Pouvoirs assemblée générale copropriété limite des 3 et 10 %
Combien de pouvoirs peut-on détenir en AG de copropriété ? La règle légale : 3 délégations maximum OU 10 % des voix. Cas pratiques, pièges et modèle expliqués.


Le nombre maximum de pouvoirs en assemblée générale de copropriété dépend d'une double règle fixée par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965 : trois délégations de vote par mandataire, sauf si le total des voix représentées reste sous 10 % des voix du syndicat. L'exception des 10 % s'applique automatiquement, sans démarche du mandataire. Comprendre cette articulation évite de voir ses votes contestés et le procès-verbal de l'AG annulé.
La règle de base : 3 délégations de vote maximum par mandataire
Trois. C'est le nombre maximum de délégations de vote qu'un mandataire peut recevoir lors d'une assemblée générale de copropriété. Cette limite est posée par l'article 22 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (Legifrance), qui dispose : « Chaque mandataire ne peut, à quelque titre que ce soit, recevoir plus de trois délégations de vote. »
Un pouvoir en AG de copropriété est un mandat écrit par lequel un copropriétaire absent confie son vote à une autre personne. Le mandataire se présente à l'assemblée, participe aux débats et vote au nom du copropriétaire absent. Chaque pouvoir porte les voix attachées au lot du mandant, exprimées en millièmes du règlement de copropriété.
La règle des trois délégations s'applique quel que soit le profil du mandataire :
- Un autre copropriétaire de l'immeuble : solution la plus fréquente, un voisin absent mandate un voisin présent
- Le conjoint ou partenaire de PACS du copropriétaire absent
- Un tiers extérieur à la copropriété : légalement possible mais rare en pratique
- Le syndic : uniquement si le règlement de copropriété l'autorise explicitement
📌 Important : la formule « à quelque titre que ce soit » signifie qu'aucune qualité ne permet de contourner la limite. Un mandataire ne peut pas recevoir 4 pouvoirs en arguant qu'il agit sous deux statuts différents.
Qu'est-ce qu'un pouvoir en AG de copropriété ?
Un pouvoir, parfois appelé procuration, est un document par lequel un copropriétaire donne mandat à une personne de le représenter et de voter à sa place lors de l'assemblée générale. Le copropriétaire absent (le mandant) rédige un écrit désignant son représentant (le mandataire).
Le mandataire se rend à l'AG avec ce document. Il participe au vote au lieu du copropriétaire absent, et ses votes sont comptabilisés avec les millièmes du lot du mandant. Le copropriétaire peut laisser le mandataire libre de sa décision, ou lui donner des consignes précises : voter « pour » ou « contre » une résolution particulière.
Le pouvoir se distingue de la présence en personne : un copropriétaire présent ne vote pas par procuration pour lui-même. Le pouvoir est un mécanisme de représentation d'un absent.
Qui peut recevoir un pouvoir ?
Aucune restriction légale n'encadre l'identité du mandataire. Le copropriétaire absent choisit librement la personne qui portera son vote. En pratique, le profil le plus courant est un autre copropriétaire de l'immeuble, déjà convoqué à l'AG.
Le conjoint ou partenaire de PACS du copropriétaire absent est également un choix fréquent. La loi ne l'interdit pas. Un tiers extérieur à la copropriété peut aussi être désigné, même s'il n'habite pas l'immeuble et ne possède aucun lot.
Le syndic, en revanche, ne peut pas cumuler son rôle avec celui de mandataire d'un copropriétaire, sauf disposition contraire du règlement de copropriété. Le président de séance, quant à lui, peut recevoir des pouvoirs sans que cela ne modifie ses prérogatives de direction des débats.
L'exception légale : au-delà de 3 pouvoirs si le total ne dépasse pas 10 % des voix
La loi prévoit une tolérance : un mandataire peut recevoir plus de trois pouvoirs si l'ensemble des voix qu'il représente ne dépasse pas 10 % des voix du syndicat. Cette exception figure au même article 22 de la loi du 10 juillet 1965 (Legifrance), qui poursuit : « Toutefois, un mandataire peut recevoir plus de trois délégations lorsque le total des voix dont il dispose [...] ne dépasse pas 10 % du total des voix du syndicat. »
📌 Important : cette tolérance est automatique. Le mandataire ne choisit pas entre la règle des trois et celle des 10 %. C'est le calcul des voix qui déclenche l'application de l'une ou l'autre.
