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Assemblée générale

Registre d'assemblée générale en copropriété : à quoi sert-il et qui doit

Registre assemblée générale en copropriété : obligations légales, contenu requis, durée de conservation et droit d'accès des copropriétaires. Guide pratique

Caroline BoyerCaroline Boyer 17 min de lecture
Procès Verbal de l’ Assemblée Générale محضر اجتماع الجمعية العامة

Le registre d'assemblée générale en copropriété est un document obligatoire tenu par le syndic, qui consigne chronologiquement toutes les décisions votées lors des assemblées. Il contient les résolutions, résultats de vote et signatures. Les copropriétaires peuvent le consulter sur demande auprès du syndic. En cas de litige, ce registre constitue la preuve de régularité (ou d'irrégularité) des délibérations.

Le registre d'assemblée générale est la mémoire juridique d'une copropriété. Il ne se résume pas à un classeur de procès-verbaux : c'est un document formel, soumis à des règles strictes de tenue, de conservation et d'accès. Quand un copropriétaire conteste une décision ou veut vérifier un vote, c'est vers ce registre qu'il se tourne. Mal tenu, il peut fragiliser une délibération ; bien tenu, il sécurise les résolutions du syndicat. Voici ce que la loi impose, ce que le registre doit contenir, et comment l'utiliser concrètement.

Comparatif en un coup d'œil

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DocumentNature juridiqueObjetSignataire(s)Valeur probante
Registre d'AGActe instrumentaireRecueil chronologique des PV d'AG successifsSyndic (cotation, paraphe)Conditionnée à la régularité formelle
Procès-verbal d'AGCompte rendu de séanceRelate les débats et résolutions d'une AG donnéePrésident, secrétaire, scrutateursFait foi jusqu'à preuve contraire si signé
Feuille de présenceAnnexe obligatoire du PVÉmargement et tantièmes des copropriétairesChaque copropriétaire présentPreuve du quorum et du décompte des voix

Qu'est-ce que le registre d'assemblée générale en copropriété ?

Le registre d'assemblée générale est le document qui rassemble, dans l'ordre chronologique, les décisions prises par le syndicat des copropriétaires lors de chaque AG. Ce n'est pas un simple recueil informel : sa tenue répond à une obligation légale et son contenu est encadré.

À ne pas confondre avec le procès-verbal d'AG, qui est le compte rendu d'une assemblée donnée. Le registre, lui, est l'ouvrage dans lequel ces PV successifs sont portés, reliés et conservés. Il assure la traçabilité des délibérations sur la durée de vie de la copropriété.

Chaque copropriétaire, qu'il soit présent, représenté ou absent lors d'une AG, peut avoir besoin de s'y référer. Pour vérifier le contenu exact d'une résolution adoptée deux ans plus tôt, pour s'assurer du quorum ou du décompte des voix, le registre fait foi. Sa valeur juridique est reconnue par le droit de la copropriété, et son absence ou ses irrégularités peuvent fragiliser les décisions qu'il est censé attester.

Définition et nature juridique du registre

Le registre d'assemblée générale trouve son fondement dans la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, et dans son décret d'application n° 67-223 du 17 mars 1967. Ces textes imposent au syndic de tenir ce registre et d'y consigner les décisions du syndicat.

Juridiquement, le registre est un acte instrumentaire : il ne crée pas de droits par lui-même mais atteste de la régularité des décisions qui, elles, produisent des effets juridiques. En pratique, il s'agit d'un cahier ou d'un classeur à pages numérotées, coté et paraphé par le syndic. Chaque procès-verbal d'AG y est intégré, signé et daté, de manière à former un ensemble continu et infalsifiable.

Différence entre registre d'AG et procès-verbal d'AG

Le procès-verbal est le compte rendu détaillé d'une assemblée précise. Il relate les débats, les résolutions soumises au vote et leurs résultats. La loi impose sa rédaction et sa signature par le président de séance, le secrétaire et le ou les scrutateurs.

