Modèle de règlement de copropriété 2026 : contenu, structure et pièges à éviter
Besoin d'un modèle de règlement de copropriété ? Découvrez les clauses obligatoires pour 2026, la structure légale et les erreurs fréquentes à éviter

Un modèle de règlement de copropriété sert de trame à un document juridique obligatoire qui fixe les règles de vie et de gestion d'un immeuble. Il doit impérativement définir la destination du bâtiment, les parties communes et privatives, et surtout, la clé de répartition des charges. Sa rédaction par un notaire est indispensable.
Un modèle de règlement de copropriété sert de base pour rédiger la "constitution" de tout immeuble collectif, un document essentiel qui régit les droits et devoirs de chaque propriétaire. Loin d'être un simple formulaire, sa rédaction est encadrée par la loi du 10 juillet 1965 et doit contenir des clauses précises pour éviter les litiges. Comprendre sa structure et ses mentions obligatoires est la première étape pour garantir des relations apaisées et une gestion saine de la copropriété. Ce guide détaille, clause par clause, ce que votre règlement doit impérativement contenir.
En bref
- Le règlement de copropriété est un document juridique obligatoire qui s'impose à tous les copropriétaires et locataires.
- Il doit obligatoirement définir la destination de l'immeuble, l'usage des parties privatives/communes et la répartition des charges.
- La clause de répartition des charges est la plus sensible et doit être rédigée avec une grande précision pour éviter les contentieux.
- Une clause de destination de l'immeuble trop vague peut entraîner des litiges coûteux (ex: nuisances liées à la location saisonnière).
- Toute modification du règlement doit être votée en assemblée générale, souvent à une majorité qualifiée.
Qu'est-ce qu'un règlement de copropriété et à quoi sert-il ?
Le règlement de copropriété est le document juridique qui organise la vie collective au sein d'un immeuble divisé en lots. Il a une valeur contractuelle : ses dispositions s'appliquent non seulement aux copropriétaires actuels et futurs, mais aussi à leurs locataires. Personne ne peut s'y soustraire. Son rôle est double. D'une part, il définit les règles de la vie quotidienne : comment utiliser les parties communes (paliers, jardins, ascenseur), quelles sont les limites d'usage des parties privatives (appartements, caves, parkings). D'autre part, il fixe les règles de gouvernance, notamment le fonctionnement du syndicat des copropriétaires, les modalités de convocation et de vote des assemblées générales, et les principes de répartition des charges.
La base légale de ce document est la loi n°65-557 du 10 juillet 1965. Selon ce texte, l'établissement d'un règlement est obligatoire pour toute copropriété. Il est généralement rédigé lors de la création de la copropriété, avant la vente du premier lot. En cas de non-respect de ses clauses, le syndic, mandaté par le syndicat des copropriétaires, a le pouvoir d'agir en justice pour faire cesser le trouble. Par exemple, si un propriétaire effectue des travaux non autorisés affectant un mur porteur, le syndic peut l'assigner pour obtenir la remise en état des lieux. Il est donc crucial de bien connaître les droits et obligations issus du règlement de copropriété.
Le règlement de copropriété : un contrat qui s'impose à tous
Chaque copropriétaire, en achetant son lot, adhère automatiquement au règlement de copropriété. Cette adhésion n'est pas optionnelle, elle est consubstantielle au statut de copropriétaire. Le règlement constitue la "loi des parties" et prime sur les volontés individuelles, tant qu'il n'est pas contraire aux dispositions légales d'ordre public. Il s'impose à tous, même à un acquéreur qui prétendrait ne pas l'avoir lu avant la signature. Le notaire a d'ailleurs l'obligation de le remettre à chaque nouveau propriétaire lors de la vente.
De plus, le règlement doit être respecté par les occupants des lieux, y compris les locataires. Le copropriétaire-bailleur est tenu de s'assurer que son locataire respecte les clauses du règlement (relatives à la tranquillité de l'immeuble, à l'usage des parties communes, etc.). En cas de manquement du locataire, le syndicat des copropriétaires se retournera contre le propriétaire-bailleur, qui est juridiquement responsable.
