Modificatif règlement de copropriété : procédure complète, majorités requises
Modifier un règlement de copropriété : vote en AG, majorités (simple, absolue, unanimité), publication au service de publicité foncière. Guide pratique 2026.

Modifier un règlement de copropriété exige un vote en assemblée générale. La majorité requise (absolue, double majorité ou unanimité) dépend de la nature du changement. Une fois la décision votée par les copropriétaires, le modificatif doit être rédigé par un notaire et publié pour être opposable à tous.
Comprendre le fonctionnement et les implications d'un tel document est fondamental pour tous les copropriétaires, c'est pourquoi il est utile de se pencher sur le règlement de copropriété 2026 et ses droits et obligations.
Tout copropriétaire peut demander un modificatif au règlement de copropriété, mais la procédure est strictement encadrée. Ce document n'est pas figé ; il peut et doit évoluer pour s'adapter aux nouvelles lois ou aux changements au sein de l'immeuble. La réussite d'une telle démarche repose sur une connaissance précise des majorités requises en assemblée générale, des étapes à suivre et de l'indispensable publication de l'acte par un notaire. Comprendre ces règles est essentiel pour mener à bien le projet, qu'il s'agisse d'une simple adaptation ou d'une mise en conformité légale.
Ce qu'il faut retenir
- La majorité pour modifier le règlement dépend de l'impact de la décision : absolue, double majorité ou unanimité.
- Tout copropriétaire peut initier une demande de modification en la soumettant au syndic pour inscription à l'ordre du jour.
- Un acte modificatif doit obligatoirement être rédigé par un notaire et publié au service de publicité foncière.
- Sans publication, la modification n'est pas opposable aux futurs acquéreurs de lots, comme le confirme la jurisprudence constante.
- Les frais (notaire, publication) sont généralement répartis entre les copropriétaires, sauf si la modification ne bénéficie qu'à un seul.
Pourquoi modifier le règlement de copropriété ?
Le règlement de copropriété, véritable charte de l'immeuble, n'est pas gravé dans le marbre. Il peut être modifié pour diverses raisons, à l'initiative de n'importe quel copropriétaire ou du syndic. Cette démarche est souvent perçue comme complexe, mais elle répond à des besoins concrets et parfois à des obligations légales. Un copropriétaire peut tout à fait demander l'inscription d'une proposition de modification à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale.
La modification peut viser à corriger une erreur matérielle, à clarifier une clause ambiguë source de litiges, ou à adapter le règlement à de nouveaux usages. Par exemple, la création de nouveaux lots par la division d'un lot existant ou l'annexion d'une partie commune nécessite une mise à jour. De même, un changement dans l'usage d'un lot, comme la transformation d'un local commercial en habitation, impose de revoir la répartition des charges en copropriété.
Les situations qui rendent une modification nécessaire
Plusieurs situations peuvent imposer un modificatif au règlement de copropriété. Les cas les plus fréquents sont :
- La vente d'une partie commune : Si la copropriété décide de vendre un espace commun (une loge de gardien, par exemple), le règlement doit être modifié pour acter ce changement.
- La division d'un lot : Un copropriétaire qui divise son appartement en deux studios doit faire modifier l'état descriptif de division et la répartition des charges.
- Le changement d'usage d'un lot : La transformation d'un bureau en logement modifie les quotes-parts de charges de certains postes (eau, chauffage collectif), ce qui doit être acté.
- La création d'un droit de jouissance privatif : L'attribution d'un jardin ou d'une terrasse, partie commune, à l'usage exclusif d'un lot doit être formalisée dans le règlement.
- L'adaptation à la jurisprudence : Des décisions de justice peuvent rendre certaines clauses du règlement illégales ou inapplicables, nécessitant leur suppression ou leur réécriture.
Mise en conformité légale : loi SRU, loi ELAN et LOI n°2026-798
Le législateur impose régulièrement des mises à jour des règlements de copropriété pour les aligner sur le droit en vigueur. La loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU) a par exemple exigé la mise en conformité de nombreux documents anciens (Crédit Agricole, mars 2026). Plus récemment, la loi Évolution du Logement, de l'Aménagement et du Numérique (ELAN) a également introduit de nouvelles dispositions, notamment sur la mention des parties communes spéciales ou à jouissance privative.