Le registre, quant à lui, est le contenant officiel de ces PV successifs. Il les regroupe dans un ordre chronologique ininterrompu. Un PV isolé dans un dossier partagé ne remplit pas l'obligation légale de tenue du registre. Cette distinction est cruciale : un syndic qui conserve les PV sous forme de fichiers épars, même datés et signés, s'expose à ce que la régularité des délibérations soit contestée. Pour en savoir plus sur la rédaction du PV, consultez un exemple de PV d'assemblée générale.

Pour des informations détaillées sur la manière de rédiger ce document crucial, n'hésitez pas à consulter notre PV d'assemblée générale de copropriété : modèle PDF gratuit.

Qui est obligé de tenir le registre d'assemblée générale ?

La tenue du registre incombe au syndic, quel que soit son statut. C'est une obligation légale qui découle de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 et de l'article 33 du décret du 17 mars 1967. Le syndic est le gardien des archives du syndicat des copropriétaires.

Cette responsabilité s'exerce sous le contrôle du conseil syndical, qui peut vérifier la bonne tenue du registre à tout moment. Le conseil syndical a accès à l'ensemble des documents relatifs à la gestion de la copropriété, et le registre en fait partie.

Si le syndic change, le registre : comme l'ensemble des archives : doit être transmis au nouveau syndic dans le cadre de la passation de mandat. Une transmission incomplète engage la responsabilité du syndic sortant.

Le syndic professionnel face à cette obligation

Pour un syndic professionnel, la tenue du registre fait partie intégrante de sa mission de gestion courante. Elle relève de son obligation générale de conservation des archives du syndicat. Le syndic professionnel engage sa responsabilité civile professionnelle en cas de manquement.

Il doit s'assurer que le registre est matériellement tenu à jour : reliure des pages, numérotation continue, signature de chaque entrée. Un registre électronique est autorisé, sous réserve de garantir l'intégrité et l'horodatage des données. La simple conservation des PV au format PDF dans un dossier informatique ne constitue pas un registre numérique conforme.

Syndicat coopératif et syndic bénévole : mêmes règles ?

Dans un syndicat coopératif, où les copropriétaires gèrent eux-mêmes l'immeuble, la tenue du registre incombe au représentant légal du syndicat, généralement le président du conseil syndical. Les obligations de forme sont identiques : le registre doit être coté, paraphé et contenir les PV signés.

Pour un syndic bénévole (qui n'est pas nécessairement en syndicat coopératif), les mêmes règles s'appliquent. La loi ne distingue pas selon le statut du syndic pour cette obligation. Le syndic bénévole doit donc disposer d'un registre matériel ou numérique conforme. En pratique, l'absence de professionnalisation peut entraîner des lacunes dans la tenue du registre, ce qui expose les décisions du syndicat à des contestations. Le non-respect des formalités du registre peut notamment fragiliser les règles de vote en assemblée générale de copropriété.

Comprendre les spécificités de l'assemblée générale ordinaire en copropriété : mode d'emploi est essentiel pour tout copropriétaire.

L'essentiel

  • Le registre d'AG est un document formel, coté et paraphé, distinct du simple procès-verbal. Sa tenue obéit à une obligation légale qui pèse sur le syndic, sous le contrôle du conseil syndical.
  • Chaque entrée du registre doit comporter la date, l'ordre du jour, la feuille de présence, le texte et le résultat chiffré en tantièmes de chaque résolution, et les signatures requises.
  • L'absence de signature, de feuille de présence ou de numérotation continue rend les délibérations contestables et peut conduire à leur annulation par le juge.
  • Tout copropriétaire peut consulter le registre sur demande. Un refus du syndic engage sa responsabilité et peut être surmonté par l'intervention du conseil syndical ou une action en justice.
  • La conservation du registre est pérenne. Sa transmission au syndic successeur est obligatoire et son intégrité conditionne la sécurité juridique des décisions du syndicat.