Règlement et état descriptif de division : ne pas les confondre
Il est essentiel de ne pas confondre le règlement de copropriété avec l'état descriptif de division (EDD). Bien que souvent contenus dans le même document et publiés ensemble au service de la publicité foncière, ils ont des fonctions distinctes.
- L'état descriptif de division (EDD) est un document purement technique. Sa fonction est d'identifier et de décrire chaque lot de la copropriété. Il attribue un numéro à chaque lot (appartement, cave, parking…), précise sa localisation dans l'immeuble (bâtiment, étage, porte) et lui affecte une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes.
- Le règlement de copropriété, lui, est un document juridique qui fixe les règles d'usage et de gestion. Il utilise les tantièmes définis dans l'EDD pour établir les clés de répartition des charges, mais son objet est beaucoup plus large. Il définit ce qui est permis ou interdit dans l'immeuble.
En résumé, l'EDD "photographie" la division de l'immeuble, tandis que le règlement en "organise la vie".
Les clauses obligatoires d'un modèle de règlement de copropriété
La loi, notamment l'article 8 de la loi du 10 juillet 1965, impose un contenu minimum pour tout règlement de copropriété. L'omission de l'une de ces clauses peut entraîner des litiges et potentiellement une action en justice pour faire constater la nullité ou l'inopposabilité du règlement. Un bon modèle de règlement de copropriété doit donc être structuré autour de ces piliers juridiques pour être conforme et efficace. Il ne s'agit pas de simples formalités, mais des fondations de l'organisation collective.
Ces clauses visent à prévenir les conflits en établissant des règles claires et objectives sur les points les plus sensibles de la vie en communauté : l'usage de la propriété, la contribution aux dépenses communes et l'exercice du pouvoir décisionnel. Un règlement bien rédigé par un professionnel (notaire, avocat) est le meilleur investissement pour la paix et la valorisation de l'immeuble sur le long terme. À l'inverse, un document imprécis ou incomplet est une source quasi certaine de contentieux futurs. C'est pourquoi le recours à un modèle trouvé en ligne doit se faire avec la plus grande prudence et systématiquement validé par un expert.
Un bon modèle de règlement de copropriété doit être structuré autour de ces piliers juridiques pour être conforme et efficace. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le Règlement de copropriété 2026 : contenu, modification.
Destination de l'immeuble et usage des parties privatives
C'est sans doute la clause la plus importante. La "destination de l'immeuble" définit l'usage général pour lequel le bâtiment a été conçu. Est-il à usage exclusif d'habitation ("clause d'habitation bourgeoise exclusive") ? Permet-il un usage mixte habitation et professionnel ? Accepte-t-il les commerces ? Cette destination générale s'impose à tous et conditionne directement ce que chaque copropriétaire a le droit de faire dans ses parties privatives.
Par exemple, si le règlement stipule un usage exclusif d'habitation, l'installation d'un cabinet médical ou d'une agence immobilière au rez-de-chaussée sera interdite. De même, cette clause est aujourd'hui au cœur des débats sur la location meublée touristique de courte durée. Un règlement très strict peut permettre de limiter ou d'interdire cette pratique si elle est jugée contraire à la destination résidentielle et à la tranquillité de l'immeuble. La rédaction de cette clause doit donc être particulièrement soignée.
Répartition des charges : la clause-clé à ne pas bâcler
Le règlement doit fixer les règles de répartition des charges de copropriété entre tous les propriétaires. C'est une clause essentielle et une source fréquente de litiges. La loi impose de distinguer deux types de charges :
- Les charges générales : elles concernent la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes (ravalement de façade, réfection de la toiture, honoraires du syndic). Elles sont réparties entre tous les copropriétaires en fonction de leurs tantièmes de copropriété, sans exception.
- Les charges spéciales : elles ne concernent que les services collectifs et les équipements communs (ascenseur, chauffage collectif, antenne TV). Elles sont réparties en fonction de "l'utilité objective" que ces services et équipements présentent pour chaque lot. Par exemple, un propriétaire d'un lot au rez-de-chaussée ne paiera pas les charges d'ascenseur, car cet équipement ne lui est d'aucune utilité.
