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Honoraires de syndic sur travaux : quel pourcentage, comment le voter

Quel pourcentage d'honoraires le syndic peut-il facturer sur les travaux en copropriété ? Fourchettes de marché, vote en AG, calcul et recours expliqués

Caroline BoyerCaroline Boyer 20 min de lecture
Honoraires de syndic : qu'est ce que ça comprend exactement ?

Aucun plafond légal n'encadre le pourcentage d'honoraires qu'un syndic peut prélever sur les travaux. Les pratiques de marché se situent entre 1,5 % et 3 % du montant HT pour la gestion administrative et financière. Pour un suivi technique, des taux de 4 à 6 % sont constatés. Ce taux doit impérativement être voté en assemblée générale, en même temps que les travaux concernés, aux mêmes règles de majorité.

Aucun texte de loi ne fixe de pourcentage maximum d'honoraires que le syndic peut prélever sur les travaux de copropriété. La seule exigence légale : ce pourcentage doit être voté en assemblée générale. En pratique, les syndics appliquent des taux de 1,5 % à 6 % du montant hors taxes des travaux, selon l'étendue de leur mission. Comprendre la mécanique contractuelle qui encadre cette rémunération permet aux copropriétaires de négocier le taux avant le vote et de contester des honoraires excessifs.

Cette approche préventive est essentielle, surtout avec les nouveautés de la loi Boutin honoraires syndic sur travaux qui impactent les copropriétés.

Ce qu'il faut retenir

  • Aucun plafond légal n'encadre le pourcentage d'honoraires du syndic sur travaux : seul un vote explicite en AG rend la facturation légale.
  • Les pratiques de marché s'échelonnent de 1,5 % à 6 % du montant HT selon l'étendue de la mission confiée au syndic.
  • Voter les travaux sans voter séparément les honoraires est l'erreur la plus fréquente : et elle expose à une facture imprévue de plusieurs milliers d'euros.
  • Négocier un forfait plutôt qu'un pourcentage protège contre la dérive des honoraires en cas de surcoût du chantier.
  • Les honoraires non votés en AG peuvent être contestés devant le tribunal judiciaire dans un délai de 5 ans à compter de l'assemblée générale.

Ce que dit vraiment la loi sur les honoraires syndic pour travaux

La loi du 10 juillet 1965 encadrant la copropriété ne fixe aucun plafond de pourcentage pour les honoraires perçus par le syndic sur les travaux. Ce que la loi impose, en revanche, c'est que toute rémunération du syndic soit prévue dans son contrat de mandat et votée par l'assemblée générale des copropriétaires.

Le principe est simple : aucune somme ne peut être facturée par le syndic sans avoir été explicitement acceptée par les copropriétaires réunis en AG. Ce cadre juridique figure à l'article 18-1 de la loi du 10 juillet 1965, qui oblige le syndic à soumettre au vote tout honoraire lié à des prestations qui ne relèvent pas de sa mission de base.

La distinction entre ce qui est inclus dans le forfait annuel et ce qui constitue une prestation facturée en supplément est donc centrale. Elle détermine si le syndic peut : ou non : réclamer un pourcentage sur les travaux que la copropriété engage.

Il est crucial de bien distinguer la gestion courante des prestations spécifiques, y compris lors de la gestion de copropriété travaux urgents où des règles particulières s'appliquent.

Gestion courante vs. prestations particulières : la distinction clé

Le contrat de syndic opère une distinction fondamentale entre deux catégories de missions. La gestion courante couvre les actes d'administration quotidienne : convocation de l'AG, tenue des assemblées, gestion du personnel, comptabilité, souscription des assurances. Ces actes sont rémunérés par un forfait annuel, sans supplément.