De nouvelles législations continuent ce mouvement. La LOI n°2026-798 du 18 août 2026 (Legifrance, 2026) prévoit par exemple des dispositions spécifiques pour les modifications du règlement liées à la constitution d'un syndicat secondaire. Ignorer ces obligations expose le syndicat des copropriétaires à des risques juridiques. Un copropriétaire peut en effet exiger en justice la mise en conformité du règlement, aux frais de la copropriété.
Pour les petites structures, une petite copropriété sans règlement peut également se conformer à des règles simplifiées, conformément à la loi 2026.
Quelle majorité pour modifier le règlement de copropriété ?
La modification du règlement de copropriété est une décision collective prise en assemblée générale. Le niveau de majorité requis pour l'adoption d'un projet dépend directement de son impact sur les droits et obligations des copropriétaires et sur la structure de l'immeuble. La loi du 10 juillet 1965 fixe trois seuils principaux : la majorité absolue, la double majorité et l'unanimité. Connaître la majorité applicable à sa demande est la première étape pour évaluer ses chances de succès.
Une erreur sur la majorité requise peut entraîner l'annulation de la décision en justice. Il est donc crucial de bien qualifier la nature de la modification envisagée. Le tableau ci-dessous synthétise les règles applicables.
Cette démarche est d'autant plus importante que le vote en AG copropriété 2026 est soumis à des majorités et des règles spécifiques.
| Type de majorité | Règle de vote (Loi de 1965) | Exemples de modifications concernées |
|---|---|---|
| Majorité absolue | Article 25 | Modification des conditions de jouissance des parties communes (ex: horaires d'accès piscine). |
| (Majorité des voix de tous les copropriétaires) | Adaptation du règlement à une nouvelle loi (hors unanimité). | |
| Nouvelle répartition des charges suite à un changement d'usage d'un lot. | ||
| Double majorité | Article 26 | Vente d'une partie commune (ex: loge de gardien). |
| (Majorité des copropriétaires représentant au moins 2/3 des voix) | Modification du règlement concernant la location de lots à usage d'habitation. | |
| Unanimité | Article 26 | Modification de la destination de l'immeuble (ex: passage de "résidentiel" à "commercial"). |
| (Accord de tous les copropriétaires) | Modification de la répartition des charges (hors cas légaux ou changement d'usage). | |
| Suppression d'un équipement collectif (ex: ascenseur). | ||
| Atteinte aux modalités de jouissance d'une partie privative. |
Majorité absolue : jouissance et administration des parties communes
La majorité de l'article 25, dite majorité absolue, est requise pour les décisions qui touchent à la gestion courante et à l'administration de l'immeuble. Elle se calcule sur les voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents. Selon les informations de service-public.fr (2026), cette majorité s'applique à toute modification du règlement de copropriété concernant la jouissance, l'usage et l'administration des parties communes.
Concrètement, cela vise les adaptations qui n'affectent ni la destination de l'immeuble, ni les droits individuels des copropriétaires sur leurs lots. Par exemple, l'instauration de nouvelles règles pour l'utilisation du local à vélos, la définition des conditions d'accès à une cour commune, ou encore la mise à jour de la répartition des charges suite au changement d'usage d'une partie privative (service-public.fr, 2026) relèvent de cette majorité. Si cette majorité n'est pas atteinte mais que le projet a recueilli au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, un second vote peut avoir lieu immédiatement à la majorité simple de l'article 24 (majorité des présents et représentés).
Double majorité ou unanimité : destination de l'immeuble et droits des copropriétaires
Lorsque la modification envisagée a des conséquences plus profondes, la loi exige une majorité renforcée. La double majorité de l'article 26 de la loi de 1965 est nécessaire. Elle requiert un vote favorable de la majorité des copropriétaires (en nombre) représentant au moins les deux tiers des voix de l'ensemble de la copropriété. Cette règle s'applique par exemple à la modification du règlement qui concernerait une interdiction de location saisonnière de courte durée pour les lots à usage d'habitation, comme le précise Legifrance (2026) au sujet de l'article 26.