Le règlement doit contenir des grilles de répartition précises pour chaque catégorie de charges. Les règles de répartition des charges en copropriété sont un point technique qui ne laisse aucune place à l'improvisation.
Fonctionnement de l'assemblée générale et du conseil syndical
Le règlement de copropriété doit détailler les règles d'administration de l'immeuble. Cela inclut la définition des organes de la copropriété et leurs prérogatives respectives : le syndicat des copropriétaires (l'ensemble des propriétaires), le syndic (l'exécutif) et le conseil syndical (l'organe de contrôle et d'assistance du syndic).
La clause doit préciser les modalités de convocation des assemblées générales, la tenue des réunions, l'établissement de la feuille de présence et les règles de majorité pour les votes. Elle peut aussi définir les pouvoirs spécifiques du syndic ou les missions du conseil syndical. Cette partie est fondamentale car elle garantit le bon fonctionnement démocratique de la copropriété et la validité des décisions prises. Pour approfondir, il est utile de connaître les règles de vote en assemblée générale de copropriété qui sont le plus souvent rappelées ou précisées dans ce chapitre du règlement.
Pour approfondir, il est utile de connaître les AG copropriété 2026 : toutes les règles de vote qui sont le plus souvent rappelées ou précisées dans ce chapitre du règlement.
Structure type d'un modèle de règlement de copropriété : plan détaillé
Un modèle de règlement de copropriété efficace ne se contente pas de lister des clauses, il les organise de manière logique et hiérarchisée. La structure type suit généralement un plan qui va du plus général (la description de l'immeuble) au plus spécifique (les règles de vie quotidienne). Utiliser un plan clair et détaillé permet de retrouver facilement l'information et de s'assurer que tous les aspects légaux et pratiques sont couverts. Voici un exemple de squelette commenté, qui peut servir de base de travail avec un notaire ou un avocat pour la rédaction ou la refonte d'un règlement.
Chaque section, ou "Titre", est divisée en articles numérotés pour une référence facile lors des assemblées générales ou en cas de litige. Cette structure n'est pas figée dans le marbre, mais elle représente une pratique courante et éprouvée dans la rédaction de ce type de document juridique complexe. L'objectif est de créer un document complet, lisible et juridiquement solide.
Préambule et désignation de l'immeuble
Cette partie introductive est cruciale pour l'identification de l'immeuble.
- Désignation de l'immeuble : Adresse complète, références cadastrales, origine de la propriété (acte de construction, division précédente).
- Référence à l'État Descriptif de Division (EDD) : Mention claire que l'EDD est annexé au règlement (ou inclus dedans) et qu'il définit la numérotation des lots et l'attribution des tantièmes.
- Objet du règlement : Une phrase qui énonce le but du document, à savoir fixer les droits et obligations des copropriétaires et les règles de fonctionnement de la copropriété, conformément à la loi du 10 juillet 1965.
Parties privatives et parties communes : définitions précises
C'est le cœur technique du règlement qui prévient de nombreux conflits d'usage.
- Définition des parties privatives : Lister ce qui constitue un lot privatif (l'intérieur des appartements, les revêtements de sol, les cloisons intérieures, les équipements privatifs). La précision est clé : que dit le règlement sur les fenêtres, les volets, les portes palières ?
- Définition des parties communes : Énumérer tout ce qui appartient à la collectivité (le sol, les murs porteurs, la toiture, les cours, les jardins, les couloirs, les escaliers, l'ascenseur...).
- Parties communes à jouissance privative : Définir clairement les droits et obligations sur les balcons, terrasses ou jardins dont un seul copropriétaire a l'usage. Qui paie l'entretien ? Qui est responsable de l'étanchéité ? C'est un point essentiel pour éviter les litiges.
Charges générales et charges spéciales : répartition chiffrée
Cette section détaille les clés de répartition des charges, en s'appuyant sur les tantièmes définis dans l'EDD.
- Charges générales (Art. 5) : Rappeler qu'elles sont réparties selon les tantièmes de copropriété générale. Lister les dépenses concernées (administration, assurance, conservation).
- Charges spéciales (Ascenseur) : Créer une grille de tantièmes spécifiques pour l'ascenseur, en excluant les lots du rez-de-chaussée et en appliquant un coefficient par étage.