Les prestations particulières, elles, sortent du cadre forfaitaire. Le décret du 26 mars 2015 relatif au contrat-type de syndic en dresse la liste limitative : suivi de travaux importants, procédures judiciaires, audits énergétiques, vacance de loges, etc. C'est dans cette catégorie que se logent les honoraires sur travaux. Le syndic peut facturer ces prestations en supplément, mais seulement si le contrat les prévoit et si l'AG les a votées.

La frontière entre les deux n'est pas toujours limpide. Un petit ravalement ponctuel peut relever de la gestion courante si le contrat l'inclut. Un chantier de plusieurs centaines de milliers d'euros nécessite un suivi spécifique, donc une rémunération distincte.

Le rôle du contrat de syndic (article 18-1 de la loi de 1965)

L'article 18-1 de la loi de 1965 constitue le pilier de la transparence tarifaire. Il impose que le contrat de syndic précise noir sur blanc les honoraires pour prestations particulières. Sans cette mention contractuelle, le syndic ne peut rien réclamer au-delà de son forfait.

Concrètement, le contrat doit détailler le mode de calcul : pourcentage du montant des travaux, forfait fixe, ou tarif horaire. Si le contrat se contente d'une formule vague comme « honoraires selon barème en vigueur », la clause est contestable. La jurisprudence constante exige que le copropriétaire puisse comprendre, à la simple lecture du contrat, combien il devra payer (source : service-public.fr).

Le contrat doit également indiquer si les honoraires s'appliquent sur le montant HT ou TTC des travaux : une précision qui change considérablement l'addition finale. Pour approfondir cette question, consultez notre article sur les honoraires de syndic sur travaux : HT ou TTC ?.

Quel pourcentage d'honoraires le syndic peut-il réclamer sur les travaux ?

Les honoraires que le syndic prélève sur les travaux ne sont pas encadrés par un barème légal. Ce sont les pratiques de marché qui dessinent les fourchettes observées. Ces taux varient selon la nature de la mission confiée au syndic et l'ampleur du chantier.

Le montant en jeu peut être considérable. Sur un chantier de 500 000 € HT, un taux de 3 % génère 15 000 € HT d'honoraires (source : manda.fr, avril 2026). Pour une copropriété de taille moyenne, cette somme peut représenter plusieurs années de charges courantes.

Les copropriétaires ont donc intérêt à comprendre comment ces taux se déclinent et à identifier le mode de facturation le plus avantageux pour leur situation. Trois modes coexistent : le pourcentage, le forfait et le taux horaire.

Fourchettes constatées selon le type de mission

Les fourchettes constatées sur le marché français se répartissent selon le degré d'implication du syndic dans le chantier.

Pour une gestion administrative et financière : convocation des entreprises, vérification des devis, suivi des appels de fonds, contrôle des factures, ordre de service : les honoraires oscillent entre 1,5 % et 3 % du montant HT des travaux (source : bailfacile.fr, février 2025).

Pour un suivi technique renforcé impliquant des visites de chantier régulières, la coordination des corps de métier, la rédaction de comptes rendus détaillés, la réception des ouvrages, les taux grimpent. L'ARC (Association des Responsables de Copropriétés) signale des honoraires atteignant 4 %, 5 %, voire 6 % sur des gros travaux, sans mécanisme de dégressivité proportionnelle au montant du chantier.

Ce dernier point est problématique : un taux fixe de 5 % appliqué à 500 000 € de travaux produit 25 000 € d'honoraires, alors que le travail administratif du syndic n'est pas mécaniquement multiplié par le montant du devis.

Tableau comparatif : forfait, temps passé ou pourcentage ?

Le syndic peut facturer ses honoraires travaux selon trois modalités. Chacune présente des avantages et des risques différents pour la copropriété.