Dans les cas les plus extrêmes, qui portent atteinte aux fondements même de la copropriété, l'unanimité des voix de tous les copropriétaires est indispensable. Ce seuil, très difficile à atteindre en pratique, protège les droits fondamentaux de chaque propriétaire. Il est requis pour toute modification de la destination de l'immeuble ou des modalités de jouissance des parties privatives. Changer un immeuble à usage exclusif d'habitation en un immeuble mixte habitation et professionnel est l'exemple type relevant de l'unanimité. De même, la suppression d'un équipement essentiel comme un ascenseur l'exigerait.
Modification règlement de copropriété : unanimité, quand est-elle obligatoire ?
L'unanimité est la règle la plus stricte et reste exceptionnelle. Elle est requise lorsque le modificatif porte une atteinte directe soit à la structure de la copropriété, soit aux droits acquis d'un ou plusieurs copropriétaires sur leurs parties privatives. Elle constitue un verrou de sécurité pour éviter qu'une majorité, même qualifiée, ne puisse imposer des changements fondamentaux préjudiciables à une minorité.
Les cas où l'unanimité est obligatoire sont clairement définis par la loi et la jurisprudence :
- Modification de la destination de l'immeuble : Il s'agit du changement de l'usage principal pour lequel l'immeuble a été conçu (par exemple, passer d'un usage "bourgeois exclusif" à un usage autorisant les professions libérales).
- Modification de la répartition des charges : Sauf dans les cas prévus par la loi (travaux, vente, changement d'usage d'un lot...), toute autre modification des quotes-parts de charges exige un vote unanime.
- Atteinte aux modalités de jouissance des parties privatives : Le règlement ne peut être modifié pour restreindre les droits d'un copropriétaire sur son lot (par exemple, interdire la location de son appartement) si le règlement initial l'autorisait, sans son accord unanime.
Étapes pour faire adopter un modificatif en assemblée générale
Faire adopter un modificatif au règlement de copropriété suit un processus formel en plusieurs étapes. Chaque phase, de la proposition initiale à la publication finale, est cruciale pour la validité de la démarche. Le syndic et le notaire sont deux acteurs clés qui interviennent à des moments distincts pour garantir le respect de la procédure légale. Une bonne préparation en amont est essentielle pour maximiser les chances de voir la résolution adoptée en assemblée générale. Il faut notamment s'assurer que le projet est clair, juridiquement fondé et accompagné de tous les documents nécessaires (devis, plan, projet d'acte).
Rédiger et soumettre la proposition de modification
La première étape appartient au copropriétaire (ou au conseil syndical) qui souhaite la modification.
- Rédaction du projet : La proposition doit être formulée de manière claire et précise. Il est souvent conseillé de se faire accompagner par un professionnel (avocat, notaire) pour rédiger un projet de résolution qui soit juridiquement inattaquable. Le texte doit expliquer l'objet de la modification et présenter le nouvel article du règlement tel qu'il serait rédigé.
- Notification au syndic : Le projet de résolution doit être envoyé au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception. Cet envoi doit être fait suffisamment en amont de la date de l'assemblée générale pour que le syndic puisse l'inscrire à l'ordre du jour. Le syndic a l'obligation de joindre ce projet à la convocation de l'AG envoyée à tous les copropriétaires.
💡 À noter : Un projet mal rédigé ou envoyé hors délai au syndic peut justifier un refus d'inscription à l'ordre du jour ou servir de base à une contestation ultérieure de la décision.
Le vote en assemblée générale : déroulement et quorum
Le jour de l'assemblée générale, la proposition de modification est débattue puis soumise au vote. Le président de séance veille au bon déroulement des discussions. Le vote se déroule selon les règles de majorité applicables à la nature de la modification (absolue, double majorité ou unanimité). Le calcul des voix se fait sur la base des tantièmes de chaque copropriétaire.
Pour que le vote soit valide, le quorum n'est pas une condition en soi, mais le résultat doit atteindre le seuil légal requis. Par exemple, pour la majorité absolue de l'article 25, il faut obtenir la majorité des voix de tous les copropriétaires, qu'ils soient présents ou non. Comprendre les subtilités des règles de vote en assemblée générale de copropriété est donc fondamental. Le résultat du vote est consigné dans le procès-verbal de l'assemblée, qui sera ensuite notifié à tous les copropriétaires.