- Charges spéciales (Chauffage) : Si le chauffage est collectif, définir la clé de répartition (souvent basée sur les volumes ou des compteurs).
- Autres charges spéciales : Anticiper d'autres cas (charges pour un bâtiment spécifique dans une copropriété qui en compte plusieurs, charges d'entretien d'une allée privée, etc.). Le règlement doit prévoir autant de grilles de répartition qu'il y a de situations particulières.
Règles de vie et clause de destination
Cette partie, souvent appelée "Règles d'administration et de jouissance", est celle que les habitants consultent le plus.
- Clause de destination : Reprendre précisément la destination de l'immeuble (habitation bourgeoise exclusive, mixte, etc.). C'est ici qu'on précise si les professions libérales sont autorisées, et sous quelles conditions.
- Conditions d'usage des parties privatives : Interdiction de modifier les murs porteurs sans autorisation de l'AG, règles pour les travaux, obligations d'entretien.
- Conditions d'usage des parties communes : Interdiction d'encombrer les paliers, règles d'utilisation de la cour ou du local vélo.
- Tranquillité et salubrité : Clauses sur les nuisances sonores, les odeurs, la gestion des ordures ménagères. C'est le fondement juridique pour agir contre un voisin indélicat.
Cas pratique : rédiger la clause de répartition des charges pour un immeuble mixte
Pour illustrer la complexité et l'importance d'une rédaction précise, prenons un cas concret. La clause de répartition des charges est souvent un défi, surtout dans les immeubles qui ne sont pas homogènes. Une erreur dans sa rédaction peut vicier la répartition pendant des décennies et nécessiter une action en justice coûteuse pour être corrigée.
📌 Important : Cet exemple est purement illustratif. La rédaction de cette clause cruciale doit être confiée à un notaire ou un géomètre-expert pour garantir sa validité juridique et son adaptation précise aux spécificités de l'immeuble.
Scénario : 10 lots, 1 local commercial, 2 cages d'escalier
Imaginons un immeuble de 5 étages avec 10 000 tantièmes au total, comprenant :
- 8 appartements (lots 1 à 8) répartis dans deux cages d'escalier (A et B), chacune avec son propre ascenseur.
- 2 locaux commerciaux au rez-de-chaussée (lots 9 et 10), avec une entrée directe sur la rue.
L'enjeu est de répartir équitablement les coûts. Les commerces ne doivent pas payer pour les ascenseurs qu'ils n'utilisent pas. De même, les habitants de la cage A ne doivent pas financer l'entretien de l'ascenseur de la cage B. Le règlement de copropriété doit donc prévoir plusieurs grilles de répartition distinctes.
Pour éviter les litiges, il est crucial de comprendre qui paie quoi, en se référant à notre guide détaillé sur les Charges de copropriété : qui paie quoi en 2026 ?.
Comment rédiger la clause de charges étape par étape
Voici comment un professionnel structurerait la clause :
Création des grilles de tantièmes dans l'EDD : Le géomètre-expert doit d'abord calculer plusieurs types de tantièmes.
- Tantièmes généraux : Basés sur la valeur relative de chaque lot (surface, étage, etc.). Ils totalisent 10 000 et serviront pour les charges générales (toiture, façade...).
- Tantièmes spéciaux "Ascenseur A" : Calculés uniquement pour les lots de la cage A (sauf le rez-de-chaussée), en fonction de l'étage.
- Tantièmes spéciaux "Ascenseur B" : Idem pour la cage B.
Rédaction de la clause dans le règlement : Le notaire rédige ensuite l'article correspondant.
- Article X - Charges générales : "Les charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes générales sont réparties entre tous les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes de copropriété générale, tels que définis à l'état descriptif de division."
- Article Y - Charges spéciales Ascenseur A : "Les frais de maintenance, de réparation et de remplacement de l'ascenseur desservant la cage d'escalier A sont répartis uniquement entre les propriétaires des lots [numéros des lots concernés] au prorata de leurs tantièmes de charges spéciales 'Ascenseur A'."
- Article Z - Charges spéciales Ascenseur B : Même rédaction pour la cage B.