  • Pourcentage du montant des travaux : le syndic perçoit un taux (1,5 % à 6 %) appliqué au montant HT du chantier. Avantage : simplicité. Risque : le syndic est incité à ne pas négocier les devis à la baisse, puisque sa rémunération augmente avec le coût des travaux.
  • Forfait fixe : une somme déterminée à l'avance, indépendante du coût final du chantier. Avantage : prévisibilité budgétaire totale. Risque : si le chantier dérape en durée, le syndic peut invoquer une charge de travail imprévue.
  • Taux horaire : le syndic facture au temps passé (50 € à 120 € HT/heure selon les cabinets). Avantage : transparence sur le travail réellement effectué. Risque : difficile à contrôler a posteriori si aucun reporting détaillé n'est prévu.

Le choix du mode de facturation doit figurer dans la résolution soumise au vote de l'AG. Une résolution qui mentionne uniquement « honoraires selon contrat » sans préciser le mode de calcul est juridiquement fragile.

Les pratiques tarifaires abusives signalées par l'ARC

L'ARC alerte régulièrement sur des pratiques tarifaires qu'elle qualifie d'abusives. Parmi les dérives signalées :

  • L'application d'un taux plein sans dégressivité alors que le montant des travaux est très élevé. Sur un chantier à 800 000 €, un taux de 5 % génère 40 000 € d'honoraires, sans rapport avec la charge de travail réelle.
  • La double facturation : le syndic facture un pourcentage sur travaux tout en refacturant séparément des frais de photocopie, de déplacement ou de téléphone déjà couverts par le forfait de gestion courante.
  • Le cumul de missions facturé deux fois : un syndic qui facture un pourcentage « suivi technique » alors qu'un maître d'œuvre est déjà mandaté et rémunéré pour cette mission.

Sur le terrain, les copropriétaires découvrent souvent ces honoraires après coup, sur l'appel de fonds, sans les avoir explicitement votés. C'est le piège le plus fréquent : et le plus coûteux.

Comment le vote des honoraires se déroule-t-il en assemblée générale ?

Le vote des honoraires sur travaux obéit à une règle simple, mais trop souvent méconnue : ils doivent être soumis à l'assemblée générale en même temps que les travaux eux-mêmes, et selon les mêmes règles de majorité. Si les travaux sont votés à la majorité absolue (article 25), les honoraires aussi. Si les travaux requièrent la double majorité (article 26), les honoraires suivent le même régime.

Cette exigence, rappelée par la CLCV en mars 2025, évite une déconnexion dangereuse : des travaux votés dans les règles, mais des honoraires jamais explicitement approuvés par les copropriétaires. La résolution sur les honoraires doit constituer un point distinct de l'ordre du jour. Voter un budget global « travaux + honoraires » sans isoler la part du syndic expose la copropriété à des contestations ultérieures.

Même majorité que les travaux : ce que ça change concrètement

Appliquer la même majorité aux honoraires qu'aux travaux a une conséquence directe : le syndic ne peut pas se prévaloir d'un vote « facile » (majorité simple de l'article 24) pour faire passer sa rémunération pendant que les travaux, eux, nécessitent une majorité renforcée.

Prenons l'exemple de travaux de ravalement votés à la majorité absolue (article 25). Si le syndic présente séparément, et le même jour, une résolution sur ses honoraires au taux de 3 %, cette résolution doit elle aussi recueillir la majorité des voix de tous les copropriétaires. Un copropriétaire opposant peut voter pour les travaux et contre les honoraires : ou l'inverse.

Cette symétrie protège les copropriétaires. Elle empêche le syndic de faire voter ses honoraires « à la sauvette » lors d'une AG ultérieure, sous un régime de majorité moins exigeant. Pour plus de détails sur ces mécanismes de vote, notre article sur les règles de majorité applicables aux travaux en copropriété détaille chaque cas de figure.

Ce qu'il faut vérifier sur l'ordre du jour avant l'AG

Avant l'assemblée générale, chaque copropriétaire doit examiner l'ordre du jour avec attention. Deux points doivent impérativement y figurer, de façon distincte :

  • La résolution autorisant les travaux, avec le descriptif des ouvrages, le montant prévisionnel HT et TTC, l'échéancier et le nom des entreprises pressenties.
  • La résolution fixant les honoraires du syndic pour ces travaux, avec le mode de calcul (pourcentage, forfait ou taux horaire), l'assiette (HT ou TTC) et le montant estimé.