Quel est le contenu obligatoire du registre d'AG ?

Le registre ne se réduit pas à une compilation de feuilles volantes. Chaque entrée, correspondant à une assemblée générale, doit comporter un ensemble de mentions précises. L'absence de l'une d'elles peut rendre la délibération contestable.

Les PV sont intégrés au registre dans l'ordre chronologique des assemblées. Chaque PV doit être signé par le président de séance, le secrétaire et le ou les scrutateurs désignés en début de séance. Le registre lui-même est coté (pages numérotées) et paraphé par le syndic.

Voici les éléments qui composent une entrée complète du registre :

  • Date et heure de l'assemblée : mention du jour, de l'heure d'ouverture et de clôture de la séance.
  • Ordre du jour : reproduction intégrale de l'ordre du jour tel qu'il figurait dans la convocation.
  • Feuille de présence : liste des copropriétaires présents, représentés (avec les pouvoirs) et absents, assortie des tantièmes de chacun. C'est l'annexe la plus souvent négligée.
  • Résolutions : texte intégral de chaque résolution soumise au vote, avec l'indication de la majorité requise (article 24, 25, 26 de la loi de 1965).
  • Résultat des votes : pour chaque résolution, le décompte précis des voix pour, contre et abstentions, exprimé en tantièmes.
  • Signatures : celles du président de séance, du secrétaire et des scrutateurs.

Au-delà de ces mentions, le registre peut contenir les annexes aux PV. Ces documents complètent l'information et renforcent la validité des délibérations.

Les mentions indispensables entrée par entrée

La feuille de présence est le talon d'Achille de nombreux registres. Elle doit comporter l'émargement de chaque copropriétaire présent, le nom des mandataires pour les copropriétaires représentés, et le décompte des tantièmes correspondants. Un PV signé mais dépourvu de feuille de présence annexée laisse planer un doute sur la régularité du quorum et du décompte des voix.

Les pouvoirs en AG doivent également être conservés. Chaque copropriétaire peut donner mandat à une autre personne pour voter en son nom. Ces documents justifient le décompte des voix des copropriétaires représentés. Leur absence dans le registre peut fonder un recours contre une résolution adoptée à une majorité étroite.

Quant au résultat des votes, le décompte en tantièmes est impératif. Un résultat exprimé uniquement en nombre de copropriétaires ou en pourcentage vague ne satisfait pas l'obligation légale. Chaque résolution doit être assortie du nombre exact de tantièmes pour, contre et abstentions.

Cas pratique : registre d'une AG votant des travaux

Prenons un cas concret : une copropriété de 20 lots, totalisant 10 000 tantièmes, doit voter le ravalement de la façade. Le devis s'élève à 45 000 €. La résolution est soumise à la majorité de l'article 25 de la loi de 1965 : majorité des voix de tous les copropriétaires, soit au moins 5 001 tantièmes.

Lors de l'AG, 14 copropriétaires sont présents ou représentés, totalisant 7 800 tantièmes. Le quorum est atteint. La résolution recueille 5 600 tantièmes pour, 1 900 contre et 300 abstentions. Elle est adoptée.

Dans le registre, le PV de cette AG devra mentionner précisément ces chiffres. La feuille de présence annexée indiquera les 14 copropriétaires et leurs tantièmes. Les pouvoirs des copropriétaires représentés seront joints. Si, six mois plus tard, un copropriétaire conteste la résolution en arguant que la majorité n'était pas atteinte, c'est le registre qui tranchera. Un registre complet et conforme rendra la contestation inopérante. Un registre lacunaire offrira au contraire une prise au recours.

Combien de temps le registre d'AG doit-il être conservé ?

La conservation du registre ne connaît pas de terme défini par un texte unique et exhaustif. Plusieurs règles coexistent, qui dépendent de la nature des documents et de leur utilité juridique.