Après le vote : rédaction de l'acte et rôle du notaire
Une fois la résolution adoptée, la modification n'est pas encore effective.
- Mandat au notaire : Le syndic, sur la base du procès-verbal de l'assemblée générale, mandate un notaire. Seul cet officier public est habilité à rédiger l'acte modificatif du règlement de copropriété.
- Rédaction de l'acte authentique : Le notaire vérifie la régularité de la décision de l'AG (respect des règles de majorité, clarté de la résolution). Il rédige ensuite l'acte modificatif, qui reprend la nouvelle version de la ou des clauses modifiées.
- Publication : Le notaire procède à la dernière étape, indispensable : la publication de l'acte au service de publicité foncière. Cette formalité rend la modification opposable à tous.
Publication au service de publicité foncière : l'étape que beaucoup oublient
L'adoption d'un modificatif en assemblée générale n'est que l'avant-dernière étape. Beaucoup de copropriétés l'ignorent, mais une modification du règlement, même régulièrement votée, n'a sa pleine valeur juridique qu'une fois publiée au service de publicité foncière (anciennement "conservation des hypothèques"). Cette formalité, assurée par le notaire, est fondamentale car elle conditionne l'opposabilité de l'acte aux tiers. Omettre cette publication constitue une erreur fréquente aux conséquences potentiellement graves, notamment lors de la vente d'un lot. Un syndic diligent doit s'assurer que cette démarche est menée à son terme après le vote.
Modificatif règlement de copropriété non publié : quelles conséquences ?
Un modificatif au règlement de copropriété non publié reste valable entre les copropriétaires qui l'ont voté. En revanche, il est totalement inefficace vis-à-vis des tiers. L'acquéreur d'un lot est considéré comme un tiers au moment de la vente. La conséquence est majeure : un acheteur ne sera pas tenu de respecter une clause qui n'a pas été publiée. Un arrêt de la Cour de cassation du 12 février 2026 (Legifrance, 2026) le rappelle sans ambiguïté : le règlement de copropriété et ses modifications ne sont opposables aux "ayants cause à titre particulier" (les acheteurs) qu'après leur publication.
Prenons un cas concret : une AG vote l'interdiction de poser des climatiseurs en façade, mais le modificatif n'est pas publié. Un nouveau copropriétaire achète un lot et installe un climatiseur. Le syndicat ne pourra pas l'obliger à le retirer sur la base de cette nouvelle clause, car elle ne lui est pas opposable. L'ANIL (Agence Nationale pour l'Information sur le Logement) confirme également que toutes les modifications doivent être publiées pour être valables à l'égard de tous.
Comment procéder à la publication : délai et formalités
La publication est une formalité légale qui relève de la compétence exclusive du notaire. Après le vote en assemblée générale, le syndic transmet le procès-verbal au notaire choisi par la copropriété.
- Délai : Il n'y a pas de délai légal strict imposé pour publier, mais il est dans l'intérêt de la copropriété de le faire sans tarder pour éviter les situations juridiques complexes décrites précédemment.
- Formalités : Le notaire rédige l'acte modificatif en forme authentique. Il se charge ensuite de le déposer au service de publicité foncière du lieu de situation de l'immeuble. Le service procède à son enregistrement dans le fichier immobilier, ce qui assure sa publicité et son opposabilité. Le coût de cette formalité inclut les émoluments du notaire et les taxes de l'État. Ces frais sont des charges communes générales, réparties entre tous les copropriétaires.
Quel est le coût pour modifier un règlement de copropriété ?
La question du coût est centrale pour les copropriétaires avant d'engager une procédure de modification. Il n'existe pas de tarif unique, car le coût final dépend de plusieurs facteurs, notamment la complexité du dossier et les professionnels impliqués. Il est cependant possible d'identifier les principaux postes de dépenses. Ces frais sont considérés comme des charges communes et sont répartis entre les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes, sauf si l'assemblée générale en décide autrement (par exemple, en imputant les frais au seul copropriétaire bénéficiaire de la modification). Avant de voter, il est recommandé de demander au syndic de présenter des devis pour maîtriser le budget.
📌 Important : Le syndic peut facturer des honoraires spécifiques pour le suivi du dossier de modification si son contrat le prévoit. Ce point doit être vérifié et voté en AG.