Si seule la première résolution figure à l'ordre du jour, le syndic ne pourra pas faire voter ses honoraires au cours de la même AG. Il devra convoquer une nouvelle assemblée : ce qui lui donne un levier pour réclamer des frais de convocation supplémentaires. L'absence d'une résolution distincte sur les honoraires est un signal d'alerte à ne pas ignorer.

Cas pratique chiffré : calcul des honoraires sur un ravalement de façade

Pour illustrer concrètement le mécanisme, prenons un cas chiffré réaliste.

Une copropriété de 20 lots située en région parisienne doit effectuer un ravalement de façade. Le syndic a obtenu trois devis d'entreprises et le conseil syndical a retenu une offre à 80 000 € HT. Le syndic propose, dans une résolution distincte, de fixer ses honoraires à 3 % du montant HT des travaux.

Le calcul est direct : 3 % × 80 000 € = 2 400 € HT d'honoraires syndic. Avec une TVA à 20 %, la facture totale pour la copropriété atteint 2 880 € TTC. Rapporté aux 20 lots (en supposant des tantièmes égaux pour simplifier), chaque copropriétaire paie 144 € TTC d'honoraires syndic, en plus de sa quote-part de travaux.

Ce scénario, reproductible pour tout type de chantier, montre l'impact concret du pourcentage retenu. Un taux de 1,5 % aurait produit 1 200 € HT d'honoraires, soit moitié moins. Un taux de 5 % aurait coûté 4 000 € HT. L'écart entre le taux le plus bas et le plus haut du marché représente ici 2 800 € HT, l'équivalent de deux années de charges courantes pour certains lots.

Scénario : ravalement à 80 000 € HT, taux proposé à 3 %

Le scénario de la copropriété de 20 lots confrontée à un ravalement à 80 000 € HT met en lumière l'enjeu financier du taux d'honoraires. À 3 %, la facture syndic s'élève à 2 400 € HT. Ce montant ne couvre que la partie administrative et le suivi de chantier : le syndic n'est ni maître d'œuvre ni bureau d'études techniques.

La question qu'un copropriétaire doit se poser est simple : le travail accompli par le syndic justifie-t-il 2 400 € ? Si le syndic se contente de transmettre les devis et d'établir les appels de fonds, un taux de 1,5 % (1 200 € HT) peut suffire. Si en revanche il assure un suivi de chantier hebdomadaire avec comptes rendus, le taux de 3 % peut se défendre.

À noter : le montant des honoraires doit être proportionné à la mission réellement confiée. Si un maître d'œuvre est déjà mandaté pour le suivi technique, les honoraires du syndic doivent être réduits en conséquence : il serait anormal de payer deux fois la même prestation.

Comment négocier le taux avant l'AG

Négocier le taux d'honoraires avant l'AG est possible et légitime. Le conseil syndical dispose de plusieurs leviers.

D'abord, demander au syndic un décompte prévisionnel détaillé du temps qu'il consacrera au chantier. Un taux horaire implicite peut être calculé : 2 400 € pour, disons, 30 heures de travail effectif représentent 80 € HT de l'heure : un tarif de cabinet moyen. Mais si le temps estimé est de 15 heures, le taux horaire implicite grimpe à 160 €, ce qui devient difficile à justifier.

Ensuite, proposer un forfait plutôt qu'un pourcentage. Dans notre exemple, un forfait de 1 500 € HT est plus protecteur qu'un taux de 3 % qui s'appliquera aussi aux éventuels surcoûts de chantier. Si les travaux dérapent à 95 000 €, le pourcentage rapporterait 2 850 € au syndic, là où le forfait reste à 1 500 €.