Le registre d'assemblée générale fait partie des archives du syndicat des copropriétaires. En tant que tel, il doit être conservé sans limite de durée pendant la vie de la copropriété. Sa transmission au syndic successeur est obligatoire. Une fois la copropriété dissoute, les règles de droit commun de la prescription s'appliquent.

La perte ou la destruction du registre a des conséquences pratiques immédiates. Sans registre, il devient difficile de prouver la régularité des décisions passées. Un copropriétaire qui achète un lot peut avoir besoin de vérifier les résolutions des AG antérieures pour s'assurer qu'aucune charge exceptionnelle n'a été votée sans être mentionnée. En cas de litige entre copropriétaires, l'absence de registre prive les parties d'un moyen de preuve essentiel.

Durée légale de conservation des documents de copropriété

Si la loi ne fixe pas une durée unique pour tous les documents, certaines prescriptions s'appliquent. Les actions en nullité des délibérations d'AG se prescrivent par deux mois à compter de la notification du PV (article 42 de la loi du 10 juillet 1965). Passé ce délai, les décisions deviennent définitives. Dès lors, le registre couvrant les deux dernières années est celui qui présente le plus d'enjeu contentieux immédiat.

Au-delà, le registre demeure utile pour l'historique des travaux votés, des modifications du règlement de copropriété, ou des autorisations données à des copropriétaires. L'ANIL recommande de conserver l'intégralité des archives tant que la copropriété existe, le registre en tête. Cette recommandation prudente évite les angles morts documentaires en cas de contentieux tardif.

Conservation numérique : valeur probante et conditions

Le registre peut être tenu sous format numérique. La loi autorise le syndic à numériser les documents et à les conserver sur un support électronique. Pour autant, cette conservation doit respecter des conditions de sécurité et d'intégrité.

Un registre numérique conforme suppose l'horodatage certifié des documents, un système d'archivage empêchant toute modification ultérieure, et un accès sécurisé pour les copropriétaires autorisés. Un simple dossier partagé contenant des PDF ne répond pas à ces exigences. En cas de litige, la valeur probante du registre numérique dépendra de la capacité du syndic à démontrer l'intégrité des données depuis leur création.

À ce jour, la jurisprudence n'a pas tranché de manière uniforme sur l'équivalence entre registre papier et registre numérique. La prudence commande de conserver le registre sous les deux formes, ou de recourir à un système d'archivage électronique certifié.

Comment accéder au registre d'assemblée générale : droits et démarches

Tout copropriétaire a le droit de consulter le registre d'assemblée générale. Ce droit d'accès découle de l'article 33 du décret du 17 mars 1967, qui impose au syndic de tenir à disposition des copropriétaires les documents relatifs à la gestion de la copropriété.

L'accès s'exerce dans les conditions prévues par les textes. Le copropriétaire peut consulter le registre sur place, au cabinet du syndic ou au siège du syndicat. Il peut également obtenir, à ses frais, la copie de tout ou partie des documents. Le syndic ne peut pas opposer un refus discrétionnaire à une demande légitime.

Ce droit profite également au conseil syndical, qui a un accès permanent à l'ensemble des archives, et aux candidats à l'acquisition d'un lot, sous réserve de l'accord du vendeur.

La demande de consultation : forme et délais

La demande de consultation n'est soumise à aucun formalisme particulier. Un courrier recommandé avec accusé de réception reste la méthode la plus prudente, car elle date la demande et en prouve la réception. Le copropriétaire peut aussi formuler sa demande par mail, mais la preuve de la date sera plus fragile en cas de contentieux.

Le décret du 17 mars 1967 ne fixe pas de délai précis dans lequel le syndic doit répondre. La pratique et la doctrine s'accordent sur un délai raisonnable de l'ordre de 15 jours. Au-delà, le copropriétaire peut adresser une relance, puis saisir le conseil syndical pour qu'il intervienne. Le refus persistant du syndic constitue un manquement à ses obligations professionnelles, susceptible d'être invoqué lors du renouvellement de son mandat et, dans les cas graves, devant le tribunal judiciaire.

