter par un mandataire de son choix : un autre copropriétaire, un membre de sa famille, ou toute autre personne. Depuis la loi ALUR de 2014, un même mandataire ne peut pas détenir plus de 3 délégations.

Mais il y a une exception. Selon service-public.fr, cette limite ne s'applique pas si le total des voix détenues par le mandataire (y compris les siennes propres) ne dépasse pas 5 % des voix du syndicat. Un copropriétaire minoritaire peut donc collecter davantage de procurations sans déséquilibrer les votes.

Le déroulement type d'une assemblée générale :

  1. Vérification du quorum et des pouvoirs : feuille de présence signée, mandats contrôlés
  2. Élection du président de séance et du bureau (secrétaire, scrutateurs) à la majorité simple
  3. Examen des résolutions dans l'ordre de l'ordre du jour figurant dans la convocation
  4. Vote sur chaque résolution selon la majorité applicable
  5. Signature du procès-verbal par le président, le secrétaire et les scrutateurs

La durée varie pas mal selon la taille de l'immeuble : de 1 heure pour une petite copropriété jusqu'à 4 à 6 heures pour un grand ensemble avec de nombreux travaux à l'ordre du jour. Prévoir du temps n'est pas un luxe pour éviter de bâcler les votes importants.

Procès-verbal et notification : formalités après le vote

Le procès-verbal d'assemblée générale est le document qui fait foi des décisions prises. Selon service-public.fr, chaque procès-verbal doit être inscrit dans un registre tenu par le syndic. Il mentionne les résolutions soumises au vote, le résultat de chaque scrutin (voix pour, voix contre, abstentions) et l'identité des copropriétaires opposants.

C'est la notification aux copropriétaires absents et non représentés qui déclenche le délai de contestation : 2 mois à compter de cette notification. Passé ce délai, la décision devient définitive et opposable à tous, y compris à ceux qui avaient voté contre.

Pour les copropriétaires présents ou représentés, le délai de 2 mois court à partir de la date de la réunion elle-même, pas de la notification du procès-verbal. La distinction compte pour calculer le point de départ exact du recours.

Le syndic doit adresser le procès-verbal dans un délai raisonnable, généralement interprété comme 1 mois après l'assemblée. Tout retard excessif complique l'exécution des décisions, notamment pour lancer des travaux sur les parties communes.

Contester une décision : qui peut agir et dans quel délai

Une décision d'assemblée générale peut être contestée devant le tribunal judiciaire. Seuls les copropriétaires défaillants (absents non représentés) ou opposants (ayant voté contre) ont qualité pour agir, rappelle service-public.fr. Un copropriétaire qui a voté pour ne peut pas se retourner contre la décision ensuite.

Les motifs de contestation les plus fréquents :

  • Irrégularité de la convocation : délai non respecté (21 jours minimum), ordre du jour incomplet ou documents manquants
  • Erreur de majorité appliquée : résolution adoptée sous un régime de vote trop faible
  • Absence de qualité des votants : participation de personnes sans droit de vote ou fraude sur les mandats
  • Violation du règlement de copropriété : décision contraire à ses clauses

Le délai de recours est de 2 mois pour les décisions ordinaires. Aucune prorogation n'est possible, sauf circonstance exceptionnelle reconnue par le juge.

Consulter un avocat spécialisé en droit de la copropriété avant d'agir, c'est une précaution qui vaut le coup : les frais de procédure peuvent dépasser le coût de la décision contestée. Un avis juridique préalable permet d'évaluer les chances de succès et d'éviter une condamnation aux dépens.

Fiche pratique

Fréquence minimale de l'AG1 fois par an (obligatoire)
Délai de convocation21 jours minimum avant la tenue de l'AG
Majorité simple – article 24Majorité des voix des présents/représentés
Majorité absolue – article 25Majorité des voix de TOUS les copropriétaires
Seuil de passerelle (art. 25 → art. 24)Au moins 1/3 des voix de l'ensemble des copropriétaires
Double majorité – article 26Majorité des copropriétaires + 2/3 des voix
Délégations de vote par mandataire3 maximum (sauf si total voix ≤ 5 % du syndicat)
Délai de contestation d'une décision2 mois à compter de la notification du PV (copropriétaires absents)
Source officielleservice-public.fr (F2137, F2619, F2636, F35288)

Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.

Questions de copropriétaires

Comment compter les abstentions dans un vote en assemblée générale de copropriété ?

Les abstentions ne sont pas comptabilisées comme des voix contre. Pour la majorité simple (article 24), elles sortent du calcul : seules les voix exprimées (pour et contre) servent de base. Pour la majorité absolue (article 25) et la double majorité (article 26), les abstentions pèsent de fait contre la résolution, parce qu'elles ne viennent pas grossir les voix calculées sur l'ensemble des tantièmes.

Qu'est-ce que la règle de passerelle entre majorité absolue et majorité simple ?

La passerelle permet un second vote immédiat à la majorité simple (article 24) quand une résolution soumise à la majorité absolue (article 25) échoue mais recueille au moins un tiers des voix de l'ensemble des copropriétaires. Ce mécanisme évite les blocages dans les copropriétés à faible participation. Il ne s'applique pas aux décisions relevant de la double majorité (article 26).

Quel est le rôle du président de séance en assemblée générale de copropriété ?

Le président de séance est élu par les copropriétaires à la majorité simple en début d'assemblée. Il dirige les débats, veille au respect de l'ordre du jour, organise chaque vote et s'assure que la majorité applicable est correctement décomptée. Il cosigne le procès-verbal en fin de séance, avec le secrétaire et les scrutateurs. Son élection conditionne la régularité formelle de toute l'assemblée.

Dans quel délai peut-on contester une décision d'assemblée générale de copropriété ?

Le délai de contestation est de 2 mois. Pour les copropriétaires présents ou représentés, ce délai court à partir de la date de l'assemblée. Pour les absents non représentés (défaillants), il court à partir de la notification du procès-verbal. Seuls les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent saisir le tribunal judiciaire. Passé ce délai, la décision est définitive et opposable à tous.

Combien de délégations de vote un mandataire peut-il détenir en AG de copropriété ?

En principe, un mandataire ne peut pas recevoir plus de 3 délégations de vote en assemblée générale de copropriété. Cette limite ne s'applique toutefois pas lorsque le total des voix détenues par le mandataire (ses propres voix incluses) ne dépasse pas 5 % des voix du syndicat. Cette règle est fixée par la loi ALUR de 2014 et vérifiée par service-public.fr.