Enfin, pour les très gros chantiers, négocier un taux dégressif par tranche : 2,5 % jusqu'à 100 000 €, 1,5 % au-delà. C'est une pratique encore rare mais qui aligne la rémunération du syndic sur la charge de travail réelle, non sur le coût cumulé des travaux.

L'erreur courante à éviter : voter les travaux sans fixer le taux d'honoraires

L'erreur la plus fréquente : et la plus coûteuse : survient lorsqu'une copropriété vote les travaux mais omet de voter une résolution distincte sur les honoraires du syndic. Les copropriétaires, focalisés sur le montant du devis entreprise, ne remarquent pas que la résolution « honoraires » est absente de l'ordre du jour.

Que se passe-t-il alors ? Le syndic facture les honoraires en se référant au taux inscrit dans son contrat de mandat. Ce taux, souvent calé au plafond des pratiques de marché (5 % ou 6 %), n'a jamais fait l'objet d'un débat en AG. Les copropriétaires le découvrent en recevant l'appel de fonds, après le début des travaux. La contestation devient alors beaucoup plus difficile.

Le piège de la résolution incomplète en AG

Le piège fonctionne en deux temps. D'abord, le syndic présente un ordre du jour qui mentionne les travaux mais reste muet sur ses honoraires. Les copropriétaires, confiants ou peu aguerris, votent les travaux sans s'interroger. Aucune voix ne s'élève pour demander une résolution complémentaire.

Ensuite, le syndic applique le taux de son contrat : par exemple 5 % sur un ravalement à 120 000 €, soit 6 000 € HT d'honoraires. Lorsqu'un copropriétaire proteste, le syndic répond que le contrat fait foi et que les honoraires sont dus.

Juridiquement, cette position est discutable. La jurisprudence exige que les honoraires pour prestations particulières soient expressément votés en AG. Mais en pratique, contester après coup oblige à saisir le tribunal judiciaire : une procédure longue et coûteuse. Mieux vaut prévenir le piège que le subir.

Conséquences concrètes sur le budget de la copropriété

L'impact budgétaire peut être brutal. L'ARC rapporte des cas où des honoraires non votés représentent plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Un exemple concret : une copropriété de 50 lots engage des travaux de réfection de toiture et de ravalement pour 350 000 € HT. Le syndic applique son taux contractuel de 5,5 %, soit 19 250 € HT d'honoraires. Rapporté aux 50 lots, chaque copropriétaire paie 385 € HT de frais de syndic qu'il n'a jamais explicitement approuvés. La TVA à 20 % porte ce montant à 462 € TTC par lot.

Si le taux de marché « normal » pour une mission administrative standard est de 2 %, l'écart est de 12 250 € HT pour la copropriété entière. Cette somme aurait pu financer des travaux supplémentaires ou alimenter le fonds de réserve. La transparence du vote en AG n'est pas un luxe procédural : c'est un outil de maîtrise budgétaire.

Comment contester des honoraires de syndic jugés excessifs sur des travaux ?

Lorsqu'un copropriétaire estime que les honoraires facturés par le syndic sur travaux sont excessifs, plusieurs voies de recours existent. Aucune ne garantit un résultat, mais elles permettent de faire valoir ses droits et, souvent, d'obtenir une régularisation.

Le premier réflexe doit être d'examiner le contrat de syndic et le procès-verbal de l'AG ayant voté les travaux. Les honoraires ont-ils bien fait l'objet d'une résolution distincte ? Le taux appliqué correspond-il à celui qui a été voté ? La base de calcul (HT ou TTC) est-elle conforme ? Ces vérifications préalables déterminent la solidité de la contestation.

Les recours amiables : demande de justificatif et mise en AG

Avant d'envisager une action en justice, plusieurs démarches amiables peuvent suffire à résoudre le litige.