L'exemple donné par Service-public.fr (F2137) prend une copropriété de 10 copropriétaires représentant au total 1 000 millièmes. Dans cette configuration, 10 % des voix correspondent à 100 millièmes. Un mandataire détenant 4 pouvoirs ne violera la règle que si la somme des millièmes qu'il porte dépasse ce seuil.
La logique légale vise à empêcher la concentration excessive du pouvoir de décision. La règle des trois plafonne le nombre de délégations. La tolérance des 10 % assouplit ce plafond lorsque le poids des voix reste négligeable. Les deux mécanismes se complètent sans se substituer l'un à l'autre.
Comment calculer les 10 % de voix du syndicat ?
Le calcul se fait en millièmes, l'unité de référence du règlement de copropriété. Chaque lot dispose d'un nombre de millièmes proportionnel à sa quote-part des parties communes. La somme totale des millièmes constitue le total des voix du syndicat.
Le total des voix du syndicat correspond à la somme des millièmes de tous les lots. Le seuil de 10 % représente 10 % de ce total, par exemple 100 millièmes sur 1 000. Les voix du mandataire regroupent ses propres millièmes et ceux de chaque mandant dont il détient le pouvoir.
Si la somme des voix portées par le mandataire reste sous le seuil de 10 %, la limite des trois délégations ne s'applique pas. Au-dessus de 10 %, le mandataire doit revenir à la règle des trois pouvoirs maximum. La vérification se fait avant l'assemblée, à partir des millièmes indiqués dans le règlement de copropriété.
Cas des époux ou partenaires copropriétaires du même lot
Les époux ou partenaires de PACS copropriétaires d'un même lot constituent un cas spécifique prévu par la loi. Lorsqu'un seul des deux peut assister à l'AG, l'autre lui donne un pouvoir. La question est de savoir si ce pouvoir compte dans la limite des trois délégations.
Selon les informations de Service-public.fr, les époux copropriétaires d'un même lot qui donnent pouvoir à l'un d'entre eux ne sont pas soumis à la règle des trois délégations. Le conjoint présent ne voit pas son nombre de délégations disponibles réduit.
💡 À noter : cette exception ne concerne que les copropriétaires du même lot. Deux époux propriétaires de lots différents dans le même immeuble ne bénéficient pas de ce traitement, même s'ils sont mariés.
En pratique, cette disposition reconnaît que les deux époux forment une unité de copropriété sur un même lot et que la représentation entre conjoints ne relève pas du cumul de mandats externes.
Cumul de pouvoirs en AG : cas pratique chiffré pas à pas
Prenons un cas concret pour illustrer l'articulation des deux règles. Une copropriété compte 10 copropriétaires et 1 000 millièmes au total, comme dans l'exemple cité par Service-public.fr (F2137). Le seuil de 10 % représente 100 millièmes.
Un copropriétaire, M. Dubois, détient 50 millièmes. Il souhaite recevoir des pouvoirs de voisins absents. Examinons deux configurations pour comprendre où se joue la frontière de la légalité.
Concrètement, le mandataire doit additionner ses propres millièmes et ceux de chaque mandant avant l'AG. Si le total reste sous 100 millièmes (10 %), la limite des trois délégations ne s'applique pas. Au-dessus, il doit revenir à trois pouvoirs maximum.
Scénario 1 : 4 pouvoirs représentant 8 % des voix (tolérance applicable)
M. Dubois reçoit 4 pouvoirs. Voici la répartition :
| Lots | Millièmes | Statut |
|---|---|---|
| M. Dubois (lot 1) | 50 | Propre voix |
| Mandant A (lot 2) | 20 | Pouvoir |
| Mandant B (lot 3) | 5 | Pouvoir |
| Mandant C (lot 4) | 5 | Pouvoir |
| Mandant D (lot 5) | 5 | Pouvoir |
| Total | 85 | 8,5 % |
M. Dubois dépasse la limite de trois délégations avec 4 pouvoirs. Mais le total des voix représentées s'élève à 85 millièmes, soit 8,5 % des 1 000 millièmes. Ce montant reste sous le seuil de 10 % (100 millièmes). La tolérance légale s'applique automatiquement : M. Dubois peut valablement voter avec ces 4 pouvoirs.
Ce scénario montre que le nombre de pouvoirs n'est pas le seul critère. Le poids des voix portées conditionne la régularité du mandat.
Scénario 2 : 2 pouvoirs à 40 % des voix, une situation contre-intuitive
M. Dubois reçoit seulement 2 pouvoirs, mais ceux-ci portent des millièmes élevés :
| Lots | Millièmes | Statut |
|---|---|---|
| M. Dubois (lot 1) | 50 | Propre voix |
| Mandant E (lot 6) | 200 | Pouvoir |
| Mandant F (lot 7) | 150 | Pouvoir |
| Total | 400 | 40 % |
M. Dubois ne détient que 2 pouvoirs, donc moins que la limite de trois. Le total des voix représente 400 millièmes sur 1 000, soit 40 % des voix du syndicat.