Cette structuration garantit que chaque copropriétaire paie uniquement pour ce qui lui est utile, conformément à la loi.
L'erreur courante qui invalide une clause du règlement de copropriété
En matière de règlement de copropriété, une rédaction imprécise peut avoir des conséquences financières et humaines désastreuses. L'erreur la plus fréquente, et potentiellement la plus coûteuse, concerne une définition floue ou ambiguë de la clause de destination de l'immeuble. C'est un piège classique des règlements anciens ou rédigés sans l'assistance d'un professionnel aguerri aux subtilités du droit de la copropriété.
Cette clause est pourtant le pilier qui détermine l'équilibre de la vie collective. Si elle est mal définie, elle devient une porte ouverte à tous les abus et à des conflits qui peuvent empoisonner la vie de l'immeuble pendant des années, avant de se solder par des procédures judiciaires longues et onéreuses. Anticiper ce risque lors de la rédaction est une précaution indispensable.
Une clause de destination trop floue : conséquences concrètes
L'exemple typique est une clause stipulant un "usage bourgeois" ou "usage d'habitation et professionnel" sans plus de détails. Que se passe-t-il alors ?
- Cas 1 : La location saisonnière intensive. Un copropriétaire transforme son appartement en location type Airbnb, avec un va-et-vient constant de touristes, des nuisances sonores et une usure accélérée des parties communes. Les autres copropriétaires se plaignent, mais le règlement est trop vague pour interdire formellement cette activité.
- Cas 2 : Une profession libérale bruyante. Un autre transforme son lot en cabinet médical ou paramédical recevant du public toute la journée. Cela génère un trafic important dans les parties communes, des problèmes de stationnement et des nuisances pour les voisins immédiats.
Dans les deux cas, le syndic est démuni pour agir rapidement. La seule solution est souvent une action en justice pour "trouble anormal de voisinage" ou pour faire interpréter la clause de destination par un juge. C'est une procédure longue, coûteuse, et à l'issue incertaine.
Comment corriger une clause litigieuse après publication du règlement
Corriger une clause mal rédigée après coup est un parcours d'obstacles. Puisque la modification de la destination de l'immeuble ou des modalités de jouissance des parties privatives porte atteinte aux droits des copropriétaires, elle ne peut être votée qu'à l'unanimité.
Cependant, la jurisprudence admet que la précision d'une clause existante pour la rendre conforme à la destination initiale ou pour l'adapter aux évolutions (comme la loi ELAN) peut parfois être votée à une majorité moins exigeante. Le plus souvent, il s'agit de la double majorité de l'article 26 de la loi de 1965 : la majorité de tous les copropriétaires (présents, absents et représentés) représentant au moins les deux tiers des voix (tantièmes) de l'immeuble. Atteindre ce seuil est très difficile, surtout dans les grandes copropriétés. La meilleure solution reste donc de faire rédiger une clause précise et exhaustive dès l'origine. Si vous faites face à une situation de copropriété sans règlement : ce que dit la loi, la régularisation est une urgence absolue.
Comment obtenir, modifier ou mettre à jour son règlement de copropriété
Que vous soyez nouveau propriétaire, membre du conseil syndical ou simple copropriétaire souhaitant vérifier une disposition, l'accès au règlement de copropriété est un droit. De même, ce document n'est pas immuable ; il peut et doit évoluer pour s'adapter aux changements législatifs ou aux besoins de la copropriété. Comprendre les démarches pour l'obtenir et le modifier est donc essentiel.
Les lois récentes, comme la loi ELAN de 2018 ou la loi Climat et Résilience de 2021, ont introduit de nouvelles obligations qui peuvent nécessiter une mise à jour des anciens règlements. Par exemple, la mention obligatoire des parties communes spéciales ou l'intégration des dispositions relatives au plan pluriannuel de travaux (PPT). Ne pas mettre son règlement en conformité expose le syndicat des copropriétaires à des risques juridiques.
Obtenir le règlement existant de sa copropriété
Il existe plusieurs moyens pour se procurer le règlement de votre copropriété :
- Auprès du notaire : Lors de l'acquisition de votre lot, le notaire a l'obligation de vous en remettre une copie avec votre titre de propriété.