En premier lieu, adresser au syndic une demande de justificatif détaillé par lettre recommandée avec accusé de réception. Le syndic doit décomposer sa facture : nombre d'heures passées, nature des actes accomplis, tarif horaire appliqué. Cette demande a un effet dissuasif : un syndic incapable de produire un décompte crédible est en position de faiblesse.

Si la réponse est insatisfaisante, un copropriétaire peut demander l'inscription d'une question à l'ordre du jour de la prochaine AG. La question peut porter sur la régularisation des honoraires et, le cas échéant, sur la modification du contrat de syndic pour l'avenir. Tout copropriétaire a le droit de faire inscrire des questions à l'ordre du jour (article 10 du décret du 17 mars 1967).

Les associations de défense des copropriétaires comme la CLCV ou l'ARC peuvent accompagner ces démarches. Elles disposent de modèles de courriers et d'une expertise sur les pratiques tarifaires contestables.

Le recours judiciaire : conditions et délais

Lorsque les voies amiables échouent, le tribunal judiciaire peut être saisi. Deux fondements juridiques sont mobilisables.

Le premier est l'absence de vote en AG : si les honoraires n'ont jamais été expressément approuvés par l'assemblée, le syndic ne peut pas les facturer. La jurisprudence constante annule les honoraires non votés, même si le contrat de syndic les prévoyait.

Le second est le caractère abusif de la clause contractuelle. Un taux de 5 ou 6 % appliqué à un chantier de plusieurs centaines de milliers d'euros, sans dégressivité ni lien avec le travail réellement accompli, peut être jugé excessif. Le juge apprécie souverainement le caractère proportionné de la rémunération.

Le délai pour agir est de 5 ans à compter de l'assemblée générale ayant voté les travaux (prescription de droit commun). Passé ce délai, l'action est irrecevable. Les honoraires déjà payés peuvent donner lieu à une action en répétition de l'indu dans le même délai.

Attention : une action judiciaire contre le syndic est une procédure longue (12 à 24 mois en moyenne) et coûteuse. Les frais d'avocat peuvent absorber une partie significative des sommes en jeu. Une analyse coût-bénéfice préalable est indispensable.

Ce que la loi ALUR a changé pour les honoraires de syndic

La loi ALUR (Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) du 24 mars 2014 et son décret d'application du 26 mars 2015 ont restructuré le cadre tarifaire des syndics sans pour autant plafonner les honoraires sur travaux.

L'apport principal de cette réforme a été de clarifier la frontière entre le forfait de gestion courante et les prestations particulières. Le contrat-type issu du décret énumère précisément les prestations relevant de chaque catégorie. Un syndic ne peut plus facturer en prestation particulière un acte qui relève de la gestion courante : une avancée pour la transparence.

En revanche, concernant les honoraires sur travaux, la loi ALUR n'a fixé aucun plafond. Le marché reste libre. Selon des données publiées par Le Particulier en novembre 2016, les honoraires annuels de base auraient augmenté de 10 à 15 % depuis juillet 2015. FranceTransactions.com rapportait en juin 2016 une hausse de 11 % des honoraires de syndic, après +6,3 % en 2014. Ces chiffres, qui datent de plus de dix ans, doivent être lus avec prudence : ils reflètent le choc tarifaire consécutif à la mise en conformité des contrats, pas une tendance persistante jusqu'en 2026.

Aucune donnée récente ne permet d'affirmer que la loi ALUR a conduit à une augmentation continue des honoraires. En pratique, ce sont surtout les contrats de syndic qui déterminent le niveau des honoraires sur travaux, contrat après contrat.

Checklist : 6 points à vérifier avant de voter les honoraires syndic sur travaux

Avant de donner votre accord sur les honoraires du syndic pour des travaux, parcourez ces six vérifications. Elles transforment un vote souvent subi en décision éclairée.