Honoraires de notaire et frais de publication
Les frais incompressibles sont ceux liés à l'intervention du notaire et à la formalité de publication.
- Honoraires de notaire : La rédaction d'un acte modificatif de règlement de copropriété est un acte dont les émoluments (la rémunération) sont réglementés par l'État. Le coût dépendra de la nature et de la complexité de la modification. Le notaire peut fournir une estimation détaillée avant toute diligence.
- Frais de publication : La publication de l'acte au service de publicité foncière engendre une taxe de publicité foncière et une contribution de sécurité immobilière. Ces montants sont fixes et collectés par le notaire pour le compte de l'État.
- Autres frais possibles : Selon le projet, il peut être nécessaire de faire appel à un géomètre-expert pour modifier l'état descriptif de division (en cas de division de lot, par exemple) ou à un avocat pour sécuriser la rédaction de la résolution. Ces honoraires s'ajoutent au coût global. Pour des informations sur le document de base, il est possible de se renseigner sur comment obtenir le règlement de copropriété gratuitement.
Qui peut prendre en charge les frais ?
La règle générale est une répartition des frais entre tous les copropriétaires, au titre des charges communes générales. Chaque copropriétaire participe donc en fonction de ses tantièmes. Cette logique prévaut car le règlement est le document commun à tous. Cependant, il existe une exception importante. Si la modification est effectuée dans l'intérêt exclusif d'un seul copropriétaire, l'assemblée générale peut décider de mettre l'intégralité des frais à sa charge. C'est souvent le cas pour une demande de changement d'affectation d'un lot ou la privatisation d'une partie commune. Cette condition doit être explicitement mentionnée dans la résolution soumise au vote pour être valable. Le copropriétaire demandeur a tout intérêt à proposer de prendre en charge les frais pour favoriser un vote positif des autres membres du syndicat.
Cas pratique : modification de la répartition des charges après changement d'usage d'un lot
Pour illustrer concrètement la procédure, prenons un scénario fréquent : la transformation d'un local commercial situé en rez-de-chaussée en un appartement d'habitation. Ce projet, initié par le propriétaire du lot, nécessite une modification du règlement de copropriété, non pas sur la destination de l'immeuble (s'il est déjà à usage mixte "commercial et habitation"), mais sur la répartition des charges. En effet, les charges d'un local commercial et celles d'un logement ne sont pas calculées sur les mêmes bases. Un logement utilisera par exemple l'interphone ou le service d'ordures ménagères différemment. Le propriétaire du lot doit donc préparer un dossier solide pour le présenter en assemblée générale.
Scénario : local commercial converti en logement
Un copropriétaire, M. Dupont, est propriétaire d'un lot au rez-de-chaussée désigné comme "magasin" dans le règlement. L'immeuble a une destination "mixte habitation et commercial". Il souhaite transformer son lot en un appartement de deux pièces. Conformément à la réglementation, un tel changement est possible car il respecte la destination de l'immeuble (service-public.fr, 2026).
- Dossier : M. Dupont fait appel à un architecte pour les plans et à un géomètre pour préparer le projet de nouvelle répartition des charges.
- Demande au syndic : Il envoie par lettre recommandée au syndic une demande d'inscription à l'ordre du jour de la prochaine AG, en joignant le projet de résolution et le nouveau tableau de répartition des charges. Le projet stipule que M. Dupont prendra en charge l'ensemble des frais de notaire et de publication.
- Convocation : Le syndic joint ces documents à la convocation de l'AG. Tous les copropriétaires peuvent ainsi étudier le projet en amont.
Résultat du vote et mise à jour du règlement
Lors de l'assemblée générale, M. Dupont présente son projet. Les débats portent sur l'impact du changement (bruit potentiel des travaux, nouvelle population dans l'immeuble). La question cruciale est le vote sur la nouvelle répartition des charges. Puisque ce changement d'usage d'une partie privative entraîne une modification de la répartition des charges, la décision doit être votée à la majorité absolue de l'article 25 (service-public.fr, 2026). Le vote est favorable. Le procès-verbal de l'AG acte la décision. Le syndic contacte alors un notaire qui rédige l'acte modificatif. Cet acte entérine le changement d'affectation du lot et la nouvelle grille de répartition des charges. Une fois publié au service de publicité foncière, le lot de M. Dupont est officiellement un logement, et sa nouvelle quote-part de charges s'applique.