- Auprès de votre syndic : Le syndic est le détenteur des archives de la copropriété et doit pouvoir vous fournir une copie du règlement (cette prestation peut être facturée).
- Auprès d'un autre copropriétaire : Notamment un membre du conseil syndical, qui en possède généralement une copie.
- Auprès du service de la publicité foncière (SPF) : C'est l'organisme où le règlement et ses modificatifs sont publiés. La demande est payante et peut se faire via un formulaire Cerfa. Il s'agit de la source la plus fiable pour avoir la dernière version à jour.
Il existe des solutions pour obtenir gratuitement le règlement de copropriété, notamment via le syndic ou l'extranet de la copropriété.
Modifier ou mettre à jour un règlement ancien : la procédure de vote
La mise à jour ou la modification d'un règlement de copropriété est une décision importante qui doit être prise collectivement. La procédure est strictement encadrée :
- Inscription à l'ordre du jour : Le projet de modification doit être inscrit à l'ordre du jour d'une assemblée générale. Le projet de nouvelle rédaction doit être joint à la convocation.
- Vote en assemblée générale : La majorité requise dépend de la nature de la modification :
- Double majorité de l'article 26 : pour les modifications concernant la jouissance, l'usage ou l'administration des parties communes.
- Unanimité : pour les modifications qui porteraient atteinte aux modalités de jouissance des parties privatives ou à la destination de l'immeuble.
- Publication : Une fois la modification votée, elle doit être formalisée par un notaire et publiée au service de la publicité foncière pour être opposable aux futurs acquéreurs.
Cette procédure peut être longue et complexe, et il est fortement recommandé de se faire accompagner par un professionnel (notaire, avocat) pour sécuriser le processus.
Sources
Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.
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Questions de copropriétaires
Quelles sont les clauses obligatoires d'un règlement de copropriété ?
Un règlement de copropriété doit obligatoirement définir la destination de l'immeuble (habitation, mixte, etc.), les conditions d'usage des parties privatives et communes, et surtout, les règles de répartition des charges entre les copropriétaires. Il doit aussi fixer les modalités d'administration et de fonctionnement des assemblées générales.
Le règlement de copropriété est-il obligatoire pour toutes les copropriétés ?
Oui, l'établissement d'un règlement de copropriété est une obligation légale dès lors qu'un immeuble est divisé en lots appartenant à plusieurs propriétaires distincts. C'est le document fondateur qui régit la vie de l'immeuble, comme le précise la loi du 10 juillet 1965. Une copropriété sans règlement est une situation anormale qui doit être régularisée.
Qui rédige le règlement de copropriété ?
Le règlement de copropriété est généralement rédigé par un professionnel du droit, le plus souvent un notaire ou un avocat spécialisé, en collaboration avec un géomètre-expert qui établit l'état descriptif de division. Cette expertise garantit sa conformité avec la loi et limite les risques de futurs litiges entre copropriétaires.
Comment modifier un règlement de copropriété existant ?
La modification d'un règlement de copropriété existant doit être votée en assemblée générale des copropriétaires. La majorité requise dépend de la nature de la modification. Souvent, la double majorité de l'article 26 de la loi de 1965 (majorité de tous les copropriétaires représentant au moins deux tiers des voix) est nécessaire.
Où trouver le règlement de copropriété d'un immeuble ?
Le règlement de copropriété vous est normalement remis par le notaire lors de l'achat de votre lot. Vous pouvez aussi en demander une copie à votre syndic. S'il n'est pas en mesure de vous le fournir, vous pouvez l'obtenir auprès du service de la publicité foncière (anciennement conservation des hypothèques) dont dépend l'immeuble.
Que se passe-t-il si le règlement de copropriété ne mentionne pas la destination de l'immeuble ?
L'absence de clause de destination est une non-conformité majeure, car c'est une mention obligatoire. Tout copropriétaire peut demander en justice l'établissement d'un règlement ou la mise en conformité de celui-ci. En pratique, cela crée une insécurité juridique, ouvrant la porte à des usages conflictuels de l'immeuble et à de nombreux litiges.