  • Résolution distincte à l'ordre du jour : les honoraires font-ils l'objet d'un point séparé des travaux eux-mêmes ? Si la réponse est non, le syndic ne pourra pas les faire voter légalement.
  • Mode de calcul explicite : le taux, le forfait ou le tarif horaire est-il clairement libellé dans la résolution ? Une formule vague comme « selon contrat » est un signal d'alerte.
  • Assiette précisée (HT ou TTC) : la base de calcul est-elle indiquée ? Un taux de 2 % sur le HT et un taux de 2 % sur le TTC ne donnent pas le même résultat.
  • Dégressivité pour les gros montants : pour un chantier supérieur à 100 000 € HT, le contrat prévoit-il un taux réduit au-delà d'un seuil ? Cette clause se négocie avant la signature du contrat de syndic.
  • Mission exacte décrite : le syndic assure-t-il un simple suivi administratif ou un suivi technique ? Si un maître d'œuvre est mandaté, les honoraires du syndic doivent être réduits.
  • Comparaison avec un devis alternatif : avez-vous demandé à un autre syndic (ou via un courtier) une simulation d'honoraires pour le même chantier ? Un écart significatif justifie une renégociation.

Base légale : article 18-1 de la loi du 10 juillet 1965 ; décret du 26 mars 2015 (contrat-type)Plafond légal : aucun. Le taux est libre.Fourchette basse (gestion administrative) : 1,5 % à 2 % du montant HTFourchette moyenne (mission complète) : 3 % à 5 % du montant HTFourchette haute (gros travaux complexes) : 4 % à 6 % du montant HTVote : résolution distincte, même AG, même majorité que les travauxContestation : recours amiable (syndic, médiateur) puis tribunal judiciaire (délai de 5 ans)Source officielle : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32051

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions de copropriétaires

Quels sont les honoraires d'un syndic de copropriété en 2026 ?

Les honoraires d'un syndic de copropriété se composent d'un forfait annuel de gestion courante (entre 8 et 25 € par lot et par an selon la taille de l'immeuble et le prestataire) et de prestations particulières facturées en supplément. Pour les travaux, les honoraires spécifiques représentent généralement 1,5 % à 3 % du montant HT pour une gestion administrative, et jusqu'à 5-6 % pour un suivi technique complet. Aucun plafond légal n'encadre ces taux, mais ils doivent être votés en assemblée générale.

Quelles sont les provisions pour travaux dans une copropriété ?

Les provisions pour travaux sont des sommes versées par les copropriétaires en prévision de chantiers à venir. Elles incluent les cotisations au fonds de travaux obligatoire (articles 14-2 et 14-2-1 de la loi de 1965), représentant au minimum 5 % du budget prévisionnel annuel pour les copropriétés de plus de 10 lots. Ces provisions couvrent le coût des ouvrages et, le cas échéant, les honoraires du syndic liés au suivi du chantier.

Les honoraires du syndic sur travaux sont-ils exprimés en HT ou TTC ?

Les honoraires du syndic sur travaux sont exprimés en hors taxes (HT) sur le contrat. La TVA au taux de 20 % s'ajoute au moment de la facturation. L'assiette de calcul du pourcentage : montant HT ou TTC des travaux : dépend de ce que prévoit le contrat de syndic. Un taux appliqué au montant TTC des travaux alourdit sensiblement la facture par rapport à un taux appliqué au montant HT. Cette précision doit impérativement figurer dans le contrat et dans la résolution soumise au vote.

Comment est calculée la quote-part pour les travaux en copropriété ?

La quote-part de chaque copropriétaire dans les travaux est calculée au prorata de ses tantièmes de copropriété, tels qu'ils figurent dans le règlement de copropriété. Le coût total des travaux (entreprises + honoraires syndic + assurance dommage-ouvrage) est réparti selon cette clé. Par exemple, un copropriétaire détenant 50/1 000e paiera 5 % du montant global. Les honoraires du syndic suivent la même répartition : ils sont intégrés au coût total et divisés selon les tantièmes de chaque lot.