Ce chiffre dépasse largement le seuil de 10 %. Pourtant, la situation est légale : la tolérance des 10 % ne sert qu'à autoriser le dépassement des trois délégations. Avec 2 pouvoirs, le mandataire est sous la limite de trois, et le seuil de 10 % n'a pas vocation à s'appliquer.
Comme le souligne coproconseils.fr, « un copropriétaire peut très bien avoir 2 pouvoirs représentant 40 % des millièmes ». La règle des 10 % n'est pas un plafond de voix en toutes circonstances : c'est une condition d'exception au plafond des trois délégations.
Pouvoir AG copropriété : l'erreur courante qui invalide votre mandat
L'erreur la plus fréquente consiste à croire que la règle « 3 OU 10 % » autorise le mandataire à choisir l'option la plus favorable. Cette interprétation est juridiquement fausse. La logique « OU » n'est pas un choix discrétionnaire : c'est une tolérance légale automatique, déclenchée par le calcul des voix.
⚠️ Attention : un mandataire qui reçoit 4 pouvoirs représentant 15 % des voix ne peut invoquer ni la règle des trois (il la dépasse) ni l'exception des 10 % (il la dépasse aussi). Ses votes sont irréguliers.
Cette situation peut parfois être vue comme un abus de pouvoir du conseil syndical, susceptible de recours judiciaires.
La conséquence est directe : un mandataire dont les pouvoirs sont irréguliers expose l'ensemble de ses votes à la contestation. Le procès-verbal de l'AG peut être attaqué en justice, et les décisions adoptées grâce à ces voix peuvent être annulées. Le risque pèse sur l'ensemble de la copropriété, pas seulement sur le mandataire.
Pour éviter ce piège, le mandataire doit calculer sa situation avant l'assemblée. Il additionne ses propres millièmes et ceux de chaque mandant, compare le total au seuil de 10 %, et vérifie qu'il ne dépasse pas trois délégations si le total excède 10 %. Pour approfondir, consultez toutes les règles de vote en AG de copropriété.
Que risque-t-on si la règle n'est pas respectée ?
Si la règle des pouvoirs n'est pas respectée, les conséquences sont lourdes. Tout copropriétaire peut contester les décisions adoptées grâce à des votes irréguliers, dans un délai de deux mois suivant la notification du procès-verbal.
Le tribunal judiciaire peut annuler les décisions concernées. Le mandataire n'encourt pas de sanction pécuniaire personnelle, mais les votes qu'il a émis sont frappés de nullité. Si ces votes étaient décisifs pour l'adoption d'une résolution, la résolution entière peut être annulée.
En pratique, les copropriétés qui prennent le risque d'un mandataire surchargé en pouvoirs s'exposent à des procédures longues et coûteuses.
Le rôle du président de séance dans la vérification des pouvoirs
Le président de séance joue un rôle central dans le contrôle des pouvoirs à l'ouverture de l'AG. Il vérifie les procurations présentées par les mandataires et s'assure que la limite des trois délégations est respectée, ou que la tolérance de 10 % s'applique.
Le président dispose des millièmes de chaque lot, communiqués par le syndic. Il peut calculer le total des voix représentées par chaque mandataire et détecter un dépassement. En pratique, ce contrôle se fait à l'appel de présence en début de séance.
Si le président constate une irrégularité, il doit signaler le dépassement au mandataire concerné. Les pouvoirs excédentaires sont rejetés, et les votes correspondants ne sont pas comptabilisés.
Modèle et formalités : comment rédiger un pouvoir pour l'AG de copropriété
La loi n'impose aucun formulaire officiel pour rédiger un pouvoir en AG de copropriété. Un document manuscrit ou dactylographié suffit, à condition de contenir les mentions essentielles. Le pouvoir doit être transmis au syndic avant l'assemblée, ou remis au président de séance le jour même.
Les mentions indispensables sont les suivantes :
- Nom, prénom et adresse du copropriétaire absent (le mandant)
- Nom et prénom de la personne désignée (le mandataire)
- Date et lieu de l'assemblée générale concernée
- Identité du lot (numéro, bâtiment, étage) rattaché au copropriétaire
- Signature du copropriétaire absent et date du mandat
- Consignes de vote éventuelles : « pour », « contre » ou libre appréciation
Le copropriétaire peut joindre des consignes de vote ou laisser le mandataire libre de sa décision. Pour en savoir plus sur les délais et la convocation de l'assemblée générale hors délai, consultez notre guide dédié.