Pour faciliter l'établissement ou la mise à jour de ces documents, il existe des ressources pour créer un modèle règlement de copropriété 2026 incluant les clauses obligatoires.
Modification règlement de copropriété et parties privatives : ce que la loi permet
Le règlement de copropriété organise la vie collective, mais il peut aussi encadrer l'usage des parties privatives. La liberté d'un copropriétaire de jouir de son lot n'est pas absolue. Elle est limitée par les droits des autres copropriétaires et par la destination générale de l'immeuble. La modification du règlement touchant aux parties privatives est donc un sujet sensible, où l'équilibre doit être trouvé entre l'intérêt collectif et les droits individuels. C'est l'un des domaines où les litiges sont les plus fréquents, d'où l'importance de clauses claires et conformes à la loi. Le contenu du règlement de copropriété est donc essentiel à maîtriser.
Ce que le règlement peut interdire ou autoriser dans les parties privatives
Le règlement peut imposer certaines contraintes sur l'usage des lots privatifs pour garantir la tranquillité et l'harmonie de l'immeuble. Ces clauses sont valables si elles sont justifiées par la destination de l'immeuble. Par exemple, un règlement peut :
- Interdire certaines activités professionnelles : Dans un immeuble à usage d'habitation "bourgeois", il peut interdire les activités commerciales ou bruyantes.
- Réglementer les revêtements de sol : Pour des raisons d'isolation phonique, il peut imposer la pose d'une sous-couche isolante sous un parquet ou un carrelage.
- Encadrer les travaux : Il peut fixer des horaires pour les travaux bruyants dans les appartements. Toute modification de ces clauses se vote à la majorité adéquate, souvent l'absolue (article 25) si elle ne porte pas une atteinte nouvelle à la jouissance.
Destination de l'immeuble : la limite à ne pas franchir sans unanimité
La "destination de l'immeuble" est la limite ultime que ni une majorité, ni le règlement lui-même ne peuvent franchir sans l'accord de tous. C'est la vocation générale du bâtiment telle qu'elle résulte de ses caractéristiques (standing, localisation) et du règlement de copropriété initial. Par exemple : "usage exclusif d'habitation", "usage mixte professionnel et habitation", "usage commercial". Modifier cette destination requiert impérativement l'unanimité des voix de tous les copropriétaires, comme le précise l'article 26 de la loi du 10 juillet 1965 (Legifrance, 2026). Vouloir transformer un immeuble purement résidentiel en y autorisant tous les types de commerces est une modification de la destination. Obtenir un tel vote est si difficile que ces projets aboutissent rarement, sauf dans de très petites copropriétés où un consensus est plus facile à trouver.
Sources
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- e-immobilier.credit-agricole.fr
- anil.org
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Questions de copropriétaires
Comment faire modifier un règlement de copropriété ?
Pour modifier un règlement de copropriété, un copropriétaire doit soumettre une proposition écrite au syndic par lettre recommandée. Le syndic l'inscrira à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. La modification sera alors soumise au vote des copropriétaires selon des règles de majorité spécifiques.
Quelle est la majorité nécessaire pour modifier le règlement de copropriété ?
La majorité dépend de la nature de la modification. La majorité absolue (article 25) suffit pour l'administration des parties communes. La double majorité (article 26) est requise pour des changements plus importants. L'unanimité est obligatoire pour modifier la destination de l'immeuble ou les droits privatifs d'un copropriétaire.
Quel est le coût pour modifier un règlement de copropriété ?
Le coût d'un modificatif au règlement de copropriété inclut principalement les honoraires du notaire pour la rédaction de l'acte authentique et les frais de publication au service de publicité foncière. Des frais d'avocat ou de géomètre-expert peuvent s'ajouter. Les frais sont généralement répartis entre tous les copropriétaires.
Comment mettre à jour le règlement de copropriété ?
La mise à jour passe par un vote en assemblée générale (AG) à la majorité requise. Une fois la résolution adoptée, le syndic mandate un notaire pour rédiger l'acte modificatif. Ce dernier doit obligatoirement être publié au service de publicité foncière pour être opposable à tous, y compris aux futurs acquéreurs.