Que faire si le syndic refuse l'accès ?

Un syndic qui refuse l'accès au registre sans motif légitime engage sa responsabilité. La première démarche consiste à saisir le conseil syndical, qui dispose d'un droit d'accès renforcé aux archives et peut faire pression sur le syndic.

Si cette voie est infructueuse, le copropriétaire peut inscrire une question à l'ordre du jour de la prochaine AG, pour demander des comptes au syndic sur la tenue et la mise à disposition du registre. Cette démarche collective est souvent efficace.

En dernier recours, une action en référé devant le tribunal judiciaire peut contraindre le syndic à communiquer les documents sous astreinte dans un délai fixé par le juge. Cette procédure, bien que lourde, rappelle au syndic l'étendue de ses obligations. Pour connaître les obligations du syndic en matière de communication, notamment les obligations et délais du compte rendu d'AG en copropriété, il est utile de s'y référer.

Pour plus d'informations sur les obligations du syndic, notamment concernant le syndic de copropriété 2026 : rôle, obligations et limites, il est recommandé de se renseigner.

Les erreurs courantes qui rendent le registre inutilisable en cas de litige

Le registre d'AG est un outil de preuve. Mal tenu, il perd cette fonction et peut même se retourner contre le syndicat. Trois erreurs reviennent fréquemment dans la pratique, avec des conséquences potentiellement lourdes.

La première est l'absence de signature du PV. Un procès-verbal non signé par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs n'atteste pas valablement des décisions prises. La deuxième est l'absence de feuille de présence annexée, qui rend impossible la vérification du quorum et du décompte des tantièmes. La troisième est le registre non côté ni paraphé, qui ne garantit pas l'intégrité chronologique des PV.

Chacune de ces lacunes offre une prise à un copropriétaire qui souhaite contester une résolution. Sans être nécessairement annulée, une délibération dont la régularité formelle n'est pas établie peut être déclarée inopposable au demandeur, avec les conséquences financières que cela implique pour le syndicat.

Registre non signé ou incomplet : quelles conséquences ?

L'absence de signature du PV est un vice de forme qui peut entraîner l'annulation des délibérations de l'assemblée concernée. Le juge apprécie souverainement si le vice est substantiel. Un PV non signé ne prouve pas que les décisions ont été régulièrement adoptées.

Un registre incomplet pose un problème différent. Si une AG manque dans la chronologie, ou si un PV est tronqué, la continuité des décisions du syndicat est rompue. Un copropriétaire peut contester une résolution en s'appuyant sur une décision antérieure dont la trace a disparu. Par exemple, un vote de travaux qui modifie le règlement de copropriété sans que la modification antérieure du règlement ne figure au registre.

La prudence commande de vérifier le registre avant toute acquisition d'un lot. Un registre lacunaire est un signal d'alerte sur la qualité de la gestion du syndicat. Si une convocation d'assemblée générale hors délai a pu fragiliser une AG, le registre doit au moins attester de ce qui a été voté.

De même, si une assemblée générale copropriété non tenue entraîne des litiges, le registre est un outil précieux pour déterminer les responsabilités.

L'absence de feuille de présence annexée : un risque sous-estimé

La feuille de présence est le document qui liste les copropriétaires présents, représentés et absents, avec leurs tantièmes respectifs. Sans elle, impossible de vérifier si le quorum était atteint, ni si les majorités requises ont été effectivement obtenues.

Un syndic qui omet d'annexer la feuille de présence au PV commet une erreur grave. En pratique, les tribunaux annulent parfois les délibérations d'une AG dont la feuille de présence est absente, car la régularité du vote ne peut être établie. L'annulation peut concerner l'ensemble des résolutions de l'AG, pas seulement celles adoptées à une majorité étroite.