Les mentions indispensables d'un pouvoir écrit
Un pouvoir valide repose sur quelques mentions minimales. Le document doit identifier sans ambiguïté le copropriétaire absent et son représentant. Il doit aussi désigner précisément l'assemblée concernée par sa date et le lieu.
L'absence d'une de ces mentions peut suffire à invalider le pouvoir. Un document sans signature du mandant n'a aucune valeur juridique. Un pouvoir daté du 10 janvier pour une AG convoquée le 15 mars n'est pas valable si la date de l'AG n'est pas précisée.
💡 À noter : un pouvoir peut être rédigé pour une AG déterminée, ou pour toutes les AG de l'année si le mandat le précise explicitement.
Transmission du pouvoir au syndic avant l'AG
La transmission du pouvoir au syndic se fait idéalement avant l'assemblée, par courrier ou remise en main propre. Le syndic enregistre le pouvoir et le mentionne dans la feuille de présence établie en début de séance.
Le mandataire peut aussi apporter le pouvoir le jour de l'AG et le remettre au président de séance. Cette solution est moins sécurisante : en cas de refus du président (par exemple, dépassement de la limite des trois délégations), le mandataire ne peut plus transmettre le pouvoir à une autre personne.
Pour les questions de calendrier, le délai pour convoquer une assemblée générale extraordinaire dépend du type d'AG prévue.
Règle des pouvoirs en copropriété : récapitulatif et points de vigilance
Le tableau suivant récapitule les deux règles et leurs conditions d'application :
| Critère | Règle de base | Exception |
|---|---|---|
| Nombre de pouvoirs | 3 maximum | Plus de 3 si ≤ 10 % des voix |
| Calcul | Nombre de délégations | Somme des millièmes (mandataire + mandants) |
| Époux même lot | Non compté dans les 3 | Idem |
| Conséquence de violation | Contestation du PV, annulation possible | Idem |
Avant l'AG, voici la checklist à suivre pour le mandataire :
- Vérifier le nombre de pouvoirs reçus : si ≤ 3, la règle est respectée
- Si > 3, calculer le total des millièmes (les siens + ceux des mandants)
- Comparer au seuil de 10 % des voix totales du syndicat
- En cas de dépassement, refuser un ou plusieurs pouvoirs pour revenir à 3
- S'assurer que chaque pouvoir est écrit et signé, avec l'identité des parties
Le modèle de procès-verbal d'assemblée générale permet de visualiser comment les pouvoirs sont mentionnés dans le compte-rendu de l'AG. La vérification en amont reste la meilleure protection contre une contestation postérieure.
Points clés
- La limite de 3 délégations de vote par mandataire est fixée par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965.
- La tolérance des 10 % des voix s'applique automatiquement, sans demande du mandataire.
- Un mandataire respectant la règle des 3 pouvoirs n'a pas à vérifier le seuil de 10 %.
- Les pouvoirs irréguliers exposent le procès-verbal de l'AG à une annulation en justice.
Sources
Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.
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Questions de copropriétaires
Combien de pouvoirs peut-on détenir en assemblée générale d'une copropriété ?
Un mandataire peut recevoir au maximum 3 délégations de vote, selon l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965. Au-delà de 3 pouvoirs, la tolérance reste légale uniquement si le total des voix représentées ne dépasse pas 10 % des voix du syndicat.
Combien de procuration par personne pour une assemblée générale ?
La loi limite à 3 le nombre de procurations (pouvoirs) qu'une personne peut détenir en AG de copropriété. Cette limite ne s'applique plus si la somme des voix du mandataire et de ses mandants reste sous 10 % du total des voix du syndicat.
Quel est le nombre maximum de pouvoirs qu'une personne peut détenir à une assemblée générale ?
Le nombre maximum est de 3 pouvoirs par mandataire en copropriété, sauf exception des 10 % des voix. Si le total des voix représentées par le mandataire reste sous 10 % des voix du syndicat, il peut détenir plus de 3 délégations. Les époux copropriétaires du même lot échappent à cette limite.
Quelle est la limite de délégations de pouvoir en AG de copropriété ?
La limite légale est fixée à 3 délégations de vote par mandataire par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1965. Un dépassement est autorisé uniquement lorsque le total des voix du mandataire ne dépasse pas 10 % des voix totales du syndicat. En cas de non-respect, les votes peuvent être contestés et le procès-verbal annulé.