Pour le copropriétaire, la vigilance s'impose. Lors de la consultation du registre, il doit vérifier la présence de la feuille de présence pour chaque AG. Si elle manque, il est fondé à demander sa communication séparée au syndic, ou à contester les résolutions de cette AG dans le délai de deux mois suivant leur notification.

Sources

Fiche pratique

Obligation de tenueSyndic (art. 18 loi du 10 juillet 1965, art. 33 décret du 17 mars 1967)
Contenu minimumDate, ordre du jour, feuille de présence, résolutions, résultats en tantièmes, signatures (président, secrétaire, scrutateurs)
Droit d'accèsTout copropriétaire, sur demande au syndic (consultation sur place, copie à ses frais)
ConservationSans limite pendant la vie de la copropriété ; transmission obligatoire en cas de changement de syndic
Valeur probanteConditionnée à la régularité formelle (cotation, paraphe, signatures). Registre numérique admis sous réserve d'intégrité et d'horodatage

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions de copropriétaires

Qui est responsable de la tenue du registre d'assemblée générale en copropriété ?

Le syndic, qu'il soit professionnel ou bénévole, est responsable de la tenue du registre d'assemblée générale. Cette obligation découle de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 et de l'article 33 du décret du 17 mars 1967. Dans un syndicat coopératif, cette responsabilité incombe au président du conseil syndical. Le conseil syndical peut contrôler la bonne tenue du registre à tout moment.

Quelle est la durée de conservation du registre d'assemblée générale ?

Le registre d'assemblée générale doit être conservé sans limite de durée pendant toute la vie de la copropriété. Il fait partie des archives du syndicat et doit être transmis intégralement au syndic successeur en cas de changement de mandat. Après dissolution de la copropriété, les règles de droit commun de la prescription s'appliquent. L'ANIL recommande la conservation de l'ensemble des archives tant que la copropriété existe.

Un copropriétaire peut-il consulter le registre d'assemblée générale à tout moment ?

Oui, tout copropriétaire a le droit de consulter le registre d'assemblée générale, sur demande adressée au syndic. La consultation s'effectue sur place, au cabinet du syndic ou au siège du syndicat. Le copropriétaire peut obtenir des copies à ses frais. Le conseil syndical bénéficie d'un accès permanent à l'ensemble des archives. En cas de refus, le copropriétaire peut saisir le conseil syndical puis, en dernier recours, le tribunal judiciaire.

Que se passe-t-il si le syndic ne tient pas de registre d'assemblée générale ?

L'absence de registre constitue un manquement du syndic à ses obligations légales. Les délibérations des assemblées générales peuvent être contestées plus facilement, car leur régularité formelle n'est pas établie. Le syndic engage sa responsabilité civile professionnelle. Les copropriétaires peuvent inscrire cette question à l'ordre du jour de la prochaine AG et, dans les cas graves, demander la résiliation du mandat du syndic ou saisir le tribunal judiciaire.

Le registre d'assemblée générale peut-il être conservé sous format numérique ?

Oui, la loi autorise la conservation du registre sous format numérique. Ce mode de conservation doit garantir l'intégrité des documents : horodatage certifié, système d'archivage empêchant toute modification ultérieure, accès sécurisé pour les copropriétaires autorisés. Un simple dossier de PDF partagés ne constitue pas un registre numérique conforme. En cas de litige, la valeur probante du registre numérique dépend de la preuve de son intégrité depuis la création des documents.

Quelles mentions rendent le registre d'assemblée générale inopposable ?

Trois lacunes fragilisent gravement le registre : l'absence de signature du PV par le président, le secrétaire et les scrutateurs, l'absence de feuille de présence annexée mentionnant les tantièmes, et l'absence de cotation et de paraphe des pages du registre. Ces irrégularités peuvent entraîner l'annulation des délibérations de l'AG concernée, car la régularité du vote ne peut être établie. Le juge apprécie souverainement si le vice est substantiel.